Author(s) : Céline Mascaux, Marie Wislez, University of Colorado Anschutz Medical Campus, Department of Medicine, Division of Medical Oncology, 12801 E. 17th Ave., Mail Box 8117, Aurora, CO 80045, Hôpital Tenon, AP-HP, Service de pneumologie et de réanimation, Unité fonctionnelle d’oncologie thoracique, 4 rue de la Chine, 75020 Paris, France ; ER2, Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris, France. |
ARTICLE
bdc.2012.1543
Auteur(s) : Céline Mascaux1 celine.mascaux@ucdenver.edu,
Marie Wislez2 marie.wislez@tnn.aphp.fr
1 University of Colorado Anschutz Medical Campus,
Department of Medicine, Division of Medical Oncology, 12801 E.
17th Ave., Mail Box 8117, Aurora, CO 80045
2 Hôpital Tenon, AP-HP, Service de pneumologie et de
réanimation, Unité fonctionnelle d’oncologie thoracique, 4 rue de
la Chine, 75020 Paris, France ; ER2, Université
Pierre-et-Marie-Curie, Paris, France
Les inhibiteurs de tyrosine kinase (TKIs) de l’epidermal growth
factor (EGFR), dont gefinib, sont efficaces dans les cancers
bronchiques non à petites cellules (CBNPC) et d’autant plus s’ils
sont mutés pour EGFR. Néanmoins, certains patients présentent des
résistances initiales dites primaires et tous développent une
résistance secondaire sous traitement. La surexpression de la
protéine MET et sa phosphorylation ont été associées à la
résistance aux EGFR TKIs.
Garofalo et al. [1] ont étudié le rôle de microARNs
(miARNs) régulés par EGFR et MET dans la réponse au gefitinib et
dans la tumorogenèse par des études in vitro sur des lignées
cellulaires sensibles et résistantes au gefitinib, in vivo dans des
modèles murins et sur des CBNPC.
Après leur identification par silençage d’EGFR et de MET dans
des lignées les exprimant normalement, le rôle des 4 miARNs
les plus surrégulés par ces deux récepteurs (miR-30b, miR-30c,
miR-221 et miR-222) et des 2 miARNs les plus sous-régulés par
MET (miR-103 et miR-203) a été étudié spécifiquement ainsi que
certaines de leurs cibles transcriptionnelles potentielles.
L’inhibition de la traduction des protéines BCL2L11 (ou BIM),
APAF1, SRC et PRKCR (ou PKC-ε) par les miARNs a été confirmée et
corrélée avec MET dans les lignées de CBNPC. La corrélation inverse
entre les expressions de miR-203 et SRC, miR-103 et PKC-ε, miR-222
et APAF1, miR-30c et BIM a été montrée également sur une première
série de 110 CBNPC où l’expression des miARNs a été analysée
par hybridation in situ (ISH) et celle des protéines par
immunohistochimie (IHC). Une forte expression de MET a été observée
dans 52 % de ces tumeurs et associée à une faible expression
de miR-103 et de miR-203 et une forte expression de miR-222 et de
miR-30c ainsi qu’avec un plus fort taux de métastases. Ces
résultats ont été validés sur une cohorte indépendante de
40 CBNPC.
Les auteurs ont ensuite montré le rôle des 4 miARNs
surrégulés (miR-30b, miR-30c, miR-221 et miR-222) dans la réponse
aux EGFR TKIs en montrant notamment que l’expression de ces
4 miARNs est diminuée et celle de leurs cibles BIM et APAF1
augmentée par le traitement par gefinib dans les lignées sensibles
mais pas dans les lignées ayant une résistance acquise. Cette étude
montre également que le silençage de MET dans des lignées le
surexprimant induit une diminution de l’expression des mêmes
4 miARNs et restaure la sensibilité des lignées au gefinitib.
Ceci indique que ces lignées avec une forte expression de MET
étaient résistantes au gefitinib via une surexpression de ces
4 miARNs et que la double inhibition de EGFR et de MET est
nécessaire pour inhiber l’expression de ces miARNs et induire
l’apoptose cellulaire en réponse au gefitinib. De plus, les auteurs
ont montré dans les lignées et sur des souris nude xénogreffées que
l’activation des voies de signalisation de AKT-ERK dans la
résistance au gefitinib par surexpression de MET est médiée, tout
au moins en partie, par l’inhibition des 2 miARNs les plus
sous-régulés (miR-103 et miR-203) par MET et la surexpression de
leurs cibles qui en résulte (SRC et PKC-ε, et aussi Dicer). Les
2 miARNs et leurs cibles jouent un rôle dans la migration
cellulaire et le processus de transition epithélio-mésenchymateuse
(EMT) via la modulation de E-cadhérine, Snail, ZEB1 et ZEB2,
vimentine et fibronectine. Ces éléments indiquent que MET promeut
l’EMT à travers la convergence de différentes voies de
signalisation et qu’inhiber MET pourrait bloquer l’EMT.
En conclusion, cette étude démontre que la résistance aux EGFR
TKIs induite par la surexpression de MET est médiée au moins en
partie par des miARNs co-régulés par EGFR et MET et d’autres
régulés par MET uniquement. Ces miARNs ont des rôles importants
dans l’apoptose en réponse au gefitinib et dans l’EMT. La
modulation de ces miARNs pourrait être une approche thérapeutique
intéressante pour les CBNPC avec résistance aux EGFR TKIs liée à la
surexpression de MET.
Référence
1. Garofalo M, Romano G, Di Leva G, et al. EGFR
and MET receptor tyrosine kinase-altered microRNA expression
induces tumorigenesis and gefitinib resistance in lung cancers.
Nat Med 2011 ; 18 : 74-82.
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