ARTICLE
Auteur(s) : Hossein Mossafa1, Diane
Damotte2, Arash Jenabian3, Richard
Delarue4, Anne Vincenneau5, Isabelle
Amouroux6, Roland Jeandel5, Eli
Khoury7, Jean-Michel Martelli8, Thierry
Samson9, Georges Flandrin10, Xavier
Troussard11
1Pasteur-Cerba, Cergy-Pontoise
2Service d’anatomo-pathologie, Hôpital européen
Georges-Pompidou, Paris
3Service d’hématologie, Hôpital européen
Georges-Pompidou, Paris
4Service d’hématologie, Hôpital Necker, Paris
5Service d’anatomo-pathologie, Centre hospitalier de
Meaux
6Service d’hématologie, Hôpital Antoine-Béclère,
Clamart
7Service d’hématologie, Centre hospitalier de
Montfermeil
8Service d’hématologie, Centre hospitalier de Meulan
9Service d’hématologie, Hôpital d’instruction des armées
Percy
10Service d’hématologie, Hôpital Necker, Paris
11Laboratoire d’hématologie, Centre hospitalier de
Caen
Le lymphome de Burkitt typique (LB) est caractérisé par la
présence de cellules lymphoïdes B anormales monomorphes de taille
petite à moyenne, un cytoplasme basophile et vacuolé. Deux autres
formes morphologiques ont été aussi décrites : le LB avec
différenciation plasmocytoïde et le lymphome de Burkitt atypique
(LB atyp) caractérisé par un pléomorphisme plus marqué dans la
forme et la taille du composant tumoral. Les cellules tumorales
expriment des immunoglobulines de surface, CD10 et Bcl6. Une
t(8;14)(q24;q32), t(2;8)(p12;q24) ou t(8;22)(q24;q11) est
constamment détectée.
Parmi 241 patients avec un lymphome malin non hodgkinien (LMNH),
nous avons identifié 16 patients avec des aspects morphologiques
et/ou cytologiques de LB, sans t(8;14)(q24;q32), t(2;8)(p12;q24) ou
t(8;22)(q24;q11) mais avec une amplification du gène c-MYC présente
dans tous les cas. Le LMNH est de type B chez 15 patients (6
patients avec un lymphome folliculaire [LF], 4 avec un lymphome à
cellules du manteau [LCM], 2 avec un lymphome de la zone marginale
[LZM] et 3 avec un lymphome B diffus à grandes cellules [LDGC]). Il
est de type T chez un seul patient. L’identification de ces
patients est extrêmement importante compte tenu du pronostic très
défavorable de ces lymphomes.
Matériels et méthodes
Seize patients, avec des aspects morphologiques ou histologiques de
LB, ont été inclus dans cette étude et identifiés parmi 60 patients
avec un LF, 26 patients avec un LZM, 40 patients avec un LCM, 103
patients avec un LMNH non LF non LCM et non Burkitt, et enfin 12
patients avec un LB typique.
L’examen morphologique a été réalisé après coloration au
May-Grünwald-Giemsa des frottis sanguins, médullaires, spléniques
ou ganglionnaires : au moins 30 images non sélectionnées ont
été numérisées (TRANSPATH) pour chaque cas. L’histologie a été
effectuée sur des prélèvements ganglionnaires dans 5 cas,
médullaires dans 3 cas, ganglionnaires et médullaires dans 3 cas et
spléniques dans le dernier cas.
L’analyse immunologique a été effectuée par cytométrie en flux
sur les cellules sanguines (4 cas), médullaires (4 cas),
ganglionnaires (1 cas) ou spléniques (1 cas).
L’examen cytogénétique conventionnel a été réalisé au diagnostic
sur des prélèvements ganglionnaires (5 cas), sanguins (4 cas),
médullaires (3 cas), ganglionnaires et médullaires (3 cas) ou
spléniques (1 cas) sans mitogènes et après culture pendant
72 heures après stimulation par le TPA-LPS.
Un examen par FISH a été également réalisé chez tous les
patients en utilisant la sonde LSI IgH/MYC/CEP 8 triple couleur
double fusion s’hybridant au niveau des bandes 14q32 (IgH) et 8q24
(MYC) et du centromère du chromosome 8 (Vysis) et la sonde LSI MYC
double couleur « break apart » qui permet de détecter des
réarrangements en 8q24 (Vysis). De plus, nous avons aussi utilisé,
en fonction des cas, la sonde LSI IgH/CCND1 double couleur, double
fusion qui s’hybride en 14q32.3 (IgH) et en 11q13 (CCND1) (Vysis)
ou la sonde IgH/Bcl2 double couleur, double fusion qui s’hybride en
14q32.3 (IgH) et 18q21 (Bcl2) (Q-Biogen). Les signaux ont été
évalués sur les noyaux des cellules en métaphase et interphase
(minimum de 10 métaphases et analyse de 500 noyaux interphasiques).
La présence d’au moins 4 signaux, chacun correspondant à une copie
de c-MYC, a été considérée comme amplification. Nous avons aussi
testé les échantillons de 12 patients avec un LB, 9 avec une
t(8;14), 2 avec une t(2;8)(p12;q24) et 1 avec une t(8;2)(q24;q11).
Le seuil de positivité a été fixé à 5 % pour toutes les sondes
utilisées.
Résultats
Seize patients (9 femmes, 7 hommes) avec un âge médian de
67 ans (29-92 ans) ont été étudiés (tableau 1). Quatorze d’entre eux ont un mauvais
indice de performance et aucun patient n’est positif au VIH. Une
splénomégalie est présente dans 4/16 cas et des adénopathies
superficielles dans 15/16 cas. L’hémoglobine est à 11 g/dL
(6,4-15,1 g/d), les leucocytes à 9,9 x 109/L (3,2-141),
les lymphocytes à 1,6 x 109/L (0,34-135,3 g/L) et les
plaquettes à 186 x 109/L (16-538).
L’examen morphologique ou histologique a identifié dans tous les
cas la présence de cellules de Burkitt (CB) : les cellules
tumorales, de taille moyenne à grande, ont un noyau ovale contenant
un petit nucléole et un cytoplasme basophile avec des vacuoles
cytoplasmiques (figure
1). L’infiltration tumorale est diffuse : il existe
aussi de nombreuses cellules en apoptose ou en mitose, et un aspect
de ciel étoilé est présent (figure 2). Le marquage au
Ki67, réalisé chez 10 patients, est > 85 % dans tous les
cas sauf un (70 % de cellules Ki67 positives) (figure 3).
Un caryotype complexe est présent dans 13/16 cas (80 %)
(figure 4) et un
caryotype normal dans les 3 autres cas. Les données de l’examen
cytogénétique conventionnel sont présentées dans le tableau 1. À noter chez tous les patients une
absence de t(8;14)(q24;q32), t(2;8)(p12;q24) ou t(8;22)(q24;q11).
Une translocation t(11;14)(q13;q32) est présente chez les 4
patients avec un LCM et une t(14;18)(q32;q21) chez les 6 patients
avec un LF. L’utilisation de sondes triple couleur double fusion
c-MYC 8q24, IgH 14q32 et alpha-satellite 8q11 n’a pas permis de
détecter de signal pour c-MYC/IgH permettant d’exclure chez ces
patients la présence d’une t(8;14), d’une trisomie ou polysomie du
chromosome 8. De plus, la sonde double couleur « break
apart » a permis d’exclure avec certitude le remaniement de
c-MYC. Nous n’avons jamais détecté de IgL/c-MYC, IgK/c-MYC ou
X-c-MYC.
En revanche, une amplification constante de c-MYC en utilisant
la sonde double couleur c-MYC 8q24 (figure 5) a permis
d’objectiver la présence de plusieurs copies de c-MYC dans 10 à
77 % des cellules. Nous n’avons jamais détecté d’amplification
de c-MYC chez les 12 patients avec un LB typique. L’analyse par
FISH a permis d’identifier 4 patients avec une t(11;14) et 6
patients avec une t(14;18). L’amplification de c-MYC a été détectée
dans les mêmes cellules que celles portant la t(14;18)(q32;q21) ou
la t(11;14)(q13;q32).
Six des 60 patients (10 %) avec un LF présentent une
amplification de c-MYC, avec dans deux cas un aspect nodulaire et
dans un autre cas une transformation localisée. Le diagnostic de LF
a été établi sur la présence d’une prolifération tumorale B CD5- et
CD10+ chez 2 patients, la détection d’une t(14;18) dans 4/6 cas et
la présence d’un transcrit de fusion IgH/BCL-2 par FISH dans tous
les 6 cas. 4/40 (10 %) patients ont été classés LCM, de type
blastique dans 3/4 cas. Une prolifération CD5+ et CD23- est
présente dans 3 cas, une t(11;14)(q13;q32) dans 3 cas, un gène de
fusion IgH/BCL-1 détecté par FISH dans les 4 cas étudiés. 2/26
(7,6 %) patients avec le diagnostic de LZM présentent aussi
des CB avec un caryotype complexe, incluant une +3 et +18 chez un
patient, et une +18 et del(6)(q14q25) dans le second cas. Parmi les
103 patients avec un diagnostic de LMNH non LF, non LCM et non
Burkitt, seulement 7 patients présentent un LDGC et 3/7 une
amplification de c-MYC. Les 3 cas de LDGC sont CD5- CD20+ et ont
des aspects homogènes de LB dans 2 cas et de LMNH-T riche en
cellules B avec présence de CB dispersées dans le dernier cas.
Aucun de ces patients ne présente de translocation c-MYC. Des CB
sont aussi détectées dans le cas du LMNH-T CD2+ et CD4+ positif
associé à des réarrangements du récepteur des lymphocytes T
(TCR-R).
Quinze patients ont reçu en première ligne une chimiothérapie du
CHOP, dont trois patients du R-CHOP. Deux patients ont été traités
par autogreffe : un patient a rechuté 5 mois plus tard.
Un patient avec LZM a été splénectomisé : il est en rémission
complète (RC) persistante sans traitement. Le second patient avec
un LZM a été perdu de vue. Après un suivi médian de 15 mois,
14 patients sont décédés, dont 7 dans les 6 mois suivant le
diagnostic (2/4 avec LCM, 2/6 avec un LF et1/3 avec un LDGC, 1/1
avec LMNH-T), trois patients 15 mois après le diagnostic, et
enfin, 4 patients plus de 15 mois après le diagnostic (tableau 1).
Tableau 1 Données des 16 patients avec un aspect type
Burkitt et une amplification de c-MYC
|
Cas
|
Âge
|
Échantillon
|
Diagnostic
|
Immunophénotype
|
Ki-67
|
Examen cytogénétique conventionnel
|
FISH
|
Suivi
|
|
IgH, IgL,IgK/MYC
|
IgH/CCND 1
|
IgH/Bcl-2
|
c-MYC amplification
|
|
1
|
29
|
G
|
LCM
|
- CD19+, CD20+, CD5-,
- Bcl2-
|
100 %
|
51-55,XY,+X,+5,+6,del(6)(q15q22),+8,+9,+11,t(11;14)(q13;q32),4xdm
[CP 13]
|
-
|
92%
|
-
|
4 à 5 copies dans 69% cellules
|
|
|
2
|
76
|
M
|
LCM
|
- CD19+, CD20+, CD5+, CD23-,
- FMC7-
|
80 %
|
40-43,XY,-3,dic(5;13)(q35;p11), der(6)(q?),-6,
add(8)(q24),der(9)t(9;?)(q34;?),der(11),-12,
der(14)(q?),del(15)(q13q24), der(16)t(16;?)(p11;?),der(17)
t(8;17)(q11;q11), r(?),+mar1,+mar2 [CP 13]
|
-
|
69%
|
-
|
> 7 copies dans 23 % cellule
|
|
|
3
|
92
|
S
|
LCM
|
CD19+, CD20+, CD5+, CD23-CD79b+, FMC7+
|
ND
|
45-46,XX,del(1)(p34),i(6)(p10),10,t(11;14)(q13;q32),+mar1 [CP
06]
|
-
|
73%
|
-
|
5 à 7 copies dans 42 % cellules
|
|
|
4
|
83
|
M
|
LCM
|
CD19+, CD20+, CD22+, CD5+, CD23+, FMC7+, CD79b+
|
ND
|
43,XY,-9,t(11;14)(q13;q32),-12,-15,-17,-21, -22,+2-3mar [CP 10]
|
-
|
78%
|
-
|
> 7 copies dans 17 % cellules
|
|
|
5
|
61
|
R
|
MZL
|
- CD20+, CD5-, CD10-,
- Bcl-2-
|
85 %
|
47-49,XY,del(6)(q14q25), der(8)dup(8)(q23qter),der(10)(q?),
+18,+mar [CP 10]
|
-
|
-
|
-
|
> 7 copies dans 47 % cellules
|
RC 60 mois après Spénectomie
|
|
6
|
47
|
S
|
MZL
|
- CD19+, CD20+, CD22+, CD23+, CD5-, FMC7+
- CD10-, CD103-
|
ND
|
- 48,XY,der(2)t(2;?)(p13;?),+3,der(8)t(8;?)(q24;?),+18 CP
[03]
- 48,XY,+3,der(8)t(8;?)(p23;?),
+der(8)t(8;?)(p23;?),der(22)t(22;?)(q13;?) [CP 03]
|
-
|
-
|
-
|
5 à 7 copies dans 17 % cellules
|
RP 24 mois après (R-CHOP)
|
|
7
|
66
|
S
|
LF
|
CD19+, CD20+, CD10-, CD22+, CD79a+
|
ND
|
46,XX,del(2)(p12),der(3)t(3;?)(q26;?), t(14;18)(q32;q22)[01]
46,XX,der(1)t(1;?)(q44;?),del(2)(p12),der(3)t(3;?)(q26;?),t(14;18)(q32;q22)
[02]
|
-
|
-
|
52%
|
4 à 5 copies dans 19 % cellules
|
|
|
8
|
53
|
G
|
LF
|
CD20+, CD5-, CD10-, Bcl2+
|
90 %
|
- 46,XY,t(14;18)(q32;q22) [02]
- 47,XY,t(14;18)(q32;q22),+21[18]
- 48,XY,t(14;18)(q32;q22),+21,+4 [01]
|
-
|
-
|
81%
|
4 à 6 copies dans 22 % cellules
|
|
|
9
|
68
|
G, M
|
LF
|
CD20+, CD5-, CD10+,Bcl2+
|
90 %
|
46,XX[30]
|
-
|
-
|
53%
|
> 7 copies dans 10 % cellules
|
|
|
10
|
72
|
G
|
LF
|
CD20+, CD5-,CD10-,Bcl2+
|
90 %
|
46,XX[30]
|
-
|
-
|
64%
|
> 7 copies dans 11 % cellules
|
|
|
11
|
79
|
G, M
|
LF
|
CD20+, CD5+, CD10+, Bcl2+
|
100 %
|
46,XX,t(14;18)(q32;q22) [02] / 48,XX,+X,der(12)t(12;?)(p13;?),
add(13)(q14), t(14;18) (q32;q22), +mar1 [cp 07]
|
-
|
-
|
83%
|
> 5copies dans 43 % cellules
|
|
|
12
|
59
|
M
|
LF
|
CD19+, CD20+, CD5, CD10+, CD79b+
|
ND
|
- 48,XY,der(3)t(3;?)(p25;?),del(8)(q24.3),
der(9)t(9;?)(q34;?),t(12;16)(p13;q11), t(14;18) (q32;q22), +mar1x2
[CP 05]
- 46,XY [15]
|
-
|
-
|
45%
|
> 7 copies dans 10 % cellules
|
|
|
13
|
72
|
G
|
LDGC
|
CD20+,CD5-,CD10-, Bcl2+
|
90 %
|
47-49,XX,+X,+X,add(1)(p36),
del(3)(p24),t(4;15)(q35;q14),+der(17),-8,+mar1 [CP 02] /
47-49,XX,+X,+X,add(1)(p36), del(3)(p24),t(4;15)(q35;q14),
del(14)(q21q31), +der(17),-8, +mar1 [CP 11]
|
-
|
-
|
-
|
> 7 copies dans 77 % cellules
|
|
|
14
|
57
|
G
|
LDGC
|
CD20+, CD19+
|
85 %
|
- 47,XX,+X [01] / 47,XX,+X,der(12) t(12;?)(q24;?), del(13)
(q12q14) [01]
- 48,XX,+X,der(12)t(12;?)(q24;?),del(13) (q12q14),+20 [CP
02]
- 43-46,XX,+X,der(12)t(12;?)(q24;?), del(13)(q12q14), +20 [CP
03]
|
-
|
-
|
-
|
> 5 copies dans 11 % cellules
|
- DCD
- (J500) Rechute après auto
|
|
15
|
75
|
PB
|
LMNH-T
|
CD2+, CD3-, CD4+, CD7+, CD8-, CD16-, CD25-, CD30+, CD56-
|
ND
|
46,XY
|
-
|
-
|
-
|
> 7 copies dans 27 % cellules
|
|
|
16
|
56
|
G, M
|
LDGC
|
CD20+, CD10-, CD5-, Bcl-2-
|
100 %
|
45-46,XX,del(1)(p35),-2,-3,del(3)(p21),del(5)(q35),del(6)(p22),-7,-8,der(9)
t(9;?)(p23;?),der(14)t(14;?)(p11;?),-21,+3-4mar [CP 07]
|
-
|
-
|
-
|
5 à 6 copies dans 22 % cellules
|
|
Discussion
Cette étude a permis rétrospectivement d’identifier 16 patients
avec un LMNH avec présence de cellules de type Burkitt,
amplification de c-MYC et absence de t(8;14)(q24;q32),
t(2;8)(p12;q24) ou t(8;22)(q24;q11) [1]. Il est important
d’identifier ces patients : 14/16 (87,5 %) patients sont
décédés rapidement. Ce profil est observé quels que soient le type
de lymphome B ou T [2] et le diagnostic d’hémopathie maligne B. Il
a été identifié chez 6 patients avec un LF, 4 avec un LCM, 2 avec
un LZM et 3 patients avec un LDGC. Chez les patients avec un LZM,
l’amplification c-MYC pourrait être de moins mauvais pronostic, 1
des 2 patients étant en RC un an après la splénectomie.
La classification WHO a identifié plusieurs sous-types de
LB : une forme classique (la plus fréquente), une forme avec
différenciation plasmocytoïde et la forme
« Burkitt-like » avec un pléomorphisme plus important
[3]. Ces aspects ne peuvent être appliqués à nos cas sachant que
ces termes sont réservés aux formes avec t(8;14)(q24;q32),
t(2;8)(p12;q24) ou t(8;22)(q24;q11).
Le LDGC peut être difficile à distinguer du LB, les deux entités
ayant une population tumorale homogène et un taux élevé de cellules
en apoptose ou mitose [4]. L’examen cytogénétique peut dans ces cas
aider à préciser le sous-type exact du lymphome. Dans une étude
rétrospective, le Southwest Oncology Group a comparé les aspects
morphologiques du LB et du LDGC : un index de prolifération
plus élevé (88 %) a été constamment observé dans le LB [5]. Le
marquage du Ki67 réalisé chez 10 patients a été supérieur à
85 % dans la plupart des cas et le pourcentage est similaire à
celui observé dans l’étude du SWOG [5]. Un marquage élevé de Ki-67
est associé à un risque élevé de décès précoce [6], ce que nous
avons aussi confirmé dans notre étude. Nous montrons également la
présence d’une amplification de c-MYC sans détecter néanmoins de
t(8;14), t(2;8) ou t(8;22). Cette amplification est associée à la
présence d’une t(11;14)(q13;q32) et/ou d’un gène de fusion
IGH/CCND1 chez les patients avec un LCM et d’une t(14;18)(q32;q21)
ou d’un gène de fusion IGH/Bcl2 chez les patients avec un LF.
Les sondes utilisées LSI, IgH/MYC/CEP 8 et LSI, MYC double
couleur « break apart » permettent d’exclure une
translocation cryptique impliquant le locus MYC (IgH/MYC, IgL/MYC,
IgK/MYC or X/MYC). Pour les patients avec un LCM ou un LF, le
pourcentage de cellules tumorales (noyaux en métaphases et
interphases) avec t(11;14) ou t(14;18) est supérieur au pourcentage
de cellules avec une amplification de MYC. Ces données suggèrent
que l’amplification de c-MYC pourrait être un événement
secondaire.
Conclusion
Des aspects morphologiques, cytologiques/histologiques évocateurs
d’un LB mais sans t(8;14)(q24;q32), t(2;8)(p12;q24) ou
t(8;22)(q24;q11) doivent faire rechercher la présence d’une
amplification de c-MYC. Cette amplification pourrait être de
mauvais pronostic et son existence devrait inciter à la mise en
place de nouveaux protocoles thérapeutiques chez ces patients.
Références
1 Mossafa H, Damotte D, Jenabian A, et al.
Non-Hodgkin’s lymphomas with Burkitt-like cells are associated with
c-Myc amplification and poor prognosis. Leuk Lymphoma 2006 ;
47 : 1885-93.
2 Ohno H, Fukuhara S, Arita Y, et al.
Establishment of a peripheral T-cell lymphoma cell line showing
amplification of the c-MYC oncogene. Cancer Res 1988 ;
48 : 4959-63.
3 Diebold J, Jaffe ES, Raphael M, Warnke RA.
In : Jaffe ES, Harris NL, Stein H,
Vardiman JW, eds. World Health Organization classification of
tumours. Lyon : IARC Press, 2001 : 181-4.
4 Nakamura N, Nakamine H, Tamaru J, et al.
The distinction between Burkitt lymphoma and diffuse large B-Cell
lymphoma with c-MYC rearrangement. Mod Pathol 2002 ; 15 :
771-6.
5 Braziel RM, Arber DA, Slovak ML, et al.
The Burkitt-like lymphomas : a Southwest Oncology group study
delineating phenotypic, genotypic, and clinical features. Blood
2001 ; 97 : 3713-20.
6 Miller TP, Grogan TM, Dahlberg S, et al.
Prognostic significance of the Ki-67 associated proliferation
antigen in aggressive non-Hodgkin’s lymphomas : a prospective
Southwest Oncology Group Trial. Blood 1994 ; 83 :
1460-6.
|