ARTICLE
Auteur(s) : Laurent
Abramowitz
Unité de proctologie médicochirurgicale, hôpital
Bichat–Claude-Bernard, 75018 Paris cedex 18, France
Description
Le principal score de la maladie hémorroïdaire, parce qu’il est
quasiment le seul utilisé dans la littérature internationale, est
celui décrit par Goligher, en 1975, dans son traité de référence en
chirurgie anorectale [1].
Le grade 1 correspond à des hémorroïdes internes qui saignent
mais ne se prolabent pas (figure 1).
Le grade 2 correspond à des hémorroïdes internes qui se
prolabent lors de la défécation et qui se réintègrent spontanément
à l’arrêt de la poussée.
Le grade 3 correspond à des hémorroïdes internes qui se
prolabent lors de la défécation mais qui ne se réintègrent que
manuellement (figure
2).
Le grade 4 correspond à des hémorroïdes internes qui sont
prolabées en permanence et qui ne peuvent être réintégrées dans le
canal anal.
Intérêt et limites
Ce score a le mérite d’être très simple à assimiler et à appliquer.
Cependant :
- – il ne quantifie et ne grade pas le saignement
hémorroïdaire (hormis partiellement dans le grade 1) ;
- – il n’évalue pas la thrombose hémorroïdaire externe
(figure 3) ou
interne ;
- – il ne permet pas de différencier les patients ayant
des paquets hémorroïdaires a des degrés différents de prolapsus
(exemple fréquent d’un patient avec 1 seul paquet de grade 4 et les
autres de grade 2 (figure 4) ;
- – il n’évalue pas la gêne du patient qui est primordiale
dans la prise de décision thérapeutique de cette pathologie
essentiellement fonctionnelle. En effet, en l’absence de risque
intrinsèque de la pathologie hémorroïdaire (hormis l’anémie
hémorroïdaire qui est relativement rare), l’escalade thérapeutique
est essentiellement guidée par l’importance de la gêne rapportée
par le patient ;
- – les marisques, parfois invalidantes pour les patients,
ne sont pas évaluées (figure 5).
Pratique
Malgré les critiques sus-citées, il est conseillé d’utiliser ce
score pour chaque patient consultant pour une pathologie
hémorroïdaire, ce qui permet de s’appuyer sur un critère
relativement objectif lorsque l’on aura à évaluer l’évolution
(efficacité ou non) après traitement.
De plus, les Recommandations pour la pratique clinique (RPC),
sur le traitement de la pathologie hémorroïdaire de la Société
nationale française de coloproctologie [2], ont bien dû définir les
symptômes hémorroïdaires à traiter en s’appuyant sur ce score,
puisqu’il est le seul disponible qui quantifie la maladie
hémorroïdaire, pour définir la thérapeutique la plus adaptée en
fonction des grades qui la composent.
Références
1 Goligher JC. Surgery of the anus rectum and colon, third ed.
Baillière Tindall, 1975 ; (page 118).
2 Abramowitz L, Godeberge P, Soudan D,
Staumont G. Société nationale française de
coloproctologie : recommandations pour la pratique clinique
sur le traitement de la maladie hémorroïdaire. Gastroenterol Clin
Biol 2001 ; 25 : 674-702.
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