ARTICLE
Nos
grand-mères connaissaient les vertus de l'huile
de foie de morue, que des générations d'enfants ont ingurgitée
chaque hiver. La logique de l'apport d'huile de foie de morue reposait
en réalité sur la concentration importante en vitamine D
qu'elle contient. D'autres vertus thérapeutiques des huiles de
poisson ont été plus récemment mises en évidence.
Au début des années 1970, une étude danoise a montré
la faible incidence des maladies cardio-vasculaires chez les esquimaux
du Groenland, gros consommateurs de poissons [1]. Une étude hollandaise
publiée en 1985 [2] a montré que la consommation quotidienne
de 30 g de poisson par jour diminue par deux la mortalité par accident
coronarien. Depuis, de nombreux travaux ont bien mis en évidence
l'effet hypolipémiant et antiagrégant des
huiles de poisson par l'intermédiaire de leur richesse en
acides gras de la série n-3 (omega3), et principalement en acide
eicosapentaénoïque (EPA) et en acide docosahexaénoïque
(DHA). Par ailleurs, des effets anti-inflammatoires ont été
démontrés chez l'animal [3, 4], et l'intérêt
thérapeutique des omega3 a été avancé dans
plusieurs maladies inflammatoires chroniques, tant chez l'animal pour
le lupus [5], que chez l'homme pour le psoriasis [6] ou la polyarthrite
rhumatoïde [7]. Bien que l'étiologie des maladies inflammatoires
chroniques de l'intestin (MICI) reste obscure, il est établi que
des anomalies immunologiques contribuent à l'inflammation chronique
de l'intestin et la majorité des traitements utilisés dans
ces maladies ont des propriétés immunomodulatrices [8].
Plusieurs travaux expérimentaux et cliniques suggèrent un
intérêt potentiel des huiles de poisson, au cours de la rectocolite
hémorragique (RCH) et de la maladie de Crohn.
Effet
anti-inflammatoire des huiles de poisson
Les acides gras omega3 sont des acides gras polyinsaturés
(PUFA) dont la première double liaison se trouve en position 3
à partir du groupement méthyle. Les principaux acides gras
omega3 sont l'acide linolénique : C 18:3 n-3, l'EPA :
C 22:5 n-3 et le DHA : C 22:6 n-3. Ces deux derniers sont synthétisés
dans l'organisme à partir de l'acide linolénique qui fait
partie des acides gras essentiels. Les poissons vivant en eaux froides
sont les plus riches en omega3, et notamment en EPA et DHA.
Il a été démontré
qu'une alimentation enrichie en huiles de poisson était capable
d'exercer une action inhibitrice sur les fonctions des monocytes et des
polynucléaires neutrophiles, ce qui suggère que les omega3
pourraient avoir des propriétés anti-inflammatoires [9].
Un apport important d'acides gras omega3 entraîne une compétition
entre l'acide arachidonique (C 20:4 n-6) et l'EPA comme précurseurs
de la synthèse des leucotriènes. L'un des dérivés
majeurs de l'acide arachidonique est le leucotriène B4 synthétisé
à partir de la voie de la lipo-oxygénase. Celui-ci favorise
l'action chimiotactile, l'agrégation et la dégranulation
des neutrophiles, augmente la perméabilité vasculaire, et
favorise la libération d'enzymes lysosomiales. L'apport d'omega3
entraîne une diminution de la synthèse des leucotriènes
B4 (LTB4) au profit des leucotriènes B5 qui seraient environ 30
fois moins actifs que les premiers [9]. D'autre part, les omega3 sont
capables d'inhiber la production de cytokines pro-inflammatoires comme
l'interleukine 1beta et le tumor necrosis factor [10] et possèdent
des propriétés anti-oxydantes [11].
Les
oméga-3 au cours des MICI
Les esquimaux présentent une incidence particulièrement
faible de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin [1]. Un travail
récent a comparé l'incidence de la maladie de Crohn au Japon,
qui est en très nette augmentation, à la consommation alimentaire
moyenne des Japonais, déterminée chaque année sur
un échantillon représentatif de 16 500 à 68 000 personnes.
L'analyse multivariée a révélé que l'augmentation
de la consommation de protéines animales et l'augmentation du ratio
n-6/n-3 étaient, dans ce pays, les facteurs indépendants
les plus fortement liés à l'augmentation d'incidence de
la maladie de Crohn [12].
Lauritsen et al. [13] ont étudié,
après dialyse rectale, le profil des eicosanoïdes au cours
de MICI et de colites à Clostridium difficile chez l'homme.
Comparativement au groupe témoin, les concentrations de prostaglandines
E2 (PGE2), F2alpha, de thromboxane B2 (TXB2) et de LTB4 dans le dialysat
étaient plus élevées chez les patients que chez les
témoins. Plus particulièrement, chez les patients souffrant
de RCH, les auteurs notaient une élévation très importante
des PGE2, du TXB2 et du LTB4, ce qui suggère un rôle important
des métabolites de l'acide arachidonique dans le déterminisme
de l'inflammation au cours de cette maladie. Il a aussi été
démontré que les concentrations de LTB4 et de thromboxane
A2 étaient élevées dans la muqueuse intestinale inflammée
de patients porteurs d'une maladie chronique [14]. Dans un modèle
expérimental de colite chronique induite par un acide chez le rat,
Vilaseca et al. [15] ont étudié les taux de PGE2,
TXB2 et de LTB4 obtenus après dialyse colique ; les rats étaient
randomisés pour recevoir une alimentation enrichie en huile de
tournesol dans le groupe 1 et en huile de foie de morue dans le groupe
2. Après 4 semaines de régime, les taux de base de PGE2,
TXB2 et LTB4 étaient significativement plus élevés
dans le groupe 1. Après l'induction des lésions coliques,
on notait dans les deux groupes une élévation des quantités
libérées ; celles-ci étaient plus importantes
dans le groupe 1 et ce, significativement, pour le TXB2, 20 et 30 jours
après induction de la colite. Si la gravité de la colite,
jugée sur des critères macroscopiques et histologiques,
était initialement identique dans les deux groupes, les différences
s'accentuaient au détriment du groupe 1 au fil des jours, et au
50e jour, pratiquement aucun des rats du groupe 2 n'avait de
lésion alors que la plupart des rats du groupe 1 étaient
encore atteints. Ainsi, dans ce modèle, une supplémentation
en EPA a semblé capable de raccourcir la durée d'une colite
expérimentalement induite. Cet effet pourrait passer entre autres
par une diminution des taux intracoliques de TXB2, ces mêmes auteurs
ayant montré son importance dans ce modèle puisque l'inhibition
de sa synthèse entraîne une diminution des lésions
coliques [16].
Dans un travail récent, Kukori et al.
[17] ont comparé les profils d'acides gras sériques de 20
patients porteurs d'une maladie de Crohn depuis en moyenne 5 ans, indemnes
de résection intestinale et sans malabsorption, à ceux de
18 volontaires sains. Les différents acides gras sériques
ont été mesurés à jeun par chromatographie
gazeuse. La concentration totale des acides gras et les concentrations
en acides gras saturés et mono-insaturés étaient
identiques dans les deux groupes. A l'inverse, chez les patients, la concentration
en PUFA, et plus particulièrement en omega3, était diminuée,
et le ratio n-6/n-3 augmentait significativement comparativement aux témoins.
Parmi les acides gras diminués chez les patients, on retrouvait
principalement l'EPA et le DHA. Le ratio n-6/n-3 était plus élevé
chez les patients porteurs d'une maladie active que chez ceux porteurs
d'une maladie inactive et, parmi les neuf acides gras qui présentaient
une corrélation négative avec le CDAI, l'EPA et la concentration
totale en omega3 avaient la meilleure corrélation (r = - 0,711,
p < 0,0005 et r = - 0,666, p < 0,001 respectivement). Ainsi, il
semble que les concentrations sériques en PUFA de la série
n-3 soient diminuées au cours de la maladie de Crohn alors que
les concentrations sériques en acides gras saturés, monoinsaturés
et essentiels sont identiques à celle des témoins. D'autre
part, la diminution des omega3 semble être d'autant plus importante
que la maladie est active. En théorie, cette diminution des omega3
sériques ne peut être secondaire qu'à une carence
d'apport ou à une augmentation de la consommation due à
l'inflammation puisque aucun des patients n'avait de résection
ni de malabsorption intestinale. Bien que les ingesta n'aient pas été
étudiés, il ne semble pas qu'une carence d'apport puisse
expliquer ce phénomène puisque la concentration totale en
acides gras et les concentrations en saturés et mono-insaturés
étaient identiques dans les deux groupes. Ainsi, l'article de Kukori
et al. suggère qu'au cours de la maladie de Crohn les concentrations
sériques en omega3 sont diminuées probablement du fait d'une
consommation plus importante, liée à l'activité de
la maladie inflammatoire. A la lumière de ces différents
travaux expérimentaux, il semble possible d'envisager une action
préventive ou thérapeutique des huiles de poisson au cours
des maladies inflammatoires de l'intestin.
Études
de supplémentation en huile de poisson au cours des MICI
C'est en 1989, qu'au cours d'une étude pilote,
McCall et al. [18] ont montré pour la première fois
que le traitement de 6 patients porteurs d'une RCH par les huiles de poisson
(16 à 24 capsules de Maxepar® par jour pendant 12
semaines), à l'exclusion de tout autre traitement, entraînait
une amélioration du score d'activité de la maladie. Parallèlement
les auteurs notaient une réduction significative des polynucléaires
neutrophiles et des taux de leucotriène B4. Dans une autre étude
ouverte, Salomon et al. [19] ont traité 10 patients porteurs
d'une RCH par 2,7 g d'EPA et 1,8 g de DHA. Ils ont noté, eux aussi,
une amélioration clinique et une réduction de la dose de
corticoïdes utilisée chez respectivement 7 et 8 des 10 malades.
Au cours d'une étude croisée contre
placebo réalisée chez 10 patients porteurs d'une RCH, Lorentz
et al. [20], en utilisant de faibles doses d'omega3 (1,8 g d'EPA
et 0,9 g de DHA), n'ont en revanche noté aucun effet thérapeutique.
Dans un travail similaire, Stenson et al. [21] ont retrouvé,
après 4 mois de supplémentation (3,2 g d'EPA et 2,2 g de
DHA), une amélioration du score endoscopique chez 15 patients sur
21 contre seulement 8 sur 20 après la période placebo. Une
amélioration clinique survenait chez 9 patients après traitement
par les omega3 et chez seulement 3 patients après placebo. Une
autre étude, réalisée chez un faible nombre de patients,
montrait une amélioration clinique modeste sans amélioration
histologique [22].
Dans la plus grande étude concernant la
RCH [23], où 87 patients ont été randomisés
en deux groupes (EPA versus huile d'olive), il n'a pas été
montré de différence significative même en individualisant
le sous-groupe de patients en poussée au début de l'étude
du sous-groupe de patients initialement en rémission. Le pourcentage
de temps passé en rémission au cours de l'année d'étude
était de 63 % dans le groupe EPA et de 57 % dans le groupe placebo.
Une réduction modeste des besoins en corticostéroïdes
était cependant notée, et la dose cumulative de prednisolone
a été de 1 650 mg dans le groupe EPA et de 1 918 mg dans
le groupe placebo. Chez les malades traités par les omega3, il
existait une inhibition de plus de 50 % de la production de LTB4 et une
augmentation des taux de LTB5.
Peu de travaux ont été réalisés
au cours de la maladie de Crohn. Une étude croisée contre
placebo réalisée chez 29 patients suggère cependant
que les omega3 n'ont pas d'effet dans cette maladie [20]. Dans un travail
publié seulement sous forme de résumé, des auteurs
espagnols ont randomisé 38 patients en rémission de leur
maladie et sans traitement, pour recevoir une alimentation riche en poisson
ou enrichie en huile de poisson, comparativement à une alimentation
standard pendant deux ans [24]. Seulement 20 % des patients dans le groupe
omega3 ont récidivé contre 58 % des patients du groupe témoin.
Il est difficile, dans ces différentes
études réalisées chez des patients porteurs d'une
MICI, de déterminer l'impact réel des huiles de poisson
sur la maladie pour différentes raisons. Le nombre de patients
étudiés est à une exception près trop faible,
le suivi est en général insuffisant, les doses d'omega3
utilisées varient du simple au double, l'utilisation concomitante
d'autres traitements peut masquer un effet thérapeutique des omega3,
et surtout la compliance est mauvaise et le nombre de patients qui sortent
des études souvent important, du fait d'une mauvaise tolérance
digestive des capsules contenant les huiles de poisson [25]. Un grand
nombre d'effets secondaires digestifs ont été décrits
avec les huiles de poisson : brûlures épigastriques,
mauvaise haleine, nausées, vomissements, flatulences, et diarrhée.
Ces effets secondaires ont été responsables, dans certaines
études, d'une compliance médiocre et d'un taux élevé
de patients perdus de vue. Afin d'améliorer la tolérance
gastrique des omega3, une équipe italienne a récemment testé
l'effet d'une préparation gastro-protégée permettant
la libération des omega3 directement dans l'intestin grêle
chez des patients porteurs d'une maladie de Crohn [26]. Les deux autres
originalités de cette étude sont : premièrement
que les auteurs se sont intéressés à des patients
en rémission, mais a priori à haut risque de récidive,
puisqu'ils avaient des signes biologiques témoignant d'un syndrome
inflammatoire ; deuxièmement, afin de réellement observer
les effets des omega3, les auteurs ont exclu les patients qui avaient
reçu un traitement d'entretien standard ou des immunosuppresseurs,
respectivement dans les trois et six mois qui précédaient
l'étude.
Soixante-dix-huit patients,
en rémission (CDAI < 150) depuis en moyenne 7 mois (3-23 mois),
ont été randomisés pour recevoir soit un placebo,
soit 9 capsules gastro-protégées enrichies en omega3, ce
qui représentait un apport quotidien de 1,8 g d'EPA et de 0,9 g
de DHA. Les deux groupes étaient identiques pour le sexe, l'âge,
la durée de la maladie, la consommation de tabac, les traitements
antérieurs et le site pathologique. Aucun autre traitement n'était
accepté pendant la durée de l'étude. Parmi les 39
patients traités par l'huile de poisson, 11 (28 %) ont rechuté,
4 sont sortis de l'étude en raison de diarrhées et un a
été perdu de vue. Parmi les 39 patients sous placebo, 27
(69 %) ont rechuté, un est sorti de l'étude pour diarrhée
et un a été perdu de vue. Après un an de traitement,
et en intention de traiter, 59 % des patients sous huile de poisson et
26 % des patients sous placebo étaient encore en rémission
(p = 0,003) (figure 1).
En analyse multivariée, seule la consommation d'huile de poisson
expliquait la différence entre les deux groupes. Entre le début
et la fin de l'étude, les paramètres biologiques inflammatoires
se sont en moyenne aggravés de 14 % à 17 % dans le groupe
placebo et améliorés de 4 % à 20 % dans le groupe
omega3. Les concentrations sanguines en acide linoléique, acide
arachidonique, EPA et DHA qui sont restées stables dans le groupe
placebo ont été modifiées de respectivement - 40
%, - 48 %, + 2 800 % et + 360 % dans le groupe huile de poisson.
Indiscutablement, cette étude a été
bien conduite et relance l'intérêt des huiles de poisson
dans la prise en charge de la maladie de Crohn en particulier, et des
MICI en général. En utilisant une forme gastro-protégée,
les auteurs ont évité un écueil, expliquant au moins
en partie les résultats discordants des études précédentes.
D'autre part, la sélection de patients à haut risque de
récidive et sans autre traitement que celui étudié
a donné à l'étude la puissance nécessaire
pour démontrer un effet thérapeutique. Quelques réserves
peuvent cependant être émises. Il est dommage qu'aucune donnée
endoscopique n'apparaisse dans ce travail, et il nous semble qu'il aurait
été particulièrement intéressant de pouvoir
disposer de telles données au début et à la fin de
la période thérapeutique car, même s'il est admis
qu'il n'existe pas de bonne corrélation entre la sévérité
clinique et endoscopique au cours de la maladie de Crohn [27], la rémission
clinique est presque toujours associée à une amélioration
des lésions endoscopiques, et l'on sait que la sévérité
des lésions observées après chirurgie permet de prédire
la rechute clinique [28]. La seconde critique concerne le type de patient
étudié. L'évolutivité de la maladie de Crohn
est différente selon sa localisation, et selon qu'il s'agit d'une
maladie évoluant sur un mode inflammatoire, fistuleux ou sténosant.
Même si tout laisse à penser que les deux groupes étudiés
étaient homogènes, le type de patient qui a le plus bénéficié
du traitement n'apparaît pas clairement dans ce travail.
Beluzzi et al. [26] ont ajouté un
autre agent à la liste grandissante des traitements potentiels
permettant de maintenir la maladie de Crohn en rémission. La préparation
gastro-protégée utilisée par ces auteurs semble être
en mesure d'éviter les effets secondaires digestifs qui étaient
responsables de la mauvaise compliance observée dans les études
précédentes. De plus, elle semble être mieux absorbée
et mieux incorporée dans les membranes des phospholipides que les
préparations classiques [29], et une dose de omega3 relativement
basse, qui avait été préalablement inefficace pour
prévenir les rechutes de RCH [21], a été ici efficace.
L'avantage considérable des huiles de poisson sur les autres traitements
utilisés dans les MICI est que, en dehors de leur tolérance
digestive médiocre, elles ne sont ni tératogènes
ni responsables d'effets secondaires graves, ce qui contraste avec les
traitements habituellement utilisés dans cette maladie.
CONCLUSION L'utilisation
des huiles de poisson au cours des MICI obéit à une grande
logique. Les premières études cliniques publiées ont
donné des résultats dans l'ensemble discordants et décevants
en partie en raison de groupes hétérogènes, d'un faible
nombre de malades étudiés et de la mauvaise tolérance
digestive des préparations utilisées. Le travail italien de
Beluzzi et al. relance l'intérêt pour les huiles de
poisson au cours des MICI. Il paraît important que, rapidement, des
études comparatives avec d'autres traitements préventifs des
rechutes de la MC soient initiées. En particulier, la comparaison
de cette préparation gastro-protégée contenant des
omega3 avec la mézalasine dont l'action préventive sur les
rechutes qui, bien qu'ayant été démontrée, est
parfois contestée, nous semble d'actualité. Même s'il
est trop tôt pour dire que l'on a enfin trouvé un traitement
efficace et sans danger, et pour proposer systématiquement les omega3
à nos patients ; il ne paraît pas anormal de leur conseiller
de consommer du poisson au moins deux fois par semaine, ce qui de toute
manière leur sera bénéfique sur le plan cardio-vasculaire.REFERENCES
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