Home > Journals > Medicine > Bulletin du cancer > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Bulletin du Cancer
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Hormone receptors and HER-2 changes during breast cancer progression: clinical implications


Bulletin du Cancer. Volume 98, Number 9, 1059-70, Septembre 2011, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2011.1434

Résumé   Summary  

Author(s) : William Jacot, Stéphane Pouderoux, Frédéric Bibeau, Cristina Leaha, Marie-Christine Chateau, Angélique Chapelle, Gilles Romieu, CRLC Val-d’Aurelle, service d’oncologie médicale, 208, rue des Apothicaires, 34298 Montpellier Cedex 05, France, CRLC Val-d’Aurelle, service d’anatomie pathologique, unité de transfert en cancérologie clinique, 34298 Montpellier Cedex 05, France.

Summary : Breast cancer remains a major public health problem. Even if there is an increase in this cancer curability, metastatic breast cancer remains a lethal disease in the vast majority of cases. Therapeutic advances in the chemotherapeutic and targeted therapies fields induced an increase in survival, however the proportion of long survivors remains low. Phenotypic instability, an early process initiated during tumour progression, and continued on the metastatic stage of the disease, can be one of the putative hypotheses explaining these results. An increasing amount of scientific data are pledging for a reanalysis of the phenotypic profile regarding hormone receptors and HER-2 status of metastatic lesions in order to identify drugable targets and allow individualisation of the treatment of these metastatic breast cancer patients. Phenotypic changes between the primary tumour and the paired metastatic lymph nodes are a challenging pitfall, raising the question of which site has to be assessed in the adjuvant treatment decision process. This article presents a comprehensive analysis of the frequency of theses phenotypic changes altogether with new modalities to evaluate this phenotypic status.

Keywords : breast cancer, metastases, phenotypic changes, targeted therapies

ARTICLE

bdc.2011.1434

Auteur(s) : William Jacot1 william.jacot@montpellier.unicancer.fr, Stéphane Pouderoux1, Frédéric Bibeau2, Cristina Leaha2, Marie-Christine Chateau2, Angélique Chapelle1, Gilles Romieu1

1 CRLC Val-d’Aurelle, service d’oncologie médicale, 208, rue des Apothicaires, 34298 Montpellier Cedex 05, France

2 CRLC Val-d’Aurelle, service d’anatomie pathologique, unité de transfert en cancérologie clinique, 34298 Montpellier Cedex 05, France

Tirés à part : W. Jacot

Introduction

Le cancer du sein demeure un problème de santé publique. En France, en 2005, plus de 49 000 patientes ont été atteintes d’un cancer du sein et plus de 11 000 décès lui sont attribuables en 2006 [1]. On estime qu’au moins une femme sur dix sera atteinte par cette pathologie durant sa vie. Bien que sa curabilité soit en augmentation, notamment grâce aux progrès du dépistage et des traitements adjuvants, le cancer du sein métastatique (CSM) reste généralement une maladie létale. Même si les progrès de l’imagerie et la généralisation du dépistage ont permis de réduire le stade tumoral au diagnostic, et donc d’améliorer le pronostic, on estime qu’environ 15 à 20 % des patientes prises en charge pour un cancer du sein au stade localisé vont présenter une évolution métastatique.

Le cancer du sein a la particularité que deux de ses facteurs pronostiques et prédictifs, nominalement les récepteurs hormonaux (RH) et l’oncoprotéine HER-2 (HER-2), sont dans le même temps des cibles thérapeutiques, et demeurent, malgré les progrès récents liés aux signatures multigéniques [2], la clé de voute du pronostic et des choix thérapeutiques. L’hormonothérapie anticancéreuse, décrite en 1896 par sir George Thomas Beatson [3], concerne la population des patientes dont la tumeur exprime des récepteurs aux œstrogènes (RE) et/ou à la progestérone (RP), soit environ 75 % des patientes. Dans cette population, le blocage de l’activation œstrogénique (que ce soit par antagonisme au niveau du récepteur ou inhibition de l’aromatase) est associé à une amélioration des paramètres cliniques [4-6], dont l’importance varie entre autres selon la dissociation des récepteurs et l’intensité de l’expression du RE [2, 7-10]. La surexpression de l’oncoprotéine HER-2, présente dans 12 à 15 % des tumeurs primitives, possède elle aussi une valeur pronostique [11-14], mais aussi une valeur prédictive de l’efficacité du trastuzumab, tant en adjuvant [15], permettant une réduction d’environ 50 % du risque de récidive et de décès, qu’en situation métastatique. Dans cette dernière catégorie, le traitement par trastuzumab efface le classique mauvais pronostic de cette population, lui redonnant un pronostic globalement identique à celui d’une population HER-2 non surexprimée [16]. Cependant, au stade métastatique, même si ces thérapeutiques ciblant les RE et l’HER-2 ont permis une amélioration des paramètres de survie, les guérisons restent rares et la récidive la règle. De plus, les résultats se révèlent plus modestes, tant en amplitude qu’en fréquence, comparativement aux mêmes traitements au stade adjuvant.

Se peut-il que l’origine de ces résistances et phénomènes d’échappement puisse être expliquée par les bases mêmes du processus métastatique ? Cette évolution métastatique est la résultante ultime d’un processus multiétapes qui a conduit une cellule normale à une cellule cancéreuse, puis qui a gouverné la multiplication et l’invasion de ce néotissu au sein du tissu d’origine avant d’en permettre l’échappement et le développement à distance [17]. Or, la tumeur primaire se compose d’un ensemble hétérogène de cellules aux altérations génétiques multiples [18, 19]. Le processus métastatique est la résultante ultime de ces altérations et ne représente qu’une sous-population des cellules tumorales puisque, dans des modèles animaux, moins de 0,001 % des cellules cancéreuses pénétrant dans la circulation sanguine arrivent à développer une métastase [20]. Cette instabilité génomique augmente la fréquence et la multiplicité des altérations génétiques des cellules cancéreuses lors de la progression tumorale. Or, les choix thérapeutiques sont généralement basés sur la détermination de ces cibles au niveau de la tumeur primitive, généralement sur la pièce tumorale, mais parfois même sur les microbiopsies diagnostiques initiales, et rarement réactualisée au stade métastatique. Il est alors assumé que ces cibles thérapeutiques ne varient pas dans l’évolution clinique. Une modification du statut des RH et/ou d’HER-2 pourrait, cependant, avoir des implications cliniques majeures. Considérant les modifications biologiques nécessaires au processus métastatique lymphatique ou sanguin [21], cette assertion de stabilité des cibles thérapeutiques dans le temps pourrait se révéler fausse.

Il existait, jusque récemment, assez peu de données sur ces variations phénotypiques entre la tumeur primitive et les métastases ganglionnaires ou distantes. Nous assistons actuellement à un regain d’intérêt sur ce sujet, avec près de 6 000 patientes analysées, probablement devant l’importance croissante des thérapeutiques ciblées dans la prise en charge adjuvante et métastatique du cancer du sein. Ont principalement été analysées les discordances d’expression entre la tumeur primitive et les métastases ganglionnaire et/ou à distance en ce qui concerne les trois cibles classiques du cancer du sein, les RE, RP et HER-2.

Cette revue va s’intéresser aux données disponibles dans la littérature concernant les modifications phénotypiques des cibles thérapeutiques que sont les RH et HER-2 lors de l’évolution tumorale, leur implication thérapeutique et les technologies pouvant essayer de les mettre en évidence de manière non invasive dans la pratique clinique.

Méthodologie des études publiées

Ces données sont détaillées étude par étude dans les tableaux 1-3. Il s’agit généralement, hormis les études évaluant l’expression de ces récepteurs entre la tumeur primitive et les métastases ganglionnaires axillaires synchrones, d’études rétrospectives. Cependant, une nouvelle détermination des statuts des cibles sur la pièce initiale en même temps que l’analyse de la cible métastatique est réalisée dans la majorité des études récentes (colonne « Relecture »), afin de réduire les différences induites par des changements de techniques ou de réactifs. Une autre inquiétude peut venir de l’augmentation des taux de faux-négatifs (notamment, au niveau d’HER-2) liés à la dégradation des blocs d’archives, parfois très anciens, ainsi qu’à la variabilité des performances des différents anticorps utilisés en IHC [22] lorsqu’il s’agit de données anciennes utilisant différents anticorps polyclonaux et monoclonaux, alors que les données récentes de la littérature utilisant un kit anti-HER-2 validé (l’HerceptTest®) donnent des résultats nettement plus reproductibles [23]. Nous manquons de données bibliographiques permettant de quantifier précisément ce risque, cependant la prise en compte systématique de témoins internes positifs et négatifs au sein des blocs d’archives recommandée en pratique anatomopathologique, ainsi que la standardisation de la cotation des résultats, devraient réduire de manière importante ce risque. Enfin, en ce qui concerne l’HER-2, il est important de noter qu’une grande proportion des études avait recours à la recherche d’une amplification génique par FISH ou CISH, limitant ainsi les risques liés à l’IHC.

Tableau 1 Variation de l’expression des récepteurs hormonaux (RH) en fonction des sites métastatiques (données de la littérature).

Auteur(s) N ptes Type Sites Méthode Relecture Variation RE (%) Variation RP (%) Mods. (%)
Brennan et al., 1979 [51] 29 R M MDS N 24 NE NE
Castagnetta et al., 1992 [24] 74 P N RL N 31 NE NE
Coradini et al., 1984 [72] 48 P N RL O 10,4 22,9 NE
Gomez-Fernandez et al., 2008 [73] 278 R LR/M IHC O 3,2 NE NE
Hahnel et Twaddle, 1985 [74] 28 R M (8)/N (20) RL N 7,5 NE NE
Holdaway et Bowditch, 1983 [33] 28 R M RL O 53,60 35,00 NE
Iguchi et al., 2003 [75] 87 R N IHC O 24,1 NE NE
Kamby et al., 1989 [69] 62 P M/N (29) IHC O 42 (os)/25 (foie)/10 (N) NE NE
Karlsson et al., 2010 [39] 486 (RE)456 (RP) R M RL N 35 43 NE
Kuukasjarvi et al., 1996 [29] 50 R LR/M IHC O 24 24 NE
Li et al., 1994 [76] 83 R LR/M RL N 29 44 (14/32) NE
Lower et al., 2005 [70] 200 R M IHC ou RL N 30 (n = 200) 39,3 (n = 173) NE
Mori et al., 1991 [77] 19 P N IHC O 0 NE NE
Nomura et al., 1985 [32] 42 R LR/M RL N 24 14 NE
Paridaens et al., 1980 [31] 44 R LR/M RL N 12 NE NE
Rosen et al., 1977 [30] 29 R LR/M RL N 24 NE NE
van Agthoven et al., 1995 [78] 26/2/5 R N (26)/M (2)/CL (5) IHC O 4 (26) 4 (26) NE

N ptes : nombre de patientes ; RE : récepteur aux œstrogènes ; RP : récepteur à la progestérone ; HER-2 : human epidermal growth factor receptor-2 ; LR : récidive locorégionale ; N : métastase ganglionnaire ; M : métastases distantes ; NE : non évalué ; O : oui ; N : non ; R : étude rétrospective ; P : étude prospective ; Mods. : pourcentage de modifications thérapeutiques effectuées dans cette série suite aux résultats du dosage des RH au niveau des lésions métastatiques ; MDS : méthode de diffusion au sucrose.

Tableau 2 Variation de l’expression d’HER-2 en fonction des sites métastatiques, données de la littérature.

Auteur(s) N ptes Type Sites Méthode Relecture Variation HER-2 (%) Mods. (%)
Cardoso et al., 2001 [79] 370 R N IHC O 2 NE
Carlsson et al., 2004 [80] 47 R N IHC + FISH O 0 NE
Gancberg et al., 2002 [45] 107 R M IHC + FISH O 6 (IHC)/7 (FISH) NE
Gong et al., 2005 [43] 60 R LR/M FISH O 3 NE
Lear-Kaul et al., 2003 [81] 12 R M (cérébrales) IHC + FISH O 41,7 (IHC)/0 (FISH) NE
Lorincz et al., 2006 [49] 23 R M (osseuses) IHC ± FISH O 8,7 NE
Lower et al., 2009 [40] 382 R M IHC ± FISH N 34 NE
Regitnig et al., 2004 [35] 31/10 R M (31)/N (10) IHC/FISH O 22,2 (M)/0 (N) NE
Santinelli et al., 2008 [26] 119 P M (35)/N (54)/RL (30) IHC ± FISH O 28,6 (M)/5,5 (N)/13,3 (RL) NE
Simon et al., 2001 [25] 125 R N IHC + FISH O 9,6 NE
Tanner et al., 2001 [47] 46 R M IHC + CISH O 0 NE
Tapia et al., 2007 [42] 105 R M (105)/N (31) FISH O 7,6 (M)/2,9 (N) NE
Tsutsui et al., 2002 [28] 76 R N IHC O 0 NE
Vincent-Salomon et al., 2002 [48] 44 R M IHC + FISH O 4,5 NE
Wilking et al., 2011 [71] 151 R RL (27)/N (13)/M (111) IHC ± FISH N 10 NE
Xu et al., 2002 [82] 33 R N IHC + FISH O 9 NE
Zidan et al., 2005 [36] 58 R M IHC ± FISH O 14 7

N ptes : nombre de patientes ; RE : récepteur aux œstrogènes ; RP : récepteur à la progestérone ; HER-2 : human epidermal growth factor receptor-2 ; LR : récidive locorégionale ; N : métastase ganglionnaire ; M : métastases distantes ; NE : non évalué ; O : oui ; N : non ; R : étude rétrospective ; P : étude prospective ; Mods. : pourcentage de modifications thérapeutiques effectuées dans cette série suite aux résultats des dosages d’HER-2 au niveau des lésions métastatiques.

Tableau 3 Variation de l’expression des récepteurs hormonaux (RH) et d’HER-2 en fonction des sites métastatiques.

Auteur(s) N ptes Type Sites Relecture Méthode RH Variation RE (%) Variation RP (%) Méthode HER-2 Variation HER-2 (%) Mods. (%)
Aitken et al., 2010 [27] 194 R N O IHC 28,4 (n = 194) 23,5 (n = 192) IHC + FISH 8,9 (n = 190) NE
Amir et al., 2010 [38] 271 P RL/M NA IHC 13 28 FISH 5 15,1
Broom et al., 2009 [83] 100 R M N IHC ou RL 17,7 (n = 62) 37,3 (n = 59) IHC ou FISH 5,5 (n = 18) NE
D’Andrea et al., 2007 [84] 90 R N O IHC 3,4 3,4 IHC 3,9 NE
Dikicioglu et al., 2005 [85] 22 P N O IHC 18 18 IHC 4,5 NE
Guarneri et al., 2008 [41] 75 R M O IHC 22 36 IHC + FISH 16 13
Hoefnagel et al., 2010 [86] 233 R M O IHC 10,3 30 IHC ± FISH 5,2 NE
Idirisinghe et al., 2010 [44] 117 R LR (45)/M (72) O IHC 13 (LR)/18 (M) 33 (LR)/42 (M) IHC 2 (LR)/7 (M) NE
Liedtke et al., 2009 [87] 789 R M N/O IHC 18,4 (n = 228) 40,3 (n = 216) IHC ou FISH 13,6 (n = 528) NE
Locatelli et al., 2010 [37] 255 R M (foie) O IHC 16 29,8 IHC ± FISH 13,1 18,8
Sari et al., 2011 [88] 78 R LR/M N IHC 36 (n = 75) 54,2 (n = 72) IHC ± FISH 14,7 (n = 61) NE
Sekido et al., 2003 [50] 44 R RL/M O IHC 15,9 22,5 IHC ± FISH 4,5 NE
Shimizu et al., 2000 [89] 21 R RL/M O RL 25/20 30/20 IHC 0/21 NE
Simmons et al., 2009 [34] 29 P M O IHC 48 28 FISH 8 20
Wu et al., 2008 [90] 10 P M O IHC 30 50 IHC + FISH 0-10 NE

N ptes : nombre de patientes ; RE : récepteur aux œstrogènes ; RP : récepteur à la progestérone ; HER-2 : human epidermal growth factor receptor-2 ; LR : récidive locorégionale ; N : métastase ganglionnaire ; M : métastases distantes ; NE : non évalué ; O : oui ; N : non ; NA : non applicable ; R : étude rétrospective ; P : étude prospective ; Mods. : pourcentage de modifications thérapeutiques effectuées dans cette série suite aux résultats des dosages des RH et d’HER-2 au niveau des lésions métastatiques.

Variation d’expression des récepteurs hormonaux et d’HER-2 entre la tumeur primitive et ses métastases ganglionnaires

Le choix des traitements adjuvants des cancers du sein localisés se base sur les caractéristiques anatomopathologiques de la tumeur primitive. Or, dans le cas des cancers du sein avec atteinte ganglionnaire, la population métastatique ganglionnaire est susceptible de présenter un phénotype plus agressif et une expression modifiée des cibles thérapeutiques.

En ce qui concerne les variations d’expression des RE, en 1992, l’étude de Castagnetta et al. constatait 31 % de discordances entre la tumeur primitive et les métastases ganglionnaires axillaires synchrones [24]. Cette étude peut être critiquée, car utilisant une détermination du statut des RE par radioligands, méthode actuellement peu utilisée depuis les travaux de Craig Allred. [9, 10], cependant d’autres études plus récentes utilisant l’immunohistochimie retrouvent des résultats proches (tableau 1).

En ce qui concerne les variations du statut HER-2, dès 2001, Simon et al. rapportaient d’importantes discordances entre le statut HER-2 de la tumeur, de ses métastases ganglionnaires et des métastases à distance sur un tissue microarray de 392 patientes dont 196 tumeurs avec atteinte ganglionnaire [25]. De même, Santinelli et al. rapportent dans une série prospective de 119 patientes des discordances (avec implications cliniques) dans le statut HER-2 dans 6,5 % des cas entre la tumeur primitive et les adénopathies métastatiques axillaires synchrones [26]. Plus récemment, Aitken et al. ont rapporté des variations de phénotype au niveau ganglionnaire axillaire pouvant atteindre 39,5 % dans la population des tumeurs RE+/HER-2 négatives (8,5 % de phénotype HER-2 positif et 18,6 % de phénotype triple négatif au niveau des ganglions axillaires correspondants) [27]. À l’inverse, Tsutsui et al. ne rapportent pas de telles variations [28].

Les tableaux 2 et 3 résument les données publiées sur le sujet. Même s’il existe une hétérogénéité quant aux résultats publiés, ces données semblent suffisantes pour nécessiter une évaluation sur un large échantillon de tumeurs, à la fois de la fréquence de ces modifications mais aussi de leur répercussion sur le pronostic puisque les décisions thérapeutiques adjuvantes ne sont actuellement corrélées qu’au phénotype de la tumeur initiale.

Variation d’expression des récepteurs hormonaux et d’HER-2 entre la tumeur primitive et ses métastases distantes

Une synthèse des données publiées, ou présentées au congrès 2010 de l’Asco, sur le sujet est présentée dans les tableaux 1 (études portant sur les variations des RH), 2 (études portant sur les variations d’HER-2) et 3 (études portant à la fois sur les variations des RH et d’HER-2).

Les données les plus anciennes concernent bien entendu les variations des dosages des RH, par radioligands [29-33]. Ainsi, en 1983, Holdaway et Bowditch rapportent, sur une série de 28 patientes, des variations dans les taux des RE et RP entre les tumeurs primitives et leurs métastases distantes. Une concordance n’était retrouvée que dans 46 % des cas [33]. Ces études ont été jugées critiquables car mélangeant les récidives métastatiques et des cancers controlatéraux pour certaines patientes, et de par l’utilisation d’une méthode qui n’est plus de nos jours considérée comme un standard. Cependant, ce type de variations est à nouveau intensivement décrit ces dernières années. Par exemple, dans l’étude de Simmons et al. [34], 40 % des patientes présentaient un changement dans le statut de leurs RH (et 8 % au niveau d’HER-2) entre la tumeur primitive et la biopsie d’une cible métastatique, conduisant dans cette étude à une modification de la stratégie thérapeutique dans 20 % des cas.

En ce qui concerne les variations du statut HER-2, Santinelli et al. rapportent dans leur série prospective de 119 patientes des discordances (avec implications cliniques) dans 13,3 % des cas de récidives locales et 28,6 % des cas de récidives métastatiques métachrones [26]. Dans l’étude de Regitnig et al., dans une série de 31 cancers du sein, 15 cas présentaient une modification du statut immunohistochimique d’HER-2, avec pour trois de ces cas un passage d’un score 0 à un score 3+ conduisant donc à une modification thérapeutique [35]. Dans l’étude de Zidan et al., sur une série de 48 cas, 14 % des patientes voyaient leur statut HER-2 changer entre la tumeur primitive et les métastases [36].

Enfin, trois études regroupant au total 1 003 patientes ont récemment été présentées au congrès 2010 de l’Asco [37-39], dont une étude prospective [38] portant sur 271 patientes et rapportant des résultats globalement superposables. Dans cette étude, le taux de changement des options thérapeutiques, l’objectif principal de l’étude, était de 15,1 %, soit globalement une modification thérapeutique toutes les 6,6 biopsies. De plus, dans l’étude rétrospective de Karlsson et al. présentée elle aussi au congrès 2010 de l’Asco et ne s’intéressant qu’aux RH, ces variations phénotypiques s’associaient à une modification du pronostic.

Il est important de noter que dans la majorité des cas rapportés comme discordants dans ces séries, les changements s’effectuaient dans le sens du gain de la surexpression d’HER-2, et que la perte de surexpression reste un élément plus rarement rapporté. Ces modifications pourraient être plus fréquentes après traitements médicaux adjuvants, comme certaines séries récentes semblent l’évoquer [40, 41], possiblement par phénomène de sélection tumorale. Le pourcentage de modification du statut HER-2 se révèle en revanche très variable d’une étude à l’autre, certaines études rapportant des taux inférieurs à 10 % [42-50]. Ce pourcentage peut sembler faible, mais devant l’impact pronostique et thérapeutique de l’hyperexpression de l’oncoprotéine HER-2, et le fort pourcentage de tumeurs HER-2 négatives lors de la prise en charge initiale, une recherche de conversion de statut lors de la récidive métastatique semble souhaitable afin de minimiser les risques de perte de chance liée à une thérapeutique suboptimale, notion à nouveau rapportée dans les trois études présentées lors du congrès 2010 de l’Asco [37-39].

Nouvelles méthodes non invasives d’évaluation des variations d’expression des RH et d’HER-2

La question à se poser devient alors : « S’il existe une hétérogénéité de l’expression des RH au sein des métastases en plus de celle existant entre la tumeur primitive et les lésions métastatiques, est-il envisageable et nécessaire de biopsier les différentes lésions avant de décider d’une stratégie thérapeutique ? ». La réponse est évidemment non, mais cette hétérogénéité au sein des différentes cibles, décrite dès 1979 [51], ne peut être ignorée. De nombreuses lésions ne sont cependant pas accessibles à une biopsie ou soulèvent le problème des risques iatrogènes. De plus, en cas de métastases diffuses, l’idée de réaliser des dizaines de biopsies n’est pas recevable. Existe-t-il des alternatives non ou peu invasives ?

Scintigraphie au fluoroestradiol et évaluation du statut des RH

Pour ce qui est de l’évaluation de l’expression des RH au sein des différentes lésions métastatiques, les données concernant la tomographie par émission de positon (TEP) utilisant le 18F-16α-17β-fluoroestradiol (FES) plaident en ce sens. Cette méthode va cibler les RE de manière non invasive et pourrait donc permettre de déterminer in vivo l’expression des RE sur l’ensemble des sites tumoraux. Le FES présente les mêmes caractéristiques que l’estradiol biologique en termes de liaison au RE et de transport par la sex hormone binding globulin (SHBG). De plus, il a été montré une excellente corrélation entre la fixation du FES au niveau des sites tumoraux (primitif et métastases) et l’expression des RE déterminée par immunohistochimie au niveau des différents prélèvements [52]. Plusieurs équipes ont évalué l’hétérogénéité d’expression des RE en utilisant le FES. Par exemple, Mortimer et al. ont démontré que quatre des 17 (24 %) patientes de leur étude présentaient des différences d’expression des RE entres les différents sites métastatiques [53]. Dans l’étude de Linden et al., sur 47 patientes métastatiques initialement considérées comme RE positives, six patientes (13 %) présentaient au moins un site négatif au FES [54]. La négativité au FES était significativement associée à l’absence de réponse à une hormonothérapie. Il pourrait donc s’agir d’une méthode non invasive d’évaluation du statut RE des métastases des cancers du sein, avec possibilité d’optimiser le choix d’une thérapeutique selon ses probabilités ou non de réponse à l’hormonothérapie et l’évaluation respective de la charge tumorale hormonodépendante et non hormonodépendante.

Évaluation non invasive du statut HER-2

Pour ce qui est de la détermination non invasive du statut HER-2 au stade métastatique, les données les plus cohérentes dans la littérature concernent le dosage du taux circulant de la portion extramembranaire d’HER-2 (DEC HER-2). Le DEC HER-2 peut être clivé de la surface des cellules tumorales et relargué dans la circulation [55, 56]. Dans une étude incluant 195 patientes atteintes d’un CSM, Kong et al. [57] ont démontré une corrélation entre le taux circulant de DEC HER-2 et le statut HER-2 du cancer en IHC. À l’analyse des courbes ROC, un seuil de 15 μg/L était associé à une sensibilité de 88 % et une spécificité de 62 % ; ces mêmes valeurs étaient de 62 et 97 %, respectivement, pour un seuil de 37 μg/L. Il existe une littérature congruente concernant une fréquente augmentation du taux de DEC HER-2 entre la tumeur primitive et l’évolution métastatique [58-61], avec une corrélation pronostique constatée dans certaines études [59-61], et non dans d’autres [62, 63]. Il est cependant important de noter que, comme commenté par Tse et Lamy suite à la publication de ces deux dernières études, ces données rétrospectives tant positives que négatives ne permettent pas de conclure de manière définitive sur le rôle pronostique de ce marqueur, et qu’une étude prospective dédiée semble indispensable afin de répondre à cette question [64]. Pour ce qui est des modifications du statut HER-2 au niveau des métastases, à ce jour, la démonstration qu’une augmentation du taux circulant de DEC HER-2 soit associée à une conversion du phénotype HER-2 au niveau des métastases, ainsi que la fréquence de cette conversion dans l’évolution tumorale restent à établir.

L’analyse phénotypique des cellules tumorales circulantes (CTC) pourrait constituer une autre piste prometteuse de recherche [65-67]. Par exemple, Meng et al. ont rapporté une concordance de 97 % entre le statut HER-2 de la tumeur primitive et celui des CTC [67]. Certains écueils sont cependant à souligner. Tout d’abord la détection des CTC n’est rapportée que dans 31 à 61 % des cas [65, 66], ce qui limite la population cible. Ensuite, des discordances entre le statut HER-2 des CTC et des métastases ont été rapportées. Par exemple, dans l’étude de Fehms, dix patientes chez qui des CTC avaient pu être isolées ont eu une biopsie d’au moins une cible métastatique [65]. Sur les deux patientes dont la métastase était devenue HER-2 positive, seule une patiente avait une positivité de ses CTC pour HER-2. De plus, une patiente qui présentait des CTC HER-2 positive était atteinte d’une métastase qui ne surexprimait pas HER-2. Enfin il s’agit généralement d’études n’incluant qu’un faible nombre de patientes. La signification clinique d’une positivité des CTC chez des patientes atteintes d’un CSM dont la tumeur primitive était HER-2 négative reste donc inconnue. Ces données restent à corréler au statut HER-2 des métastases déterminé sur des biopsies tumorales dans une large étude prospective. La signification biologique de ces résultats reste débattue. Des études de plus large envergure seront nécessaires pour déterminer s’il s’agit d’un reflet phénotypique exact de la charge tumorale métastatique ou si ces évènements rendent les CTC plus résistantes et donc plus facilement détectables dans le courant sanguin sans toutefois être associés à une plus grande aptitude à développer des métastases.

Enfin, en termes d’imagerie, un article rapporte l’utilisation du trastuzumab marqué à l’indium 111 avec des performances qui ne laissent pas envisager dans l’immédiat une utilisation en pratique clinique [68].

Discussion

Ces discordances doivent-elles nous surprendre ? Sont-elles forcément imprévisibles et issues d’évènements oncogéniques non identifiés ? Une lésion métastatique est considérée comme issue d’une seule cellule issue de la tumeur primitive et ayant réussi à survivre dans le milieu sanguin puis à se déposer dans un organe distant pour développer une métastase. Considérant les seuils actuellement retenus pour conclure à l’hormonodépendance d’une tumeur primitive (généralement en Europe à partir de 10 % des cellules examinées présentant une faible positivité pour le RH concerné) ou à un statut HER-2 3+ (au moins 30 % des cellules présentant un marquage membranaire complet), il n’est pas surprenant de se dire que jusqu’à 90 % (dans le cas des RH) et 70 % (dans le cas d’HER-2) des cellules à potentiel métastatique peuvent présenter un phénotype discordant avec la tumeur primitive. La démonstration d’une meilleure viabilité et nidification d’une CTC en fonction de son statut RE, RP et HER-2 n’a en revanche pas été clairement explorée, ne permettant pas d’avancer une hypothèse d’avantage clonal lié à ces expressions. Ces seuils, justement retenus pour déterminer le pouvoir prédictif de la réponse à une hormonothérapie ou à un traitement ciblant HER-2, ne peuvent en aucun cas préjuger avec certitude du statut des métastases, synchrones et encore moins ultérieures. Une évaluation, au moins partielle (sur certaines des métastases) de ces statuts de cibles thérapeutiques semble donc licite, les implications thérapeutiques pouvant se révéler majeures. L’impact pronostique péjoratif de ces modifications a été démontré dans plusieurs séries [39, 44, 69-71]. De plus, les études évaluant l’impact en termes de changement des choix thérapeutiques rapportent des modifications de choix dans 7 à 20 % des cas [34, 36-38, 41].

Dès lors, au vu de la démonstration de l’existence de ces hétérogénéités d’expression des RE et d’HER-2 et de leur valeur pronostique, il semble logique de proposer une stratégie de biopsies des cibles métastatiques afin de déterminer à nouveau le statut de ces cibles thérapeutiques. Un ciblage moléculaire de la population la plus à même de retirer un bénéfice de ces procédures invasives pourrait être envisagé. En ce sens, la TEP-FES et le dosage du taux circulant de DEC HER-2 semblent les deux techniques les plus documentées en termes de publications, cependant une validation lors d’une étude prospective reste indispensable. Pour ce qui est des variations phénotypiques au niveau ganglionnaire, leur impact pronostique (et les risques de sous-traitement par méconnaissance de la conversion des cibles) n’a pas à ce jour été rapporté et nécessite lui aussi une étude dédiée.

Conclusion

Le cancer du sein demeure un problème de santé publique. La poursuite des efforts en termes de dépistage et de traitements adjuvants ne doit pas faire négliger la prise en charge des patientes au stade avancé de la maladie. La démonstration de plus en plus étoffée des variations d’expression des RH et d’HER-2 au niveau des différentes lésions métastatiques, tant ganglionnaires qu’à distance, plaide pour, dans la mesure du possible et du raisonnable, une nouvelle analyse phénotypique des lésions métastatiques afin d’individualiser au mieux la prise en charge de ces patientes. Cette remise en question des différentes cibles thérapeutiques devrait permettre une prise en charge optimale et adaptée de ces patientes.

Conflits d’intérêts: aucun.

Références

1. Guerin S, Doyon F, Hill C. The frequency of cancer in France in 2006, mortality trends since 1950, incidence trends since 1980 and analysis of the discrepancies between these trends. Bull Cancer 2009 ; 96 : 51-57.

2. de Cremoux P. Molecular prognostic and predictive markers of breast cancer treatment. Bull Cancer 2010 ; 97 : 1297-1304.

3. Stockwell S. Classics in oncology. George Thomas Beatson, M.D. (1848-1933). CA Cancer J Clin 1983 ; 33 : 105-121.

4. Early Breast Cancer Trialists’ Collaborative Group (EBCTCG). Effects of chemotherapy and hormonal therapy for early breast cancer on recurrence and 15-year survival: an overview of the randomised trials. Lancet 2005 ; 365 : 1687-717.

5. Altundag K, Ibrahim N.K. Aromatase inhibitors in breast cancer: an overview. Oncologist 2006 ; 11 : 553-562.

6. Mouridsen H, Giobbie-Hurder A, Goldhirsch A, et al. Letrozole therapy alone or in sequence with tamoxifen in women with breast cancer. N Engl J Med 2009 ; 361 : 766-776.

7. Anderson WF, Chu KC, Chatterjee N, Brawley O, Brinton L.A. Tumor variants by hormone receptor expression in white patients with node-negative breast cancer from the surveillance, epidemiology, and end results database. J Clin Oncol 2001 ; 19 : 18-27.

8. Bardou VJ, Arpino G, Elledge RM, Osborne CK, Clark G.M. Progesterone receptor status significantly improves outcome prediction over estrogen receptor status alone for adjuvant endocrine therapy in two large breast cancer databases. J Clin Oncol 2003 ; 21 : 1973-1979.

9. Harvey JM, Clark GM, Osborne CK, Allred D.C. Estrogen receptor status by immunohistochemistry is superior to the ligand-binding assay for predicting response to adjuvant endocrine therapy in breast cancer. J Clin Oncol 1999 ; 17 : 1474-1481.

10. Elledge RM, Green S, Pugh R, et al. Estrogen receptor (ER) and progesterone receptor (PgR), by ligand-binding assay compared with ER, PgR and pS2, by immuno-histochemistry in predicting response to tamoxifen in metastatic breast cancer: a Southwest Oncology Group Study. Int J Cancer 2000 ; 89 : 111-117.

11. Coussens L, Yang-Feng TL, Liao YC, et al. Tyrosine kinase receptor with extensive homology to EGF receptor shares chromosomal location with neu oncogene. Science 1985 ; 230 : 1132-1139.

12. Varley JM, Swallow JE, Brammar WJ, Whittaker JL, Walker R.A. Alterations to either c-erbB-2(neu) or c-myc proto-oncogenes in breast carcinomas correlate with poor short-term prognosis. Oncogene 1987 ; 1 : 423-430.

13. Navolanic PM, Steelman LS, McCubrey J.A. EGFR family signaling and its association with breast cancer development and resistance to chemotherapy. Int J Oncol 2003 ; 22 : 237-252(review).

14. Ross JS, Fletcher JA, Linette GP, et al. The Her-2/neu gene and protein in breast cancer 2003: biomarker and target of therapy. Oncologist 2003 ; 8 : 307-325.

15. Viani GA, Afonso SL, Stefano EJ, De Fendi LI, Soares F.V. Adjuvant trastuzumab in the treatment of Her-2-positive early breast cancer: a meta-analysis of published randomized trials. BMC Cancer 2007 ; 7 : 153.

16. Dawood S, Broglio K, Buzdar AU, Hortobagyi GN, Giordano SH. Prognosis of women with metastatic breast cancer by HER2 status and trastuzumab treatment: an institutional-based review. J Clin Oncol 2010 ; 28 : 92-8.

17. Chiang AC, Massague J. Molecular basis of metastasis. N Engl J Med 2008 ; 359 : 2814-2823.

18. Fidler I.J. The pathogenesis of cancer metastasis: the ‘seed and soil’ hypothesis revisited. Nat Rev Cancer 2003 ; 3 : 453-458.

19. Hanahan D, Weinberg R.A. The hallmarks of cancer. Cell 2000 ; 100 : 57-70.

20. Chambers AF, Groom AC, MacDonald I.C. Dissemination and growth of cancer cells in metastatic sites. Nat Rev Cancer 2002 ; 2 : 563-572.

21. Chambers AF, Naumov GN, Vantyghem SA, Tuck A.B. Molecular biology of breast cancer metastasis. Clinical implications of experimental studies on metastatic inefficiency. Breast Cancer Res 2000 ; 2 : 400-407.

22. Press MF, Hung G, Godolphin W, Slamon D.J. Sensitivity of HER-2/neu antibodies in archival tissue samples: potential source of error in immunohistochemical studies of oncogene expression. Cancer Res 1994 ; 54 : 2771-2777.

23. Lebeau A, Deimling D, Kaltz C, et al. Her-2/neu analysis in archival tissue samples of human breast cancer: comparison of immunohistochemistry and fluorescence in situ hybridization. J Clin Oncol 2001 ; 19 : 354-363.

24. Castagnetta L, Traina A, Carruba G, Fecarotta E, Palazzotto G, Leake R. The prognosis of breast cancer patients in relation to the oestrogen receptor status of both primary disease and involved nodes. Br J Cancer 1992 ; 66 : 167-170.

25. Simon R, Nocito A, Hubscher T, et al. Patterns of Her-2/neu amplification and overexpression in primary and metastatic breast cancer. J Natl Cancer Inst 2001 ; 93 : 1141-1146.

26. Santinelli A, Pisa E, Stramazzotti D, Fabris G. HER-2 status discrepancy between primary breast cancer and metastatic sites. Impact on target therapy. Int J Cancer 2008 ; 122 : 999-1004.

27. Aitken SJ, Thomas JS, Langdon SP, Harrison DJ, Faratian D. Quantitative analysis of changes in ER, PR and HER2 expression in primary breast cancer and paired nodal metastases. Ann Oncol 2010 ; 21 : 1254-1261.

28. Tsutsui S, Ohno S, Murakami S, Kataoka A, Kinoshita J, Hachitanda Y. EGFR, c-erbB2 and p53 protein in the primary lesions and paired metastatic regional lymph nodes in breast cancer. Eur J Surg Oncol 2002 ; 28 : 383-387.

29. Kuukasjarvi T, Kononen J, Helin H, Holli K, Isola J. Loss of estrogen receptor in recurrent breast cancer is associated with poor response to endocrine therapy. J Clin Oncol 1996 ; 14 : 2584-2589.

30. Rosen PP, Menendez-Botet CJ, Urban JA, Fracchia A, Schwartz M.K. Estrogen receptor protein (ERP) in multiple tumor specimens from individual patients with breast cancer. Cancer 1977 ; 39 : 2194-2200.

31. Paridaens R, Sylvester RJ, Ferrazzi E, Legros N, Leclercq G, Heuson J.C. Clinical significance of the quantitative assessment of estrogen receptors in advanced breast cancer. Cancer 1980 ; 46 : 12 suppl.2889-2895.

32. Nomura Y, Tashiro H, Shinozuka K. Changes of steroid hormone receptor content by chemotherapy and/or endocrine therapy in advanced breast cancer. Cancer 1985 ; 55 : 546-551.

33. Holdaway IM, Bowditch J.V. Variation in receptor status between primary and metastatic breast cancer. Cancer 1983 ; 52 : 479-485.

34. Simmons C, Miller N, Geddie W, et al. Does confirmatory tumor biopsy alter the management of breast cancer patients with distant metastases?. Ann Oncol 2009 ; 20 : 1499-1504.

35. Regitnig P, Schippinger W, Lindbauer M, Samonigg H, Lax S.F. Change of HER-2/neu status in a subset of distant metastases from breast carcinomas. J Pathol 2004 ; 203 : 918-926.

36. Zidan J, Dashkovsky I, Stayerman C, Basher W, Cozacov C, Hadary A. Comparison of HER-2 overexpression in primary breast cancer and metastatic sites and its effect on biological targeting therapy of metastatic disease. Br J Cancer 2005 ; 93 : 552-556.

37. Locatelli MA, Curigliano G, Fumagalli L, et al. Should liver metastases of breast cancer be biopsied to improve treatment choice?. J Clin Oncol 2010 ; 28 : 18S(abstract CRA.1008).

38. Amir E, Clemons M, Freedman OC, et al. Tissue confirmation of disease recurrence in patients with breast cancer: pooled analysis of two large prospective studies. J Clin Oncol 2010 ; 28 : 15S(abstract 1007).

39. Karlsson E, Lindström LS, Wilking U, Skoog L, Johansson U, Bergh J. Discordance in hormone receptor status in breast cancer during tumor progression. J Clin Oncol 2010 ; 28 : 15S(abstract 1009).

40. Lower EE, Glass E, Blau R, Harman S. HER-2/neu expression in primary and metastatic breast cancer. Breast Cancer Res Treat 2009 ; 113 : 301-306.

41. Guarneri V, Giovannelli S, Ficarra G, et al. Comparison of HER-2 and hormone receptor expression in primary breast cancers and asynchronous paired metastases: impact on patient management. Oncologist 2008 ; 13 : 838-844.

42. Tapia C, Savic S, Wagner U, et al. HER2 gene status in primary breast cancers and matched distant metastases. Breast Cancer Res 2007 ; 9 : R31.

43. Gong Y, Booser DJ, Sneige N. Comparison of HER-2 status determined by fluorescence in situ hybridization in primary and metastatic breast carcinoma. Cancer 2005 ; 103 : 1763-1769.

44. Idirisinghe PK, Thike AA, Cheok PY, et al. Hormone receptor and c-ERBB2 status in distant metastatic and locally recurrent breast cancer. Pathologic correlations and clinical significance. Am J Clin Pathol 2010 ; 133 : 416-429.

45. Gancberg D, Di Leo A, Cardoso F, et al. Comparison of HER-2 status between primary breast cancer and corresponding distant metastatic sites. Ann Oncol 2002 ; 13 : 1036-1043.

46. Masood S, Bui M.M. Assessment of Her-2/neu overexpression in primary breast cancers and their metastatic lesions: an immunohistochemical study. Ann Clin Lab Sci 2000 ; 30 : 259-265.

47. Tanner M, Jarvinen P, Isola J. Amplification of HER-2/neu and topoisomerase II alpha in primary and metastatic breast cancer. Cancer Res 2001 ; 61 : 5345-5348.

48. Vincent-Salomon A, Jouve M, Genin P, et al. HER2 status in patients with breast carcinoma is not modified selectively by preoperative chemotherapy and is stable during the metastatic process. Cancer 2002 ; 94 : 2169-2173.

49. Lorincz T, Toth J, Badalian G, Timar J, Szendroi M. HER-2/neu genotype of breast cancer may change in bone metastasis. Pathol Oncol Res 2006 ; 12 : 149-152.

50. Sekido Y, Umemura S, Takekoshi S, et al. Heterogeneous gene alterations in primary breast cancer contribute to discordance between primary and asynchronous metastatic/recurrent sites: HER2 gene amplification and p53 mutation. Int J Oncol 2003 ; 22 : 1225-1232.

51. Brennan MJ, Donegan WL, Appleby D.E. The variability of estrogen receptors in metastatic breast cancer. Am J Surg 1979 ; 137 : 260-262.

52. Mintun MA, Welch MJ, Siegel BA, et al. Breast cancer: PET imaging of estrogen receptors. Radiology 1988 ; 169 : 45-48.

53. Mortimer JE, Dehdashti F, Siegel BA, Katzenellenbogen JA, Fracasso P, Welch M.J. Positron emission tomography with 2-[18F]fluoro-2-deoxy-D-glucose and 16alpha-[18F]fluoro-17beta-estradiol in breast cancer: correlation with estrogen receptor status and response to systemic therapy. Clin Cancer Res 1996 ; 2 : 933-939.

54. Linden HM, Stekhova SA, Link JM, et al. Quantitative fluoroestradiol positron emission tomography imaging predicts response to endocrine treatment in breast cancer. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 2793-2799.

55. Lin YZ, Clinton G.M. A soluble protein related to the HER-2 proto-oncogene product is released from human breast carcinoma cells. Oncogene 1991 ; 6 : 639-643.

56. Zabrecky JR, Lam T, McKenzie SJ, Carney W. The extracellular domain of p185/neu is released from the surface of human breast carcinoma cells, SK-BR-3. J Biol Chem 1991 ; 266 : 1716-1720.

57. Kong SY, Nam BH, Lee KS, et al. Predicting tissue HER2 status using serum HER2 levels in patients with metastatic breast cancer. Clin Chem 2006 ; 52 : 1510-1515.

58. Asgeirsson KS, Agrawal A, Allen C, et al. Serum epidermal growth factor receptor and HER2 expression in primary and metastatic breast cancer patients. Breast Cancer Res 2007 ; 9 : R75.

59. Bramwell VH, Doig GS, Tuck AB, et al. Changes over time of extracellular domain of HER2 (ECD/HER2) serum levels have prognostic value in metastatic breast cancer. Breast Cancer Res Treat 2009 ; 114 : 503-511.

60. Carney WP, Neumann R, Lipton A, Leitzel K, Ali S, Price C.P. Potential clinical utility of serum HER-2/neu oncoprotein concentrations in patients with breast cancer. Clin Chem 2003 ; 49 : 1579-1598.

61. Lipton A, Leitzel K, Ali SM, et al. Serum HER-2/neu conversion to positive at the time of disease progression in patients with breast carcinoma on hormone therapy. Cancer 2005 ; 104 : 257-263.

62. Finn RS, Gagnon R, Di Leo A, Press MF, Arbushites M, Koehler M. Prognostic and predictive value of HER2 extracellular domain in metastatic breast cancer treated with lapatinib and paclitaxel in a randomized phase III study. J Clin Oncol 2009 ; 27 : 5552-5558.

63. Lennon S, Barton C, Banken L, et al. Utility of serum HER2 extracellular domain assessment in clinical decision making: pooled analysis of four trials of trastuzumab in metastatic breast cancer. J Clin Oncol 2009 ; 27 : 1685-1693.

64. Tse C, Lamy P.J. Clinical utility of serum human epidermal growth factor receptor 2 extracellular domain levels: stop the shilly-shally – it is time for a well-designed, large-scale prospective study. J Clin Oncol 2009 ; 27 : e286-e287.

65. Fehm T, Becker S, Duerr-Stoerzer S, et al. Determination of HER2 status using both serum HER2 levels and circulating tumor cells in patients with recurrent breast cancer whose primary tumor was HER2 negative or of unknown HER2 status. Breast Cancer Res 2007 ; 9 : R74.

66. Pestrin M, Bessi S, Galardi F, et al. Correlation of HER2 status between primary tumors and corresponding circulating tumor cells in advanced breast cancer patients. Breast Cancer Res Treat 2009 ; 118 : 523-530.

67. Meng S, Tripathy D, Shete S, et al. HER-2 gene amplification can be acquired as breast cancer progresses. Proc Natl Acad Sci U S A 2004 ; 101 : 9393-9398.

68. Perik PJ, Lub-De Hooge MN, Gietema JA, et al. Indium-111-labeled trastuzumab scintigraphy in patients with human epidermal growth factor receptor 2-positive metastatic breast cancer. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 2276-2282.

69. Kamby C, Rasmussen BB, Kristensen B. Oestrogen receptor status of primary breast carcinomas and their metastases. Relation to pattern of spread and survival after recurrence. Br J Cancer 1989 ; 60 : 252-257.

70. Lower EE, Glass EL, Bradley DA, Blau R, Heffelfinger S. Impact of metastatic estrogen receptor and progesterone receptor status on survival. Breast Cancer Res Treat 2005 ; 90 : 65-70.

71. Wilking U, Karlsson E, Skoog L, et al. HER2 status in a population-derived breast cancer cohort: discordances during tumor progression. Breast Cancer Res Treat 2011 ; 125 : 553-561.

72. Coradini D, Cappelletti V, Miodini P, Ronchi E, Scavone G, Di Fronzo G. Distribution of estrogen and progesterone receptors in primary tumor and lymph nodes in individual patients with breast cancer. Tumori 1984 ; 70 : 165-168.

73. Gomez-Fernandez C, Daneshbod Y, Nassiri M, Milikowski C, Alvarez C, Nadji M. Immunohistochemically determined estrogen receptor phenotype remains stable in recurrent and metastatic breast cancer. Am J Clin Pathol 2008 ; 130 : 879-882.

74. Hahnel R, Twaddle E. The relationship between estrogen receptors in primary and secondary breast carcinomas and in sequential primary breast carcinomas. Breast Cancer Res Treat 1985 ; 5 : 155-163.

75. Iguchi C, Nio Y, Itakura M. Heterogeneic expression of estrogen receptor between the primary tumor and the corresponding involved lymph nodes in patients with node-positive breast cancer and its implications in patient outcome. J Surg Oncol 2003 ; 83 : 85-93.

76. Li BD, Byskosh A, Molteni A, Duda R.B. Estrogen and progesterone receptor concordance between primary and recurrent breast cancer. J Surg Oncol 1994 ; 57 : 71-77.

77. Mori T, Morimoto T, Komaki K, Monden Y. Comparison of estrogen receptor and epidermal growth factor receptor content of primary and involved nodes in human breast cancer. Cancer 1991 ; 68 : 532-537.

78. van Agthoven T, Timmermans M, Dorssers LC, Henzen-Logmans S.C. Expression of estrogen, progesterone and epidermal growth factor receptors in primary and metastatic breast cancer. Int J Cancer 1995 ; 63 : 790-793.

79. Cardoso F, Di Leo A, Larsimont D, et al. Evaluation of HER2, p53, bcl-2, topoisomerase II-alpha, heat shock proteins 27 and 70 in primary breast cancer and metastatic ipsilateral axillary lymph nodes. Ann Oncol 2001 ; 12 : 615-620.

80. Carlsson J, Nordgren H, Sjostrom J, et al. HER2 expression in breast cancer primary tumours and corresponding metastases. Original data and literature review. Br J Cancer 2004 ; 90 : 2344-2348.

81. Lear-Kaul KC, Yoon HR, Kleinschmidt-DeMasters BK, McGavran L, Singh M. Her-2/neu status in breast cancer metastases to the central nervous system. Arch Pathol Lab Med 2003 ; 127 : 1451-1457.

82. Xu R, Perle MA, Inghirami G, Chan W, Delgado Y, Feiner H. Amplification of Her-2/neu gene in Her-2/neu-overexpressing and -nonexpressing breast carcinomas and their synchronous benign, premalignant, and metastatic lesions detected by FISH in archival material. Mod Pathol 2002 ; 15 : 116-124.

83. Broom RJ, Tang PA, Simmons C, et al. Changes in estrogen receptor, progesterone receptor and Her-2/neu status with time: discordance rates between primary and metastatic breast cancer. Anticancer Res 2009 ; 29 : 1557-1562.

84. D’Andrea MR, Limiti MR, Bari M, et al. Correlation between genetic and biological aspects in primary non-metastatic breast cancers and corresponding synchronous axillary lymph node metastasis. Breast Cancer Res Treat 2007 ; 101 : 279-284.

85. Dikicioglu E, Barutca S, Meydan N, Meteoglu I. Biological characteristics of breast cancer at the primary tumour and the involved lymph nodes. Int J Clin Pract 2005 ; 59 : 1039-1044.

86. Hoefnagel LD, van de Vijver MJ, van Slooten HJ, et al. Receptor conversion in distant breast cancer metastases. Breast Cancer Res 2010 ; 12 : R75.

87. Liedtke C, Broglio K, Moulder S, et al. Prognostic impact of discordance between triple-receptor measurements in primary and recurrent breast cancer. Ann Oncol 2009 ; 20 : 1953-1958.

88. Sari E, Guler G, Hayran M, Gullu I, Altundag K, Ozisik Y. Comparative study of the immunohistochemical detection of hormone receptor status and HER-2 expression in primary and paired recurrent/metastatic lesions of patients with breast cancer. Med Oncol 2011 ; 28 : 57-63.

89. Shimizu C, Fukutomi T, Tsuda H, et al. c-erbB-2 protein overexpression and p53 immunoreaction in primary and recurrent breast cancer tissues. J Surg Oncol 2000 ; 73 : 17-20.

90. Wu JM, Fackler MJ, Halushka MK, et al. Heterogeneity of breast cancer metastases: comparison of therapeutic target expression and promoter methylation between primary tumors and their multifocal metastases. Clin Cancer Res 2008 ; 14 : 1938-1946.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]