ARTICLE
bdc. 2011.1341
Auteur(s) : Maya Gutierrez gutierrez@crh1.org, Souad Lyazidi,
Louis Brasseur, Frédérique Cvitkovic, Romuald Le Scodan
Institut Curie, hôpital René-Huguenin, 35, rue Dailly, 92210
Saint-Cloud, France
Tirés à part. : M. Gutierrez
Introduction
Le cancer du sein est la deuxième cause de métastases cérébrales
(après le cancer du poumon) et la tumeur solide donnant le plus
fréquemment des métastases méningées [1]. Les méningites
carcinomateuses sont rarement révélatrices de la pathologie
tumorale et s’accompagnent dans 30-50 % des cas de
localisations cérébrales intraparenchymateuses. Dans le cadre de la
prise en charge d’un carcinome mammaire, l’apparition de ces
localisations reste un élément pronostique sévère, responsable
d’une morbidité et d’une mortalité significative [2]. La médiane de
survie est généralement de 12 semaines [3], même si de
meilleurs résultats (médiane de six mois avec 11-25 % de
survie à un an) sont décrits dans certaines séries de méningite
carcinomateuse [4].
L’incidence des métastases cérébroméningées chez les patientes
ayant un cancer du sein surexprimant HER2 est plus importante que
chez les sujets de statut HER2 négatif, notamment depuis
l’utilisation généralisée du trastuzumab [5]. Cette augmentation
survient fréquemment alors que la maladie systémique métastatique
est parfaitement contrôlée [6]. Les résultats des traitements
classiques par chimiothérapie systémique, intrathécale (IT) ou par
radiothérapie sont décevants et pose la question de thérapies
spécifiques ciblant HER2. Nous reviendrons sur l’épidémiologie des
métastases cérébroméningées avant et surtout depuis l’utilisation
du trasuzumab intraveineux. Nous discuterons ensuite des hypothèses
concernant l’augmentation de cette incidence, cette réflexion nous
permettant d’envisager des stratégies thérapeutiques spécifiques.
Enfin, nous présenterons les données de la littérature et notamment
les observations publiées concernant l’utilisation du trastuzumab
IT avant d’évoquer les perspectives thérapeutiques futures.
Épidémiologie des métastases cérébroméningées des cancer du
sein surexprimant HER2
Avant l’ère du trastuzumab
Plusieurs séries antérieures à l’introduction du trastuzumab en
clinique ont retrouvé des taux plus importants de métastases
cérébro-méningées en cas de cancer du sein HER2 surexprimé
versus HER2 négatif, suggérant que le phénotype surexprimant
HER2 confère une prédisposition biologique pour développer ce type
de localisations secondaires [5].
Au stade adjuvant
La surexpression de HER2 est un facteur prédictif indépendant de
rechute au niveau cérébroméningée au stade précoce [5]. Dans cette
population, les autres principaux facteurs associés à ce risque
évolutif sont un âge jeune, la négativité des récepteurs hormonaux,
et le grade histologique élevé (SBR III) [7].
Au stade métastatique
Chez les patientes présentant des métastases extracérébrales
traitées et chez qui des métastases cérébrales occultes sont
découvertes, la surexpression de HER2 est également fréquente et
comprise entre 45-87 % [8]. Les mécanismes de ce tropisme
cérébral ne sont pas connus. Le rôle de différents récepteurs aux
chemokines, et notamment celui de CX3CR1, est en cours
d’investigation [9].
Depuis l’utilisation du trastuzumab
Malgré l’impact significatif du trastuzumab dans la prise en
charge du cancer du sein HER2+, tant en adjuvant qu’au stade
métastatique [10], l’incidence des métastases cérébroméningées se
développant sous ou après trastuzumab est élevée [8, 11].
Au stade adjuvant
Les essais du NSABP B-31, N 9831 et HERA, évaluant l’impact du
trastuzumab en adjuvant ont reporté qu’il existe une diminution
importante de la survenue de métastases viscérales et une
augmentation de la survie sans rechute et globale dans le bras
comportant du trastuzumab comparativement au bras chimiothérapie
seule. Paradoxalement, l’incidence des métastases cérébroméningées
comme site de première rechute est augmentée dans le bras
comportant du trastuzumab avec un risque relatif de 1,57 (IC 1,03 à
2,37) [BRIA BCRT08].
Au stade métastatique
En contexte métastatique, elle est de l’ordre de 25-48 %
selon les séries [12]. Dans 47-78 % des cas, il s’agit d’une
progression limitée au système nerveux central, la maladie
extracérébrale étant contrôlée [12].
Hypothèses concernant l’augmentation de cette incidence
Plusieurs hypothèses ont été formulées pour tenter d’expliquer
cette incidence accrue de métastases cérébroméningées chez les
sujets présentant un cancer du sein surexprimant HER2 et l’absence
d’efficacité du trastuzumab par voie intraveineuse [12-14].
Augmentation de la survie globale
L’arrivée du trastuzumab dans l’arsenal thérapeutique a permis
d’améliorer considérablement le pronostic des tumeurs du sein
métastatiques surexprimant HER2 via un meilleur contrôle
systémique se répercutant sur la survie globale [10, 15-18].
Cette amélioration voit émerger des métastases qui n’avaient alors
pas le temps d’apparaître et notamment de localisations non ou peu
accessibles au trastuzumab administré par voie intraveineuse
(IV).
Absence de passage du trastuzumab à travers la barrière
hémato-encéphalique
L’efficacité du trastuzumab utilisé par voie IV semble limitée
puisque la plupart des métastases méningées des sujets avec cancer
du sein surexprimant HER2 surviennent chez des patiente(e)s
traité(e)s par ce médicament. L’analyse de la littérature ne permet
pas de conclure à un éventuel bénéfice du trastuzumab IV car il
habituellement associé d’autres traitements (radiothérapie,
corticothérapie et chimiothérapie notamment par taxanes) [13].
Administrées par voie IV, les molécules de plus de
200 Daltons ne peuvent franchir les barrières
hémato-encéphalique et hématoméningée qu’en présence d’une rupture
de sa continuité [19]. Le trastuzumab est une molécule volumineuse
de poids moléculaire égal à 148 KDa. Les dosages dans le LCR
après administration IV montrent des concentrations de 49 à
420 fois inférieure à la concentration plasmatique
[19-22].
Ces taux semblent influencés par la réalisation d’une
radiothérapie encéphalique ou la présence d’une méningite
carcinomateuse [22] rapportent ainsi une série de huit patientes
avec des métastases cérébrales d’un cancer du sein surexprimant
HER2 traitées selon différentes modalités dont chirurgie et
radiothérapie stéréotaxique ou in toto. Deux patientes
avaient une méningite carcinomateuse associée. Les résultats des
concentrations plasmatiques et dans le LCR sont rapportés dans le
tableau 1.
Tableau 1 Évaluation de la concentration plasmatique et dans le
LCR du trastuzumab administré par voie IV, en fonction d’un
traitement ou non par irradiation panencéphalique et l’existence ou
non d’une méningite carcinomateuse chez des patientes présentant
des mérastases cérébrales d’un cancer du sein sur-exprimant
HER2.
|
| Nb patients |
[Trastuzumab]plasmamédiane (ng/mL) |
[Trastuzumab]LCRmédiane (ng/mL) |
Ratio[Trastuzumab] LCR/plasma |
| Sans RT encéphalique |
3 |
52 054 |
124 |
0,0024 |
| Avec RT encéphalique |
5 |
20 158 |
266 |
0,0132 |
| Avec RT encéphalique et présence d’une méningite
carcinomateuse |
2 |
17 431 |
356 |
0,0204 |
RT : radiothérapie, [Trastuzumab] : concentration du
trastuzumab.
Ces résultats sont concordants avec les données publiées sur
différents anticorps monoclonaux rapportant de concentrations entre
LCR et plasma après injection IV de l’ordre de 0,000 6-0,004 3
[21, 23]. Ils tendent à montrer le faible passage dans le LCR
du trastuzumab, et ce, même s’il existe de facteurs favorisant une
rupture de la barrière hématoméningée comme une radiothérapie
encéphalique et une méningite carcinomateuse.
Thérapeutiques spécifiques : données de la
littérature
Les métastases cérébroméningées des carcinomes mammaires
surexprimant HER2 restent donc potentiellement sensibles à une
inhibition des récepteurs de type HER2 par un agent ciblé si
celui-ci parvenait à traverser la barrière hémato-encéphalique ou
la contourner, déjouant la protection qu’elle confère au territoire
« sanctuaire ».
Une perte de la surexpression de HER2 par les métastases
cérébroméningées semble peu probable car le statut HER2 est
hautement concordant entre la tumeur primitive et les métastases y
compris cérébrales [24].
Deux options thérapeutiques peuvent être envisager. Un
traitement par voie générale par le lapatinib, inhibiteur de
tyrosine kinase ciblant les récepteurs HER1 et 2, dont la petite
taille devrait lui permettre de traverser la barrière
hématoméningée et le trastuzumab utilisé par voie intrathécale
(IT).
Le lapatinib
Le lapatinib est utilisé en association à la capécitabine, pour
les patientes surexprimant HER2 et ayant progressé après
anthracyclines, taxanes et un traitement systémique par
trastuzumab. Une étude de phase III multicentrique comparant
capécitabine seule à lapatinib et capécitabine a montré sur
324 patientes une augmentation significative du temps jusqu’à
progression, mais plus intéressant bien que non statistiquement
significatif, une diminution de la survenue de métastases
cérébrales dans le bras association (4 versus 11) [25].
Dans le traitement des métastases cérébrales d’un cancer du sein
surexprimant HER2, les résultats du lapatinib en monothérapie sont
décevants. Dans une étude de phase II portant sur 39 patientes
ayant des métastases cérébrales évolutives d’un cancer du sein
métastatique surexprimant HER2 prétraitées par radiothérapie et
trastuzumab, seule une réponse partielle (2,6 %) a été
observée. Celle-ci était définie par une réponse volumétrique des
lésions de plus de 50 % en l’absence d’apparition de nouvelles
lésions, d’augmentation de la corticothérapie, d’aggravation des
signes cliniques neurologiques ou de progression des lésions
extracérébrales. Le délai médian avant progression a été de
3,2 mois (2,04-3,68) et la survie globale médiane de
6,57 mois [26]. L’essai EGF105084 a inclus 242 patientes
selon le même profil. Le taux de réponse, défini selon les mêmes
critères était de 6 %. [LIN CCR 09]. Une extension de l’essai
avec de la capécitabine associé au lapatinib a inclus
50 patientes ayant présenté une progression sous lapatinib en
monothérapie. Le taux de réponse objective était alors de
20 %. Ces données semblent donc suggérer la faible efficacité
du lapatinib en monothérapie et donc la nécessité d’adjoindre une
chimiothérapie systémique.
Concernant les métastases méningées, aucune donnée n’a été
publiée à ce jour.
Les anticorps monoclonaux anti-HER2 par voie IT et
intraventriculaire (IVE)
L’avantage théorique de la voie IT ou IVE de contourner la
barrière hémato-encéphalique et de permettre une concentration
élevée de l’anticorps au niveau des méninges. Dans le traitement de
la méningite carcinomateuse, plusieurs publications ont rapporté
l’utilisation et l’efficacité des anticorps monoclonaux utilisés
ainsi, parfois couplés à des radionucléotides ou à des toxines
[27, 28]. Notamment, le rituximab a montré une innocuité et
une efficacité sur les localisations méningées des lymphomes B non
hodgkiniens [29]
Administration chez l’animal des anticorps monoclonaux
anti-HER2 par voie IT et IVE
Sur modèles animaux, l’administration IT ou IVE de différents
anticorps monoclonaux ciblé n’a pas montré de toxicité
[30, 31]. Des résultats encourageants sur des méningites
carcinomateuses expérimentales surexprimant HER2 ont pu être ainsi
observés. Des expériences ont ainsi été menées chez le rat en
injectant un anticorps murin monoclonal 4D5 qui reconnaît le
domaine extracellulaire du récepteur HER2/neu (anticorps monoclonal
anti HER2 différent du trastuzumab). Après administration IV de
l’anticorps 4D5, celui-ci n’est pas retrouvé dans le LCR [32].
D’autres expériences ont été menées toujours chez le rat après
inoculation dans le LCR de cellules tumorales de cancer du sein
humain (lignée SKBR3 surexprimant HER2 et lignée MCF7 HER2
négatif), recréant une méningite carcinomateuse humaine
expérimentale. Un traitement par trastuzumab ou une immunoglobuline
Ig G1 anti-Herpès simplex virus, à type de bras control a été
administré de façon hebdomadaire par voie IT ou IVE (par une
technique de micro-infusion). Le trastuzumab par voie IT ou IVE a
montré un excellent profil de tolérance avec une absence de
toxicité. Concernant l’efficacité, les animaux avec des tumeurs
méningées surexprimant HER2 ayant reçu du trastuzumab avaient alors
une survie statistiquement supérieure par rapport à ceux ayant reçu
l’anticorps aspécifique. Aucune efficacité n’a été noté chez les
rats ayant des tumeurs méningées HER2 négative [33]. Chez les
primates, une étude récente a montré un bon profil de tolérance du
trastuzumab IT [34]. Ces données démontrent donc chez l’animal une
certaine efficacité de ce type d’approche thérapeutique sans
toxicité majeure.
Administration chez l’homme de trastuzumab par voie IT ou
IVE
Observations publiées
Chez l’homme, aucune expression du récepteur HER2 n’ayant été
décrite sur le tissu normal cérébro-méningé, l’utilisation
d’anticorps monoclonaux ciblant HER2 ne semble pas présenter un
risque pour le tissu cérébral sain [35].
Différentes équipes, dont la nôtre, ont déjà utilisé du
trastuzumab par voie IT. Aucune toxicité n’a été décrite [36]. Cinq
principales observations ont été publiées (tableau 2) [25, 26, 37-39].
Tableau 2 Observations publiées utilisant le trastuzumab par
voie intrathécal.
| Réf. |
Âge |
Autres sites m+ présents au moment du dg de
méningite K |
Traitement |
Réponse/progression clinique et biologique
(LCR)sur la méningite |
Voie d’administration du trastuzumab par voie
IT |
SSP neurologique sous T IT |
| [35] |
41 |
Carcinose péritonéale |
T IT 20-25 mg hebdo, + P IV + T IV |
Progression |
IT (cathéther péri-dural) |
12 mois |
|
|
|
| T IT 25 mg hebdo, + LD IV + T IV |
Réponse biologique (cellules, protéines) mais
progression clinique |
| |
|
|
|
| T IT 25 mg hebdo, + prédnisone + Thio IT |
Réponse biologique + réponse clinique |
| |
| [28] |
40 |
Métastase cérébrale unique |
T IV + capécitabine, M IT |
Progression |
IVE (Réservoir d’Ommaya) |
11 mois |
|
|
|
| T IT 5–20 mg 2 fois par semaine + |
Réponse clinique et biologique |
| |
|
|
|
| T IV + capécitabine |
|
| |
| [36] |
48 |
Épidurite dorsale |
T IV + navelbine IV + M IT |
Progression |
IVE (Réservoir d’Ommaya) |
6 semaines |
|
|
|
| T IV + navelbine IV + T IT 5-20 mg (6 injections
en 8 semaines) + en alternance M ou Thio IT |
Stabilité |
| |
| [34] |
53 |
Cérébrales, hépatiques, pulmonaires, osseuses,
cône terminal |
Lapatinib |
Progression |
IT (Ponctions lombaires) |
< 30 jours |
|
|
|
| Gemcitabine + CDDP + T IV |
Progression |
| |
|
|
|
| T IT 20 mg + M IT 12 mg tous les 3 à 6 jours |
Réponse clinique et biologique |
| |
| [37] |
58 |
Hépatiques, cérébrales |
T IT 20-100 mg hebdomadaire |
Réponse clinique, IRM stable |
IT (Ponctions lombaires) |
7 mois |
M+ : métastatique ; dg : diagnostic,
méningite ; K : méningite carcinomateuse ; T
IT : trastuzumab intrathécal ; T :
trastuzumab ; P : paclitaxel ; LD :
doxorubicine liposomale ; M : méthotrexate ;
IVE : intraventriculaire ; Thio : thiothépa ;
hebdo : hebdomadaire ; SSP : neurologique :
survie sans progression neurologique.
Pharmacocinétique du trastuzumab administré par voie
intrathécale ou intraventriculaire
Certaines observations ont mesuré la concentration de
trastuzumab dans le sérum et dans le LCR, avant et après chaque
injection IT ou IVE (tableau 3).
Tableau 3 Dosage de la concentration plasmatique et dans le LCR
du trastuzumab administré par voie IVE.
| Jour/débutTrastuzumab IV |
Jour/débutTrastuzumab intraventriculaire |
[Trastuzumab]plasma(ng/mL) |
[Trastuzumab]LCR(ng/mL) |
Ratio[Trastuzumab]plasma/LCR |
| j35 |
j0 |
16 304 |
258 |
63 |
| j140 |
j0 |
22 885 |
356 |
62 |
| j172 |
j10 |
82 303 |
3 460 |
24 |
Dans une des observations [31], la concentration de trastuzumab
plasmatique par rapport aux concentrations dans le LCR ont été
rapportés avant et à j10 du traitement par trastuzumab administré
par voie IVE.
Dans une autre de ces observations [26], le dosage du
trastuzumab dans le LCR, réalisé avant chaque ponction lombaire,
retrouvait un ratio [Trastuzumab] plasma/LCR de 68 à 168.
L’efficacité clinique et biologique constatée ainsi que les
concentrations atteintes dans le LCR en l’absence de toxicité
peuvent être considérées comme encourageantes. Ces données
cliniques nous ont donc semblé justifier d’explorer cette
perspective thérapeutique en débutant un essai thérapeutique.
Perspectives thérapeutiques futures
Une étude de phase I-II multicentrique française dont l’Institut
Curie sera le promoteur et explorant l’efficacité et la toxicité du
trastuzumab IT ou IVE avec escalade de doses doit débuter
prochainement. Des prélèvements systématiques plasmatiques et dans
le LCR permettront d’analyser la pharmacocinétique du trastuzumab
qu’il soit administré par voie IT ou IVE et de rechercher la dose
recommandée. L’objectif principal de la partie phase I sera donc un
critère composite associant à quatre semaines de traitement IT la
toxicité neurologique selon l’échelle Common Terminology Criteria
for Adverse Events (CTCAE) et la concentration intra LCR du
trastuzumab (recherche d’une concentration cible intra LCR proche
d’une concentration plasmatique thérapeutique classique de
30 μg/mL). Pour la partie phase II, l’objectif principal sera la
détermination de l’activité antitumorale du trastuzumab administré
par voie IT ou IVE en termes de survie sans progression
neurologique à deux mois (définie par l’absence de progression
clinique neurologique, évalué par une grille d’évaluation
spécifique). Nous évaluerons également la réponse biologique sur le
LCR (cellularité et protéinorachie), la réponse objective (IRM
cérébro-méningée et du névraxe), la survie globale et sans
progression, la durée de la réponse ainsi que l’impact sur la
qualité de vie. Pour cette étude, 43 patients sont prévus au
maximum et le recrutement sera multicentrique dans différents
centres français. L’inclusion de ces patients devrait prendre deux
ans et les résultats sont attendus pour 2014.
Conclusion
Les métastases méningées des carcinomes mammaires et notamment
ceux surexprimant HER2 sont un évènement grave dont l’incidence est
en nette augmentation. La prise en charge actuelle par
chimiothérapie IT, radiothérapie et traitement symptomatique ne
permet qu’une amélioration modeste de la survie et de la qualité de
vie, soulignant l’importance de poursuivre des recherches vers de
nouvelles molécules ou vers la meilleure utilisation de celles
disponibles aujourd’hui.
Les métastases cérébroméningées des carcinomes mammaires
surexprimant HER2 restent potentiellement sensibles à une
inhibition des récepteurs de type HER2 par un agent ciblé sous
condition qu’il parvienne à traverser la barrière
hémato-encéphalique ou à la contourner, déjouant la protection
qu’elle confère au territoire « sanctuaire ». Ainsi un
traitement spécifique anti-HER2 par une petite molécule inhibitrice
utilisé par voie systémique ou par un anticorps monoclonal utilisé
par voie IVE ou IT représente le principal axe de recherche.
Un traitement par trastuzumab, administré par voie IVE ou par
voie IT dans les méningites carcinomateuses des cancers du sein
surexprimant HER2, pourrait donc être une voie prometteuse pour ces
patients sans alternative thérapeutique, tout en permettant la
poursuite d’un traitement systémique pour maintenir le contrôle sur
la maladie extracérébroméningée.
Plus de recul sera nécessaire pour mesurer l’impact exact des
petites molécules inhibiteurs de tyrosine kinase sur les
localisations méningées.
Conflits d’intérêts: aucun.
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