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Les formes atypiques d’hépatite autoimmune


Hépato-Gastro. Volume 13, Number 6, 415-22, Novembre-Décembre 2006, Mini-revue

DOI : 10.1684/hpg.2006.0005

Résumé  

Author(s) : Violaine Ozenne, Dominique Valla , Fédération d’Hépato-Gastroentérologie médico-chirurgicale, hôpital Beaujon, 100, boulevard du Général Leclerc, 92100 Clichy.

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ARTICLE

Auteur(s) : Violaine Ozenne, Dominique Valla

Fédération d’Hépato-Gastroentérologie médico-chirurgicale, hôpital Beaujon, 100, boulevard du Général Leclerc, 92100 Clichy

L’hépatite autoimmune (HAI) est une maladie chronique inflammatoire du foie, rare, de cause inconnue. Dans sa forme typique, elle touche la femme jeune. Les manifestations cliniques ne sont pas spécifiques : douleurs abdominales, ictère, arthralgies ; la découverte peut être également fortuite avec augmentation des transaminases. Les caractéristiques biologiques sont : une augmentation des transaminases, une hypergammaglobulinémie, la présence d’autoanticorps (facteurs antinucléaires [FAN], anticorps antimuscle lissse [AML] et anticorps anti Liver-kidney microsome de type 1 [LKM1]). La biopsie hépatique est indispensable au diagnostic et permet d’évaluer la fibrose. Les lésions caractéristiques de l’HAI sont une hépatite d’interface (ou nécrose parcellaire, piece meal necrosis) et un infiltrat inflammatoire lymphoplasmocytaire.Aucun signe clinique, biologique ou histologique n’est parfaitement spécifique. Le diagnostic est donc fait sur un ensemble d’arguments, incluant l’élimination d’une autre cause d’hépatite (alcoolique, virale, médicamenteuse ou métabolique) [1,2].Plusieurs formes atypiques d’HAI ont été décrites. Il importe de les reconnaître précocement. En effet, l’évolution naturelle de l’HAI aboutit à la constitution rapide d’une cirrhose. De plus, la mortalité à 6 mois en l’absence de traitement est estimée à 40 % [3], alors que le traitement immunosuppresseur est très efficace, (corticoïdes, seuls ou associés à l’azathioprine), diminuant significativement la morbidité, la mortalité, et le recours à la transplantation hépatique [4].Pour les formes de diagnostic difficile, l’« International Autoimmune Hepatitis Group » a défini en 1994 puis en 1998, un score diagnostique, prenant en compte des éléments cliniques et paracliniques [5], (tableau 1). La validité de ce score a été confirmée par plusieurs études [6]. Le but de cette mise au point est de caractériser les principales formes atypiques.

Présentation clinique atypique

HAI chez les personnes âgées

( Tableau 1 )L’HAI touche le plus souvent la femme avec deux pics de fréquence vers 30 ans et vers 55 ans. Chez les personnes âgées, la fréquence pourrait avoir été sous-estimée dans les études anciennes. Une étude récente indique que le pic réel de fréquence de la maladie se situerait après 60 ans : parmi 41 patients présentant une HAI, 23 (56 %) avaient plus de 60 ans [7]. D’autres travaux ont comparé les manifestations des patients de plus de 65 ans à celles des plus jeunes [8]. La proportion des patients âgés de plus de 65 ans variait de 17 % à 26 %. La présentation clinique était identique dans les 2 groupes d’âge. Il s’agissait très souvent de formes symptomatiques où un ictère était présent dans 50 % des cas. La proportion de cirrhose était la même que celle observée chez les sujets plus jeunes. En revanche, le groupe HLA DR4 était plus fréquent chez les personnes âgées, et le groupe HLA DR3 plus fréquent chez les sujets plus jeunes. La réponse au traitement et le nombre de rechutes étaient comparables à ceux des sujets plus jeunes, et le traitement immunosuppresseur était aussi bien toléré. Cependant certains auteurs ont recommandé d’utiliser des doses de corticoïdes plus faibles en raison du risque plus élevé de complications osseuses [9].
Tableau 1 Score diagnostique de l’IAIHG [5].

SYSTÈME DE SCORE POUR LE DIAGNOSTIC

Paramètre ou caractéristique

Score

Note*

A. Sexe féminin

+ 2

B. Rapport phosphatases alcalines/transaminases

1

< 1,5

+ 2

1,5 – 3,0

0

> 3,0

– 2

C. γ globulines sériques ou IgG sérique (nbre de fois la lim. sup. de la norme)

> 2,0

+ 3

1,5 – 2,0

+ 2

1,0 – 1,5

+ 1

< 1,0

0

D. Ac antinoyaux, anti-muscle lisse ou anti-LKM1

2

> 1 : 80

+ 3

1 : 80

+ 2

1 : 40

+ 1

< 1 : 40

0

E. Ac antimitochondries

– 4

F. Marqueurs d’hépatite virale

3

Présents

– 3

Absents

+ 3

G. Prise médicamenteuse hépatotoxique

4

Oui

– 3

Non

+ 3

H. Consommation moyenne d’alcool

< 25 g/j

+ 2

> 60 g/j

– 2

Lésions histologiques

Nécrose parcellaire

+ 3

Infiltrat à prédominance de lymphocytes

+ 1

Rosettes

+ 1

Aucun des précédents

– 5

Anomalies biliaires

– 3

5

Autres anomalies

– 3

6

J. Autre maladie autoimmune

+ 2

7

K. Paramètres supplémentaires optionnels

8

Détection d’autres autoanticorps définis

+ 2

9

HLA DR3 ou DR4

+ 1

10

Réponse au traitement immunosuppresseur

Complète

+ 2

11

Rechute

+ 3

INTERPRÉTATION DU SCORE TOTAL

Score

Avant traitement

Hépatite autoimmune certaine

> 15

Hépatite autoimmune probable

10–15

Après traitement

Hépatite autoimmune certaine

> 17

Hépatite autoimmune probable

12–17

HAI chez l’homme

L’hépatite autoimmune atteint le plus souvent la femme jeune. Cependant, dans la plupart des séries la proportion d’hommes est de l’ordre de 20 %. L’association à une autre atteinte auto-immune est moins fréquente chez les hommes. Peu d’études ont comparé l’évolution chez les hommes et chez les femmes. Dans une étude, le sexe masculin était associé à un pronostic défavorable puisque mortalité et TH étaient plus fréquentes [10] ; dans une autre au contraire, la survie des hommes était meilleure [11]. Dans ces 2 études, l’origine ethnique n’était pas prise en compte. Plus récemment, il a été suggéré que l’antigène HLA DR4 était associé à une meilleure évolution [12] Dans une autre étude récente, il n’y avait pas de différence entre les deux sexes pour la présentation clinique, biologique et la réponse au traitement mais les femmes étaient plus souvent porteuses de l’Ag HLA DR4 que les hommes. L’évolution était plus sévère chez les hommes uniquement s’ils étaient porteurs de l’HLA DR3 [13]. De l’ensemble de ces données apparemment contradictoires, on peut retenir que le sexe influe sur la susceptibilité à la maladie, mais que le pronostic dépendrait plutôt du phénotype HLA.

HAI et hépatite virale C

L’HAI survenant dans un contexte d’hépatite C chronique peut être considérée comme une autre forme de syndrome de chevauchement. Les autoanticorps sont fréquents dans l’hépatite C ; dans 41 à 76 % des cas, des FAN ou des anticorps antimuscle lisse sont présents [14]. Ils ne sont pas forcément associés à des manifestations autoimmunes. La distinction entre HAI et hépatite C est importante puisque leur traitement est opposé. La biopsie hépatique permet de caractériser l’hépatite chronique et distingue les lésions liées à l’hépatite C et celles liées à l’autoimmunité, même si aucune n’est pathognomonique. Le traitement par interféron peut déclencher une HAI, ou exacerber une HAI déjà existante [15]. Ce traitement doit donc être donné avec prudence en cas de suspicion d’autoimmunité associée. Outre l’arrêt de l’interféron, un traitement par corticoïdes peut être nécessaire en cas de poussée manifeste, même en présence d’une réplication virale.

Formes déclenchées par une hépatite virale aiguë

L’HAI survient sur un terrain génétique favorisant mais la pénétrance est variable. Certains agents sont déclencheurs de la maladie. Parmi eux, certains virus ont été incriminés. Le mécanisme exact de ce déclenchement est inconnu. Une hépatite autoimmune peut survenir dans les 6 mois suivant le diagnostic d’une hépatite A aiguë [16]. Cela a également été rapporté avec le virus de l’hépatite B [17] et d’autres virus comme l’EBV. Tous les cas décrits correspondent à des HAI de type 1, jamais de type 2. Après toute hépatite aiguë virale, il est donc indispensable de vérifier le retour à la norme des transaminases à distance du diagnostic pour dépister une éventuelle HAI.

Formes fulminantes

L’HAI est habituellement diagnostiquée à l’occasion d’un ictère et de symptômes peu spécifiques. La majorité de ces formes cliniquement aiguës correspond en fait à une poussée d’une maladie chronique, avec fibrose et parfois cirrhose sous-jacentes [18]. Cependant, il existe des hépatites aiguës sans lésions d’hépatite chronique, correspondant réellement au stade précoce de la maladie. Des formes fulminantes ou subfulminantes, ont également été rapportées. Elles peuvent survenir sur une hépatite chronique préexistante mais également être inaugurales de la maladie, alors que la fibrose est absente ou modérée. Il n’y a pas de différence pour l’âge, le sexe, le type d’autoanticorps entre les formes fulminantes et les autres. Les transaminases et la bilirubine sont, bien sûr, significativement plus élevées. Ces formes peuvent nécessiter un recours à la transplantation. Il n’y a pas de différence significative pour la survie et les complications entre les transplantations pour formes chroniques et pour formes fulminantes, mais la survie avec transplantation pourrait être meilleure en cas de forme fulminante ou subfulminante [19].

Formes séronégatives

La présence d’autoanticorps fait partie des éléments diagnostiques majeurs de l’HAI, même s’ils ne sont pas absolument spécifiques. Leur type permet de définir 2 groupes d’HAI. L’HAI de type 1, la plus fréquente, est définie par la présence de facteurs antinucléaires et/ou d’anticorps anti-muscle lisse ; l’HAI de type 2 est définie par la présence d’anticorps anti LKM1. La séparation entre ces 2 types est justifiée par le fait que ces deux types d’autoanticorps sont exclusifs l’un de l’autre. Cependant, la présence de ces deux types d’autoanticorps n’est pas indispensable au diagnostic. Un terrain autoimmun, caractérisé par l’existence d’autres maladies autoimmunes est un élément aussi important du diagnostic une fois que les autres causes de maladies du foie ont été écartées. De fait, le titre des autoanticorps varie au cours de la maladie ; ceux-ci peuvent même apparaître bien après le début des manifestations, ou disparaître. Au cours des 20 dernières années, de nouveaux autoanticorps ont été identifiés et ont permis de reclasser certaines hépatopathies dites cryptogénétiques au sein du groupe des HAI. Les anticorps anti-SLA/LP (soluble liver antigen/liver-pancreas) ont initialement défini l’HAI de type 3. En fait, ce marqueur est largement redondant avec les marqueurs de l’HAI de type 1 (mais non de type 2). De plus, l’évolution de ce sous-groupe est identique à celle des HAI de type 1 sans anticorps anti-SLA ; la classification en type 3 a donc été abandonnée et cette forme fait désormais partie des HAI de type 1. Les pANCA ont été retrouvés également dans les HAI de type 1 (dans 40 à 96 % des cas selon les séries). Les anticorps anti ASGP-R (asialoglycoproteine receptor) sont présents dans 88 % des HAI (type 1 et 2) ; leur taux semble varier en fonction de l’activité de la maladie et leur spécificité est discutable. De plus, leur recherche n’est pas réalisée en routine. Les anticorps anti-LC1 (liver cytosolic protein type 1) sont mis en évidence dans environ 30 % des HAI de type 2. On ne les trouve pas dans l’HAI de type 1 [20].

En conclusion, l’absence d’anticorps classiques de l’HAI n’élimine pas le diagnostic surtout si d’autres manifestations d’autoimmunité sont présentes. En leur absence, la recherche d’autres anticorps (notamment les anti-SLA/LP et anti-LC1) et la répétition des tests d’autoimmunité au cours de l’évolution de la maladie permet souvent de classifier correctement comme autoimmune une hépatopathie cryptogénétique.

Formes histologiques atypiques

Formes avec nécrose centrolobulaire

Les lésions histologiques considérées comme caractéristiques de l’HAI sont l’hépatite d’interface et l’infiltrat inflammatoire contenant de nombreux plasmocytes ( (figure 1) ). Dans les formes sévères, une nécrose en pont entre espaces porte ou espaces porte et veines centrolobulaires est habituelle. L’association à une atteinte lobulaire modérée est possible. En 1997, quelques cas d’HAI avec nécrose centrolobulaire isolée, sans nécrose parcellaire et sans nécrose en pont ont été signalés ( (figure 2) ). Au total, une douzaine de cas ont été publiés [21,22]. Les signes cliniques étaient ceux d’une HAI « classique ». Les anticorps FAN et AML étaient présents. Ces patients ont été traités par corticoïdes et azathioprine, avec des réponses similaires à la forme typique. Dans la plupart des cas, la fibrose était absente ou modérée. Lorsque la biopsie a pu être répétée à distance de la première, des lésions plus typiques étaient parfois apparues. Mais dans d’autres cas, l’atteinte lobulaire isolée avait persisté, parfois accompagnée par le développement d’une fibrose importante. Il pourrait donc s’agir soit de formes de début soit d’une forme différente d’HAI. Peut-être existe-t-il d’autres antigènes de surface, cibles plus rares, exprimés préférentiellement sur les hépatocytes de la zone centrolobulaire ? Aucune donnée ne permet à l’heure actuelle de répondre à ces questions. Les diagnostics différentiels de ces formes sont une hépatite alcoolique, un foie cardiaque et surtout une hépatite médicamenteuse. Le diagnostic est très difficile à établir en cas de prise de médicaments potentiellement hépatotoxiques. En effet, certains médicaments pourraient en fait être le facteur déclenchant de l’hépatite autoimmune. Le diagnostic d’hépatite médicamenteuse immunoallergique ne devrait pas être posé sans qu’une surveillance prolongée des transaminases n’ait montré leur retour et leur maintien à des valeurs complètement normales pendant plusieurs années.

Syndromes de chevauchement (ou overlap syndromes) avec une cirrhose biliaire primitive (CBP)

Chez certains malades, les critères diagnostiques d’HAI sont associés à un certain nombre de critères diagnostiques de la CBP : anticorps anti-mitochondries, cholestase importante, taux d’IgM augmenté et/ou lésions florides des voies biliaires de taille moyenne. Il n’existe pas de critère diagnostique unique de cette association dont la place nosologique est discutée. Le score diagnostique de l’HAI n’est pas applicable à ces formes. En effet, un des buts de ce score est de différencier l’HAI de la CBP et de la cholangite sclérosante primitive (CSP) [23]. De ce fait, la présence d’une cholestase ou de lésions biliaires diminue fortement le score. Chazouillères et al. ont proposé des critères diagnostiques simples pour la forme de chevauchement CBP/HAI. Deux parmi les 3 critères diagnostiques majeurs de chaque maladie sont requis ; pour l’HAI : ALAT > 5N, IgG > 2N ou anticorps anti muscle lisse, et hépatite d’interface à l’histologie ; PAL > 2N ou GGT > 5N, anticorps anti-mitochondries positifs, et lésions florides de cholangite pour la CBP [24]. Le traitement de cette forme de chevauchement n’a pas été bien évalué. On peut proposer initialement de l’AUDC, puis l’ajout d’immunosupresseurs en cas de non-réponse.

Formes de chevauchement entre HAI et cholangite sclérosante primitive (CSP)

Il existe également des formes de chevauchement entre HAI et CSP. Cette forme n’a pas non plus de définition claire. Il s’agit d’HAI ayant également les critères diagnostiques de la CSP : syndrome de cholestase et aspect compatible de la cholangiographie. Cette forme a été initialement décrite chez l’enfant chez lequel elle a été appelée cholangite sclérosante autoimmune. Elle est beaucoup plus rare et moins bien connue chez l’adulte. Dans une étude récente, le diagnostic était souvent fait en cas d’HAI typique ne répondant pas favorablement au traitement immunosuppresseur. La cholangiographie mettait en évidence des anomalies des voies biliaires. Le traitement par immunosupression et AUDC apportait un bénéfice à ces formes frontières [25]. On a aussi décrit des formes successives où une HAI typique évoluait secondairement vers une CSP typique.

Cholangites autoimmunes

La cholangite autoimmune est une forme différente du syndrome de chevauchement HAI-CBP, considérée comme un « outlier syndrome ». Elle associe une cholestase biologique, des lésions histologiques de cholangite destructrice, ainsi que des facteurs antinucléaires et des anticorps antimuscle lisse, mais sans anticorps antimitochondries. Généralement, les transaminases sont plus élevées que dans la CBP. Là encore, il n’y a aucune définition précise et consensuelle [26]. Cette maladie répond moins bien aux corticoïdes, ce qui l’oppose aux HAI. Des arguments ont été avancés pour en faire une forme séronégative de CBP.

Formes avec lésions histologiques des voies biliaires sans cholestase

Dans une étude publiée en 2001, 24 % des patients avec un tableau clinique et biologique d’HAI classique avaient des lésions des voies biliaires à l’histologie. Il s’agissait de cholangite destructrice ou non, ou d’une ductopénie associée à une hépatite d’interface prédominante. Ces patients avaient un score diagnostique globalement plus faible que les formes classiques en raison de la cotation négative des lésions biliaires. Il ne s’agissait pas de syndromes de chevauchement puisque la cholestase était peu marquée et que les anticorps antimitochondries étaient indétectables. Les signes cliniques et la réponse au traitement n’étaient pas différents de ceux d’une HAI typique. Dans une étude récente, Czaja a montré que la fréquence des FAN, des anticorps antimuscle lisse, ou anti-LKM1 était la même, qu’il y ait ou non des lésions des voies biliaires. De plus, les anticorps anti-gp210 ou anti-Sp100, spécifiques de la CBP, n’étaient pas plus fréquents en cas de lésion des voies biliaires. Enfin, ces lésions régressaient sous traitement corticoïde seul. La signification de ces lésions n’est donc pas claire, mais il semble que lorsqu’elles sont isolées et que les lésions histologiques principales restent celles de l’HAI, elles ne doivent pas modifier la prise en charge thérapeutique [27].

Formes avec hépatite à cellules géantes

Les hépatites à cellules multinuclées ou cellules géantes ( (figure 3) ) sont rares chez l’adulte. Lorsqu’aucune cause habituelle d’hépatopathie, est retrouvée, qu’il y ait ou non des signes d’autoimmunité, l’évolution est proche de celle de l’hépatite autoimmune. Le pronostic est sévère et la mise en route rapide d’un traitement immunosuppresseur d’épreuve est justifiée [28].

Conclusion

Aucun critère diagnostique n’est pathognomonique de l’HAI. Ce terme correspond en fait à un groupe de maladies hétérogènes. De plus en plus de formes atypiques, telles que celles décrites ici sont reconnues. Il convient de les envisager devant toute hépatite, aiguë ou chronique, et d’en chercher tous les éléments diagnostiques. Le score diagnostique établi par l’IAHG apporte une grande aide dans les diagnostics douteux. Il permet également une sélection des patients dans les études cliniques. Récemment, une forme simplifiée de ce score, plus facilement utilisable en clinique, a été proposée et validée. Elle est présentée dans le tableau 2( Tableau 2 )[29]. Il faut toutefois garder à l’esprit que ce score ne s’applique pas aux formes frontières ou de chevauchement de l’HAI dont la définition repose principalement sur l’association de lésions typiques d’HAI et de lésions typiques de cholangite. La reconnaissance de toutes ces formes atypiques est fondamentale en raison d’un traitement efficace.


Tableau 2 Score « revisité » proposé à l’AASLD [29].

> 1:40

1 point

FAN ou AML

> 1 : 80

2 pointsa

IgG ou gammaglobulines

> limite supérieure de la norme

1 point

> 1,156 fois la valeur supérieure de la normeb

2 points

Histologie hépatique

compatible avec HAI

1 point

HAI typique

2 points

Absence d’hépatite virale

oui

1 point

non

2 points

≥ 5 points : HAI probable

≥ 6 points : HAI certaine

apour FAN et/ou AML maximum 2 points.

b18,5 g/L.

Références

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