Auteur(s) : Nisar P, Gruss H, Bush D, Thompson J, Barras
N, Scholefield J.
Faits marquants de la motricité digestive au congrès de l’AGA
2005 à Chicago
Les variables qui sont utiles dans l’exploration de la
continence anale sont la longueur, la pression de repos et la
contraction volontaire du canal anal, car plusieurs symptômes de
l’incontinence sont plus souvent observés quand ces variables ont
des valeurs anormales. Ainsi, l’hypotonie de repos du sphincter
anal est observée plus souvent chez des malades qui sont amenés à
porter des garnitures. La longueur du canal anal est diminuée quand
il existe un prolapsus rectal. L’impossibilité à se retenir est
généralement associée à une baisse de l’amplitude de la contraction
volontaire. La L-érythro méthoxamine, un agoniste des récepteurs
alpha 1, a été évaluée en application locale chez des volontaires
sains avec une augmentation significative de la pression moyenne de
repos. Les buts de cette étude étaient d’évaluer les effets de ce
traitement sur la pression sphinctérienne moyenne de repos, des
paramètres cardiovasculaires et pharmacocinétiques chez des malades
présentant une incontinence anale passive. Seize malades
incontinents ayant une pression de repos sphinctérienne inférieure
à 50 cm d’eau et un score de Cleveland supérieur à 6 ont été
inclus. Les malades étaient exclus en cas de pathologie
cardiovasculaire connue et quand un défect sphinctérien était
objectivé. Le gel de L-érythro méthoxamine était appliqué dans le
canal anal à deux posologies (0,3 et 1 %). La pression
artérielle et la fréquence cardiaque étaient enregistrées après
l’application du gel en continu pendant 6 heures. Des
prélèvements plasmatiques étaient effectués entre 15 et
360 minutes après le traitement. Trois patients ont été
considérés comme non répondeurs, deux traités par le gel à
0,3 % et un traité par le gel à 1 %. L’application du gel
à 0,3 % augmentait de manière significative la pression de
repos du sphincter (37,7 ± 3 vs
53,2 ± 5,3 à 1 heure, 50,7 ± 5,5 à
2 heures). L’augmentation du tonus sphinctérien était plus
prononcée après l’application d’une posologie plus élevée
(61,4 ± 6,1 à 1 heure, 56,7 ± 5,3 à
2 heures). Cette augmentation était soutenue pendant
5 heures après l’application du gel. La pression artérielle
n’était pas significativement modifiée quelle que soit la dose. La
fréquence cardiaque était réduite sans conséquence clinique
(réduction de 9 pulsations par minute environ). Un malade
traité par les plus fortes posologies présentait des céphalées.
Cette étude préliminaire montre que le gel de L-érythro méthoxamine
permet d’augmenter de manière significative le tonus sphinctérien
de repos chez des malades atteints d’incontinence passive. Reste à
savoir si l’amélioration de la pression de repos du sphincter anal
est corrélée à une amélioration clinique.
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