ARTICLE
Chez
le patient cancéreux la dénutrition est fréquente et
associée à un mauvais pronostic à court terme [1, 2].
Sa prévalence varie entre 3 % et 80 % [3-7], 61 % dans un travail
récent de Bachmann et al. [8] chez des patients hospitalisés
en service de cancérologie médicale. Cette importante variation
rend en fait compte de l'extrême hétérogénéité
méthodologique des études disponibles. Plusieurs facteurs
expliquent ces différences :
- L'hétérogénéité
des populations étudiées, quant à la localisation,
au type et au stade de la tumeur, qui risque de masquer l'intérêt
d'une évaluation et/ou d'un support nutritionnels chez un (ou plusieurs)
sous-groupe(s) de patients. Cela a été suggéré
dans un travail de l'ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) incluant
3 047 patients présentant 11 types différents de tumeurs
; les patients présentant un sous-type peu aggressif de maladie
de Hodgkin ou les patientes ayant un cancer du sein étaient moins
dénutris (31 % à 41 %) que ceux ayant une maladie de Hodkin
plus sévère, un cancer colique ou prostatique (48 % à
61 %) ou encore un cancer gastrique ou pancréatique (dénutris
dans 83 % à 87 % des cas) [2]. La prévalence de la dénutrition
apparaît aussi plus importante chez les patients ayant une tumeur
ORL ou sophagienne [9, 10], et il semble exister une relation entre
le stade évolutif et l'importance de l'amaigrissement [11]. Enfin,
l'état nutritionnel d'un patient (cancéreux ou non) s'altère
souvent en cours d'hospitalisation, en particulier en cas de statut nutritionnel
déjà précaire à l'admission [12].
- La taille des groupes étudiés
: les effectifs sont souvent faibles diminuant ainsi la probabilité
de mettre en évidence des différences statistiquement significatives.
- Le biais de recrutement : celui-ci
est vraisemblable dans la majorité des études. Publiées
par des équipes hospitalières spécialisées
dans la prise en charge des patients cancéreux, ces études
inclues probablement des patients ayant des formes plus graves ou plus
avancées, ce qui rend difficile l'extrapolation des résultats
à l'ensemble des patients cancéreux. Cela a été
suggéré par Edington et al. [13] qui, dans une population
générale suivie en ambulatoire par 25 médecins généralistes,
ont observé une dénutrition chez 10,3 % des patients, statistiquement
non différente de celle d'un groupe témoin (7,9 %, 228 malades
ayant une pathologie chronique). A l'inverse, dans d'autres études,
les patients les plus sévèrement dénutris ont été
exclus diminuant ainsi la probabilité de montrer un effet bénéfique
d'un support nutritionnel.
- La variabilité des protocoles thérapeutiques
utilisés d'une étude à l'autre, voire au sein
d'un même étude, ne permet souvent pas de mesurer l'influence
des traitements (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie,
corticothérapie, etc.) sur le statut nutritionnel. Ceux-ci modifient
cependant l'état nutritionnel en interférant directement
avec le métabolisme intermédiaire ou en diminuant les apports
oraux (anorexie, troubles du goût, nausées et vomissements,
diarrhées).
- Enfin, l'absence d'indicateur spécifique
de la dénutrition chez le cancéreux ajoute à
la difficulté d'interprétation des résultats. La
plupart des études ont utilisé la perte de poids ou la vitesse
de la perte pondérale, les paramètres protéiques
biochimiques, plus rarement la mesure de la masse corporelle totale, maigre
ou grasse ; ces marqueurs ne reflètent cependant pas seulement
l'état nutritionnel ; ils apprécient aussi le stade évolutif
et l'agressivité du cancer.
Physiopathologie de la dénutrition
chez le cancéreux
Les facteurs de la dénutrition des patients cancéreux
sont multiples [14] et induisent un déséquilibre constant
entre les apports (qui sont réduits) et/ou une malabsorption d'importance
variable, et la dépense énergétique qui, quelle que
soit son origine, est augmentée (figure
1).
Diminution des apports énergétiques
L'anorexie est la cause la plus fréquente de la réduction
des apports chez le patient cancéreux. Sa prévalence, étudiée
par Bozzetti et al. [15] chez 183 cancéreux, variait entre
33 % et 40 % en fonction de la localisation tumorale. Pour l'expliquer,
plusieurs mécanismes ont été proposés :
- un déséquilibre du métabolisme des acides aminés
responsable d'une accumulation intracérébrale de tryptophane
et de sérotonine [16] ; si cette hypothèse a été
vérifiée chez l'animal, aucune donnée convaincante
n'existe chez l'homme ;
- le rôle anorexiant de certaines cytokines inflammatoires, en
particulier le tumor necrosis factor alpha (TNFalpha) [17].
L'anorexie est également aggravée par les troubles du goût
ou de l'odorat, fréquents chez le patient cancéreux et accentués
par la chimiothérapie, par des déficits en micronutriments
ou par l'existence d'un syndrome dépressif. Une odynophagie, des
nausées ou des vomissements, un ralentissement du transit digestif
responsable d'une sensation de satiété précoce, une
malabsorption, un syndrome subocclusif [18] peuvent enfin influencer le
niveau des apports énergétiques par voie orale.
Modifications métaboliques (tableau
1)
Métabolisme glucidique
Au cours du cancer on observe : une accélération du turn
over glucidique et de la néoglucogenèse, ainsi qu'une
insulino-résistance périphérique. L'augmentation
de l'oxydation glucidique [19-21] semble en particulier associée
à une production accrue de lactates [19] qui constituent le substrat
principal (à côté du glycérol ou de l'alanine)
de la néoglucogenèse hépatique [19-23]. Il a de plus
été suggéré que celle-ci échappait
aux mécanismes de rétrocontrôle physiologiques chez
le cancéreux [24] ; l'utilisation de molécules pharmacologiques
inhibant la néoglucogenèse (par exemple le sulfate d'hydrazine)
semble améliorer la tolérance glucidique chez le cancéreux
[25]. Enfin, l'augmentation de l'activité des cycles futiles est
habituellement associée à une diminution de la tolérance
périphérique au glucose liée à l'insulino-résistance
fréquente chez ces patients [26, 27].
Métabolisme lipidique
Les modifications de la masse corporelle observées au cours du
cancer concernent essentiellement la masse grasse qui diminue [28]. Il
existe en particulier une augmentation de la lipolyse endogène
[24, 29], responsable d'une hypertriglycéridémie [24] et
associée à une diminution de la lipogenèse extra-hépatique
essentiellement dépendante de la réduction des apports.
L'hypertriglycéridémie est aggravée par la diminution
de l'activité de la lipoprotéine lipase [30, 31] et semble
aggraver l'immunosuppression des patients cancéreux [32].
Métabolisme protéique
La plupart des études montrent une aumentation du turn over
protéique à l'origine d'une négativation du bilan
azoté [24, 35-37]. La perte musculaire protéique résulte
de l'augmentation du catabolisme protéique et/ou de la réduction
de la synthèse protéique [38, 39]. Le muscle n'est pas la
seule cible du catabolisme protéique au cours du cancer. Il existe
aussi une diminution de près de 10 % du catabolisme protéique
intestinal sous la forme d'une diminution de la prolifération entérocytaire
responsable d'une augmentation de la perméabilité intestinale
[40]. A ce titre, le rôle bénéfique de la glutamine
a été suggéré [41, 42].
Cytokines et dénutrition
Quoique incontestable, le rôle des cytokines inflammatoires, en
particulier le TNF, les interleukines 1 et 6 et l'interféron gamma
(à côté d'autres facteurs circulants), est encore
mal connu. Notre objectif ici n'est pas de rapporter dans le détail
les différents travaux relatifs à l'action de ces molécules
au cours des affections néoplasiques (tableau
2, figure 2) ; ceux-ci sont
exposés dans des articles publiés récemment [14,
37, 43-46]. Les cytokines interviennent essentiellement à deux
niveaux : la régulation de la prise alimentaire [17] et comme médiateurs
du métabolisme intermédiaire. Certains traitements ont d'ailleurs
été proposés pour atténuer cette production
excessive de cytokines inflammatoires (tableau
3) [45].
L'évaluation de la
dénutrition chez le patient cancéreux
Quelle que soit l'origine de la dénutrition, il n'existe aucun
critère universel pour en mesurer l'importance. Chez les patients
cancéreux, l'évaluation nutritionnelle est d'autant plus
difficile que le retentissement du cancer sur la dépense énergétique
de repos varie beaucoup d'un patient à l'autre et que les modifications
de la composition corporelle sont différentes de celles observées
au cours des dénutritions d'origine non néoplasique.
Dépense énergétique de repos
et composition corporelle
Si, contrairement à ce qui est observé chez l'animal, la
taille de la tumeur ne semble pas modifier significativement le niveau
de la dépense énergétique de repos (DER) chez l'homme,
l'extension tumorale, son évolutivité et/ou sa localisation
(lorsque celle-ci est responsable d'une réduction importante et
précoce des apports) accroissent la DER [28, 47-49]. La diminution
de la masse grasse, qui peut atteindre 30 % à 50 % et qui est en
moyenne un peu plus accentuée qu'en cas de dénutrition non
néoplasique, varie également en fonction de la topographie
et de l'extension de la tumeur [50, 51]. Les variations de la masse maigre
sont à l'inverse moins importantes qu'en cas de dénutrition
non néoplasique et paraissent essentiellement liées à
une diminution de la masse protéique musculaire, la masse protéique
viscérale étant globalement conservée [50, 51].
Méthodes d'évaluation du statut nutritionnel
La perte de poids et la mesure du pli cutané tricipital ont été
les paramètres cliniques les plus utilisés et semblent bien
corrélées avec les mesures isotopiques ou d'activation neutronique
[52]. Cela n'est pas le cas du périmètre et de la surface
musculaire brachials. L'impédancemétrie reste à évaluer
dans des conditions rigoureuses. Les marqueurs biologiques doivent être
considérés avec précaution : l'albuminémie
est influencée par les capacités absorptives intestinales,
l'existence d'une entéropathie exsudative ou l'altération
de la fonction rénale. Les taux de préalbumine et de RBP,
protéines à demi-vie courte, ne reflètent pas fidèlement
une dénutrition au long cours.
Les index nutritionnels pronostiques (par exemple celui de Buzby [53]),
souvent utilisés comme marqueurs de la dénutrition, sont,
stricto sensu, davantage des outils élaborés pour
établir un pronostic tenant compte de certaines variables nutritionnelles,
que de réels indicateurs du statut nutritionnel. En revanche, la
méthode d'évaluation globale subjective développée
par Detsky et al. [54] et adaptée aux patients cancéreux
par Ottery [55] permettrait une sélection plus appropriée
des patients cancéreux nécessitant une assistance nutritionnelle
(adaptation de l'alimentation per os ou nutrition artificielle
[NA]).
Support nutritionnel chez
le patient cancéreux
Si la dénutrition est fréquente chez le patient cancéreux,
la place de l'assistance nutritive au cours des différentes phases
de la maladie reste souvent mal définie, laissant ouvert un large
champ d'investigations cliniques potentielles.
Nourrile patient ou nourrir la tumeur ?
L'impact de la NA sur la croissance tumorale reste à définir
précisément. Chez l'animal, il semble exister une compétition
hôte-tumeur pour les substrats énergétiques et protéiques
disponibles avec, par voie de conséquence, une augmentation du
volume et du poids de la tumeur, un accroissement de l'activité
mitotique ou une dissémination métastatique plus marquée
[56, 57]. Plusieurs éléments limitent l'extension de ces
résultats à l'homme : ainsi, en cancérogenèse
animale, la masse tumorale représente souvent jusqu'à 20
% du poids corporel total alors que, chez l'homme, elle dépasse
rarement 1 % à 2 % ; de plus, dans les modèles animaux,
le temps de doublement de la tumeur est élevé (quelques
jours) avec comme conséquence à court terme (quelques semaines)
une mortalité liée à la croissance tumorale très
importante permettant difficilement de juger de l'effet délétère
ou bénéfique d'un support nutritionnel. Ainsi, craindre
un effet néfaste de l'assistance nutritionnelle sur la croissance
tumorale souvent prolongée sur plusieurs mois, voire plusieurs
années, chez l'homme ne semble pas un élément déterminant
de l'évolution du cancer [56, 57].
A quels patients proposer
une nutrition artificielle ?
A côté du conseil diététique et des compléments
nutritionnels oraux dont il ne sera pas fait mention ici, la NA, entérale
ou parentérale, semble capable de freiner la dénutrition
qui s'installe progressivement chez les patients cancéreux, voire
dans certaines situations (dépendantes de la durée de la
NA, du degré initial de dénutrition, de l'agressivité
de la tumeur vis-à-vis de l'hôte ou, enfin, de l'efficacité
des traitements antinéoplasiques), améliorer certains indices
nutritionnels. Les gains observés sont cependant moins nets que
lorsqu'une même assistance nutritionnelle est délivrée
à des patients présentant une dénutrition non néoplasique
(tableau 4).
Nutrition en période péri-opératoire
L'existence d'une relation entre l'état nutritionnel, les capacités
des défenses immunitaires humorales et/ou cellulaires d'une part,
et la fréquence ou la gravité des complications infectieuses
chez des patients hospitalisés d'autre part, est assez clairement
établie [58, 59]. La nécessité d'une intervention
chirurgicale majeure chez ces patients, a fortiori si la maladie
dont ils souffrent est un cancer, pose le problème de la justification
d'une nutrition péri-opératoire. Une étude de la
bibliographie réalisée par Di Costanzo [60] en 1995, dans
le cadre des travaux de la conférence de consensus sur la nutrition
artificielle péri-opératoire en chirurgie programmée
de l'adulte, a recensé 14 études prospectives s'intéressant
au devenir postopératoire d'un total de 2 732 malades atteints
d'une affection néoplasique. Ce travail montre l'existence d'une
corrélation significative entre l'existence d'une dénutrition
préopératoire et la morbidité et la mortalité
postopératoires, en particulier lorsque la perte de poids est importante
(supérieure à 10 %) ou lorsque l'albuminémie plasmatique
est inférieure à 30 g/l [61-64]. Il est ainsi admis que
la NA ne doit être envisagée que : si le patient est sévèrement
dénutri (avec une perte de poids supérieure à 10
% de son poids de référence au cours des 6 mois précédents),
si l'intervention chirurgicale n'est pas urgente (permettant une NA d'au
moins 7 à 10 jours) et si le geste opératoire nécessaire
est lourd [65, 66]. Cependant, considérant que seules trois études
sont postérieures à 1990, des travaux complémentaires
prenant en compte une meilleure sélection des patients en fonction
de leur cancer (type, stade, traitement, etc.) et de leur statut nutritionnel,
ainsi que le type de NA administré paraissent indispensables. Lorsque
le geste opératoire est effectué après radiothérapie
et/ou chimiothérapie, il est important de stabiliser et si possible
d'améliorer l'état nutritionnel avant l'intervention. Chaque
fois que cela est possible, les apports par voie orale seront privilégiés.
En revanche, en cas d'échec ou lorsque le patient présente
une dénutrition initiale sévère (telle que définie
ci-dessus), le recours aux techniques de NA est justifié ; dans
un travail récent, une telle stratégie a permis une stabilisation,
voire un gain de poids, ainsi qu'une amélioration des marqueurs
protéiques chez environ 50 % des 186 patients cancéreux
sévèrement dénutris (16,8 % de perte pondérale
en moyenne [67]).
Nutrition artificielle et chimiothérapie
A l'exception des travaux concernant les patients traités par
greffe de moelle, chez lesquels les complications digestives limitent
considérablement, et pour une durée souvent prolongée,
la prise alimentaire justifiant ainsi le recours à la nutrition
parentérale (NP) avec un bénéfice certain [68-71],
l'utilité de la NA chez des patients recevant une chimiothérapie
systémique reste débattue. Deux méta-analyses ont
tenté de préciser le rôle de la NP à partir
de la douzaine d'études randomisées effectuées chez
l'adulte [72, 73]. Chez 20 % des patients inclus dans ces études,
le statut nutritionnel n'était pas évalué, et lorsque
cette information était disponible, 16 % des patients ne présentaient
aucun signe de dénutrition et, parmi les autres, seule la moitié
étaient sévèrement dénutris. Compte tenu des
imperfections méthodologiques de ces travaux, la validité
de leurs conclusions est discutable et a donné lieu à des
mises à jour [66, 74]. En résumé : la NP améliore
certains paramètres nutritionnels cliniques et biologiques sans
pour autant modifier la réponse au traitement ou la survie globale
; elle pourrait améliorer la tolérance à la chimiothérapie
(mais les études disponibles ont toutes été effectuées
avant 1985), mais serait en revanche à l'origine de complications
infectieuses plus fréquentes, indépendantes de la présence
d'un accès veineux central.
Encore moins d'informations sont disponibles concernant la NE [75]. Les
résultats actuels ne lui attribuent aucun avantage en termes de
tolérance ou d'efficacité.
Nutrition artificielle et radiothérapie
Trop peu de travaux ont essayé de préciser la place de
la NA chez les patients traités par radiothérapie pour permettre
de conclure. Aucun bénéfice ne semble cependant exister
dans ce groupe de patients [75, 76].
Effets sur la qualité de vie et assistance
nutritionnelle à domicile
Aucun travail prospectif n'a évalué spécifiquement
l'effet de la NA sur la qualité de vie des patients cancéreux
en traitement. Des rares études où cette information est
disponible, on peut retenir que la NA ne modifie pas significativement
la qualité de vie et les performances des patients [77], sous réserve
bien entendu de travaux futurs prenant réellement en compte ces
paramètres.
Deux types de patients cancéreux sont susceptibles de bénéficier
éventuellement d'une assistance nutritionnelle à domi- cile
: les patients ayant une incapacité digestive transitoire (en particulier
après radio-chimiothérapie dans les cancers de l'sophage
ou ORL) mais pour lesquels le retour à domicile est possible sous
réserve d'une assistance nutritionnelle dans ces cas le plus souvent
entérale, et les patients guéris de leur cancer ou en rémission
mais nécessitant un support nutritionnel (entéral ou parentéral)
du fait soit d'une impossibilité définitive de recours à
une alimentation orale (chirurgie ORL par exemple), soit d'une insuffisance
intestinale sévère compliquant un syndrome du grêle
court postchirurgical ou une entérite radique chronique nécessitant
alors une NP à domicile [78, 79]. A l'heure actuelle, en Europe
comme en Amérique du Nord, le cancer représente 25 % à
30 % des indications de NA à domicile. Le taux de survie de ces
patients est cependant limité, avec une mortalité de 50
% environ à moins d'un an [80]. De ce fait, des études sont
également nécessaires dans ce domaine pour définir
les groupes de patients cancéreux qui bénéficieront
au mieux de ces techniques en termes de qualité de vie et de survie
[81]. Une telle étude est d'ailleurs en cours en Europe pour évaluer
l'intérêt de la NP à domicile chez des patients cancéreux
ayant une maladie avancée compliquée d'une incapacité
d'utilisation de la voie digestive.
CONCLUSION Beaucoup
de travail reste donc à faire, à commencer par essayer de
convaincre les cliniciens de la nécessité d'évaluer
l'état nutritionnel des patients cancéreux avant et pendant
le traitement et dans le suivi postthérapeutique, et ainsi de recourir
à l'assistance nutritionnelle dans les groupes de patients où
celle-ci a fait la preuve de son utilité. Il conviendra également
d'optimiser la prise en charge nutritionnelle dans ces groupes. A l'inverse,
de nouvelles études prospectives, éventuellement multicentriques,
tenant compte des imperfections méthodologiques des travaux antérieurs,
devront être mises en place afin de mieux définir la place
de la nutrition dans d'autres groupes de patients cancéreux. Enfin,
les données récentes acquises en immunonutrition, avec en
particulier la mise à disposition de nouveaux nutriments (glutamine,
arginine, acides gras de la série n-3, etc.) ouvrent un large champ
d'investigation pour les prochaines années [82].REFERENCES
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