Home > Journals > Medicine > Hépato-Gastro > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Hépato-Gastro
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version

Traitement médical des métastases hépatiques de tumeurs neuro-endocrines digestives et pancréatiques


Hépato-Gastro. Volume 7, Number 6, 443-52, Novembre - Décembre 2000, Dossier : Les tumeurs neuroendocrines (2e partie)


Résumé  

Author(s) : Michel Ducreux, Eric Baudin, Valérie Boige, Pierre Ruffié, M. Schlumberger, Unité de gastroentérologie, institut Gustave-Roussy, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif..

Pictures

ARTICLE

La place des traitements médicaux dans la prise en charge des métastases hépatiques de tumeurs endocrines digestives et pancréatiques (TNE) est double : contrôle tumoral et des sécrétions hormonales. En cas de tumeurs sécrétantes, le traitement médical a d'abord pour but de diminuer les manifestations cliniques liées à la sécrétion tumorale. Les analogues de la somatostatine et, à un moindre degré, l'interféron jouent un rôle majeur dans ce domaine. Il s'agit cependant d'un traitement essentiellement symptomatique, un effet antitumoral net étant rarement observé avec ce type de traitement. En cas de métastases hépatiques de TNE non résécables, il faut alors se tourner vers des traitements plus agressifs tels que la chimiothérapie par voie générale ou locorégionale. Nous allons passer en revue les différentes possibilités thérapeutiques sachant que la prise en charge des métastases hépatiques de TNE posent souvent des problèmes de stratégie thérapeutique difficiles, pour lesquels une prise en charge multidisciplinaire spécialisée s'impose. Cette prise en charge et la mise en jeu progressive des traitements permet d'espérer, même au stade de métastases, des survies prolongées : la médiane de survie des patients ayant des métastases hépatiques était de 68 mois dans une série récente de 100 patients métastatiques [1]. On peut souligner d'emblée que les limites actuelles de cette stratégie thérapeutique viennent d'une mauvaise connaissance des facteurs pronostiques des TNE, en particulier dans les formes bien différenciées, et d'une imagerie souvent d'interprétation difficile. Enfin, la qualité de vie des patients au cours de leur maladie, et lors des divers traitements proposés, reste très imparfaitement connue.

La chimiothérapie

TNE bien différenciées du pancréas

Les TNE du pancréas sont rares, elles se développent à partir des cellules insulaires. Elles peuvent sécréter des hormones responsables de syndromes fonctionnels cliniquement apparents et sont alors souvent découvertes au stade d'extension locale ou locorégionale. Cependant, dans la majorité des cas, elles ne sont pas responsables d'un syndrome clinique et sont alors considérées comme non fonctionnelles cliniquement alors qu'un bilan hormonal complet permet la plupart du temps de mettre en évidence une ou des sécrétions hormonales. Elles sont souvent découvertes au stade de métastases, préférentiellement hépatiques. À ce stade, elles ne se distinguent pas des autres cancers digestifs, et l'exérèse chirurgicale des lésions métastatiques reste la référence, dès lors qu'il s'agit de TNE bien différenciées à vitesse de croissance modérée [2]. Lorsqu'une chirurgie curative est impossible, plusieurs options thérapeutiques sont possibles au premier rang desquelles figure la chimiothérapie systémique.

Les premiers résultats concernant l'efficacité de la chimiothérapie systémique dans les TNE du pancréas remontent à 1968 quand Murray-Lyon rapporta l'efficacité de la streptozotocine dans un cas d'insulinome [3] ; ultérieurement, une compilation confirmait cette activité avec un taux de réponses tumorales de 42 % qui est probablement surestimé puisque les évaluations des réponses n'étaient pas faites à l'époque selon les critères de l'OMS [4]. D'autres drogues peuvent être actives en monothérapie : l'adriamycine a permis d'obtenir 20 % de réponses chez 20 patients [5] et le déticène 17 % chez 10 patients [6]. En ce qui concerne la polychimiothérapie, les résultats des principales combinaisons sont résumés dans le tableau 1 [8-11]. L'association 5-fluoro-uracile (5FU) + streptozotocine s'est révélée supérieure à la streptozotocine seule dans un essai randomisé [12]. Ultérieurement, l'équipe de Moertel a montré que l'association adriamycine + streptozotocine était supérieure à l'association 5FU + streptozotocine (et à la chlorozotocine) en entraînant plus de réponse (69 % versus 45 %) et une meilleure survie (2,2 ans versus 1,4 ans, p = 0,004) [9]. L'association streptozotocine + adriamycine peut donc être considérée comme la chimiothérapie de référence des TNE différenciées du pancréas. Elle permet d'obtenir des réponses objectives parfois de longue durée, voire de rendre accessible à une chirurgie curative une maladie considérée initialement comme inopérable. Ce standard a été récemment remis en question par la publication de l'équipe du Memorial Sloan Kettering à New York [13] : 16 patients ayant une TNE bien différenciée du pancréas ont été traités par l'association adriamycine-streptozotocine selon les mêmes modalités que celles proposées par Moertel et al. Une seule réponse partielle a été observée, soit un taux de réponses objectives de 6 %, très loin de celui de l'expérience antérieure. Ces résultats incitent à évaluer l'efficacité de nouvelles drogues.

Métastases hépatiques de TNE bien différenciées du tube digestif

Les TNE du tube digestif représentent environ un tiers des TNE et sont surtout développées au niveau de l'intestin primitif moyen. La chimiothérapie n'a que peu d'efficacité sur ce sous-groupe de tumeurs ; elle doit être discutée en fonction de l'évolutivité et des autres moyens thérapeutiques. Elle ne s'adresse qu'à des patients dont les métastases sont évolutives et/ou symptomatiques, non contrôlées par les traitements antisécrétoires classiques, et dont l'état général est conservé [14].

Peu d'études ont été menées sur l'efficacité de la chimiothérapie dans les TNE bien différenciées du tube digestif et encore moins selon les critères stricts actuels des essais de phase II ou III. Si, parfois, le volume tumoral est pris en considération selon les critères de l'OMS, certaines études n'évaluent les patients qu'en fonction de critères biologiques, en particulier par le dosage de l'acide 5-hydroxy-indol-acétique urinaire des 24 heures (5HIAA) dont la fiabilité est discutable. De plus, l'agressivité initiale des tumeurs traitées n'est pratiquement jamais décrite.

Comme on peut le voir dans le tableau 2, seuls le 5FU et l'adriamycine ont permis d'obtenir en monochimiothérapie un taux de réponses supérieur à 20 % [14, 15]. Les polychimiothérapies ne sont pas considérées comme tellement plus actives (tableau 3) [14, 16-25] et l'association 5FU + streptozotocine, avec environ 30 % de réponses objectives, reste la thérapeutique de référence. Dans le dernier essai randomisé présenté, l'association 5FU + streptozotocine est même discrètement plus efficace que l'association 5FU + adriamycine (médiane de survie : 24 mois versus 16 mois, p = 0,11) [21]. Ce traitement n'est cependant pas dénué d'effets secondaires, en particulier la toxicité rénale cumulée de la streptozotocine impose une surveillance soigneuse de la fonction rénale et la recherche à chaque cycle d'une protéinurie. La durée des réponses est brève (médiane de 3 à 4 mois). En cas de réponse objective, il est nécessaire de rediscuter le traitement dans une optique médico-chirurgicale, afin de proposer éventuellement une exérèse chirurgicale complémentaire si celle-ci est devenue possible.

Les TNE peu différenciées

Le caractère peu différencié de la TNE est un facteur pronostique majeur et indépendant de survie des TNE métastatiques : tous les patients ayant ce type de tumeurs étaient décédés 4 ans après le diagnostic de maladie métastatique dans l'étude pronostique déjà citée [1]. Moertel et son équipe ont rapporté une sensibilité des tumeurs peu différenciées à l'association étoposide + cisplatine très supérieure à celle observée pour les tumeurs différenciées (67 % versus 15 %) [16] (tableaux 3 et 4). Cette chimiothérapie est active quel que soit le siège initial de la TNE. Cette expérience a été confirmée par une équipe française utilisant le même schéma mais en réduisant sa toxicité par adjonction de facteurs de croissance hématopoïétiques [26]. L'expérience de l'IGR confirme ces résultats en utilisant un schéma plus simple et classique de l'association étoposide-cisplatine avec 100 mg/m2 d'étoposide pendant 3 jours et 100 mg/m2 de cisplatine le premier jour : 9 % de réponses ont été observées parmi les 11 patients ayant une TNE bien différenciée pour 41 % parmi les 41 ayant une TNE peu différenciée (4 réponses complètes et 13 réponses partielles) [27].

En conclusion, la chimiothérapie a une place importante dans le traitement des TNE du pancréas au stade métastatique et des TNE peu différenciées. Cette place est moindre dans les TNE du tube digestif métastatiques bien différenciées. Dans tous les cas, la chimiothérapie doit être prescrite dans le cadre d'une prise en charge multidisciplinaire où seront discutées les possibilités chirurgicales, de traitements loco-régionaux et d'autres traitements médicaux tels que les analogues de la somatostatine et l'interféron.

Les analogues de la somatostatine

Octréotide et TNE du tube digestif

Dés 1986, les premières publications rapportant l'efficacité de l'octréotide sur le syndrome carcinoïdien évoquaient une efficacité majeure qui allait révolutionner la pratique médicale dans ce domaine [28] et améliorer considérablement la qualité de vie des patients. Une méta-analyse publiée un an plus tard de l'ensemble des cas traités dans la littérature avait confirmé ces données avec une amélioration très nette des symptômes chez 92 % des 59 patients en présentant [29]. Au total, les taux de réponses cliniques et biologiques à cette molécule sont de l'ordre de 70 %.

Octréotide et TNE du pancréas

L'efficacité antisécrétoire des analogues de la somatostatine dans le contexte de l'insulinome semble un peu moins importante avec des réponses symptomatiques et biochimiques dans 50 % des cas environ [30], probablement en rapport avec une faible expression des sous-types 2 des récepteurs à la somatostatine [31]. De plus, des aggravations des hypoglycémies ont été décrites. Plus de 50 patients présentant des gastrinomes ont été traités par des doses d'octréotide allant de 100 à 1 500 mug/j, la plupart du temps sur une courte durée. Il a été possible, chez près de 90 % des patients, d'obtenir une bonne réponse clinique avec un contrôle de l'hypersécrétion gastrique, des douleurs et de la diarrhée. Une efficacité biologique a également été constatée [32]. Dans une étude à plus long terme, des auteurs ont montré une réduction du débit acide [33]. Le rôle de l'octréotide est cependant mal défini dans cette pathologie, compte tenu de la grande efficacité des inhibiteurs de la pompe à protons. Pour les patients ayant un VIPome non accessible à un traitement chirurgical, chez qui la chimiothérapie n'a eu qu'un effet transitoire, l'octréotide est maintenant le traitement de choix. Cette molécule permet une amélioration symptomatique chez plus de 80 % des patients à des doses comprises entre 100 et 450 mug/j. Cependant, chez certains patients, ce bénéfice n'est observé que pendant quelques jours [32]. Les réponses biochimiques peuvent être observées chez environ 80 % des patients. Chez environ 90 % des patients ayant un glucagonome, l'éruption cutanée, si elle est présente, est améliorée après quelques jours d'octréotide ; les autres symptômes peuvent être également améliorés. Une réduction plasmatique du glucagon est observée chez 60 % des patients traités par octréotide [32]. Un petit nombre de patients ayant un somatostatinome ont été traités par octréotide. Des améliorations ont été observées bien que les réponses soient un peu plus rares que dans les autres types tumoraux, mais le faible nombre de patients rend l'analyse difficile.

Les effets antiprolifératifs des analogues de la somatostatine

Les premiers résultats des effets antiprolifératifs des analogues de la somatostatine remontent aux années 1993 : 34 patients ayant une tumeur neuro-endocrine avancée dont 20 non prétraités ont reçu l'octréotide (150 à 250 mumg 3 fois par jour) en cas de progression documentée. Tous les patients ont été stabilisés pour un temps médian de 5 mois [34]. Dans une étude allemande, 52 patients avec progression tomodensitométrique documentée ont été traités par octroéotide 200 mug 3 fois par jour. Une stabilisation a été observée chez 36 % des patients avec une durée médiane de 18 mois [35]. Dans notre expérience, le pourcentage de stabilisation semble encore supérieur (de l'ordre de 70 % des patients) si l'on s'adresse à des tumeurs dont la pente de progression est relativement lente [36]. Cet effet antitumoral ne peut être espéré que chez des malades lentement progressifs, en particulier chez des malades n'ayant pas une tumeur très agressive sur un plan histologique. Dans toutes les études, les taux de réponses objectives vraies restent faibles : 5 % environ.

Les analogues retard

Plusieurs types d'analogues retard sont à l'heure actuelle commercialisés. Le premier en date a été le lanréotide (Somatuline® LP 30 mg) permettant une injection intramusculaire tous les 15 jours. Rapidement, il a pu être montré que l'efficacité du lanréotide était comparable à celle de l'octréotide [37]. Plus récemment, une étude du même type a montré que, outre une bonne efficacité sur le syndrome sécrétoire, le lanréotide LP avait un effet positif sur la qualité de vie des patients [38]. Enfin, une étude comparative toute récente a testé l'intérêt du lanréotide versus l'octréotide en termes de contrôle sécrétoire. Cette étude a montré qu'il n'y avait pas de différence majeure entre les deux produits, le lanréotide étant préférentiellement choisi par les patients (68 % des cas), compte tenu de sa tolérance d'une part et de sa facilité d'administration d'autre part [39]. L'efficacité antitumorale du lanréotide semble comparable à celle qui avait été observée avec l'octréotide, un pourcentage de réponses objectives pouvant être attendu dans 5 % des cas à peu près, un pourcentage de stabilisation observé dans 50 % des cas [40]. Encore plus récemment, un analogue retard de l'octréotide a été proposé (Sandostatine® LP). Il ne nécessite qu'une injection par mois. Son efficacité sur le syndrome sécrétoire est identique à celle du lanréotide. Cette nouvelle forme d'analogue retard existe en trois dosages : 10 mg, 20 mg, 30 mg et peut être associée à une forme sous-cutanée si le contrôle symptomatique n'est pas bon [41].

Malgré l'avancée thérapeutique que représentent les analogues de la somatostatine, encore améliorée par les nouvelles formes galéniques, des problèmes thérapeutiques subsistent. Il s'agit notamment des phénomènes d'échappement qui peuvent se produire après 18 mois de traitement malgré des augmentations de dose et de la situation particulière de l'insulinome.

L'interféron

L'interféron seul

Une revue de la littérature rapportait en 1996 les résultats de l'interféron dans le traitement des TNE du tube digestif ou du pancréas. L'interféron a un effet antisécrétoire indiscutable avec une réduction de moitié des sécrétions anormales observée chez 42 % des patients [42]. Les réponses tumorales sont beaucoup plus rares et observées dans 11 % des cas parmi 310 patients colligés dans une littérature ne précisant pas toujours clairement si les critères de réponse étaient biologiques ou morphologiques [42]. Ces résultats ne sont pas très différents de ce qui peut être observé lors de l'utilisation des analogues de la somatostatine. Cependant, la toxicité des traitements à base d'interféron avec des doses variant de 3 à 5 millions d'unités injectées de 3 à 5 fois par semaine n'est pas négligeable. Aucune étude de la qualité de vie des patients n'est disponible et certaines publications remettent en question cette efficacité [43]. Les mécanismes d'action de l'interféron restent discutés, même s'il a été montré que l'interféron pouvait entraîner une réduction progressive de la masse tumorale viable sans réduction nette du volume tumoral chez 21 patients traités et rebiopsiés après traitement [44]. Enfin, l'interféron pourrait avoir des effets anti-angiogéniques [45].

Dans une étude randomisée, il a été rapporté un avantage de survie après traitement par interféron. Les 42 patients étaient d'abord traités par chirurgie pour leur tumeur primitive et par embolisation artérielle hépatique. Ils recevaient ensuite 5 millions d'unités d'interféron pendant un an puis étaient randomisés entre poursuite du même traitement et abstention thérapeutique. La survie globale était de 37,5 % à 5 ans, mais 71 % des patients qui avaient poursuivi l'interféron étaient en vie à 5 ans [46]. Cette étude est cependant très critiquable sur le plan méthodologique.

Interféron et chimiothérapie

Un essai randomisé ancien a comparé l'interféron seul (12 patients) à l'association interféron + streptozotocine et adriamycine (11 patients). La dose d'interféron était de 3 millions d'unités trois fois par semaine pendant 6 mois. Deux patients eurent une réponse partielle, 9 furent stabilisés par l'interféron seul et les 11 patients restèrent stables lors du traitement combiné. Il n'y avait donc pas de différence d'efficacité, près de 40 % de patients développèrent des anticorps anti-interféron [47]. Deux expériences ultérieures ont associé le 5FU et l'interféron. L'étude à l'effectif le plus important a inclus 21 patients (14 TNE du tube digestif, 7 du pancréas) : une réponse objective a été observée dans chaque sous-type tumoral, soit des pourcentages de 7 % et 14 % respectivement [48]. La tolérance du traitement était nettement inférieure à celle de l'interféron seul et l'intérêt de la combinaison semble donc modeste. Des résultats similaires en termes de mauvaise tolérance et d'inefficacité (0 réponse chez 15 patients) ont été rapportés dans l'étude la plus récente [49]. Il n'existe donc à ce jour aucun bénéfice démontré d'une association interféron + chimiothérapie.

Interféron et analogues de la somatostatine

L'adjonction d'interféron à visée de contrôle d'un syndrome carcinoïdien résistant aux analogues de la somatostatine a été évaluée par des auteurs suédois. Les 24 patients recevaient initialement jusqu'à 300 mug/j d'octréotide. Si aucun contrôle du syndrome sécrétoire n'était obtenu, l'interféron à la dose de 3 à 5 millions d'unités trois fois par semaine était ajouté. Cela a permis un contrôle des symptômes chez 56 % des patients, une réponse biologique chez 77 %, aucune réponse morphologique ne fut observée [50]. Une autre équipe s'est intéressée spécifiquement à l'effet antitumoral de cette association : 21 patients ont été traités alors qu'ils présentaient une progression tumorale de leur maladie dont 16 lors du traitement par octréotide. Une réponse complète et 13 stabilisations ont été observées suggérant une certaine efficacité antitumorale de cette association. Les patients sans progression tumorale eurent une survie plus longue [51]. Ces deux études, qui ont ajouté secondairement l'interféron à l'octréotide, n'apportent pas d'argument décisif en faveur d'un effet synergique de l'association qui ne doit pas être utilisée en routine.

Les traitements locorégionaux

Embolisation

Le caractère très vascularisé des métastases de TNE en fait une cible privilégiée de l'embolisation seule. Dans les premières études, l'effet ischémique était obtenu le plus souvent par désartérialisation hépatique chirurgicale qui a deux inconvénients : d'une part, il s'agit d'un traitement chirurgical invasif, non dénué de mortalité, d'autre part, malgré cette destruction complète du réseau artériel périhépatique, des anastomoses se forment et une néovascularisation apparaît en quelques semaines ou mois [52]. Des techniques de radiologie interventionnelle ont été proposées dès 1988, l'embolisation par différents procédés permettait d'obtenir 60 % de réponses tumorales chez 20 patients ayant des métastases hépatiques de TNE du pancréas [53]. Cette expérience a été confirmée ultérieurement : 41 patients ont été traités par une équipe suédoise, 29 avec TNE du tube digestif et 12 avec TNE du pancréas. Les embolisations étaient réalisées après échec d'un traitement médical : une réponse objective était observée dans 52 % des cas pour les TNE du tube digestif et 50 % des cas pour les TNE du pancréas [54]. Le taux de complications sévères dans cette étude était de 10 %, ce qui impose pour les auteurs une sélection des patients. La durée des réponses était de l'ordre de 10 à 12 mois.

Chimiothérapie et embolisation

L'équipe de Moertel a encore une fois été novatrice dans ce domaine en suggèrant que l'association de la chimiothérapie systémique à une occlusion artérielle en cas de TNE ou de tumeurs carcinoïdes bien différenciées augmentait de 20 % environ les taux de réponses. Surtout, ce traitement combiné faisait passer la médiane de survie sans progression de 4 à 22 mois en cas de TNE du pancréas et de 10 à 24 mois en cas de tumeurs carcinoïdes [55]. L'association embolisation-chimiothérapie entraînait donc une pérennisation de la réponse obtenue. Néanmoins, compte tenu du caractère non randomisé de cette étude, ses résultats doivent être confirmés.

Il a également été tenté d'associer localement l'administration de chimiothérapie et l'embolisation. La plupart des études ont utilisé d'emblée une combinaison de chimiothérapie et d'embolisation par lipiodol et poudre de Spongel (chimioembolisation comme dans le carcinome hépatocellulaire) rapportant des taux de réponses morphologiques allant de 20 % à 40 %. Ainsi, chez 23 patients dont 18 ayant un syndrome carcinoïde, la combinaison adriamycine, lipiodol et poudre de Spongel a permis d'obtenir une réponse symptomatique complète chez 70 % des patients et partielle chez les 30 % restants, une réponse biologique complète chez 73 %, une réponse partielle chez 18 %. Une réponse morphologique complète a été observée chez 11 % des patients, une réponse partielle chez 24 % et une réponse mineure chez 24 % [56].

Une étude a associé chimiothérapie intra-artérielle par 5FU suivie de chimioembolisation par 5FU, adriamycine, cisplatine et mitomycine C ; 15 patients ont été traités avec une réponse biologique chez tous les malades et une nécrose des lésions sans modification de taille chez 10 patients (77 %) et une réponse objective ; il y avait en outre une amélioration de la qualité de vie chez les patients traités [57]. Plus récemment, de nouveaux vecteurs ont été testés : des microcapsules de 100 mum contenant du cisplatine à doses croissantes ont été injectées chez 20 patients présentant des métastases hépatiques de TNE du tube digestif (17 cas) ou du pancréas. La tolérance a été moyenne avec survenue quasi systématique de douleurs, de fièvre et de nausées après le geste et un décès toxique par syndrome hépatorénal et l'efficacité était comparable à ce qui avait déjà été rapporté en matière de chimioembolisation : 73 % de réponse biologique chez les patients ayant une élévation des 5HIAA urinaires, 14 réductions tumorales dont 6 réponses partielles [58]. Une étude récente ne confirme pas ces expériences, montrant que l'adjonction de chimiothérapie à des embolisations répétées chez 30 patients ne donnait que 37 % de réponses pour une durée médiane de 24 mois, ce qui n'est pas supérieur à l'embolisation seule [59]. Enfin, il a été proposé de faire une chimioembolisation en attente d'une transplantation hépatique pour certains cas très sélectionnés [60].

La chimiothérapie intra-artérielle hépatique

De rares tentatives de chimiothérapie intra-artérielle hépatique (CIAH) ont été menées. L'expérience de l'IGR est peu encourageante : 19 patients ont été traités de 1984 à 1995, ils présentaient dans 15 cas une TNE du tube digestif, dans les 4 autres cas un insulinome, un somatostatinome, une TNE non sécrétante du pancréas et une forme métastatique au foie sans porte d'entrée. La CIAH n'a pu être réalisée convenablement que chez 9 patients qui ont reçu en moyenne 16 cures, les occlusions artérielles étaient précoces vraisemblablement en raison de l'hypersensibilité vasculaire induite par les sécrétions hormonales. Trois de ces 9 patients ont eu une réponse objective, 3 une stabilisation (données non publiées). Ce traitement n'est donc qu'exceptionnellement proposé à l'heure actuelle.

CONCLUSION

En ce qui concerne les traitements médicaux des métastases hépatiques, les indications thérapeutiques peuvent être schématisées de la façon suivante :

dans les tumeurs bien différenciées, en dehors d'une maladie accessible à un traitement curatif chirurgical d'emblée, le premier temps thérapeutique est le plus souvent une observation de quelques mois permettant d'apprécier l'agressivité de la tumeur. Si un traitement médical s'avère nécessaire, les propositions thérapeutiques suivantes peuvent être faites :

­ en cas de TNE du pancréas bien différenciée : chimiothérapie par adriamycine + streptozotocine en cas de maladie non chirurgicale d'emblée, la chimioembolisation étant gardée en réserve en cas de progression sous traitement systémique ;

­ en cas de TNE bien différenciée du tube digestif : après une période d'observation permettant d'apprécier le potentiel évolutif de la maladie, traitement par chimioembolisation en cas de maladie à fort potentiel évolutif (pente de croissance élevée) ou par analogues de la somatostatine si pente de croissance faible. Après échec de ces traitements, chimiothérapie par 5FU + streptozotocine. L'interféron est proposé en dernière intention après échec des traitements précédents, que la tumeur primitive soit digestive ou pancréatique. Toute réponse morphologique à un de ces traitements nécessite une rediscussion multidisciplinaire afin d'envisager une chirurgie (parfois de réduction tumorale simplement) ;

­ en cas de TNE peu différenciées : chimiothérapie par VP16 + cisplatine, de première intention, y compris chez des patients à l'état général altéré. Pas d'indication à la chirurgie ou aux autres thérapeutiques dans ces formes dont le comportement hautement malin se rapproche de celui des carcinomes bronchiques à petites cellules.

Quel que soit le type tumoral, il reste de nombreux progrès thérapeutiques à faire, les voies de recherche étant l'évaluation des nouvelles drogues de chimiothérapie, l'évaluation de nouvelles stratégies combinées (chimiothérapie alternée avec la chimioembolisation), l'amélioration des traitements loco-régionaux et la détermination de facteurs pronostiques d'agressivité.

REFERENCES

1. Ducreux M, Mitry E, Aparicio T, Baudin E, Sabourin JC, Lasser P, et al. Tumeurs neuro-endocrines avancées (TNE) : modalités thérapeutiques, devenir à long terme et facteurs pronostiques. Gastroenterol Clin Biol 1999 ; 23 : A67 (rés.).

2. Elias D, Rougier P, Lasser P, Duvillard P, Venezia F, Schlumberger M, et al. Chirurgie majeure et chimiothérapie réductionnelles dans les apudomes polymétastatiques. Ann Chir 1988 ; 42 : 474-81.

3. Murray-Lyon IM, Eddelston ALWF, Williams R, Brown M, Hogbin BM, Bennett A, et al. Treatment of multiple hormone-producing malignant islet cell tumours with streptozotocin in 52 patients. Lancet 1968 ; ii : 895-8.

4. Broder LR, Carter SK. Pancreatic islet cell carcinoma : result of therapy with streptozotocin in 52 patients. Ann Intern Med 1973 ; 79 : 108-18.

5. Moertel CG, Lavin P, Hahn G. Phase II trial of doxorubicin therapy for advanced islet cell carcinoma. Cancer Treat Rep 1987 ; 66 : 1567-9.

6. Altimari AF, Badrinath K, Reisel HJ, Prinz RA. DTIC therapy in patients with malignant intra-abdominal neuroendocrine tumors. Surgery 1987 ; 102 : 1009-17.

7. Eriksson B, Skogseid B, Lundqvist G, Wide L, Wilander E, Oberg K. Medical treatment and long-term survival in a prospective study of 84 patients with endocrine pancreatic tumors. Cancer 1990 ; 65 : 1883-90.

8. Bukowski RM, Tangen C, Lee R, Macdonald JS, Einstein AB Jr, Peterson R, et al. Phase II trial of chlorozotocin and fluorouracil in islet cell carcinoma : a Southwest Oncology Group study. J Clin Oncol 1992 ; 10 : 1914-8.

9. Moertel CG, Lefkopoulo M, Lipsitz S, Hahn RG, Klaassen D. Streptozotocin-doxorubicin, streptozotocin-fluorouracil, or chlorozotocin in the treatment of advanced islet-cell carcinoma. N Engl J Med 1992 ; 326, 8 : 519-23.

10. Rivera E, Ajani JA. Doxorubicin, streptozotocin, and 5-fluorouracil chemotherapy for patients with metastatic islet-cell carcinoma. Am J Clin Oncol 1998 ; 21 : 36-8.

11. Ollivier S, Fonck M, Bécouarn Y, Brunet R. Dacarbazine, fluorouracil and leucovorin in patients with advanced neuroendocrine tumors : a phase II trial. Am J Clin Oncol 1998 ; 21 : 237-40.

12. Moertel CG, Hanley JA, Johnsson LA. Streptozotocin alone compared with streptozotocin plus fluorouracil in the treatment of advanced islet cell carcinoma. N Engl J Med 1980 ; 303 : 1189-94.

13. Cheng PN, Saltz LB. Failure to confirm major objective antitumor activity for streptozotocin and doxorubicin in the treatment of patients with advanced islet cell carcinoma. Cancer 1999 ; 86 : 944-8.

14. Moertel CG. An odyssey in the land of small tumors. J Clin Oncol 1987 ; 5 : 1503-22.

15. Neijt JP, Lacave AJ, Splinter TAW, Taal BG, Veenhof CHN, Sahmoud T, et al. Mitoxantrone in metastatic apudomas : a phase II study of the EORTC Gastro-Intestinal Cancer Cooperative Group. Br J Cancer 1995 ; 71 : 106-8.

16. Moertel CG, Kvols LK, O'Connell MJ, Rubin J. Treatment of neuroendocrine carcinomas with combined etoposide and cisplatin : evidence of major therapeutic activity in the anaplastic variants of these neoplasms. Cancer 1991 ; 68 : 227-32.

17. Engstrom PF, Lavin PT, Moertel CG, Folsch E, Douglass HO. Streptozotocin plus fluorouracil versus doxorubicin therapy for metastatic carcinoid tumor. J Clin Oncol 1984 ; 2 : 1255-9.

18. Bukowski RM, Johnson KG, Peterson RF, Stephens RL, Rivkin SE, Neilan B, et al. A phase II trial of combination chemotherapy in patients with metastatic carcinoid tumors : a Southwest Oncology Group study. Cancer 1987 ; 60 : 2891-5.

19. Moertel CG, Hanley JA. Combination chemotherapy trials in metastatic carcinoid tumors and the malignant carcinoid syndrome. Cancer Clin Trials 1979 ; 2 : 327-34.

20. Kelsen DP, Cheng E, Kemeny N, Magill GB, Yagoda A. Streptozotocin and adriamycin in the treatment of Apud tumors (carcinoid, islet cell and medullary carcinoma of the thyroid). Proc Am Soc Assoc Cancer Res 1982 ; 23 : 111.

21. Haller DG, Schutt A, Dayal Y, Ryan L, Lipsitz S. Chemotherapy for metastatic tumors : an ECOG phase II-III trial. Proc Am Soc Clin Oncol 1990 ; 9 : 102 (rés.).

22. Rougier P, Oliveira J, Ducreux M, Theodore C, Kac J, Droz JP. Metastatic carcinoid and islet cell tumors of the pancreas : a phase II trial of the efficacy of combination chemotherapy with 5-fluorouracil, doxorubicin and cisplatin. Eur J Cancer 1991 ; 27 : 1380-2.

23. Frame J, Kelsen D, Kemeny N, Cheng E, Niedzwiecki D, Heelan R, et al. A phase II trial of streptozotocin and adriamycin in advanced Apud tumors. Am J Clin Oncol 1988 ; 11 : 490-5.

24. Ridolfi R, Amaducci L, Derni S, Fabbri L, Innocenti MP, Vignutelli P. Chemotherapy with 5-fluorouracil and streptozotocin in carcinoid tumors of gastrointestinal origin : experiences with 13 patients. J Chemother 1991 ; 3 : 328-31.

25. Di Bartolomeo M, Bajetta E, Bochicchio AM, Carnaghi C, Somma L, Mazzaferro V, et al. A phase II trial of dacarbazine, fluorouracil and epirubicin in patients with neuroendocrine tumours : a study by the Italian Trials in Medical Oncology (ITMO) group. Ann Oncol 1995 ; 6 : 77-9.

26. Seitz JF, Perrier H, Giovannini M, Monges G, Fourdan O, Barrière N, et al. Cancers neuro-endocrines anaplasiques avancés : intérêt de l'association VP16-CDDP. Bull Cancer 1995 ; 82 : 433-4 (rés.).

27. Mitry E, Baudin E, Ducreux M, Sabourin JC, Rufié P, Aparicio T, et al. Treatment of poorly differentiated neuroendocrine tumours with etoposide and cisplatin. Br J Cancer 1999 ; 81 : 1351-5.

28. Kvols LK, Moertel CG, O'Connell MJ, Schutt AJ, Rubin J, Hahn RG. Treatment of the malignant carcinoid syndrome : evaluation of a long-acting somatostatin analogue. N Engl J Med 1986 ; 315 : 663-6.

29. Gorden P, Comi RJ, Maton PN, Go VLW. Somatostatin and somatostatin analogue (SMS 201-995) in treatment of hormone-secreting tumors of the pituitary and gastrointestinal tract and non-neoplastic diseases of the gut. Ann Intern Med 1989 ; 110 : 35-50.

30. Scarpignato C. Endocrine tumors of the pancreas : recent advances in research and management. In : Somatostatin analogues in the management of endocrine tumors of the pancreas. Mignon M, Jensen RT, eds. Front Gastrointest Res, Basel, Karger, 1995 ; 23 : 385-414.

31. Lamberts SWJ, Krenning EP, Reubi JC. The role of somatostatin and its analogs in the diagnosis and treatment of tumors. Endocrinol Rev 1991 ; 12 : 450-82.

32. Maton PN, Gardner JD, Jensen RT. Use of long-acting somatostatin analogue SMS 201-995 in patients with pancreatic islet cell tumors. Dig Dis Sci 1989 ; 34 : 285-91.

33. Ruszniewski P, Ramdani A, Cadiot G, Lehy T, Mignon M, Bonfils S. Long-term treatment with octreotide in patients with the Zollinger-Ellison syndrome. Eur J Clin Invest 1993 ; 23 : 296-301.

34. Saltz L, Trochanowski B, Buckley M, Heffernan B, Niedzwiecki D, Tao Y, et al. Octreotide as an antineoplastic agent in the treatment of functional and non functional neuroendocrine tumors. Cancer 1993 ; 72 : 244-8.

35. Arnold R, Trautmann ME, Creutzfeld W, Benning R, Neuhaus C, Jürgensen R, et al. Somatostatin analogue octreotide and inhibition of tumour growth in metastatic endocrine gastroenteropancreatic tumours. Gut 1996 ; 38 : 430-8.

36. Aparicio T, Ducreux M, Mitry E, Baudin E, Sabourin JC, Rougier P. Action antitumorale des analogues de la somatostatine (ASMS) dans 34 tumeurs neuro-endocrines digestives (TNE) métastasées et évolutives. Gastroenterol Clin Biol 1998 ; 22 : A201 (rés.).

37. Ruszniewski P, Ducreux M, Chayvialle JA, Blumberg J, Cloarec D, Michel H, et al. Treatment of the carcinoid syndrome with the long acting somatostatin analogue lanreotide : a prospective study in 39 patients. Gut 1996 ; 39 : 279-83.

38. Wymenga ANM, Eriksson B, Salmela PI, Jacobsen MB, Van Cutsem EJDG, Fiasse RH, et al. Efficacy and safety of prolonged-release lanreotide in patients with gastrointestinal neuroendocrine tumors and hormone-related symptoms. J Clin Oncol 1999 ; 17 : 1111-7.

39. O'Toole D, Ducreux M, Bommelaer G, Wemeau JL, Bouche O, Catus F, et al. Treatment of carcinoid syndrome : a prospective crossover evaluation of lanreotide versus octreotide in terms of efficacy, patient acceptability, and tolerance. Cancer 2000 ; 15 : 770-6.

40. Ducreux M, Rougier P, Ruszniewski P, Rampal P, Grangé JD, Jian R, et al. Does lanreotide inhibit the growth of neuroendocrine metastatic tumors ? Ann Oncol 1994 ; 5 (suppl 8) : 86 (rés.).

41. Rubin J, Ajani J, Schirmer W, Venook AP, Bukowski R, Pommier R, et al. Octreotide acetate long-acting formulation versus open-label subcutaneous octreotide acetate in malignant carcinoid syndrome. J Clin Oncol 1999 ; 17 : 600-6.

42. Faiss S, Scherübl H, Riecken EO, Wiedenmann B. Interferon-alpha versus somatostatin or the combination of both in metastatic neuroendocrine gut and pancreatic tumours. Digestion 1996 ; 57 (suppl 1) : 84-5.

43. Valimaki M, Jarvinen H, Salmela P, Sane T, Sjoblom SM, Pelkonen R. Is the treatment of metastatic carcinoid tumor with interferon not as successful as suggested ? Cancer 1991 ; 67 : 547-9.

44. Andersson T, Wilander E, Eriksson B, Lindgren PG, Oberg K. Effects of interferon on tumor tissue content in liver metastases of human carcinoid tumors. Cancer Res 1990 ; 50 : 3413-5.

45. Dirix LY, Vermeulen PB, Fierens H, De Schepper B, Corthouts B, Van Oosterom AT. Long-term results of continuous treatment with recombinant interferon-alpha in patients with metastatic carcinoid tumors : an antiangiogenic effect ? Anticancer Drugs 1996 ; 7 : 175-81.

46. Jacobsen MB, Hanssen LE, Kolmannskog F, Schrumpf E, Vatn MH, Bergan A. Interferon-alpha 2b, with or without prior hepatic artery embolization : clinical response and survival in mid-gut carcinoid patients. The Norvegian carcinoid study. Scand J Gastroenterol 1995 ; 30 : 789-96.

47. Tiensuu Janson E, Rönnblom L, Ahlström H, Grandér D, Alm G, Einhorn S, et al. Treatment with alpha-interferon versus alpha-interferon in combination with streptozotocin and doxorubicin in patients with malignant carcinoid tumors : a randomized trial. Ann Oncol 1992 ; 3 : 635-8.

48. Saltz L, Kemeny N, Schwartz G, Kelsen D. A phase II trial of alpha-interferon and 5-fluorouracil in patients with advanced carcinoid and islet cells tumors. Cancer 1994 ; 74 : 958-61.

49. Hughes MJ, Kerr DJ, Cassidy J, Soukop M, McGregor K, Blackburn N, et al. A pilot study of combination therapy with interferon-alpha-2a and 5-fluorouracil in metastatic carcinoid and malignant endocrine pancreatic tumours. Ann Oncol 1996 ; 7 : 208-10.

50. Tiensuu Janson EM, Ahlström H, Andersson T, Oberg KE. Octreotide and interferon alfa : a new combination for the treatment of malignant carcinoid tumours. Eur J Cancer 1992 ; 28A : 1647-50.

51. Frank M, Klose KJ, Wied M, Ishaque N, Schade-Brittinger C, Arnold R. Combination therapy with octreotide and alpha-interferon : effect on tumor growth in metastatic endocrine gastroenteropancreatic tumors. Am J Gastroenterol 1999 ; 94 : 1381-7.

52.Sjoblom SM, Hockerstedt K, Jarvinen H. Hepatic dearterialization in the treatment of carcinoid syndrome. Acta Chir Scand 1987 ; 153 : 523-9.

53. Ajani JA, Carrasco H, Charnsangavej C, Samaan A, Levin B, Wallace S. Islet cell tumors metastatic to the liver : effective palliation with sequential hepatic artery embolization. Ann Intern Med 1988 ; 108 : 340-4.

54. Eriksson B, Larsson EG, Skogseid BM, Lofberg AM, Lorelius LE, Öberg K. Liver embolizations of patients with malignant neuroendocrine gastrointestinal tumors. Cancer 1998 ; 83 : 2293-301.

55. Moertel CG, Johnson M, McKusick MA, Martin JK Jr, Nagorney DM, Kvols LK, et al. The management of patients with advanced carcinoid tumors and islet cell carcinomas. Ann Intern Med 1994 ; 120 : 302-9.

56. Therasse E, Breittmayer F, Roche A, de Baere T, Indushekar S, Ducreux M, et al. Transcatheter chemoembolization of progressive carcinoid liver metastasis. Radiology 1993 ; 189 : 541-7.

57. Drougas JG, Anthony LB, Blair TK, Lopez RR, Wright JKJ, Chapman WC, et al. Hepatic artery chemoembolization for management of patients with advanced metastatic carcinoid tumors. Am J Surg 1998 ; 175 : 408-12.

58. Diamandidou E, Ajani JA, Yang DJ, Chuang VP, Brown CA, Carrasco HC, et al. Two-phase study of hepatic artery vascular occlusion with microencapsulated cisplatin in patients with liver metastases from neuroendocrine tumors. Am J Roentgenol 1998 ; 170 : 339-44.

59. Kim YH, Ajani JA, Carrasco H, Dumas P, Richli W, Lawrence D, et al. Selective arterial chemoembolization for liver metastases in patients with carcinoid tumor or islet cell carcinoma. Cancer Invest 1999 ; 17 : 474-8.

60. Martin M, Tarara D, Wu YM, Ukah F, Fabrega A, Corwin C, et al. Intrahepatic arterial chemoembolization for hepatocellular carcinoma and metastatic neuroendocrine tumors in the era of liver transplantation. Am Surg 1996 ; 62 : 724-32.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]