ARTICLE
bdc.2012.1574
Auteur(s) : Émilie Tardieu1, Carole Thiry-Bour2, Christophe Devaux3, Dragos Ciocan1, Vanessa de Carvalho2, Maurice Grand1,2, Elisabeth Rousselot-Marche2, Nicolas Jovenin1 jovenin@gmail.com
1 Réseau régional de cancérologie de
Champagne-Ardenne OncoChA, 3, rue de l’Université, 51100 Reims,
France
2 Union régionale des professionnels de
santé-médecins libéraux (URPS-ML) de Champagne-Ardenne, 64,
chaussée Saint-Martin, 51100 Reims, France
3 Réseau régional de soins palliatifs de
Champagne-Ardenne (RéCAP), 3, rue de l’Université, 51100 Reims,
France
Tirés à part : N. Jovenin
Introduction
Les textes de loi portant sur la prise en charge (PEC) du
patient atteint de cancer insistent sur le rôle du médecin traitant
et de sa formation.
Ainsi, l’article 36 de la loi « Hôpital, patients,
santé, territoires » (HPST) du 21 juillet 2009 [1]
prévoit que le médecin traitant soit le pivot du système de soins
centré sur le patient. Il lui confère des missions de coordination
entre professionnels, notamment dans les pathologies de longue
durée, comme le cancer.
Par ailleurs, la mesure 18 du Plan cancer 2009-2013 [2]
prévoit de renforcer le rôle du médecin généraliste (MG) dans la
PEC des personnes atteintes de cancer. En particulier car il est
« un acteur essentiel de la PEC en ville [qui] doit être mieux
informé et associé [au parcours de soin]. [Il doit disposer] de
tous les éléments pour assurer pleinement la PEC globale de
proximité du patient ». Cette mesure prévoit également de
développer des formations et des outils de communication afin
d’améliorer et de faciliter la participation des MG.
Par ailleurs, dans un rapport annuel du Plan cancer dès
2004-2005 [3], il était rappelé l’importance d’une formation
médicale continue (FMC) sur le cancer et souligné le fait que cette
obligation était inscrite dans la loi du
9 août 2004 relative à la politique de Santé
publique [4].
Cependant, les données sur le ressenti et les besoins des MG
sont peu nombreuses. Une enquête, menée en 2010 dans la région
[5], a précisé à quelle étape de la PEC du patient atteint de
cancer le MG souhaitait intervenir. Cette étude a également mis en
évidence « une formation postuniversitaire inadaptée » et
une nécessité d’interroger les MG sur leurs souhaits afin de leur
proposer des formations répondant à leurs besoins.
C’est dans ce contexte que nous avons mené une enquête dont
l’objectif était double.
Il s’agissait d’évaluer :
- –. la place du médecin traitant dans le traitement du
patient atteint de cancer ;
- –. les besoins en formation spécifique sur le
cancer.
Matériels et méthodes
L’union régionale des professionnels de santé des médecins
libéraux (URPS-ML) de Champagne-Ardenne, le réseau régional de
cancérologie Oncocha et le réseau régional de soins palliatifs
RéCAP se sont associés pour réaliser une enquête auprès des MG de
la région.
Type d’étude-échantillon
Il s’agissait d’une enquête d’opinion par voie postale auprès
des MG de Champagne-Ardenne. Les questionnaires ont été adressés à
tous les MG libéraux en activité dans cette région. Les adresses
ont été fournies par l’URPS-ML dont l’annuaire répertoriait
1231 MG.
Questionnaire
À partir de mars 2011, un questionnaire a été adressé à tous les
médecins généralistes libéraux de la région. Cette enquête était
non rémunérée. L’intégralité du questionnaire est disponible auprès
des auteurs.
Il s’agissait d’un questionnaire directif avec choix multiples
et des espaces pour commentaires libres.
Le questionnaire comportait trois parties :
- –. la première sur des données générales permettant de
décrire l’échantillon : sexe, âge, lieu d’exercice
(département, milieu rural …), mode d’exercice (seul ou en groupe),
utilisation d’Internet, utilisation de messagerie sécurisée,
estimation de l’incidence du cancer dans la patientèle ;
- –. la deuxième partie portait sur le lien
hôpital-ville : communication avec les cancérologues, délai de
réception des comptes rendus de réunions de concertation
pluridisciplinaire (RCP), délai de réception des programmes
personnalisés de soins (PPS), connaissance du degré d’information
délivré au patient, connaissance et utilisation de la plateforme
d’appel régionale de soins palliatifs (Pallio) ;
- –. enfin, la dernière partie évaluait la satisfaction
des MG sur leur niveau de formation et les interrogeaient sur les
thèmes et modes de formation éventuellement souhaités.
Les questionnaires étaient numérotés afin de permettre une
relance ciblée auprès des médecins n’ayant pas répondu lors du
premier envoi. Cette relance a été réalisée en avril 2011.
L’ensemble des questionnaires a été retourné par enveloppe
préaffranchie (enveloppe T) à l’URPS-ML. Les réponses ont été
recueillies jusqu’en juillet 2011. Les données ont été saisies par
l’URPS-ML, dans le logiciel Sphinx plus 2 (version V5 édité en
2007).
Analyse statistique
Une analyse descriptive a été réalisée dans un premier temps.
Les variables quantitatives ont été décrites par leur moyenne (m)
et leur écart-type (é.-t.), et les variables qualitatives ont été
décrites par le nombre d’observations (n) et le pourcentage
correspondant (%). Le sex-ratio a été calculé par un rapport entre
le nombre d’hommes et le nombre de femmes.
Une analyse univariée des données a été réalisée en utilisant le
test du chi2 de Pearson. Le seuil de
significativité a été fixé pour un p inférieur à 0,05. Les
données ont été analysées à l’aide du logiciel Sphinx plus 2
(version V5 édité en 2007).
Résultats
Nous avons reçu 405 questionnaires sur les
1231 envoyés. Le taux de participation était de 33 %.
Analyse descriptive
Les participants étaient majoritairement des hommes (73 %)
avec un sex-ratio de 3. La moyenne d’âge était de 51,8 ans
(é.-t. : 9), avec des valeurs extrêmes de 27 et
79 ans.
Les participants provenaient des quatre départements de la
région : les Ardennes (21 %), l’Aube (18 %), la
Marne (50 %) et la Haute-Marne (11 %).
Parmi les répondants, environ un quart (24 %) exerçait en
campagne, environ un quart (22 %) en semi-rural et environ la
moitié (54 %) en ville. Cinquante-neuf pour cent exerçaient en
groupe.
Parmi les médecins ayant répondu à l’enquête, plus de deux tiers
(68 %) affirmaient être capables d’estimer le nombre de nouveaux
cas de cancer dans leur patientèle. Ils estimaient être confrontés
à 8,6 nouveaux cas par an en moyenne (é.-t. :
8,7 cas). Plus de détails sont disponibles dans le tableau 1.
Tableau 1 Description de l’échantillon.
|
| Nombre d’observation |
Pourcentage |
| Âge en années (m, é.t.) |
51,8 (9) |
|
| Sexe |
| |
| Homme |
296 |
73 |
| Femme |
109 |
27 |
| Département d’exercice |
| |
| Ardennes |
85 |
21 |
| Aube |
75 |
18 |
| Marne |
200 |
50 |
| Haute-Marne |
45 |
11 |
| Lieu d’exercice |
| |
| Campagne |
96 |
24 |
| Ville |
217 |
54 |
| Semi-rural |
92 |
22 |
| Mode d’exercice |
| |
| Seul(e) |
161 |
41 |
| En groupe |
235 |
59 |
| Dossiers médicaux informatisés |
| |
| Oui |
331 |
82 |
| Non |
71 |
18 |
| Accès à Internet |
| |
| Oui |
374 |
93 |
| Non |
29 |
7 |
| Messagerie sécurisée |
| |
| Oui |
279 |
71 |
| Non |
114 |
29 |
| Incidence estimée |
| |
| < 5 |
71 |
26 |
| 5 à 9 |
98 |
36 |
| 10 à 19 |
80 |
30 |
| > 20 |
22 |
8 |
Place du médecin généraliste
Hôpital-ville
Les MG étaient globalement satisfaits ou très satisfaits
(85 %) de la communication avec les médecins cancérologues, du
délai de réception du compte rendu de la RCP (88 %) et du PPS
(81 %).
Cependant, plus de deux tiers (69 %) estimaient que la
communication entre cancérologue et médecin traitant restait à
améliorer.
Le moyen le plus cité pour améliorer cette communication était
de permettre l’accès au dossier communicant de cancérologie (DCC)
qui est disponible en ligne (86 %). D’autres moyens (68 %),
comme les échanges téléphoniques et courriels, ont été
mentionnés.
La volonté de participer aux RCP (46 %) et aux
consultations d’annonce (35 %) a également été exprimée, mais
le manque de temps met un frein à cette pratique.
Degré d’information
Parmi les répondants (n = 397) à cette question,
60 % affirmaient ne pas connaître le degré d’information
délivré au patient sur leur cancer et 78 % ne pas connaître le
degré d’information délivré à l’entourage du patient.
Le niveau d’information des patients était plus souvent connu
par les médecins satisfaits de la communication avec leurs
confrères cancérologues que par les non satisfaits, respectivement
43 % versus 19 %, (p < 0,001).
Participation à l’annonce
Seuls 3 % des répondants (n = 403) à cette question
estimaient ne jamais intervenir dans l’annonce du cancer. Tous les
autres intervenaient plus ou moins fréquemment. Parmi eux,
18 % participaient « le plus souvent » à l’annonce
de la maladie et 37 % y participaient
« régulièrement ».
Outils d’amélioration
Parmi les outils d’amélioration de la PEC développés dans la
région, il existe en Champagne-Ardenne une plateforme d’appel
spécialisée en soins palliatifs Pallio. Il s’agit d’un numéro
d’appel unique (prix d’une communication locale) disponible sept
jours sur sept, la nuit en semaine et la journée le week-end et les
jours fériés. Il est organisé en astreinte et assuré par les
médecins spécialistes en soins palliatifs de la région. Ce service,
destiné aux médecins et aux soignants de la région, était connu par
un tiers des participants (n = 134/401 ; 33 %).
Parmi eux, 9 % (n = 12/134) l’avaient déjà utilisé et
92 % (n = 11/12) en étaient satisfaits.
Les outils d’amélioration, dont les participants souhaiteraient
disposer, étaient un numéro d’appel régional spécialisé en
cancérologie pour 61 % d’entre eux (n = 216/356) et un
annuaire mis à jour sur Internet des ressources régionales
(établissements, professionnels de santé, associations, réseaux...)
pour 80 % d’entre eux (n = 301/378).
Formation en cancérologie
Environ deux tiers des participants (n = 243/376 ;
64 %) considéraient leur niveau de formation en cancérologie
comme non satisfaisant.
Le tiers de médecins satisfait de leur formation se distinguait
des autres. En effet, les médecins qui considéraient avoir
« une bonne formation » s’impliquaient davantage dans
l’annonce (p = 0 ,003), avaient plus fréquemment une
communication satisfaisante avec leurs correspondants cancérologues
(p = 0,007), connaissaient plus les outils existants comme
Pallio (p = 0,01) et avaient moins souvent besoin de
nouvelles ressources comme un numéro de téléphone régional en
cancérologie (p = 0,021), tableau
2.
Tableau 2 Comparaison entre médecin généraliste (MG)
satisfait et non satisfait de leur niveau de formation en
cancérologie.
|
| Appréciation de la formation en
cancérologie |
pa |
|
| Satisfait (%) |
Pas satisfait (%) |
|
| Participation à l’annonce |
|
| 0,002 |
| Le plus souvent/ régulièrement |
69,1 |
52,3 |
|
| Parfois/jamais |
30,9 |
47,7 |
|
| Communication MG-cancérologue |
|
| 0,03 |
| Très satisfaisante / satisfaisante |
92,4 |
81,4 |
|
| Pas / Pas du tout satisfaisante |
7,6 |
18,6 |
|
| Connaissance de Pallio |
|
| 0,01 |
| Oui |
42,1 |
28,9 |
|
| Non |
57,9 |
71,1 |
|
| Besoin d’un numéro d’appel régional en
cancérologie |
|
| 0,021 |
| Oui |
52,9 |
65,7 |
|
| Non |
47,1 |
34,3 |
|
aTest du chi2 de Pearson.
Ce tiers de médecins était globalement moins demandeur de
formation. Cependant certains thèmes de formation étaient fortement
plébiscités par les médecins de tous niveaux confondus
(1/3 satisfait et 2/3 non satisfait). Les thèmes les plus
demandés étaient dans le champ des soins oncologiques de
support (SOS) : la gestion des effets indésirables
(n = 328/353 ; 93 %), les urgences cancérologiques
(n = 254/313 ; 81 %), les soins palliatifs
(n = 254/313 ; 81 %) et le traitement de la
douleur (n = 221/311 ; 71 %). Les modes de
formation souhaités restaient traditionnels : FMC
(n = 292/332 ; 88 %) et documents écrits
(n = 177/265 ; 67 %). A contrario, les formations
« modernes », par Internet et CDROM sont moins demandées
respectivement 56 % et 52 %.
Discussion
Cette étude a mis en évidence que les MG sont globalement
satisfaits de leur communication avec leurs confrères
cancérologues, mais qu’ils estiment qu’une amélioration est encore
nécessaire. Elle a également permis de mettre en évidence que les
MG étaient très demandeurs de formation en cancérologie avec une
préférence sur des thèmes en SOS et sur un mode traditionnel (FMC,
documents écrits).
Notre étude n’est pas à l’abri d’un biais de sélection.
Cependant, notre échantillon n’est pas différent de la population
des MG de la Champagne-Ardenne. En effet, si nous mettons en regard
nos résultats avec ceux de l’atlas régional du CNOM de 2009 [6] et
les données de la DRESS-ARS-ADELI de 2009 [7], nous n’observons pas
de différence en termes de sexe, d’âge et de département
d’exercice. De plus, les médecins de notre échantillon semblent
avoir une estimation correcte du nombre de nouveaux cas de cancer
dans leur patientèle chaque année. En effet, d’après la source
Francim [8], le nombre de nouveaux cas de cancer en
Champagne-Ardenne en 2005 était de 7478. Rapporté au nombre de
MG en Champagne-Ardenne, cela fait environ 6 nouveaux cas de
cancer par an dans la patientèle de chaque médecin. Or, depuis
2005 l’incidence annuelle nationale de cancer a augmenté de
manière significative. L’estimation faite par les médecins
généralistes, qui est de 8,6 en moyenne, semble cohérente avec
les données épidémiologiques.
En outre, nous ne sommes pas à l’abri d’un biais d’information
car les résultats exposés dans cet article ne prennent pas en
compte des commentaires libres. Cependant, les résultats de notre
étude sont cohérents avec la littérature sur le sujet. Dans
l’enquête « les médecins généralistes face aux cancers »,
menée par La Ligue nationale contre le cancer en 2010 [9], portant
sur 565 médecins, seuls 48 % sont satisfaits des
informations fournies par leurs confrères. Dans notre étude, bien
que 85 % des MG étaient satisfaits de la communication avec
leur confrère cancérologue, 69 % estimaient que la
communication restait à améliorer. Les raisons de cette différence
entre les deux études ne sont pas connues. Il existe plusieurs
hypothèses. La Champagne-Ardenne est une région rurale où la
démographie médicale est faible, aussi les médecins se connaissent
généralement bien. Par ailleurs, le DCC est fonctionnel dans la
région depuis 2006 et cet outil participe à améliorer la
communication entre professionnels. Toujours au sujet de l’étude de
La Ligue, 84 % des MG disaient avoir besoin d’une formation en
cancérologie. Nous retrouvons la même proportion.
Dans l’étude de Laury-Auzeric et al. [10], « réseau
de soins en cancérologie mammaire : enquête d’opinion
prospective auprès des médecins généralistes », on retrouve
des résultats similaires aux nôtres. Par exemple, la moitié des
médecins évaluait le nombre de nouveaux cas de cancer par an dans
leur patientèle entre cinq et dix. Nous avons calculé une moyenne
de 8, 6 nouveaux cas annuels. Autre exemple, toujours dans
cette étude [10], les difficultés rencontrées par les MG étaient
les effets secondaires de la chimiothérapie (66 %) et l’aide
psychologique (68 %). Ces résultats étaient aussi retrouvés dans
l’enquête de La Ligue, et bien qu’exprimés de manière différente,
nos résultats vont dans le sens d’un besoin de formation en
SOS.
Enfin, notre étude a permis de mettre en évidence le fait que
les cancérologues ne communiquent pas assez souvent sur
l’information qui a été délivrée au patient et à ses proches.
Dans notre étude, nous avons pu aussi mettre au jour un réel
problème de communication entre les médecins généralistes et
cancérologues sur l’étape d’annonce qui semble pourtant être
réalisée en parallèle par ces deux parties. Le dispositif d’annonce
est un projet clé du Plan cancer 2, mais difficile à coordonner. Il
a d’ailleurs été traité dans le cadre de la cinquième édition des
débats du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) le
28 juin 2011 [11]. Parmi les pistes d’amélioration proposées
par le CNOM, l’importance de mettre le médecin traitant au cœur de
ce dispositif a été réaffirmée, ainsi que l’importance de la
coordination et la cohérence des informations données au patient
par les différents acteurs.
Dans différents pays européens, des études traitant de la place
du MG dans la PEC de patient atteint de cancer ont été réalisées.
Bien que leur système de santé et le parcours de soins des patients
diffèrent du modèle français, le rôle dévolu au MG est sensiblement
le même. Le rôle central joué par le MG tout au long de la maladie
est mis en évidence dans plusieurs études réalisées auprès de
patients en Angleterre [12], auprès de patients et de MG en Norvège
[13] et auprès de MG en Suède [14]. Ces études soulignent, entre
autres, le rôle du MG dans le domaine des SOS. Cependant, l’étude
réalisée en Norvège [13] observe qu’après l’annonce du diagnostic
et le début de la PEC à l’hôpital, les patients consultent moins
fréquemment leur MG. A contrario, l’étude menée en Angleterre [12]
montre une faible implication des MG dans l’annonce.
Deux de ces études [13, 14] insistent sur la nécessité
d’une bonne coordination entre la ville et l’hôpital et constate
actuellement une communication insuffisante.
Enfin, on retrouve dans des études menées au Danemark [15] et au
Pays-Bas [16], le rôle important du MG dans les soins palliatifs à
domicile où il occupe la place de « key worker », ainsi
que l’importance de la coordination qu’il peut faire entre les
différents acteurs intervenant auprès du patient.
Enfin, il est à noter qu’une étude portant sur les besoins
insatisfaits des patients survivants d’un cancer en Angleterre [17]
mettait en évidence que les patients étaient, certes, satisfaits du
soutien psychologique et des informations sur les effets à long
terme apporté par le MG. Mais, le MG était vu comme non
spécialistes du cancer et comme quelqu’un de trop occupé. Aussi,
les patients le sollicitaient moins fréquemment pendant la période
de traitement du cancer.
Conclusion
Les implications dans la pratique quotidienne des résultats de
cette étude sont de plusieurs ordres.
La communication entre cancérologue et MG est à améliorer. Non
pas sur les délais de réception de compte-rendu de RCP ou de PPS,
mais principalement sur le degré d’information délivré au
patient.
Le MG participe d’ores et déjà activement à l’annonce de la
maladie, mais sans un échange précis entre MG et cancérologue sur
les termes employés par les différents acteurs, l’exercice de
l’annonce s’avère complexe pour le MG. Sa place dans le dispositif
d’annonce doit être améliorée, comme cela est demandé dans le Plan
cancer 2. Le déploiement et l’utilisation du DCC semblent être un
levier attractif pour favoriser cette communication entre
acteurs.
En dehors de l’annonce, le MG a une place importante auprès de
son patient tout au long de la maladie. Premièrement, il doit
pouvoir jouer un rôle majeur dans la gestion des urgences qui
surviennent le plus souvent lorsque le patient est à domicile.
Deuxièmement, il doit pouvoir jouer un rôle important dans la
gestion des soins de support, au cours et au décours de la maladie
(après cancer). Enfin, il doit pouvoir jouer un rôle dans les soins
palliatifs et d’accompagnement chez le patient qui souhaite rester
à domicile.
Pour faciliter et renforcer leur rôle lors de ces différentes
étapes, les MG ont besoin et souhaitent améliorer leurs
connaissances dans ces domaines.
Conflits d’intérêts: aucun.
Références
1. Loi no 2009-879 du
21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et
relative aux patients, à la santé et aux territoires. JORF
2009 ; 167 : 12184-244, [texte no 1].
2. Plan cancer 2009-2013,
http://www.Plan-cancer.gouv.fr/le-Plan-cancer.html.
3. Mission interministérielle pour la lutte contre le
cancer, La dynamique du Plan cancer : un an d’action et de
résultats, Plan cancer, Rapport annuel, 2004, 66 p.
4. Loi no 2004-806 du
9 août 2004 relative à la politique de santé
publique, JORF 2004 ; 185 : 14277 [texte
no 4].
5. Nguyen TD, Vincent P, Lamberth F, Robles V, Curé H.
Perspectives en cancérologie pour les médecins généralistes :
enquête interrégionale 2010. Bull Cancer 2011 ; 98 :
1143-115210.1684/bdc.2011.1450.
6. Ordre national des médecins, les atlas régionaux (En
ligne), disponible sur :
http://www.conseil-national.medecin.fr/system/files/Champagne-Ardenne.pdf?download=1
[page consultée le 2 septembre 2011].
7. Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé,
données statistiques (en ligne), disponible sur :
http://www.sante.gouv.fr/drees/statiss/statiss2010/default.html
[page consultée le 2 septembre 2011].
8. Institut national de veille sanitaire, estimation
régionale de l’incidence par cancer entre 1980 et 2005 (en
ligne), disponible sur :
http://www.invs.sante.fr/applications/cancers/estimations_regionales_1980_2005/donnees_generales.asp?region=21&nom_region=Champagne-Ardenne
[page consultée le 8 septembre 2011].
9. « Les médecins généralistes face au
cancer », une enquête inédite de la Ligue nationale contre le
cancer, communiqué de presse, 6-10-2010.
10. Laury-Auzeric L, Nguyen TD, Pavlovitch J.M. Réseau de
soins en cancérologie mammaire : enquête d’opinion prospective
auprès des médecins généralistes. Bull Cancer 2001 ; 88 :
1228-1234.
11. Ordre national des médecins, la consultation
d’annonce : les dispositifs d’annonce de diagnostics graves
(en ligne), disponible sur :
http://www.conseil-national.medecin.fr/node/1099 [page consultée le
5 septembre 2011].
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