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Management of imatinib mesylate-resistances induced by BCR-ABL mutations in chronic myelogenous leukemia


Hématologie. Volume 13, Number 6, 457-64, Novembre-Décembre 2007, Revue

DOI : 10.1684/hma.2007.0193

Résumé   Summary  

Author(s) : Franck-Emmanuel Nicolini, Sophie Ducastelle, Sélim Corm , Service d’hématologie clinique, Hôpital Edouard-Herriot, Lyon, Service d’hématologie clinique, Hôpital Huriez, Lille.

Summary : Imatinib mesylate (IM) significantly modified the general principles applied to the treatment and the follow-up of chronic myelogenous leukemia (CML). The initial enthusiasm is currently tempered by the onset of primary (rare) or secondary (more frequent) resistances to this targeted therapy. Progressively, different resistance mechanisms have been identified and the most frequent one is the onset of mutations in the peptide sequence of the ABL kinase domain, responsible for variable resistance phenotypes (from total insensitivity to IM [e.g. T315I mutation] to the persistence of a partial sensitivity to IM [e.g. M244V mutation]). Some mutations can be associated to other resistance mechanisms, which remain sometimes unknown. Some BCR-ABL mutations are now considered as markers for disease progression as clonal evolution was. Second and third generation tyrosine kinase inhibitors are now available and represent for the majority of the cases, a suitable option in order to control IM-resistance induced by BCR-ABL mutations. However, physicians still must be careful as all tyrosine kinase inhibitors available to date do not eradicate CML, and the permanent detection of BCR-ABL+ residual cells might lead to the emergence of later resistances initiated in this compartment. Subsequently, rigorous and careful follow-up of these patients has to remain.

Keywords : chronic myelogenous leukemia, imatinib, mutation, BCR-ABL

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ARTICLE

Auteur(s) : Franck-Emmanuel Nicolini1, Sophie Ducastelle1, Sélim Corm2

1Service d’hématologie clinique, Hôpital Edouard-Herriot, Lyon
2Service d’hématologie clinique, Hôpital Huriez, Lille

Le suivi moléculaire par PCR quantitative (RQ-PCR) du taux de transcrit BCR-ABL chez les patients atteints de leucémie myéloïde chronique (LMC) traités par imatinib mésylate ([IM] Glivec®) est un élément essentiel de leur surveillance une fois la réponse cytogénétique complète obtenue. En effet, cet examen permet de détecter précocement un échappement de la maladie au traitement et de proposer rapidement une nouvelle stratégie thérapeutique afin de restaurer une deuxième réponse. La plupart des patients de novo porteurs de LMC en phase chronique traités par IM vont obtenir une réponse satisfaisante avec des taux de progression vers une phase avancée de la maladie faibles (7 % à 60 mois) et une survie sans événement élevée (83 % à 60 mois) [1]. Une réponse cytogénétique complète (RCyC) est obtenue chez près de 80 % des patients traités par IM en première ligne [1]. Il est à noter que parmi les patients qui obtiennent une RCyC, certains peuvent avoir une réponse moléculaire « lente », avec une survie qui semble cependant similaire à celle des répondeurs « rapides » ; ce constat nécessite donc d’avoir un recul important pour juger de la réponse moléculaire.

Néanmoins, l’apparition de patients authentiquement résistants à l’IM justifie le développement d’alternatives thérapeutiques. La plupart de ces résistances sont expliquées par l’apparition de mutations de la protéine cible de l’IM, BCR-ABL. À ce jour, plus de 50 mutations différentes ont été décrites [2], dont l’impact sur le cours évolutif de la maladie est variable, pouvant nécessiter des adaptations thérapeutiques spécifiques. L’objectif de cet article est de préciser la définition actuelle de la résistance à l’IM, ainsi que les conditions et les modalités de recherche d’une mutation BCR-ABL en France, d’analyser l’impact de ces mutations sur la maladie, et de proposer une attitude thérapeutique rationnelle lorsqu’une résistance est constatée.

Suivi de la réponse à l’imatinib

Il existe une résistance intrinsèque des cellules souches leucémiques BCR-ABL+ à l’IM, expliquant la persistance indéfinie d’une maladie résiduelle détectable en RQ-PCR chez la plupart des patients recevant ce traitement [3, 4]. Celle-ci fait le lit d’une éventuelle réévolution de la maladie.

Au cours du suivi, la résistance peut être définie au niveau hématologique, cytogénétique et moléculaire et peut être soit primaire, soit secondaire. Le terme de résistance sous-entend que le patient a reçu une dose quotidienne d’IM « efficace » (au moins 300 mg/jour en continu avec observance de bonne qualité et une absence de toxicité de grade 3-4 nécessitant l’interruption du traitement) [5]. La plupart des situations de résistance clinique à l’IM sont résumées dans le tableau 1. Les échecs primaires à l’IM sont des situations de résistance associées à une augmentation du risque de progression vers les phases avancées et/ou à une diminution de la survie des patients. L’absence de rémission hématologique à 3 mois, de rémission cytogénétique au moins mineure à 6 mois, de rémission cytogénétique majeure à 12 mois et de rémission cytogénétique complète à 18 mois répond à ce critère et a été établie à partir des résultats de l’étude IRIS actualisés à 60 mois [1].

La surveillance biologique de tout patient atteint de LMC en phase chronique et traité par IM comprend selon les recommandations récentes [5] :

  • une surveillance régulière de l’hémogramme afin de vérifier l’obtention d’une réponse hématologique complète et son maintien ;
  • une surveillance tous les 6 mois du caryotype médullaire jusqu’à l’obtention d’une réponse cytogénétique complète, puis tous les ans ou en fonction de l’évolution du taux de transcrit BCR-ABL ;
  • une surveillance tous les 3 à 6 mois du taux de transcrit BCR-ABL en RQ-PCR.

Il est également possible de définir une réponse insuffisante, dite suboptimale, qui peut amener à reconsidérer la poursuite de l’IM en monothérapie, même si l’impact pronostique en termes de progression vers les phases avancées ou sur la survie n’est pas affirmé. Entrent dans ce cadre l’absence de rémission cytogénétique majeure à 6 mois, l’absence de rémission cytogénétique complète à 12 mois, l’absence de rémission moléculaire majeure (transcrit BCR-ABL >0,1%) à 18 mois et la survenue d’anomalies cytogénétiques additionnelles dans le clone Ph+.

Les résistances secondaires correspondent à toute situation de perte d’une réponse. Ces rechutes peuvent être hématologiques (perte de la réponse hématologique complète, progression vers une phase accélérée ou blastique), cytogénétiques (perte d’une RCyC ou d’une RCyM) ou moléculaires (augmentation du taux de transcrit > 0,5 log confirmée sur un second prélèvement pour être validée) et qui revêtent des degrés différents de gravité.

Ces critères d’échec primaire, de réponse suboptimale et de résistance secondaire, doivent amener à la recherche d’une mutation de BCR-ABL.

Tableau 1 Récapitulatif des définitions des échecs et des réponses suboptimales au cours du traitement de la LMC par IM (d’après [5])

Type d’échec

M3

M6

M12

M18

Absence de RCH

Absence de RCy (⇨ > 95 % Ph+)

Absence de RCyM (⇨ > 35 % Ph+)

Absence de RCyC (⇨ > 0 % Ph+)

Absence de RMM (⇨ transcrit > 0,1 %)

Causes identifiées de la résistance à l’imatinib

Dans environ 70 % des cas de résistance à l’IM un ou plusieurs mécanisme(s) est(sont) identifié(s) et dans 30 % des cas aucun mécanisme connu n’est retrouvé. Schématiquement, on distingue 2 types de résistances selon qu’elles sont gouvernées par BCR-ABL ou non (figure 1).

Résistances BCR-ABL dépendantes

Elles peuvent être dues soit à une augmentation de la concentration intracellulaire de la protéine BCR-ABL, soit par amplification du gène BCR-ABL mis en évidence par FISH [6], mais qui reste bien rarement identifiée en clinique (< 10 % des patients résistants). Le mécanisme principal source de résistance des pathologies BCR-ABL+ (30 à 40 % des patients résistants, surtout dans les situations de résistance secondaire et en phase avancée [rare en résistance primaire, et a fortiori en réponse suboptimale] [7, 8]), est représenté par l’apparition de mutations de la partie kinasique ABL qui rendent la cellule moins sensible ou insensible à l’IM. Ces mutations correspondent à une modification acquise de la séquence du gène d’ABL responsable d’un échange d’acides aminés dans la séquence peptidique du domaine kinase d’ABL (figure 2), qui modifie l’interaction entre la protéine cible et l’IM. Plus de 50 mutations BCR-ABL ont été détectées chez des patients résistants à ce jour [2], dont les plus fréquentes et les plus graves sont les mutations T315I et celles affectant la boucle de phosphorylation de BCR-ABL (P-loop : acides aminés 248 à 255), car elles ont un impact direct sur la survie en augmentant le risque de progression vers une phase avancée [7-11]. Parfois, une diminution de la concentration intracellulaire d’IM (interaction médicamenteuse diminuant la concentration plasmatique d’IM, séquestration plasmatique de l’IM par l’α-glycoprotéine acide [12], mise en jeu de pompes membranaires MDR-1 [13, 14], OCT-1 [15] et ABCG2 [16]) pour une concentration protéique intracellulaire BCR-ABL qui demeure identique, et peut être incriminée dans la genèse de la résistance.

Résistances BCR-ABL indépendantes

Elles sont induites le plus souvent par une évolution clonale de la maladie (anomalies chromosomiques additionnelles au chromosome de Philadelphie) qui met en jeu d’autres oncogènes que BCR-ABL responsables de la progression de la maladie, ou par l’activation d’autres voies kinasiques (SRC, Ras).

Tous ces mécanismes peuvent être intriqués entre eux et ils sont certainement mis en jeu à des niveaux divers dans les différents compartiments cellulaires hématopoïétiques (cellules différenciées versus progéniteurs différenciés versus progéniteurs indifférenciés [4]).

Suivi de la réponse à l’IM et identification des résistants

Il existe plusieurs degrés dans la sensibilité des patients aux traitements en général et à l’imatinib en particulier. Les patients traités par imatinib répondent progressivement et atteignent le niveau de réponse complète hématologique (normalisation de l’hémogramme et de l’examen clinique, RCH), ensuite de réponse cytogénétique complète (normalisation du caryotype médullaire, RCyC), puis de réponse moléculaire majeure (RMM), mais rarement (6 % des patients traités [17]) de réponse moléculaire complète (négativation de la RQ-PCR, RMC). Le suivi de la réponse caryotypique initialement, puis moléculaire tous les 3-4 mois est très important car il permet la détection précoce des résistants et l’adaptation thérapeutique rapide avant que la masse tumorale ne soit importante, ce qui laisse espérer un gain de survie.

Quand et comment rechercher une mutation BCR-ABL ?

Quand ?

La recherche d’une mutation BCR-ABL est indiquée dans tous les cas de résistance à l’IM quels qu’ils soient, selon les critères de European LeukemiaNet [5], car c’est le mécanisme le plus fréquemment mis en jeu. La recherche d’une mutation BCR-ABL au diagnostic de la maladie est inutile car elle est rarement identifiée et lorsqu’elle l’est grâce à des méthodes très sensibles et très lourdes (ASO-PCR, sensibilité 0,04 %), elle n’est pas forcément responsable de la genèse des résistances à l’imatinib [18, 19]. Par ailleurs, la recherche de mutation doit savoir être répétée chez des patients échappant à une nouvelle ligne thérapeutique ciblée (c’est-à-dire à un inhibiteur de tyrosine kinase de deuxième génération).

Comment ?

La recherche d’une mutation BCR-ABL se fait sur un prélèvement sanguin périphérique (5 tubes EDTA) et différentes méthodes sont utilisées dans le monde avec des degrés différents de sensibilité allant de 0,2 % pour la PCR suivi de « PNA clamping » à 25 % pour la PCR + séquençage direct. Il n’y a pas de consensus international quant aux méthodes de recherche de mutation BCR-ABL. Le groupe français de la LMC a choisi la méthode de PCR suivie de séquençage direct pour la recherche de mutation BCR-ABL qui se fait dans 8 laboratoires de référence (Lille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Paris Hôpital Saint-Louis, Créteil, Nîmes, et Poitiers), qui présente l’avantage de pouvoir être réalisée assez facilement en routine, de bénéficier d’une bonne spécificité et d’une sensibilité acceptable (financement Spécialités Thérapeutiques et Innovantes Coûteuses [STIC] tyrosine kinase 2005-2007).

Que faire devant la découverte d’une mutation BCR-ABL ?

Un logigramme synthétique est présenté sur la figure 3.

Rien ?

Certains échanges d’acides aminés survenus dans la séquence peptidique du domaine kinase d’ABL, de découverte fortuite ou non, ne sont pas responsables d’une résistance de la cellule BCR-ABL+ à l’IM. Il existe en effet des polymorphismes génétiques d’ABL, hérités et transmissibles n’entraînant aucune résistance aux inhibiteurs de tyrosine kinase, dont le plus connu est K247R [20, 21]. Leur identification en cas de résistance à l’IM doit faire évoquer d’autres mécanismes de résistance.

Augmenter la dose d’IM ?

La résistance à l’IM par mutation BCR-ABL est hétérogène du fait des différentes modifications de conformation de la poche kinase d’ABL qu’elles induisent (figure 2), générant des conflits ABL/IM plus ou moins importants. In vivo, dans un certain nombre de cas, l’augmentation de la dose d’IM à 600-800 mg/jour peut stabiliser ou circonvenir la résistance et restaurer une sensibilité durable de la maladie à cette molécule (tableau 2) [9]. Dans d’autres cas (ex : mutation T315I), l’augmentation de la dose ou la simple poursuite de l’IM peut être responsable d’une accentuation de la sélection des cellules porteuses de la mutation par l’IM et d’une aggravation du cours évolutif de la maladie [22]. L’augmentation de la dose dans ce contexte est donc à éviter et d’autres alternatives thérapeutiques doivent être envisagées.

Tableau 2 Effets de l’augmentation de dose d’imatinib chez 89 patients atteints de LMC, porteurs d’une mutation BCR-ABL et analysés rétrospectivement en 2005 (d’après [9])

Effet de l’augmentation de dose d’imatinib

T315I

P-loop

Autres mutations

Amélioration

0 %

25 %

45 %

Stabilisation

50 %

45 %

40 %

Aggravation

50 %

30 %

15 %

Inhibiteurs de tyrosine kinase de 2e et de 3e génération ?

Les deux principales molécules à activité antityrosine kinase de nouvelle génération testées dans la LMC avec résistance ou intolérance à l’imatinib sont le nilotinib (Tasigna®) et le dasatinib (Sprycel®). Elles sont maintenant accessibles pour tous les patients en difficulté. Le nilotinib, de la famille des aminopyrimidines comme l’IM, fixe également la forme inactive de BCR-ABL, mais avec une efficacité 25 fois supérieure in vitro. Le dasatinib, de la famille des thiazolécarboxamides, est un inhibiteur « mixte » possédant également une action sur des enzymes de la famille des SRC kinases. Il lie ABL dans sa forme inactive et active et a une action inhibitrice de BCR-ABL 300 fois supérieure à celle de l’IM in vitro. Ces deux molécules ont montré in vitro une action sur la plupart des lignées avec mutation BCR-ABL résistantes à l’imatinib, hormis la T315I [23, 24]. Les études de phase I, II et III ont permis de constater une efficacité potentielle de ces deux molécules à tous les stades évolutifs de la LMC (tableau 3), même lorsque les patients sont porteurs de mutations de BCR-ABL (sauf pour la T315I) [25-28]. À noter des réponses qui sembleraient plus faibles pour le nilotinib dans le sous-groupe de patients porteurs de crises blastiques lymphoïdes/LAL Ph+ [25, 28]. Cependant, le recul de tous ces essais cliniques est encore court et ne préjuge pas de l’efficacité à long terme de ces agents, notamment en cas de mutation BCR-ABL. Le profil de tolérance clinique et biologique de ces deux molécules est le plus souvent satisfaisant.

Tableau 3 Pourcentages de réponses aux inhibiteurs de tyrosine kinase de 2e génération, selon les phases de la maladie (d’après [25, 26])

Nilotinib

Dasatinib

  • RCH / RHG
  • (%)


  • RCyC / RCyM
  • (%)


  • RCH / RHG
  • (%)


  • RCyC / RCyM
  • (%)


Phase chronique

92 / NA

35 / 35

92 / NA

35 / 45

Phase accélérée

51 / 74

14 / 27

45 /82

18 / 27

CB-M

8 /42

4 / 21

35 / 61

26 / 35

CB-L ou LAL Ph+

0 / 33

11 / 11

70 / 80

30 / 80

Autres molécules ?

Pour les patients en phase chronique résistants à l’IM, la possibilité de recourir à l’interféron alpha est une option intéressante puisque la plupart des patients sont aujourd’hui naïfs de cette molécule. Les différentes études conduites avec l’interféron alpha standard, seul ou en association avec la cytarabine, ont montré des taux de réponses hématologiques de l’ordre de 60 % et cytogénétiques majeures de l’ordre de 30 % [29]. Un seul patient, en phase chronique et porteur d’une mutation T315I a été rapporté, démontrant une efficacité dans ce contexte [30].

L’homoharringtonine (HHT) semi-synthétique administrée par voie intraveineuse a une efficacité dans la leucémie myéloïde chronique. Elle permet d’obtenir environ 70 % de RCH et 10 % de RCyM [31]. Cette molécule de chimiothérapie inhibe la synthèse protéique dans les cellules tumorales. Son administration sous-cutanée ne semble pas modifier son efficacité et facilite son administration [32]. Cet agent semble particulièrement adapté chez les patients en phase chronique porteurs d’une mutation T315I avec un effet spécifique qui semble intéressant sur le transcrit muté [30, 33].

Plusieurs autres molécules sont en cours de développement telles que le MK-0457 actif sur les mutants T315I, le bosutinib, inhibiteur de la SRC kinase Lyn et BCR-ABL, etc. Mais le nombre de patients traités reste encore réduit et les informations sont trop préliminaires pour avoir une idée précise de leur activité et de leur tolérance.

Enfin, l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH), conventionnelle ou à intensité réduite, reste toujours une alternative thérapeutique possible lorsqu’un donneur compatible est présent, notamment dans le cas d’une résistance à l’imatinib. En effet, c’est la seule modalité de traitement à ce jour qui permet d’éradiquer avec certitude la maladie, et ce à toutes les phases. En l’absence d’autre alternative thérapeutique possible (mutation T315I) ou de résistance aux inhibiteurs de seconde génération, l’allogreffe de CSH, préférentiellement conventionnelle, doit être proposée et peut donner des résultats très satisfaisants [34].

Conclusion

À l’heure actuelle, l’objectif principal du traitement par IM est l’obtention d’une rémission cytogénétique complète, qui permet de limiter drastiquement le risque de progression vers les phases avancées. La recherche de mutations de BCR-ABL doit être raisonnée, à partir de critères de résistance stricts et non pas au diagnostic de la maladie. Certaines mutations semblent associées à un risque évolutif majoré (T315I, P-loop), mais l’impact réel en termes pronostique et de résistance de la plupart d’entre elles reste encore à évaluer. L’attitude thérapeutique doit être adaptée à chaque type de résistance et au type de mutant, et l’arrivée d’antityrosines kinases de nouvelle génération plus puissantes que l’IM permet de proposer une solution efficace dans un certain nombre de cas. Néanmoins, la vigilance doit rester de mise, au moyen d’un suivi hématologique, cytogénétique et moléculaire régulier.

Références

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