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Prerequisites to the administration and prevention of adverse effects of chemotherapy in colorectal cancer


Bulletin du Cancer. Volume 97, Number 2, 265-80, février 2010, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2010.1031

Résumé   Summary  

Author(s) : O Bouché, E Scaglia, S Lagarde , CHU de Reims, hôpital Robert-Debré, service d’hépatogastroentérologie et de cancérologie digestive, avenue du Général-Koenig, 51092 Reims cedex, France.

Summary : Some general and specific, statutory, clinical and biological parameters have to be taken into account before beginning chemotherapy in colorectal cancer to ensure maximal safety. Statutorily the prescription is reserved to specialised or competent physicians in oncology in some accredited institutions. It is essential to conform to indications, contraindications and posology, and to have a good knowledge of safety measures, drug interactions and side effects. Patients, family members and general practitioners should be informed about side effects, without forgetting some thematics (sexuality, fertility, contraception, vaccines, driving). This information should be simple, adapted and “reassuring”, but should focus on symptoms indicating a serious toxic side effect. The message can be optimized by nurse consultation, transmission of the individualized care plan and linkage notebook, such as oral chemotherapies (capecitabine, UFT). The computerized and standardized prescription is done after infusion line inspection, clinical examination (global health status, nutritional status and buccodental status) and review of relevant pathological, radiological and biological data. Management of side effects includes patient education, appropriate premedication and prescription of prophylactic supportive care. Some specific preventive measures can attenuate the cutaneous side effects of EGFR inhibitors and the oxaliplatine-induced sensory neurotoxicity. Life expectancy, comorbidities, level of dependence, and if possible the comprehensive geriatric assessment should be taken into account for elderly patients. Prescription should be individualized and adapted to liver biology (irinotecan), kidney function (capecitabine and raltitrexed) and cardiovascular status (bevacizumab, 5-FU, capecitabin). Some molecular biologic prerequisites are indicated: detection of tumor KRAS-BRAF mutation before anti-EGFR and tumor microsatelliteinstability status before 5-FU in stage II cancers. Clinical relevance of others pretherapeutic molecularparameters are still being evaluated: UGT1A1 genotyping before irinotecan and detection of dihydropyrimidine dehydrogenase deficiency before fluoropyrimidines.

Keywords : colorectal cancer, chemotherapy, toxicity, targeted therapy, treatment, prerequisite

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ARTICLE

Auteur(s) : O Bouché, E Scaglia, S Lagarde

CHU de Reims, hôpital Robert-Debré, service d’hépatogastroentérologie et de cancérologie digestive, avenue du Général-Koenig, 51092 Reims cedex, France

Article reçu le 4 Octobre 2009, accepté le 8 Decembre 2009

Introduction

Le cancer colorectal (CCR) représente un important problème de santé publique par sa fréquence et sa gravité. Ces 25 dernières années, son incidence a augmenté, mais son pronostic s’est amélioré attestant de progrès thérapeutiques liés à un diagnostic plus précoce et à une amélioration des pratiques chirurgicales, mais aussi à un développement de la chimiothérapie adjuvante et palliative.

Depuis 1990, le bénéfice de la chimiothérapie adjuvante pour les cancers coliques est démontré en cas de métastase ganglionnaire (stade III). Jusqu’en 1995, le 5-FU était le seul médicament « un peu actif » dans le CCR métastatique. La chimiothérapie a profondément évolué au cours de ces dix dernières années avec le développement de nouvelles molécules irinotécan (Campto®), oxaliplatine (Éloxatine® ou oxaliplatine générique) et de l’amélioration du mode d’administration du 5-FU (schéma LV5FU2). L’utilisation de précurseurs oraux du 5-FU (capécitabine [Xeloda®] et UFT® [tégafur-uracile]) a aussi enrichi les options thérapeutiques. Les limites des chimiothérapies cytotoxiques ont réorienté les recherches vers des biothérapies dites « ciblées », visant des événements cellulaires jouant un rôle majeur dans la prolifération et la survie des cellules tumorales [1]. Depuis 2004, l’efficacité d’anticorps ciblant epidermal growth factor receptor (EGFR), cetuximab (Erbitux®) puis panitumumab (Vectibix®) et l’angiogenèse (bevacizumab [Avastin®], un anti-VEGF) a validé le concept d’inhibition ciblée en cancérologie digestive [1].

Bien que la chirurgie soit le seul traitement curatif, l’augmentation importante du nombre des médicaments anticancéreux disponibles et efficaces a eu pour conséquence un accroissement de la complexité des stratégies thérapeutiques dans la prise en charge du CCR [1]. L’efficacité de ces biochimiothérapies ne doit pas faire oublier leur morbidité et leur coût financier.

Les paramètres « réglementaires », généraux et spécifiques (scientifiques, cliniques et biologiques) à prendre en considération avant la prescription d’une chimiothérapie seront exposés dans cette revue. Les critères nécessaires à une individualisation de la chimiothérapie seront également abordés.

Règles de bon usage des molécules

La prescription des médicaments de la liste I est « réglementairement » réservée aux médecins spécialistes ou compétents en cancérologie, après discussion ou enregistrement en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) dans le cadre de référentiels ou d’essais cliniques. Les indications standard et alternatives des principaux schémas sont disponibles en ligne dans les chapitres 3 et 4 du Thésaurus national de cancérologie digestive (TNCD) mis à jour au moins tous les ans [2].

Des décrets ont déterminé les 15 critères de qualité de prise en charge conditionnant l’agrément des établissements pour la pratique de la chimiothérapie dont : la prescription informatisée, l’unité de préparation centralisée (UPC), l’appartenance à un réseau régional de cancérologie et un seuil d’activité (80 patients par an dont 50 en hôpital de jour) [3].

Dans le cadre de la nouvelle tarification à l’activité, les molécules récentes sont dans la liste des médicaments onéreux hors GHS, non inclus dans la T2A et pris en charge en sus par la Sécurité sociale. Une régulation qualitative est prévue par réduction des taux de remboursement des molécules prescrites dans le niveau III (situation non acceptable : avec rapport bénéfice/risque défavorable) du référentiel du bon usage hors GHS (RBU) par exemple pour les CCR : irinotécan en adjuvant, bevacizumab en monothérapie, association bevacizumab-cetuximab ou -panitumumab. Ce RBU hors GHS est téléchargeable en ligne sur le site de l’INCa [4].

Le respect des indications, des contre-indications et des posologies, ainsi que la connaissance parfaite des précautions d’emploi, des interactions médicamenteuses, des modalités de surveillance et des effets secondaires sont des prérequis généraux indispensables [5]. Les données spécifiques principales à connaître avant la prescription des thérapies indiquées pour les CCR sont résumées dans le tableau 1 (d’après Bouché et al. [5]).

Tableau 1 Contre-indications, prérequis et surveillance de la prescription des biochimiothérapies pour CCR (d’après Bouché et al. [5]).

Contre-indications générales : hypersensibilité au produit, grossesse et allaitement, vaccin vivant atténué (fièvre jaune), insuffisance médullaire, état général OMS 3 ou 4 Informations générales : sexualité, fécondité, contraception, aptitude à la conduite, vaccinations Précautions générales : peu de données chez l’insuffisant rénal ou hépatique sévère

5-fluoro-uracile Contre-indications : insuffisance coronarienne symptomatique, déficit connu en DPD Examen : buccal (soins dentaire et parodontal si besoin), cardiovasculaire avec ECG Précautions : surveillance cardiaque si antécédents cardiaques, alcooliques et/ou tabagiques Surveillance : mucite, diarrhée, syndrome pied-main Surveillance paraclinique : NFS-Plaquettes, ECG et troponine si douleur Interactions : métronidazole, ornidazole, allopurinol, warfarine, interféron phénytoïne, fosphénytoïne

Capécitabine (Xeloda®), tégafur-uracile (UFT®) Contre-indications : insuffisance coronarienne symptomatique, déficit connu en DPD, sorivudine Examen : cutané, buccal (soins dentaire et parodontal si besoin), cardiovasculaire avec ECG Conseils : carnet de liaison Précautions : adaptation (dose de 75 %) si clairance créatinine de 30 à 50 mL/min pour capécitabine Surveillance : mucite, diarrhée, syndrome pied-main Surveillance paraclinique : NFS-plaquettes, ECG et troponine si douleur, créatininémie (pour capécitabine) Interactions : sorivudine et brivudine (antiviraux), allopurinol, phénytoïne, warfarine, coumariniques, méthoxypsoralène, clotrimazole, kétoconazole, miconazole.

Irinotécan (Campto®) Contre-indications : bilirubinémie supérieure à 3N, occlusion, MICI, intolérance héréditaire au fructose Examen : buccal (soins dentaire et parodontal si besoin), albuminémie si dénutrition Conseils : spécifiques si diarrhée (lopéramide 4 mg puis 2 mg/2 heures ; hospitalisation si fièvre ou > 48 heures) Précautions : adaptation si bilirubinémie 1,5 à 3N (dose de 60 %), dénutrition, drain biliaire externe, atropine si syndrome cholinergique (sauf glaucome, rétention urinaire, asthme) Surveillance : diarrhée, syndrome cholinergique, alopécie, nausée Surveillance paraclinique : bilirubinémie, NFS-plaquettes (hebdomadaire si bilirubinémie 1,5 à 3N) Interactions : kétoconazole, irifampicine, carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne, millepertuis.

Oxaliplatine (Éloxatine®, oxaliplatine générique) Contre-indications : neuropathie sensitive périphérique, clairance de la créatinine inférieure à 30 mL/min Examen : buccal (soins dentaire et parodontal si besoin), neurologique Conseils : éviter contact avec le froid Précautions : gluconate de calcium (1 g) et sulfate de magnésium (1 g) en perfusion de 30 minutes avant et après ; ne pas diluer l’oxaliplatine avec des solutions salines Surveillance : neuropathie sensitive périphérique, pseudospasme laryngé, allergie, nausée Surveillance paraclinique : NFS-plaquettes et créatininémie Interactions : phénytoïne, pyridoxine (vitamine B6), soluté chlorure de sodium

Cetuximab (Erbitux®), panitumumab (Vectibix®) Contre-indications : pneumopathie interstitielle Examen : cutané, doigts et orteils (manucurie et pédicurie si besoin), buccal (soins si besoin) Conseils : émollients, savon Surgras, maquillage couvrant, écran solaire (sans PABA, SPF 15 ou plus élevé, protection contre les UV-A et UV-B), doxycycline 100 mg/j ; éviter : exposition solaire, parfum, gel alcoolique, éviter chaussures serrées, talons hauts, de couper les ongles trop courts, Précautions : matériel de réanimation à proximité, prémédication par corticoïdes et anti-H1 (pour cetuximab) Surveillance : cutanée, péri-unguéale, oculaire, muqueuse, respiratoire Surveillance paraclinique : calcémie et magnésémie avant, puis bimensuelle, puis huit semaines après l’arrêt ; radiographie thoracique si dyspnée

Bevacizumab (Avastin®) Contre-indications : accident artériel récent, HTA non contrôlée, intervention chirurgicale de moins de 28 jours, plaies non cicatrisées, association à sunitinib Examen : cardiovasculaire avec mesure de PA, cutané, buccodentaire (soins dentaires et parodontaux si besoin) Conseils : mesure de la PA à domicile (auto-mesures) ou par médecin généraliste Précautions : interruption de quatre à cinq semaines si chirurgie majeure, extraction dentaire, polypectomie ou embolisation portale Surveillance : PA, bandelette urinaire (BU), créatininémie, saignements, douleurs abdominales Surveillance paraclinique : si protéines 2+ ou 3+ à la BU => protéinurie/24 heures ou sur échantillon matinal (rapport protéine/créatinine) et clairance calculée de créatinine

Effets secondaires : information et éducation

Les effets secondaires, même mineurs, peuvent retentir sur la qualité de vie des patients, provoquer une moindre observance du traitement, notamment pour la voie orale, et imposer des réductions de posologie, voire des arrêts thérapeutiques délétères [5]. Le clinicien se doit donc de connaître, de prévenir et de traiter les toxicités.

Information et éducation : patient, entourage et médecin traitant

La prise en charge des effets secondaires doit débuter avant la première administration. Le patient, son entourage et son médecin traitant doivent être informés de la possibilité de survenue d’effets secondaires et de leurs éventuelles conséquences sur la vie privée ou professionnelle [5]. Cette démarche rentre dans le cadre du dispositif d’annonce avec remise du programme personnalisé de soins (PPS). L’information doit être simple, adaptée et « rassurante », en insistant sur les rares symptômes qui doivent « alerter » sur la survenue d’une toxicité grave : fièvre (justifiant une NFS), diarrhée importante (lopéramide à forte dose si irinotécan), mucite empêchant l’alimentation, douleurs thoraciques (bevacizumab, 5-FU, capécitabine, UFT), douleurs abdominales (bevacizumab), etc. Des informations plus détaillées sur la prise en charge des toxicités peuvent être adressées aux médecins généralistes (fiches toxicités disponibles en ligne sur le site de la FFCD dans la rubrique « professionnels ») [6].

L’éducation concernant la prévention et la gestion des effets secondaires peut être optimisée par l’accès immédiat, ou à distance, à une consultation infirmière [5]. Ce temps d’accompagnement paramédical aura pour objectif de reformuler les conseils pratiques, d’évaluer la bonne compréhension de ces conseils par le patient, d’orienter vers d’autres professionnels (service social, psychologue, etc.) et d’informer sur les associations.

Un PPS sera remis au patient et adressé au médecin traitant qui déclarera la prise en charge à 100 %. Le document papier du PPS doit être simple, informatif et comporter les modalités d’administration de la chimiothérapie, de surveillance et de prise en charge des effets secondaires, les coordonnées de l’établissement et de la personne à joindre en cas de besoin. Plusieurs exemples de PPS sont disponibles sur le site de l’INCa [7]. La remise de carnets de liaison est conseillée, notamment pour les chimiothérapies orales (cf. infra). Il est démontré que s’appuyer sur des outils d’information ou des carnets de liaison augmente la compréhension des malades [8].

Cas particulier des chimiothérapies orales (capécitabine, UFT)

Leur utilisation nécessite des moyens supplémentaires d’éducation et d’information pour optimiser l’observance et la sécurité [9]. La voie d’administration orale ne doit pas conduire à « banaliser » la chimiothérapie.

La chimiothérapie orale doit s’adresser à des patients volontaires, informés, compliants et bénéficiant d’un entourage adapté. Le niveau de compréhension de l’information des patients ainsi que l’aide que pourra apporter l’entourage interviendront dans la décision [9].

L’Afssaps a exigé un livret de liaison, d’information et de suivi. Le conseil médical puis pharmaceutique doit accompagner la remise de ce livret de liaison. La surveillance du traitement devra se faire en collaboration avec le médecin traitant et l’entourage du patient quand celui-ci a des problèmes d’autonomie ou de compréhension [9]. Il faudra tenir compte du risque d’interaction médicamenteuse plus élevé qu’avec le 5-FU intraveineux, notamment chez les patients âgés polymédicamentés [9].

Sexualité, fertilité, grossesse, allaitement

Cette thématique difficile est très souvent négligée par le médecin et non abordée par le patient et son partenaire. La proposition de remise de documents d’information spécifiques (par exemple de la Ligue contre le cancer [10]) peut faciliter le dialogue médecin-malade.

La chimiothérapie n’altère en principe pas les fonctions sexuelles, mais l’asthénie, le retentissement psychique, l’extension locale tumorale et les séquelles d’autres traitements (chirurgie ou radiothérapie pelvienne) peuvent modifier la libido et favoriser des troubles de l’érection [10].

La possibilité d’une hypofertilité, voire d’une stérilité, doit toujours être évoquée en l’absence d’accomplissement du projet parental chez un adulte jeune [6]. Les méthodes de préservation de la fertilité sont plus faciles à mettre en œuvre chez les hommes (cryoconservation de sperme) que chez les femmes (cryoconservation d’embryons obtenus par fécondation in vitro ; cryoconservation d’ovocytes matures ou de cortex ovarien, etc.) [6].

Des effets génotoxiques ayant été observés lors d’études précliniques, une contraception efficace est nécessaire chez les patients en âge de procréer et/ou chez leurs conjoints, pendant la chimiothérapie et après la fin du traitement, pendant quatre mois pour les femmes et six mois pour les hommes [6].

Les chimiothérapies sont « déconseillées » durant la grossesse et chez la femme en âge de procréer ne prenant pas de mesure contraceptive. En cas de grossesse, une chimiothérapie ne doit être envisagée qu’après avoir précisément informé la patiente du risque pour le fœtus, et avec son consentement. L’allaitement est contre-indiqué durant le traitement.

Vaccinations : contre-indications et indications

À l’inverse des contre-indications vaccinales qui sont formelles, les conseils de prévention vaccinale sont non standardisés [11].

Les seuls vaccins posant la question d’une contre-indication en cours de chimiothérapie sont les vaccins vivants atténués (fièvre jaune, oreillons, rougeole, rubéole, tuberculose, varicelle) qui exposent au risque de maladie vaccinale généralisée potentiellement mortelle [11]. Ils ne peuvent être administrés que trois à six mois après l’arrêt de la chimiothérapie. Le problème se pose essentiellement pour le vaccin contre la fièvre jaune en cas de séjour en zone d’endémie [12].

Les infections sont plus fréquentes et généralement plus sévères chez les patients immunodéprimés. La vaccination peut ainsi prévenir la survenue de certaines d’entre elles, voire d’en diminuer la sévérité. Les deux problèmes posés par vaccins et chimiothérapies sont leur possible diminution d’efficacité et leur tolérance.

Les vaccins inactivés indiqués en cours de chimiothérapie sont ceux où il existe un bénéfice immédiat comme les vaccins antigrippaux ou antipneumococciques. En cas de bénéfice non immédiat à la vaccination (dTP), il est préférable d’attendre trois à six mois afin d’optimiser la réponse immune. Plusieurs études montrent que l’immunogénicité de ce type de vaccin sous immunosuppresseurs est satisfaisante même si elle reste inférieure à celle des sujets immunocompétents [11].

Trois messages importants doivent être pris en considération [11] :

  • les vaccins vivants atténués (fièvre jaune, oreillons, rougeole, rubéole, tuberculose, varicelle) sont contre-indiqués ;
  • la mise à jour du vaccin diphtérie (anatoxine dosée au 1/10), tétanos, poliomyélite (dTP) est à discuter ;
  • une triple vaccination est recommandée (grippe saisonnière, pneumocoque, grippe A H1N1) [13]. Pour la grippe A H1N1, le Haut Conseil de la santé publique recommande un vaccin contenant un adjuvant avec deux doses à trois semaines d’intervalle, si possible, au moins 15 jours avant et au minimum sept jours après une cure de chimiothérapie.

Antécédent de séjour en zone tropicale

Parmi les parasitoses, l’anguillulose ou strongyloïdose requiert une attention toute particulière avant de débuter une chimiothérapie. Sa transmission transcutanée est surtout endémique en zone tropicale [14]. Une auto-infestation est possible, ce qui explique sa longévité (20 à 30 ans) dans l’organisme humain. D’expression clinique souvent asymptomatique ou mineure, elle peut évoluer vers une forme sévère, fulminante et mortelle par hyperinfestation et dissémination larvaire polyviscérale favorisée par une immunodépression [15]. Les cancers sont identifiés comme des situations à risque, au cours desquelles la corticothérapie et les chimiothérapies jouent un rôle « gâchette » surajouté [14].

Le diagnostic parasitologique par examen des selles peut être pris en défaut dans les formes peu symptomatiques, du fait d’une densité larvaire faible. Il fait appel à des techniques spécifiques : méthode de concentration de Baermann et coprocultures sur boîte de Petri. Les faux-négatifs potentiels amènent certains auteurs à proposer un traitement systématique des sujets sous chimiothérapie ayant séjourné en zone d’endémie tropicale, sans effectuer d’examen de selles préalable [14, 15]. Le traitement des formes non compliquées fait appel à l’ivermectine (Stromectol®) à la posologie de 200 μg/kg en une prise.

Antécédent d’hépatite virale chronique

La réactivation du virus de l’hépatite B est une complication possible chez les patients porteurs de l’hépatite B recevant une chimiothérapie. Cette réactivation peut conduire à une cytolyse et à une insuffisance hépatocellulaire grave, parfois létale.

Il est donc recommandé d’effectuer un dépistage systématique de l’antigène HBs (AgHBs) et des anticorps anti-HBc avant de débuter la chimiothérapie [16]. Chez les malades séronégatifs, la vaccination contre le VHB est fortement recommandée [17]. En cas de positivité de l’AgHBs, il convient d’effectuer un dosage quantitatif de la charge virale (ADN VHB) et de demander un avis auprès d’un hépatologue. Chez les patients AgHBs-positifs, quel que soit le niveau de la charge virale, un traitement par analogue nucléos(t)idique (lamivudine, entécavir, ténofovir) en monothérapie doit être effectué pendant toute la durée de la chimiothérapie et poursuivi 6 à 12 mois après l’arrêt de celle-ci [17, 18]. Chez les patients ayant une cirrhose ou une charge virale très élevée, il est préférable d’utiliser un analogue puissant et ayant une haute barrière de résistance (entécavir, ténofovir). Pendant la chimiothérapie, une surveillance de la charge virale et des transaminases sera effectuée tous les trois mois.

Concernant l’hépatite C chronique, il n’existe pas de données ni de recommandations spécifiques.

Effets sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

Les patients doivent être avertis des symptômes qui doivent faire déconseiller la conduite d’un véhicule ou l’utilisation d’une machine (cf. Résumés des caractéristiques des produits) :
  • capécitabine : vertiges, fatigue et nausée ;
  • cetuximab et panitumumab : symptômes affectant la vision et la capacité à se concentrer ;
  • irinotécan : vertiges ou troubles visuels dans les 24 heures après l’administration ;
  • oxaliplatine : étourdissements, nausées et vomissements et autres symptômes neurologiques affectant la démarche et l’équilibre ;
  • raltitrexed : malaise et asthénie ;
  • UFT : confusion mentale.

Prescription « standardisée » de la chimiothérapie

La prescription informatisée et standardisée est réalisée après calcul de la surface corporelle, vérification de la voie d’abord, des paramètres cliniques, anatomopathologiques, radiologiques et biologiques.

Paramètres cliniques

Un examen clinique initial complet est nécessaire avec vérification de l’état général (OMS 0, 1 ou 2 : patient alité moins de 50 % de la période diurne), de la température corporelle, du poids et de la taille (dépistage d’une dénutrition), de l’état buccodentaire avec soins dentaire et parodontal si besoin, du niveau de dépendance et des comorbidités des patients âgés (cf. infra) et de la prise de médicaments (recherche d’interactions).

Des paramètres spécifiques sont à vérifier initialement puis à chaque cure selon le traitement :

  • 5-FU, capécitabine, UFT, bevacizumab : examen cardiovasculaire avec électrocardiogramme (ECG) initial plus ou moins avis cardiologique si besoin ;
  • bevacizumab : prise de pression artérielle (PA) ; des chiffres élevés seront vérifiés en ambulatoire par le médecin traitant et/ou par automesures à domicile par un appareil validé par l’Afssaps [19]. La prise en charge thérapeutique de l’HTA doit s’effectuer conformément aux recommandations de la HAS si la PA est supérieure à 135 mmHg de systolique et/ou 85 mmHg de diastolique en ambulatoire [19, 20] ; délai de 28 jours après chirurgie et cicatrisation complète des plaies ; examen clinique si douleur abdominale ;
  • irinotécan : absence d’occlusion ou de subocclusion ;
  • oxaliplatine : examen neurologique avec recherche de signes de neuropathie périphérique au diapason ;
  • cetuximab, panitumumab : examen cutané, des doigts et des orteils avec pédimanucurie si besoin.

Paramètres anatomopathologiques

En situation adjuvante

Le compte rendu des examens anatomopathologiques et la stadification doivent être vérifiés (chimiothérapie standard pour les stades III et optionnelle pour les stades II à haut risque). Afin de rendre possibles des études en biologie moléculaire, l’utilisation du formol comme fixateur et si possible un prélèvement pour congélation d’échantillons de tissu sain et tumoral est souhaitable [2].

En situation métastatique palliative

Une preuve anatomopathologique formelle de cancer au moins sur la tumeur primitive doit être vérifiée. L’indication d’une ponction-biopsie hépatique percutanée sera discutée en cas de doute diagnostique et d’abstention chirurgicale [2]. La détermination du statut mutationnel des gènes KRAS et BRAF de la tumeur est utile dans le choix de la stratégie thérapeutique (soit au niveau de la tumeur primitive, soit au niveau des métastases), car elle conditionne l’indication des anti-EGFR (cetuximab, panitumumab [2] [cf. infra]). En revanche, il n’est plus recommandé de tester le statut d’EGFR par immunohistochimie (IHC) [2, 4].

Paramètres radiologiques

En situation adjuvante

Il convient de vérifier l’absence de métastases en imagerie : scanner thoracoabdominal ou échographie abdominopelvienne plus radiographie thoracique à programmer si non réalisés en préopératoire.

En situation métastatique palliative

Un scanner thoracoabdominopelvien de référence avec mesure des lésions cibles doit être réalisé dans les trois semaines avant le début de la chimiothérapie [2]. Une IRM hépatique ou une échographie abdominopelvienne par le même opérateur plus une radiographie thoracique sont des alternatives si le scanner avec injection est contre-indiqué (allergie à l’iode, insuffisance rénale) [2].

Paramètres biologiques

Les résultats des examens biologiques suivants doivent être vérifiés avant la première prescription : NFS-plaquettes, créatininémie, bilirubinémie, phosphatases alcalines [2] et sérologie virale B (AgHBs et Ac antiHBc) [16]. En situation métastatique, le dosage du marqueur tumoral ACE est conseillé, en particulier en cas de maladie non mesurable [2], avec dosage éventuel à chaque cure pour calcul de la cinétique [21]. Le dosage du CA19-9 est une alternative si l’ACE est normal [2].

Outre la NFS-plaquettes, des paramètres spécifiques sont à vérifier avant chaque cure selon le traitement :

  • irinotécan : bilirubinémie totale et non conjuguée prélevée si possible à jeun pour dépister une éventuelle maladie de Gilbert ; albuminémie si dénutrition ;
  • raltitrexed, capécitabine : clairance calculée de la créatinine, transaminases ;
  • bevacizumab : bandelette urinaire (BU) et, si protéinurie 2+ ou 3+, protéinurie/24 heures ou sur échantillon matinal (rapport protéine/créatinine) et clairance calculée de créatinine [20] ;
  • cetuximab, panitumumab : magnésémie et calcémie avant traitement, puis toutes les deux semaines (supplémentation intraveineuse adaptée si nécessaire) [5].

Prémédication et prévention des effets secondaires

Réactions à la perfusion

Des réactions précoces à la perfusion du cetuximab sont possibles avec exceptionnellement choc anaphylactique [22]. Une prémédication intraveineuse par antihistaminique H1 et surtout par corticoïdes [22] ainsi que la présence à proximité d’un médecin et d’un matériel de réanimation sont donc recommandées à chaque cycle [5].

Mucites

Les complications buccales peuvent perturber le déroulement du traitement et favoriser une dénutrition. Elle peut être prévenue, dans une certaine mesure, par des bains de bouche pluriquotidiens avec une solution de bicarbonate de sodium à 1,4 % et une bonne hygiène buccodentaire (brossage des dents après chaque repas avec une brosse à dents souple) [6].

Un examen buccodentaire est conseillé avant l’induction de la chimiothérapie avec bilan radiologique en cas de doute sur un foyer infectieux. Il faut effectuer les soins dentaires nécessaires pour éliminer les foyers infectieux et attendre la cicatrisation des muqueuses avant de débuter la chimiothérapie.

Ces recommandations sont particulièrement importantes avant bevacizumab. En effet, les premiers cas d’ostéonécrose mandibulaire ont été rapportés [23, 24], et une interruption du bevacizumab est nécessaire quatre semaines avant et après une extraction dentaire [2, 5].

Soins de support : antiémétiques, EPO, G-CSF, nutrition

  • Le traitement préventif antiémétique sera prescrit selon le potentiel émétisant de la chimiothérapie [25]. Pour les monochimiothérapies faiblement émétisantes (5-FU, capécitabine, UFT), la prévention repose en première intention sur la dexaméthasone (8 mg per os) [6]. Un traitement préventif intraveineux par un antagoniste des récepteurs 5-HT3 de sérotonine (sétron) et un corticoïde est recommandé pour les chimiothérapies moyennement émétisantes à base d’oxaliplatine ou d’irinotécan [6]. La poursuite de l’un ou l’autre de ces deux agents pendant deux jours (j2 et j3) est indiquée pour essayer de prévenir les nausées retardées. L’aprépitant (inhibiteur de neurokinine) peut également être prescrit chez les patients à haut risque de vomissement. Une anxiété importante et l’existence de phénomènes d’anticipation peuvent justifier l’association d’un traitement par benzodiazépine de type alprazolam ou lorazépam [25] ;
  • un traitement par agents stimulant l’érythropoïèse (ASE) plus injection intraveineuse de fer (100 mg) est recommandé en cas d’anémie entre 80 et 100 g/L d’hémoglobine, après bilan étiologique [26]. Le taux d’hémoglobine cible est de 120 g/L. En cas de nécessité d’une correction rapide (moins de trois semaines), il faut commencer par une compensation par transfusion. Si le taux d’hémoglobine est compris entre 100 et 110 g/L, il est possible de recourir d’emblée à l’ASE en cas de fatigue ou bien d’attendre la chute de ce taux en dessous de 100 g/L [26] ;
  • un traitement par facteurs de croissance leucocytaires (G-CSF) est à discuter en prévention primaire pour les schémas avec risque de neutropénie fébrile de plus de 20 % [27, 28]. C’est le cas pour les CCR de la trichimiothérapie Folfirinox. L’indication pourrait être plus large chez les patients âgés ;
  • en cas de dénutrition (amaigrissement de plus de 10 % en six mois [ou 5 % en un mois], IMC < 18,5 ou albuminémie < 30 g/L), un suivi diététique est conseillé, et des compléments nutritionnels oraux seront prescrits [29].

Irinotécan : syndrome cholinergique précoce et diarrhée retardée

L’irinotécan induit souvent un syndrome cholinergique aigu précoce qui sera traité puis prévenu par l’injection sous-cutanée de 0,25 mg de sulfate d’atropine (contre-indication si rétention urinaire et glaucome à angle fermé et prudence chez les patients asthmatiques) plus ou moins un antispasmodique de type phloroglucinol.

Les patients doivent être avertis du risque de diarrhée sévère retardée et informés de la conduite à tenir [6] : bonne hydratation orale et traitement précoce par lopéramide à la dose de 4 mg à la première prise puis de 2 mg toutes les deux heures, poursuivi pendant au moins 12 heures après la dernière selle liquide.

Oxaliplatine et neurotoxicité périphérique

La neurotoxicité chronique de l’oxaliplatine peut être réduite et retardée par la perfusion de calcium et de magnésium (gluconate de calcium [1 g] et sulfate de magnésium [1 g] en perfusion de 30 minutes avant et après l’oxaliplatine) [30, 31]. Il est recommandé aux patients d’éviter les contacts avec le froid, en particulier pendant les trois jours qui suivent la perfusion d’oxaliplatine [6].

5-FU et capécitabine : syndrome main-pied

Cette érythrodysesthésie palmoplantaire justifie des conseils de prévention [6] : toilette avec pains surgras ; éviter les expositions solaires, les douches et les bains très chauds, le port de gants, de chaussettes, de chaussures trop serrés ; le port de bijoux serrés, les frottements vigoureux et les traumatismes des mains et des pieds (bricolage, jardinage, tâches ménagères importantes), l’application de gels ou de lotions (excipient alcoolique irritant).

Lésions cutanées des anti-EGFR

Des mesures préventives peuvent atténuer les effets secondaires cutanés induits par les anti-EGFR [5]. Un temps paramédical d’éducation (infirmière, oncoesthéticienne, psychologue) a certainement un impact favorable sur l’adhésion au schéma thérapeutique. Il faut notamment rassurer les femmes sur la possibilité d’un maquillage couvrant par fond de teint [32]. Des études randomisées suggèrent l’efficacité des tétracyclines (doxycycline 100 ou 200 mg/j) en prévention primaire du rash acnéiforme [33].

Les lésions sont favorisées ou aggravées par l’exposition solaire, ainsi que par les produits topiques ou cosmétiques contenant de l’alcool (parfum, après rasage, gel, lotions) [5]. Il faut conseiller une photoprotection (port de chapeau, écran solaire haute protection [SPF 15 ou plus] sans PABA), des produits de toilette adaptés (pain surgras ou huile de bain) et des émollients [5, 32]. Les produits trop gras, riches en vaseline, peuvent obstruer les pores et favoriser la folliculite [5].

Pour les paronychies, des mesures préventives sont à conseiller : soins de pédicurie, éviter de couper les ongles trop courts, bonne hygiène, éviter les microtraumatismes (chaussures trop serrées, talons trop hauts) [2, 5].

Surveillance

Une consultation médicale précoce après la première cure, vers le j8 ou le j10 selon le traitement, est importante avec, si possible, une intervention parallèle de l’équipe soignante infirmière, afin de traiter précocement les effets secondaires. Un suivi téléphonique des patients pourra aussi être proposé [5].

Prescription « individualisée » de la chimiothérapie

Chez les sujets âgés

Le CCR est une maladie du sujet âgé avec une fréquence de 45 % après 75 ans [34]. Les patients âgés sont globalement sous-traités en raison de la crainte d’induire des toxicités [34, 35]. À l’inverse, il ne faut pas traiter par excès en sous-estimant les risques du traitement et en surestimant le risque de décès par cancer. Les principes de la prise en charge des CCR des sujets de plus de 75 ans sont les mêmes que ceux des sujets plus jeunes, mais les indications thérapeutiques doivent être modulées en fonction de l’âge physiologique, de l’état général, de l’existence de comorbidités et des souhaits du malade [34-36].

Selon l’évaluation oncogériatrique standardisée

Les sujets âgés porteurs de CCR constituent une population hétérogène chez qui les comorbidités diminuent l’espérance de vie [37] (tableau 2). De plus, il existe une vulnérabilité, avec un risque de décompensation des fonctions dont la réserve est diminuée par l’âge (par exemple anémie décompensant une cardiopathie, aggravation d’une insuffisance rénale par une diarrhée). Des pathologies en cascade sont possibles : par exemple anorexie, amaigrissement, fonte musculaire, puis troubles de la marche avec chutes, fractures, immobilisations et escarres [35].

L’état général n’est pas un bon reflet des réserves fonctionnelles des patients âgés [35, 36]. C’est l’évaluation gériatrique standardisée (EGS) qui permettra au mieux une évaluation de l’état de santé du sujet âgé dans sa globalité [34-36, 38]. L’EGS alertera sur la ou les fragilités potentielles justifiant une surveillance adaptée.

Un facteur limitant de l’EGS est le délai parfois important d’obtention de l’avis gériatrique, cependant inférieur à la durée de l’hospitalisation que nécessiterait la survenue d’une toxicité. Le chimiothérapeute peut intuitivement sélectionner les patients justifiant d’une EGS, en posant les questions simples du test IADL (utilisation du téléphone, faire les courses, préparer les repas, faire le ménage, faire la lessive, utiliser les transports, prendre ses médicaments, tenir son budget) [35, 36]. Un essai GERCOR-GEPOC (OLD07 SA07-1) vise à élaborer une échelle prédictive simple de faisabilité de la chimiothérapie chez des patients âgés.

Tableau 2 Espérance de vie estimée en année, en fonction de l’âge sur la période 2004-2006 (Source INED [39]), du stade du CCR et des comorbidités (d’après Gross et al. [37]).

Âge

Femmes CCR de stade II (ans)

Hommes CCR de stade II (ans)

Femmes CCR de stade III (ans)

Hommes CCR de stade III (ans)

Hommes (ans)

Femmes (ans)

Total (ans)

À la naissance

77,5 ans

84,3 ans

80,6 ans

À 65 ans

17,81

22,16

20,05

0 comorbidité

15,6

13,5

8,5

8,4

1-2 comorbidité(s)

11,6

10,4

7,9

6,8

> 3 comorbidités

6,8

6,4

4,7

4,6

À 70 ans

14,22

17,92

16,18

0 comorbidité

14

11,6

8,3

7,4

1-2 comorbidité(s)

10

8,6

6,6

6,1

> 3 comorbidités

6

5,6

3,7

4,4

À 75 ans

10,97

13,92

12,59

0 comorbidité

11,7

10

7,4

6,3

1-2 comorbidité(s)

8,8

7,4

5,8

5,2

> 3 comorbidités

5,3

5,1

3,8

3,6

À 80 ans

8,14

10,30

9,38

0 comorbidité

9,7

8,3

6,4

5,5

1-2 comorbidité(s)

7,3

6,1

4,8

4,9

> 3 comorbidités

4,7

4,2

2,8

2,9

À 85 ans

5,83

7,24

6,70

À 90 ans

4,16

4,93

4,67

À 95 ans

3,29

3,42

3,39

À 100 ans

4,33

2,90

3,23

Selon l’espérance de vie estimée

Avant de soigner un sujet âgé, il faut prendre en compte l’espérance de vie de sa classe d’âge (et non l’espérance de vie à la naissance) qui va conditionner les possibilités thérapeutiques [37, 39] (tableau 2). Si le premier facteur pronostique reste le stade de la maladie, c’est le statut physiologique, bien plus que l’âge civil, qui va conditionner les indications de chimiothérapie [40]. Par exemple, l’espérance de vie d’un patient de 70 ans atteint d’un CCR de stade III peut varier de 8,3 à 3,7 ans en fonction des comorbidités [37]. Au terme de l’évaluation, les personnes seront classées en trois catégories ayant une espérance de survie différente [37, 38]. Un arbre décisionnel selon ces trois groupes a été proposé par Balducci et Extermann [38] (figure 1). Pour les malades dits « intermédiaires », la décision thérapeutique dépend de l’espérance de vie estimée. Il faut essayer de distinguer les patients qui mourront « avec » leur cancer, de ceux qui mourront « de » leur cancer [34].

Après dépistage et prise en charge d’une dénutrition

La dénutrition, présente chez 60 % des sujets âgés, est un facteur de risque indépendant de décès précoce reconnu, et qui doit être dépistée et prise en charge avant de débuter la chimiothérapie [40].

En situation adjuvante

Des études réalisées à partir de registres [37, 41], de méta-analyse [42] ou d’essais randomisés [43] ont retrouvé un gain de survie chez les malades de plus de 65 ans traités par chimiothérapie à base de 5-FU [41, 42] ou de capécitabine [43] après résection d’un CCR de stade III. Dans l’étude QUASAR, il n’y avait pas de bénéfice d’une chimiothérapie par 5-FU pour les patients âgés de plus de 70 ans après résection d’un cancer colique de stade II [44].

L’ensemble de ces données plaide pour, qu’après exérèse d’un cancer du côlon de stade III, une chimiothérapie adjuvante par 5-FU soit proposée au malade, si son espérance de vie supposée est supérieure à l’espérance de vie en cas de rechute [34-37, 45]. Pour les patients du groupe I, le « standard » Folfox vient d’être remis en question par les résultats défavorables observés dans le sous-groupe des patients de plus de 70 ans dans la base de données ACCENT [46]. Le LV5FU2 simplifié est bien adapté aux patients du groupe II [45]. La capécitabine, adaptée à la fonction rénale et/ou à une dose de 2 000 mg/m2, est une alternative possible au LV5FU2, sous réserve d’une observance qu’il sera possible de vérifier et des d’interactions médicamenteuses [34, 35, 45]. L’intérêt d’une chimiothérapie adjuvante chez les malades âgés de plus de 80 ans et/ou dans les CCR de stade II n’est pas démontré [34, 35, 45].

En situation palliative

Des analyses de sous-groupes poolés d’essais de phase III chez des patients âgés de 70 à 75 ans ont montré que la tolérance et l’efficacité d’une chimiothérapie palliative à base de 5-FU infusionnel, d’oxaliplatine ou d’irinotécan étaient aussi bonnes que chez les plus jeunes [47-49]. Dans un essai anglais, une dose de capécitabine diminuée de 20 % permettait de maîtriser la toxicité [50]. L’analyse intermédiaire de l’essai FFCD 2001-02 a montré une activité supérieure du Folfiri par rapport au LV5FU2, au prix de toxicités plus fréquentes [51]. Peu de données spécifiques aux sujets âgés sont disponibles pour les biothérapies ciblées anti-EGFR et le bevacizumab. Dans l’analyse poolée de deux essais incluant des patients de plus de 65 ans [52], le risque d’accident artériel thromboembolique sous bevacizumab semblait davantage en rapport avec les antécédents vasculaires qu’avec l’âge. Un Centre d’études et de recours sur les inhibiteurs de l’angiogenèse (CERIA) a proposé une évaluation préthérapeutique des plaques d’athérome visibles au scanner avec un score prédictif du risque vasculaire en cours de validation.

Pour les patients âgés de plus de 75 ans, l’indication de la chimiothérapie dépendra du niveau de dépendance et des comorbidités [38] ; chez les patients sans comorbidité et en état général de grade 0 ou 1, les indications sont les mêmes que pour les patients plus jeunes (groupe I de Balducci et Extermann) ; en revanche, la mise en œuvre d’une chimiothérapie palliative n’est envisageable qu’après évaluation gériatrique en présence de comorbidités (groupe II de Balducci et Extermann), et elle est contre-indiquée chez les patients très fragiles (groupe III de Balducci et Extermann) [accord d’experts dans le TNCD [2]]. Les schémas à base de LV5FU2 simplifié, sans 5-FU en bolus au j2 seront privilégiés pour limiter les risques de toxicité hématologique [35, 45].

Selon la fonction hépatique

La fonction hépatique des patients atteints de CCR peut être altérée du fait : du syndrome tumoral (métastases multiples et/ou obstacles des voies biliaires), des traitements (chimiothérapie, hépatectomie) et/ou d’une hépatopathie sous-jacente.

Le dosage de la bilirubine totale et libre doit être réalisé avant traitement et à chaque cure pour l’irinotécan [3]. À défaut de rechercher systématiquement les polymorphismes de l’UGT1A1 (cf. infra), le dosage de bilirubine doit, si possible, être réalisé à jeun pour faciliter le diagnostic d’une maladie de Gilbert. Une adaptation de la posologie est impérative :

  • si la bilirubinémie est supérieure à trois fois la normale : contre-indication ;
  • si la bilirubinémie est entre 1,5 et 3 fois la normale : adaptation posologique (60 % de dose) et surveillance hebdomadaire de la NFS ;
  • si transaminases supérieures à 3N en l’absence de métastases hépatiques et supérieures à 5N en présence de métastases hépatiques, l’irinotécan est également déconseillé.

Une hypoalbuminémie associée aggrave aussi le risque de toxicité, car le métabolite actif de l’irinotécan (SN-38) est fortement lié aux protéines plasmatiques. Le risque de toxicité est également augmenté chez les patients porteurs d’un drainage biliaire externe.

La posologie du 5-FU doit être diminuée d’un tiers en cas de trouble grave de la fonction hépatique. Des cas d’hépatotoxicité ont été décrits avec l’UFT et la capécitabine.

Selon la fonction rénale

Peu de données sont disponibles chez les patients insuffisants rénaux sévères (clairance de la créatinine < 30 ml/min) ou hémodialysés. La détermination de la clairance de la créatinine est indispensable avant capécitabine et raltitrexed. La posologie sera adaptée :
  • capécitabine : 75 % de dose si clairance entre 30 et 50 mL/min, et surveillance attentive pour une clairance entre 50 à 80 mL/min ;
  • raltitrexed : 75 % de dose si clairance entre 55 à 65 mL/min et 50 % de dose si entre 25 à 54 mL/min.

L’oxaliplatine est contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale sévère. En cas d’anomalie modérée, la fonction rénale doit être surveillée et les doses adaptées à la toxicité.

Le service d’information conseil adaptation rénale (ICAR Oncologie), composé de médecins et de pharmaciens, donne des conseils sous 24 heures sur l’adaptation de la posologie chez le patient insuffisant rénal, les interactions avec les immunosuppresseurs et les effets rénaux des chimiothérapies. Un formulaire de demande est téléchargeable [53].

Selon la pharmacocinétique

Les doses de médicaments sont calculées sur l’hypothèse que l’élimination est proportionnelle à la surface corporelle des patients. Les preuves de l’utilité du suivi thérapeutique pharmacologique sont rares. Malgré quelques résultats favorables concernant l’adaptation pharmacocinétique du 5-FU [54, 55], le rapport bénéfice clinique/coût défavorable n’a pas permis sa généralisation en routine clinique [2].

Selon la biologie moléculaire : pharmacogénomique et pharmacogénétique

La résistance thérapeutique expose les patients à des thérapies inutiles, voire délétères avec une morbidité accrue et un surcoût financier [2]. La recherche de marqueurs moléculaires pouvant avoir une valeur prédictive d’efficacité thérapeutique s’est intensifiée ces dernières années. Les marqueurs potentiels sont des mutations acquises détectables sur tissu tumoral (pharmacogénomique) ou des variantes génétiques constitutionnelles analysables sur prélèvements sanguins (pharmacogénétique) [56].

La pharmacogénomique est dès maintenant requise avant prescription de chimiothérapie dans au moins deux situations : détection des mutations somatiques de l’oncogène tumoral KRAS (et bientôt BRAF) avant prescription des anti-EGFR et détermination du phénotype MSI avant prescription du 5-FU dans les CCR de stade II [2].

Des études descriptives ont établi que la variabilité interindividuelle de l’efficacité et de la toxicité des chimiothérapies est influencée par le polymorphisme constitutionnel de gènes qui codent pour des enzymes du métabolisme de xénobiotiques : TS, dihydropyrimidine-déhydrogénase (DPD) et MTHFR pour le 5-FU, UGT1A1 pour l’irinotécan, GST et ERCC pour l’oxaliplatine [2, 56]. Les polymorphismes de UGT1A1 et de la DPD sont les marqueurs d’individualisation les plus prometteurs. Cependant, aucune étude stratégique ni médicoéconomique n’a encore validé leur intérêt clinique.

Mutation KRAS tumorale et anti-EGFR

Une équipe française a émis l’hypothèse qu’une mutation d’un effecteur des voies de signalisation de l’EGF situé en aval de l’EGFR était un mécanisme possible de résistance aux anti-EGFR, par une activation de ces voies, indépendante du récepteur d’amont [57]. Une mutation du gène KRAS tumoral, présente dans 40 % des cas, était prédictive de non-réponse au cetuximab dans une première série [57]. Les résultats d’études rétrospectives puis d’études randomisées intégrant le génotypage de KRAS ont confirmé l’absence d’activité du cetuximab [58, 59], mais aussi du panitumumab [60, 61] en cas de mutation.

Ces résultats ont impliqué une restriction d’AMM des anti-EGFR aux CCR avec statut KRAS tumoral non muté (également dit sauvage ou wild) [2, 4]. Le TNCD précise que la détermination du statut du gène KRAS tumoral est utile dans le choix de la stratégie thérapeutique dès le diagnostic des métastases de CCR [2].

Cette analyse peut être faite soit au niveau de la tumeur primitive, soit au niveau des métastases, à partir d’un bloc tumoral en paraffine fixé initialement dans du formol (Bouin à proscrire). Le matériel tumoral peut être difficile à extraire sur les tumeurs primitives rectales traitées par radiochimiothérapie ou sur les biopsies de CCR en place après chimiothérapie. Une précaution à prendre est donc d’effectuer initialement des biopsies endoscopiques multiples. La détermination est centralisée dans les plates-formes hospitalières de génétique moléculaire des cancers répartis sur l’ensemble du territoire. Le rôle des anatomopathologistes est important : désarchivage, sélection d’une zone tumorale pour macrodissection, puis envoi en biologie moléculaire. Un programme d’assurance qualité dans le cadre d’une étude multicentrique nationale finance partiellement les coûts générés (STIC 2008 MOKAECM).

Parmi les 70 % de patients avec KRAS non muté, une mutation du gène effecteur BRAF tumoral est présente dans 15 % des cas. Cette mutation est un facteur de mauvais pronostic et probablement un autre facteur prédictif de la non-efficacité des anti-EGFR [62].

Recherche du phénotype MSI

Le statut MSI lié au dysfonctionnement du système mismatch repair MMR (gènes MLH1, MSH2, MSH6 et PMS2) est une caractéristique phénotypique de l’ADN tumoral que l’on retrouve dans les CCR liés au syndrome HNPCC et dans 10 à 15 % des CCR sporadiques [63, 64].

Dans plusieurs études, la survie n’était pas améliorée par la chimiothérapie adjuvante chez les patients MSI, avec même une tendance à une survie globale diminuée dans l’analyse poolée de Ribic et al. [65]. L’analyse poolée de la même série, élargie à 1 027 cancers coliques de stades II et III, ne montrait pas de bénéfice de la chimiothérapie adjuvante par 5-FU pour les patients MSI de stade III contrairement aux malades stables (MSS) [66]. Pour les stades II, il existait même un effet délétère de la chimiothérapie adjuvante chez les malades MSI [66]. Les données concernant l’irinotécan et l’oxaliplatine sont encore préliminaires.

La mise à jour 2009 du TNCD confirme que la recherche du phénotype MSI+ est indiquée chez les patients de moins de 60 ans ou ayant un antécédent familial au premier degré atteint par un cancer du spectre HNPCC, mais aussi chez tous les patients chez qui une chimiothérapie est discutée pour un stade II : « En cas d’instabilité microsatellite tumorale (MSI-H), une chimiothérapie adjuvante par 5-FU-acide folinique n’est pas recommandée (grade B) » [2].

Cette recherche de MSI+ est réalisée dans les cellules tumorales, à l’aide des techniques de biologie moléculaire et d’IHC à partir d’un bloc tumoral en paraffine (tissu fixé dans du formol initialement) et/ou d’un tissu congelé [2, 63, 64]. La biologie moléculaire renseigne sur le statut MSI ou MSS, et l’IHC sur l’expression tissulaire des protéines codées par les gènes MMR (MLH1, MSH2, MSH6) [65]. En pratique, l’utilisation de ces deux techniques est très variable selon les équipes. Cependant, l’IHC est moins sensible que la biologie moléculaire et sujette à des variations interobservateurs [63, 64, 67]. La biologie moléculaire doit théoriquement être faite en première intention puis être complétée par l’IHC en cas de tumeur MSI, afin d’orienter, après consultation oncogénétique, l’analyse génétique constitutionnelle vers une recherche de la mutation BRAF V600E ou un séquençage des gènes MMR [2, 67].

Génotypage UGT prérequis à la prescription de l’irinotécan ?

UGT1A1, UGT1A7 et UGT1A9 sont trois isoenzymes de la famille d’UGT1A impliquées dans la glucuronoconjugaison du SN-38, le principal métabolite actif de l’irinotécan. L’UGT1A1 est également responsable de la glucuronoconjugaison de la bilirubine [56]. Certains polymorphismes responsables d’un déficit de l’activité de l’UGT1A1 sont associés aux syndromes d’hyperbilirubinémie non conjuguée de Criggler-Najjar et de Gilbert. Un polymorphisme désigné UGT1A1*28 (ou allèle 7) est associé à l’état homozygote (7/7) à la maladie de Gilbert. Dans les populations caucasiennes, la fréquence de l’allèle 7 est de 40 % dont 10 à 15 % sous homozygotes [56]. Les taux de glucuronoconjugaison sont diminués d’environ 50 % chez les sujets de génotype 7/7. Une association significative entre le génotype 7/7 et la survenue d’une neutropénie sévère sous irinotécan a été décrite dans plusieurs études chez des patients qui avaient des concentrations normales de bilirubine totale à l’instauration du traitement par irinotécan [56]. La survenue de diarrhées induites par l’irinotécan serait plutôt associée à des polymorphismes des gènes codant pour UGT1A7 et/ou UGT1A9 [56].

En juillet 2005, la FDA américaine a recommandé le génotypage UGT1A1 systématique et la diminution de dose de l’irinotécan d’au moins un palier (150 mg/m2) pour les patients avec génotype 7/7 [68]. L’impact favorable de cette recommandation est en cours de validation.

En France, le génotypage UGT n’est pas encore recommandé aux doses usuelles d’irinotécan. Dans le TNCD, il est recommandé avant prescription du schéma intensifié Folfiri fort d’irinotécan 240 mg/m2 [2]. L’alternative est de monter la dose en l’absence de toxicité au premier palier de 180 mg/m2 [2]. Deux études françaises en cours ont pris en compte le génotype de l’UGT1A1 pour déterminer la posologie d’irinotécan : dose intensifiée si 6/6 ou 6/7 (essai FFCD 0504) ou dose normale plus G-CSF si 7/7 (essai FFCD 0604).

DPD et dérivés fluoropyrimidiques

Les patients ayant un déficit partiel ou complet en DPD, enzyme de catabolisme du 5-FU, ont un risque accru de toxicité aiguë, précoce, grave et polyviscérale, potentiellement mortelle (0,1 %) avec le 5-FU mais aussi avec ses dérivés oraux (capécitabine et UFT) [6]. Différentes approches de dépistage ont été développées : enzymatique dans les cellules mononuclées, pharmacogénomique (expression de l’ARNm de la DPD leucocytaire), pharmacologique (dosage de l’uracile et du dihydro-uracile endogène), pharmacogénétique (recherche de mutations). La détection couplée du génotype et du phénotype par le dosage du rapport UH2/U est la plus fiable. Le diagnostic d’un déficit implique un conseil thérapeutique d’adaptation individuelle de dose [69-72].

Ce dépistage est possible dans plusieurs laboratoires français, mais la faisabilité et le rapport coût/efficacité de sa généralisation reste à démontrer. Compte tenu de la rareté des déficits complets et de la moindre toxicité des schémas continus de 5-FU (LV5FU2 simplifié), l’utilité d’un dépistage systémique reste controversée en termes de santé publique. Une étude médicoéconomique multicentrique est en cours, évaluant le dépistage couplé phénotypique et pharmacogénétique, du déficit en DPD.

Conclusions et perspectives

Le coût et les toxicités des biochimiothérapies des CCR ne sont pas limitants, mais imposent des règles de prescription rigoureuses qui sont maintenant réglementées, standardisées mais aussi personnalisées. Le ratio bénéfice/risque des chimiothérapies des CCR est très favorable dans leurs indications palliatives. En revanche, la sécurité doit être maximale en situation adjuvante où dix patients sont traités pour qu’un seul en bénéficie dans les stades III. C’est encore plus important dans l’indication adjuvante controversée des stades II, où 50 patients sont traités inutilement pour en sauver un. L’information et la prévention des toxicités sont un prérequis essentiel. L’utilisation des outils de liaison entre médecins et patients est encore insuffisante. La collaboration interdisciplinaire entre le médecin prescripteur et ses confrères médecins généralistes et spécialistes, notamment gériatriques, dermatologues et cardiologues, doit être confortée et plus étroite [5]. L’individualisation des prescriptions est un espoir devenu une réalité accessible, avec les premiers exemples, d’une part, du statut mutationnel tumoral KRAS (et bientôt BRAF) pour les biothérapies anti-EGFR et, d’autre part, du phénotype MSI pour les chimiothérapies des cancers coliques de stade II. Un dernier prérequis est de privilégier la prescription de chimiothérapies dans le cadre d’essais thérapeutiques qui sont maintenant menés de pair avec des études biologiques sur prélèvements tissulaires et sanguins.

Remerciements

À Christophe Strady (CHU de Reims), Philippe Rey (HIA Legouest, Metz), Alexandra Heurgué (CHU de Reims) et Thierry Lecomte (CHU de Tours) pour leur participation respective à la rédaction des chapitres vaccination, séjour en zone tropicale, hépatite virale chronique et UGT.

Références

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2 Thésaurus national de cancérologie digestive [en ligne] : http://www.snfge.asso.fr/01-Bibliotheque/0G-Thesaurus-cancerologie/publication5/sommaire-thesaurus.asp (consulté le 1 février 2009).

3 http://www.e-cancer.fr/v1/fichiers/public/criteres_chimiotherapie_160608.pdf.

4 Référentiel de bon usage des médicaments hors GHS en cancérologie digestive [en ligne] : http://www.e-cancer.fr/v1/fichiers/public/rbu_digestif_221208_maj_amm.pdf.

5 Bouché O, Scaglia E, Reguiai Z, Singha V, Brixi-Benmansour H, Lagarde S. Biothérapies ciblées en cancérologie digestive : prise en charge de leurs effets secondaires. Gastroenterol Clin Biol 2009 ; 33 : 306-22.

6 Fiches toxicités FFCD dans la rubrique « professionnels » [en ligne] : http://www.ffcd.fr.

7 Exemples de programmes personnalisés de soins [en ligne] : http://www.e-cancer.fr/Les-Soins/Dispositif-annonce/Programme-personnalise-soins-PPS/op_com_fichiers-it_484-la_1-ve_1.html.

8 Dodd MJ, Mood DW. Chemotherapy: helping patients to know the drugs they are receiving and their possible side effects. Cancer Nurs 1981 ; 4 : 311-8.

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10 Documents d’information sexualité et cancer. [en ligne] : http://www.ligue-cancer.net/thematique/sexualite-et-cancer.

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