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Hémorragies digestives hautes non liées à l'hypertension portale


Hépato-Gastro. Volume 9, Number 6, 445-54, Novembre - Décembre 2002, Revue Bibliographique


Résumé  

Author(s) : Gilles LESUR, Service d'hépato-gastroentérologie, hôpital Ambroise-Paré, 92104 Boulogne Cedex..

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ARTICLE

De nombreux travaux cliniques ont été consacrés ces dernières années aux hémorragies digestives hautes non secondaires à l'hypertension portale. Le but de cette revue est d'analyser les plus intéressants et novateurs d'entre eux et de mettre leurs résultats en perspective avec les données déjà connues. Les hémorragies digestives ulcéreuses, qui restent la cause la plus fréquente des hémorragies digestives hautes, constitueront l'essentiel de cette revue que ce soit dans leurs aspects thérapeutiques (traitement médical ou endoscopique), épidémiologiques et pronostiques ou dans leurs modalités de prise en charge. Les relations complexes entre hémorragie ulcéreuse, prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et infection par Helicobacter pylori seront également évoquées à la lumière de quelques travaux récents qui apportent, eux aussi, un éclairage en partie nouveau. Nous évoquerons enfin et plus rapidement les problèmes spécifiques que pose la prise en charge endoscopique de deux causes plus rares d'hémorragie digestive haute, toutefois parfois sévères, le syndrome de Mallory-Weiss et l'ulcération de Dieulafoy.

Hémorragies ulcéreuses : aspects thérapeutiques

Traitement antisécrétoire

Le traitement de référence de l'hémorragie ulcéreuse est le traitement endoscopique, mais l'idée de tenter de le potentialiser par l'administration d'antisécrétoires est ancienne. Plusieurs travaux, notamment scandinaves, ayant exploré cette voie en utilisant l'oméprazole avaient été encourageants mais pas complètement convaincants car imparfaits. L'essai prospectif randomisé de l'équipe de Hong Kong publié dans le New England Journal of Medicine en 2000 ayant comparé le placebo à l'administration intraveineuse d'oméprazole (80 mg en bolus suivi d'une perfusion de 8 mg/h pendant 72 heures) chez des patients traités par injections d'adrénaline et thermocoagulation est en revanche très démonstratif [1]. L'étude a porté sur 240 malades d'âge moyen 65 ans et les ulcères étaient pour moitié de siège gastrique et pour moitié de localisation duodénale. Les malades inclus présentaient soit une hémorragie active (n = 122), le plus souvent à type de suintement diffus (n = 99), soit un aspect de vaisseau visible non hémorragique (n = 118). La dose moyenne d'adrénaline injectée était de 11 ml et le nombre moyen d'applications de la sonde de thermocoagulation de 8. Ce travail a montré dans le groupe traité par oméprazole une réduction significative du risque de récidive hémorragique à la fois en cas d'hémorragie active (5 % versus 17 %, p = 0,04) et de vaisseau visible non hémorragique (9 % versus 27 %, p = 0,02) (figure 1). En revanche, il n'y avait pas de réduction du pourcentage de malades opérés, ni du nombre de décès. Aucun effet indésirable lié à l'utilisation des fortes doses d'oméprazole n'était à déplorer. Ce travail démontre de manière très claire que l'utilisation d'oméprazole à fortes doses potentialise l'effet du traitement endoscopique et permet d'obtenir des taux de récidive hémorragique inférieurs à 10 % dans une population à haut risque de récidive. Javid et al. [2] ont également montré dans un essai randomisé réalisé chez 166 malades qu'une réduction significative du risque de récidive hémorragique, des besoins transfusionnels et de la durée d'hospitalisation pouvait également être obtenue par l'oméprazole par voie orale à la dose de 80 mg/j chez des patients traités par injections [2] (figure 2). Des doses élevées d'oméprazole permettent donc, en consolidant l'effet hémostatique initialement obtenu par le traitement endoscopique, de réduire significativement le risque de récidive hémorragique précoce qui est facteur de surmortalité au cours de l'hémorragie ulcéreuse.

Traitement endoscopique

* Injections et coagulation

Dans la discussion toujours d'actualité de la meilleure méthode endoscopique à proposer en cas d'hémorragie ulcéreuse, trois travaux récents ont apporté des éléments de réponse. L'étude de Lin et al. [3] est la première à avoir comparé, dans un essai prospectif randomisé, l'effet hémostatique des injections d'adrénaline en fonction de la quantité injectée. Cent cinquante-six patients ayant une hémorragie active (n = 70) ou un aspect de vaisseau visible non hémorragique étaient traités par des doses moyennes d'adrénaline considérées soit comme habituelles (8 ml, IC à 95 % = 7,5-8,4 ml), soit comme importantes (16,5 ml, IC à 95 % = 15,7-17,3 ml). Le traitement médical administré consistait en une injection par voie intraveineuse de 40 mg d'oméprazole toutes les 6 heures. La réduction du risque de récidive hémorragique était significativement plus importante chez les malades traités par les grandes quantités d'adrénaline (15,4 % versus 30,8 %, p = 0,037). Toutefois, il n'y avait pas de modification significative du nombre de malades opérés, ni de la mortalité. Aucun effet indésirable n'était noté dans aucun des deux groupes. Ce taux de récidive hémorragique de 15 % observé après des injections d'adrénaline réalisées isolément dans un essai ayant inclus un fort pourcentage d'hémorragies actives (45 %) chez des malades ne recevant pas un traitement médical optimal plaide clairement en faveur de l'utilisation de grandes quantités d'adrénaline.

Le travail de Laine et al. [4] a comparé un traitement par injections de sérum salé isotonique à l'électrocoagulation bipolaire. Les données de la littérature jusqu'ici disponibles ont montré que les méthodes thermiques et les injections avaient une efficacité hémostatique équivalente. Dans un essai randomisé ayant inclus 100 malades présentant soit une hémorragie active (n = 40), soit un aspect de vaisseau visible non hémorragique (n = 60), les injections de grandes quantités (30 ml) de sérum salé isotonique étaient comparées à l'électrocoagulation bipolaire (20 W, 10 applications). La nature du traitement médical conjointement administré n'est pas précisée. L'hémostase initiale avait tendance à être plus souvent obtenue par l'électrocoagulation (96 % versus 76 %) et le risque d'échec du traitement (hémorragie persistante ou récidivante) était significativement plus élevé chez les malades traités par injections que chez ceux traités par électrocoagulation bipolaire (29 % versus 12 %, p = 0,04). Il y avait parallèlement une réduction également significative des besoins transfusionnels chez les malades traités par électrocoagulation bipolaire. En revanche, il n'y avait pas de différence en termes de pourcentage de malades opérés et de mortalité. Une analyse par sous-groupe montrait en cas d'hémorragie initialement active un taux significativement plus élevé d'échec de traitement après réalisation d'injections qu'après la pratique d'une électrocoagulation bipolaire (35 % versus 9 %, p = 0,05). En revanche, les taux de récidive hémorragique, de respectivement 26 % et 14 %, n'étaient pas significativement différents en cas de vaisseau visible non hémorragique. Une analyse multivariée en régression logistique mettait en évidence qu'un traitement par injections (p = 0,02), le nombre de culots transfusés avant l'endoscopie (p = 0,02) et la taille de l'ulcère (p = 0,03) étaient des facteurs de risque d'échec du traitement. Il est vraisemblable que le taux élevé d'échec de traitement observé dans ce travail après injections soit consécutif au choix discutable du sérum salé isotonique et à l'utilisation d'un traitement médical qui n'a vraisemblablement pas été optimal. La supériorité des méthodes thermiques sur les injections n'apparaît donc pas clairement démontrée par ce travail qui a de plus l'inconvénient d'associer les échecs primaires du traitement endoscopique et les récidives hémorragiques précoces, ce qui nuit à la lisibilité des résultats.

Pescatore et al. [5] ont évalué l'utilisation de colle biologique en comparant, dans un essai prospectif randomisé réalisé chez 135 malades ayant soit un ulcère hémorragique (n = 15 en jet, n = 47 suintement diffus), soit un aspect de vaisseau visible non hémorragique (n = 51) ou de caillot adhérent (n = 22), l'injection d'adrénaline seule (n = 70) à celle d'une association d'adrénaline et de colle de fibrine (n = 65). Cette dernière était constituée d'un mélange de fibrinogène, thrombine, facteur XIII et aprotinine, un agent antifibrinolytique d'origine bovine. Le traitement antisécrétoire consistait en l'administration d'un bolus de 80 mg d'oméprazole suivi d'une perfusion de 40 mg d'oméprazole 3 fois par jour. Une hémostase initiale était obtenue chez tous les malades et les taux de récidive hémorragique n'étaient pas différents chez les malades traités par l'adrénaline seule et chez ceux traités par l'association adrénaline et colle biologique (24,3 % versus 21,5 %). Il y avait une tendance à une meilleure efficacité de la colle biologique en cas d'hémorragie active à l'endoscopie initiale. Les pourcentages de malades opérés et de décès n'étaient pas significativement différents dans les deux groupes de patients. L'absence de bénéfice et les risques potentiels de transmission d'agents infectieux comme de réactions allergiques à l'aprotinine semblent condamner cette association.

Si l'hémostase endoscopique est un traitement efficace de l'hémorragie ulcéreuse, il est néanmoins important de s'intéresser aux échecs possibles et donc aux limites de ce type de traitement. Trois travaux provenant d'équipes expérimentées se sont intéressés aux échecs du traitement endoscopique en tentant d'en déterminer les facteurs prédictifs (tableau 1). Le travail prospectif de Wong et al. [6], qui émane de l'équipe de Hong Kong, a inclus 1 144 malades traités par voie endoscopique entre 1995 et 1998. Une analyse multivariée en régression logistique à la recherche de facteurs de risque indépendants d'échec du traitement endoscopique était réalisée. Il s'agissait, dans 58 % des cas, d'ulcères duodénaux, dans 37 % des cas d'ulcères gastriques et dans 5 % des cas d'ulcères anastomotiques. Tous les patients présentant une hémorragie active, un aspect de vaisseau visible non hémorragique ou de caillot adhérent étaient traités par injections d'adrénaline et thermocoagulation. Une récidive hémorragique survenait dans 8,2 % des cas, habituellement dans les 60 premières heures. Dans 1,4 % des cas, un traitement endoscopique était impossible en raison d'une hémorragie massive empêchant la visualisation et le traitement, imposant un geste chirurgical d'hémostase immédiat. Chez les malades traités par voie endoscopique, un succès hémostatique immédiat était obtenu dans 98,6 % des cas et l'hémostase était définitive dans 90,4 % des cas. Quatorze patients allaient présenter une perforation digestive dans les suites d'une thermocoagulation (dont 3 après un second traitement endoscopique). La mortalité globale était de 5 % dans l'ensemble de la population et de 16,4 % en cas d'échec de l'hémostase endoscopique. L'analyse multivariée mettait en évidence qu'une hémoglobinémie inférieure à 10 g/dl (p = 0,007), un ulcère de plus de 2 cm de diamètre (p = 0,01), un état de choc hémorragique à l'admission (p < 0,001), la présence de sang frais dans l'estomac (p < 0,001) et une hémorragie active à l'endoscopie initiale (p = 0,025) étaient significativement associés à un risque plus élevé d'échec du traitement endoscopique. Le travail de l'équipe coréenne de Chung et al. [7] s'est, lui, centré sur 143 hémorragies ulcéreuses traitées soit par injections ou clips, soit par l'association clips et injections. Une hémostase initiale était obtenue chez 139 malades (94,4 %) et cette hémostase allait être définitive chez 130 malades (91 %). Une récidive hémorragique survenait chez 36 patients (25,2 %) et 11 sujets allaient subir une intervention chirurgicale (7,7 %). Un décès survenait chez 5 malades (3,5 %). Une analyse univariée montrait que les facteurs endoscopiques étaient déterminants dans la survenue d'une récidive hémorragique avec un risque significativement plus élevé en cas d'hémorragie en jet (p < 0,006), en présence d'un ulcère de plus de 2 cm de diamètre (p < 0,017) et en cas d'ulcère de siège gastrique (p < 0,026). Toutefois, une analyse en régression logistique montrait que seule la présence d'une hémorragie en jet était un facteur de risque indépendant de récidive hémorragique (p < 0,003). Ces données sont assez proches de celles rapportées par Thomopoulos et al. [8] dans une série homogène de 427 malades traités exclusivement par injections d'adrénaline. Un traitement endoscopique était impossible dans 7,5 % des cas (n = 32) du fait d'une lésion initialement inaccessible ou d'une hémorragie massive, mais environ un tiers de ces malades était traité avec succès dans les 12 heures suivantes. Une hémostase définitive était obtenue chez 79,9 % des malades et 20,1 % des malades allaient être opérés. La mortalité globale était de 6,1 % et celle des malades opérés de 10,5 %.
Le risque d'échec du traitement endoscopique était statistiquement lié à la présence d'un état de choc initial (OR 2,31 ; IC à 95 % = 1,33-6,97), d'une hémorragie en jet (OR 2,45 ; IC à 95 % = 1,51-3,98), d'un ulcère de la face postérieure du bulbe (OR 2,48 ; IC à 95 % = 1,37-7,01) ou d'un ulcère anastomotique (OR 3,39 ; IC à 95 % = 1,37-7,29).

Ces trois travaux concordants démontrent une nouvelle fois l'importance des facteurs endoscopiques (caractère actif du saignement, taille et siège de l'ulcère) dans les risques d'échec du traitement endoscopique et cela indépendamment de la méthode endoscopique utilisée. En présence de tels facteurs de risque, le traitement initial doit être optimal afin de réduire au maximum le risque de récidive hémorragique facteur de surmortalité. C'est en particulier le cas en présence d'une hémorragie en jet, seul cas de figure où la supériorité en termes d'effet hémostatique de l'association injections et méthodes thermique a été clairement démontrée. Si l'on ne dispose pas d'un tel équipement ou si son utilisation est impossible, l'administration d'oméprazole à fortes doses selon le protocole évoqué plus haut devrait constituer l'alternative une fois l'hémostase initiale obtenue.

* Intérêt du Doppler

Une autre façon d'aborder le problème des échecs du traitement endoscopique est d'essayer de mettre en évidence l'effet du traitement immédiatement après la réalisation du geste. Il a déjà été suggéré que l'utilisation du Doppler était susceptible de pallier la grande variabilité liée à l'observateur de la classification de Forrest. Une équipe allemande a ainsi pu montrer que la réalisation d'un traitement endoscopique en fonction de la présence d'un signal Doppler dans l'ulcère était associée à une réduction significativement plus importante du risque de récidive hémorragique que lorsque le traitement était réalisé selon les stades de la classification de Forrest. Wong et al. [9] ont tenté de savoir si la réalisation immédiatement après le geste à visée hémostatique d'un Doppler au niveau de l'ulcère traité permettait de prévoir ou non l'échec du traitement endoscopique. Dans un essai prospectif en double aveugle non randomisé réalisé chez 52 malades, ils ont ainsi pu montrer que la persistance d'un signal Doppler après le traitement endoscopique était associée à un risque de récidive hémorragique significativement plus élevé que lorsque ce signal disparaissait (100 % versus 11 %, p = 0,003). Cette technique, qui apparaît comme extrêmement séduisante et fiable, se heurte néanmoins aux problèmes de disponibilité du matériel et de l'expérience de l'opérateur.

* Les clips hémostatiques

Les clips sont une méthode hémostatique ayant fait la preuve de son efficacité dans certaines circonstances ponctuelles. Son utilisation dans l'hémorragie ulcéreuse a jusqu'à présent donné lieu à deux essais publiés, l'un espagnol, l'autre coréen, qui n'ont pas permis de conclure à la supériorité des clips, ni de l'association clips et injections sur les injections. Deux essais publiés depuis, l'un italien qui a comparé les clips à la thermocoagulation et l'autre belge ayant comparé les clips aux injections, complètent ces données sans toutefois permettre une conclusion définitive. Le travail italien a comparé, dans un essai prospectif randomisé réalisé chez 113 malades, la pose, à l'aide du système rotatif, d'en moyenne 3 clips à la thermocoagulation (sonde 10 F, 25-30 Joules, 4 à 8 applications) [10]. Dans 35 % des cas, il s'agissait d'une hémorragie active et la taille moyenne des ulcères était de 11 mm de diamètre. Malgré un taux d'échec initial élevé de respectivement 60 % en cas de thermocoagulation et de 68 % en cas de pose de clips, le risque de récidive hémorragique était significativement moins élevé en cas de pose de clips (1,8 % versus 21 %, p < 0,05). De plus, les besoins transfusionnels et la durée du séjour à l'hôpital étaient significativement réduits en cas de pose de clips. L'élimination des clips se faisait le plus souvent spontanément dans les 8 semaines et sans lésion muqueuse. Pour ces auteurs, ce travail démontre la supériorité des clips sur la thermocoagulation. Toutefois, les résultats assez médiocres de la thermocoagulation dans cette étude et la faible taille moyenne des ulcères ont probablement participé à ces résultats. Les résultats du travail belge de Gevers et al. [11] sont très différents (figure 3). Dans cet essai randomisé ayant étudié 101 malades avec soit une hémorragie active (n = 46), soit un vaisseau visible non hémorragique (n = 55), la pose de clips était comparée aux injections d'une association d'adrénaline et de polidocanol et à l'association injections et clips. Le taux d'échec initial avait tendance à être plus élevé dans le groupe des malades traités par clips (37 %) par rapport aux malades traités par injections (15 %) ou par l'association (25 %). Le taux d'échec global (échec initial + récidive hémorragique) était significativement moins élevé (p < 0,01) en cas de traitement par injections (6 %) ou d'association clips et injections (25 %) qu'en cas de pose de clips (34 %). Cette différence tient en grande partie aux difficultés de mise en place des clips alors que l'essai avait été précédé d'une formation spécifique à l'utilisation de ce type de matériel. Ces deux travaux démontrent une nouvelle fois que la pose de clips ne peut et ne doit pas être considérée à l'heure actuelle comme un traitement de première intention de l'hémorragie ulcéreuse car cette technique de maîtrise délicate n'est pas supérieure aux autres.

* Que faire en cas de caillot adhérent ?

L'intérêt du traitement endoscopique en cas de caillot adhérent est encore un sujet très discuté. Dans la plupart des travaux, le risque de récidive hémorragique chez ce type de malades est d'environ 20 %. Deux travaux récents émanant de deux équipes américaines de référence plaident très fortement en faveur du traitement endoscopique. Dans le travail de Bleau et al. [12], 56 patients pris en charge dans 7 centres ayant un aspect de caillot adhérent résistant à un lavage par 200 ml d'eau étaient traités soit uniquement par voie médicale (oméprazole 20 mg matin et soir par voie orale ou famotidine 20 mg par voie intraveineuse toutes les 12 heures en cas d'impossibilité de la voie orale), soit par ce même traitement médical associé à un traitement endoscopique par injections premières d'adrénaline à la base du caillot en 4 quadrants (4,5 ± 0,67 ml ; extrêmes = 0-10), suivies d'un décollement du caillot puis d'une thermocoagulation à 30 J avec réalisation d'au moins 3 applications. Les malades des deux groupes (traitement endoscopique n = 21, traitement médical n = 35) étaient comparables en termes d'âge, de siège de l'ulcère, de prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), de taille et d'aspect du caillot adhérent. Le risque de récidive hémorragique était significativement diminué chez les malades traités par voie endoscopique (4,8 % versus 34,3 %, p < 0,02). Après ablation du caillot, l'aspect endoscopique était plus sévère 3 fois sur 4, avec dans 13 cas un aspect de protubérance noire (n = 5), rouge (n = 4) ou transparente (n = 4). Dans les autres cas, l'ulcère était propre après le lavage. Une seule hémorragie déclenchée par le traitement pouvait être contrôlée par voie endoscopique. Les pourcentages de malades opérés étaient de respectivement 11 % en cas de traitement médical et de 5 % en cas d'association traitement endoscopique et traitement médical et la mortalité nulle dans les deux groupes. La grande taille du caillot était significativement associée à un risque plus élevé de récidive hémorragique (p < 0,01). Le travail de Jensen et al. [13], qui a étudié 32 malades considérés comme à haut risque de récidive hémorragique et utilisé l'électrocoagulation bipolaire et un traitement médical dont la nature exacte n'est pas précisée, aboutit à la même conclusion avec aucune récidive dans le groupe traité par voie endoscopique et 35 % de récidive hémorragique dans le groupe traité médicalement (p < 0,01). On notera que les malades des deux groupes n'étaient pas strictement comparables, avec en particulier un âge moyen plus élevé en cas de traitement uniquement médical. La grande variabilité liée à l'observateur de l'aspect dit de caillot adhérent rend probablement compte du très fort taux de récidive hémorragique observé dans ces études. Ce « sur-risque » et l'extrême efficacité du traitement endoscopique des deux études nord-américaines certainement liée à la grande expertise de ces équipes expliquent le caractère statistiquement significatif des différences observées. De plus l'utilisation d'un traitement médical non optimal majore vraisemblablement les risques de récidive hémorragique chez les malades recevant uniquement ce traitement médical. On attend donc avec grand intérêt les résultats de l'essai en cours à Hong Kong qui vise à comparer, notamment chez les malades présentant un aspect de caillot adhérent, le traitement médical par bolus puis perfusion d'oméprazole au traitement endoscopique. On notera enfin que le très récent travail de Jung et al. [14] suggère à nouveau qu'un traitement médical pourrait être aussi efficace qu'un traitement endoscopique en cas d'hémorragies ulcéreuses spontanément interrompues, ce qui a déjà été évoqué par une équipe italienne en 1995. Ce que l'on connaît de la physiologie de la lyse du caillot et de l'action du pH gastrique sur ce phénomène rend tout à fait plausible ce résultat clinique. Il est donc désormais clair que tout futur essai sur le traitement des hémorragies ulcéreuses devra comporter un groupe de malades traités par de fortes doses d'oméprazole, idéalement selon le protocole utilisé par Lau et al. [1] le plus à même d'entraîner une augmentation rapide et stable du pH gastrique.

Hémorragies ulcéreuses : aspects épidémiologiques et pronostiques

Plusieurs travaux ont apporté des éléments nouveaux en ce qui concerne l'épidémiologie et le pronostic des hémorragies ulcéreuses. L'étude de Higham et al. [15], qui montre une augmentation de l'incidence des hémorragies ulcéreuses chez les sujets âgés, et celle de Hua-Xiang H et al. [16] qui fait partie des nombreuses études récentes montrant une réduction de l'incidence de la maladie ulcéreuse et de ses complications hémorragiques peuvent apparaître comme contradictoires. Les travaux de García Rodríguez et al. [17] et de van Walraven et al. [18] suggèrent respectivement que la prise de paracétamol à des doses supérieures à 2 g/j et l'administration de sérotoninergiques pourraient augmenter l'incidence des hémorragies digestives hautes. L'étude multicentrique française de Bourienne et al. [19], qui montre notamment que le pronostic des hémorragies ulcéreuses reste sévère avec une mortalité de toujours 15 % malgré la diffusion de plus en plus large des méthodes d'hémostase endoscopique, est moins anecdotique. Ce travail a également montré qu'un traitement hémostatique était réalisé chez 84 % des malades ayant une hémorragie active, 73 % des malades avec aspect de vaisseau visible non hémorragique et 64 % des malades présentant un aspect de caillot adhérent. Dans cette étude, les facteurs prédictifs de décès étaient le terrain et la survenue d'une récidive hémorragique. Ce travail suggère donc une fois encore que, si l'on veut améliorer le pronostic des hémorragies ulcéreuses, tout doit être fait d'emblée à la phase initiale pour réduire au maximum le risque de récidive hémorragique. L'étude de Czernichow et al. [20] réalisée dans quatre départements de l'Ouest de la France a quant à elle permis d'évaluer l'incidence des hémorragies digestives hautes à 143 000/an, a montré que 36,6 % de ces épisodes étaient encore à l'heure actuelle liés à la pathologie ulcéreuse et que la mortalité, toutes causes confondues, était de 14,3 %.

Hémorragies digestives : modalités de prise en charge

Plusieurs travaux ont été consacrés aux modalités de prise en charge des hémorragies digestives. L'objectif de l'étude nationale néerlandaise de van Leerdam et al. [21] était d'évaluer la pratique sur le terrain en présence d'une hémorragie ulcéreuse. Ce travail a donné de très nombreuses informations intéressantes parmi lesquelles on peut retenir, notamment, la prééminence des injections sur les autres modalités hémostatiques, la large utilisation des traitements pharmacologiques, la fréquence élevée du recours à un second traitement endoscopique (3 fois sur 4) en cas de récidive hémorragique. Une enquête de ce type est actuellement en cours d'analyse en France.

L'utilisation de scores a souvent été proposée dans le cadre des hémorragies ulcéreuses et le score de Rockall, qui est parmi les plus utilisés, ne tient pas compte de la cause de l'hémorragie (tableau 2). Le travail de Sanders et al. [22] a eu pour objet de comparer la pertinence de ce score dans l'hémorragie ulcéreuse et dans la rupture de varices œsophagiennes. Cette étude montre assez clairement, à partir d'une population de 358 malades, que le score de Rockall est un bon outil prédictif de récidive hémorragique et de mortalité en cas de rupture de varices œsophagiennes. En revanche, seul le score de Rockall initial (n'incluant pas les données fournies par l'endoscopie) est utile dans la prédiction du risque de décès chez les patients ayant une hémorragie ulcéreuse alors que le score global est prédictif de récidive hémorragique. En d'autres termes, le score de Rockall est probablement plus adapté à l'hémorragie par rupture de varices œsophagiennes qu'à l'hémorragie ulcéreuse. Rappelons que le score de Baylor spécifiquement élaboré pour l'hémorragie ulcéreuse a été validé comme un outil fiable d'évaluation du risque de récidive hémorragique et de décès. Le travail de Church et al. [23] a étudié rétrospectivement l'intérêt du score de Rockall chez 211 patients ayant des hémorragies ulcéreuses traitées par injections. Parmi les 56 patients ayant un score de 8 ou plus, 29 % allaient présenter une récidive hémorragique et 25 % d'entre eux décéder. En revanche, parmi les 155 patients ayant un score inférieur ou égal à 7, 12 % allaient présenter une récidive hémorragique et 10 % allaient décéder. Les différences entre ces deux groupes étaient significatives pour le risque de récidive hémorragique (p = 0,005) et de décès (p = 0,004). Ce résultat n'est pas en contradiction avec celui du travail précédent puisqu'il s'agit de deux populations de malades différentes. Le score de Rockall pourrait donc trouver une certaine utilité dans l'hémorragie ulcéreuse active ou avec vaisseau visible non hémorragique traitée par injections hémostatiques. Il peut également participer au choix de prendre en charge certaines hémorragies ulcéreuses en ambulatoire comme l'ont suggéré Dulai et al. [24] pour des malades ayant un score inférieur ou égal à 2.

Ce dernier point, la prise en charge hors hospitalisation traditionnelle, a donné lieu à deux travaux particulièrement novateurs. Le travail de Cipolletta et al. [25] est une étude prospective randomisée ayant comparé, chez des patients à faible risque de récidive hémorragique, l'attitude consistant en une hospitalisation classique (n = 47) à une prise en charge en ambulatoire (n = 48). Les deux groupes de patients étaient comparables en termes de données cliniques et endoscopiques. Tous les sujets avaient une endoscopie diagnostique dans les 12 premières heures. Il s'agissait, dans 80 % des cas, d'une hémorragie d'origine ulcéreuse, au maximum de stade Forrest IIc. De plus, l'hémoglobinémie était toujours supérieur à 8 g/dl, il n'y avait ni troubles de la coagulation, ni pathologie associée grave et l'accessibilité à l'hôpital était aisée et l'entourage familial adéquat. Chez les malades hospitalisés, la durée moyenne de l'hospitalisation était de 4 jours (extrêmes = 3-8). Une hospitalisation secondaire était nécessaire chez un patient traité en ambulatoire (2,1 %). Un malade de chaque groupe allait présenter une récidive hémorragique, soit respectivement 2,1 % et 2,2 %. La récidive chez le malade hospitalisé survenait à 48 heures et allait imposer un geste d'hémostase endoscopique. L'économie de coût était significative (340 versus 3 940 dollars, p = 0,001). L'hémorragie digestive haute non sévère et non liée à une rupture de varices peut donc bien être prise en charge en ambulatoire. L'hémorragie digestive haute fait encore trop souvent peur alors que la plupart des hémorragies digestives hautes non liées à l'hypertension portale ne sont pas sévères. En permettant notamment d'évaluer les risques de récidive hémorragique et de décès, les scores peuvent aider à choisir la meilleure prise en charge à proposer pour un patient donné. Toutefois, ces derniers sont pas ou très peu utilisés en France. Plusieurs travaux ont déjà montré qu'un certain nombre d'hémorragies digestives hautes d'origine non variqueuse pouvait être traité sans hospitalisation. Cette étude démontre à nouveau et de manière prospective que la prise en charge des hémorragies hautes non liées à l'hypertension portale sans hospitalisation est faisable sans surmortalité et avec une morbidité équivalente à celle d'une prise en charge en hospitalisation classique. Bien entendu, il ne paraît pas actuellement possible de se passer de l'endoscopie initiale pour proposer une telle attitude. On peut considérer qu'environ 20 % des hémorragies digestives hautes non secondaires à une hypertension portale présentent les critères pouvant autoriser une prise en charge en ambulatoire [26].

Hémorragies ulcéreuses, AINS, aspirine et Helicobacter pylori

Les relations entre l'infection par Helicobacter pylori (H. pylori) et la prise d'AINS et d'aspirine sont complexes et encore imparfaitement élucidées. En 1999, la révision de ce point précis de la conférence de consensus avait abouti à la conclusion que « le rôle de l'infection par H. pylori n'étant pas établi, ni sa recherche systématique, ni son éradication ne sont recommandées chez les malades appelés à être traités par les AINS ». Depuis cette date, plusieurs travaux importants ont été publiés et vont dans le sens d'une approche sensiblement différente. L'équipe de Hong Kong a publié en 2001 une grande étude ayant porté sur la prévention des récidives d'hémorragie digestive haute chez les patients infectés par H. pylori consommant régulièrement de faibles doses d'aspirine ou du naproxène [27]. Après cicatrisation des lésions, les patients recevaient après randomisation soit un traitement par oméprazole 20 mg/j pendant 6 mois, soit un traitement d'éradication, suivi pendant 23 semaines de l'administration d'un placebo. Chez les sujets prenant de l'aspirine, une nouvelle endoscopie haute était nécessaire chez 5 malades et mettait en évidence 3 fois un ulcère hémorragique, dans un cas chez un patient prenant simultanément un AINS non salicylé. La probabilité de présenter une récidive d'hémorragie digestive dans les 6 mois était de 1,9 % chez les patients ayant reçu un traitement d'éradication et de 0,9 % en cas de traitement par l'oméprazole. Chez les sujets prenant du naproxène, une nouvelle endoscopie haute était nécessaire chez 18 malades et montrait 14 fois un ulcère hémorragique. La probabilité de survenue d'une récidive d'hémorragie digestive était de 18,8 % chez les malades ayant reçu un traitement d'éradication et de 4,4 % chez ceux traités par oméprazole (intervalle de confiance à 95 % de la différence : 4,4-24,4, p = 0,005). Ce travail montre que, chez les patients infectés par H. pylori ayant un antécédent d'hémorragie digestive haute et recevant au long cours de faibles doses d'aspirine, l'éradication prévient aussi efficacement les récidives hémorragiques qu'un traitement concomitant par l'oméprazole. En revanche, chez les patients traités de manière prolongée par le naproxène, la prise concomitante d'oméprazole est plus efficace en termes de prévention des récidives hémorragiques que l'éradication. En d'autres termes, la seule éradication de H. pylori ne suffit pas à prévenir les récidives d'hémorragies digestives hautes chez les consommateurs réguliers d'AINS non salicylés. De plus, cette même équipe vient de montrer que l'éradication de H. pylori diminue de manière significative l'incidence des ulcères et donc des complications chez les patients recevant au long cours des AINS [28] et que l'administration de lansoprazole chez des patients ayant présenté une hémorragie ulcéreuse sous salicylés diminue le risque de récidive hémorragique indépendamment de l'éradication [29].

Parmi les autres très nombreux travaux consacrés à H. pylori, on retiendra celui de Colin et al. [30] qui confirme la faible sensibilité des tests invasifs dans le diagnostic de l'infection à H. pylori en période hémorragique, de Houghton et al. [31] qui suggère que le plasma humain contiendrait un agent puissamment bactéricide contre H. pylori, ce qui rendrait compte de cette faible sensibilité, de Chan et al. [32] qui montre que seulement 4 % des hémorragies ulcéreuses seraient non liées à une infection à H. pylori ou à une prise d'AINS et enfin de Godil et al. [33] qui montre que la prise d'AINS augmente le risque de récidive hémorragique précoce en cas d'hémorragie ulcéreuse. Enfin, Sheu et al. [34] ont montré, dans un essai randomisé réalisé chez 175 patients présentant une hémorragie digestive ulcéreuse, que l'éradication de H. pylori, en utilisant l'oméprazole par voie intraveineuse, diminuait de manière significative le risque de récidive hémorragique précoce par rapport aux malades recevant de la ranitidine par voie veineuse (6 % versus 17 %, p < 0,05).

Hémorragies digestives : divers

L'érythromycine

Deux travaux très récemment publiés démontrent que la perfusion de faibles doses d'érythromycine (3 mg/kg) immédiatement avant l'endoscopie initiale pour hémorragie digestive haute améliore les conditions de sa réalisation et réduit sa durée ainsi que le nombre d'endoscopies ultérieures à visée diagnostique [35, 36]. À cette dose, l'érythromycine a des propriétés agonistes des récepteurs de la motiline, ce qui explique l'effet de stimulation de la vidange gastrique. Il ne semble pas y avoir d'inconvénient à son utilisation, et en particulier pas d'exacerbation du péristaltisme digestif haut et pas de gène à la réalisation des gestes d'hémostase. Cet effet est obtenu en cas d'hémorragie ulcéreuse comme en présence d'une rupture de varices œsophagiennes [36].

Le syndrome de Mallory-Weiss

Quatre essais rapportent des résultats intéressants dans le syndrome de Mallory-Weiss. Deux essais non randomisés, l'un taiwanais, l'autre japonais, montrent respectivement que les injections d'adrénaline et la pose de clips sont des méthodes hémostatiques efficaces et non morbides pouvant donc trouver des indications raisonnables dans le syndrome de Mallory-Weiss hémorragique ou à haut risque de récidive [37, 38]. Llach et al. [39] ont comparé, dans un essai prospectif randomisé, l'injection d'adrénaline et de polidocanol à l'absence de traitement endoscopique chez 63 patients ayant un syndrome de Mallory-Weiss hémorragique ou présentant un aspect de vaisseau visible non hémorragique. Tous les malades étaient traités par ranitidine administrée par voie intraveineuse (50 mg/6 h). Le risque de récidive hémorragique était significativement diminué en cas de traitement par injections (25,8 % versus 6,2 %, p < 0,05) et la durée de l'hospitalisation réduite. Aucune complication locale ou générale n'était notée. Deux malades décédaient dans le groupe non traité par voie endoscopique d'une cause non directement liée à l'hémorragie digestive. Le travail prospectif randomisé de Huang et al. [40] a comparé la pose de clips (n = 18) aux injections d'adrénaline (n = 17) chez 35 patients ayant un syndrome de Mallory-Weiss avec hémorragie active, dont un quart de malades en état de choc hémorragique. Une hémostase initiale était obtenue chez tous les malades. Un malade de chaque groupe a récidivé ; dans ces deux cas, une nouvelle tentative du même traitement qu'initialement permettait une hémostase définitive. Aucune complication ne survenait. La ligature élastique apparaît également comme une technique hémostatique potentiellement efficace dans le syndrome de Mallory-Weiss [41].

Ulcérations de Dieulafoy

Deux travaux se sont intéressés à la prise en charge des ulcérations de Dieulafoy. Un travail rétrospectif coréen de Chung et al. [42] réalisé chez 24 patients a comparé les méthodes mécaniques (clips n = 9, ligature élastique n = 3) aux injections (n = 12). Les méthodes mécaniques avaient tendance à être initialement plus efficaces (92 % versus 75 %) avec un moindre recours à une chirurgie d'hémostase (0 % versus 17 %). De plus, les taux de récidive hémorragique étaient significativement moins élevés après traitement par une méthode mécanique (8,3 %) qu'en cas d'hémostase par injections (33,3 %, p < 0,05). Pour ces auteurs, les méthodes mécaniques doivent être considérées comme le traitement de première intention des ulcérations de Dieulafoy hémorragiques. Quant au travail également rétrospectif de Kasapidis et al. [43] réalisé à partir de l'étude de 18 malades, il plaide en faveur de l'utilisation première de la thermocoagulation avec ou sans injection d'adrénaline du fait du risque plus élevé de récidive hémorragique en cas de réalisation isolée d'injections.

Conclusion

L'hémorragie digestive haute non liée à l'hypertension portale est toujours une pathologie fréquente et potentiellement sévère. La prise en charge mixte endoscopique et médicale a pour objectif de réduire au maximum le risque de récidive hémorragique qui est un facteur de surmortalité. Dans cette optique, il est maintenant prouvé que l'utilisation au cours de l'hémorragie ulcéreuse d'un traitement antisécrétoire à fortes doses permet de réduire ce risque de récidive hémorragique à moins de 10 %. Il est également clair que certaines de ces hémorragies chez certains malades peuvent être prises en charge en dehors d'une hospitalisation traditionnelle.

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