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Les lymphocytes T et B exercent leur fonction de surveillance immune
au travers de molécules spécialisées, le récepteur
T à l'antigène (TCR) pour les cellules T et les immunoglobulines
de surface (sIg ou BCR) pour les lymphocytes B. La fonction principale
de ces molécules est la reconnaissance des antigènes étrangers
et la transmission, au travers de molécules associées,
d'un signal d'activation de la réponse immune. Face à
l'ensemble du spectre antigénique possible, les lymphocytes T
et B doivent opposer un répertoire suffisamment diversifié.
La recombinaison V(D)J est le mécanisme moléculaire sélectionné
au cours de l'évolution pour générer cette nécessaire
diversité. De nombreuses et très bonnes revues ont été
écrites ces dernières années sur les mécanismes
de la recombinaison V(D)J ([1-4] pour les plus récentes) et celle-ci
est donc focalisée plus spécifiquement sur la physiopathologie
de cette étape du développement lymphoïde.
Survol de la recombinaison V(D)J
Le récepteur T à l'antigène ainsi que
les immunoglobulines sont composés (figure
1) d'un domaine constant, ancré à la membrane, prolongé
d'un domaine variable, polymorphe, responsable de la reconnaissance antigénique,
et qui peut être lui-même divisé en sous-régions
variables (V) de diversité (D) et de joint (J). Au niveau génomique,
ces sous-domaines sont codés par des segments géniques multiples,
« clusterisés » et dispersés sur le chromosome.
La première étape dans l'expression d'un gène d'Ig
ou du TCR est l'élaboration d'une unité fonctionnelle V(D)J
réarrangée (figure
2) dans laquelle un segment V est rapproché d'un segment
D et d'un segment J. La recombinaison V(D)J rend compte de cette étape
de réarrangement somatique [5, 6]. La combinatoire de ces associations
engendre une variabilité importante. La recombinaison V(D)J peut
être très schématiquement divisée en trois
étapes (figure 3).
Au cours de la première, les protéines RAG1 et RAG2 reconnaissent
des séquences spécifiques de recombinaison (RSS), formées
d'un nonamère et d'un héptamère séparés
de 12 ou 23 paires de bases, qui bordent les gènes V, D,
et J, et induisent une cassure double brin de l'ADN (dsb) au niveau
de ces signaux, laissant les extrémités libres codantes
sous forme d'épingle à cheveux (hairpins) et les
extrémités signales franches et phosphorylées (revue
en [2]). L'expression tissulaire restreinte des gènes codants pour
RAG1 et RAG2 rend cette étape spécifique des lymphocytes
T et B immatures. La suite du processus vise à identifier et à
réparer ce dommage à l'ADN et met en jeu la machinerie cellulaire
générale de réparation de l'ADN (revue en [7]). Le
premier acteur en est le complexe Ku/ADN-PK qui se fixe au site de la
lésion et dont l'un des rôles est probablement le recrutement
et l'activation des enzymes qui interviendront dans l'étape de
réparation proprement dite. Cette dernière étape
est aujourd'hui encore mal comprise. C'est au cours de celle-ci qu'intervient
également l'enzyme terminal deoxynucléotydil transférase
(TdT) dont l'expression est également restreinte au tissu lymphoïde
et dont l'action d'addition au hasard de nucléotides aux sites
des jonctions VD et DJ augmente encore leur diversité [8, 9]. Trois
données essentielles ont permis des avancées considérables
dans la compréhension des mécanismes du réarrangement
V(D)J. La première est le clonage des gènes de ce que l'on
pensait à l'époque représenter des activateurs de
la recombinase : les recombination activating genes RAG1 et RAG2.
Ces gènes ont été identifiés selon une stratégie
simple et brillante, à savoir la transmission dans une cellule
non lymphoïde (un fibroblaste) d'une activité recombinase
V(D)J spécifique d'une cellule lymphoïde et l'identification
du matériel génétique ainsi introduit et porteur
de cette activité [10, 11]. Le transfert d'activité recombinase
V(D)J dans un fibroblaste demeure la base de tous les tests in vitro
utilisés aujourd'hui aussi bien pour analyser les capacités
de recombinaison/réparation d'une cellule donnée que pour
valider d'éventuelles mutations dans les gènes RAG1
et RAG2 [12]. Le deuxième élément déterminant
est l'établissement d'une relation entre défaut de recombinaison
V(D)J et défaut de réparation de l'ADN. L'origine de cette
association est l'identification de la souris scid, souris qui présente
une absence de lymphocytes T et B occasionnée par un défaut
de recombinaison V(D)J [13]. Secondairement, des cellules de hamster chinois
(CHO) sélectionnées in vitro pour leur défaut
de réparation de l'ADN ont également montré des anomalies
de la recombinaison V(D)J [14]. Le lien était fait et conduisait
à la description du complexe Ku/ADN-PK et du facteur XRCC4 dont
nous reparlerons. Enfin, la dernière avancée fondamentale
est l'obtention plus récente des différentes étapes
de la recombinaison V(D)J « en tube » dans des systèmes
acellulaires, préliminaire indispensable à l'analyse biochimique
fine de cette machinerie complexe (revue en [4]). Selon ces travaux, il
apparaît que les protéines RAG1 et RAG2 sont nécessaires
et suffisantes pour l'établissement du clivage de l'ADN au niveau
des séquences spécifiques de recombination et la formation
des épingles à cheveux aux extrémités codantes
libres. Les différentes phases de l'étape de clivage ont
été récemment précisées par la description
d'un complexe protéique contenant les protéines RAG1/2 et
la protéine HMG1 ( high mobility group 1, qui se fixe non
spécifiquement à l'ADN et entraîne la courbure de
l'ADN) associées aux séquences RSS12 et RSS23 (complexe
synaptique) avant la coupure de l'ADN [15]. À la suite du clivage,
les quatre extrémités de l'ADN (deux codantes et deux signales)
restent un moment associées dans ce même complexe appelé
alors complexe synaptique post-clivage [15, 16]. Un rôle possible
du complexe post-clivage pourrait être la protection des extrémités
libre de l'ADN ainsi générées vis-à-vis des
exonucléases cellulaires. L'ajout d'extraits nucléaires
partiellement purifiés permet, dans certains cas, de poursuivre
la réaction jusqu'à l'établissement d'un joint codant
et d'un joint signal, les deux produits du réarrangement V(D)J
(revue en [3]).
La recombinaison V(D)J représente également un point
de contrôle (checkpoint) de la maturation des lymphocytes
T et B. Pour ne prendre qu'un exemple illustratif, au cours de la différenciation
des lymphocytes Ta/b, le réarrangement et l'expression de la
chaîne b du TCR conditionnent la transition des thymocytes du
stade double négatif (DN) au stade double positif (DP) ainsi
que leur expansion [17]. Les expériences d'inactivation ciblée
des gènes RAG1 et RAG2 ainsi que d'autres modèles
chez l'homme et chez l'animal (tableau)
dont je vais détailler maintenant certains aspects soulignent
le rôle des protéines RAG dans le développement
lymphoïde. L'intérêt de ces modèles, et plus
particulièrement l'étude des déficits immunitaires
sévères (SCID) chez l'homme, réside dans le fait
qu'ils présentent d'emblée un phénotype fort et
focalisent donc notre attention sur des composantes essentielles de
la réaction de recombinaison.
Défaut de recombinaison
V(D)J
Parmi l'ensemble des déficits immunitaires héréditaires
chez l'homme, environ 20 % se présentent avec une absence de
lymphocytes T et B matures (SCID T-B-) dans le sang périphérique
(figure 4) mais l'existence
de cellules natural killer (NK) normales [18]. Ces patients ressemblent
donc à la situation de la souris scid évoquée plus
haut, laissant entrevoir la possibilité d'un défaut de
recombinaison V(D)J. Ces patients ne forment pas un groupe homogène
et peuvent également être classés en fonction de
l'existence ou non d'une hypersensibilité aux radiations ionisantes
de leurs cellules, permettant de situer le défaut moléculaire
dans les phases précoces ou tardives de la recombinaison [19].
La phase précoce (mutations de RAG1 ou RAG2)
Des mutations dans les gènes RAG1 ou RAG2, qui
inactivent la fonction de ces protéines, ont été
identifiées chez des patients SCIDT-B- « radiorésistants
» qui ne présentent donc pas une sensibilité augmentée
de leurs cellules aux radiations ionisantes ([20] et nos résultats
non publiés). Comment l'identification de ces mutations nous
renseigne-t-elle sur les domaines fonctionnels des protéines
RAG1/2 ? Les rôles respectifs de RAG1 et RAG2 dans l'étape
de clivage ne sont pas encore clairement définis. Des études
de mutagenèse dirigée ont localisé des régions
« core » minimales pour ces deux protéines et indispensables
à l'activité recombinase. Deux études basées
l'une, sur un système fonctionnel in vivo et l'autre,
sur l'analyse physique des interactions protéiques suggèrent
un contact de RAG1 avec les séquences RSS alors que RAG2 n'aurait
pas d'affinité particulière pour l'ADN [21, 22]. Dans
les deux cas on a une démonstration de l'interaction de RAG2
avec RAG1. La présence de RAG2 dans le complexe synaptique stabilise
et augmente l'affinité de fixation de RAG1 sur le nonamère
et étend cette interaction à l'heptamère [23, 24].
En l'absence de cristallisation de ces deux protéines, une représentation
dans l'espace de ces interactions et la vision globale d'un complexe
RAG1-RAG2-ADN n'est pas évidente. Une simulation de la structure
tridimensionnelle de RAG2 a récemment été proposée
à la suite d'une analyse fine de la séquence primaire,
à la recherche d'îlots de motifs hydrophobes (hydrophobic
clusters analysis ou HCA) [25]. Le principe de cette analyse repose
sur le fait que les motifs globulaires des protéines ont une
structure tertiaire dictée en partie par la présence de
groupes hydrophobes dans leur noyau. L'agencement de ces résidus,
plus que la séquence en acides aminés proprement dite,
est généralement conservé entre domaines qui présentent
des configurations spatiales voisines. Les résidus externes sont,
eux, peu conservés et participent aux sites actifs de la protéine.
L'analyse HCA appliquée à RAG2 [26] a permis d'identifier
deux domaines globulaires particuliers. Le premier domaine est situé
dans la région « core » (aa 1-355) et présente
une structure en hélice-b (b-propeller) à
six pales dont le prototype cristallisé est la galactose oxydase
de dactylium dendroïdes (figure
5). Les motifs en b-hélice sont considérés
comme des châssis à la surface desquels les interactions
protéines-protéines interviennent. Il est dès lors
tentant de proposer que ce motif de RAG2 puisse être impliqué
dans les interactions avec RAG1. Les mutations décrites dans
RAG2 à ce jour chez les patients SCID corroborent cette hypothèse.
Elles sont en effet toutes localisées sur la même face
du propeller, dans les différentes boucles qui séparent
les pales de l'hélice et qui sont donc exposées aux solvants
(figure 5). Deux de
ces mutations (C41W et M285R) diminuent effectivement l'interaction
avec RAG1 in vitro [27]. Le deuxième motif est situé
dans la région C terminale de RAG2 (aa 410-530) à l'extérieur
de la région « core » mais n'en présente pas
moins une importante conservation au cours de l'évolution. L'analyse
HCA de ce motif riche en cystéines et histidines prédit
son appartenance à un groupe de motifs « doigts de zinc
» particuliers de type C4HC3 appelés motifs PHD/TTC/LAP
[28,29]. Cette région, différente des autres domaines
qui fixent le zinc comme les motifs RING ou les domaines LIM, semble
être plus spécifique des interactions protéines-protéines
avec des facteurs associés à la chromatine. L'implication
dans la recombinaison V(D)J de cette région de RAG2 qui n'est
pas incluse dans les protéines produites in vitro et utilisées
dans les systèmes acellulaires est de fait moins bien étudiée.
Des expériences de complémentation du défaut de
recombinaison V(D)J in vitro dans des lignées pré-B
issues de souris RAG2-/- suggèrent un rôle
régulateur de ce domaine par son association à la chromatine
[30]. Alors que ce motif ne semble pas nécessaire aux réarrangements
intermédiaires DJ des gènes codant pour la chaîne
lourde des Ig, il est en revanche absolument requis pour la formation
de l'unité réarrangée productive VDJ finale. Trois
des mutations que nous avons identifiées dans RAG2 chez des patients
SCID T-B- sont localisées dans ce domaine particulier et deux
d'entre elles interviennent sur des résidus déterminants
(résultats non publiés). L'analyse des patients SCID T-B-
confirme donc la vraisemblance de ces modèles théoriques
de structure tridimensionnelle de RAG2.
Un cas particulier : le syndrome d'Omenn
Le syndrome d'Omenn est un déficit immunitaire héréditaire
sévère caractérisé cette fois par une importante
éosinophilie et l'absence de lymphocyte B circulant mais la présence
de lymphocytes T activés, oligoclonaux dans le sang et infiltrant
les tissus (figure 4).
L'extrême restriction du répertoire de ces lymphocytes
T [31, 32] laissait envisager qu'ils puissent résulter de l'échappement
d'une mutation dans le système de recombinaison V(D)J, hypothèse
renforcée par l'existence au sein d'une même fratrie d'un
syndrome d'Omenn et d'un SCID T-B- classique. Des mutations, principalement
localisées dans RAG1, sont responsables de ce déficit
immunitaire ([27] et nos résultats non publiés). Un antigène
particulier, qui reste à définir, est probablement responsable
de l'expansion massive d'un petit nombre de clones T autoréactifs
apparus dans ce contexte de recombinase V(D)J déficiente. La
plupart des mutations identifiées chez ces patients sont situées
dans la région core de RAG1 (aa 389-1009), dans l'homéodomaine
impliqué dans l'interaction avec l'ADN. Ces mutants (R396H, R396C,
D429G) maintiennent une interaction avec RAG2 mais leur activité
dans le test de clivage in vitro est profondément réduite
ainsi que leur activité recombinase in vitro [27]. Un
autre mutant (R561H) ne peut plus s'associer efficacement à RAG2
diminuant d'autant la fixation du complexe RAG1-RAG2 à l'ADN
[27]. L'étude de ces patients permet d'établir clairement
que l'activité du complexe RAG1/2 est directement corrélée
à la capacité de RAG1 à fixer l'ADN et à
interagir avec RAG2. De même que pour RAG2, l'arrangement tridimensionnel
de RAG1 n'est pas connu mais on peut penser que l'ensemble de ces mutants
affectent des structures particulières de la protéine,
structures qui devraient pouvoir être identifiées par une
l'analyse fine de RAG1 par HCA comme cela a été fait pour
RAG2.
La détection de la cassure : le complexe
Ku/ADN-PK
À la suite de l'étape de clivage de l'ADN par les protéines
RAG1 et RAG2, les extrémités libres (extrémités
codantes et extrémités signales) générées
restent associées au sein d'un même complexe synaptique
post-clivage [15, 16]. Ici s'arrête la spécificité
lymphoïde de la recombinaison V(D)J. Ce dommage à l'ADN
doit maintenant être détecté et réparé.
La première manifestation d'un défaut moléculaire
affectant cette étape est venue de la caractérisation
de la souris scid (revue en [13]). Dans ces souris la recombinaison
V(D)J est initiée et bloquée au stade du clivage, avec
accumulation des extrémités codantes en épingle
à cheveux. Le gène muté chez ces animaux, ainsi
que dans un modèle de scid chez le cheval [33, 34], est celui
codant pour la sous-unité catalytique de l'ADN-PK. L'ADN-PK est
une sérine/thréonine protéine kinase dépendante
de l'ADN qui, bien qu'appartenant à la famille des phosphatidylinositol
(PI) kinases, est dépourvue de cette activité [35]. Cette
famille de protéines intervient dans la réponse aux dommages
à l'ADN. Pour ne prendre qu'un exemple, ATM, la protéine
dont le gène est muté dans l'ataxie télangectasie,
appartient également à cette famille [36]. Ces protéines
sont considérées comme des suppresseurs de tumeur. L'ADN-PK
est recrutée aux sites des lésions à l'ADN par
son association avec l'hétérodimère Ku70-Ku80,
identifié initialement comme un auto-antigène humain,
qui se fixe aux extrémités libres de l'ADN. Le rôle
général du complexe Ku/ADN-PK serait la reconnaissance
du dommage à l'ADN causé par RAG1/2, le recrutement et
l'activation par phosphorylation des facteurs nécessaires à
sa réparation, à commencer par l'endonucléase qui
va ouvrir les épingles à cheveux formées par les
extrémités codantes libres. Ces trois protéines
agissent de concert et un manquement de l'une ou l'autre entraîne
un défaut de la réparation des cassures double brin de
l'ADN in vitro. Cela s'exprime par une hypersensibilité
aux agents ionisants et une absence de formation des joints codants
et/ou signaux au cours de la recombinaison V(D)J dans des cellules de
hamster chinois (CHO) arborant de tels défauts. Ceci se traduit,
in vivo, par un blocage de la maturation B et T [37, 38] à
une exception près ; les souris dans lesquelles le gène
codant pour Ku70 a été inactivé possèdent
quelques lymphocytes T sans que l'on comprenne aujourd'hui la signification
de ce résultat [39, 40]. Aucune situation comparable d'un défaut
du complexe Ku-ADN-PK n'existe en pathologie humaine. Ces modèles
animaux ont révélé une autre caractéristique
intéressante du complexe Ku/ADN-PK. À partir de thymus
ou de moelle osseuse de souris dans lesquelles le gène Ku80
a été inactivé, quelques rares joints codants sont
identifiables par la technique d'amplification génique (PCR).
Ces jonctions sont cependant dépourvues de nucléotide
N, habituellement ajoutés par l'enzyme TdT au cours du processus
de réarrangement [41]. Il semble donc que la TdT est spécifiquement
recrutée soit par le complexe Ku/ADN-PK lui-même, soit
par l'une des enzymes de réparation de l'ADN préalablement
mobilisées par ce même complexe. Dans cette optique, il
est intéressant de noter que l'enzyme TdT possède un motif
BRCT identifié par analyse HCA [42]. Le motif BRCT a initialement
été décrit dans la région C terminale de
la molécule BRCA1 impliquée dans le cancer du sein. Ce
motif est présent dans un grand nombre de protéines engagées
dans la réponse aux dommages à l'ADN. Pour ne citer qu'un
exemple, ce motif est retrouvé dans l'ADN-ligase IV [43], protéine
dont la participation dans les phases finales de la recombinaison V(D)J
est vraisemblable (voir plus loin). Il est dès lors tentant d'imaginer
que la TdT est incorporée au complexe de réparation de
l'ADN au travers de son motif BRCT. N'en serait-il pas de même
pour d'autres facteurs ?
La réparation de la cassure
La dernière étape de la recombinaison V(D)J
désigne la réparation proprement dite de la cassure double
brin de l'ADN et doit, on s'en doute, faire intervenir une ou plusieurs
ADN-ligases. Il existe chez l'homme trois ADN-ligases (I, II/III, et IV)
[44]. Un défaut d'ADN-ligase I entraîne un déficit
immunitaire moins sévère que le SCID [45], avec en particulier
l'existence de lymphocytes T et B. D'autre part, la recombinaison V(D)J
est normale dans les cellules issues d'un tel patient [46, 47]. Ces résultats
ne sont pas en faveur de l'implication de l'ADN-ligase I dans la recombinaison
V(D)J. À l'inverse, un faisceau d'arguments plaide en faveur du
rôle probable de l'ADN-ligase IV dans ce processus. Cette ADN-ligase
interagit avec la protéine XRCC4 et cette association renforce
son pouvoir catalytique [43, 48-50]. XRCC4, qui est le facteur absent
dans la lignée CHO-XR1 [51] caractérisée par un défaut
de recombinaison V(D)J/réparation de l'ADN, est recruté
et phosphorylé par l'ADN-PK [52]. Enfin, des protéines XRCC4
renfermant des mutations qui abolissent l'interaction avec l'ADN-ligase
IV ne complémentent plus le défaut de recombinaison V(D)J
dans la lignée CHO-XR1 [48]. Des homologues de ces deux protéines
existent chez la levure Saccharomyces cerevisiae (LIG4 et LIF1)
[53-56]. Des mutations de LIG4 entraînent une incapacité
à réparer les cassures double brin de l'ADN par le mécanisme
de ligation des extrémités non homologues (NHEJ, non
homologous end joining). Le NHEJ et la recombinaison homologue sont
les deux mécanismes de réparation de l'ADN chez la levure.
Chez les mammifères, le NHEJ est le mécanisme principal
de réparation en particulier au cours de la recombinaison V(D)J.
Des arguments directs d'une implication d'ADN-ligase IV au cours de la
recombinaison V(D)J attendront les résultats des expériences
d'inactivation ciblée chez la souris.
Il existe chez l'homme un groupe de patients SCID T-B- (figure
4) chez qui les gènes RAG1/2 ne sont pas affectés
et qui présentent une hypersensibilité de leurs cellules
aux radiations ionisantes [19]. Nous avons démontré chez
ces patients un défaut majeur de la recombinaison V(D)J se traduisant
par l'incapacité à former des joints codants bien que
la formation de joints signaux ne soit pas affectée [12]. Cette
situation est donc très proche de la souris scid mais plusieurs
arguments indiquent qu'il s'agit néanmoins d'un déficit
distinct. Contrairement à la souris scid, l'activité kinase
du complexe Ku/ADN-PK in vitro est normale d'une part, et l'implication
du gène ADN-PKcs dans ce déficit a formellement
été exclu par analyse génétique dans plusieurs
familles consanguines [12, 57]. Il en est de même d'une série
de gènes participant peu ou prou à la réparation
de l'ADN et la recombinaison V(D)J (Ku70, Ku80, XRCC4, ADN-ligase I,
ADN-ligase IV, topo-isomérases, etc.) [12]. Nous sommes donc
dans une situation d'un défaut complet de réarrangement
des gènes d'Ig et du TCR chez l'homme dont le gène reste
à identifier.
Déficits immunitaires
et « maladies cassantes »
Plusieurs pathologies associent un déficit immunitaire
plus ou moins sévère à une instabilité chromosomique
[58]. Il s'agit en particulier de l'ataxie télangiectasie, le syndrome
de Nijmegen, le syndrome de Bloom, l'anémie de Fanconi ou encore
un cas isolé de déficit en ADN-ligase I. Ces pathologies
sont de transmission autosomique récessive et sont caractérisées
d'un point de vue cellulaire par une radiosensibilité augmentée,
parfois associée, à un défaut de contrôle du
cycle cellulaire après irradiation. On retrouve chez ces patients
une forte prédisposition à différentes hémopathies
malignes associée à un syndrome de cassure chromosomique.
Dans le cas de l'ataxie télangiectasie et du syndrome de Nijmegen,
cette fragilité chromosomique s'accompagne souvent de translocations
faisant intervenir les gènes du TCR. Le déficit peut être
sévère et affecte en général les fonctions
humorales (lymphocytes B) et cellulaires (lymphocytes T). Il est parfois
plus marginal comme dans l'anémie de Fanconi. L'ataxie télangiectasie
et le syndrome de Nijmegen sont des pathologies voisines mais dont les
gènes en cause sont différents [59]. Le gène responsable
de l'ataxie télangiectasie, ATM sur le chromosome 11, appartient
à la famille des phosphatidylinositol-3 kinase au même titre
que ADN-PKcs. Le produit du gène ATM serait impliqué
dans la voie de signalisation du dommage à l'ADN vers la protéine
p53 [36]. Dans cette optique ATM est considéré comme
un gène suppresseur de tumeur, ce qui a récemment été
proposé pour ADN-PKcs également [60]. Le gène NBS1
(ou nibrin) est localisé sur le chromosome 8 et code pour
une protéine de 95 kDa [61-63]. Bien que la structure primaire
de NBS1 ne révèle pas d'homologie frappante avec d'autres
protéines, on peut cependant noter deux motifs structuraux dans
sa région N-terminale, dont l'un est un motif BRCT (voir supra),
ce qui rend un peu plus générale la présence de tel
motif dans les protéines de la réponse aux dommages à
l'ADN. La protéine NBS1 fait partie d'un complexe multiprotéique
composé de hRad50, hMRE11 et d'autres facteurs non identifiés
[61]. Chez la levure, Rad50p et Mre11p s'associent à une autre
protéine Xrs2p dont le poids moléculaire (95 kDa) est identique
à celui de NBS1 (revue en [64]). Du point de vue de leur séquence
primaire, rien n'apparente cependant ces deux protéines. Le complexe
Rad50p-MRE11p-Xrs2p joue un rôle fondamental, chez la levure, dans
les mécanismes de réparation des cassures double brin de
l'ADN par religation des extrémités non homologues (NHEJ)
après radiations ionisantes. De même, l'inactivation de MRE11
dans des cellules ES de souris entraîne une hypersensibilité
aux radiations ionisantes [65]. Dans les cellules de mammifères
les rayons ionisants conduisent à une relocalisation du complexe
hRad50-hMRE11-NBS1 en focus à l'intérieur du noyau, peut-être
aux sites des lésions [66]. Dans le syndrome de Nijmegen, l'absence
de NBS1 empêche la formation de ces focus [61]. Ce complexe protéique
a-t-il la moindre relevance avec l'étape de réparation de
l'ADN au cours de la recombinaison V(D)J ? Il est trop tôt pour
en avoir une idée précise. Certains proposent que l'activité
exonucléasique de MRE11 pourrait intervenir dans l'ouverture des
hairpins présents aux extrémités codantes
à la suite de l'étape de clivage [67]. Le syndrome de Bloom
est caractérisé par une absence d'activité ADN-ligase
I in vitro et le gène défectueux, BLM, code
pour une ADN-hélicase homologue à la protéine RecQ
des bactéries [68]. Ici encore, le rapport avec la recombinaison
V(D)J semble lointain. En effet, les cellules de patients présentant
un syndrome de Bloom, au même titre que celles d'un patient ayant
un défaut du gène codant pour l'ADN-ligase I elle-même
ou les cellules ataxie télangiectasie, ne présentent pas
de défaut de l'activité recombinase in vitro [46,
47]. On ne peut pas exclure que ces protéines interviennent dans
d'autres mécanismes de réarrangements du génome spécifiques
au système immunitaire tels que la commutation isotypique de la
chaîne lourde des Ig (Switch), mais ceci dépasse le cadre
de cette revue. Finalement, l'anémie de Fanconi est également
un défaut caractérisé par une grande instabilité
chromosomique spontanée [69]. Cette pathologie est très
hétérogène avec huit groupes de complémentation
(A-H). Les gènes responsables sont identifiés pour les groupes
A et C mais la fonction du produit de ces gènes reste inconnue.
L'utilisation du test V(D)J in vitro dans des cellules de patients
FA-C et FA-D a montré l'existence d'importantes imprécisions
lors de l'étape de religation des extrémités codantes
après clivage [70]. Ces imprécisions sont en général
dues à une dégradation excessive des extrémités
de l'ADN. Ce résultat contraste cependant avec l'absence de phénotype
immunologique sévère chez les patients atteints d'une anémie
de Fanconi.
Ce dernier exemple de l'anémie de Fanconi est assez représentatif
de la situation, quelque peu paradoxale, dans laquelle nous nous trouvons.
Aucune des pathologies susmentionnées ne conduit à un
phénotype de SCID T-B- alors même qu'elles résultent
de défauts majeurs de réparation de l'ADN, en particulier
des cassures double brin, défaut qui se traduit souvent par des
manifestations extrahématologiques (ataxie, télangiectasie,
microcéphalie) et/ou hématologiques (hémopathies).
À l'inverse, un défaut total, a priori plus sévère,
de réparation de ces cassures au cours de la recombinaison V(D)J,
ne semble pas avoir de manifestations autres que l'absence de lymphocytes
T et B chez les patients SCID bien que le déficit moléculaire
ne soit pas spécifique à la lignée lymphocytaire.
Recombinaison V(D)J illégitime
Pour terminer, la recombinaison V(D)J peut être envisagée
sous l'angle de son implication possible dans les processus de leucémogenèse.
Par essence, la recombinaison V(D)J doit être un processus moléculaire
hautement contrôlé afin d'éviter des remaniements
illicites du génome. Trois niveaux de régulation peuvent
être évoqués.
1) La présence des deux protéines RAG1 et
RAG2 est nécessaire pour l'initiation de la recombinaison et l'expression
des gènes codant pour ces deux facteurs est spécifique des
seules cellules lymphoïdes, éludant toute recombinaison V(D)J
illégitime en dehors du système immunitaire.
2) Les séquences signales de recombinaison (RSS)
sont formées d'heptamères et de nonamères et sont
donc vraisemblablement largement représentées dans le génome.
Cependant, ces deux éléments sont séparés
de 12 ou 23 paires de bases et la recombinaison V(D)J ne s'effectue qu'entre
segments bordés par des RSS-12 et RSS-23 (règle du 12/23),
ce qui donne un degré supplémentaire de contrainte. Les
protéines RAG1 et RAG2 elles-mêmes maintiennent cette règle.
3) Le troisième niveau de contrôle réside dans
le degré d'accessibilité de l'ADN à la recombinase
(revue en [71]). Selon ce principe, seuls les locus qui présentent
leur chromatine dans une configuration ouverte peuvent réarranger.
Ce dernier niveau de régulation est en particulier le garant
des réarrangements concertés des gènes d'Ig et
du TCR dans les lymphocytes B et T respectivement. L'ensemble des éléments
génétiques (V, D, J, C) spécifiques de chaque locus
d'Ig ou du TCR est localisé sur le même chromosome et ne
nécessite pas un processus de trans-réarrangement
entre chromosomes distincts. Néanmoins, de tels réarrangements,
interlocus, existent à une fréquence faible dans les lymphocytes
normaux. C'est le cas par exemple des deux locus de la chaîne
légère des Ig (k et l) avec une fréquence mille
fois inférieure à celles des réarrangements normaux
[72]. Des réarrangements inter-locus ont également été
décrits pour les gènes g et d, ou g et b du TCR chez l'homme
[73, 74]. La fréquence de ces réarrangements augmente
considérablement dans les pathologies telles que l'ataxie télangectasie
[75] et donne une indication du risque de développement d'une
hémopathie lymphoïde maligne [76]. Dans ce contexte, l'implication
de la recombinaison V(D)J dans les translocations a été
soulevée.
Translocations dans les
hémopathies malignes
Les hémopathies malignes sont très généralement
associées à des translocations chromosomiques mettant
en jeu des gènes suppresseurs de tumeurs ou des oncogènes,
événements moléculaires qui participent au processus
de leucémogenèse. Dans les leucémies lymphoïdes,
ces translocations font volontiers intervenir les locus des Ig et du
TCR, suggérant assez fortement qu'elles procèdent d'une
recombinaison V(D)J illégitime. Des arguments directs pour un
tel mécanisme ont été apportés dans plusieurs
systèmes (figure 6a).
Dans le cas du lymphome folliculaire, la translocation de l'oncogène
Bcl2 dans le locus de la chaîne lourde des Ig pourrait
être le résultat d'une recombinaison illégitime
au travers de séquences RSS cryptiques présentes dans
la région mbr (major breakpoint région) du gène
BCL2 [77]. Cette hypothèse est renforcée par l'existence
de courtes délétions ainsi que par l'addition de nucléotides
N aux points de cassure. Le même phénomène a été
évoqué pour la translocation de cMyc dans le locus a/d
du TCR dans la lignée leucémique MOLT-16 ainsi que dans
d'autres leucémies T [78, 79]. Ces translocations médiées
par la recombinase V(D)J semblent également intervenir à
l'extérieur même de tout locus d'Ig ou du TCR. C'est probablement
le cas de la modification du gène SCL retrouvée
dans certaines T-ALL et qui entraîne la dérégulation
de l'expression de ce facteur de transcription [80]. Enfin une recombinaison
V(D)J illégitime est également responsable de la délétion
du gène supresseur de tumeur MTS1/p16INK4a/CDKN2 dans
un nombre important de leucémies T caractérisées
par des réarrangements du chromosome 9 ainsi que dans la lignée
MOLT-4 [81]. Dans certains cas de translocations, l'existence de séquences
RSS cryptiques pouvant participer au processus de recombinaison illégitime
n'est pas évidente. Un autre mécanisme (revue en [82])
a été proposé sans arguments directs très
convaincants selon lequel l'existence d'une cassure double brin dans
un des locus des Ig ou du TCR pourrait s'accompagner d'une autre cassure
aléatoire sur un autre chromosome devenant ainsi partenaire de
la translocation. Une explication beaucoup plus rationnelle proposée
tout récemment repose sur le fait que RAG1 et RAG2 ont une activité
de transposition in vitro [83-85].
RAG1/RAG2 : un transposon
« éteint » ?
Les transposons sont des éléments génétiques
mobiles autonomes qui peuvent se déplacer dans le génome.
Ils sont, très schématiquement, composés d'un ou
de plusieurs gènes codant pour une activité « transposase
», bordés par des séquences signales au travers desquelles
s'effectue la réaction de transposition. Des analogies entre recombinaison
V(D)J et transposition sont apparues dès la mise au point de l'étape
de clivage par les protéines RAG1/2 dans des systèmes acellulaires
[86]. Ainsi, la recombinaison V(D)J, l'intégration rétrovirale
et le processus de transposition font tous intervenir un groupement hydroxyl
(3'-OH) responsable d'une réaction de transestérification
dépendante d'ions magnésium sur le brin d'ADN cible. L'existence
même des séquences RSS rappelle les séquences présentes
de part et d'autre des transposons. Finalement, l'organisation des gènes
RAG1 et RAG2 sous forme d'une unité compacte laissait
penser, dès leur clonage, que ces deux éléments puissent
appartenir à un élément transposable ancestral. Hiom
et al. et Agrawal et al. ont apporté des preuves
expérimentales directes selon lesquelles les protéines RAG1
et RAG2 sont capables, en tube, de transférer du matériel
génétique entre deux molécules d'ADN par transposition
[84, 85]. Les protéines RAG ont donc une activité transposase
in vitro. Les implications de cette découverte sont doubles.
D'un point de vue purement évolutif, ces résultats, suggèrent
qu'un ou plusieurs événements de transposition médiés
par RAG1 et RAG2 pourraient être à l'origine de la structure
« éclatée » des gènes d'immunoglobulines
et du TCR. À partir de ces résultats, on peut également
envisager que les protéines RAG soient à l'origine de translocations
chromosomiques non plus par recombinaison V(D)J illégitime mais
par transposition (figure 6b).
Deux types de transpositions peuvent être imaginées à
partir du groupement hydroxyl présent sur les extrémités
signales libres [83]. Dans le modèle de simple transposition, un
groupement OH attaque un fragment d'ADN cible, entraînant l'apparition
d'un nouveau groupe OH dans ce dernier et la formation d'une structure
branchée. La résolution de cette structure par les protéines
RAG entraîne une cassure double brin au niveau du gène cible
et la formation des épingles à cheveux à son extrémité
codante. La machinerie de réparation de l'ADN se charge de rabouter
ce nouveau gène à l'autre extrémité codante
générée initialement dans le gène d'Ig ou
du TCR, générant ainsi la translocation du gène cible
dans le gène d'Ig ou du TCR. Le même mécanisme est
envisagé dans le cas d'une transposition double où cette
fois les deux extrémités signales libres participent à
la transposition. L'analyse future des translocations existantes dans
les leucémies sera d'un grand intérêt pour apprécier
si ce phénomène de transposition par les protéines
RAG peut réellement intervenir in vivo.
Note. Durant l'édition de cet
article, le phénotype des souris KO pour XRCC4 et ADN-ligase IV
a été publié par F.W. Alt et al. Du point
de vue strictement lymphoïde, l'absence de ces deux protéines
bloque le développement lymphoïde T et B par absence de recombinaison
V(D)J.
* Franck KK, et al. Late embryonic lethality and
impaired V(D)J recombination in mice lacking DNA-ligase IV. Nature
1998 ;
306 : 173-7.
* Gao Y, et al. A critical role for DNA end-joining
proteins in both lymphogenesis and neurogenesis. Cell 1998 ; 95
: 891-902.
CONCLUSION
L'évolution a sélectionné un mécanisme
complexe, peut-être à partir d'un élément transposable,
permettant de générer un répertoire aux spécificités
antigéniques diversifiées pour les lymphocytes T et B :
la recombinaison V(D)J. Une faille dans le système peut entraîner
tout aussi bien une alymphocytose par défaut qu'une leucémie
par excès. Plusieurs questions restent en suspens. Quel est le
facteur impliqué dans la recombinaison V(D)J et la réparation
de l'ADN, défectueux chez les patients SCID T-B- radiosensibles
? Entre RAG1 et RAG2 finalement qui fait quoi et comment
? Le transposon RAG1/RAG2 peut-il se réveiller in vivo et
participer aux translocations chromosomiques dans les hémopathies
malignes ? Enfin, quelles sont les bases moléculaires de la régulation
en cis de la recombinaison V(D)J ? Cette dernière question
relative à l'accessibilité de l'ADN n'a pas été
évoquée dans cette revue mais n'en demeure pas moins une
composante clé de la recombinaison V(D)J.
Remerciements
Je saisis l'occasion de ce manuscrit pour rendre hommage à Eugénia
Spanopoulou tragiquement disparue dans l'accident aérien du mois
de septembre 1998. La contribution scientifique d'Eugénia à
la compréhension de la recombinaison V(D)J tant du point de vue
physiologique qu'en pathologie est considérable. Eugénia
était également une amie et nous la regrettons tous. Je
remercie Isabelle Callebaut pour la représentation graphique
de la structure en hélice-b présentée figure
4. Je remercie Régina de Chasseval, Barbara Cornéo,
Despina Moshous, Nathalie Nicolas, Isabelle Villey, Laurent Mauvieux,
Anne Baraud et plus généralement l'ensemble des personnes
de l'unité U. 429 qui ont participé à ce travail.
Je remercie enfin Françoise Le Deist pour la relecture bienveillante
de ce manuscrit et Alain Fischer pour son continuel support. Nos travaux
sont financés par des crédits de l'INSERM, de l'ARC, de
l'AFM et du MENRT.
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