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P16ink4a, a tumor suppressor protein with a subtle but efficient role


Hématologie. Volume 7, Number 4, 239, Juillet - Août 2001, Editorial


Résumé  

Author(s) : François Sigaux.

ARTICLE

En quelques années, le locus ink4a-arf (appelé encore MTS1) a acquis ses lettres de noblesse. Altéré génétiquement ou fonctionnellement dans près de la moitié des tumeurs, il est considéré comme une des barrières essentielles s'opposant à la transformation tumorale. Si l'importance du locus dans le contrôle de l'oncogenèse n'est pas contestée, les rôles respectifs de ses deux produits protéiques p16ink4a et arf (p19arf chez la souris, p14arf chez l'homme) restent discutés. P16ink4a et arf ont été impliquées dans la régulation du cycle cellulaire et de diverses fonctions biologiques connexes (sénescence notamment) et sont des freins puissants à la transformation tumorale in cellulo. Elles jouent des rôles majeurs de régulations des voies biochimiques impliquant Rb et P53. La dissociation de leurs rôles respectifs en oncogenèse est rendue difficile par l'architecture complexe du locus. À partir de quatre exons et de deux promoteurs, il code deux protéines dont les ARN partagent deux exons, l'un d'entre eux, codant pour les deux protéines, étant lu dans des cadres distincts. Dans la majorité des tumeurs, les altérations génétiques inactivent les deux produits. Un des façons de séparer l'action respective de p16ink4a et d'arf in vivo consiste à créer par recombinaison homologue des modèles murins. Jusqu'à une date récente, n'étaient disponibles que des modèles inactivant les deux protéines ou la protéine arf. Ces expériences avaient montré le rôle majeur joué chez la souris par arf dans le contrôle de la tumorigénèse spontanée ou induite par des carcinogènes chimiques. Deux articles récents démontrent à présent que p16ink4a est également un inhibiteur de l'oncogenèse in vivo chez la souris (Nature 413,83, 2001 ; ibid. 413, 86, 2001). Bien que les mutations réalisées dans les deux travaux soient différentes, les résultats obtenus sont globalement convergents. De façon intéressante, la sénescence observée après de multiples passages de fibroblastes embryonnaires est conservée dans ces souris alors qu'elle est abolie dans les souris déficientes en arf. Toutefois l'immortalisation de ces cellules est plus facile que celle des fibroblastes issus de souris sauvages avec une tendance moindre à l'inactivation concomitante d'arf. Ras ne peut seul transformer ces cellules alors que cette transformation est observée dans les cellules p16ink4a-/- ; arf-/-. Toutefois la transformation par Ras + myc est facilitée bien que ce phénomène soit plus modeste que celui observé dans les cellules arf-/-. P16ink4a a donc, chez la souris et pour les fibroblastes, des actions antioncogéniques réelles mais clairement moins importantes que celles qui sont exercées par arf. La surveillance de ces souris non traitées ou traitées par un carcinogène, montre qu'elles sont sujettes à des tumeurs plus fréquentes que celles qui sont observées dans les souris sauvages. De façon intéressante, un nombre significatif d'entre elles sont des mélanomes rappelant ainsi une observation faite chez l'homme dans des familles porteuses de mutations germinales. Bien que ces deux articles soient de portée très générale, ils peuvent aussi intéresser plus spécifiquement les hématologistes. On sait que l'inactivation du locus ink4a-arf survient de façon extrêmement fréquente dans les leucémies aiguës lymphoblastiques T (tumeurs dérivées des thymocytes) mais le rôle possible de p16ink4a dans le développement thymique reste élusif. L'expression de p16ink4A est d'ailleurs réprimée dans le thymus de façon très efficace par le gène bmi-1. L'un de ces articles commence à apporter une réponse à cette question Nature 413, 86, 2001). Les auteurs notent chez les souris une hyperplasie thymique plus marquée au stade CD4+CD8+. De plus la prolifération des cellules, T (anticorps anti-cd3 et CD28) est plus marquée pour les cellules T p16ink4a-/- que pour les cellules T sauvages. Ceci n'est pas observé pour les cellules B convenablement stimulées. On comprend donc l'avantage conféré aux cellules en voies de transformation par l'inactivation de p16ink4a, ce d'autant que certains événements oncogéniques sont capables d'activer l'expression des ARN du locus.


 

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