ARTICLE
L'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est
responsable, dans sa forme la plus sévère, du syndrome d'immunodéficience
acquise (sida). Une pancytopénie est fréquente à
ce stade de la maladie. Elle est le plus souvent multifactorielle, associant
une insuffisance de production médullaire, une destruction périphérique
accélérée impliquant un mécanisme immunologique,
et les conséquences des infections opportunistes évolutives
et de leurs traitements souvent hématotoxiques [1-3].
Certaines données suggèrent que le VIH serait capable d'altérer
directement la production des cellules hématopoïétiques.
Dans la mesure où la plupart des cellules infectées par
le VIH (lymphocytes CD4 et monocytes/macrophages) sont d'origine hématopoïétique
et ont une durée de vie limitée, ce sujet redevient d'actualité
au moins pour deux raisons. Après la mise en évidence récente
de l'importance de la destruction quotidienne et du renouvellement des
lymphocytes CD4 au cours de cette infection et à une période
où se développent les approches d'immunothérapie,
il est fondamental de mieux connaître les capacités de régénération
de ces cellules. En parallèle, dans l'optique de thérapies
géniques, il est évident que la cible idéale devrait
être le compartiment de cellules souches hématopoïétiques
et il est important de déterminer si ces cellules sont directement
altérées au cours de l'infection VIH.
Cytopénies
et anomalies médullaires
L'enquête étiologique
réalisée devant une cytopénie au cours de l'infection
VIH dépend évidemment du contexte. Lorsqu'il existe une
fièvre et une altération de l'état général,
elle s'oriente avant tout vers une origine infectieuse ou tumorale (tableau
I) et, dans tous les cas, ce sont l'analyse du frottis de sang
et de moelle, les cultures spécifiques et la biopsie médullaire
qui sont au centre de l'enquête étiologique.
La fréquence et la sévérité de l'anémie
et de la leucopénie augmentent avec l'intensité du déficit
immunitaire mais aussi avec le cumul des traitements anti-infectieux ou
antitumoraux reçus par ces patients (tableau
II). Les anémies hémolytiques auto-immunes sont
rares, et la constatation d'une érythroblastopénie oriente
vers une infection à parvovirus B19.
Comme dans de nombreuses infections virales, l'infection par VIH est souvent
accompagnée d'une thrombopénie. Il faut considérer
d'une part les thrombopénies modérées, qui s'inscrivent
souvent dans le cadre d'une pancytopénie modérée
à un stade évolué de la maladie, et qui correspondent
à des insuffisances de production et, d'autre part, les thrombopénies
profondes, isolées, qui ont toutes les caractéristiques
habituelles du purpura thrombopénique immunologique (PTI). Toutefois,
même dans ces observations, il a été rapporté,
en plus de la destruction périphérique, l'existence concomittente
d'une insuffisance de production [4] qui pourrait être liée
à l'infection des mégacaryocytes médullaires par
le VIH [5, 6]. La physiopathologie de ces thrombopénies
reste controversée. Pour certains auteurs, des auto-anticorps antiplaquettaires
sont retrouvés avec une fréquence identique à celle
observée au cours d'autres PTI et avec la même spécificité
immunologique [7, 8]. Certains anticorps antiplaquettaires pourraient
être des anticorps dirigés contre la glycoprotéine
d'enveloppe du virus et interagissant avec le complexe GpIIb/IIIa [9].
Pour d'autres auteurs, ces thrombopénies sont liées essentiellement
à la présence de complexes immuns à la surface des
plaquettes, complexes qui pourraient contenir à la fois des anticorps
dirigés contre le VIH et leurs anti-idiotypes [10].
Parfois la cytopénie survient dans un contexte peu symptomatique
et les recherches étiologiques habituelles restent négatives.
Il est alors possible d'observer des anomalies morphologiques associant
des troubles de la maturation, en particulier dans les lignées
érythroblastique et mégacaryocytaire, une richesse médullaire
souvent augmentée et parfois une fibrose débutante [1,11-14].
Ces aspects, pouvant évoquer un syndrome myélodysplasique,
sont assez caractéristiques de l'infection VIH et ont fait suspecter
assez rapidement la possibilité d'une infection spécifique
des cellules souches et des progéniteurs hématopoïétiques.
Anomalies
de l'hématopoïèse au cours de l'infection VIH
Plusieurs mécanismes (tableau
III) permettent d'expliquer les anomalies de l'hématopoïèse
observées au cours de l'infection VIH: 1) infection directe des
progéniteurs; 2) production de facteurs solubles inhibiteurs; 3)
inhibition par les cellules T; 4) destruction des progéniteurs
et/ou des cellules matures par des auto-anticorps; 5) induction de l'apoptose
des cellules CD34+ et 6) anomalies des cytokines régulatrices
de l'hématopoïèse.
Le système hématopoïétique est un système
de différenciation complexe. Le compartiment des cellules reconnaissables
morphologiquement, majoritaires dans la moelle, joue un rôle mineur
dans la régulation de l'hématopoïèse. Deux autres
compartiments cellulaires sont directement responsables de la production
des cellules hématopoïétiques:
le compartiment des progéniteurs est composé de cellules
non morphologiquement reconnaissables mais déjà déterminées
vers une lignée cellulaire. Ces cellules ont la capacité
in vitro de former des colonies de cellules matures. Elles peuvent
proliférer mais ne sont pas capables d'autorenouvellement. Ces
cellules sont la cible principale des facteurs de croissance hématopoïétique
qui régulent leur prolifération et leur différenciation;
le compartiment des «cellules souches» est caractérisé
par l'existence de cellules multipotentes ayant à la fois des capacités
de différenciation myéloïde, lymphoïde B et T
et qui auraient des capacités d'autorenouvellement mais limitées.
Ces cellules représentent moins de 0,05% des cellules médullaires
et restent très difficiles à étudier chez l'homme.
Il est néanmoins possible d'approcher ces cellules par:
les capacités à initier des cultures à long terme
(LTC-IC);
l'immunophénotypage, bien qu'il n'existe pas à l'heure actuelle
d'antigène spécifique des cellules souches hématopoïétiques;
l'antigène CD34 est le plus souvent utilisé mais il est
également présent sur la totalité des cellules immatures
de la moelle. Il est donc utile de l'associer à la négativité
de certains antigènes (CD38 et DR) et/ou à la positivité
de l'antigène Thy 1 pour mieux purifier les cellules hématopoïétiques
les plus primitives [15];
l'utilisation de souris génétiquement immunodéficientes
(SCID) pour reconstituer une hématopoïèse humaine [16].
Anomalies de croissance des progéniteurs in
vitro
La plupart des études
ont montré une croissance très diminuée, le plus
souvent inférieure à 50% de la normale, pour tous les types
de progéniteurs médullaires, progéniteurs mixtes,
BFU-E, CFU-MK, CFU-GM [17-20]. Les anomalies de croissance des
progéniteurs du sang circulant semblent encore plus marquées
que celles de leurs équivalents médullaires [21].
De plus, il semble également exister une diminution très
importante des cellules les plus primitives (LTC-IC). Cependant, dans
deux études provenant du même groupe, la croissance des progéniteurs
des patients infectés par le VIH est considérée comme
normale [22, 23].
Rôle
direct du VIH sur les cellules hématopoïétiques
Pour expliquer les anomalies touchant
à la fois le compartiment de maturation médullaire et celui
des progéniteurs hématopoïétiques, deux hypothèses
peuvent être avancées:
le VIH est capable d'infecter directement les progéniteurs et/ou
les cellules souches hématopoïétiques;
le VIH induit un trouble de régulation de l'hématopoïèse.
Actuellement, il est impossible de trancher entre ces deux hypothèses
et on ne peut exclure une intrication des deux mécanismes.
Infection directe des cellules hématopoïétiques
L'utilisation des techniques d'immunofluorescence et d'hybridation
in situ à l'échelle unicellulaire sur des cellules
identifiées morphologiquement a permis de confirmer l'infection
des lymphocytes T, des cellules dendritiques et des cellules de la lignée
monocytaire-macrophagique. Cependant, les techniques d'hybridation in
situ ont également montré la présence d'ARN viraux
dans les mégacaryocytes de sujets thrombopéniques et de
sujets présentant un sida [5, 6]. Ces résultats
sont moins étonnants depuis la mise en évidence récente
de l'expression du CD4 sur les mégacaryocytes. Il faut également
souligner que les expériences sur la lignée mégacaryocytaire
suggéraient fortement que l'infection VIH se faisait à un
stade tardif de la différenciation puisque les mégacaryocytes
obtenus en culture n'exprimaient pas d'ARN viraux contrairement à
leurs homologues purifiés directement à partir de la moelle
[5].
À côté de ces travaux réalisés sur des
cellules médullaires de patients, l'infection in vitro de
cellules hématopoïétiques et, en particulier, de lignées
continues a permis de montrer l'infectabilité de nombreuses lignées
cellulaires, en grande partie myéloïdes, avec parfois une
corrélation avec l'expression de CD4 mais également la possibilité
d'infecter des lignées négatives pour le CD4 comme des lignées
EBV et la lignée K562. La signification physiopathologique de ces
résultats reste discutable compte tenu des conditions expérimentales
utilisées.
La mise en évidence de l'infection des progéniteurs hématopoïétiques
reste malheureusement un problème beaucoup plus complexe à
résoudre. En effet, les premières études, favorisant
cette hypothèse, n'ont pu être complètement confirmées.
Donahue et al. ont montré que, chez les patients infectés
par le VIH, la croissance des progéniteurs myéloïdes
est inhibée par les sérums prélevés après
l'infection VIH alors que les sérums de la période antérieure
à l'infection ne sont pas inhibiteurs. Cette inhibition est également
obtenue par des anticorps dirigés contre la gp120 du VIH en présence
de complément [22].
Folks et al. ont purifié des progéniteurs hématopoïétiques
en utilisant l'antigène CD34 et les ont exposés au virus
in vitro [24]. Le VIH a pu être isolé à
partir de colonies de cellules hématopoïétiques ainsi
que de cultures à long terme obtenues à partir de ces progéniteurs.
Toutefois, on sait que des cellules matures de la lignée monocytaire
peuvent exprimer CD34 et que de plus, dans les cultures à long
terme, les seules cellules qui répliquaient le virus étaient
des macrophages suggérant ainsi qu'elles dérivaient directement
de précurseurs monocytaires et non de LTC-IC.
Par la suite, la plupart des travaux ont utilisé des techniques
de PCR pour rechercher le génome viral dans les colonies de cellules
hématopoïétiques dérivées de progéniteurs
ou directement au niveau des cellules CD34 purifiées. Les deux
principales difficultés dans ces approches sont, d'une part, le
choix du niveau de sensibilité de la technique de PCR et, d'autre
part, la définition et la purification de la population cellulaire
la plus primitive.
Toutes les équipes [18, 23, 25, 26] sauf une [27]
travaillant sur des colonies individuelles ont obtenu des résultats
concordants qui montrent l'absence du génome du VIH dans les cellules
prélevées. L'anomalie de croissance in vitro des
progéniteurs pourrait donc être liée à l'incapacité
des progéniteurs infectés à donner des colonies.
Sur cette hypothèse, plusieurs travaux ont été réalisés
en étudiant les populations CD34 purifiées et analysées
par PCR pour la présence du VIH. Dans la plupart de ces études,
le pourcentage de cellules infectées est très faible, le
plus souvent inférieur à 1/500, et dans tous les cas très
inférieur au nombre de cellules contaminantes [25, 26, 28,
29].
Récemment, Chelucci et al. [30] ont utilisé
un système de cultures monocellulaires après avoir exposé
in vitro des cellules périphériques de sujets VIH&endash;,
enrichies (~80%) en cellules CD34+, à des quantités
variables de VIH. La présence du virus a pu être mise en
évidence par des techniques très sensibles de PCR (gag DNA)
ou de reverse PCR (tat mRNA) dans 9 à 23% des BFU-E ou CFU-GM analysées
mais dans aucun des clones CFU-GEMM.
Les résultats des infections in vitro par le VIH de cellules
CD34+ sont extrêmement contradictoires. Pour certains,
l'incubation in vitro avec le virus n'entraine ni infection, ni
suppression de la croissance des progéniteurs [23]. Pour
d'autres, le virus est capable à la fois d'infecter les cellules
CD34 et d'inhiber leur croissance [30].
Ces résultats peuvent suggérer soit que les progéniteurs
ne sont pas infectés, soit qu'une minorité d'entre eux est
infectée, soit enfin que l'infection des progéniteurs est
rapidement suivie de leur destruction.
Dans cette discussion, il est important de noter que 15 à 30% des
cellules CD34 expriment le CD4, que cette molécule est fonctionnelle
et capable de fixer de la gp120 et, enfin, qu'elle est présente
dans toute la sous-population primitive des cellules CD34 [32, 33].
La sous-population des cellules primitives CD34+ CD38&endash;
Thy 1+ CD4+ pourrait être déplétée
de façon très importante y compris à un stade précoce
de l'infection, suggérant une destruction sélective et rapide
des progéniteurs primitifs par le VIH.
D'autres mécanismes impliquant indirectement le VIH ont été
évoqués:
les expériences du groupe de Groopman ont montré une destruction
dépendante du complément par des anticorps anti-gp120 des
progéniteurs de patients infectés par le VIH. En fait, ces
résultats peuvent également être interprétés
comme la fixation de la gp120 du plasma par le CD4 des progéniteurs
primitifs;
plus récemment, il a été décrit la présence
d'auto-anticorps dirigés contre le CD43 chez les patients infectés
par le VIH [34]. Or, cette molécule est exprimée
sur les cellules primitives hématopoïétiques;
enfin, une équipe a montré qu'il existait une apoptose précoce
d'une fraction des cellules CD34+ chez les patients VIH+
lorsqu'elles sont maintenues en culture [35]. Comme pour les lymphocytes
T CD4+, l'induction de cette apoptose pourrait être liée
à la liaison de la gp120 au CD4 exprimé par ces progéniteurs
[36].
Troubles
de régulation de l'hématopoïèse
Parallèlement aux effets
directs du virus sur les cellules hématopoïétiques,
l'infection virale peut entraîner des troubles de régulation
de l'hématopoïèse. Les principales cellules qui régulent
l'hématopoïèse et qui synthétisent des facteurs
de croissance sont les monocytes, les lymphocytes T et les cellules stromales.
Les monocytes et les lymphocytes T CD4+, cibles privilégiées
du VIH, peuvent synthétiser de manière inappropriée
des facteurs de régulation. Il peut s'agir soit d'un défaut
de synthèse de facteurs de croissance [37] soit, au contraire,
d'une synthèse excessive de facteurs inhibiteurs et en particulier
d'interférons * et *, de TNF-*, de TGF-ß et de MIP-1* [38].
Toutes ces molécules sont capables d'inhiber l'hématopoïèse
et en particulier aux temps les plus précoces pour certaines d'entre
elles [39]. Par ailleurs, il faut également souligner que
plusieurs protéines virales comme la gp120/160 ou Tat sont capables
de modifier la synthèse de facteurs de croissance, bien que les
résultats observés soient assez contradictoires [40,
41].
Le premier inhibiteur de l'hématopoïèse qui a été
décrit dans l'infection VIH est une glycoprotéine de PM
84Kd, actuellement encore non identifiée, probablement synthétisée
par les macrophages médullaires et capables d'inhiber spécifiquement
la croissance de CFU-GM de moelle normale [20]. Par la suite,
il a été montré que la déplétion des
cellules médullaires en cellules T augmentait la formation de colonies
et que leur réaddition inhibait la croissance des progéniteurs
[17].
Plus récemment, il a été possible de montrer que
l'adjonction en culture d'oligonucléotides antisens de l'ARN viral
augmentait l'efficacité de clonage de tous les types de progéniteurs
hématopoïétiques, permettant parfois de doubler le
nombre de colonies sans cependant atteindre un chiffre normal. La recherche
du génome du VIH par PCR dans les colonies obtenues après
traitement par les antisens s'est révélée constamment
négative, suggérant que le VIH se réplique dans des
cellules accessoires et supprime l'hématopoïèse en
induisant la libération de facteurs inhibiteurs. En outre, les
oligonucléotides antisens n'ont plus d'effet sur l'efficacité
de clonage des progéniteurs à partir des populations cellulaires
CD34+ purifiées [18].
Pour se rapprocher au mieux de la situation in vivo, différents
travaux récents ont étudié le rôle du microenvironnement
médullaire dans les anomalies hématopoïétiques
de l'infection VIH. Il a été montré que les fibroblastes
médullaires ainsi que des lignées stromales fibroblastiques
étaient infectables in vitro [42]. En revanche,
il n'a pas été démontré que les fibroblastes
médullaires des patients infectés par le VIH étaient
réellement infectés. Dans un modèle murin, il a été
possible d'infecter par le VIH une lignée humaine stromale continue
et de montrer alors qu'elle perdait ses capacités à promouvoir
la croissance des progéniteurs hématopoïétiques
murins [43].
Thérapeutique: place des facteurs de croissance
L'érythropoïétine
(Epo) permet de corriger partiellement l'anémie observée
au cours du sida et surtout de réduire la toxicité de l'AZT
[44]. Ceci est à mettre en parallèle avec les taux
d'Epo observés au cours des formes sévères de l'infection
VIH. Ces taux sont relativement faibles et comparables à ceux observés
chez des patients anémiques dans le contexte de maladies inflammatoires
chroniques [45].
Le GM-CSF et le G-CSF ont été utilisés avec succès
pour corriger les neutropénies sévères. Le GM-CSF
a permis chez certains patients de poursuivre un traitement hématotoxique
comme l'AZT, le ganciclovir ou encore une chimiothérapie [46].
Le G-CSF a également été utilisé, seul ou
en association avec l'Epo, chez des patients atteints de sida, dans le
but de réduire la toxicité de certains traitements [47].
Il permet de réduire les conséquences des polychimiothérapies
intensives proposées à certains malades présentant
un lymphome malin non hodgkinien.
In vitro, le GM-CSF et le M-CSF augmentent la réplication
du HIV alors que le G-CSF reste sans effets [48-50]. Toutefois,
il faut noter que le GM-CSF augmente l'activité antirétrovirale
de l'AZT, probablement en augmentant la concentration du dérivé
actif triphosphaté [48, 51].
CONCLUSION La
physiopathologie des cytopénies de l'infection VIH reste en grande
partie inconnue [52]. Les anomalies quantitatives observées
au niveau des progéniteurs hématopoïétiques semblent
être la conséquence de plusieurs mécanismes. Il existe
certainement un trouble de régulation de l'hématopoïèse
lié à la synthèse de cytokines inhibitrices au cours
de cette infection virale chronique, mais la question la plus importante
est de savoir si le VIH peut avoir un impact direct sur les progéniteurs
et éventuellement sur les cellules souches hématopoïétiques.
Cette dernière hypothèse a été confortée
par la présence de la molécule CD4 dans la sous-population
de cellules au phénotype le plus primitif alors que les preuves réelles
d'une infection des progéniteurs restent ténues. Quel que
soit le mécanisme, un déficit en cellules hématopoïétiques
primitives pourrait, d'une part expliquer les pancytopénies observées
chez ces malades mais, d'autre part, jouer un rôle dans l'aggravation
du déficit en lymphocytes CD4, en diminuant les possibilités
de régénération du système immunitaire. Cependant,
la démonstration d'une infection sera particulièrement difficile
à apporter si elle entraîne une destruction rapide des cellules.
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