ARTICLE
Auteur(s) : Philippe Gélisse, Arielle
Crespel
Unité médico-chirurgicale de l’épilepsie, Explorations
Neurologiques et Épileptologie, Hôpital Gui de Chauliac, 80 avenue
Fliche, 34080 Montpellier, France
Cas 1
Rémi, 3 ans, est reçu en consultation à la suite de quatre
pertes de connaissance. Cet enfant est né par césarienne, prématuré
de 7 mois 1/2 avec un circulaire du cordon. Il a des
antécédents d’otites et un terrain allergique. Sur le plan
familial, il n’existe pas d’antécédent d’épilepsie.
La première perte de connaissance est survenue lorsqu’on lui a
mis un pansement sur la main après une blessure. Sa grand mère
présente décrit qu’il était très pâle, il avait les yeux révulsés,
il était hypotonique. Il est revenu rapidement à une conscience
normale sans phase de confusion post-critique. Le deuxième malaise
est survenu également lors de la pose d’un pansement. L’enfant a
senti venir le malaise et il a pu dire “Mimi n’est pas bien” puis,
une perte de connaissance avec une pâleur est survenue. Il était
hypotonique, les yeux révulsés. La reprise de conscience a été
rapide et l’enfant a pu reprendre une activité normale. La
troisième perte de connaissance est survenue dans les suites d’une
douleur puis un 4e épisode à nouveau lors de
l’application d’un pansement. Tous les malaises sont survenus en
position debout. Le développement psychomoteur de cet enfant est
normal ainsi que l’examen neurologique. Un premier EEG a été
interprété de la façon suivante « présence d’un double foyer
asynchrone d’anomalies épileptiques bi-occipitales surtout à
gauche ».
L’enfant vous est adressé pour un avis épileptologique. Vous
effectuez un EEG avec une étude du sommeil (figures 1-5).
Quel est votre diagnostic ?
Instituez-vous un traitement ? Si oui,
lequel ?
Quel(s) conseil(s) donnez-vous aux parents ?
Réponse
Édouard Hirsch (Strasbourg)
Quel est votre diagnostic ?
Le diagnostic de crise épileptique et d’épilepsie est clinique,
l’EEG ne vient que conforter le diagnostic. Dans certaines
situations, l’EEG peut être trompeur et source d’erreur de
diagnostic (Benbadis et Tatum 2003 ; Van Donselaar et al.,
2006). La description des épisodes chez cet enfant qui présente
dans un contexte de douleur, une perte de connaissance avec pâleur,
et une reprise rapide de la conscience, va contre le diagnostic de
crise épileptique, le diagnostic de syncope
neuro-cardio-vasoplégique doit être évoqué. Il n’y a pas d’argument
clinique pour une épilepsie occipitale de type Panayiotopoulos,
même si cette forme d’épilepsie peut être prise à tort pour des
syncopes (Covanis 2006).
L’analyse de l’électroencéphalogramme et de son interprétation
doit faire suspecter l’existence d’un trait génétique EEG sans
valeur pathologique. Cet aspect EEG est observé dans la population
indemne de toute pathologie mais également dans l’épilepsie
occipitale focale idiopathique. En effet, il existe chez cet enfant
des pointes ondes occipitales ayant une bonne réactivité à
l’ouverture des yeux. Ces anomalies s’activent en sommeil non REM
stade 2 avec une prédominance droite de ces anomalies.
Instituez-vous un traitement ?
Dans cette situation, je n’instituerai aucun traitement. Par
ailleurs, aucun examen complémentaire ne serait réalisé en dehors
éventuellement d’un électrocardiogramme. La description des
épisodes étant très en faveur de syncope neuro-cardio-vasoplégique
et il ne semble pas exister d’antécédents familiaux de syncope ou
de troubles du rythme.
Quels conseils donnez-vous aux parents ?
Je conseillerais aux parents d’essayer d’apprendre à l’enfant de
s’allonger en cas de douleur, afin d’éviter les pertes de
connaissance.
Réponse
Philippe Gélisse et Arielle Crespel (Montpellier)
Nous sommes pleinement d’accord avec l’analyse d’Edouard Hirsch
et, comme lui, nous insistons sur le fait que l’épilepsie est un
diagnostic clinique, l’EEG venant confirmer les hypothèses
cliniques. Dans cette observation, l’erreur a été de réaliser un
EEG.
Chez cet enfant, les anomalies EEG sont réactives à l’ouverture
des yeux (figure
1) et ont une morphologie de pointes ondes diphasiques
indépendantes droites/gauches, et de grande amplitude à droite
(figure 2).
Les anomalies sont activées par le sommeil lent léger (figure 3) en gardant
la même morphologie quel que soit le stade de sommeil (figures 4, 5). On peut
discuter ici des pointes fonctionnelles observées chez un enfant
sans épilepsie ou qui va développer ultérieurement une
épilepsiepartielle idiopathique de l’enfant. La topographie
postérieure et la réactivité à l’ouverture des yeux peuvent faire
discuter une épilepsie occipitale idiopathique de l’enfant de type
Panayiotopoulos. Ce type d’épilepsie débute vers 4-5 ans avec
des crises nocturnes dans 2/3 des cas de durée longue allant de 30
minutes à plusieurs heures. Les crises comportent au premier plan
des signes végétatifs avec nausées, pâleur, sudation. On peut aussi
observer des troubles comportementaux, une rupture de contact et
une évolution possible vers une crise hémiclonique. Un élément
sémiologique notable est la possibilité d’observer une syncope
critique suivie ou non de convulsions.
Mais, comme le mentionne le Pr E. Hirsch, il n’y a pas
d’argument clinique pour une épilepsie occipitale de type
Panayiotopoulos dans cette observation. Il n’y a pas en effet
d’élément clinique pouvant rentrer dans le cadre d’une syncope
critique. Les pertes de connaissances étaient toujours liées à un
événement douloureux dans un contexte désagréable et apparaissaient
simples et évocatrices d’une syncope vagale banale.
Ce diagnostic a effectivement été retenu chez cet enfant devant
la clinique très évocatrice. Cependant, pour confirmer le caractère
bénin et compte tenu du jeune âge, une consultation cardiologique
et un ECG ont été effectués. Le cardiologue a confirmé le
diagnostic.
Cas 2
Il s’agit d’une patiente de 18 ans sans antécédent personnel
significatif. Dans les antécédents familiaux, on retrouve une
épilepsie généralisée chez un cousin germain de son grand-père
paternel. Elle est adressée pour deux épisodes de perte de
connaissance avec mise en évidence sur l’EEG de bouffées de pointes
ou des ondes rapides généralisées (figures 6, 7).
Elle présente en novembre 2005, un premier épisode, à la
suite d’une dispute. Elle s’était effondrée, avait perdu
connaissance très brièvement. En décembre 2006, elle a une
deuxième perte de connaissance très brève le matin après avoir
passé une mauvaise nuit. Elle s’était réveillée avec des céphalées
et des nausées. Après sa douche, et avant de prendre son
petit-déjeuner, elle ressent à nouveau des nausées, essaye de vomir
mais n’y arrive pas, puis se sentant mal, elle va s’asseoir sur le
canapé. Ensuite, elle perd connaissance avec quelques tremblements.
Elle reprend conscience rapidement avant l’arrivée du camion des
pompiers. Elle est transférée aux urgences où il est constaté un
fébricule à 38.1°. Elle se sent parfaitement bien et réclame même
ses cours car elle prépare son concours de première année de
pharmacie. Elle bénéficie d’un scanner cérébral et d’un bilan
biologique qui sont normaux. L’EEG révèle des bouffées de pointes
ondes rapides spontanées avec une photosensibilité infraclinique
(figures 6, 7).
Un traitement par clobazam est prescrit.
La patiente vous est adressée pour un avis épileptologique.
Quel est votre diagnostic ?
Modifiez-vous le traitement ?
Quel(s) conseil(s) donnez-vous à la patiente ?
Réponse
Édouard Hirsch (Strasbourg)
Quel est votre diagnostic ?
la description des épisodes est également en faveur de syncopes
probablement neuro-cardio-vasoplégiques dans un contexte d’effort
de vomissement chez cette patiente présentant des antécédents
familiaux d’épilepsie généralisée idiopathique. La présence
d’anomalies EEG ne doit pas faire porter à tort le diagnostic de
crise d’épilepsie.
Modifiez-vous le traitement ?
Il ne paraît pas illogique que les urgentistes aient introduit
un traitement par clobazam.
Néanmoins, le diagnostic épileptique ou d’épilepsie n’ayant pas
été retenu, ce traitement va être progressivement diminué et
arrêté, afin d’éviter la possibilité de crise de sevrage chez cette
patiente présentant un terrain génétique d’épilepsie généralisée
idiopathique.
Quel(s) conseil(s) donnez-vous à la patiente ?
Le diagnostic de syncope neuro-cardio-vasoplégique étant posé,
les recommandations habituelles en ce type de situation sont
proposées :
- – position allongée dès que possible en cas de
lipothymie ;
- – contraction musculaire afin d’augmenter le retour
veineux.
Réponse
Philippe Gélisse et Arielle Crespel (Montpellier)
Nous avons retenu effectivement le diagnostic de syncopes
vagales chez une patiente qui a un trait d’épilepsie généralisée
idiopathique et nous avons proposé l’arrêt progressif du clobazam
qui avait été prescrit après les résultats de l’EEG. Ici encore,
cet examen ainsi que le scanner cérébral n’auraient pas dû être
effectués. La perte de connaissance a été brève sans phase de
confusion post-critique, la patiente ayant repris conscience avant
l’arrivée des pompiers alors que dans une crise d’épilepsie
généralisée tonico-clonique, le premier souvenir est habituellement
l’ambulance ou les urgences. En post-critique après une crise
d’épilepsie, les patients sont fatigués avec parfois des céphalées,
des courbatures. En ce qui concerne les tremblements lors de la
syncope, il s’agit de quelques secousses cloniques en relation avec
l’anoxie cérébrale. Ils n’ont pas le caractère
« impressionnant » des convulsions d’une crise
généralisée tonico-clonique.
En dehors des conseils pour éviter de nouvelles syncopes, nous
avons expliqué à la patiente qu’elle avait un trait d’épilepsie
généralisée idiopathique et non une épilepsie. Elle a un risque
supérieur à la population générale de faire un jour ou l’autre une
crise d’épilepsie généralisée et il est important qu’elle respecte
les règles hygiéno-diététiques afin de ne pas se mettre en
situation extrême (éviter une privation aiguë ou chronique de
sommeil, éviter la prise d’alcool en excès et se méfier de certains
médicaments proépileptogènes comme la codéine, le tramadol, le
bupropion). Chez cette patiente, il a aussi été mis en évidence une
photosensibilité (figure 7). Il lui a
aussi été conseillé de ne pas conduire en période de fatigue
intense et d’avoir toujours dans sa voiture des lunettes de soleil.
En effet, la particularité du sud de la France est d’avoir de très
jolies routes bordées de platanes et certains patients avec une
photosensibilité déclarent avoir des secousses ou de brèves
déconnexions lorsqu’ils passent sur ces routes ensoleillées.
Cas 3
Il s’agit d’une enfant âgée de 9 ans aux antécédents de crise
fébrile à un an et familiaux d’épilepsie. Il y a en effet une
cousine germaine de la mère soignée depuis l’enfance pour une
épilepsie et qui garde des crises actuellement. Une tante
maternelle présente des ruptures de contact isolées mais elle n’a
jamais consulté. Il y a également une cousine germaine du côté
paternel, actuellement âgée de 26 ans qui est traitée pour une
épilepsie qui aurait commencé à l’adolescence.
Cette enfant a eu quelques problèmes de comportement avec une
discrète hyperactivité et beaucoup de difficultés pour les
acquisitions. Elle a été scolarisée à mi-temps en CP, à mi-temps en
CE1. L’évolution sur le plan scolaire a été par la suite
favorable.
Les manifestations qui motivent cette consultation ont commencé
depuis environ 3 ans avec actuellement des crises quotidiennes
malgré un traitement par valproate à 600 mg/j. Les crises se
caractérisent par une hypertonie générale, l’enfant croise les
jambes, elle serre les mains, elle peut être un peu rouge. Elle ne
peut parler et a les yeux hagards. Les crises peuvent durer de
quelques minutes à un quart d’heure. Lorsque les crises sont
prolongées, l’enfant présente des mouvements de l’abdomen. Elle a
souffert d’une crise nocturne avec une sémiologie similaire avec
mouvements du ventre. Il lui est arrivé d’avoir des crises debout
responsables de chutes mais la majorité des crises surviennent en
position assise. Les crises sont favorisées quand elle est triste
ou énervée. L’enfant déclare qu’elle est beaucoup mieux après la
crise. Sur un plan thérapeutique, on lui a prescrit du topiramate
qui a été sans effet, remplacé par du valproate qui a été associé à
du lévétiracétam, ce dernier a été rapidement arrêté pour une
intolérance. L’EEG révèle au réveil d’une sieste des pointes ondes
généralisées ainsi qu’une photosensibilité (figure 8).
La patiente vous est adressée pour un avis épileptologique.
Quel est votre diagnostic ?
Que recherchez-vous à l’interrogatoire ?
Modifiez-vous le traitement ?
Réponse
Édouard Hirsch (Strasbourg).
Quel est votre diagnostic ?
Cette enfant présente des antécédents personnels de crise
fébrile et des antécédents familiaux d’épilepsie vraisemblablement
généralisée idiopathique.
La description des épisodes rapportant des phénomènes rythmiques
pouvant durer jusqu’à 15 minutes avec des mouvements de
l’abdomen associés à des modifications végétatives et parfois des
chutes en position assise ne semble pas pouvoir être intégrée dans
un tableau d’épilepsie généralisée idiopathique ou un syndrome
épileptique associant crise focale et crise généralisée.
Une des hypothèses diagnostiques est que cette enfant a un
phénomène comportemental gratifiant à type de
« masturbation »(Fleisher et Morrison 1990 ; Yang et
al., 2005 ; Wulff et al., 1992 ; Deda et al., 2001 ;
Mink et Neil 1995 ; Casteels et al., 2004 ; Couper et
Huynh 2002) qui peut être pris soit pour des crises focales, soit
pour un mouvement anormal. On pourrait émettre l’hypothèse que ces
phénomènes pourraient déclencher des syncopes survenant en position
assise ce qui pourrait justifier un bilan cardiologique afin
d’éliminer des syncopes cardiogéniques induites par la
masturbation.
L’électroencéphalogramme montre des décharges généralisées et
une photosensibilité qui pourraient traduire un simple terrain
génétique d’épilepsie généralisée idiopathique.
Que recherchez-vous à l’interrogatoire ?
À l’interrogatoire, nous allons rechercher si l’enfant
auto-induit ces mouvements rythmiques et s’il existe un bénéfice
secondaire.
Modifiez-vous le traitement ?
Si le diagnostic de crise non épileptique organique se confirme,
le traitement anti-épileptique sera progressivement réduit et
arrêté afin d’éviter la possibilité de crise épileptique de
sevrage. Une prise en charge psychologique peut être discutée après
un bilan cardiologique a minima.
Réponse
Philippe Gélisse et Arielle Crespel (Montpellier)
Effectivement sur un plan sémiologique, la description d’un
croisement des membres inférieurs, de mouvements rythmiques de
l’abdomen ou du bassin doit faire évoquer chez un enfant des
phénomènes non épileptiques pouvant rentrer dans le cadre d’une
masturbation. Il est intéressant que le Pr E. Hirsch propose
ce diagnostic car nous ne l’avions pas évoqué. Notre diagnostic
était crises « non épileptiques » au sens large. Il est
difficile de résumer en quelques lignes un entretien de
consultation surtout dans le domaine du psychologique. Lorsque
l’enfant a été vue seule, il nous est apparu qu’il s’agissait de
manifestations psychologiques avec un bénéfice secondaire. L’idéal
chez cette enfant aurait été de faire un enregistrement EEG-vidéo
afin d’objectiver les manifestations et de prouver à l’enfant et à
la famille la nature non épileptique des crises. Ce type
d’enregistrement n’a pas été fait car il y avait des crises tous
les jours et l’enfant était déscolarisée. On ne pouvait attendre la
réalisation d’un EEG-vidéo et le diagnostic de crises non
épileptiques a donc été donné dès la première consultation avec le
risque qu’il soit mal accepté et que la famille ne revienne plus en
consultation.
Les crises non épileptiques anciennement appelées crises
pseudo-épileptiques ont une sémiologie propre. Le diagnostic doit
être construit selon des signes positifs et non sur un diagnostic
d’élimination. Les crises chez cette enfant étaient prolongées,
avec une hypertonie générale et elle pouvait avoir des mouvements
de l’abdomen. L’hypertonie peut faire discuter une origine frontale
mais il n’y avait ici aucune logique sémiologique d’une crise
d’épilepsie. Ces crises survenaient dans des conditions de
tristesse ou d’énervement. Il y a eu d’emblée une
pharmacorésistance à un traitement antiépileptique à large spectre.
Il ne s’agit pas d’un critère formel mais une pharmacorésistance
d’emblée chez un sujet neurologiquement et intellectuellement
normal doit faire suspecter la possibilité d’une origine non
épileptique. Des crises non épileptiques nocturnes sont peu
fréquentes mais sont possibles, survenant en fait dans des phases
de veille et d’éveils nocturnes. De même, on peut observer des
crises non épileptiques survenant lorsque le patient est seul,
pouvant conduire à des chutes traumatisantes, ces éléments
dépendent du degré de souffrance psychologique du patient.
Dans cette observation, l’erreur a été de considérer l’EEG comme
pathologique et d’oublier la clinique. L’EEG est effectivement en
faveur d’un trait d’épilepsie généralisée idiopathique. Dans ce
type d’épilepsie, il n’y a que trois types de crises possibles, à
savoir des myoclonies, des absences typiques et des crises
généralisées tonico-cloniques ce qui ne correspond aucunement à la
sémiologie rapportée par la maman et l’enfant.
Le terme de crise « nerveuse » a été donné à l’enfant
et à sa mère. Pour nous, il est important de continuer à employer
le mot « crise ». Cet enfant n’a pas eu de traumatisme
psychologique tels qu’un viol ou des attouchements sexuels qui
prédisposent à des crises non épileptiques mais a rapporté un
bénéfice secondaire indéniable à ses crises. Son père est assez
coléreux et elle trouvait qu’il y avait beaucoup de disputes entre
sa mère et son père. Après ses crises, elle trouvait son père
étrangement « gentil » et attentionné auprès d’elle. La
situation a été dédramatisée. Un mois après la première
consultation, l’enfant n’avait présenté que deux crises.
Il existe sur l’EEG des pointes ondes généralisées spontanées et
lors de la SLI. A l’interrogatoire, il faut s’assurer que la
patiente n’a pas d’épilepsie en recherchant des myoclonies ou des
absences typiques. En effet, cette enfant n’a que 9 ans et
elle peut débuter ultérieurement une épilepsie myoclonique juvénile
(anomalies au réveil de la sieste). Les myoclonies sont parfois non
reconnues comme pathologiques par les patients. Il faut savoir les
rechercher en demandant s’ils n’ont pas « un frisson »,
un « courant d’électricité », une « maladresse
matinale », s’ils n’ont pas de secousses lorsqu’ils se
brossent les dents, lorsqu’ils boutonnent leur vêtement, ou
lorsqu’ils écrivent.
Il n’y avait ici aucun élément clinique faisant suspecter des
crises d’épilepsie et le traitement a été très progressivement
diminué pour être arrêté. Une simple surveillance clinique est à
faire. Des conseils d’hygiène de vie ont été donnés notamment de
respecter des heures de sommeil et d’éviter les conditions
photosensibilisantes grâce au port de lunettes de soleil.
Conclusion générale
Philippe Gélisse et Arielle Crespel (Montpellier)
L’épilepsie est un diagnostic clinique et non
électroencéphalographique. L’EEG reste un examen indispensable pour
évaluer une épilepsie mais il faut absolument bannir sa réalisation
systématique devant toute perte de connaissance. Un individu peut
avoir un trait d’épilepsie et ne jamais avoir de crise. Le
diagnostic en épileptologie passe par l’interrogatoire et par
l’écoute des patients. La pratique de l’épilepsie au quotidien
ramène étrangement à la cardiologie et à la psychiatrie avec un
nombre non négligeable de syncopes vagales et de crises non
épileptiques.
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