Home > Journals > Medicine > Hématologie > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Hématologie
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

An update on plasma-derived products used in the treatment of bleeding-related diseases and in thrombosis


Hématologie. Volume 11, Number 3, 189-200, Mai-Juin 2005, Revue


Résumé   Summary  

Author(s) : Annelise Voyer, Bertrand Roussel, Nathalie Machu-Prestaux, Jocelyne Dieval, Nicolas Guillaume, Jean-Jacques Lefrère , Laboratoire d’hématologie, Centre hospitalo-universitaire, 1 place Victor-Pauchet, 80054 Amiens Cedex, Institut national de la transfusion sanguine, 6 rue Alexandre Cabanel, 75015 Paris.

Summary : Plasma-derived products are used to compensate constitutional or acquired deficiency of some plasma proteins. The development of screening assays for virological safety of blood donations and of virus inactivation or elimination procedures guarantee a high level of security in plasma-derived products without altering their efficacy. The frequency of prescription of each product is variable, those prescribed for the treatment of bleeding-related diseases are more frequently used than those intended for treatment of thrombosis. This paper describes the means of attaining optimal safety in plasma-derived products as well as the various plasma-derived products used in France for treatment of bleeding-related diseases and thrombosis.

Keywords : plasma-derived products, bleeding-related, thrombosis, virological safety

ARTICLE

Auteur(s) :, Annelise Voyer1, Bertrand Roussel1, Nathalie Machu-Prestaux1, Jocelyne Dieval1, Nicolas Guillaume1, Jean-Jacques Lefrère1,2,*

1Laboratoire d’hématologie, Centre hospitalo-universitaire, 1 place Victor-Pauchet, 80054 Amiens Cedex
2Institut national de la transfusion sanguine, 6 rue Alexandre Cabanel, 75015 Paris

Les déficits en protéines plasmatiques de la coagulation responsables de syndromes hémorragiques étaient traités au début du xxe siècle par des transfusions de sang total. À partir des années 1920, elles le furent par des transfusions de plasma. Cependant, en raison du faible taux de facteurs de coagulation contenus dans le sang comme dans le plasma, seuls les accidents hémorragiques modérés pouvaient être contrôlés par de tels traitements. La quantité de sang ou de plasma nécessaire au traitement d’accidents hémorragiques sévères était trop importante et entraînait une forte hypervolémie. Dans les années 1960, l’obtention de cryoprécipités contenant une concentration plus élevée en protéines plasmatiques de la coagulation a permis de traiter les accidents hémorragiques sévères, notamment ceux de l’hémophilie A. Mais, du fait de la présence d’autres protéines plasmatiques fortement représentées dans ces cryoprécipités, ces derniers produits pouvaient être responsables de réactions secondaires à type d’hypersensibilité, d’hémolyse ou de thrombopénie. Ce fut dans les années 1970 qu’apparurent les premiers facteurs de la coagulation lyophilisés : ils permettaient à la fois d’augmenter la pureté et la concentration de la protéine souhaitée et d’obtenir une meilleure conservation du produit. L’avènement de ces concentrés a permis une amélioration de la qualité et de l’espérance de vie des malades.Malheureusement, ces traitements ont été responsables de contaminations virales car ils étaient obtenus à partir de mélanges de plasmas : la présence d’un seul plasma infecté par un virus pouvait suffire à contaminer la totalité du mélange. La constatation de ces contaminations transfusionnelles a conduit, d’une part, au développement de techniques de dépistage des virus au niveau des dons et d’étapes mises en œuvre au cours de la fabrication des produits pour inactiver ou éliminer les virus, et d’autre part, dès le début des années 1990, à la production de facteurs de la coagulation obtenus par recombinaison génétique dont l’efficacité est similaire à celle des médicaments d’origine plasmatique [1, 2].Dorénavant, les produits « stables » (par opposition aux produits « labiles » que sont les concentrés érythrocytaires ou plaquettaires) dérivés du sang et préparés industriellement sont appelés des « médicaments dérivés du sang » (MDS) (tableau 1( Tableau 1 )). Depuis le 1er janvier 1995, leur délivrance et leur pharmacovigilance sont assurées par les pharmaciens [3].

Sécurisation du plasma destiné à la fabrication des MDS en France

Initialement, les MDS n’étaient traités que par une seule étape d’inactivation virale, qui, dans la majorité des cas (traitement par solvant-détergent), était efficace spécifiquement sur les virus pourvus d’une enveloppe lipidique, catégorie à laquelle appartenaient les principaux agents pathogènes transmissibles par voie sanguine, comme le virus de l’immunodéficience humaine 1 et 2 (VIH1 et 2), le virus HTLV-I, le virus de l’hépatite B (VHB), le virus de l’hépatite C (VHC) et le cytomégalovirus (CMV). De ce fait, les MDS pouvaient toujours transmettre un virus non enveloppé comme le virus de l’hépatite A (VHA) et le parvovirus B19. À l’heure actuelle, la sécurisation virale de chaque MDS est assurée par divers paramètres complémentaires : en premier lieu, le contrôle de la qualité de la matière première, qui repose sur la sélection des donneurs de sang (renforcée en raison du risque de transmission d’agents transmissibles non conventionnels (ATNC) responsables de la maladie de Creuztfeldt-Jakob (MCJ) et sur la réalisation de tests biologiques (sérologiques et de biologie moléculaire) sur chaque don de sang [4] ; en deuxième lieu, la leucoréduction des plasmas [5] ; ensuite, les procédés de fabrication en eux-mêmes, qui comprennent des étapes d’élimination et d’inactivation virales [1, 4] ; enfin, les contrôles virologiques effectués aux différentes étapes de fabrication des MDS [1, 4].

En France, depuis la loi du 4 janvier 1993, le fractionnement du plasma collecté sur le territoire national par l’Établissement français du sang (EFS) est assuré exclusivement par le Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB) [4]. Le plasma est issu de dons anonymes, bénévoles et volontaires, et sa qualification repose essentiellement sur quatre mesures spécifiques, dont les deux premières sont assurées par les Établissements de transfusion sanguine (ETS) :

  • a) La sélection médicale du donneur vise à s’assurer que ce dernier n’est pas porteur d’un agent transmissible par le sang. Elle comprend elle-même quatre volets : l’information pré-don, qui s’appuie sur un document listant les facteurs de risque pouvant aboutir à l’exclusion du don, l’entretien médical, qui recherche les facteurs de risque d’exposition aux agents infectieux (virus, bactéries, parasites, ATNC), l’examen clinique, qui évalue l’état général du sujet et recherche des signes cliniques susceptibles d’évoquer une infection par un des agents infectieux susdits, enfin, l’information post-don, qui est assurée, au terme de l’entretien médical, par le médecin qui informe le donneur de la possibilité, dont il peut user, de contacter l’ETS a posteriori, sans limite dans le temps, afin de signaler tout élément nouveau ou non mentionné durant l’entretien et qui pourrait remettre en cause la qualité et la sécurité du prélèvement.
  • b) La qualification biologique du don est systématique et réalisée à l’aide de réactifs agréés par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). Elle comprend, pour les marqueurs d’agents infectieux transmissibles par voie sanguine : la recherche d’anticorps anti-VIH1 et 2, anti-VHC, anti-HBc, anti-HTLV-I, la recherche de l’antigène HBs, un dépistage de la syphilis et, dans certains cas, une sérologie palustre. Depuis juillet 2001 est effectuée en outre la recherche, par « dépistage génomique viral » (DGV), de l’ARN du VIH et de celui du VHC. À l’heure actuelle, l’ADN du VHB n’est pas dépisté, et il n’existe pas de test de dépistage de l’agent de la MCJ [5,6].
  • c) La leucoréduction du plasma, qui est assurée par l’utilisation de différents filtres [5], permet l’élimination des agents infectieux leucotropes connus (comme le CMV et le HTLV-I) ou inconnus. Dans le cadre du LFB, la distribution des MDS préparés à partir de plasma leucoréduit à moins de 106 leucocytes/L a débuté en 2002.
  • d) Une fois sa qualification réalisée, le plasma est congelé par l’ETS, puis acheminé vers le LFB. Les contrôles des plasmas à la réception par le LFB reposent sur les procédures complémentaires suivantes :
    • des contrôles administratifs sur la vérification des conditions de transport, des numéros des dons et des résultats biologiques effectués sur ces dons ;
    • de nouveaux contrôles virologiques sont réalisés sur des pools d’échantillons de plasma : recherche d’anticorps anti-VIH1 et 2, d’anticorps anti-VHC, d’antigène HBs, DGV pour le parvovirus B19, le VHC et le VHA ;
    • une mise en quarantaine, systématique avant le fractionnement du plasma, d’une durée de 90 jours : elle permet le recueil d’une information post-don ou post-transfusionnelle transmise par les unités d’hémovigilance des ETS au LFB ;
    • un contrôle sur le premier mélange avant fractionnement, incluant de nouveaux contrôles virologiques, dont le DGV des virus suivants : parvovirus B19, VIH, VHB, VHC et VHA.

Tableau 1 Principales caractéristiques des MDS utilisés dans le traitement des maladies hémorragiques et thrombotiques en France

Facteur

Produit [laboratoire de commercialisation)

Méthodes de purification

Méthodes spécifiques d’élimination et/ou d’inactivation virale

Source du plasma

Stockage

VIII

Factane® (LFB)

Chromatographie échangeuse d’ions et adsorption

Nanofiltration et traitement par solvant-détergent

France

2°-8 °C 30 mois, < 25 °C 6 mois ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

VIII

Hémophil M® (Baxter)

Chromatographie d’affinité avec anticorps monoclonaux et chromatographie échangeuse d’ions

Traitement par solvant-détergent

USA

2-8 °C 2 ans ; ne pas congeler

VIII

Monoclate P® (Aventis Behring)

Chromatographie d’affinité avec anticorps monoclonaux

Pasteurisation à 60 °C pendant 10 h

USA

2°-8 °C, dont < 25 °C 6 mois ; ne pas congeler

IX

Betafact® (LFB)

Chromatographie échangeuse d’ions et adsorption

Nanofiltration et traitement par solvant-détergent

France

2°-8 °C 30 mois dont < 25 °C 6 mois ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

IX

Mononine® (Aventis Behring)

Chromatographie d’affinité avec anticorps monoclonaux

Ultrafiltration

USA

2°-8° C, dont < 25 °C 1 mois ; ne pas congeler

VWF

Wilfactin® (LFB)

Chromatographie d’affinité et échangeuse d’ions, et adsorption

Nanofiltration à 35 nm et chauffage à sec à 80 °C pendant 72 h et solvant-détergent

France

Température < 25 °C 3 ans ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

VWF + VIII

Wilstart® (LFB)

Chromatographie d’affinité et échangeuse d’ions, et adsorption pour le VWF et le F VIII

Pour le VWF, nanofiltration à 35 nm et chauffage à sec à 80 °C pendant 72 h et solvant-détergent

France

2°-8 °C 30 mois, < 25 °C 6 mois ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

Pour le F VIII, nanofiltration et traitement par solvant-détergent

Fibrinogène

Clottagen® (LFB)

Chromatographie et adsorption

Traitement par solvant-détergent

France

< 25 °C 3 ans ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

VII

F VII-LFB® (LFB)

Chromatographie échangeuse d’ions et adsorption

Traitement par solvant-détergent

France

2°- 8 °C 2 ans ; à l’abri de la lumière, ne pas congeler

XI

  • Hemoleven®
  • (LFB)


Chromatographie échangeuse d’ions

Nanofiltration et traitement par solvant-détergent

France

2°-8 °C 2 ans ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

XIII

Fibrogammin® (Aventis Behring)

Multiples précipitations

Pasteurisation de 10 h à 60 °C

USA Allemagne Australie

2°-8 °C ; ne pas congeler

PPSB

Kaskadil® (LFB)

Chromatographie échangeuse d’ions et adsorption

Traitement par solvant-détergent

France

< 25 °C 3 ans ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

CCPA

Feiba® (Baxter)

Chromatographie échangeuse d’ions et précipitation à l’éthanol

Traitement par la vapeur en deux étapes (60 °C pendant dix à 190 mbar, puis 80 °C pendant 1 h à 370 mbar)

USA, Australie, Allemagne, Suisse, République tchèque

2°- 8 °C, dont < 30 °C pendant 6 mois ; ne pas congeler

Protéine C

Protexel® (LFB)

Chromatographie et adsorption

Solvant-détergent

France

2 à 8 °C 2 ans ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

Protéine C

Ceprotin® (Baxter)

Chromatographie d’affinité et échangeuse d’ions

Solvant-détergent et traitement par la vapeur

Non communiqué

2 à 8 °C 2 ans ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

AT

Aclotine® (LFB)

Chromatographie et adsorption

Pasteurisation

France

< 25 °C 2 ans ; à l’abri de la lumière ; ne pas congeler

Sécurisation des MDS lors de leur fabrication

Différentes étapes des procédés de fabrication des MDS contribuent à leur sécurisation [7].

Fractionnement

Le fractionnement consiste en une séparation des protéines du plasma et contribue à la purification des MDS en réduisant le risque de transmission des agents pathogènes (7). Il est assuré par deux types de procédé : l’un est la précipitation à l’éthanol, qui aboutit à la séparation de l’albumine et des immunoglobulines (l’éthanol possède un effet bactériostatique et participe à l’élimination virale par précipitation des virus et par inactivation des virus enveloppés ; des études réalisées à l’aide de modèles d’ATNC ont montré également son efficacité dans leur élimination) ; l’autre est la cryoprécipitation, qui consiste en la décongélation du plasma à une température comprise entre + 2 et + 4 °C, ce qui aboutit à la séparation du cryoprécipité riche en facteur VIII, en facteur Willebrand et en fibrinogène (la cryoprécipitation possède un faible degré d’élimination virale, mais n’entraîne pas d’inactivation virale).

Méthodes de purification

– Les chromatographies permettent la purification des protéines plasmatiques grâce à une séparation sélective obtenue par le choix du support chromatographique et des caractéristiques des tampons d’élution. Deux techniques sont utilisées dans cette purification du plasma : la chromatographie échangeuse d’ions (qui aboutit à la séparation des protéines en fonction de leur différence de charge) et la chromatographie d’affinité (qui permet une capture des protéines tirant parti de leur affinité pour un ligand spécifique : anticorps monoclonal, par exemple). Ces deux techniques participent à l’élimination virale présumées efficaces dans l’élimination des ATNC.

– L’adsorption consiste en une succession de filtrations du plasma ou de produits intermédiaires à l’aide de différents adjuvants ou supports de filtration (membranes ou adjuvants immobilisés). Cette étape participe à l’élimination virale et à l’élimination des ATNC.

– L’ultrafiltration est utilisée pour éliminer les composants de faible poids moléculaire (sels, alcool) et permet la concentration des solutions de protéines.

Étapes spécifiques d’inactivation virale

Le chauffage fut la première technique d’inactivation virale utilisée dans les années 1980 [3] :
  • La chaleur sèche est un chauffage des produits lyophilisés entre + 60° et + 100 °C sur une durée allant de 30 minutes à 96 heures. L’efficacité sur le VIH était obtenue par chauffage à 68 °C pendant 96 heures. Réalisée à des températures supérieures ou égales à 80 °C, cette technique est efficace vis-à-vis des virus enveloppés et du VHA et, à un degré moindre, du parvovirus B19.
  • La chaleur humide : la pasteurisation est un chauffage à 60 °C en milieu liquide pendant 10 heures en présence d’un stabilisant, aboutissant à la dénaturation des protéines virales et donc à leur inactivation. Cette technique est efficace sur le VIH et sur les virus des hépatites, mais son efficacité est variable sur le parvovirus B19 et nulle sur les ATNC (de plus, cette technique entraîne une perte d’activité des fractions antihémophiliques). Un autre procédé de chaleur humide est le chauffage sous tension de vapeur, au cours de laquelle les produits lyophilisés sont exposés à une température variable en fonction de la protéine concernée.

Le traitement par solvant-détergent, technique de référence d’inactivation virale pour les virus enveloppés et mise en œuvre pour les fractions coagulantes, consiste en une incubation de la solution protéique en présence d’un solvant organique (le tri-n-butyl-phosphate) et d’un détergent (polysorbate 80 ou octoxynol), aboutissant à la destruction des virus enveloppés. Dans un second temps, les agents chimiques utilisés sont éliminés par différentes séries de chromatographies, de précipitations ou d’ultrafiltrations. Cette technique n’entraîne pas de perte d’activité des protéines, mais, de par son principe, elle est inefficace sur les virus nus.

Nanofiltration

Elle  est réalisée sur des filtres dont les pores ont un diamètre de 15 à 50 nm. Elle permet l’élimination des agents infectieux en fonction de leur taille, incluant [8] le parvovirus B19, le VHA (filtration 15 nm) et les ATNC, tout en conservant l’intégrité et l’efficacité des protéines du produit.

Validation de l’efficacité des étapes d’inactivation et d’élimination virale

Cette efficacité est définie par le facteur de réduction virale obtenue après l’application du procédé considéré. Elle est appréciée en surchargeant, à l’échelle du laboratoire de virologie, le produit par un virus, avec mesure du titre viral initial et du titre viral résiduel obtenu après le traitement par le procédé [3]. Ainsi, le facteur de réduction représente le logarithme du rapport entre charge initiale et charge finale. Toutes ces techniques d’élimination et/ou d’inactivation virale ont cependant leurs limites et aucune ne peut garantir à elle seule une sécurité virale absolue des produits fabriqués. À l’heure actuelle, il est préconisé d’utiliser, dans la fabrication des MDS, deux techniques distinctes et complémentaires, dont une au moins doit être efficace sur les virus nus [1].

L’association d’étapes d’inactivation de plus en plus complexes aux étapes de purification des procédés de fabrication doit permettre l’obtention de produits microbiologiquement sûrs, avec un niveau de sécurisation biologique conforme aux exigences en vigueur. Depuis leur application au cours de la fabrication des MDS, aucun cas de contamination par le VIH, le VHB et le VHC n’a été constaté [9]. Toutefois, conformément à la circulaire 98/231 du 9 avril 1998, une information des malades receveurs de MDS quant aux risques avérés ou théoriques de ces traitements doit être réalisée par le médecin prescripteur avant toute administration d’un de ces médicaments.

Indication des MDS

Les MDS sont prescrits soit pour compenser des déficits héréditaires ou acquis en protéines plasmatiques (traitement curatif), soit pour traiter des états pathologiques ou chirurgicaux (traitement préventif). Ils peuvent être classés en cinq catégories [3] : l’albumine, les immunoglobulines, les protéines de la coagulation, les antiprotéases, les colles de fibrine. Nous ne traiterons ici que des concentrés en facteurs de la coagulation utilisés dans les maladies hémorragiques et des concentrés en inhibiteurs physiologiques de la coagulation disponibles en France.

Les MDS utilisés dans les pathologies hémorragiques

Ces MDS correspondent aux facteurs de coagulation prescrits pour compenser des déficits constitutionnels ou acquis en un ou plusieurs facteurs, afin de prévenir ou de traiter des hémorragies [3]. Ils sont au nombre de neuf : le facteur VIII, le facteur IX, le facteur Willebrand (VWF), le fibrinogène, le facteur VII, le facteur XI, le facteur XIII, le complexe prothrombique ou PPSB, et le complexe prothrombique activé (CCPA).

La fréquence d’utilisation de ces produits est très variable. Le facteur VIII, le facteur IX et le facteur Willebrand sont les plus prescrits : en France, on observe environ un hémophile A sur 5 000 naissances masculines [10]. Dans les formes sévères de l’hémophilie A, les patients sont sujets aux accidents hémorragiques spontanés répétitifs, dont le traitement est l’administration de facteur VIII en quantité importante. De plus, afin d’éviter l’apparition de séquelles articulaires liées aux hémarthroses récidivantes, la majeure partie des jeunes patients bénéficie d’un traitement prophylactique tous les 2 à 3 jours. Dans l’hémophilie B, les manifestations hémorragiques sont identiques et le traitement de référence est l’administration de facteur IX. Son utilisation est moindre que celle du facteur VIII en raison de la fréquence plus faible du déficit (1 hémophile B majeur pour 6 hémophiles A majeurs [10]). Dans le traitement de la maladie de Willebrand, qui est la plus fréquente des maladies hémorragiques héréditaires [11], le facteur Willebrand est réservé aux formes de la maladie où la desmopressine est inefficace ou contre-indiquée. L’utilisation du PPSB et du fibrinogène est principalement le traitement des déficits acquis plutôt que celui des déficits constitutionnels rares. Les déficits en facteur VII, en facteur XI, en facteur XIII étant très rares, l’utilisation des concentrés de facteurs correspondants reste faible.

Ces MDS se présentent sous la forme d’une poudre lyophilisée à reconstituer avec un solvant permettant l’obtention d’une solution injectable. Ils doivent être administrés par voie intraveineuse stricte, avec un débit maximal de 4 ml/min (mis à part le FEIBA®, qui doit être perfusé à un débit maximal de 2 unités/kg/min). Lors de leur administration, ces médicaments doivent être injectés immédiatement après reconstitution.

Le facteur VIII

En France, pour chaque produit, le titre de facteur VIII (F VIII) est exprimé en unités internationales (UI) déterminées par la méthode chromogénique de la pharmacopée européenne. Le facteur VIII est indiqué dans la prévention et le traitement curatif des hémorragies liées à des déficits congénitaux en facteur VIII chez l’hémophilie A ne présentant pas d’inhibiteur dirigé contre ce facteur, ou lorsque cet inhibiteur est à un taux inférieur à 5 unités Bethesda, permettant une réponse clinique avec une augmentation du taux du facteur VIII circulant, ainsi que dans l’hémophilie A acquise par développement d’un auto-anticorps anti-facteur VIII si celui-ci est d’un taux assez faible pour être saturable. Ces médicaments ont une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour une utilisation en perfusions discontinues. Divers centres ont relaté leur expérience favorable lors de l’utilisation de perfusions continues de facteur VIII [12, 13] ; il est d’ailleurs prouvé que ce type de perfusion, en permettant une stabilité des taux, diminue le risque de saignement en assurant un meilleur contrôle de l’hémostase. Plusieurs études ont montré la stabilité du produit plusieurs jours après reconstitution et stockage à température ambiante [12]. Il est cependant conseillé de changer les perfusions tous les 1 à 3 jours.

La demi-vie du facteur VIII injecté est comprise entre 10 et 16 heures selon les produits, le pic plasmatique étant obtenu 10 à 60 minutes après la perfusion. En règle générale, l’injection de 1 UI/kg augmente le taux plasmatique de facteur d’environ 2 %. La dose à administrer peut être calculée selon la formule : nombre total d’UI = poids corporel (kg) x augmentation souhaitée du taux de facteur VIII (%) x 0,5. On préconise habituellement l’obtention d’un taux de facteur VIII circulant compris entre 20 et 40 % pendant au moins un jour pour des hémorragies mineures. Pour contrôler la plupart des épisodes hémorragiques de faible sévérité, il faut un taux de 30 à 60 % pendant 3 à 4 jours. En revanche, les hémorragies graves nécessitent des taux de 60 à 100 % pendant 7 jours, puis un traitement complémentaire jusqu’à disparition du risque hémorragique. En cas d’intervention chirurgicale majeure, on s’efforce de corriger totalement le taux (80 à 100 %) au moment de l’intervention et jusqu’à cicatrisation. Pour les interventions de moyenne importance, les taux circulants recommandés sont de 30 à 60 % jusqu’à cicatrisation.

Ainsi, la dose et la fréquence des injections de facteur VIII sont à adapter en fonction du contexte propre à chaque patient : sévérité du déficit, taux de récupération, localisation et intensité de l’accident hémorragique, type de l’intervention chirurgicale. Lors des traitements prophylactiques, le taux plasmatique doit être maintenu à un niveau supérieur à 2 %. Pour cela, une injection de 10 à 50 UI/kg peut être réalisée tous les 2 à 3 jours.

Le principal effet indésirable est l’apparition d’un inhibiteur dirigé contre le facteur VIII et pouvant entraîner une absence de réponse clinique et biologique au traitement transfusionnel. L’incidence de survenue d’un tel inhibiteur chez les hémophiles A sévères ou modérés est comprise entre 20 et 30 % [15]. Il semble que ce risque soit moins important lors de l’utilisation de produits d’origine plasmatique que lors de celle de produits recombinants, mais les données actuelles ne permettent pas de trancher de manière définitive [16]. La recherche d’un inhibiteur doit en tout cas être effectuée systématiquement lorsque l’on constate une absence d’efficacité clinique après un traitement intensif par facteur VIII, et tous les 3 mois ou toutes les 5 à 10 substitutions jusqu’à 100 jours cumulés de présentation de l’antigène (JCPA). Ensuite, ce dépistage se fait deux fois par an. Très rarement, ont été observées des réactions allergiques ou anaphylactiques, une augmentation de la température corporelle. Une hypersensibilité connue à l’un des constituants de la préparation devient une contre-indication à l’utilisation du médicament. Trois facteurs VIII d’origine plasmatique disposent à ce jour d’une AMM en France : le Factane®, l’Hémophil M® et le Monoclate®.

Le facteur IX

Le titre de facteur IX (F IX) est également exprimé en UI déterminées par la méthode de dosage en un temps de la Pharmacopée européenne. Les indications sont la prévention et le traitement curatif des hémorragies chez les hémophiles B sans inhibiteur en présentant un inhibiteur de taux suffisamment faible pour être saturable, ainsi que dans l’hémophilie B acquise par auto-anticorps anti-IX, là encore si le taux de l’anticorps est assez faible pour être saturable. Les produits possèdent une AMM pour une utilisation en perfusions discontinues. Mais, comme pour le facteur VIII, l’utilisation en perfusion continue a montré sa supériorité dans la prévention des accidents hémorragiques en situation chirurgicale et dans le traitement des accidents hémorragiques majeurs [12]. Les posologies sont à adapter aux besoins de chaque patient et selon le médicament administré. La demi-vie du facteur varie selon les individus et le produit utilisé : elle est d’environ 33 ± 4 heures pour Betafact®, de 18 à 24 heures pour Mononine®. La perfusion d’e 1 UI/kg entraîne une augmentation de 0,8 à 1 % du taux plasmatique. La dose à injecter est calculée selon la formule : nombre total d’UI = poids corporel (kg) x augmentation souhaitée du taux du facteur (%) x 0,93 (pour Betafact®) ou x 1,2 (pour Mononine®). Schématiquement, les taux circulants recommandés sont : pour les accidents hémorragiques mineurs, de 20 à 30 % durant au moins une journée, jusqu’à disparition des douleurs ou du saignement ; pour les hémorragies modérées, les chirurgies mineures et les traumatismes crâniens sans signe clinique : 30 à 60 % durant 3 ou 4 jours, ou jusqu’à cicatrisation ou disparition de la gêne et de la douleur ; pour les hémorragies et les chirurgies majeures : 80 à 100 % durant au moins 7 jours, puis continuer la thérapeutique durant encore 7 jours, jusqu’à disparition du risque hémorragique. Lors de traitements prophylactiques, le rythme des perfusions est tous les 3 à 4 jours. La posologie est à adapter en fonction du taux de récupération du patient, en particulier chez les sujets jeunes.

Divers effets indésirables sont possibles : l’incidence de survenue d’un inhibiteur est moindre que chez un hémophile A, puisqu’elle varie de 1 à 4 % [15]. La présence d’un tel inhibiteur expose à la survenue de réactions allergiques sévères, comme un choc anaphylactique ou le développement d’un syndrome néphrotique secondaire à la précipitation des complexes antigène-anticorps antifacteur IX au niveau rénal. Ces manifestations peuvent apparaître dès la première réadministration de facteur qui suit l’apparition de l’inhibiteur [14]. Une élévation de la température corporelle est un autre effet indésirable possible. Enfin, il existe un risque potentiel de complications thromboemboliques (infarctus du myocarde, coagulation intravasculaire disséminée [CIVD], thrombose veineuse profonde). Des accidents thromboemboliques ont été rapportés lors de l’utilisation de concentrés de facteur IX de faible pureté, qui contenaient également du facteur II, du facteur VII et du facteur X. Avec les concentrés actuels de facteur IX, qui sont de très haute pureté, aucune manifestation thrombotique n’a été signalée [14]. Quant aux contre-indications, elles se résument à l’hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients. Deux produits disposent d’une AMM en France : Betafact® et Mononine®.

Le facteur Willebrand

L’activité ici est mesurée par le dosage du cofacteur de la ristocétine du facteur Willebrand (VWF:RCo) par rapport à l’étalon international de l’OMS. Le facteur Willebrand est indiqué dans le traitement préventif et curatif des manifestations hémorragiques liées à un déficit quantitatif ou qualitatif en facteur Willebrand (maladie de Willebrand). Ce produit doit être réservé aux malades ne pouvant bénéficier d’un traitement par la desmopressine en raison d’une inefficacité ou d’une contre-indication. Si le sujet présente un déficit en facteur VIII secondaire, deux situations sont possibles : en situation d’urgence, la première administration de VWF devra être associée à celle de facteur VIII. En cas de chirurgie programmée, le traitement par du facteur Willebrand seul débuté 12 à 24 heures avant le début de l’intervention permet une élévation du taux de facteur VIII coagulant par stabilisation du facteur VIII endogène, et l’acte chirurgical sera précédé d’une seconde injection préopératoire.

La demi-vie du facteur Willebrand se situe entre 8 et 14 heures, avec une moyenne de 12 heures. En règle générale, l’injection de 1 UI/kg de facteur Willebrand entraîne une élévation immédiate du taux circulant de VWF:RCo de 2 %. La dose à administrer est calculée par la formule : nombre total d’UI = poids corporel (kg) x augmentation souhaitée du taux de facteur Willebrand (%) x 0,5.

Les perfusions sont donc réalisées toutes les 12 à 24 heures en fonction de l’indication. Des perfusions continues peuvent être réalisées pour la prise en charge d’un accident hémorragique majeur ou pour celle d’une intervention chirurgicale afin d’assurer une stabilité des taux de VWF et de facteur VIII [13]. La posologie et le rythme d’administration des perfusions seront adaptés à la situation clinique et au type de maladie de Willebrand. Les taux de VWF:RCo et de facteur VIII:C doivent être contrôlés pour adapter la posologie [15]. Schématiquement, les taux à atteindre en cas de chirurgie majeure ou d’accident hémorragique majeur doivent être voisins de 80 à 100 %, puis maintenus supérieurs à 40-50 % jusqu’à cicatrisation [11] ; en cas d’accident ou d’intervention chirurgicale mineure, ces taux sont à maintenir au-dessus de 30 % jusqu’à cicatrisation complète. En cas d’extraction dentaire, les taux de VWF:RCo et de F VIII:C doivent être maintenus supérieurs à 30 % durant 6 jours pour éviter un nouveau saignement au moment de la chute d’escarres [17].

Les effets indésirables sont de très rares cas d’œdème de Quincke, d’urticaire, de rash ; l’apparition d’un inhibiteur anti-VWF est exceptionnelle. Le développement d’un allo-anticorps a été rapporté chez quelques patients atteints de maladie de Willebrand de type 3. Un risque d’accident thrombotique peut être secondaire à une forte élévation des taux de facteur VIII si un produit apportant dans la même injection du facteur Willebrand et du facteur VIII est utilisé sur une longue période. L’hypersensibilité à l’un des constituants de la préparation représente une contre-indication. En France, deux médicaments disposent d’une AMM : Wilfactin® (facteur Willebrand humain seul) et Wilstart® (facteur Willebrand humain et facteur VIII humain).

Le fibrinogène

Le taux de fibrinogène est exprimé en grammes. Ce produit est indiqué dans le traitement curatif des hémorragies graves des hypo-, dys- ou afibrinogénémies constitutionnelles et dans certains cas d’hypofibrinogénémies sévères acquises (situations chirurgicales, obstétricales ou après traitement thrombolytique). Il est également prescrit, en préventif, en situation chirurgicale ou obstétricale dans les afibrinogénémies constitutionnelles. La posologie dépend du taux de fibrinogène fonctionnel circulant et de la sévérité du syndrome hémorragique et/ou du risque thrombotique. Le taux circulant recommandé est de 0,8 g/L, mais des taux plasmatiques de 0,4 à 0,5 g/L sont suffisants pour assurer une hémostase normale [9]. La posologie est calculée par une formule qui tient compte de la demi-vie du fibrinogène (2 à 4 jours) [18] : quantité à injecter (g) = (taux à obtenir (g/L) — taux basal (g/L)) x 0,04 x poids (kg). Classiquement, on utilise des posologies de 20-30 mg/kg. Les concentrés de fibrinogène sont administrés en perfusions discontinues. Les effets indésirables sont un risque potentiel de CIVD ou d’accident thromboembolique ; un tel risque nécessite une surveillance biologique (temps de Quick, plaquettes, taux plasmatique de fibrinogène) si la posologie va au-delà d’un taux de 1,5 g/L.

En dehors des situations où le risque vital est mis en jeu par une hémorragie, un antécédent d’accident thromboembolique ou d’infarctus du myocarde est une contre-indication au traitement. Il en est de même d’une hypersensibilité à l’un des constituants de la préparation. En France, le Clottagen® bénéficie d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU).

Le facteur VII

Le titre de facteur VII est exprimé en UI. Ce médicament est indiqué dans le traitement des accidents hémorragiques liés à un déficit constitutionnel isolé en facteur VII et dans la prévention des accidents hémorragiques en cas de situation chirurgicale ou de traumatisme important chez les patients porteurs d’un déficit constitutionnel isolé en facteur VII et présentant des antécédents hémorragiques. Théoriquement, des taux de 10 à 15 % sont suffisants pour assurer une hémostase normale [18], mais, en situation chirurgicale, des taux plus importants sont requis afin d’anticiper la consommation accrue en facteurs. Les doses et les fréquences d’administration doivent être adaptées à chaque malade en fonction de la gravité de l’accident hémorragique, de l’efficacité clinique observée et des taux atteints dans la circulation sanguine. En général, 1 UI/kg majore le taux circulant d’environ 2 %, et le pic plasmatique est obtenu environ 30 minutes après l’administration. La dose à administrer est calculée ainsi : nombre total d’UI = augmentation souhaitée de facteur VII (%) x poids (kg) x 0,5.

La demi-vie du facteur étant de 4 à 6 heures, l’administration doit être répétée (toutes les 6 à 8 heures). Schématiquement, les taux thérapeutiques à atteindre et à maintenir sont compris entre 10 et 20 % lors d’événement hémorragique modéré ou en cas de chirurgie mineure, et entre 20 % et 25 % en cas d’événement hémorragique grave ou de chirurgie majeure, et ce, jusqu’à cicatrisation complète. Les injections sont en général réalisées toutes les 6 à 8 heures.

Comme effets indésirables, des accidents thromboemboliques ont été décrits avec des concentrés de faible pureté qui contenaient d’autres facteurs vitamine K-dépendants [19]. Toutefois, les patients déficitaires en facteur VII pouvant être sujets à ce type d’accidents en dehors de tout traitement substitutif, il est difficile de les imputer au facteur VII thérapeutique [19]. Les contre-indications sont l’hémophilie A ou B avec inhibiteur (puisque ce produit ne contient que peu ou pas de facteur VII activé) et l’allergie à l’un des constituants. Il est déconseillé d’utiliser le facteur VII humain chez des sujets présentant un risque de thrombose ou de CIVD. En France, le facteur VII disponible est le facteur VII-LFB, dans la composition duquel entrent de l’héparine et de l’antithrombine humaine.

Le facteur XI

Ce produit, dont le titre est exprimé en unités (il n’existe pas d’étalon international), est indiqué dans la correction des troubles de l’hémostase chez les malades déficitaires congénitaux en facteur XI, dont le risque hémorragique n’est pas proportionnel au taux [20]. Pour chaque patient, il faut établir l’importance de la tendance hémorragique et rechercher une maladie de Willebrand associée, laquelle peut accentuer la symptomatologie hémorragique [20]. En cas de traitement substitutif, la posologie du produit est adaptée au poids, au taux initial de facteur XI, aux circonstances cliniques, à l’efficacité clinique et au taux atteint dans la circulation. Le pic plasmatique est obtenu 30 à 60 minutes après l’administration. La posologie est calculée pour atteindre un taux circulant d’environ 30 % lors d’une chirurgie mineure et de 45 % en cas de chirurgie majeure (sans jamais dépasser la dose de 30 unités/kg par injection) [21]. Une unité/kilogramme augmente le taux plasmatique de 1,5 à 2,5 %, et le nombre d’unités nécessaire est établi selon la formule : nombre d’unités = poids (kg) x augmentation souhaitée de facteur XI (%) x 0,5.

La demi-vie du facteur étant de 30 à 60 heures, les injections se font toutes les 48 heures, en tenant compte du taux résiduel du facteur. Comme effets indésirables possibles, on note une apparition exceptionnelle d’inhibiteurs et un risque thrombogène à type de CIVD ou d’accident thromboembolique. Depuis l’addition d’héparine et d’un inhibiteur de la C1-estérase aux concentrés de facteur XI, les accidents thrombotiques ont été principalement rapportés avec des posologies supérieures à 30 unités/kg et chez des malades porteurs de pathologies cardio-vasculaires [22]. Le traitement substitutif en facteur XI n’en doit pas moins faire l’objet d’une surveillance clinique et biologique à la recherche d’une CIVD (TP, taux de facteur V, taux de fibrinogène, plaquettes, D-dimère). L’allergie connue à l’un des constituants de la préparation est une contre-indication. En France, le facteur XI disponible est l’Hemoleven®, dans la composition duquel entrent de l’héparine, un inhibiteur de la C1-estérase et de l’antithrombine humaine.

Le facteur XIII

Les indications de ce produit sont les troubles de l’hémostase chez les patients déficitaires congénitaux en facteur XIII. Le nombre d’UI nécessaire et la durée du traitement dépendent de la pathologie sous-jacente et du taux plasmatique de facteur. Des taux d’environ 5 % suffisent à assurer l’hémostase [18]. La demi-vie du facteur varie, selon les individus, de 11 à 14 jours. Lors d’un traitement prophylactique, la posologie indiquée est de 10 à 20 UI/kg toutes les 4 à 6 semaines [18]. En cas d’intervention chirurgicale et d’accident hémorragique, la posologie recommandée est de 50 à 75 UI/kg [21]. Les effets indésirables potentiels sont des rougeurs, des nausées, des céphalées. Les contre-indications sont une thrombose veineuse profonde récente (en raison de l’action stabilisante du facteur XIII sur le caillot de fibrine). Le produit disponible en France est le Fibrogammin®, qui bénéficie d’une ATU.

Le complexe prothrombique humain ou PPSB

Le complexe prothrombine, ou PPSB, contient les quatre facteurs de coagulation vitamine K-dépendants (II, VII, IX, X). Le titre de chacun est exprimé en UI. Le PPSB est indiqué dans le traitement et la prévention des accidents hémorragiques en cas de déficit global en facteurs vitamine K-dépendants ou en cas de surdosage en antivitamine K (AVK) [23], ainsi que dans la prévention et le traitement des accidents hémorragiques en cas de déficit constitutionnel en facteur II ou en facteur X (pour les déficits isolés en facteur VII et en facteur IX, il convient d’utiliser des produits spécifiques). La posologie et la durée du traitement dépendent de la sévérité du déficit, de la localisation du saignement, du type de thérapeutique (curative ou préventive), ainsi que de l’état clinique et biologique du patient :
  • Lors d’un accident hémorragique ou de la notion d’un risque hémorragique au décours d’un traitement anticoagulant efficace (INR entre 2 et 3), on administre 10 à 20 UI/kg (titre exprimé en unités de facteur IX) afin de ramener l’INR à moins de 1,5 dans les plus brefs délais [23].
  • Lors d’un accident ou d’un risque hémorragiques par surdosage en AVK, on administre 20 à 30 UI/kg. Lors d’une prise modérée d’AVK, une seule administration est en principe suffisante, en attendant le délai d’action (de 4 à 6 heures) de la vitamine K, que celle-ci soit administrée par voie entérale ou par voie parentérale. Ce délai peut être beaucoup plus long si le surdosage est dû à une prise massive d’AVK, circonstance dans laquelle les injections de vitamine K sont parfois à renouveler pendant plusieurs semaines.
  • Dans le déficit constitutionnel en facteur II, le taux hémostatique est, théoriquement, de 20 à 30 % [21]. Le taux de récupération est de 2 %. La dose à administrer tient compte de la demi-vie du facteur, qui est de l’ordre de 30 heures [21], et de la formule suivante : dose nécessaire (UI) = augmentation souhaitée (%) x poids (kg) x 0,5. La posologie habituelle, qui est de 20 à 40 UI de facteur II/kg par jour, est à adapter au type et à la sévérité du saignement.
  • Dans le déficit constitutionnel en facteur X, le taux hémostatique est de 10 à 15 % [18]. Le taux de récupération est de 1,7 %. La dose à administrer est calculée en fonction de la demi-vie de 40 heures du facteur X [18] et de la formule : dose nécessaire (UI) = augmentation souhaitée (%) x poids (kg) x 0,6. Une posologie de 20 à 40 UI de facteur II/kg par jour (exprimée en unités de facteur X) est suffisante pour la prise en charge d’une intervention chirurgicale majeure.

Parmi les effets secondaires potentiels, on relève un risque de CIVD ou d’accident thromboembolique en cas d’administration d’une dose contenant une quantité de facteur IX supérieure à 40 UI/kg. Dans la prise en charge des déficits en facteur II et facteur X, ces manifestations thromboemboliques semblent liées à l’augmentation des facteurs vitamine K-dépendants non déficitaires [9]. L’allergie connue à l’un des constituants de la préparation constitue une contre-indication. Le complexe prothrombique disponible en France est le Kaskadil®.

Le complexe prothrombique activé (CCPA)

Le CCPA contient du facteur II, du facteur IX, du facteur X (principalement sous forme non activée) et du facteur VII (principalement sous forme activée). Nous ne traiterons ici que du Feiba®, seul CCPA disponible en France. Le titre est exprimé en unités Feiba®[3] - unité qui est définie comme la quantité de substance active permettant de raccourcir le temps de céphaline activé (TCA) d’un plasma de référence de haut titre d’inhibiteur de facteur VIII, de 50 % par rapport à la valeur du contrôle, lorsque des volumes équivalents d’une solution Feiba® et de plasma inhibiteur sont utilisés. Il est à noter que le Feiba® contient également du facteur VIII à une concentration inférieure à 0,1 UI par unité Feiba®[3].

Le Feiba® agissant en court-circuitant l’activation des facteurs VIII et IX, ses indications sont : d’une part, la prévention et le traitement des hémorragies, et les situations chirurgicales chez des hémophiles A ayant développé un inhibiteur anti-VIII à un taux souvent supérieur à 10 unités Bethesda, ainsi que dans l’hémophilie A acquise par développement d’un auto-anticorps anti-facteur VIII de titre élevé ; d’autre part, la prévention et le traitement des accidents hémorragiques et les situations chirurgicales chez les hémophiles B ayant développé un inhibiteur anti-IX et dans l’hémophilie A acquise par développement d’un auto-anticorps anti-facteur VIII de titre élevé.

Les doses et les fréquences d’administration sont déterminées en fonction de l’efficacité clinique, de la gravité de l’hémorragie et du suivi biologique. La posologie est indépendante du taux de l’inhibiteur, ainsi que du type et de la sévérité de l’hémorragie. On recommande des administrations de 80 unités/kg 2 à 3 fois par jour (sans dépasser 240 unités/kg/24 heures et 100 unités/kg/injection). Les tests de coagulation, qui ne montrent en général qu’un léger raccourcissement, ne peuvent être utilisés pour la surveillance du traitement [3].

Les CCPA sont administrés par voie intraveineuse lente, en perfusions discontinues, avec un débit maximal de 2 unités/kg/mn, immédiatement après reconstitution.

Les effets secondaires possibles sont un accident thromboembolique, une CIVD, un infarctus du myocarde. Dans une étude rétrospective sur les effets secondaires apparus après perfusion de Feiba® au cours de la période 1990-1999, l’incidence des accidents thromboemboliques était de 4 pour 100 000 perfusions. Chez les patients ayant présenté un accident thromboembolique, on retrouvait, dans 81 % des cas, au moins un facteur de risque de la maladie thromboembolique [24]. Il convient donc, avant de débuter un traitement par Feiba®, de rechercher de tels facteurs. On peut aussi observer une réaction allergique à l’un des constituants, ainsi qu’une relance anamnestique des anticorps anti-VIII ou anti-IX, fréquemment observée du fait de la présence des facteurs VIII et IX dans le Feiba®.

Les contre-indications sont les suivantes : une hypersensibilité à l’un des constituants, l’existence de signes biologiques ou cliniques de CIVD (le traitement substitutif par Feiba® doit donc faire l’objet d’une surveillance clinicobiologique à la recherche des prémices d’une CIVD) ; une insuffisance hépatique (qui majorerait le risque de CIVD en raison de la diminution de la clairance des facteurs activés) ; enfin, le risque potentiel de complications thrombotiques.

Le CCPA disponible en France est le Feiba®, qui dispose d’une AMM.

Les MDS utilisés dans les pathologies thrombotiques

L’antithrombine, anciennement dénommée antithrombine III, et la protéine C sont les deux inhibiteurs physiologiques de la coagulation dont les concentrés sont actuellement disponibles en thérapeutique.

L’antithrombine est un inhibiteur irréversible de toutes les sérines protéases, mais son effet est maximal sur la thrombine (IIa) et le facteur Xa. Son action est fortement accélérée par les glycoaminoglycanes de la surface endothéliale et par les héparines [25]. Ses concentrés sont utilisés en thérapeutique dans les déficits constitutionnels [26] pour le traitement des accidents thromboemboliques constitués, en association avec l’héparine lorsque cette dernière, administrée seule, est inefficace, et dans la prévention des thromboses veineuses en cas de situation à risque élevé ou lorsque le risque hémorragique ne permet pas d’utiliser des doses suffisantes d’héparine. Ils sont également indiqués dans les déficits acquis sévères en antithrombine (< 60 %) observés au cours des CIVD graves, notamment dans celles qui sont associées à un état septique.

La protéine C est une glycoprotéine de synthèse vitamine K-dépendante et dont la demi-vie biologique est courte (4 à 8 heures). Pour exercer son action inhibitrice sur la coagulation, elle doit être activée en PC activée (PCa) par le complexe thrombine-thrombomoduline. Les concentrés de protéine C sont utilisés dans les déficits constitutionnels sévères, en particulier au moment de la mise en route d’un traitement par AVK. Il apparaît en effet, au début d’un tel traitement, une diminution rapide du taux de protéine C, alors que l’effet anticoagulant ne devient effectif qu’au bout de 3 à 4 jours. Chez les sujets ayant un déficit sévère en protéine C, l’utilisation d’héparine non fractionnée ou de bas poids moléculaire pendant cette phase d’hypercoagulabilité jusqu’à l’obtention d’un INR dans la zone thérapeutique ne permet pas toujours d’éviter ces accidents thromboemboliques qui se manifestent sous forme de nécrose cutanée.

La fréquence d’utilisation des concentrés de protéine C ou d’antithrombine dans les déficits constitutionnels est exceptionnelle. Pour les concentrés de protéine C, la Commission de transparence estime la population susceptible d’être traitée à moins de 50 patients par an en France. Pour l’antithrombine, l’indication dans les déficits acquis sévères rend l’utilisation potentielle du produit plus fréquente.

L’antithrombine

Le titre d’antithrombine est exprimé en UI. Les concentrés se présentent sous la forme d’une poudre lyophilisée à reconstituer avec un solvant pour l’obtention d’une solution injectable à administrer par voie intraveineuse lente, avec un débit maximal de 4 mL/min.

Dans les déficits constitutionnels

La prise en charge thérapeutique d’un patient atteint de déficit constitutionnel en antithrombine dépend du type de déficit et du risque thrombotique : le déficit congénital le plus fréquent correspond à une diminution de synthèse de la molécule (type I) : ce déficit est de transmission autosomale dominante (seuls deux patients atteints d’une forme homozygote ont été décrits, et tous deux sont décédés avant l’âge de 3 mois [27]). Les déficits de type II correspondent à une anomalie dans la fonctionnalité de l’AT qui peut toucher soit le site de fixation aux sérine protéases (type IIa), soit le site de fixation à l’héparine (type IIb). Le type IIc (parfois appelé type III) associe plusieurs anomalies (effet pléiotropique) et se caractérise par l’association d’un déficit quantitatif et d’un déficit qualitatif. Les déficits de types I, IIa et IIc entraînent un risque thrombotique important ; pour les types IIb, ce risque est faible à l’état hétérozygote, alors qu’il semble équivalent aux autres mutations dans les cas exceptionnels de type IIb homozygote.

a) Dans les déficits de type I, IIa ou IIc, l’utilisation d’AT thérapeutique est envisagée :

  • en prévention, dans la période où le risque thrombotique est majeur ou lorsque l’héparine n’est pas utilisable (phase périopératoire et postopératoire immédiate), à l’arrêt de la prévention par héparine en fin de grossesse et pendant l’accouchement, en cas d’anesthésie locorégionale ;
  • dans la phase aiguë du traitement des accidents thromboemboliques ;
  • dans tous les cas où l’utilisation d’héparine seule est inefficace. L’efficacité du traitement par l’héparine pouvant être appréciée par une mesure du TCA pour l’héparine non fractionnée, et par une mesure de l’activité anti-Xa pour les héparines de bas poids moléculaire, il est nécessaire de s’assurer auprès du laboratoire que la mesure de l’activité anti-Xa est réalisée par une technique qui n’utilise pas l’apport, par les réactifs, d’AT exogène.

b) Dans les exceptionnels déficits de type IIb homozygote, l’héparine étant inefficace, l’utilisation d’antithrombine est envisagée dans toutes les situations à risque thrombotique.

c) Dans les déficits de type IIb hétérozygote, le faible risque thrombotique ne justifie pas l’utilisation d’antithrombine.

L’injection intraveineuse de 1 UI/kg d’antithrombine (Aclotine®) augmente d’environ 2 % le taux plasmatique ; la demi-vie de l’antithrombine est de 48 à 60 heures (elle a été déterminée à 55 ± 14 heures pour l’Aclotine®). Les posologies recommandées sont de 30 à 50 UI/kg en prophylaxie et de 40 à 50 UI/kg en curatif. Dans les deux cas, la posologie, la fréquence et la durée des injections ultérieures seront adaptées en fonction de l’évolution clinique et biologique.

Quand l’antithrombine est utilisée, il semble souhaitable de recourir à la posologie et à la fréquence d’injection permettant l’obtention d’un taux circulant de 70 %. Lorsqu’elle est associée à l’héparine non fractionnée (HNF) ou aux héparines de bas poids moléculaire (HBPM), il est nécessaire de réaliser, rapidement après son injection, une mesure du TCA ou de l’activité anti-Xa afin d’éviter un surdosage en héparine qui entraînerait un risque hémorragique ; ce suivi biologique devra être renouvelé régulièrement.

Dans les déficits acquis

Le déficit acquis a de nombreuses étiologies : diminution de synthèse dans l’insuffisance hépatique, augmentation de l’excrétion au cours du syndrome néphrotique, accélération de la consommation au cours de la CIVD, du sepsis, des situations post-chirurgicales, diminution induite par certains traitements (L-asparaginase, héparine, œstrogènes), déficit associé à l’utilisation de circulation extracorporelle.

Des essais réalisés dans la CIVD avec choc septique [27–29] ont montré une réduction de la durée de la CIVD et du temps d’hospitalisation en réanimation, et une tendance (toutefois statistiquement non significative) à la diminution du nombre de décès au trentième jour. Une autre étude a également mis en évidence une amélioration significative des troubles de l’hémostase lors de l’utilisation de l’antithrombine dans la CIVD gravidique sévère [30]. Dans le sepsis sévère, une étude randomisée contre placebo [31] n’a pas montré d’effet bénéfique de l’antithrombine utilisée seule sur la survie à 28 jours, l’effet devenant cependant significatif à 90 jours. Quand l’antithrombine était associée à l’héparine, une augmentation significative des hémorragies était mise en évidence.

Les posologies préconisées dans les déficits acquis sont en traitement prophylactique de 40 à 50 UI/kg, en traitement curatif : dose de charge de 40 à 50 UI/kg, voire 100 UI/kg. Les doses supérieures, la fréquence des injections et la durée du traitement sont adaptées à l’état clinique et au suivi biologique.

Aucun effet indésirable n’a été décrit. En l’absence d’association avec un autre anticoagulant, aucun accident hémorragique n’a été rapporté après administration d’antithrombine humaine. L’antithrombine disposant en France d’une AMM est l’Aclotine®.

Les concentrés de protéine C

Ces MDS se présentent sous la forme d’une poudre lyophilisée associée à un solvant pour obtention d’une solution à administrer par voie intraveineuse lente, avec un débit maximal variable selon le produit. Les indications sont : la phase aiguë du purpura fulminans néonatal ; les nécroses cutanées induites par les AVK chez les patients atteints de déficit congénital sévère en protéine C, la prophylaxie à court terme des déficits sévères en protéine C déjà identifiés comme à risque par des antécédents familiaux ou personnels (lors d’interventions chirurgicales ou de traitement invasif, à l’instauration d’un traitement par AVK, lorsque le traitement par AVK est insuffisant ou impossible).

La posologie est adaptée aux résultats des dosages de la protéine C chez chaque patient :

  • dans le déficit constitutionnel sévère : en phase aiguë (purpura fulminans néonatal ou nécrose cutanée), 60 à 80 UI/kg, renouvelé jusqu’à 4 fois par jour pour maintenir un taux résiduel minimum de 25 % (la dose quotidienne pourra ensuite être réduite en fonction du taux de protéine C) ; lors d’épisodes thrombotiques et en prévention de situations à risque thromboembolique : 100 UI/kg/24 heures en une ou deux injections poursuivies jusqu’à ce que l’INR soit dans la zone thérapeutique ;
  • dans le déficit constitutionnel hétérozygote, lorsque le traitement par héparine/AVK est contre-indiqué : la posologie et la durée du traitement sont à adapter selon le taux de base de protéine C et du risque thrombotique du contexte.

Aucun effet indésirable n’a été rapporté avec ce produit. En France, deux médicaments disposent d’une AMM : Protexel® et Ceprotin®.

Conclusion

La mise en place de chartes de sécurisation des plasmas associées aux techniques d’élimination et d’inactivation virales a abouti à la fabrication de MDS efficaces et sécurisés en fonction des connaissances actuelles. Ces produits pourront ainsi garder toute leur place dans le traitement des déficits héréditaires ou acquis en protéines plasmatiques responsables de pathologiques hémorragiques ou thrombotiques. Bien entendu, comme pour les produits sanguins labiles, la prescription des MDS doit se limiter à ses indications légitimes actuelles.

Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier chaleureusement, pour leur lecture attentive et la pertinence de leurs remarques, Benoît Flan, Nicole Rouger et Françoise Bridey.

Références

1 United Kingdom Haemophilia Centre Doctor’s Organisation. Guidelines on the selection and use of therapeutic products to treat haemophilia and other hereditary bleeding disorders. Haemophilia 2003 ; 9 : 1-23.

2 Kasper CK. Concentrate safety and efficacy. Haemophilia 2002 ; 8 : 161-5.

3 Dossier du CNIMH. Revue d’évaluation sur le médicament. In : Médicaments dérivés du sang. XVIII, 1997 : 2-3.

4 Bergeat P. Sécurisation des médicaments dérivés du sang humain. STV 1998 ; 10 : 11-8.

5 Rapport de février 2002 de l’AFSSPS (mise à jour de mars 2003). Analyse du risque de transmission de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob par les médicaments d’origine humaine et par les produits sanguins labiles.

6 Deslys JP. Maladies à prions et risques pour l’homme. STV 2001 ; 13 : 5-1.

7 Flan B. Validation de l’efficacité des étapes de fractionnement du plasma dans l’élimination des ATNC. STV 2001 ; 13 : 5-1.

8 Chtourou S. Concept technologique et mise en œuvre de la nanofiltration. Efficacité dans l’élimination des virus et ATNC. STV 2001 ; 13 : 29-30.

9 Peyvandi F, Manucci PM. Rare coagulation disorders. Thromb Haemost 1999 ; 82 : 1207-14.

10 Girodon E, Ghanem N, Goossens M. Les bases moléculaires de l’hémophilie A : possibilités actuelles du diagnostic et du conseil génétique. Hématologie 1996 ; 2 : 7-15.

11 Fressinaud E, Meyer D. La maladie de Willebrand, du diagnostic au traitement. Hématologie 1995 ; 3 : 199-208.

12 Batorova A, Martinowtz U. Continuous infusion of coagulation factors. Haemophilia 2002 ; 8 : 170-7.

13 Dingli D, Gastineau DA, Gilchrist GS, Nichols WL, Wilke JL. Continuous factor VIII infusion therapy in patients with haemophilia A undergoing surgical procedures with plasma-derived or recombinant factor VIII concentrates. Haemophilia 2002 ; 8 : 629-34.

14 Kasper CK. Hereditary plasma clotting factor disorders and their management. Haemophilia 2000 ; 6 : 13-27.

15 Dimichele DM. Inhibitors in haemophilia: a primer. Haemophilia 2000 ; 6 : 38-40.

16 Goudemand J. Induction de tolérance immune : existe-t-il des facteurs de bon pronostic ? STV 2003 ; 15 : 12-5.

17 Mannucci PM, Federici AB. Management of inherited von Willebrand disease. Best practice & Research. Clin Haematol 2001 ; 14 : 455-62.

18 Peyvandi F, Duga S, Akhavan S, Mannucci PM. Rare coagulation deficiencies. Haemophilia 2002 ; 8 : 308-21.

19 Ingerslev J, Kritensen HL. Clinical picture and treatment strategies in factor VII deficiency. Haemophilia 1998 ; 4 : 689-96.

20 Bolton-Maggs PHB. Factor XI deficiency and its management. Haemophilia 2000 ; 6 : 100-9.

21 Di Paola, Nugent D, Young G. Current therapy for rare factor deficiencies. Haemophilia 2001 ; 7 : 16-22.

22 Pernod G, Briquel ME. Déficits en facteur XI : aspects théoriques et pratiques. STV 2001 ; 13 : 12-5.

23 Sié P. Indications des produits sanguins stables : PPSB. Médecine thérapeutique 1997 ; 3 : 829-31.

24 Ehrlich HJ, Henzl MJ, Gomperts D. Safety of factor VIII inhibitors bypass activity (Feiba®) : 10-year compilation of thrombotic adverse events. Haemophilia 2002 ; 8 : 83-90.

25 Samama M. Physiologie et exploration de l’hémostase. Paris : Doin, 1990.

26 Bucur SZ, Levy JH, Despotis GJ, Spiesd BD, Hillger CD. Uses of antithrombin III concentrate in congenital and acquired deficiency states. Transfusion 1998 ; 38 : 481-98.

27 Blajchman MA, Austin RC, Fernandez-Rachubinski F, Sheffield WP. Molecular basis of inherited human antithrombin deficiency. Blood 1992 ; 80 : 2159-71.

28 Eisele B, Lamy M, Thijs LG, Keinecke HO, Schuster HP, Matthias FR, et al. Antithrombin III in severe sepsis: a randomized, placebo-controlled, double-blind multicenter trial plus a meta-analysis on all randomized, placebo-controlled, double-blind trials with antithrombin III in severe sepsis. Intensive Care Med 1998 ; 24 : 663-72.

29 Fourrier F, Chopin C, Huart JJ, Runge I, Caran C, Goudemand J. Double-blind placebo-controlled trial of antithrombin III concentrates in septic choc with disseminated intravascular coagulation. Chest 1993 ; 104 : 882-8.

30 Maki M, Terao T, Ikenoue T, Tekamura T, Sebika K, Shirakawa K, et al. Clinical evaluation of AT III for DIC in obstetrics. Gynecol Obstet Invest 1987 ; 23 : 230-40.

31 Warren BL, Eid A, Singer P, Pillay SS, Carl P, Novak J, et al. KyberSept Trial Study Group. Caring for the critically ill patient. High-dose antithrombin III in severe sepsis: a randomized controlled trial. JAMA 2001 ; 286 : 1869-78.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]