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Introduction


Hématologie. Volume 12, 2-3, Numéro spécial 5 : Hémopathies malignes à Ph1, Hémopathies malignes à Ph1

DOI : 10.1684/hma.2006.0065


Author(s) : Philippe Rousselot, Henri Rochant .

ARTICLE

Auteur(s) : Philippe Rousselot, Henri Rochant

Il y a maintenant plus de six ans que débutait l’essai IRIS (International randomized study of interferon versus STI571), une large étude internationale comparant le traitement par imatinib mésylate (Glivec®, laboratoires Novartis Pharma), traitement d’un genre nouveau car ciblé sur l’activité de la kinase BCR-ABL, et le traitement par interféron alpha, qui avait déjà radicalement changé le devenir des patients atteints de leucémie myéloïde chronique (LMC) dans les années 1980-1990.Les résultats de l’étude IRIS, qui a aujourd’hui un recul médian de cinq ans, seront prochainement publiés. Il s’agit d’une cohorte de 553 patients atteints de LMC en phase chronique traités par imatinib en première ligne thérapeutique. La survie globale des patients est de 89 % à 60 mois et le risque de progression est inversement corrélé à la qualité de la réponse au traitement (réponse cytogénétique complète et réponse moléculaire majeure). Durant ces six années, de profonds changements se sont opérés dans la prise en charge thérapeutique des patients ainsi que dans les modalités de surveillance du traitement. La greffe allogénique de cellules souches hématopoïétique a vu ses indications en première ligne pour ainsi dire disparaître. L’étude du caryotype cède le pas petit à petit à l’évaluation moléculaire de la réponse au traitement, d’autant que les techniques en sont maintenant standardisées. Ces données sont reprises en détail dans l’article de Delphine Réa, qui expose l’état des lieux du traitement par imatinib chez les patients atteints de LMC en phase chronique.Tous les problèmes ne sont pas pour autant résolus.Une minorité de patients atteints de LMC et traités par imatinib résistent au traitement et fournissent matière à de nombreuses publications sur les mécanismes de résistance à l’imatinib. Les mutations du domaine kinase de BCR-ABL ne rendent pas compte de toutes les situations cliniques de résistance et, même si elles occupent le devant de la scène, d’autres mécanismes peuvent être en cause, d’ordre pharmacologique par exemple (dosage plasmatique de l’imatinib) ou génétique. Une revue complète sur le sujet est proposée par Claude Preudhomme et Catherine Roche-Lestienne.C’est dans ce contexte de maladie résistante que les inhibiteurs de seconde génération ont été développés : le dasatinib (Sprycel®, laboratoires Bristol-Myers Squibb) a obtenu son autorisation de mise sur le marché en France et le nilotinib (Tasigna®, laboratoires Novartis Pharma) est en cours d’essais en accès élargi. Les stratégies thérapeutiques vont donc se modifier à la lumière des résultats obtenus avec ces nouveaux inhibiteurs et, naturellement, ceux-ci vont progressivement investir les phases plus précoces de la maladie s’ils sont capables de confirmer leur efficacité et leur tolérance avec du recul. Une ébauche d’algorithme décisionnel est proposée dans l’article de Philippe Rousselot.La situation est plus difficile concernant le traitement d’une autre catégorie d’hémopathies à chromosome Philadelphie, les leucémies aiguës lymphoblastiques Philadelphie positives. Ici, le problème de la résistance est au premier plan et concerne, précocement au cours du traitement, plus de la moitié des patients, malgré des taux de rémission complète de plus de 80 %. La survenue de mutations de résistance est ici un problème majeur, en particulier la mutation T315I du domaine kinase de BCR-ABL, qui confère une résistance croisée aux trois inhibiteurs actuellement disponibles (imatinib, nilotinib et dasatinib). Les combinaisons de l’imatinib avec la chimiothérapie ont quelque peu amélioré les résultats mais il reste beaucoup à faire. Les résultats des traitements combinés ainsi que les pistes pour le futur sont abordés dans l’article d’André Delannoy.Ainsi le traitement des hémopathies à chromosome Philadelphie est un domaine en pleine mutation, avec un élargissement de la palette thérapeutique grâce au développement des inhibiteurs de seconde génération et des possibilités de combinaison qui en résultent. Les traitements efficaces pour les patients résistants et porteurs de la mutation T315I seront bientôt en phase d’essai clinique.Après avoir travaillé sur la problématique de la résistance, il restera à s’attaquer, chez les patients très bons répondeurs, au problème de la maladie résiduelle. Nul doute que cela pourra faire l’objet d’un autre numéro spécial d’Hématologie.


 

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