ARTICLE
Auteur(s) : S
Bonvalot, F Rimareix, H Bouzaiene
Institut Gustave-Roussy, Département de chirurgie, 39, rue
Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif, France
Article reçu le 7 Decembre 2009, accepté le 22 F�vrier 2010
L'incidence des sarcomes des tissus mous est de l'ordre
5/100 000 habitants par an, ce qui correspond environ à
3 000 nouveaux cas par an en France dont deux tiers localisés
aux membres. Cette incidence, qui a été évaluée à partir d'une
enquête réalisée dans les régions Rhône-Alpes, Aquitaine et
Vénétie, est donc légèrement supérieure à ce qui était connu
précédemment.
La qualité de la prise en charge chirurgicale des sarcomes
conditionne la qualité de vie du patient, en particulier pour les
sarcomes de membres, et leur survie globale, en particulier pour
les sarcomes tronculaires [1-3].
Des centres experts « sarcomes » sont actuellement en train
d'être institués, ainsi que des réunions de concertation
pluridisciplinaire (RCP) « sarcomes » qui comprennent des
radiologues, des anatomopathologistes, des oncologues médicaux et
des radiothérapeutes, et bien sûr des chirurgiens. L'efficacité du
système sous-entend que les chirurgiens aient une connaissance
spécifique de cette pathologie, afin que la prise en charge
initiale des patients soit optimale.
Des recommandations ont été rédigées à la fois en français [4]
et en anglais [5-7], et sont pour certaines actualisées
annuellement. Les chirurgiens doivent également connaître les
essais thérapeutiques en cours, en particulier chirurgicaux, de
façon à participer à l'amélioration de la prise en charge globale
du patient.
L'objectif de cet article est de faire le point sur les
approches chirurgicales actuelles des sarcomes des tissus mous et
viscéraux ainsi que sur les essais thérapeutiques chirurgicaux en
cours en France.
Sarcomes des tissus mous (STM) des membres
Recommandations, incidence et impact
sur le nombre de chirurgiens « spécialistes »
L'actualisation des recommandations de l'European Society of
Medical Oncology (Esmo) [5] souligne que le traitement doit être
effectué dans des centres spécialisés et que les patients doivent
être opérés par un chirurgien spécifiquement entraîné au traitement
des sarcomes. La multiplication des centres experts et la
spécialisation nécessaire des opérateurs incitent à effectuer un
effort tout particulièrement du côté chirurgical.
La réalité quotidienne est encore loin de ces « recommandations
». Dans l'étude de Ray-Coquard et al. [8], la prescription de
la chimiothérapie est conforme aux Standards, Options et
Recommandations dans plus de 90 % des cas, celle de la
radiothérapie dans plus de 80 % des cas, mais la réalisation
de la chirurgie ne l'est que chez environ la moitié des
patients, avec des exérèses macroscopiquement incomplètes une fois
sur deux. Cette situation défavorable aboutit à des poursuites
évolutives pouvant compromettre la conservation du membre ou au
minimum alourdir très nettement l'importance du geste chirurgical
secondaire, avec en particulier la nécessité de lambeau de
reconstruction.
Pourtant, la qualité de la chirurgie des STM des membres a
peut-être également un impact sur la survie globale. Il est
intéressant de comparer les bras de référence « chirurgie seule »
des essais (ou méta-analyses) évaluant l'impact d'une
chimiothérapie adjuvante. Dans la méta-analyse SMAC rapportée en
1997 [9], la survie globale dans le bras « chirurgie seule », était
de 59 % à cinq ans. Dans l'étude de l'European Organisation of
Research and Treatment of Cancer (EORTC) rapportée dix ans plus
tard à l'Asco 2007 [10], la survie globale à cinq ans était de 69
%. Cela signifie qu'avec une chirurgie mieux intégrée, plus précise
et effectuée dans des centres de référence, l'amélioration de la
prise en charge chirurgicale a eu un impact sur la survie globale.
Le Cesne et al. [11] ont montré qu'une chimiothérapie
adjuvante ne rattrape pas une chirurgie marginale : la survie
globale avec ou sans chimiothérapie d'un patient d'exérèse R1 est
significativement moins bonne qu'avec une chirurgie R0.
Compte tenu de cette incidence accrue, et du fait que chaque
région comprendra un centre expert, chaque chirurgien « spécialisé
» devrait opérer ou prendre en charge une centaine de sarcomes par
an, si les patients sont référés selon les « recommandations »…
Actualisation de la démarche diagnostique
initiale
Lorsqu'on suspecte un STM des membres, les examens nécessaires sont
une IRM et une radiographie standard. En dehors des petites lésions
superficielles qui peuvent bénéficier d'une biopsie-exérèse (en
évitant une effraction tumorale), les autres lésions profondes
et/ou volumineuses relèvent d'une biopsie après l'imagerie [4, 5].
Dans son actualisation 2010, l'Esmo recommande en première
intention une biopsie percutanée, avec un examen extemporané dont
l'objectif est d'apprécier la viabilité du tissu prélevé.
Néanmoins, une aiguille de taille adaptée doit être utilisée, il
s'agit en effet d'une microbiopsie et non d'une cytologie. On
recommande une aiguille de 16 gauges ou d'une taille
supérieure (14 gauges). La voie d'abord de cette
microbiopsie percutanée doit être choisie après concertation entre
le radiologue et le chirurgien.
L'avantage de réaliser la biopsie percutanée sous échographie ou
sous scanner est de pouvoir prélever des zones non nécrotiques. Par
rapport aux biopsies chirurgicales, cette technique limite les
risques de complications que l'on voyait auparavant, en particulier
des risques d'hématome et d'infiltration de la peau par la tumeur,
et surtout de cicatrices ectopiques ou dans un axe inadapté.
En cas de négativité de la biopsie percutanée, on discute en
réunion multidisciplinaire, une seconde biopsie percutanée ou
éventuellement une biopsie chirurgicale par un chirurgien entraîné.
Il faut attendre le résultat anatomopathologique définitif
avant de discuter de la démarche thérapeutique. Une relecture des
lames en milieu spécialisé paraît nécessaire.
Démarche thérapeutique
Á la suite de l'imagerie et de la biopsie, et en l'absence de
métastases, deux situations opposées se distinguent. Soit il s'agit
d'une tumeur dont la chirurgie envisagée d'après l'imagerie sera
non mutilante, et sans contraintes anatomiques, et on s'orientera
vers une chirurgie d'exérèse d'emblée. Les traitements
adjuvants seront discutés en postopératoire en RCP. Soit il s'agit
d'une tumeur de progression très rapide et/ou d'une chirurgie
potentiellement mutilante en raison du volume tumoral ou de la
topographie, et on discutera en RCP d'un traitement néoadjuvant
dont le choix sera orienté en fonction du grade, de la topographie
tumorale et des comorbidités du patient [12, 13]. Selon les cas, on
pourra s'adresser à une chimiothérapie intraveineuse ou
locorégionale (perfusion de membre isolé sous circulation
extracorporelle) ; à une radiothérapie ou à une
radiochimiothérapie. Certains traitements pouvant être effectués de
façon séquentielle.
Chirurgie
Trois facteurs ont permis l'amélioration des possibilités de
conservation des membres :
- – premièrement, une amélioration des techniques
d'exérèses avec des dissections vasculaires et nerveuses plus
précises ;
- – deuxièmement, l'apport des lambeaux de reconstruction
et la présence de plasticiens dans l'équipe chirurgicale (figures 1, 2) ;
- – troisièmement la perfusion de membre isolé sous CEC
qui est une technique médicochirurgicale effectuée au bloc
opératoire.
Technique d'exérèse
La chirurgie effectuée doit être « large » et en un bloc, ce qui
signifie qu'il existe une quantité de tissus sains autour de la
tumeur qui correspond à la marge de résection. Celle-ci est évaluée
de concert par l'anatomopathologiste et le chirurgien [4, 5].
Le pronostic local est lié à la marge minimum [14].
La quantité de cette marge minimum n'est actuellement pas
déterminée de façon précise [15]. Seule l'étude de Yang et al.
[16] indique qu'aucune récidive n'a été constatée, avec des marges
supérieures à un centimètre, avec ou sans radiothérapie
postopératoire. Les études à venir préciseront probablement
mieux ces marges minimums et leur qualité : une barrière anatomique
type aponévrose, périoste, ou adventice vasculaire est également
considérée comme une marge suffisante.
L'incision doit être dans l'axe du membre, sauf dans les plis de
flexion (creux poplité, coude), de façon à pouvoir être reprise
facilement en cas de récidive. Il faut donc proscrire les
plasties types plasties en Z. La voie d'abord circonscrit la
cicatrice de biopsie lorsqu'elle était chirurgicale. On évite des
décollements cutanés excessifs afin de limiter les sites
opératoires susceptibles de récidives.
On commence par repérer en premier les structures éventuellement
limitantes que sont les axes vasculonerveux (seuls sont réséqués
les nerfs ou vaisseaux inclus ou envahis par la tumeur).
Les muscles concernés sont sectionnés ou désinsérés en amont
et en aval de la tumeur. Les zones de section sont bien
définies sur l'imagerie préopératoire en fonction des contraintes
anatomiques.
La version 2010 de l'Esmo précise qu'il ne faut pas « voir la
tumeur ». En effet, « voir la tumeur » signifie que l'exérèse est
marginale. La dissection au contact de la tumeur expose de
plus à une effraction tumorale qui est strictement proscrite. En
cas de résection fragmentaire, on s'expose en effet à une poursuite
évolutive plus ou moins rapide en fonction du grade. Pendant
l'intervention, on fixe les plans superficiels aux muscles, et les
muscles entre eux de façon à ce que la tumeur ne s'énuclée pas
spontanément en cours d'exérèse. Lorsque la tumeur est au contact
de structures vasculaires ou nerveuses, on passe dans l'adventice
vasculaire ou on emporte l'épinèvre. Dans certains cas, il existe
des envahissements vasculaires pouvant amener à la réalisation de
pontages.
Le curage ganglionnaire n'est pas systématique.
Les drainages sont placés dans l'axe et à proximité de la
cicatrice vers le bas afin de pouvoir être repris facilement en cas
de récidive, de limiter les champs d'irradiation postopératoire et
de ne pas reporter vers le haut une amputation en cas de récidive
(ne pas se placer au-dessus de l'articulation sus-jacente).
La pièce d'exérèse est envoyée à l'anatomopathologie, orientée
et fixée sur un liège avec un schéma. Dans les cas d'envahissements
musculocutanés importants, il faut prévoir en préopératoire la mise
en place d'un lambeau musculocutané de couverture.
Lambeaux de reconstruction
La couverture par lambeau présente de multiples avantages après
l'exérèse d'un sarcome [17] : elle autorise l'exérèse de certains
sarcomes tronculaires qui, sans lambeaux, ne pouvaient pas être
opérés (figure
3) ; elle autorise la chirurgie des récidives ou des
sarcomes en territoire irradié [18], et elle permet de reprendre
l'exérèse d'une lésion qui a été biopsiée de manière ectopique ou
drainée, car dans ce cas l'exérèse nécessite d'enlever une zone de
peau plus importante que la lésion initiale.
Il est essentiel de ne pas faire de reconstruction sur une
exérèse non carcinologique sous peine de récidive ou de poursuite
évolutive rapide de la lésion, avec « perte » d'une possibilité de
reconstruction. Le lambeau de couverture doit être le plus
simple possible techniquement et le plus fiable sur le plan
vasculaire. Le lambeau pédiculé est techniquement plus facile
et s'adapte mieux sur un terrain difficile, l'inconvénient est la
mise en communication entre la zone de prélèvement et celle
d'exérèse. Néanmoins, cette solution doit être privilégiée. Dans ce
cas, il est encore plus fondamental que l'exérèse de la lésion soit
carcinologique, sinon le risque de récidive s'étend sur l'ensemble
de l'aire opératoire.
La reconstruction doit tenir compte des traitements déjà
effectués : radiothérapie locorégionale, chimiothérapie
néoadjuvante et des traitements à prévoir après exérèse
chirurgicale, une complication sur le lambeau ne doit pas entraîner
un retard sur la mise en place des traitements adjuvants. L'état
général, l'âge du patient et ses antécédents sont à prendre en
compte dans le choix du lambeau. Si le lambeau de reconstruction
est contre-indiqué, il faudra privilégier d'autres traitements
locorégionaux tels que la radiothérapie, car les exérèses
incomplètes sont inutiles.
Le lambeau libre évite le contact entre site de prélèvement et
zone d'exérèse, mais ne doit se faire qu'en cas d'impossibilité du
lambeau locorégional. L'inconvénient est la nécessité d'avoir une
équipe de microchirurgie entraînée et disponible.
Perfusion de membre isolé (PIM) sous circulation
extracorporelle
L'objectif est d'obtenir des concentrations médicamenteuses dans le
segment anatomique isolé 10 à 20 fois supérieures à une
chimiothérapie systémique. Le but est de diminuer le volume
tumoral ou de nécroser la tumeur pour éviter des amputations ou les
séquelles fonctionnelles d'une chirurgie large. Cette technique est
différente de l'intra-artériel simple qui ne permet de dépasser la
dose maximum tolérable, car les médicaments passent dans la
circulation générale au bout de quelques révolutions cardiaques.
La technique a été décrite par Creech dans les années 1960 à la
suite des progrès obtenus avec la chirurgie cardiaque.
Le membre est isolé par un garrot en maintenant sa
vascularisation par une circulation extracorporelle. Dans les
années 1980, cette technique est devenue un standard avec le
melphalan seul pour les métastases en transit de mélanome, en
obtenant des taux de réponses complètes de l'ordre de 35 % et des
taux de réponses objectives de l'ordre de 70 % [19]. Cette
technique d'administration a été abandonnée dans les sarcomes en
raison de taux de réponses objectives faibles avec les
antimitotiques testés à l'époque.
La PIM a été remise d'actualité pour les sarcomes à la suite de
la découverte en 1975 du TNF alpha, puis de sa production par génie
génétique. Une étude pilote, rapportée par Lienard et al. [20]
sur 39 patients atteints d'un sarcome de membre justifiant d'une
amputation, a montré des taux de réponses complètes de l'ordre de
30 %. Cette étude pilote a été confirmée ensuite dans une étude
européenne rapportée par Eggermont et al. [21], et
l'autorisation de mise sur le marché du TNF alpha a été obtenue
dans cette indication. La dose enregistrée était de 4 mg
pour le membre inférieur et de 3 mg pour le membre supérieur.
Ces doses « fortes » exposaient à des toxicités systémiques
non négligeables en cas de fuite du médicament vers la circulation
systémique.
Une étude multicentrique européenne de phase II randomisée a
montré qu'il n'y avait pas d'effet-dose entre 0,5 et 4 mg pour
les taux de réponses, mais que le risque de toxicité était faible
pour les faibles doses [22]. Récemment, une étude prospective,
comportant 100 patients qui ont reçu une dose de 1 mg de TNF
alpha associée à du melphalan à la dose de 10 mg/L de membre
perfusé, a confirmé que le taux de réponses complètes est de
l'ordre de 30 %, c'est-à-dire identique à celui des doses plus
élevées. L'avantage est la disparition de la toxicité systémique et
l'allègement de la procédure [23].
Tumeurs desmoïdes périphériques
Les fibromatoses agressives périphériques sont un domaine où les
indications opératoires sont en cours de réévaluation.
Contrairement aux sarcomes, les fibromatoses agressives ne
présentent pas de grades histopronostiques, et les caractéristiques
objectivées au microscope optique ne sont pas prédictives de
l'évolution. L'imagerie conventionnelle par IRM ne semble pas non
plus donner d'information sur l'évolutivité [24].
Jusqu'à présent, le standard était d'opérer les patients en
première intention lorsque c'était possible [25]. L'adjonction
d'une radiothérapie était discutée en fonction de l'âge du patient
et de la qualité des marges. Une radiothérapie exclusive était
proposée en cas de tumeur non résécable.
Ces concepts se sont modifiés en une dizaine d'années, avec à
l'appui un rationnel biologique. Jusqu'en 1998, l'objectif de la
chirurgie était de réaliser une chirurgie large avec des marges
saines lorsque c'était possible. En 1998, des études ont remis en
cause l'importance d'obtenir des marges négatives y compris sur des
tumeurs primitives, soulignant que cela pouvait entraîner une
morbidité et des séquelles fonctionnelles inutiles [26]. Tout cela
sur les constatations que des tumeurs pouvaient ne pas récidiver
tout en étant R1, et inversement récidiver en étant R0. Cela
indiquait que les caractéristiques intrinsèques de ces tumeurs et
de l'hôte étaient peut-être plus importantes que le caractère
élargi de la chirurgie.
Puis sont apparues des publications qui proposaient une
surveillance simple pour des lésions récidivantes mais stables
[27]. Ultérieurement, l'accroissement de l'utilisation de
traitement néoadjuvant a permis d'observer des stabilisations
prolongées qui ont remis en cause le choix systématique de la
chirurgie première lorsqu'elle était possible [28].
En 2008, une étude a montré que des fibromatoses périphériques
primitives délibérément surveillées ne présentaient pas d'évolution
dans environ 50 % des cas [29]. Cette étude a été confirmée par sur
une série bicentrique plus large, et la moitié était effectivement
non évolutif après une progression initiale [30].
Ces études suggèrent que sous le même vocable se distinguent
deux variétés de maladies différentes : l'une « évolutive » qui
justifie des traitements éventuellement combinés et l'autre «
latente » qui laisse la possibilité d'une surveillance simple afin
d'éviter des traitements agressifs chirurgicaux ou par
radiothérapie.
Il a été montré que les tumeurs qui présentent une mutation de
la bétacaténine ont une évolution moins favorable que celles qui
n'en présentent pas [31, 32]. Néanmoins, il est probable que ces
mutations ne soient pas les seules responsables de l'évolutivité de
la maladie, car elles sont présentes dans 90 % des tumeurs, alors
que les patients évolutifs ne représentent qu'environ la moitié des
cas. Des études biologiques complémentaires sont donc
nécessaires [33, 34], avec peut-être à l'avenir une « signature »
moléculaire.
Lors d'un symposium sur les fibromatoses à l'Asco 2010 sera
proposée la stratégie suivante : si le diagnostic histologique est
certain, une surveillance simple peut être proposée pendant trois
mois, avec la suppression de la pilule chez les femmes. Une
deuxième IRM est effectuée au bout de trois mois de surveillance.
Si la lésion est stable, on propose une poursuite de la
surveillance, en l'absence de problèmes fonctionnels. En revanche,
si la lésion augmente significativement de taille selon les
critères RECIST, on discutera d’un traitement plus invasif dont le
choix dépend de l'âge du patient et de la topographie tumorale. On
s'orientera soit vers la chirurgie, éventuellement associée à la
radiothérapie (figure
3), soit vers la radiothérapie seule, soit éventuellement
vers une perfusion de membre isolé sous CEC dans les localisations
distales des membres [23]. Ces traitements agressifs peuvent
être précédés d'un traitement médical : antihormononal chez les
femmes en association aux anti-inflammatoires ou éventuellement une
chimiothérapie, en particulier chez les hommes [28]. Bien entendu,
ces décisions doivent être prises en RCP.
Sarcomes des tissus mous tronculaires
et rétropéritonéaux
Les sarcomes rétropéritonéaux sont des tumeurs rares représentant
environ 10 % des sarcomes. Le rôle de la chirurgie est
essentiel, car les patients décèdent dans la majorité des cas de
l'évolution locale ou péritonéale de la maladie. Le débat
porte actuellement sur l'extension de la chirurgie et sur le
bénéfice potentiel d'une radiothérapie complémentaire.
En dehors des registres [35, 36], il y a peu d'études
chirurgicales de taille importante. L'ensemble de ces études
insiste sur l'importance du caractère macroscopiquement complet de
l'exérèse. Mais la taille et la situation anatomique de ces tumeurs
induisent une chirurgie complexe et souvent marginale. C'est
pourquoi les survies sans récidive locale à cinq ans s'échelonnent
de 40 à 60 % et les survies globales de 40 à 60 % à cinq ans
[37-41].
La technique opératoire classique consiste en une exérèse
monobloc sans effraction tumorale (figure 4), ce qui est
précisément le problème compte tenu des extensions dans les défilés
anatomiques (arcade crurale, trou obturateur, échancrure sciatique
et trou de conjugaison) [42]. L'effraction tumorale est un facteur
très péjoratif qui entraîne une survie globale comparable à celle
des patients qui ont un reliquat macroscopique (figure 5) [37].
La chirurgie « compartimentale » qui emporte la tumeur et les
organes de voisinage (afin d'optimiser les marges) est une
technique nouvelle élaborée par analogie avec les STM des membres
ou l'on sait que l'énucléation simple conduit à un risque de
récidive élevé (figure
6). Dans deux études récentes [37, 38], cette approche
chirurgicale améliore de manière très significative le contrôle
local des patients. Le plus souvent, il s'agit de réséquer la
tumeur avec en avant le mésocôlon et le côlon (marge antérieure),
en arrière le psoas ou son aponévrose (marge postérieure), et le
rein qui est le plus fréquemment inclus dans la lésion.
La morbidité-mortalité de cette chirurgie « compartimentale » a
été étudiée dans une étude bicentrique récente [43].
La morbidité chirurgicale est de 12 % et la mortalité de 3 %,
ce qui est comparable aux autres chirurgies lourdes. Elle confirme
une diminution très significative du taux de récidives locales
(évalué à 22 % à cinq ans) avec une survie globale à cinq ans de
l'ordre de 65 %.
Dans certains sites privilégiés, les techniques de
reconstruction permettent de cumuler les résultats oncologiques et
la qualité de vie des patients. Là aussi, la présence d'un
plasticien dans l'équipe est fondamentale (figure 7). Un essai de
phase III va prochainement évaluer l'impact d'une radiothérapie
préopératoire sur les sarcomes rétropéritonéaux (EORTC 62092).
Tumeurs stromales gastro-intestinales
La prise en charge des GIST a été complètement modifiée par
l'introduction de l'imatinib qui a transformé l'évolution des
formes métastatiques. Les indications et les règles
chirurgicales des formes primitives localisées ne sont que peu
modifiées, récemment nuancées en fonction de la topographie
tumorale. Dans ces présentations localisées, le débat se situe
essentiellement sur le bénéfice de l'imatinib en situation
adjuvante pour les formes de haut risque de malignité [44].
Les formes cliniques situées aux extrêmes évolutifs de cette
pathologie posent des problèmes thérapeutiques nouveaux et
croissants sur le plan chirurgical. D'une part, les toutes petites
lésions de découverte fortuite et, d'autre part, les métastases
hépatiques ou péritonéales traitées par les antityrosines-kinases
de toutes générations [45].
GIST primitives
Le standard chirurgical des tumeurs primitives résécables reste une
chirurgie macroscopiquement complète avec des marges saines,
consistant en une résection segmentaire ou en wedge en fonction de
l'organe considéré [6, 7]. Les berges d'exérèse doivent être
indemnes d'infiltration tumorale, mais il n'existe pas de consensus
sur la distance de sécurité nécessaire entre le bord de la tumeur
et la tranche de section chirurgicale.
Dans ses recommandations 2010, l'Esmo souligne le fait que
l'effraction tumorale expose le patient à un risque équivalent à
celui d'un patient métastatique. Il est donc essentiel de
choisir une voie d'abord qui n'expose pas le patient au risque
d'une effraction. Pour les tumeurs de plus de 4 cm, une
laparotomie reste conseillée. Pour les lésions de moins de
4 cm, essentiellement gastriques, se discute une cœlioscopie
dans des mains entraînées. Le curage ganglionnaire n'est pas
systématique, car le risque d'essaimage est très faible.
Le choix de la technique opératoire doit intégrer le risque lié
à la localisation [46]. Des études portant sur les GIST
rectales ont montré que les exérèses locales exposaient à un risque
de récidive prohibitif, ce qui plaide plutôt en faveur d'une
résection d'organe [47]. Un traitement néoadjuvant peut être
discuté dans les formes localement évoluées juxtasphinctériennes,
afin de faciliter une chirurgie conservatrice sans risque
d'effraction tumorale (figure 8).
Faut-il opérer toutes les GIST primitives ?
Avec le développement des techniques d'imagerie et
d'échoendoscopie, de plus en plus de « petites » GIST sont
découvertes fortuitement. On bute sur la définition de « petit » en
fonction des localisations, et il n'y a pas de consensus sur la
conduite à tenir ni de niveau de preuve dépassant l'accord «
d'experts »… Une étude réalisée sur 100 pièces de gastrectomie
effectuées pour des adénocarcinomes gastriques montre qu'il existe
des GIST microscopiques sur 35 % des estomacs, tous positifs pour
Kit et/ou CD34 [48]. Cela suggère que seuls certains grossissent et
deviennent malins. Une autre étude, réalisée sur des autopsies
systématiques pratiquées chez des patients âgés de plus de
50 ans, a retrouvé sur 35 % des pièces gastriques des
micro-GIST dont 8 % présentaient des mutations de l'exon 11 [49].
Avec le développement des techniques de diagnostic, ces petites
lésions vont être détectées de plus en plus fréquemment, ce qui
soulève la question de leur méthode d'exérèse, voire de leur
surveillance pour certaines, en particulier sur les localisations
de bon pronostic gastriques ou œsophagiennes.
Chirurgie des GIST métastatiques après imatinib
Dans le cas des GIST métastatiques, plusieurs études rétrospectives
suggèrent un éventuel bénéfice en termes de survie sans progression
de la chirurgie d'exérèse lorsqu'elle est complète sur le plan
macroscopique [50-53]. Néanmoins, ces études sélectionnent les cas
les plus favorables et la médiane de survie sans progression de ces
patients opérés (de l'ordre de 24 mois) n'est pas vraiment
supérieure à celle de la majorité des patients qui n'ont pas été
opérés dans les grandes études randomisées [54].
C'est la raison pour laquelle un protocole actuel de l'EORTC
62063, auquel participent les centres du Groupe sarcome français,
évalue l'impact de l'exérèse des lésions résiduelles chez les
patients présentant une tumeur stromale gastro-intestinale
métastatique répondant à l'imatinib. Les patients « répondeurs
» sont randomisés entre chirurgie (avec reprise de l'imatinib en
postopératoire) et traitement par imatinib seul. Cette chirurgie
est discutée entre 6 et 12 mois de traitement par imatinib, au
moment de la meilleure réponse. L'objectif principal est la survie
sans progression.
Conclusion
La chirurgie des sarcomes des tissus mous et viscéraux nécessite
une équipe de chirurgiens oncologues très spécialisés ainsi que des
chirurgiens plasticiens au sein d'une structure assurant une prise
en charge multidisciplinaire et l'évaluation de ses propres
résultats.
L'indication et la planification du geste opératoire sont
essentielles : d'une chirurgie très large « compartimentale » dans
le cas des sarcomes rétropéritonéaux à des chirurgies « adjuvantes
» dans le cas des GIST métastatiques.
Pourquoi pas à l'avenir une chirurgie « à la carte » en fonction
de la biologie moléculaire, par exemple dans le cas des tumeurs
desmoïdes… ?
Conflits d'intérêts
non renseigné.
Références
1 Gutierrez JC, Perez EA, Moffat FL. Should soft
tissue sarcomas be treated at high-volume centers? An analysis of
4,205 patients. Ann Surg 2007 ; 245 : 52-8.
2 Wunder JS, Nielsen TO, Maki RG. Opportunities
for improving the therapeutic ratio for patients with sarcoma.
Lancet Oncol 2007 ; 8 : 513-24.
3 Bauer HC, Trovik CS, Alvegard TA,
Berlin O, Erlanson M, Gustafson P, et al.
Monitoring referral and treatment in soft tissue sarcoma: study
based on 1,851 patients from the Scandinavian Sarcoma Group
Register. Acta Orthop Scand 2001 ; 72 : 150-9.
4 Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer.
Sarcomes des tissus mous et ostéosarcomes. Vol. 1, actualisation
2006, Paris : Standards, Options et Recommandations, 1995.
www.gsf-geto.org
5 Casali PG, Jost L, Sleijfer S, Verweij J,
Blay JY, ESMO Guidelines Working Group. Soft tissue sarcomas:
ESMO clinical recommendations for diagnosis, treatment and
follow-up. Ann Oncol 2009 ; 20 (Suppl 4) : 132-6.
6 Casali PG, Jost L, Reichardt P,
Schlemmer M, Blay JY, ESMO Guidelines Working Group.
Gastrointestinal stromal tumors: ESMO clinical recommendations for
diagnosis, treatment and follow-up. Ann Oncol 2008 ; 19 (Suppl
2) : ii35-ii38.
7 Demetri GD, Benjamin RS, Blanke CD,
Blay JY, Casali P, Choi H, et al. NCCN Task
Force. NCCN Task Force report: management of patients with
gastrointestinal stromal tumor (GIST)-update of the NCCN clinical
practice guidelines. J Natl Compr Canc Netw 2007 ; 5 (Suppl
2) : S1-S29.
8 Ray-Coquard I, Thiesse P, Ranchère-Vince D,
Chauvin F, Bobin JY, Sunyach MP, et al.
Conformity to clinical practice guidelines, multidisciplinary
management and outcome of treatment for soft tissue sarcomas. Ann
Oncol 2004 ; 15 : 307-15.
9 Adjuvant chemotherapy for localised resectable soft-tissue
sarcoma of adults: meta-analysis of individual data. Sarcoma
meta-analysis collaboration. Lancet 1997 ; 350 :
1647-54.
10 Woll PJ, van Glabbeke M, Hohenberger P, Le
Cesne A, Gronchi A, Hoekstra HJ, et al. EORTC
Soft Tissue & Bone Sarcoma Group: Adjuvant chemotherapy (CT)
with doxorubicin and ifosfamide in resected soft tissue sarcoma
(STS): Interim analysis of a randomised phase III trial. J Clin
Oncol 2007 ; 25 (no 18S) : 10008 ;
(Asco Annual Meeting Proceedings Part I.
11 Le Cesne A, Van Glabbeke M, Woll PJ,
Bramwell VH, Casali PG, Hoekstra HJ, et al. The
end of adjuvant chemotherapy (adCT) era with doxorubicin-based
regimen in resected high-grade soft tissue sarcoma (STS): Pooled
analysis of the two STBSG-EORTC phase III clinical trials. J Clin
Oncol 2008 ; 26 ; (suppl ; abstr 10525).
12 Gronchi A, Olmi P, Casali PG. Combined
modalities approach for localized adult extremity soft-tissue
sarcoma. Expert Rev Anticancer Ther 2007 ; 7 :
1135-44.
13 Hohenberger P, Wysocki WM. Neoadjuvant treatment of
locally advanced soft tissue sarcoma of the limbs: which treatment
to choose? Oncologist 2008 ; 13 : 175-86.
14 Pisters PW, Leung DH, Woodruff J, Shi W,
Brennan MF. Analysis of prognostic factors in 1,041 patients
with localized soft tissue sarcomas of the extremities. J Clin
Oncol 1996 ; 14 : 1679-89.
15 Stoeckle E, Coindre JM, Kind M, Kantor G,
Bui BN. Evaluating surgery quality in soft tissue sarcoma.
Recent Results Cancer Re 2009 ; 179 : 229-42.
16 Yang JC, Chang AE, Baker AR, Sindelar WF,
Danforth DN, Topalian SL, et al. Randomized
prospective study of the benefit of adjuvant radiation therapy in
the treatment of soft tissue sarcomas of the extremity. J Clin
Oncol 1998 ; 16 : 197-203.
17 Rimareix F, Bonvalot S. Sarcomes des tissus mous de l'adulte.
In : Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.
Sauramps Medical, 2009.
18 Hohenberger P, Schwarzbach MH. Management of
locally recurrent soft tissue sarcoma after prior surgery and
radiation therapy. Recent Results Cancer Res 2009 ; 179 :
271-83.
19 Fraker DL, Alexander HR, Andrich M,
Rosenberg SA. Treatment of patients with melanoma of the
extremity using hyperthermic isolated limb perfusion with
melphalan, tumor necrosis factor, and interferon gamma: results of
a tumor necrosis factor dose-escalation study. J Clin Oncol
1996 ; 14 : 479-89.
20 Lienard D, Ewalenko P, Delmotte JJ,
Renard N, Lejeune FJ. High-dose recombinant tumor
necrosis factor alpha in combination with interferon gamma and
melphalan in isolation perfusion of the limbs for melanoma and
sarcoma. J Clin Oncol 1992 ; 10 : 52-60.
21 Eggermont AM, Schraffordt Koops H,
Klausner JM, Kroon BB, Schlag PM, Lienard D,
et al. Isolated limb perfusion with tumor necrosis factor and
melphalan for limb salvage in 186 patients with locally advanced
soft tissue extremity sarcomas. The cumulative multicenter European
experience. Ann Surg 1996 ; 224 : 756-64.
22 Bonvalot S, Laplanche A, Lejeune F,
Stoeckle E, Le Péchoux C, Vanel D, et al. Limb
salvage with isolated perfusion for soft tissue sarcoma: could less
TNF alpha be better? Ann Oncol 2005 ; 16 : 1061-8.
23 Bonvalot S, Rimareix F, Causeret S, Le
Péchoux C, Boulet B, Terrier P, et al.
Hyperthermic isolated limb perfusion in locally advanced soft
tissue sarcoma and progressive desmoid-type fibromatosis with TNF
1 mg and Melphalan (T1-M HILP) is safe and efficient. Ann Surg
Oncol 2009 ; 16 : 3350-7 ; (Epub 2009).
24 Castellazzi G, Vanel D, Le Cesne A, Le
Pechoux C, Caillet H, Bonvalot S. Can the MRI signal
of aggressive fibromatosis be used to predict its behavior? Eur J
Radiol 2009 ; 69 : 222-9.
25 Spear MA, Jennings LC, Mankin HJ.
Individualizing management of aggressive fibromatoses. Int J Radiat
Oncol Biol Phys 1998 ; 40 : 637-45.
26 Merchant NB, Lewis JJ, Woodruff JM. Extremity
and trunk desmoid tumors: a multifactorial analysis of outcome.
Cancer 1999 ; 86 : 2045-52.
27 Phillips SR, A'Hern R, Thomas JM. Aggressive
fibromatosis of the abdominal wall, limbs and limb girdles. Br J
Surg 2004 ; 91 : 1624-9.
28 Lev D, Kotilingam D, Wei C, Ballo MT,
Zagars GK, Pisters PW, et al. Optimizing treatment
of desmoid tumors. J Clin Oncol 2007 ; 25 : 1785-91.
29 Bonvalot S, Eldweny H, Haddad V,
Rimareix F, Missenard G, Oberlin O, et al.
Extra-abdominal primary fibromatosis: aggressive management could
be avoided in a subgroup of patients. Eur J Surg Oncol 2008 ;
34 : 462-8.
30 Fiore M, Rimareix F, Mariani L, Domont J,
Collini P, Le Péchoux C, et al. Desmoid-type
fibromatosis: a front-line conservative approach to select patients
for surgical treatment. Ann Surg Oncol 2009 ; 16 :
2587-93.
31 Lazar AJ, Tuvin D, Hajibashi S, Habeeb S,
Bolshakov S, Mayordomo-Aranda E, et al. Specific
mutations in the beta-catenin gene (CTNNB1) correlate with local
recurrence in sporadic desmoid tumors. Am J Pathol 2008 ;
173 : 1518-27.
32 Dômont J, Salas S, Lacroix L. Frequency of β-catenin
heterozygous mutations in extra-abdominal fibromatosis as a
surrogate marker for disease management. J Clin Oncol 2009
; 27 : 15s, (suppl ; abstr 10501).
33 Lazar AJ, Hajibashi S, Lev D. Desmoid tumor:
from surgical extirpation to molecular dissection. Curr Opin Oncol
2009 ; 21 : 352-9.
34 Kotiligam D, Lazar AJ, Pollock RE, Lev D.
Desmoid tumor: a disease opportune for molecular insights. Histol
Histopathol 2008 ; 23 : 117-26.
35 Nathan H, Raut CP, Thornton K, Herman JM,
Ahuja N, Schulick RD, et al. Predictors of survival
after resection of retroperitoneal sarcoma: a population-based
analysis and critical appraisal of the AJCC staging system. Ann
Surg 2009 ; 250 : 970-6.
36 Anaya DA, Lahat G, Wang X, Xiao L,
Pisters PW, Cormier JN, et al. Postoperative
nomogram for survival of patients with retroperitoneal sarcoma
treated with curative intent. Ann Oncol 2009 ; 21 :
397-402 ; [Epub 2009].
37 Bonvalot S, Rivoire M, Castaing M,
Stoeckle E, Le Cesne A, Blay JY, et al. Primary
retroperitoneal sarcomas: a multivariate analysis of surgical
factors associated with local control. J Clin Oncol 2009 ;
27 : 31-7.
38 Gronchi A, Lo Vullo S, Fiore M, Mussi C,
Stacchiotti S, Collini P, et al. Aggressive surgical
policies in a retrospectively reviewed single-institution case
series of retroperitoneal soft tissue sarcoma patients. J Clin
Oncol 2009 ; 27 : 24-30.
39 Hassan I, Park SZ, Donohue JH,
Nagorney DM, Kay PA, Nasciemento AG, et al.
Operative management of primary retroperitoneal sarcomas: a
reappraisal of an institutional experience. Ann Surg 2004 ;
239 : 244-50.
40 Lewis JJ, Leung D, Woodruff JM,
Brennan MF. Retroperitoneal soft-tissue sarcoma: analysis of
500 patients treated and followed at a single institution. Ann Surg
1998 ; 228 : 355-65.
41 Heslin MJ, Lewis JJ, Nadler E, et al.
Prognostic factors associated with long-term survival for
retroperitoneal sarcoma: implications for management. J Clin Oncol
1997 ; 15 : 2832-9.
42 Schwarzbach MH, Hohenberger P. Current concepts in
the management of retroperitoneal soft tissue sarcoma. Recent
Results Cancer Res 2009 ; 179 : 301-19.
43 Bonvalot S, Miceli R, Berselli M,
Causeret S, Colombo C, Mariani L, et al.
Aggressive surgery in retroperitoneal soft tissue sarcoma is safe
if carried out at high-volume centers and is associated to an
improved local control. Ann Surg Oncol 2009 ; (in press).
44 Dematteo RP, Ballman KV, Antonescu CR,
Maki RG, Pisters PW, Demetri GD, et al.
American College of Surgeons Oncology Group (ACOSOG) Intergroup
Adjuvant GIST Study Team. Adjuvant imatinib mesylate after
resection of localised, primary gastrointestinal stromal tumour: a
randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet
2009 ; 373 : 1097-104.
45 Mussi C, Ronellenfitsch U, Jakob J,
Tamborini E, Reichardt P, Casali PG, et al.
Post-imatinib surgery in advanced/metastatic GIST: is it worthwhile
in all patients? Ann Oncol 2009 ; [Epub ahead of print].
46 Miettinen M, Makhlouf H, Sobin LH,
Lasota J. Gastrointestinal stromal tumors of the jejunum and
ileum: a clinicopathologic, immunohistochemical, and molecular
genetic study of 906 cases before imatinib with long-term
follow-up. Am J Surg Pathol 2006 ; 30 : 477-89.
47 Changchien CR, Wu MC, Tasi WS, Tang R,
Chiang JM, Chen JS, et al. Evaluation of prognosis
for malignant rectal gastrointestinal stromal tumor by clinical
parameters and immunohistochemical staining. Dis Colon Rectum
2004 ; 47 : 1922-9.
48 Kawanowa K, Sakuma Y, Sakurai S,
Hishima T, Iwasaki Y, Saito K, et al. High
incidence of microscopic gastrointestinal stromal tumors in the
stomach. Hum Pathol 2006 ; 37 : 1527-35.
49 Agaimy A, Wunsch PH, Hofstaedter F,
Blaszyk H, Rummele P, Gaumann A, et al. Minute
gastric sclerosing stromal tumors (GIST tumorlets) are common in
adults and frequently show c-Kit mutations. Am J Surg Pathol
2007 ; 31 : 113-20.
50 Bonvalot S, Eldweny H, Péchoux CL,
Vanel D, Terrier P, Cavalcanti A, et al. Impact
of surgery on advanced gastrointestinal stromal tumors (GIST) in
the imatinib era. Ann Surg Oncol 2006 ; 13 :
1596-603.
51 Raut CP, Posner M, Desai J, Morgan JA,
George S, Zahrieh D, et al. Surgical management of
advanced gastrointestinal stromal tumors after treatment with
targeted systemic therapy using kinase inhibitors. J Clin Oncol
2006 ; 24 : 2325-31.
52 Gronchi A, Fiore M, Miselli F,
Lagonigro MS, Coco P, Messina A, et al. Surgery
of residual disease following molecular-targeted therapy with
imatinib mesylate in advanced/metastatic GIST. Ann Surg 2007 ;
245 : 341-6.
53 Andtbacka RH, Ng CS, Scaife CL,
Cormier JN, Hunt KK, Pisters PW, et al.
Surgical resection of gastrointestinal stromal tumors after
treatment with imatinib. Ann Surg Oncol 2007 ; 14 :
14-24.
54 Verweij J, Casali PG, Zalcberg J.
Progression-free survival in gastrointestinal stromal tumours with
high-dose imatinib: randomised trial. Lancet 2004 ; 364 :
1127-34.
|