Home > Journals > Medicine > Hépato-Gastro > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Hépato-Gastro
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version

Traitement endoscopique du reflux gastro-œsophagien : techniques et résultats


Hépato-Gastro. Volume 8, Number 5, 341-9, Septembre - Octobre 2001, Mini-revues


Résumé  

Author(s) : Thierry PONCHON, Fédération des spécialités digestives, hôpital Édouard-Herriot, Lyon..

Pictures

ARTICLE

Quelle que soit la technique utilisée pour le traitement du reflux gastro-œsophagien, le but et les indications sont actuellement les mêmes : il s'agit de réduire, voire d'arrêter, la prise d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez des patients présentant un reflux gastro-œsophagien dépendant des IPP, mais sans dyskinésie œsophagienne, sans hernie hiatale et en l'absence de muqueuse de Barrett. Les symptômes doivent être calmés par les IPP.

En raison de son caractère uniquement endoluminal, le traitement endoscopique ne peut pas corriger la hernie hiatale et, pour l'instant, en raison de l'incertitude concernant la durabilité de ces effets, il ne peut pas être recommandé pour un patient présentant un œsophage de Barrett. Le traitement endoscopique est donc positionné comme une alternative au traitement chirurgical correcteur du reflux, un peu moins efficace mais de réalisation plus simple, avec moins d'effets secondaires. Eventuellement, il pourrait servir de test thérapeutique avant la réalisation d'un traitement chirurgical.

Les différentes techniques peuvent être classées en trois catégories : la suture, l'injection ou l'implantation de matière synthétique, l'hyperthermie.

Suture endoscopique

La suture endoscopique est la technique la plus populaire actuellement et, sur le papier, la plus séduisante. Elle vise à reproduire a minima le traitement chirurgical : il s'agit de créer une valve muqueuse par des points réalisés à partir de la lumière digestive, le tout sous contrôle endoscopique. La suture présente théoriquement plusieurs avantages : 1) elle est adaptable à chaque cas : le nombre de points et leur positionnement sont fonction des conditions anatomiques ; 2) elle est théoriquement réversible par section des points, et des effets secondaires à long terme ne sont pas suspectés comme pour l'hyperthermie que nous verrons plus loin ; 3) si une chirurgie se révèle néanmoins nécessaire, elle n'est pas gênée par le traitement endoscopique.

Quatre types de suture dérivés du matériel laparoscopique sont proposés ou au moins annoncés : Bard, Wilson-Cook, NDO, Boston Scientific.

Suture Bard (figures 1 à 5)

L'évaluation de la suture Bard est la plus avancée, ayant fait l'objet d'une étude nord-américaine (64 patients), qui a conduit à son approbation par la Food and Drug Administration (FDA), et d'une étude anglo-suédoise (142 patients). Le procédé, mis au point par Paul Swain après un long développement, est ingénieux, mais il peut apparaître d'emblée complexe et un peu fastidieux : la préparation du matériel est assez longue, en particulier le calibrage du système de ponction ; plusieurs passages d'endoscope sont nécessaires, ce qui impose le positionnement au préalable d'un overtube ; enfin, deux endoscopes et deux colonnes d'endoscopie sont indispensables. Cependant, après une phase de familiarisation, la technique devient rapidement aisée : elle est faite de plusieurs étapes bien codifiées pour lesquelles le rôle de l'assistant est très important. Le temps endoscopique est de l'ordre de 40 minutes après une dizaine de traitements et pourrait descendre à 20 minutes pour les experts.

Le principe est le suivant : la paroi digestive est aspirée dans une capsule creuse fixée à l'extrémité de l'endoscope et est transpercée par une aiguille. Cette aiguille contient une petite pièce métallique reliée à un fil. La petite pièce métallique et le fil franchissent ainsi la paroi et sont ramenés à la bouche. Est ainsi créé un point. Le même fil est utilisé pour créer un second point selon la même technique. Les deux points sont alors rapprochés et réunis par 4 à 6 nœuds pour former une suture ou plicature. Ils sont réalisés en dehors de la bouche, en extracorporel, selon un procédé utilisé en chirurgie laparoscopique. Les nœuds sont glissés par la bouche et l'œsophage grâce à un pousse-nœuds qui est une petite pièce en plastique fixée à l'extrémité du deuxième endoscope. Dans quelques mois, une petite bague métallique resserrera les fils et simplifiera considérablement la technique en remplaçant les nœuds [1]. Enfin, les deux fils sont sectionnés en un temps à l'aide d'un coupe-fil ingénieux introduit dans le canal opérateur de l'endoscope. Est ainsi créée une plicature. Il est conseillé de réaliser deux plicatures. Ces plicatures sont grossièrement centrées dans le prolongement de la petite courbure et sont disposées de deux façons : soit horizontalement au niveau de la ligne Z (suture circonférentielle), soit verticalement (suture linéaire), la première suture étant située à 2 cm sous la ligne Z et la deuxième au niveau de la ligne Z. La disposition verticale est la plus employée : un troisième point peut être placé dans le même axe plus en aval dans l'estomac. Le résultat est mieux analysé en rétrovision dans l'estomac que de face : de face, le cardia paraît simplement plus étroit et les points sont assez mal vus mais, en rétrovision, ils sont nettement visibles et reproduisent grossièrement la valve du traitement chirurgical.

Quels sont les résultats ? L'étude nord-américaine en a fait l'objet d'une publication en avril dans Gastrointestinal Endoscopy [2]. Soixante-quatre patients ont été traités, 31 par suture circonférentielle et 33 par suture linéaire ; ils ont été suivis 6 mois. Les critères d'inclusion comportaient, outre les critères précédemment cités (symptômes dépendants du traitement anti-sécrétoire ou anti-acide, absence de hernie hiatale), l'absence d'œsophagite de grade supérieur à 2 et l'absence d'obésité. Onze patients ont eu une deuxième séance de suture. Pour 13 patients, les données étaient incomplètes à 6 mois. Les opérateurs n'avaient réalisé que des sutures chez l'animal avant de participer à l'étude, ce qui explique que le temps moyen de suture a été long, de 68 minutes.

La fréquence et l'intensité du pyrosis, la fréquence des régurgitations ont été diminuées de façon significative à 3 mois et à 6 mois. Bien qu'il n'ait pas été observé de différence significative concernant la pression du sphincter inférieur de l'œsophage, le pourcentage de temps passé à pH < 4 (9,6 versus 8,5) et le nombre d'épisodes à pH < 4 (158 versus 117) ont été abaissés de façon significative. Soixante-quatre pour cent des patients prenaient, à 3 et 6 mois, moins de 4 doses d'anti-sécrétoires, d'anti-acides ou de prokinétiques par mois. Il faut reconnaître que la publication est peu précise quant au type de médicaments utilisés avant et après la suture, ce qui diminue beaucoup son intérêt et affaiblit l'analyse des résultats de la méthode.

Les effets secondaires ont été une pharyngite (31 %), des vomissements (14 %), des douleurs abdominales (14 %), des douleurs thoraciques (16 %), des effractions muqueuses (3 %), une hypoxie (6 %), un hémorragie spontanément résolutive (3 %) et une perforation (douleur et fièvre avec emphysème médiastinal) qui a été traitée de façon conservatrice. Une perforation a également été observée dans la série de Park et al. [3] et a nécessité un traitement chirurgical. Il n'y a pas d'explication définitive à ce type de complication. Une hypothèse est que le fil peut déchirer les tissus s'il est trop tendu, par frottement par exemple dans l'overtube. D'où la nécessité de conduire encore des études de morbidité. Une étude française multicentrique de type loi Huriet a débuté en prenant comme critère d'évaluation la morbidité précoce.

La seconde incertitude concerne la durabilité de la méthode. Cette durabilité est très probablement liée à la profondeur des points, un point limité à la sous-muqueuse ayant plus de risque d'être éliminé qu'un point transmural. Il n'est pas possible de connaître évidemment chez l'homme la profondeur de pénétration des points. Si on fait référence à l'expérience de la mucosectomie, il est probable que le tissu aspiré dans la capsule ne comporte que la muqueuse et la sous-muqueuse et que la plupart des points ne concerne que ces deux couches et ne sont pas transmuraux. D'où un risque d'élimination des points. D'ailleurs, la localisation essentiellement sous-muqueuse des points a été confirmée par une étude sur l'estomac de porc [4]. Certains ont proposé de compléter la suture par une électrocoagulation pour augmenter sa durabilité [5].

Swain et Park ont conduit une étude anglo-suédoise sur la suture et ont présenté leur série aux congrès de l'American Gastroenterological Association (AGA) en 2000 et en 2001 [3]. Swain, qui a inventé le matériel, a effectué ses premiers essais il y a plus de 5 ans, et la durée du suivi est la principale caractéristique de cette série dans laquelle 142 patients ont été traités par suture linéaire. Le temps moyen de la procédure a été de 30 minutes. Le suivi a été de 3 mois à 5 ans. Le score de DeMeester a été abaissé de façon significative et, en manométrie, la longueur médiane du sphincter inférieur de l'œsophage est passée de 2 à 3 cm (p < 0,05) et la pression de ce sphincter de 5 à 8 mmHg (p < 0,05). Le temps passé à pH < 4 a diminué de 8,4 % à 2,7 % (p < 0,05). Une réduction ou un arrêt de la prise d'inhibiteurs de la pompe à protons ont été observés chez 84 % des patients. Les effets secondaires ont été une perforation déjà citée plus haut, une hypoxie, deux hémorragies mineures et trois dysphagies transitoires. L'absence de dysphagie dans l'étude de Filipi et al. [2] et son caractère transitoire dans l'étude de Park et al. [3] constituent évidemment un avantage par rapport à la méthode chirurgicale. Les résultats de la série anglo-suédoise doivent être interprétés avec précaution, car la lecture comparée des résumés de l'AGA 2000 et de ceux de l'AGA 2001 fait craindre beaucoup d'approximations dans leur recueil.

Rajman et al. [6], dans une étude multicentrique américaine récemment présentée à l'AGA, ont élargi les indications : ils ont traité des patients avec une hernie hiatale de plus de 2 cm de hauteur ou avec un œsophage de Barrett. Il n'a pas été observé de différences significatives de résultats dans le groupe aux indications plus classiques, mais il faut noter que les effectifs étaient faibles.

Suture Wilson-Cook (figures 6 et 7)

Pour l'instant, ce système a fait l'objet d'études expérimentales sur les animaux mais n'a pas été utilisé chez l'homme. Le protocole d'évaluation clinique devrait débuter avant la fin de l'année 2001. Par rapport au système Bard, la structure Wilson-Cook paraît plus simple à préparer et à utiliser et le contrôle visuel sera probablement meilleur. Le matériel comporte deux accessoires : un crochet passe-fils et une pince serre-nœuds. Le tissu est positionné dans le crochet, éventuellement en utilisant une aspiration. L'aiguille traverse le tissu et va récupérer un fil situé à l'extrémité du crochet : une fois l'aiguille revenue en arrière, le fil passe à travers le tissu. L'avantage de ce système est qu'il est possible de faire un deuxième point immédiatement après, donc une plicature, sans retirer le crochet. Une fois la plicature amorcée, le crochet est retiré et la pince sert alors à resserrer la plicature à l'aide d'un anneau métallique bloquant les fils. Les études chez le porc ou sur simulateur animal montrent que le contrôle visuel n'est pas gêné par la présence de matériel à l'extrémité de l'endoscope et est de bonne qualité. Reste maintenant à savoir si les points seront suffisamment profonds.

Système NDO (figure 8)

Par rapport aux deux matériels précédents, le système NDO paraît d'emblée plus agressif et plus ambitieux, en permettant la réalisation de points transmuraux, donc théoriquement plus durables. Par ailleurs, il constitue le premier modèle de ce que pourrait être l'endoscope thérapeutique du futur, à savoir qu'il se présente à peu près comme un endoscope à deux bras indépendants. Il comporte un bras béquillable muni de la pince ou plicateur et un canal pour laisser passer un endoscope standard. Au milieu du plicateur, un système de « tire-bouchon » vient prendre et attirer l'angle de His. Puis le plicateur positionne automatiquement deux points transmuraux entre l'estomac et l'œsophage. Un endoscope est inséré à travers le système pour contrôler le bon positionnement du plicateur en rétrovision.

Ce matériel a été testé chez l'animal, puis sur le cadavre [7]. Cinq patients ont été traités en Inde sans morbidité immédiate. La localisation transmurale des points et l'apparente simplicité du système pourraient en faire le système de référence. Pourquoi pas ?

Suture Boston Scientific

Ce matériel a été élaboré par l'université de Tübingen en Allemagne. Comme pour le procédé précédent, il est difficile de parler de suture : il s'agit plutôt d'une plicature obtenue par positionnement de 4 à 8 clips biodégradables au niveau du cardia. Le système comporte un applicateur qui est glissé jusqu'au niveau du cardia. L'endoscope de 6 mm de diamètre passe à travers l'applicateur et sert seulement à contrôler en rétrovision le bon positionnement des clips. Les clips sont longs et resserrent la paroi gastrique contre la paroi œsophagienne pour créer un accolement et finalement une espèce de manchon de la paroi œsophagienne dans la cavité gastrique. Pour l'instant, seules des études ont été conduites chez 10 babouins [8] : 1 est décédé d'un abcès médiastinal à 6 jours, 8 présentent encore des clips en place et une valve endoscopique à 6 semaines.

Injection et implantation de matériel

Enteryx® (figure 9)

Le produit est commercialisé par Enteric Medical Technologies, société californienne, en collaboration avec Boston Scientific. Il est identique en composition à l'Embolyx® qui est utilisé pour l'embolisation de malformations vasculaires ou de tumeurs hypervasculaires cérébrales. Il s'agit d'un polymère biocompatible (employé pour la fabrication des membranes de filtration et des emballages de nourriture) qui se présente sous forme de poudre. Avant injection, cette poudre est dissoute dans du diméthyl-sulfoxide (DMSO). Après injection, ce DMSO diffuse rapidement dans les tissus et le sang, entraînant la précipitation du polymère en une masse molle spongieuse. Du tantale micronisé est ajouté au polymère pour le rendre radio-opaque. Des études expérimentales sur les effets secondaires ont été conduites chez 19 chiens. Les animaux sont restés apparemment sains jusqu'à leur sacrifice, et en particulier 3 chiens ont survécu 1 an. Les injections extramurales, intrapéritonéales ou sous-séreuses n'ont pas entraîné de réaction locale. Les injections intrapariétales ont entraîné une encapsulation du produit au sein d'une réaction fibrosante modérée. Ces résultats ont été reproduits chez 12 miniporcs : la réponse tissulaire pariétale a évolué de la réaction inflammatoire aiguë à une fibrose modérée encapsulant des dépôts de produit. Les premiers essais cliniques ont eu lieu à Bruxelles et ont été menés par J. Deviere.

L'injection est pratiquée sous un double contrôle endoscopique et fluoroscopique : le produit est injecté à l'aide d'une aiguille, type aiguille à varice, assez profondément et avec suffisamment de pression sur l'aiguille pour atteindre la couche musculaire. La paroi est ponctionnée un peu au-dessus de la ligne Z pour que le produit soit libéré en profondeur à la hauteur de la ligne Z. J. Deviere recommande de bien contrôler endoscopiquement le point d'injection : théoriquement, il ne faut pas observer de diffusion sous-muqueuse du produit (qui est noir et facile à voir). J. Deviere a eu la surprise d'observer en fluoroscopie, chez les premiers patients, la formation d'un anneau ou d'une ébauche d'anneau transversal à hauteur du cardia qui pourrait correspondre à la diffusion du produit dans la couche musculaire circulaire du cardia, et donc dans le sphincter. Cet anneau n'est pas toujours obtenu et il est trop tôt pour dire s'il y a une corrélation entre son obtention et les résultats cliniques les plus favorables. Son aspect est cependant assez démonstratif pour que l'on recommande de l'obtenir si possible. Quatre à 8 cc de produit sont injectés si nécessaire en plusieurs points. Il faut reconnaître que l'injection est relativement aléatoire et il n'est pas rare d'observer des injections extrapariétales dont on ne sait pas si elles sont efficaces. Si l'anneau n'est pas obtenu, J. Deviere essaye de répartir dans le cardia circonférentiellement des flaques de produit radio-opaque. Le produit agit soit simplement par phénomène de compression élastique de la lumière, soit par gêne au fonctionnement du sphincter en partie en raison de la fibrose. Le lieu d'injection pourrait être plus précis en se guidant par échoendoscopie : c'est ce qui a été réalisé chez un patient à l'hôpital Édouard-Herriot. J. Deviere a rapporté, à l'AGA 2001, une série de 28 traitements réalisés en collaboration avec G. Costamagna à Rome [9]. Quinze patients ont été revus à 6 mois : 8 avaient présenté des douleurs transitoires après l'injection. La manométrie a révélé un effet significatif du traitement sur la pression du sphincter inférieur de l'œsophage. Onze patients sur 15 ont arrêté les IPP et 4 en ont réduit la posologie. Il semble que le produit ait tendance à se résorber avec le temps : après un suivi de 4 à 12 mois, 9 patients ont perdu plus de la moitié du produit injecté et 2 plus de 75 %. Les caractéristiques de cette technique sont sa simplicité de réalisation, son absence d'effets secondaires significatifs et, semble-t-il, la persistance de ses effets malgré la régression de l'image fluoroscopique. Une étude prospective de type loi Huriet est en cours en France.

Endonetics

Son principe est différent de celui de l'Enteryx®. Il ne s'agit pas véritablement d'une injection, mais plutôt d'une implantation : le produit, proposé par une autre firme californienne, se présente sous la forme d'un cylindre de gel capable de se répandre par hydratation. La technique consiste d'abord à faire une ouverture dans la muqueuse œsophagienne un peu au-dessus de la ligne Z. Puis, en utilisant un dispositif positionné autour de l'endoscope, le cylindre est introduit dans cette ouverture dans la couche sous-muqueuse de façon longitudinale. Trois à quatre cylindres sont ainsi disposés en parallèle à la hauteur de la ligne Z. Le produit semble agir plutôt par effet d'obstacle au reflux.

À l'AGA 2001, Easter et al. [10] ont présenté les résultats d'une étude expérimentale chez 39 porcs surveillés après implantation pendant 7 à 168 jours. Le taux de succès d'insertion a été de 99 % (160/162). Aucun effet secondaire n'a été observé. Le problème avec ce produit est le risque de migration endoluminale qui a été cependant modérée : 84 % des implants sont restés stables. L'avantage est la conséquence de ce problème : il est facile de retirer le produit si nécessaire par simple section de la muqueuse ; c'est ce qui a été réalisé 13 fois sans difficulté. L'examen histologique a montré, comme avec l'Enteryx®, une encapsulation du produit dans une fibrose modérée. Les études cliniques démarrent : 5 patients ont été traités par P. Fockens à Amsterdam. La seule information disponible est qu'il n'y a pas eu d'effets secondaires importants.

Plexiglas (polyméthylméthacrylate)

Le principe est le même que celui de l'Endonetics : il s'agit d'implantations de microsphères de plexiglas dans la couche sous-muqueuse de la partie basse de l'œsophage. Ce produit crée un barrage au reflux. Il a été élaboré et évalué par une équipe grecque. Une publication récente [11] a porté sur une série de 10 patients, les microsphères ayant été injectées à travers une aiguille. Cinq ou 6 injections ont été pratiquées à 1 ou 2 cm en amont de la ligne Z. Une baisse du score clinique de sévérité du reflux (score de DeMeester et Gerd symptom score) et une amélioration de la pHmétrie ont été notées. Sept patients ne prenaient plus de traitement médical et aucun effet secondaire sérieux n'a été signalé : ont été seulement notées des douleurs transitoires chez 2 patients, une hémorragie spontanément résolutive chez un patient et une dysphagie transitoire chez un patient.

Hyperthermie (figure 10)

Cette procédure est celle qui suscite le plus de discussions et d'interrogations. S'agit-il de la technique qui va s'imposer de par sa simplicité de réalisation ou, au contraire, d'une technique trop agressive et dont les effets secondaires vont arrêter le développement ?

La sonde (Stretta® de la firme Curon) comporte une extrémité de type bougie, un assemblage fait d'un ballon, d'un panier et de 4 électrodes positionnées de façon radiale autour du ballon. Le ballon est placé à 2 cm au-dessous de la ligne Z et est gonflé. Les 4 électrodes sont alors déployées dans la couche musculaire de la paroi. Elles sont activées et la température est contrôlée pour atteindre 85 °C pendant que la muqueuse est refroidie à 30 °C par un circuit d'eau. En tournant et en déplaçant la sonde, 12 à 15 lésions sont créées chez le patient sur une hauteur de 4 cm.

L'hyperthermie par radiofréquence induit l'apparition d'une fibrose extensive de la paroi, qui réduirait la souplesse du sphincter et pourrait aussi détruire les réseaux nerveux à l'origine des relaxations transitoires du SIO. Cette technique a fait l'objet d'une étude nord-américaine (119 patients), qui a permis son approbation par la FDA ; une étude multicentrique européenne va débuter. Dans une publication récente dans Gastrointestinal Endoscopy, Triadafilopoulos et al. [12] rapportent des résultats après 6 mois de suivi chez 47 patients. Les scores de reflux et de qualité de vie SF-36 ont été significativement améliorés. La manométrie n'a montré aucun changement significatif concernant la pression moyenne et la longueur du SIO ainsi que l'amplitude des ondes péristaltiques. Mais le temps à pH < 4 a été abaissé de façon significative (11,7 % avant, 4,8 % après). Quatre-vingt-sept pour cent des patients ont arrêté les IPP. Plus récemment, à l'AGA 2001 lors d'une revue des traitements endoscopiques, Triadafilopoulos a présenté une série de 119 patients avec des résultats un peu moins bons : 83 patients ont été revus à 12 mois avec un taux d'arrêt des IPP de 66 %. Enfin, si l'étude nord-américaine ne rapporte que des complications précoces mineures (érosions superficielles ou plaie longitudinale, fièvre, odynophagie) chez 8,4 % des patients, certains rapports de la FDA signalent des complications graves à type de perforations létales. La morbidité précoce, mais également tardive de la méthode reste encore à évaluer. L'hyperthermie a l'avantage de sa simplicité mais la fibrose inquiète : ne va-t-elle pas gêner la chirurgie et ne pourrait-elle pas à long terme générer une pseudoachalasie ? Si la morbidité se révèle négligeable, cette technique a de bonnes chances d'avoir du succès en raison de sa simplicité d'utilisation.

CONCLUSION

Nous avons vu que les principes utilisés pour le traitement endoscopique du reflux gastro-œsophagien sont très variés. Il y a donc quelques chances pour qu'au moins une de ces techniques devienne un élément de routine du traitement du reflux gastro-œsophagien. Les conditions indispensables pour qu'une technique soit intéressante face à la cure chirurgicale du reflux sont une simplicité d'utilisation et une absence de morbidité.

Pour chacune des techniques présentées plus haut, il faut encore conduire une évaluation de la morbidité précoce et tardive, de la durabilité et donc de l'efficacité à long terme. Nous ne disposons pas d'études randomisées méthode endoscopique ± traitement médical contre traitement médical seul. Il est peu probable que les comités d'éthique acceptent une étude optimale qui comparerait les effets du traitement endoscopique aux effets d'un traitement endoscopique placebo.

Le prix du matériel, que ce soit de suture, d'injection ou d'hyperthermie, est d'environ 12 000 F pour une séance. Il est évident, compte tenu des coûts respectifs des traitements endoscopique et médicamenteux, que la durée des effets doit largement dépasser une année pour que le traitement endoscopique soit intéressant sur le plan économique. Des études coût/efficacité sont donc aussi nécessaires.

REFERENCES

1. Ben-Menachem T, Nagy C, Dimitriou J. Assessment of a novel suture-anchor device to replace knot-tying during endoluminal gastroplication. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : AB117.

2. Filipi CJ, Lehman GA, Rothstein RI, Raijman I, Stiegmann GV, Waring JP, Hunter JG, et al. Transoral, flexible endoscopic suturing for treatment of Gerd : a multicenter trial. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : 416-22.

3. Park P0, Kjellin T, Appleyard MN, Swain P. Results of endoscopic gastroplasty for gastroesophageal reflux disease. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : AB115.

4. Rothstein RI, Moodie K. Depth of endoscopically placed sutures. Gastrointest Endosc 2000 ; 51 : AB102.

5. Filipi CJ, Dunne D, Sweeney S, Dieselman K, Baluyut A, Lehman G. Endoscopic gastroesophageal suturing : does addition of cautery aid plication persistance. Gastrointest Endosc 2000 ; 51 : AB104.

6. Raijman I, Ben-Menachem T, Reddy G, Weiland S, Chen Y. Symptomatic response to endoluminal gastroplication in patients with gastroesophageal reflux disease : a multicenter experience. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : AB 74.

7. Chuttani R, Sachdev G, Randhir S, Brandwein SL, Pleskow DK, et al. A novel endoscopic full thickness plicator for the treatment of Gerd : feasibility study and comparison of ease of use in cadaveric human and pig stomachs. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : AB114.

8. Mason RJ, DeMeester TR, Schurr MO, Buess GF, Kalanovic D. Per-oral endoscopic Nissen fundoplication : the introduction of a new era. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : AB74.

9. Deviere J, Silverman D, Pastorelli A, Hubert L, Lehman G, LeMoine O, et al. Endoscopic implantation of a biopolymer in the lower oesophageal sphincter for gastroesophageal reflux : a pilot study. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : AB74.

10. Easter DW, Yurek M, Fockens P, Summers H. Endoscopic augmentation of the lower esophageal sphincter that is both titratable and reversible. Gastroenterology 2001 (abstract AGA).

11. Feretis C, Benakis P, Dimopoulos C, Dailianas A, Filalithis P, Stamou KM, et al. Endoscopic implantation of plexiglas (PMMA) microspheres for the treatment of Gerd. Gastrointest Endosc 2001 ; 33 : 257-61.

12. Triadafilopoulos G, Dibaise JK, Nostrant TT, Stollman NH, Anderson PK, Edmundowicz SA. Radiofrequency energy delivered to the gastroesophageal junction for the treatment of Gerd. Gastrointest Endosc 2001 ; 53 : 407-15.

13. Kim MS, Dent J, Holloway R, Utley DS. Radiofrequency energy delivery to the gastric cardia inhibits triggering of transient lower esophageal sphincter relaxation in a canine model. Gastroenterology 2000 ; 118 : A860.

14. DiBaise JK, Akromis I, Quickley EM. Efficacy of radiofrequency energy delivery to the lower esophageal sphincter in the treatment of Gerd. Gastrointest Endosc 2000 ; 51 : AB96.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]