ARTICLE
L'hypertension portale (HTP) complique une cirrhose dans 90 % des
cas [1]. L'association d'une HTP et d'une insuffisance hépatocellulaire
peut être compliquée par des hémorragies digestives
représentant une des principales causes de mortalité chez
les malades avec cirrhose [1, 2]. Cette revue bibliographique n'abordera
que les données publiées en 1997 concernant le pronostic
lié aux hémorragies digestives et à leur prise en
charge thérapeutique.
Histoire naturelle des varices sophagiennes
Peu de données récentes ont été rapportées
sur l'histoire naturelle des varices sophagiennes (VO). Toutefois
plusieurs mises au point ont rappelé les principales connaissances
[1-4]. Soixante pour cent des malades avec cirrhose ont un risque d'apparition
de VO [2]. Dans 2 cas sur 3, une hémorragie digestive par rupture
de VO survient dans l'année qui suit le diagnostic [3], le risque
hémorragique décroissant ensuite avec le temps. Les hémorragies
par rupture de VO représentent environ 70 % des hémorragies
digestives au cours de la cirrhose, et leur taux de mortalité,
plus élevé que celui des autres causes d'hémorragies,
est de l'ordre de 30 % à 50 % lors du premier épisode.
L'incidence des récidives précoces dans le premier mois
est de 30 % à 60 % [1, 4], avec un taux de mortalité
d'environ 30 %. La survie à 3 ans après une hémorragie
initiale est de l'ordre de 30 % [4]. Les hémorragies digestives
par rupture de VO représentent la deuxième cause de mortalité
au cours de la cirrhose et sont responsables de 25 % des décès
à 5 ans. Les facteurs prévisionnels sont essentiellement
des signes endoscopiques sogastriques (taille des VO, signes rouges
à la surface) et le degré d'insuffisance hépatocellulaire
[1]. Une étude a confirmé ces données en définissant
un index, à partir de trois critères endoscopiques, qui
permet d'estimer le risque de survenue d'une hémorragie digestive
[5]. Une autre étude incluant près de 1 000 malades a confirmé
que la prévalence d'une rupture de VO était fonction de
la taille des varices et de la cause de l'hépatopathie sous-jacente
[6].
Bien que la mortalité par cirrhose semble diminuer en Europe, le
pronostic de l'hémorragie digestive reste sévère
malgré les progrès thérapeutiques [7]. Cela justifie
la prévention des hémorragies chez les malades atteints
de cirrhose. Il est difficile de prédire quels seront les malades
exposés à un risque élevé de saigner, ou de
resaigner, en raison des multiples facteurs qui peuvent intervenir et
se modifier avec le temps comme la sévérité et les
facteurs étiologiques. Ainsi, de nombreuses études cliniques
incluent des populations de malades hétérogènes en
termes de risque hémorragique (ancienneté de l'HTP, score
de Child-Pugh, étiologie...), expliquant en partie les résultats
discordants d'une étude à l'autre.
Facteurs
pronostiques
Le pronostic de la cirrhose est évalué par le score de
Child-Pugh. Le seul critère actuellement validé pour évaluer
le degré de l'HTP chez l'homme est la mesure du gradient de pression
hépatique [8]. Toutefois, la relation entre le gradient de pression
hépatique veineuse et le risque hémorragique reste controversée
[6]. S'il est bien établi qu'un gradient > 12 mmHg est nécessaire
au développement des VO et qu'au-dessous de ce seuil le risque
hémorragique est minime, il n'a pas été mis en évidence
de relation significative entre le gradient de pression veineuse hépatique
et la taille des VO, notamment au cours des cirrhoses alcooliques avec
un score de Child-Pugh C et des cirrhoses virales [6].
Vorobioff et al. [9] ont étudié la valeur pronostique
du gradient de pression veineuse hépatique chez 30 malades avec
cirrhose alcoolique, sans traitement, suivis pendant 4 ans. Le risque
hémorragique et la survie étaient fonction de la diminution
spontanée du gradient de pression hépatique avec le temps,
notamment après 1 an. Cette diminution était liée
à l'amélioration du score de Child-Pugh (r = 0,43, p <
0,05) et à l'abstinence. L'influence de l'abstinence et d'une diminution
de plus de 20 % du gradient de pression hépatique, spontanée
ou après traitement par bêtabloquants, sur la survie chez
des cirrhotiques alcooliques a également fait l'objet d'un rapport
préliminaire [10]. Par ailleurs, il a été montré
que l'ingestion d'alcool entraînait une augmentation brutale du
gradient de pression hépatique. L'explication proposée était
l'association d'une augmentation des résistances intra-hépatiques
due à l'effet vasoconstricteur de l'alcool sur la micro-circulation
hépatique et d'une augmentation du débit sanguin portal
[11].
La mesure du gradient de pression transpariétal des VO pourrait
avoir un intérêt pronostique dans l'HTP. Nevens et al.
ont montré que la persistance d'une pression dans les varices >
14 mmHg était associée à un haut risque hémorragique
chez des malades traités par du propranolol [12].
Les méthodes échographiques peuvent également aider
à l'évaluation des traitements au cours de l'HTP. Albillos
et al. [13] ont montré que les variations pharmacologiques
du débit sanguin de la veine porte, évaluées par
échographie-Doppler, étaient bien liées au gradient
de pression hépatique (r = 0,82, p < 0,01), après administration
aiguë de propranolol. Cela suggère la possibilité d'identifier
de manière simple les malades non répondeurs au traitement.
Toutefois, en raison des limites de l'échographie-Doppler, ces
résultats nécessitent confirmation pour un suivi prolongé
chez des malades traités au long cours.
L'intérêt de l'échoendoscopie a été
souligné par plusieurs études. Leung et al. [14]
ont montré que la présence de larges varices péri-sophagiennes
était prédictive de la réapparition de VO après
éradication par ligature endoscopique, et de récidive hémorragique.
Dans une autre étude [15], les échecs de la sclérothérapie
endoscopique étaient également liés à la présence
de varices péri-sophagiennes. L'association de la mesure
de pression dans les varices et de l'échoendoscopie sophagienne
a permis la mesure de la tension pariétale des VO chez des malades
traités par propranolol ou mononitrate d'isosorbide (ISMN) [16].
Toutefois l'intérêt de l'échoendoscopie dans le suivi
thérapeutique, le pronostic hémorragique et vital, et la
sélection des malades répondeurs ou non restent à
préciser [17].
Hémorragie
aiguë et récidive précoce
Actuellement, les traitements endoscopiques sont considérés
comme les traitements de première ligne au cours d'une hémorragie
par rupture de VO. L'intérêt de la sclérothérapie
endoscopique par comparaison au traitement classique a encore été
confirmé récemment [18]. Il existait un bénéfice
significatif en faveur de la sclérothérapie endoscopique
en termes d'hémostase (91 % versus 60 %, p <
0,001), de récidive hémorragique (25 % versus
51 %, p < 0,01) et de mortalité précoce (25 %
versus 49 %, p < 0,04). Le taux de mortalité au
cours de l'épisode hémorragique initial était significativement
diminué de 50 % dans le groupe traité par sclérothérapie.
Le tableau 1 résume
les résultats de deux études suggérant que l'octréotide
et la terlipressine sont aussi efficaces que la sclérothérapie
endoscopique en termes d'hémostase primaire, de récidive
hémorragique précoce et de survie à 1 mois [19, 20].
L'intérêt de l'association sclérothérapie endoscopique
et somatostatine versus sclérothérapie endoscopique
seule a également été évalué [21].
L'association thérapeutique semblait faciliter la réalisation
du traitement endoscopique en urgence et l'hémostase, et diminuer
les besoins transfusionnels. En revanche le taux de survie à 6
semaines n'était pas significativement amélioré,
et la mortalité était essentiellement liée au degré
d'insuffisance hépatocellulaire lors de l'épisode hémorragique
initial. Les résultats préliminaires d'une étude
comparant l'association sclérothérapie endoscopique et octréotide
à la sclérothérapie endoscopique seule étayent
également l'intérêt de l'association pour assurer
l'hémostase [22].
Il est actuellement bien admis que la ligature endoscopique est un traitement
efficace dans les ruptures de VO [23]. Une étude a confirmé
que la ligature endoscopique en cas d'hémorragie active était
aussi efficace que la sclérothérapie endoscopique en termes
d'hémostase initiale (90 % à 95 % de succès),
et même supérieure en cas d'hémorragie en jet [24].
La fréquence des récidives hémorragiques à
1 mois et la mortalité n'étaient pas significativement différentes
entre les deux groupes de malades bien que la ligature tende à
avoir de meilleurs résultats.
Ainsi, bien que l'hémostase primaire soit obtenue dans plus de
90 % des cas au moyen des traitements endoscopiques ou pharmacologiques,
la survie globale à long terme ne semble pas être significativement
améliorée. La mortalité est essentiellement liée
à la gravité de la maladie hépatique sous-jacente
et aux complications, notamment infectieuses, fréquentes au cours
d'un épisode hémorragique. Une étude récente
a ainsi montré un gain significatif en termes de survie, par la
prescription d'une antibiothérapie prophylactique systématique
chez des malades à haut risque infectieux lors d'un épisode
hémorragique [25]. De même, dans une étude qui montrait
l'efficacité en urgence de la mise en place du shunt intra-hépatique
en cas d'échec des traitements endoscopiques, le seul facteur pronostique
de survie était l'absence de pneumopathie de déglution [26].
Un des intérêts de l'association des traitements endoscopiques
et pharmacologiques, type octréotide, pourrait être de diminuer
les complications infectieuses (pneumopathie de déglutition, bactériémie...).
Prévention
primaire
Le propranolol est la molécule de choix pour la prévention
primaire des hémorragies digestives par rupture de VO. Toutefois,
la durée de l'administration et le choix des molécules pouvant
remplacer les bêtabloquants chez les malades non répondeurs
ou présentant une contre-indication sont mal définies [27].
Angelico et al. [28] ont comparé les effets à long
terme (7 ans de suivi) de l'administration d'ISMN ou de propranolol chez
118 malades. L'ISMN était aussi efficace que le propranolol en
termes de prévention des hémorragies (absence d'hémorragie
dans 53 % versus 61 % des cas, NS) bien que le propranolol
ait semblé un peu plus efficace chez les malades avec grosses VO
(77 % versus 47 %, p < 0,07). La survie à 6
ans était comparable dans les deux groupes de malades avec une
tendance en faveur du propranolol (taux de survie dans 53 % versus
42 % des cas, NS). Cependant, chez les malades de plus de 50 ans
le taux de survie était significativement plus bas chez ceux recevant
de l'ISMN (28 %) que chez ceux recevant du propranolol (52 %,
p < 0,006). La comparaison de ces résultats à ceux d'une
série historique de malades non traités, dans laquelle le
taux de survie à 6 ans était de 55 % en cas de cirrhose
compensée et de 22 % en cas de cirrhose décompensée,
suggère que les deux traitements pourraient avoir un effet bénéfique
à long terme. Après 2 ans de suivi, les seuls facteurs pronostiques
de mortalité étaient le score de Child-Pugh et le sexe masculin,
deux paramètres indépendants de l'HTP. D'autres études
à long terme sont nécessaires pour préciser l'intérêt
des dérivés nitrés dans la prévention primaire.
Une étude récente [29] a indiqué les effets hémodynamiques
splanchniques favorables d'un dérivé nitré administré
par voie per-cutanée. L'intérêt de cette voie d'administration
réside dans sa facilité et permet d'envisager aisément
la réalisation d'études cliniques.
L'intérêt de certaines associations thérapeutiques
a également été suggéré. L'administration
d'ISMN et de nadolol, chez un petit nombre (n = 9) de malades non répondeurs
à un traitement de 3 mois par nadolol (diminution du gradient de
pression hépatique < 20 %), a entraîné une
diminution significative de la pression portale par diminution des résistances
intra-hépatiques [30]. En revanche, l'association nadolol-spironolactone
ne semble pas supérieure à l'administration de nadolol seul
ni en termes de prévention hémorragique ni en termes de
survie à 1 an [31].
Actuellement, les traitements endoscopiques ne sont pas recommandés
pour la prophylaxie primaire, hormis peut-être chez les malades
à très haut risque hémorragique. La sclérothérapie
endoscopique a été évaluée chez des malades
avec carcinome hépatocellulaire traité, sans thrombose portale,
et VO de stade 1 ou 2. L'incidence des hémorragies était
significativement diminuée dans le groupe traité par sclérothérapie
(18 % versus 50 % à 3 ans, p < 0,05), avec
une amélioration significative du taux de survie à 3 ans
(37 % versus 16 %, p < 0,01) [32]. La ligature endoscopique
a été évaluée chez des malades à haut
risque hémorragique (n = 62) [33]. L'incidence d'une hémorragie
à 2 et 3 ans était significativement réduite et le
taux de survie significativement amélioré dans le groupe
traité par ligature. Les décès étaient essentiellement
en rapport avec l'insuffisance hépatocellulaire.
Une étude comparant la ligature endoscopique à un traitement
par propranolol indique la supériorité du traitement endoscopique
en termes d'hémorragie, mais sans différence significative
en termes de survie [34]. Toutefois, le traitement endoscopique par ligature
reste 5 à 6 fois plus cher que la prévention pharmacologique,
d'où la nécessité d'évaluer l'intérêt
à long terme des différents traitements en fonction de l'évolution
dans le temps du risque hémorragique [35].
Prévention
secondaire
L'intérêt de la prévention de la récidive
hémorragique par l'utilisation de bêtabloquants a déjà
été suggéré par plusieurs méta-analyses
mais l'amélioration de la survie n'avait été démontrée
que par une seule d'entre elles. Une nouvelle méta-analyse, portant
sur 769 malades [36], a confirmé l'effet bénéfique
du propranolol sur le risque de récidive hémorragique et
l'amélioration de la survie chez les malades traités (taux
moyen de survie 74 % versus 67 % en l'absence de traitement,
p < 0,04).
La sclérothérapie endoscopique a été comparée
au traitement par propranolol dans une méta-analyse (626 malades,
suivi moyen de 2 ans) [37]. L'absence de récidive hémorragique
par rupture de VO était significativement plus fréquente
dans le groupe sclérothérapie (55 % versus 39 %,
p < 0,001) mais le taux de survie était comparable dans les
deux groupes (60 % versus 63 %, NS). En revanche, les
effets secondaires étaient significativement plus fréquents
dans le groupe de malades traités par sclérothérapie.
Les auteurs concluaient en faveur du traitement pharmacologique.
Le tableau 2 résume
les études ayant comparé la ligature à la sclérothérapie
endoscopique. Ces études confirment que la ligature permet une
éradication plus rapide des VO, diminuant ainsi le risque de récidive
hémorragique précoce. La survie, comparable pour chacun
des traitements, est essentiellement liée à la sévérité
de l'insuffisance hépatocellulaire [38-40]. Des études à
plus long terme sont nécessaires afin de préciser la rapidité
de réapparition des VO qui pourrait être plus grande chez
les malades traités par ligature. L'association des deux traitements
endoscopiques [41, 42] n'apparaît pas avoir d'efficacité
supérieure en termes de récidive hémorragique ou
de survie (tableau 3)
à celle de la ligature seule. Dans une autre étude, l'éradication
des varices n'était pas meilleure avec l'association ligature plus
sclérose comparée à la sclérothérapie
seule. En revanche, après éradication, les varices se reformaient
moins fréquemment chez les malades traités par sclérothérapie
seule que chez ceux traités par ligature et sclérothérapie
(8 % versus 39 %, p < 0,05) [43].
En cas de varices gastriques hémorragiques, la sclérothérapie
endoscopique permet une hémostase dans deux tiers des cas avec
une fréquence de récidive aux environs de 30 % [44].
L'éradication des varices gastriques est obtenue chez près
de 70 % des malades sans récidive hémorragique à
2 ans.
Faisant suite aux nombreuses études non randomisées qui
suggéraient l'efficacité du shunt intra-hépatique
(TIPS) dans la prévention secondaire des hémorragies par
rupture de VO, plusieurs études randomisées comparant le
shunt intra-hépatique aux traitements endoscopiques ont été
publiées [45-51]. Les résultats de ces études sont
résumés dans le tableau
4. La synthèse des résultats est rendue difficile
par les effectifs réduits de la plupart des études, par
l'hétérogénéité des malades inclus
et par les différentes modalités d'inclusion comme le délai
entre la survenue de l'épisode hémorragique et l'inclusion
dans l'étude. L'ensemble de ces études permet toutefois
de préciser plusieurs notions. La mise en place du shunt intra-hépatique
est effectuée avec succès dans 90 % à 100 %
des cas. Les pourcentages de morbidité et de mortalité liés
à l'acte sont estimés respectivement à 10 %
et à moins de 2 % [52-54]. La mortalité précoce
(avant 30 jours) est essentiellement liée à la fonction
hépatocellulaire [52, 55]. L'incidence des récidives hémorragiques
est significativement diminuée chez les malades traités
par shunt intra-hépatique (à 1 an, environ 15 % des
malades traités par shunt contre 40 % à 50 % de
ceux traités par endoscopie). Dans l'étude de Merli et
al. [48], cette différence n'était significative que
lorsque le traitement était effectué moins de 7 jours après
l'épisode hémorragique. Toutefois le shunt intra-hépatique
n'améliore pas significativement la survie des malades à
1 ou 2 ans, par rapport aux traitements endoscopiques. Bien que dans la
plupart des études, la survie soit plus élevée chez
les malades traités par shunt intra-hépatique, deux études
[47, 50] ont indiqué une tendance à la surmortalité
dans le groupe traité par le shunt. Une seule étude comparant
le shunt intrahépatique à l'anastomose portocave chirurgicale
a été publiée [56]. Cette étude montrait que
les récidives hémorragiques étaient significativement
moins fréquentes dans le groupe traité chirurgicalement.
De plus, compte tenu de la surveillance nécessaire à long
terme, le coût global du shunt intra-hépatique pourrait être
plus élevé que celui du traitement chirurgical [57].
Les principales complications du shunt intra-hépatique sont l'apparition
ou l'aggravation d'une encéphalopathie et l'obstruction. Après
mise en place d'un shunt, l'incidence de l'encéphalopathie est
estimée entre 15 % et 30 % à 1 an. L'encéphalopathie
apparaît habituellement durant les 3 premiers mois après
la mise en place du shunt. L'encéphalopathie est réversible
après traitement médical habituel [58]. La fréquence
des épisodes d'encéphalopathie diminue avec le temps, probablement
en relation avec une obstruction progressive du shunt [59]. Les malades
susceptibles de présenter une encéphalopathie sont difficilement
identifiables à l'avance. Plusieurs facteurs pronostiques ont toutefois
été évoqués (âge < 60 ans, antécédents
d'encéphalopathie, hypoalbuminémie, sexe féminin,
cirrhose alcoolique) [59, 60]. Il ne semble pas exister de relation significative
entre l'incidence de l'encéphalopathie et le score de Child-Pugh
[61].
L'incidence de l'obstruction du shunt intra-hépatique est d'environ
50 % à 1 an et 90 % à 2 ans. Les obstructions
précoces sont essentiellement dues à une thrombose dont
le risque pourrait être diminué par l'administration d'un
traitement anticoagulant [62]. Au-delà, l'obstruction est secondaire
à une prolifération néo-intimale au sein du shunt.
La quasi-totalité des épisodes de récidives hémorragiques
sont en rapport avec une obstruction du shunt. Sanyal et al. [52]
ont noté la réapparition des signes d'hypertension portale
à 2 ans chez 90 % des malades traités. Cela justifie
une surveillance régulière de la perméabilité
du shunt au moyen d'une échographie-Doppler trimestrielle, voire
d'une angiographie au moindre doute afin de réaliser un geste de
désobstruction.
CONCLUSION L'histoire
naturelle des VO est relativement bien connue. Le risque hémorragique
peut être évalué par les signes endoscopiques. La place
des mesures hémodynamiques, et notamment de la mesure de la pression
dans les varices, reste à préciser afin de mieux sélectionner
les malades susceptibles de bénéficier d'une prophylaxie primaire
ou secondaire. Le propranolol reste le traitement de référence
en termes de prévention primaire et secondaire. L'alternative thérapeutique
en cas d'échec pourrait être l'association avec des dérivés
nitrés. La ligature endoscopique est le procédé le
plus efficace pour le traitement de l'hémorragie active et pour l'éradication
des VO. Des études complémentaires sont nécessaires
pour préciser son efficacité à long terme par rapport
notamment à la sclérothérapie. Le shunt intra-hépatique
est indiqué en cas d'échec des traitements endoscopiques et
vasoactifs au cours d'une hémorragie aiguë ou récidivante.
Les critères de sélection des malades pouvant bénéficier
de ce traitement restent à préciser, notamment pour éviter
les complications à long terme. REFERENCES
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