ARTICLE
Les plaquettes sont impliquées dans les phénomènes
d'hémostase, leur rôle étant d'assurer le maintien
de l'intégrité vasculaire. Une diminution de leur nombre
ou une anomalie de leur fonction va rompre cet équilibre avec
le développement de syndromes hémorragiques. La formation
d'une brèche vasculaire entraîne une succession d'événements
auxquels participent les plaquettes. La première phase correspond
aux phénomènes d'adhésivité impliquant des
récepteurs plaquettaires qui reconnaissent des protéines
présentes dans le sous-endothélium, telles que le facteur
von Willebrand (vWF), le collagène, la laminine. Cette étape
est suivie par une activation avec sécrétion du contenu
granulaire. Enfin, l'interaction entre plaquettes adjacentes correspond
à l'agrégation plaquettaire. Ces phénomènes
mettent en jeu des récepteurs, qui sont des glycoprotéines,
et des protéines qui représentent leurs ligands [1, 2].
Dans ce chapitre, nous décrivons les points les plus importants
du diagnostic des thrombopathies et de la stratégie d'exploration
des pathologies plaquettaires en insistant sur les nouveaux moyens à
notre disposition. Il est à noter une grande hétérogénéité
dans la connaissance des thrombopathies. Pour certaines d'entre elles,
comme pour la thrombasthénie de Glanzmann ou le syndrome de Bernard-Soulier,
la base moléculaire de l'anomalie est découverte. Pour
ces pathologies, tous les moyens actuels de biologie moléculaire
et cellulaire permettent de cibler l'anomalie. Pour de nombreuses autres
pathologies, la base moléculaire du déficit reste mystérieuse
et leurs descriptions dans la littérature permettent seulement
une connaissance de leur phénotype. Enfin, les investigations
biologiques plaquettaires actuelles permettent l'identification de nouvelles
pathologies comme les anomalies de la transmission des signaux intraplaquettaires.
Contexte clinique
- Il est à souligner que les explorations biologiques doivent
s'accompagner d'une connaissance précise du contexte clinique
qui permettra d'orienter les recherches. La précocité
de la survenue du syndrome hémorragique au cours de la vie,
sa localisation, les antécédents familiaux et l'origine
ethnique du patient seront des éléments qui permettront
de juger de la sévérité du syndrome et de le
placer dans un contexte d'anomalie congénitale ou acquise.
Les thrombopathies constitutionnelles sont soit isolées, soit
associées à des pathologies plus générales
accompagnées d'anomalies d'autres cellules sanguines, d'organes
(rein, foie), ou de surdité, albinisme, eczéma, infections.
Les thrombopathies sont souvent associées à des thrombopénies
et parfois assimilées à des purpuras thrombopéniques
idiopathiques (PTI) [3].
Anomalies de la fonction
plaquettaire et déficit d'un récepteur effecteur
Thrombasthénie de Glanzmann
La thrombasthénie de Glanzmann est une pathologie plaquettaire
hémorragique congénitale, rare, où des anomalies
quantitatives ou qualitatives de l'intégrine alphaIIbbeta3
sont associées à une absence de l'agrégation plaquettaire
et dont la transmission est autosomale récessive [3-6]. Des anticorps
antiplaquettes dans le cadre d'un syndrome dysimmunitaire ou encore
les traitements anti-agrégants de type anti-GP IIb-IIIa chez
des malades avec un syndrome d'ischémie coronaire peuvent reproduire
les anomalies fonctionnelles de cette thrombopathie.
Circonstances de diagnostic
Le syndrome hémorragique se manifeste dès la naissance
par du purpura, des gingivorragies, des épistaxis. Le diagnostic
doit être évoqué chez le nouveau-né présentant
un saignement au niveau du cordon ombilical ou des pétéchies.
Une forte proportion des patients présentant cette pathologie
appartient à des communautés où existe une forte
consanguinité. Le diagnostic peut être évoqué
plus tardivement chez l'enfant ou l'adulte jeune à l'occasion
d'épistaxis ou d'autres saignements muqueux ou encore après
des saignements postopératoires. Le diagnostic est plus rarement
effectué à partir de la mise en évidence d'un temps
de saignement allongé. Chez l'adulte plus âgé, ce
sont des formes acquises de thrombasthénie de Glanzmann qui doivent
être suspectées.
Critères de diagnostic
- L'agrégation plaquettaire est nulle quel que soit l'inducteur
utilisé (ADP, collagène, acide arachidonique, épinéphrine,
thrombine) (figure 1).
L'agglutination des plaquettes à la ristocétine est présente
mais, souvent, elle est suivie de désagglutination rapide ou
de séries de vagues d'agglutination et de désagglutination.
Le nombre des plaquettes reste normal ainsi que leur morphologie.
- La cytométrie en flux (figure
2), avec utilisation d'anticorps monoclonaux dirigés
contre GP IIb-IIIa, soit directement conjugués, soit révélés
par des d'anticorps secondaires marqués avec un fluorochrome,
permet d'effectuer le diagnostic [7]. Un grand avantage de cette technique
est qu'elle ne nécessite que des quantités minimes de
sang. L'utilisation d'anticorps monoclonaux dirigés contre chacune
des deux glycoprotéines, ou encore contre des épitopes
dépendants du complexe et enfin dépendants de l'activation
[8], permet la détection de variants correspondant à des
anomalies qualitatives des complexes GP IIb-IIIa. L'étude de
la fixation du fibrinogène conjugué au FITC est un complément
très utile à l'étude de ce récepteur [9].
La cytométrie en flux est particulièrement utile pour
le diagnostic chez le nouveau-né.
Examens supplémentaires
- La recherche du type de thrombasthénie de Glanzmann (type
I < 5 % de GP IIb-IIIa, type II entre 5 et 15 % et variant) nécessite
de connaître la quantité de GP IIb-IIIa des plaquettes
[4]. L'analyse des chaînes séparées de GP IIb et
de GP IIIa est effectuée par électrophorèse en
gel de polyacrylamide, en simple ou double dimension, à partir
de protéines plaquettaires solubilisées dans le détergent
ionique SDS (SDS-PAGE). La recherche de traces de GP IIb ou de GP IIIa
est aussi effectuée par immuno-empreintes en utilisant des anticorps
monoclonaux ou polyclonaux spécifiques de ces glycoprotéines.
La présence ou l'absence de fibrinogène intraplaquettaire
est souvent recherchée ainsi que le degré de rétraction
du caillot [4, 5].
- La recherche du défaut génétique des gènes
codant pour GP IIb et GP IIIa est réservée aux laboratoires
spécialisés dans ces domaines (voir [6]). Les anomalies
trouvées à ce jour sont très variées, les
mutations se répartissent sur les différents exons codant
pour GP IIb ou GP IIIa [1, 7]. Pour les variants, qui sont moins nombreux,
une mutation a été trouvée au niveau de l'acide
aminé 214 de GP IIIa pour trois différentes familles.
Un autre variant présente une mutation au niveau de la partie
intracytoplasmique de GP IIIa (acide aminé 752), ce qui entraîne
l'incapacité de GP IIb-IIIa à acquérir sa fonction
de site récepteur pour le fibrinogène.
Syndrome de Bernard-Soulier
Cette pathologie plaquettaire congénitale résulte d'un
déficit ou d'une anomalie qualitative du complexe GP Ib-IX-V
qui se traduit par un syndrome hémorragique important [3, 4].
La transmission est habituellement autosomale récessive dans
un cas, une transmission sur un mode dominant a été rapportée.
L'anomalie fonctionnelle majeure concerne le défaut d'adhésivité
des plaquettes au vWF. Cette pathologie très rare, initialement
appelée "dystrophie thrombocytaire hémorragipare", a été
décrite pour la première fois en 1948 [10].
Circonstances de diagnostic
Le diagnostic doit être envisagé lors d'un syndrome hémorragique
chez le nouveau-né (saignement au niveau du cordon, pétéchies).
Chez l'enfant ou l'adulte jeune, il doit être évoqué
à l'occasion d'épistaxis ou d'autres saignements muqueux,
ou encore après des saignements post-chirurgicaux. Le diagnostic
peut être également suspecté à la suite de
la mise en évidence d'un temps de saignement allongé ou
d'une thrombopénie avec plaquettes géantes. Toutefois,
le plus souvent c'est le syndrome hémorragique qui motive les
investigations [3].
Critères de diagnostic
- Les plaquettes sont en nombre diminué, de taille géante,
de forme arrondie.
- L'agglutination à la ristocétine est nulle, en revanche
l'agrégation plaquettaire induite par les agonistes physiologiques,
excepté la thrombine, est normale (figure
1).
- Une absence d'agglutination à la ristocétine pouvant
résulter d'un déficit en vWF, situation beaucoup plus
courante, le dosage du vWF RCo et vWF Ag s'impose.
- La cytométrie en flux est particulièrement intéressante
pour cette pathologie alliant thrombopénie et plaquettes géantes
(figure 2). Elle permet
d'analyser en parallèle 1) la fixation d'anticorps monoclonaux
dirigés contre les différents composants du complexe GP
Ib-IX-V, 2) l'homogénéité de l'anomalie au sein
de la population plaquettaire et 3) la taille des plaquettes. L'utilisation
d'un panel d'anticorps est souhaitable : il doit comprendre des
anticorps dirigés contre la partie N-terminale de
GP Ibalpha, où est localisé le site récepteur du
vWF, d'autres anticorps dirigés contre la partie du macroglycopeptide
de GP Ibalpha, des anticorps anti-GP IX et, lorsque cela est possible,
des anticorps anti-GP V et GP Ibbeta [7]. Il est utile, pour ce type
de pathologie où la taille des plaquettes avoisine celle des
globules blancs, d'effectuer un double marquage avec un anti-GP IIb-IIIa.
Le déficit peut être global mais, le plus souvent, on trouve
une expression résiduelle de plusieurs sous-unités du
complexe [4, 11].
- Cette pathologie est à différencier d'un PTI car,
dans les deux cas, on note une thrombopénie. La recherche d'anticorps
antiplaquettes s'avère donc nécessaire.
Examens supplémentaires
- L'analyse des composants du complexe GP Ib-IX-V par immuno-empreinte
montre la présence de quantités résiduelles de
protéines. L'absence de toute trace de l'un des composants du
complexe peut faciliter l'identification du gène muté.
Les études en biologie moléculaire ont montré des
mutations au niveau du gène codant pour GP Ibalpha, non seulement
au niveau de la partie N-terminale, mais aussi dans des zones plus proches
de la partie transmembranaire ; des mutations sur les gènes
codant pour la GP IX et la GP Ibbeta ont également été
rapportées [7, 11]. À ce jour, aucune mutation n'a été
trouvée pour GP V.
- L'origine de la thrombopénie n'est toujours pas élucidée.
Si dans les quelques cas où les mégacaryocytes ont été
examinés, il a été montré des anomalies
susceptibles d'expliquer une mégacaryocytopoïèse
inefficace, cette explication n'est peut-être pas la seule pour
justifier l'intensité de la thrombopénie.
- L'anomalie de la consommation de prothrombine est une caractéristique
du syndrome de Bernard-Soulier [4].
Anomalies
de la fonction plaquettaire et déficit d'un récepteur
d'agoniste
Anomalie isolée de la réponse au
collagène
Les plaquettes comportent plusieurs récepteurs impliqués
dans l'interaction avec le collagène qui sont le complexe GP
Ia-IIa, la GP IV (CD 36) et une protéine de 62 kDa, la GP VI.
Le déficit en complexe GP Ia-IIa (intégrine alpha2beta1)
est actuellement le mieux évalué. La présence de
GP IV n'est pas constante sur les plaquettes de tous les individus,
en particulier dans la population asiatique où une faible proportion
de sujets sont déficients pour cette GP, individus appelés
(Naka-) [12]. Ce déficit ne s'accompagne d'aucun syndrome
hémorragique ou anomalie fonctionnelle plaquettaire significative.
Enfin, il a été rapporté une absence d'agrégation
spécifique au collagène chez un individu présentant
un déficit sévère en GP VI [13]. Ce type d'observation
demeure ponctuel, mais grâce à l'utilisation de la convulxine
qui est une protéine dérivée du venin de serpent,
l'étude de la voie de l'activation induite par la GP VI devient
possible [14].
Déficit en GP Ia-IIa
Clinique et biologie
Le seul cas de déficit congénital décrit dans
la littérature concerne une patiente avec un syndrome hémorragique
important [15]. Le temps de saignement est très allongé,
le nombre de plaquettes est normal. Il n'existe pas d'agrégation
avec le collagène et l'adhésion au sous-endothélium
est réduite. L'agrégation est normale avec tous les autres
inducteurs. L'anomalie semble concerner la GP Ia.
Grâce à des anticorps monoclonaux, l'évaluation
de GP Ia-IIa peut être effectuée par cytométrie
en flux ou par immuno-empreinte. Le nombre de copies par plaquette a
été initialement évalué par des études
de liaison d'anticorps monoclonaux radiomarqués. Il a été
trouvé entre 800 et 1 800 sites de GP Ia-IIa par plaquette, selon
l'anticorps monoclonal qui a servi à faire les tests de liaison.
Les travaux de Kunicki et al. [16] indiquent que ce taux est
très variable d'un individu à un autre, mais aussi que,
chez les femmes, le nombre de sites récepteurs pour le collagène
varie en fonction du cycle menstruel. Cette variation du nombre de sites
est liée au polymorphisme du gène codant pour la GP Ia.
Dans ce contexte de très grande variabilité du nombre
de copies de GP Ia-IIa, avec en plus un nombre faible de copies par
plaquette chez les sujets normaux, le diagnostic n'est pas aisé
et la plus grande prudence s'impose avant d'affirmer une anomalie congénitale.
Les études récentes semblent montrer que le collagène
se fixe au niveau de la GP Ia-IIa et que la transmission du signal responsable
de l'agrégation se fait par la GP VI.
Anomalie isolée de la réponse à
l'ADP
Clinique et biologie
Plusieurs observations sont rapportées : le syndrome hémorragique
est modéré mais s'exprime essentiellement au cours d'une
intervention ou lors d'un traumatisme. Les anomalies sont caractérisées
par une agrégation réduite et réversible même
aux fortes doses d'ADP [9, 17]. L'agrégation avec l'acide arachidonique
ainsi qu'avec d'autres agonistes est normale, excepté aux faibles
doses. La réponse au collagène est diminuée à
cause du rôle synergique de l'ADP. Les granules denses sont normaux
en nombre et en contenu. Ce profil d'agrégation rappelle celui
qui est observé chez des patients recevant de la ticlopidine.
Précision du diagnostic
Le nombre de sites récepteurs du (3H)-2-méthyl-thio
ADP (un analogue stable de l'ADP) à la surface plaquettaire est
très réduit : de l'ordre de 30 pour le patient étudié
dans notre laboratoire par rapport à 836 ± 126 pour les
témoins [9]. Il en résulte une anomalie d'activation du
complexe GP IIb-IIIa par l'ADP (figure
2). Il reste à déterminer quel récepteur
est génétiquement anormal (P2Y1, P2TPLC ou
P2TAC selon les auteurs) ou si l'anomalie concerne une voie
de transmission du signal.
Anomalies d'autres récepteurs
De nombreux récepteurs plaquettaires appartiennent à
la classe des récepteurs à sept domaines transmembranaires.
La détection d'anomalies de ces récepteurs commence à
émerger : une mutation au niveau du récepteur du
TxA2 a été identifiée (Arg60 => Leu
[18]) chez un patient présentant un syndrome hémorragique.
Ce syndrome se caractérise par une absence d'agrégation
au thromboxane A2 et à ses analogues malgré un changement
de forme normal. Ce récepteur est lié à la phospholipase
C (PLC) par une Gq protéine. L'activation de la phospholipase
C a été trouvée anormale confirmant cette voie
d'activation. Un autre exemple concernant ce type de récepteur
est un déficit en récepteur alpha-2-adrénergique
se caractérisant par une absence sélective de l'agrégation
à l'adrénaline [19].
Anomalie
de réponse à l'acide arachidonique
Les anomalies congénitales résultant soit d'un déficit
en cyclooxygénase, soit d'un déficit en thromboxane synthétase
sont excessivement rares [13]. Le premier déficit en cyclooxygénase
a été rapporté par Malmsten et al. [20].
Les plaquettes n'agrègent pas à l'acide arachidonique
et présentent, avec les autres inducteurs, un profil semblable
à celui observé avec l'aspirine : absence d'agrégation
au collagène et agrégation réversible à
l'ADP (figure 1). L'anomalie
se situe au niveau de la cyclooxygénase qui est incapable de
convertir l'acide arachidonique en prostaglandine PGG2. Le
syndrome hémorragique est le plus souvent modéré.
Les déficits en thromboxane synthétase présentent
le même profil d'agrégation [21]. La démonstration
directe d'un déficit en thromboxane synthétase peut être
obtenue par l'étude du métabolisme d'(H3) acide
arachidonique.
Il n'est pas toujours facile de différencier une anomalie congénitale
d'une simple prise médicamenteuse. Étant donné
la rareté de ces anomalies et la fréquence de la mise
en évidence de ce profil d'agrégation à la suite
de prises d'aspirine avouées ou pas, il est prudent, avant d'entreprendre
des investigations très sophistiquées, d'effectuer un
dosage d'acide salicylique dans le sang.
Anomalies de la transmission
du signal
Les anomalies appartenant à ce groupe sont de description récente.
Un premier exemple concerne une anomalie de la transmission du signal
induit par le thromboxane A2. Ce cas est caractérisé par
la présence d'un syndrome hémorragique modéré.
L'agrégation plaquettaire est anormale à l'acide arachidonique
et au collagène, la réponse est réversible avec
l'ADP et anormale avec un analogue de TxA2. L'agglutination avec la
ristocétine est normale. La mobilisation du Ca++ intracytoplasmique
est réduite, en particulier pour des plaquettes stimulées
par un analogue du TxA2. Les auteurs situent l'anomalie au niveau de
l'activation de la phospholipase C à partir du récepteur
du TxA2 [22].
Dans un deuxième cas, l'agrégation plaquettaire est
réduite avec l'ADP, le collagène, l'acide arachidonique,
le PAF, l'ionophore A23187. Le complexe GP IIb-IIIa est de taux normal.
En revanche, les modifications conformationnelles induites par l'ADP
et détectées avec des anticorps anti-LIBS ou le PAC-1
sont diminuées. Un défaut de phosphorylation de la pleckstrine
par la protéine kinase C a été mis en évidence
[23].
Un troisième cas concerne un patient avec des saignements modérés.
L'agrégation plaquettaire est diminuée pour plusieurs
agonistes. La fixation sur GP IIb-IIIa d'anticorps activation-dépendants
est anormale après stimulation des plaquettes. L'analyse des
protéines G a montré une diminution de la sous-unité
Galphaq [24]. Ces types de syndromes deviennent désormais possibles
à identifier par l'utilisation en immuno-empreintes d'anticorps
monoclonaux dirigés contre les différentes sous-unités
des protéines G, ainsi que des anticorps spécifiques des
tyrosines phosphorylées.
Déficits
de l'agrégation plaquettaire avec anomalies des granules
Les pathologies liées à des anomalies des granules alpha
ou denses des plaquettes donnent lieu à des syndromes hémorragiques
le plus souvent modérés. Très variées, ces
anomalies sont souvent regroupées sous le terme storage pool
disease (SPD). Leurs principales caractéristiques sont résumées
dans le tableau.
Pathologies plaquettaires avec anomalies des granules
alpha
Syndrome des plaquettes grises ou alphaSPD
En l'absence de connaissances plus précises des bases moléculaires
conduisant à cette anomalie, le diagnostic repose sur des arguments
essentiellement morphologiques [3, 4].
Circonstances et critères de diagnostic
- La présence d'une thrombopénie et d'un syndrome hémorragique
modéré se manifestant spontanément ou au cours
d'intervention. La pathologie se complique progressivement d'une myélofibrose.
- L'examen morphologique des plaquettes : en absence des granules
alpha, les colorations classiques de cytologie font apparaître
les plaquettes grises et, de ce fait, difficiles à identifier.
La plupart des plaquettes sont de grande taille.
- L'agrégation plaquettaire est le plus souvent normale mais
parfois la réponse au collagène ou à la thrombine
est anormale [25].
- La cytométrie en flux permet de mettre en évidence
de grandes plaquettes avec une composition en GP Ib-IX normale. L'étude
des cellules fixées par le paraformaldéhyde et perméabilisées
montre que le fibrinogène intraplaquettaire est très diminué
ainsi que les autres protéines de granules alpha.
- Un critère important permettant de différencier cette
pathologie d'un PTI est l'absence d'anticorps antiplaquettes.
Examens spécialisés
- Le déficit du pool intraplaquettaire en fibrinogène,
vWF, thrombospondine et autres protéines des granules alpha est
majeur. Il peut être évalué quantitativement par
ELISA ou en SDS-PAGE avec ou sans immuno-empreinte.
- La microscopie électronique permet de visualiser le compartiment
intracytoplasmique et les immunomarquages évaluent la présence
d'éventuels granules alpha résiduels.
- L'utilisation d'anticorps monoclonaux anti-P-sélectine a
permis de montrer que ce constituant des membranes des granules alpha
était présent mais localisé dans les membranes
du SCCS des plaquettes d'un malade présentant le syndrome de
plaquettes grises. Pour un autre patient la P-sélectine était
abaissée.
Syndrome de Paris-Trousseau
Clinique et biologie
Cette anomalie plaquettaire est associée à un contexte
clinique plus général qui se manifeste par des anomalies
du squelette et un retard mental. Il s'agit d'une thrombopénie
avec très grande richesse en mégacaryocytes et granules
alpha plaquettaires géants. Cette pathologie nouvellement décrite
est associée à une délétion du bras long
du chromosome 11 [26].
Anomalie Québec
Pathologie hémorragique congénitale à transmission
autosomale dominante de découverte récente, d'abord décrite
comme une anomalie du facteur V intraplaquettaire, elle est maintenant
considérée comme une anomalie plus globale des granules
alpha [27, 28].
Circonstances de diagnostic et critères
biologiques
- Syndrome hémorragique important essentiellement muqueux.
- Thrombopénie modérée, 100 000 plaquettes/mul
environ.
- Agrégation plaquettaire anormale avec l'épinéphrine,
avec toutefois, chez certains patients, des anomalies modérées
observées avec d'autres agonistes.
- Déficit du contenu en granules alpha avec mise en évidence
d'une protéolyse des protéines intragranulaires par SDS-PAGE
et immuno-empreinte.
Une caractéristique importante de ce syndrome est l'inefficacité
des transfusions plaquettaires. Les auteurs suggèrent que, en
diminuant la formation du complexe prothrombinase à la surface
plaquettaire, les propriétés procoagulantes produites
à la surface plaquettaire y sont diminuées, ce qui aurait
pour conséquence une réduction des capacités de
formation de thrombus aux sites de lésions des vaisseaux [27,
28]. Toutefois ces hypothèses n'expliquent pas l'inefficacité
transfusionnelle.
Pathologies plaquettaires avec déficits
en granules denses ou delta-SPD
Des anomalies congénitales des granules denses appelées
delta-SPD ont été décrites [3, 4]. Dans ce groupe,
il faut distinguer les formes associées à un albinisme,
comme c'est le cas pour le syndrome d'Hermansky-Pudlak ou encore le
syndrome de Chediak-Higashi [29], et les formes isolées plus
fréquentes. C'est également dans ce groupe que l'on classe
les anomalies plaquettaires liées au syndrome de Wiskott-Aldrich
ou la thrombopénie liée au chromosome X qui correspond
à une forme incomplète de Wiskott-Aldrich [30, 31].
Circonstances de diagnostic pour l'ensemble
des delta-SPD
Bilan plaquettaire chez un patient dont le diagnostic de syndrome
d'Hermansky-Pudlak, de Chediak-Higashi ou de Wiskott-Aldrich a déjà
été posé. En dehors de ce contexte très
particulier et peu fréquent, les examens sont entrepris pour
syndrome hémorragique modéré, saignements post-chirurgicaux,
allongement du temps de saignement.
Critères de diagnostic
- Le profil d'agrégation plaquettaire est particulier avec
une agrégation réversible à l'ADP même pour
de fortes doses de cet agoniste, une agrégation très réduite
même absente au collagène et une agrégation normale
avec l'acide arachidonique (figure
1).
- Le diagnostic de delta-SPD repose sur la mise en évidence
d'un déficit en granules denses ou de leur contenu, ou encore
d'une anomalie de la voie de la sécrétion. Plusieurs techniques
de microscopie permettent de visualiser les granules denses.
- En marquant les plaquettes avec de la mépacrine, un dérivé
de la quinacrine (substance antimalarique), les granules denses peuvent
être visualisés en microscopie de fluorescence. Une plaquette
normale contient environ 6 à 8 granules denses. Une évaluation
par cytométrie en flux de l'incorporation de mépacrine
est possible. Une étude du contenu des granules denses en sérotonine
et en nucléotides permet d'identifier des déficits partiels.
- Plus sophistiquée, la microscopie électronique permet
de comptabiliser les granules denses. Leur opacité permet de
les différencier de l'ensemble des autres constituants plaquettaires.
Ils peuvent également être identifiés par leur forte
affinité pour les ions d'uranyl [32].
- Quand l'anomalie concerne la sécrétion plaquettaire
et non le contenu des granules, le défaut d'agrégation
se manifeste uniquement aux faibles doses d'ADP, de collagène,
d'épinéphrine : le syndrome hémorragique associé
est alors modéré. La sécrétion plaquettaire
peut être testée avec la (C14)-5-hydroxytryptamine
que l'on incorpore préalablement aux plaquettes et dont on mesure
la sécrétion après stimulation par différents
inducteurs.
Examens complémentaires
- Dans le syndrome d'Hermansky-Pudlak, l'identification du gène
muté a été récemment effectuée [33].
Il s'agit d'un gène codant pour un polypeptide transmembranaire
HPS entrant dans la composition des membranes d'organelles des mélanosomes,
des granules denses et des lysosomes plaquettaires. Plusieurs mutations
ont été mises en évidence dans des populations
portoricaines où l'anomalie est plus fréquente qu'ailleurs.
Il semblerait que, suivant le site de la mutation, il y ait des différences
dans le phénotype.
- L'anomalie génétique à l'origine du syndrome
de Chediak-Higashi a également été identifiée
[34]. Pour que la pathologie s'exprime, le sujet doit être homozygote
pour la mutation. Le gène code pour un polypeptide présentant
des homologies avec une phosphoprotéine impliquée dans
la régulation de la polymérisation des microtubules et
également avec une protéine impliquée dans la transduction
du signal régulant le trafficking intracellulaire des
protéines [29].
- Dans le syndrome de Wiskott-Aldrich, l'anomalie plaquettaire caractérisée
par des plaquettes de petite taille et un profil d'agrégation
de type SPD est associée à un tableau clinique d'infections
importantes, d'eczéma et de déficit immunitaire. La mutation
se situe au niveau du gène WASP (Wiskott-Aldrich syndrome
protein) qui code pour une protéine intracellulaire présentant
des homologies de séquence avec des protéines impliquées
dans la transduction de signal et dans le contrôle de l'organisation
du cytosquelette. Des mutations du même gène sont trouvées
dans les thrombopénies liées au chromosome X pour lesquelles
seul le versant plaquettaire est anormal [30, 31].
Pathologies plaquettaires avec déficits
en granules denses et alpha ou alphadelta-SPD
L'association d'anomalies des deux types de granules doit être
recherchée en systématique car elle est relativement fréquente.
Les granules sont généralement présents mais leurs
contenus sont réduits. Le profil plaquettaire ressemble essentiellement
aux delta-SPD [3].
Thrombopénies
et plaquettes géantes
Dans ce groupe de pathologies, la confusion de diagnostic avec les
purpuras thrombopéniques idiopathiques est très fréquente.
Le diagnostic est souvent évoqué à la suite de
l'inefficacité de la perfusion d'IgG polyspécifiques ou
d'une splénectomie. Une des clés du diagnostic repose
sur la mise en évidence de plaquettes géantes, qui ne
présentent pas de déficit en GP Ib, comme c'est le cas
dans le syndrome de Bernard-Soulier [35].
May-Hegglin
C'est une pathologie de transmission héréditaire autosomale
dominante. Les patients atteints de cette pathologie ne présentent
qu'exceptionnellement un syndrome hémorragique.
Circonstances et critères de diagnostic
- Découverte d'une thrombopénie dans le cadre d'une
enquête familiale, ou plus rarement au cours de syndromes hémorragiques
qui apparaissent surtout en postopératoire.
- La thrombopénie est franche, on trouve des plaquettes géantes
et des inclusions au niveau des leucocytes qui présentent un
aspect morphologique après coloration classique en cytologie
proche de celui des corps de Döhle. Les fonctions plaquettaires
sont normales et la recherche d'anticorps antiplaquettes, importante
dans ce contexte, est négative.
Examens supplémentaires
La durée de vie des plaquettes et la richesse médullaire
en mégacaryocytes sont normales.
Syndrome d'Epstein
L'anomalie plaquettaire correspondant à cette dénomination
est associée à une néphropathie (syndrome d'Alport)
et à une surdité de transmission [36]. Les plaquettes
sont géantes, la thrombopénie est franche, souvent moins
de 50 000/mul et atteignant parfois des valeurs plus basses que 20 000/mul.
La transmission est autosomale dominante. Plusieurs cas de familles
présentant ces associations ont été rapportés.
La difficulté de diagnostic résulte dans le fait que la
triade néphropathie, thrombopathie, surdité n'est pas
toujours complète. En particulier, la pathologie rénale
est souvent d'apparition retardée par rapport aux autres éléments.
Circonstance de diagnostic
Il peut s'agir de la découverte d'une thrombopénie,
avec mise en évidence de plaquettes géantes ou d'un bilan
plaquettaire sur diagnostic de PTI réfractaire aux traitements ;
il n'est pas rare que le diagnostic ne soit envisagé qu'après
splénectomie. Le diagnostic peut être effectué dans
le cadre d'une enquête familiale.
Critères de diagnostic
- Même si pour le syndrome d'Alport une mutation a été
décrite au niveau du collagène IV (chaîne alpha5)
[37], l'anomalie génétique à l'origine de cette
triade n'est pas encore identifiée. En l'absence de ce critère,
le diagnostic repose sur la description phénotypique.
- L'agrégation peut être normale ou diminuée,
dans ce cas souvent avec tous les inducteurs.
- Parfois on note la présence d'inclusions dans le cytoplasme
des leucocytes de morphologie proche de celle des corps de Döhle.
Syndrome de Montréal et syndrome des plaquettes
Swiss-cheese
Ce sont deux autres exemples de pathologies héréditaires
caractérisées par une thrombopénie sévère
et des plaquettes géantes. La transmission se fait sur un mode
autosomal dominant. Pour le syndrome de Montréal, une agrégation
spontanée est visible sur les frottis sanguins. Une anomalie
au niveau de la calpaïne, protéase calcium-dépendante,
a été mise en évidence [38]. Le diagnostic de ces
anomalies repose en premier lieu sur les études de microscopie
électronique avec, pour le syndrome Swiss-cheese, la présence
de grosses vacuoles.
L'absence d'anticorps antiplaquettes est un élément
important du diagnostic.
Thrombopénies et
hyperagglutination des plaquettes avec la ristocétine
Pseudo von Willebrand
Les multimères de plus haut poids moléculaires de vWF
interagissent de manière spontanée avec GP Ibalpha, qui
présente une mutation au niveau de sa partie N-terminale. De
ce fait, les multimères sont déficients dans le plasma
car ils se fixent sur les plaquettes [39]. Cette pathologie est à
différencier de la maladie de Willebrand type 2B où le
vWF est anormal. La thrombopénie associée est liée
à l'élimination de plaquettes ayant fixé le vWF.
Circonstances de découverte
Le syndrome hémorragique est fréquent, parfois important.
C'est la découverte d'une thrombopénie qui peut représenter
le signe d'appel. L'anomalie peut aussi être découverte
dans le cadre d'une enquête familiale.
Critères de diagnostic
- Il existe une diminution du co-facteur de la ristocétine
(vWF RCo) plus importante que celle trouvée par dosage immunologique
(vWF Ag).
- Le test de RIPA (ristocetin-induced platelet agglutination)
est anormal, des concentrations aussi faibles que 0,3 mg/ml de ristocétine
induisant l'agglutination de plaquettes en PRP.
- La maladie de Willebrand 2B a une fréquence plus importante
que le pseudo von Willebrand. Le diagnostic différentiel entre
ces deux pathologies nécessite des épreuves croisées
de mélange de plasma et de plaquettes. Les résultats ne
sont pas toujours concluants.
- Les études par cytométrie en flux du complexe GP Ib-V-IX
sont à mettre en uvre. La biologie moléculaire avec
mise en évidence de mutations au niveau de GP Ibalpha permet
d'affirmer le diagnostic.
Aucune anomalie
de l'agrégation plaquettaire Consommation de prothrombine anormale
Syndrome de Scott
Cette pathologie est excessivement rare. Seulement deux familles ont
été décrites [40]. Ce type d'anomalie de transmission
autosomale récessive constitue une liaison entre les désordres
plaquettaires et ceux de la coagulation. Elle se caractérise
par une anomalie d'exposition des phospholipides à la surface
plaquettaire, conduisant à un défaut d'activation de la
coagulation plasmatique. Plus récemment, il a été
montré que ces plaquettes ne pouvaient pas générer
de microparticules. L'anomalie moléculaire à l'origine
de ce phénotype n'est toujours pas identifiée, mais un
défaut de l'activation de la scramblase, enzyme impliquée
dans le transport de la phosphatidylsérine vers la surface plaquettaire,
est suggéré. L'anomalie n'est pas spécifique aux
plaquettes : il a été montré qu'elle touche
aussi la vésiculation des autres cellules dont les globules rouges.
Le test le plus simple permettant d'orienter les investigations dans
le sens de cette anomalie est la mesure de la consommation de prothombine
qui est toujours diminuée. Les fonctions d'agrégation
des plaquettes sont normales ainsi que leur morphologie. Le temps de
saignement est normal. La cytométrie en flux permet une évaluation
des capacités des plaquettes à former des microvésicules
et à changer de taille après stimulation par le ionophore
A23187 ou un mélange collagène-thrombine. Par ailleurs,
l'utilisation de l'annexine V conjuguée au FITC, sonde des aminophospholipides,
permet une évaluation de l'expression d'une surface procoagulante
en cytométrie en flux.
Stratégie d'exploration plaquettaire
Nouveaux appareils d'exploration des fonctions
plaquettaires
Actuellement, on assiste au développement de nouveaux appareils
qui sont proposés pour la détection d'anomalies des fonctions
plaquettaires à partir de sang total. Le PFA-100 (Dade-Behring)
utilise des cartouches contenant des membranes revêtues de collagène,
imprégnées d'ADP ou d'épinéphrine. Ces membranes
comportent une ouverture qui va être obstruée par des agrégats
plaquettaires au cours de l'aspiration du sang. Le temps d'occlusion
est mesuré et renseigne sur la fonction plaquettaire. Ce système
est particulièrement sensible aux déficits en facteur
von Willebrand et en GP IIb-IIIa : en effet, l'agrégat
est formé en présence de forces de cisaillement élevées,
conditions qui favorisent la fixation de vWF à cette intégrine.
L'expertise progressive multicentrique de cet appareil permettra d'apprécier
les avantages et les limites de ce nouveau système d'investigation
de l'hémostase primaire très intéressant.
Un autre test est proposé par Medtronic : il s'agit de
l'hémoSTATUS. Dans ce cas, les cartouches testent la formation
d'un caillot de fibrine : c'est l'ACT (activated clotting time)
qui est mesuré. Les cartouches contiennent du kaolin et, pour
certaines d'entre elles, du PAF en concentration croissante. Ce test
a été proposé pour le suivi des fonctions plaquettaires
au cours des circulations extracorporelles. Il est encore peu utilisé.
Les anomalies de fibrinogène et du récepteur GP IIb-IIIa
sont détectées, mais l'appareil est peu sensible aux déficits
en facteur von Willebrand.
Progressivement, le temps de saignement devrait laisser la place à
des tests plus conformes aux capacités technologiques de notre
époque.
Bilan d'exploration des thrombopathies de première
intention
La notion de saignements muqueux dans un contexte de bilan de coagulation
normal entraîne la mise en route d'un bilan plaquettaire. La numération
des plaquettes associée à l'étude de l'agrégation
plaquettaire et de leur taille, au dosage du vWF plasmatique et, dans
le cas de thrombopénie, à la recherche d'anticorps antiplaquettes
constitue la première démarche vers l'identification de
la majorité des thrombopathies. La facilité d'associer
à ce bilan un test en consommation de prothrombine permet de
ne pas ignorer une anomalie de l'expression de l'activité coagulante.
Cytométrie en flux et biologie moléculaire
Le développement des explorations en cytométrie en flux
permet des diagnostics précis pour un grand nombre de pathologies
détectées avec les examens précédents. Les
premiers anticorps à utiliser pour le screening sont ceux
reconnaissant les principales glycoprotéines (GP IIb-IIIa, GP
Ib-IX-V et GP Ia-IIa par exemple) [8, 41]. Après activation par
l'ADP, les capacités fonctionnelles de GP IIb-IIIa sont examinées
en utilisant des anticorps activation-dépendants [41]. La sécrétion
plaquettaire peut être évaluée par des anticorps
anti-P-sélectine, anti-granu-
lophysine ou anti-TSP par exemple. Les granules denses sont évalués
par la mépacrine. La perméabilisation des cellules permet
l'accès des anticorps aux structures intraplaquettaires. L'utilisation
de l'annexine V permet d'évaluer les capacités de formation
des microvésicules. Ces études simples et rapides permettent
de cerner la plupart des thrombopathies rencontrées. La biologie
moléculaire est maintenant accessible pour les principales glycoprotéines
où un screening rapide du gène est possible grâce
au développement des techniques comme la PCR-SCCP [6]. La mise
en évidence de la mutation permet les études de transmission
familiale.
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