Home > Journals > Medicine > Bulletin du cancer > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Bulletin du Cancer
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Neoadjuvant chemotherapy in non-small cell lung cancer: current state and future


Bulletin du Cancer. Volume 97, Number 2, 211-23, février 2010, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2009.0980

Résumé   Summary  

Author(s) : N Mellas, O Elmesbahi, O Masbah, H Errihani , Institut national d’oncologie, service d’oncologie médicale, Rabat, Maroc, CHU Hassan-II, service d’oncologie médicale, Fès, Maroc, Institut national d’oncologie, service de radiothérapie-oncologie, Rabat, Maroc.

Summary : Non-small cell lung cancer (NSCLC) continues to be the leading cause of cancer-related mortality in the world. The combination of chemotherapy and surgery is a standard of care for resectable NSCLC. If the adjuvant chemotherapy is a standard, the role of neoadjuvant chemotherapy is still debated. Most trials of neoadjuvant chemotherapy were closed when the positive studies of adjuvant chemotherapy were published. Only the Spanish trial NATCH, designed to compare the neoadjuvant chemotherapy in the adjuvant chemotherapy, was fully completed. Therefore, the trials of preoperative chemotherapy lack strength to become proof of concept. Confirmation will come from meta-analyses. Two of them are positive. Others are in progress. The current research is to select the patients according to predictive factors to chemotherapy response.

Keywords : non-small cell lung cancer, preoperative chemotherapy, neoadjuvant chemotherapy, radiotherapy, surgery

ARTICLE

Auteur(s) : N Mellas1, O Elmesbahi2, O Masbah3, H Errihani1

1Institut national d’oncologie, service d’oncologie médicale, Rabat, Maroc
2CHU Hassan-II, service d’oncologie médicale, Fès, Maroc
3Institut national d’oncologie, service de radiothérapie-oncologie, Rabat, Maroc

Article reçu le 1 Mars 2009, accepté le 5 Octobre 2009

Introduction

Le cancer de poumon est le premier cancer en termes d’incidence : 1,35 million nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année à l’échelle mondiale ; il constitue aussi la première cause de décès par cancer au monde, avec 1,18 million de décès par an [1]. Aux États-Unis, les décès par cancer de poumon sont supérieurs aux décès par cancers de sein, de colorectum et de prostate combinés [2].

Une grande partie des patients se présente d’emblée avec une maladie localement avancée ou métastatique [3]. Le pronostic reste sombre, et la survie à cinq ans pour tous stades confondus ne dépasse pas 15 % aux États-Unis, 10 % en Europe et 8,9 % dans les pays en voie de développement [1].

L’intérêt de la chimiothérapie dans les cancers bronchiques non à petites cellules a été étudié dès les années 1960.

Une méta-analyse, publiée en 1995 [4], laisse espérer un bénéfice en survie pour une chimiothérapie délivrée avant chirurgie, car il n’y avait que très peu d’études menées à terme.

La chirurgie est le traitement de référence pour les stades localisés, mais seulement 25 % des patients sont éligibles à une résection chirurgicale curative [5], et la survie à cinq ans après chirurgie est d’environ 40 %, et pour les stades IA elle est d’environ 67 % seulement. Pour améliorer ce pronostic, une approche multidisciplinaire a été envisagée, intégrant des stratégies de chimiothérapie néoadjuvante, de radiothérapie et de chirurgie.

Concepts de la chimiothérapie néoadjuvante dans d’autres tumeurs

Le principe de la chimiothérapie néoadjuvante repose sur les relations entre la cinétique de la prolifération tumorale, le modèle Gompertzien de la croissance et l’effet de la chimiothérapie.

Le modèle Gompertzien de croissance tumorale se définit par trois temps :

  • le premier temps est lent en raison du faible nombre de cellules en division ;
  • le deuxième temps est la phase de croissance la plus rapide permettant l’acquisition du volume tumoral maximal ;
  • puis survient un plateau lié à l’anoxie de nombreuses cellules et à la nécrose spontanée.

Le cancer du sein est parmi les premières localisations qui ont bénéficié du développement du concept de la chimiothérapie néoadjuvante. Proposée à l’origine pour des cancers du sein à haut risque, pour des raisons de volume tumoral ou d’agressivité tumorale (cancer du sein inflammatoire), la chimiothérapie néoadjuvante s’est largement développée depuis les années 1970. Les bases rationnelles de la chimiothérapie néoadjuvante dans le cancer de sein peuvent être résumées comme suit :

  • opportunité d’évaluer la réponse tumorale in vivo ;
  • croissance moins favorable des micrométastases ;
  • augmentation du taux de conservation mammaire.

Néanmoins, cette chimiothérapie a des limites potentielles :

  • surtraitement de la maladie ;
  • risque de chimiorésistance et progression tumorale par retard de la chirurgie ;
  • perte de facteurs pronostiques.

Les essais thérapeutiques ont montré que la chimiothérapie néoadjuvante est aussi efficace en termes de survie que la même chimiothérapie administrée en adjuvant [6], que la réponse clinique et histologique à la chimiothérapie néoadjuvante possède une signification pronostique majeure, de même que le degré de réduction de l’envahissement ganglionnaire [7, 8].

Tous ces essais ont montré que la chimiothérapie néoadjuvante permet d’augmenter le taux de conservation mammaire.

Actuellement, la chimiothérapie néoadjuvante est un standard dans les stades localement avancés et inflammatoires, et une alternative au traitement adjuvant dans les cancers du sein opérables lorsque la conservation mammaire est souhaitée [9].

Les cancers ORL ont aussi bénéficié du développement du concept de la chimiothérapie néoadjuvante. La méta-analyse MACH-NC a permis de détecter un bénéfice modeste de la chimiothérapie néoadjuvante [10, 11].

Dans une étude de phase III randomisée de l’EORTC, Vermorken et al. ont démontré que l’adjonction du docétaxel à une chimiothérapie néoadjuvante à base de 5-FU et de cisplatine (TPF), suivie de radiothérapie dans des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou localement avancés inopérables, permet d’améliorer la survie sans récidive et la survie globale par rapport au bras utilisant une chimiothérapie néoadjuvante à base de 5-FU et de cisplatine (PF) [12].

Cette supériorité du TPF en survie par rapport au PF en néoadjuvant a été confirmée par une autre étude de phase III similaire [13].

Actuellement, le TPF en néoadjuvant, suivi du traitement locorégional, constitue une option importante dans le cas des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou localement avancés.

Le TPF et le PF en néoadjuvant permettent aussi d’augmenter le taux de préservation du larynx et de l’hypopharynx [14-16].

Chimiothérapie néoadjuvante des stades opérables d’emblée

Essais de phase II

Les essais de phase II sont hétérogènes, mais ils ont montré la faisabilité d’une chimiothérapie préopératoire et ont autorisé la mise en place des essais de phase III.

Ces essais permettent de tirer des conclusions importantes :

  • l’efficacité de la chimiothérapie est supérieure à celle observée dans les tumeurs métastatiques, avec un taux de réponse global de l’ordre de 60 à 70 % et des réponses histologiques complètes sur pièce opératoire de l’ordre 5 à 10 % ;
  • le taux de progression compromettant la résécabilité semble faible [17] ;
  • 76 à 90 % des patients peuvent recevoir la dose prévue de chimiothérapie contre 31 à 73 % en adjuvant (à cause de la morbidité postopératoire) ;
  • la mortalité et la morbidité postopératoires après chimiothérapie néoadjuvante restent acceptables. Néanmoins, en cas de pneumonectomie, la mortalité peut atteindre 21 % [18] ;
  • la chimiothérapie néoadjuvante induit un downstaging, notamment ganglionnaire (passage de N2 à N0/1), et augmente le taux de résécabilité [19] ;
  • la survie des patients traités semble prometteuse.

Le tableau 1 résume les principaux essais de phase II de chimiothérapie néoadjuvante.

Tableau 1 Essais de phase II.

Auteurs

n

Stade

Chimiothérapie

RO (%)

Pujol et al. [20]

33

IIIA-IIIB

VP16-IFO-DDP

55

Martini et al. [21]

136

IIIA

MTC-VDN-DDP

73

Betticher et al. [19]

90

IIIA

DOC-DDP

66

Lorent et al. [22]

131

IIIA

VDN-IFO-DDP

54

Van Zandwijk et al. [23]

47

IIIA

GEM-DDP

70

Pisters et al. [24]

94

IB, II, IIIA

PACLI-CBDCA

54

Van Kooten et al. [25]

19

IIIA, IIIB

DDP-GEM

63

Migliorino et al. [26]

70

IIIA

DDP-GEM

57

De Marinis et al. [27]

49

IIIA

DDP-GEM-PACLI

73

Essais de phase III

Les premiers essais randomisés datent déjà de 1994. Il s’agit des essais de Rosell et al. [28] et de Roth et al. [29] qui étaient très positifs en faveur d’une chimiothérapie néoadjuvante, mais le nombre réduit des malades (60 malades dans chaque essai) a rendu leurs résultats discutables.

Rosell et al. ont randomisé 60 malades de stade IIIA en deux bras : un bras avec chirurgie seule et l’autre bras a reçu une chimiothérapie préopératoire (mitomycine C, ifosfamide, cisplatine) de trois cycles, suivie de chirurgie. Tous les patients ont reçu une radiothérapie médiastinale postopératoire. Cet essai a été arrêté après analyse intermédiaire qui a montré une positivité franche en faveur de la chimiothérapie néoadjuvante.

La survie médiane dans le bras chimiothérapie préopératoire est de 26 contre 8 mois dans le bras chirurgie seule (p < 0,001).

La mise à jour des résultats publiée en 1999 [30] a montré la persistance de l’avantage de la chimiothérapie préopératoire en termes de survie médiane, avec 22 contre 10 mois pour la chirurgie seule (p = 0,005, log-rank test).

Roth et al. ont randomisé 60 malades de stade IIIA en deux bras : un bras avec chirurgie seule et l’autre bras avec une chimiothérapie préopératoire (cisplatine, cyclophosphamide, étoposide), de trois cycles avant chirurgie et trois cycles en postopératoire en cas de réponse à la chimiothérapie d’induction.

Cet essai a été arrêté précocement, car il y avait une différence statistiquement significative à l’analyse intermédiaire en faveur de la chimiothérapie préopératoire. La survie médiane est de 64 mois pour le bras chimiothérapie préopératoire contre 11 mois pour le bras chirurgie seule (p = 0,008).

En 1998, Roth et al. ont publié la mise à jour de l’étude avec un suivi de 82 mois [31]. L’avantage de la chimiothérapie préopératoire persiste avec une survie médiane de 21 contre 14 mois pour le bras chirurgie seule (p = 0,053). La survie globale à trois ans et à cinq ans est, respectivement, de 43 et 36 % pour le bras chimiothérapie néoadjuvante contre 19 et 15 % pour le bras chirurgie seule.

Malgré la franche positivité de la chimiothérapie néoadjuvante dans ces deux essais, leur faible effectif (60 patients dans chaque essai) rend toute conclusion définitive difficile.

L’essai de Nagai et al. [32] comprenait des malades de stade IIIA-N2 dont la tumeur était jugée résécable avant le traitement d’induction. L’essai a été arrêté prématurément suite à l’inclusion de seulement 62 patients. Seulement 71 % des patients ont reçu les trois cycles de chimiothérapie avec un taux de réponse faible de 28 %. Le taux d’exérèse complète est lui aussi très bas : seulement 65 % dans le bras ayant reçu la chimiothérapie et 77 % dans le bras chirurgie seule. Cela peut expliquer les résultats négatifs de cet essai sur la survie globale qui est de 10 % à cinq ans dans le bras chimiothérapie préopératoire, alors qu’elle est de 22 % dans le bras chirurgie seule. Les auteurs ne trouvent pas non plus de différence de survie chez les patients ayant bénéficié d’une réponse, à l’inverse de ce qu’avait montré l’essai de Betticher et al. [19].

L’essai français MIP est l’essai le plus large qui a inclus le plus grand nombre des malades (353 patients) de stade I (sauf T1N0), II ou IIIA. [33]

Les patients ont été randomisés en deux bras : un bras avec une chimiothérapie première à base de mitomycine-ifosfamide-platine (deux cycles), suivie de chirurgie vs chirurgie seule. Les patients répondeurs ont reçu deux cycles supplémentaires en postopératoire. Une radiothérapie postopératoire a été effectuée en cas de résection incomplète et/ou si les ganglions du curage médiastinal étaient envahis sur la pièce opératoire. La médiane de survie est de 37 mois dans le bras chimiothérapie néoadjuvante contre 26 mois dans le bras chirurgie seule (p = 0,15), et les survies à trois ans étaient respectivement de 51,6 % dans le bras chimiothérapie néoadjuvante et 41,2 % dans le bras chirurgie première. Le bénéfice de la chimiothérapie néoadjuvante était plus important et statistiquement significatif dans le groupe de patients présentant des stades plus précoces (stades IB et II) que dans les stades IIIA.

Les résultats présentés à Vancouver en 2003 (tableau 2) montrent une différence de survie qui s’est stabilisée au-delà de la troisième année, atteignant entre 9 et 10 % en faveur de la chimiothérapie néoadjuvante [34].

L’essai SWOG 9900 a été présenté à l’Asco 2007 [35]. Il a été arrêté prématurément en juillet 2004 avec seulement 354 patients inclus sur 600 prévus, de stades IB à IIIA. Il a comparé une chimiothérapie préopératoire à base de carboplatine-paclitaxel (trois cycles) à une chirurgie seule. La survie sans progression (SSP) médiane est de 33 mois dans le bras chimiothérapie préopératoire et de 21 mois dans le bras chirurgie seule (p = 0,09). La survie globale est de 47 mois dans le bras chimiothérapie préopératoire contre 40 mois dans le bras chirurgie seule (p = 0,19). Le taux de survie globale à cinq ans est de 50 % dans le bras chimiothérapie préopératoire et de 43 % dans le bras chirurgie seule (p = 0,19).

Les résultats de l’essai anglais MRC LU 22, conduit par le MRC et l’EORTC, ont été présentés à l’Asco 2007 et publiés dans The Lancet [36]. Cet essai a comparé une chimiothérapie néoadjuvante (trois cycles) à la chirurgie seule. La chimiothérapie était un doublet ou un triplet à base de sel de platine. Le choix des autres produits est laissé à l’investigateur.

Un total de 519 patients ont été inclus dans les stades IA à IIIA, à côté de 33 patients du stade IIIB. Cet essai ne démontre pas de bénéfice de la chimiothérapie néoadjuvante en survie globale [hasard ratio (HR) OS : 1,02 (IC 95 % : [0,8-1,31]) ; p = 0,86)], contrairement aux essais précédents avec un taux de survie global à cinq ans de 45 % dans le bras chirurgie seule contre 44 % dans le bras chimiothérapie première. Plusieurs éléments peuvent influencer ces résultats : inclusion des stades IIIB malgré leur faible effectif, le pourcentage élevé de résection incomplète (12 %), le pourcentage non négligeable des patients non opérés (7,5 %), l’observance de la chimiothérapie qui n’était pas idéale : 4 % des patients n’ont pas reçu de chimiothérapie, et 75 % des patients seulement ont reçu les trois cycles de chimiothérapie [37].

L’essai scandinave a randomisé des patients des stades IB à IIIA entre chirurgie seule et une chimiothérapie d’induction (trois cycles) à base de paclitaxel-carboplatine, suivie de chirurgie.

Cet essai a été fermé prématurément après inclusion de 44 patients seulement, alors que l’objectif était d’inclure 288 patients. Il y a eu une amélioration de la survie à cinq ans de 12 % et une amélioration de 12 mois de la médiane de survie dans le bras chimiothérapie d’induction, mais ces résultats n’ont pas une puissance statistique significative [38].

L’essai italien CHEST a été présenté à l’Asco 2008 [39]. C’est un essai de phase III randomisant des patients des stades IB, II et IIIA (T3N1, sauf Pancoast) entre une chirurgie d’emblée et une chimiothérapie préopératoire. Les patients du bras chimiothérapie préopératoire ont reçu trois cures de cisplatine-gemcitabine. L’objectif principal était le taux de SSP à trois ans. Le nombre de patients à inclure était de 712, mais l’essai a été arrêté prématurément après l’inclusion de 270 patients, car les investigateurs ont considéré que le bras chirurgie d’emblée n’était plus éthique suite à la publication des essais adjuvants positifs. Cent vingt-neuf patients ont été inclus dans le bras chimiothérapie préopératoire et 141 dans le bras chirurgie première. Il n’y a pas eu de différence entre les deux bras quant aux caractéristiques des patients (âge, sexe, histologie, stades). Quatre-vingt-cinq pour cent des patients du bras chimiothérapie préopératoire ont pu recevoir les trois cycles prévus. Le taux de réponse objective était de 35 %.

La médiane de SSP à trois ans était supérieure dans le bras chimiothérapie préopératoire avec 48 contre 34,8 mois pour le bras chirurgie seule, avec un taux de survie à trois ans de 53 % pour la chimiothérapie première contre 48 % pour le bras chirurgie. Mais cette différence n’a pas atteint la significativité (p = 0,109). Ces résultats de la SSP sont différents selon les stades. Les stades IB-IIA ne retirent pas de bénéfice de la chimiothérapie d’induction avec une médiane de SSP de 43 mois pour le bras chirurgie contre 34,8 mois pour la chimiothérapie préopératoire et un taux de survie à trois ans de 56 % pour le bras chirurgie contre 50 % pour le bras chimiothérapie préopératoire, alors que les stades IIB-IIIA, recevant la chimiothérapie préopératoire, ont une SSP à trois ans significativement supérieure, avec une médiane de SSP de 48 contre 13,2 mois pour le bras chirurgie seule et un taux de SSP à trois ans de 55 % pour la chimiothérapie première contre 36 % pour la chirurgie seule (p = 0,002).

En survie globale, l’apport de la chimiothérapie préopératoire ne se retrouve que dans les stades IIB-IIIA, avec une médiane de survie à trois ans de 68,4 mois pour la chimiothérapie première contre 25,2 mois pour la chirurgie seule et un taux de survie à trois ans de 70 % pour la chimiothérapie première contre 47 % pour le bras chirurgie seule (p = 0,001).

Si l’on tient compte de l’objectif primaire (SSP à trois ans), cet essai peut apparaître négatif mais la survie à trois ans est supérieure dans le bras chimiothérapie préopératoire, mais l’arrêt précoce de l’étude rend toute conclusion définitive difficile.

Le tableau 3 résume les essais de phase III de la chimiothérapie néoadjuvante des cancers bronchiques d’emblée opérables.

Tableau 2 Survie en fonction du traitement reçu (données de l’essai français MIP 91, présentées à Vancouver, août 2003) [17].

Survie

CT + Chir.

Chir.

Différence

p

Médiane survie

37 mois

26 mois

0,15

Survie 1 an

77 %

73 %

3,8 %

0,48

Survie 2 ans

59 %

52 %

6,9 %

0,19

Survie 3 ans

52 %

41 %

10,4 %

0,04

Survie 4 ans

44 %

35 %

8,6 %

0,09

Survie 5 ans

38,5 %

29,4 %

9,1 %

0,06



Tableau 3. 

Essais

N

Stade

Chimiothérapie

RO (%)

pCR (%)

SG (mois) CT pré-chir.

Survie à cinq ans Ch. pré chir. (%)

Rosell [16-18]

60

IIIA

Cisplatine-ifosfamide-mitomycine C

60

4

22 vs 10 (p = 0,05)

16 vs 10

Roth [17-19]

60

IIIA

Cisplatine-cyclophosphamide-étoposide

35

NR

21 vs 14 (p = 0,08)

56 vs 15c

Pass [36]

27

IIIA

Cisplatine-étoposide

62

8

28,7 vs 15,6 (p = 0,095)

NR

Nagai [20]

62

IIIA

Cisplatine-vindésine

28

0

17 vs 16 (p = 0,52)

10 vs 22

Depierre [21, 22]

355

IB-II-IIIA

Cisplatine-ifosfamide-mitomycine C

64

11

37 vs 26 (p = 0,15)

38,5 vs 29,4

Pisters [23]

354

IB-II-IIIA

Paclitaxel-carboplatine

41

NR

47 vs 40 (p = 0,19)

50 vs 43

Gilligan [24]

519

I-II-IIIA

MVP-MIP-VP-DC-PC-GC

49

4

54 vs 55 (p = 0,86)

44 vs 45

CHEST [27]

270

IB-II-IIIA

Gemcitabine-cisplatine

35

NR

48 vs 34,8a (p = 0,109)

53 vs 48b

Méta-analyses

Deux méta-analyses ont été publiées jusqu’à maintenant. Une troisième méta-analyse est en cours par le Medical Research Council de Cambridge et l’Institut Gustave-Roussy, selon le modèle de la méta-analyse de 1995 [40] et qui sera publiée bientôt.

La méta-analyse de Berghmans et al. [41], parue en 2005, regroupe six essais randomisés [30-33, 42, 43], soit 590 patients au total. Elle traite séparément les essais japonais utilisant l’UFT. Le bénéfice d’une chimiothérapie néoadjuvante contenant du cisplatine était évalué chez des patients atteints de CBNPC de stades I à IIIA. La survie globale est significativement améliorée par la chimiothérapie néoadjuvante avec un HR à 0,69 (IC à 95% : [0,57-0,84]) ; mais ce résultat n’est pas retrouvé dans le sous-groupe des stades IIIA. Cette méta-analyse n’a pas la puissance des méta-analyses sur les données individuelles et manque d’homogénéité (classifications et protocoles de chimiothérapie différents).

La deuxième méta-analyse de Burdett et al., publiée en 2006 [44], retient sept essais [30-33, 35, 39, 43], avec un total de 988 patients. Elle montre une diminution de 18 % du risque relatif au décès en faveur de la chimiothérapie préopératoire (HR : 0,82 ; IC 95 % : [0,69-0,97] ; p = 0,02) et un gain absolu de 6 % à cinq ans avec une augmentation de la survie de 14 à 20 %, tous stades confondus. Cette méta-analyse montre aussi que le type de chimiothérapie n’influence pas l’ampleur des résultats.

Problématique des stades IIIA-N2

L’intérêt de la chimiothérapie néoadjuvante associée à la radiothérapie dans les stades IIIA-N2 fait toujours l’objet de débats, et aucun consensus n’est encore validé. Elle constitue actuellement une voie de recherche importante.

Deux grands essais sont menés dans ce sens avec des schémas différents. Le premier est un essai de l’intergroupe américain (RTOG 9309) qui a posé la question de l’intérêt de la chirurgie après une chimioradiothérapie préopératoire. Rapportés pour la première fois à l’Asco 2003 [45], les résultats ont été actualisés avec un recul de plus de six ans [46, 47]. Les patients ont été considérés comme techniquement opérables avant la randomisation.

Ils ont reçu une chimiothérapie d’induction à base de cisplatine-étoposide associée à une radiothérapie concomitante jusqu’à 45 Gy. Après cette induction et en absence de progression, les patients ont été randomisés entre la poursuite de la radiothérapie jusqu’à 61 Gy ou la chirurgie. Les deux bras ont reçu ensuite une chimiothérapie de consolidation à base de cisplatine-étoposide. Trois cent quatre-vingt-douze patients ont été randomisés. La survie sans récidive à cinq ans est en faveur du bras chirurgie avec 12,8 contre 10,5 mois pour le bras radiochimiothérapie (p = 0,017), mais la survie globale ne diffère pas, avec 23,6 mois dans le bras chirurgie et 22,9 mois dans le bras radiochimiothérapie (p = 0,24). Le taux de mortalité iatrogène a été plus élevé dans le bras chirurgie, soit 7,9 contre 2,1 % dans le bras radiochimiothérapie ; cela est imputé essentiellement aux pneumonectomies, surtout droites (50 %).

L’analyse des sous-groupes montre un bénéfice de la chirurgie lorsqu’il y a un downstaging ganglionnaire : PN0 (p < 0,0001), et lorsque le geste réalisé est une lobectomie avec une survie globale de 34 contre 22 mois dans le bras radiochimiothérapie (p = 0,002), avec des taux de survie à cinq ans, respectivement, de 36 et 18 %.

Globalement, l’essai est négatif, puisque le bénéfice de la chirurgie en SSP ne se traduit pas en survie globale.

L’essai de l’EORTC 08941, rapporté pour la première fois à l’Asco 2005 [48], puis publié en 2007 [49], a comparé la chirurgie à la radiothérapie après chimiothérapie d’induction, toujours chez des patients IIIApN2 mais qui étaient considérés inopérables avant tout traitement. Tous les patients ont reçu une chimiothérapie d’induction (trois cycles) par un doublet à base de cisplatine ou de carboplatine, et le choix de l’autre médicament est laissé à la discrétion du centre. Les patients qui progressaient après chimiothérapie d’induction sont exclus de l’étude. Les 332 patients répondeurs ont été randomisés entre chirurgie et radiothérapie (60 Gy). Dans le bras chirurgie et en cas de résection incomplète, les patients ont reçu une radiothérapie. La survie globale dans le bras chirurgie est de 16,4 contre 17,5 mois dans le bras radiothérapie avec des taux de survie à cinq ans, respectivement, de 15,7 et 14 %. On a noté plus de morbidité et de décès iatrogènes dans le bras chirurgie. Ces résultats sont concordants avec ceux de l’intergroupe américain.

Les deux derniers essais relancent le débat sur l’intérêt de la chirurgie dans les stades IIIA-N2, et d’ailleurs, après la publication des résultats de l’essai EORTC (08941), la chimioradiothérapie va devenir le bras de référence dans les essais futurs de l’EORTC dans les stades IIIA-N2 du cancer bronchique non à petites cellules.

Une étude européenne de phase III randomisée (SAKK-16/00) est en cours chez les patients IIIA-N2. Les patients sont randomisés entre trois cycles d’une chimiothérapie néoadjuvante à base de docétaxel-cisplatine, suivie de radiothérapie, puis de chirurgie contre la même chimiothérapie suivie de chirurgie seule.

Un autre essai de RTOG (0229) de phase II chez les patients IIIA-N2 est en cours. Il évalue en néoadjuvant une chimiothérapie à base de paclitaxel-carboplatine en concomitance avec la radiothérapie, suivie de chirurgie, puis une consolidation par la même chimiothérapie.

Ce qu’on peut dire pour le moment pour les stades IIIA-N2, c’est qu’ils ne doivent pas être opérés d’emblée, et même si un malade est devenu techniquement opérable après un traitement d’induction, cela ne signifie pas qu’il va bénéficier de son exérèse. Toutefois, la chirurgie peut se discuter au cas par cas dans des réunions pluridisciplinaires après traitement d’induction s’il y a un downstaging ganglionnaire et si le geste envisagé est une lobectomie et non une pneumonectomie, mais tout cela reste à démontrer par des essais contrôlés.

Quel positionnement de la chimiothérapie ?

Seul l’essai espagnol NATCH (qui a été mené à terme) a essayé de comparer une chimiothérapie néoadjuvante à une chimiothérapie adjuvante. Les résultats ont été présentés à l’Asco 2009. C’est un essai de phase III randomisé à trois bras, ayant comparé, chez 624 patients de stades IA, IB, II et T3N1, la chirurgie seule à la chirurgie associée à la chimiothérapie néoadjuvante ou à la chimiothérapie adjuvante avec la même chimiothérapie (paclitaxel 200 mg/m2 et carboplatine AUC6 dans les deux bras). Une radiothérapie postopératoire était autorisée pour les pN2 [50]. L’objectif principal était de comparer la survie sans récidive à cinq ans entre les deux bras néoadjuvant ou adjuvant et le bras chirurgie seule (pas de comparaison possible entre les deux bras néoadjuvant/adjuvant). Une différence de 15 % était attendue. Comme prévu, la compliance est nettement améliorée en néoadjuvant : 90 contre 65 % en adjuvant ont reçu les trois cycles. Le taux de réponse complète histologique après chimiothérapie préopératoire est de 10 %. L’essai ne montre pas de bénéfice de la chimiothérapie par rapport à la chirurgie seule. Le tableau 4 résume les résultats de survie sans récidive (objectif principal de l’étude) des différents bras.

Une analyse exploratoire a montré une tendance à une meilleure survie sans récidive dans le bras chimiothérapie préopératoire chez les patients ayant une bonne réponse radiologique après chimiothérapie néoadjuvante (62 mois ; p = 0,09).

La survie globale, pour sa part, n’est pas différente au plan statistique entre les trois bras : 48,8 mois dans le bras chirurgie contre 55,2 et 50,3 mois, respectivement, dans les bras induction et adjuvant (p = 0,93 pour chirurgie vs chimiothérapie adjuvante et p = 0,56 pour chirurgie vs chimiothérapie préopératoire).

L’essai NATCH est négatif, puisqu’il n’a pas démontré de bénéfice de la chimiothérapie néoadjuvante ou adjuvante par rapport à la chirurgie seule. Ces résultats négatifs peuvent être liés à un nombre insuffisant de patients, une surreprésentation des stades I : 11 % des IA et 66 % des IB (classiquement ces stades sont non éligibles à un traitement périopératoire et la chirurgie reste le traitement de référence), et le doublet paclitaxel-carboplatine pourrait être sous-optimal.

Par ailleurs, cet essai n’a pas pu comparer de façon directe entre la chimiothérapie néoadjuvante et la chimiothérapie adjuvante, par conséquent, la question de l’intérêt de la chimiothérapie préopératoire par rapport à la postopératoire reste toujours posée et nécessite des essais futurs pour y répondre.

Néanmoins, on dispose de plusieurs arguments en faveur de la chimiothérapie préopératoire, à savoir : la non-sélection des patients, la possibilité de délivrer la dose totale de chimiothérapie, l’arrêt précoce de la chimiothérapie quand elle est inefficace quel que soit le schéma adopté initialement, la destruction précoce des micrométastases. En outre, la chimiothérapie préopératoire est mieux tolérée que la chimiothérapie postopératoire, et un grand nombre de patients peuvent la recevoir, contrairement à la chimiothérapie postopératoire où un grand nombre de patients vont être récusés à cause de la morbidité postopératoire importante.

Deux inconvénients à la chimiothérapie néoadjuvante par rapport à l’adjuvante : elle empêche d’avoir un TNM chirurgical et gêne l’obtention de fragments tumoraux pour analyses moléculaires.

L’étude de Betticher et al. [19] a montré un bénéfice en survie d’une résection chirurgicale s’il y a downstaging médiastinal N0-N1 après chimiothérapie néoadjuvante.

Les méta-analyses de chimiothérapie adjuvante du lung adjuvant cisplatine evaluation (LACE) [51] et de Bria et al. [52], et la mise à jour de la méta-analyse du non-small-cell lung cancer (NSCLC) Collaborative Group, présentée à l’Asco 2007 [53], ont montré de façon claire le bénéfice significatif en survie de la chimiothérapie adjuvante qui est devenue un standard, alors que les méta-analyses de chimiothérapie néoadjuvante de Berghmans et al. [41], de Burdett et al. [44] et la revue systématique de la littérature de Giligan et al. [36] ont montré un bénéfice en survie en faveur de la chimiothérapie néoadjuvante, mais le nombre total des patients randomisés dans les essais de chimiothérapie néoadjuvante est moins important que le nombre des patients randomisés dans les essais de chimiothérapie adjuvante ; de ce fait, les essais de chimiothérapie néoadjuvante manquent de puissance statistique suffisante pour affirmer la validité du concept.

La chimiothérapie périopératoire associant le néoadjuvant et l’adjuvant est en cours d’évaluation.

Les résultats préliminaires de l’essai de l’Intergroupe francophone de cancérologie thoracique, IFCT 0002, ont été présentés à l’Asco 2007 [54]. C’est une étude de phase III qui compare une chimiothérapie préopératoire à une chimiothérapie périopératoire chez des patients des stades IA à II, selon deux modalités d’administration de la chimiothérapie qui diffèrent chez les patients répondeurs par l’administration de deux cycles complémentaires, soit avant la chirurgie, soit après la chirurgie. Au total, les patients répondeurs ont reçu soit quatre cycles de chimiothérapie préopératoires, soit deux cycles avant et deux cycles après la chirurgie, avec deux schémas différents de chimiothérapie : gemcitabine-cisplatine et carboplatine-paclitaxel.

Cet essai poursuit deux objectifs :

  • définir le meilleur moment pour la chimiothérapie : préopératoire vs périopératoire ;
  • comparer deux schémas de chimiothérapie : gemcitabine-cisplatine vs paclitaxel-carboplatine.

Les résultats préliminaires montrent qu’il n’y a pas de différence, que ce soit pour l’efficacité (taux de réponse et downstaging) ou la toxicité, ni entre les deux stratégies ni entre les deux types de chimiothérapies. La réponse pathologique suggère que deux cycles sont aussi efficaces que quatre, et que les réponses sont plus fréquentes dans le cas des cancers épidermoïdes que dans les autres types histologiques.

Il est possible que la chimiothérapie néoadjuvante ou adjuvante soit plus adaptée à un type de patients et de tumeurs particuliers.

Tableau 4 Survie sans récidive avec un suivi médian de 43 mois.

Survie sans récidive (SSR)

Chirurgie

CMT néoadjuvante

CMT adjuvante

SSR : 5 ans (%)

39

40,5

39,3

Médiane SSR (mois)

28

32

24

Perspectives d’avenir

Les recherches à venir essaieront de définir les facteurs prédictifs de réponse qui permettront de sélectionner les sous-groupes de patients qui puissent bénéficier réellement de la chimiothérapie néoadjuvante.

Le downstaging ganglionnaire médiastinal après chimiothérapie d’induction est corrélé à un bénéfice en survie [19].

Les signatures moléculaires constituent une voie de recherche importante pour identifier le type de chimiothérapie valable pour chaque patient. Une étude publiée sur 67 patients des stades opérables IIB, IIIA ou IIIB, ayant reçu une chimiothérapie néoadjuvante à base de gemcitabine-cisplatine, montre qu’une faible expression de la ribonucléotide-réductase M1 (RRM1) est asssociée à un bénéfice significatif de la chimiothérapie néoadjuvante [55].

Une autre étude, utilisant une chimiothérapie néoadjuvante à base de gemcitabine-pemetrexed chez 52 patients ayant un cancer bronchique non à petites cellules résécables, a été publiée récemment [56]. Cette étude montre que l’association gemcitabine-pemetrexed est bien tolérée, et qu’elle entraîne un taux de réponse objective de 35 %. Ce taux de réponse à la chimiothérapie est corrélé inversement au niveau d’expression tumorale de la RRM1 (p < 0,001) et de la thymidylate-synthase (TS) [p < 0,006] : la réduction de la taille tumorale est importante lorsque RRM1 et TS sont faiblement exprimées.

L’étude montre aussi que la RRM1 tumorale et la TS mRNA sont des facteurs prédictifs de réponse à une chimiothérapie associant gemcitabine et pemetrexed, et que ces deux biomarqueurs doivent être pris en compte lors des prochaines études utilisant cette association.

L’étude du gène ERCC1 (excision repair cross-complementation group 1) impliqué dans la réparation des lésions d’ADN chimio-induites semble prometteuse. Une surexpression de ce gène est corrélée à une résistance au cisplatine [57].

En situation adjuvante, un important complément biologique est associé à l’étude IALT, visant à évaluer la surexpression de ce gène sur la réponse à une chimiothérapie à base de cisplatine. Le bénéfice de la chimiothérapie adjuvante n’a été observé que chez les patients qui n’ont pas exprimé ERCC1. Par ailleurs, chez les patients qui n’ont pas reçu la chimiothérapie, l’expression d’ERCC1 a été corrélée à une plus longue survie. Donc, la surexpression d’ERCC1 apparaît comme un facteur prédictif de non-réponse au cisplatine et en même temps un facteur de bon pronostic [58]. Les résultats de cette étude très intéressante doivent être confirmés de façon prospective.

En néoadjuvant, une étude menée sur 68 patients ayant un cancer bronchique non à petites cellules, de stade IIIA-N2 (confirmé par médiastinoscopie), a évalué la valeur pronostique et prédictive de l’expression de ERCC1 sur la réponse à une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine en concomitance avec la radiothérapie. Avec un suivi de 61,8 mois, la SSP était de 15,9 mois pour ERCC1-positive et 29,5 mois pour ERCC1-négative (p = 0,062). En plus, une différence statistiquement significative en survie globale a été mise en évidence entre ERCC1-négative et ERCC1-positive (89,2 vs 26,0 mois ; p = 0,014). Ces résultats suggèrent que les patients ayant un cancer bronchique non à petites cellules, de stade IIIA-N2 avec ERCC1-négative, ont tiré un bénéfice en survie lors de l’utilisation d’une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine en concomitance avec la radiothérapie [59].

Une autre étude rétrospective [60], portant sur 35 malades, a évalué la relation entre le niveau d’expression tumorale de ERCC1 et la réponse radiologique et pathologique après une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine ou une chimioradiothérapie concomitante à base de cisplatine chez des patients ayant une atteinte ganglionnaire médiastinale. Les taux de réponses radiologiques et pathologiques étaient significativement élevés chez les patients ERCC1-négatifs en comparaison avec les patients ERCC1-positif chez le groupe ayant reçu une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine (taux de réponse radiologique : 100 vs 42,8 % ; p = 0,013 ; taux de réponse pathologique : 100 vs 47,1 % ; p = 0,038), mais cette relation n’est pas observée chez le groupe traité par chimioradiothérapie concomitante.

Les thérapies moléculaires ciblées présentent des profils d’efficacité intéressants dans la prise en charge des stades métastatiques (erlotinib, gefitinib bevacizumab, cetuximab), et leur efficacité en situation précoce doit maintenant être déterminée [61].

Nouvelles thérapies en cours d’investigation

Plusieurs nouvelles molécules sont en cours d’essai en situation néoadjuvante avec des résultats prometteurs.

Le bevacizumab, qui est un anticorps monoclonal anti-VEGF, a démontré son efficacité dans les cancers bronchiques non à petites cellules métastatiques [62, 63], il constitue actuellement un standard avec une bithérapie à base de platine et un produit de troisième génération dans les adénocarcinomes bronchiques métastatiques.

En néoadjuvant, deux essais de phase II ont été présentés à l’Asco 2009 sur l’intérêt du bevacizumab associé à un régime de chimiothérapie d’induction par docétaxel-cisplatine [64, 65]. L’objectif principal était le taux de downstaging. Le taux de réponse (selon les critères de l’OMS) est de 58 % [64]. La réduction du volume tumoral apparaît dès les deux premières semaines du traitement par bevacizumab. Ce taux de réponse important s’accompagne d’un taux de complications postopératoires de grades 3-4 élevé (16 à 23 %), ce qui peut être expliqué par la demi-vie longue du médicament (environ 21 jours) et la diminution des capacités de cicatrisation qu’il engendre.

Le pazopanib est un inhibiteur de tyrosine-kinase par voie orale multicible : anti-VEGFR-1,2 et 3, PDGFR-α et β, et c-kit. Le pazopanib a été comparé au placebo dans une étude de phase III randomisée en première ligne métastatique ou après échec d’immunothérapie chez 435 patients présentant un cancer du rein métastatique et a mis en évidence une réponse objective de 30 % et une différence statistiquement significative en termes de SSP de cinq mois, avec un profil de toxicité marqué par la diarrhée et l’hypertension artérielle [66]. Le pazopanib est un nouvel inhibiteur de tyrosine-kinase qui vient s’ajouter à l’arsenal thérapeutique de première ligne métastatique dans le cancer du rein.

Dans le cancer du poumon non à petites cellules, le pazopanib a été testé dans une étude de phase II en néoadjuvant [67]. Il a été administré à la dose de 800 mg/jour pendant deux à six semaines avant la chirurgie chez des patients de stades IA et IB. Une mesure du volume tumoral par tomodensitométrie de haute résolution et un dosage du VEGFR-2 sérique ont été effectués avant et après traitement. Ces mesures effectuées sur 19 échantillons ont montré une diminution de VEGFR-2 sérique. Une forte corrélation a été mise en évidence entre la diminution du VEGFR-2 sous traitement par pazopanib (p < 0,001) et la réduction du volume tumoral, rendant ainsi le VEGFR-2 sérique un facteur potentiel prédictif de réponse au pazopanib.

Conclusion

Les essais de chimiothérapie néoadjuvante se multiplient. Ils montrent un bénéfice en survie en faveur de la chimiothérapie néoadjuvante, mais la majorité de ces essais ont été arrêtés prématurément après la publication des résultats positifs des grands essais adjuvants, considérant qu’il n’est plus éthique de maintenir un bras de chirurgie seule. De ce fait, ces essais manquent de puissance statistique pour affirmer la validité du concept. L’éventuel bénéfice en survie pour des patients opérables ou l’amélioration de l’opérabilité devront être analysés par des essais intégrant les cytotoxiques récents, les thérapies moléculaires ciblées et les facteurs pronostiques et prédictifs de réponse, tant par imagerie fonctionnelle que par biologie moléculaire. Il appartiendra donc aux méta-analyses finales d’évaluer l’impact réel de la chimiothérapie néoadjuvante.

Références

1 Parkin DM, Bray F, Ferlay J, Pisani P. Global cancer statistics, 2002. CA Cancer J Clin 2005 ; 55 : 74-108.

2 Jemal A, Siegel R, Ward E, Murray T, Xu J, Thun MJ, et al. Cancer statistics, 2007. CA Cancer J Clin 2007 ; 57 : 43-66.

3 Fry WA, Phillips JL, Menck HR. Ten-year survey of lung cancer treatment and survival in hospitals in the United States: a national cancer data base report. Cancer 1999 ; 86 : 1867-76.

4 Non-Small Cell Lung Cancer Collaborative Group. Chemotherapy in non-small cell lung cancer: a meta-analysis using updated data on individual patients from 52 randomised clinical trials. BMJ 1995 ; 311 : 899-909.

5 Van Zandwijk N. Neoadjuvant strategies for non-small cell lung cancer. Lung Cancer 2001 ; 34 : S145-SS50.

6 Wolmark N, Wang J, Mamounas E, Bryant J, Fisher B. Preoperative chemotherapy in patients with operable breast cancer: nine-year results from National Surgical Adjuvant Breast and Bowel Project B-18. J Natl Cancer Inst Monogr 2001 ; 96-102.

7 Smith IC, Heys SD, Hutcheon AW, Miller ID, Payne S, Gilbert FJ, et al. Neoadjuvant chemotherapy in breast cancer significantly enhanced response to docetaxel. J Clin Oncol 2002 ; 20 : 1456-66.

8 Bear HD, Anderson S, Brown A, Smith R, Mamounas EP, Fisher B, et al. The effect on tumor response of adding sequential preoperative docetaxel to preoperative doxorubicin and cyclophosphamide: preliminary results from National Surgical Adjuvant Breast and Bowel Project Protocol B-27. J Clin Oncol 2003 ; 21 : 4165-74.

9 Kaufmann M, Hortobagyi GN, Goldhirsch A, Scholl S, Makris A, Valagussa P, et al. Recommendations from an international expert panel on the use of neoadjuvant (primary) systemic treatment of operable breast cancer: an update. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 1940-9 ; (Erratum in: J Clin Oncol 2006; 24 : 3221).

10 Pignon JP, Bourhis J, Domenge C, Designe L. Meta-analysis of chemotherapy in head and neck squamous cell carcinoma. On behalf of the MACH-NC collaborative group. Lancet 2000 ; 355 : 949-55.

11 Bourhis J, Armand JP, Pignon JP, on behalf of the MACH-NC Collaborative Group. Update of MACH-NC (meta-analysis of chemotherapy in head and neck cancer) database focused on concomitant chemoradiotherapy. J Clin Oncol 2004 ; 14S : 5505.

12 Vermorken JB, Remenar E, van Herpen C, Gorlia T, Mesia R, Degardin M, et al. Cisplatin, fluorouracil and docetaxel in unresectable head and neck cancer. N Engl J Med 2007 ; 357 : 1695-704.

13 Posner MR, Hershock DM, Blajman CR, Mickiewicz E, Winquist E, Gorbounova V, et al. Cisplatin and fluorouracil alone or with docetaxel in head and neck cancer. N Engl J Med 2007 ; 357 : 1705-15.

14 Calais G, Pointreau Y, Alfonsi M. Randomised phase III trial comparing induction chemotherapy using cisplatin (P) fluorouracil (F) with or without docetaxel (T) for organ preservation in hypopharynx and larynx cancer. Preliminary results of GORTEC 2000-01. ASCO Annual Meeting Proceedings Part 1. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 5506.

15 Forastiere AA, Maor M, Weber RS. Long-term results of Intergroup RTOG 9111: a phase III trial to preserve the larynx — induction cisplatin-5-FU and radiation therapy vs concurrent cisplatin and radiation therapy vs radiation therapy [Abstract]. J Clin Oncol 2006 ; 24 (Suppl) : 284s.

16 Lefebvre JL, Chevalier D, Luboinski B, Kirkpatrick A, Collette L, Sahmoud T. Larynx preservation in pyriform sinus cancer: preliminary results of a European Organization for Research and Treatment of Cancer phase III trial. J Natl Cancer Inst 1996 ; 88 : 890-9.

17 Depierre A, Westeel V. Chimiothérapie néoadjuvante des cancers pulmonaires non à petites cellules. Oncologie 2006 ; 8 : 10-4.

18 Doddoli C, Barlesi F, Trousse D, Robitail S, Yena S, Astoul P, et al. One hundred consecutive pneumonectomies after induction therapy for non-small cell lung cancer: an uncertain balance between risks and benefits. J Thorac Cardiovasc Surg 2005 ; 130 : 416-25.

19 Betticher DC, Hsu Schmitz SF, Totsch M, Hansen E, Joss C, von Briel C, et al. Mediastinal lymph node clearance after docetaxel-cisplatin neoadjuvant chemotherapy is prognostic of survival in patients with stage IIIA pN2 non-small cell lung cancer: a multicenter phase II trial. J Clin Oncol 2003 ; 21 : 1752-9.

20 Pujol JL, Hayot M, Rouanet P, Le chevalier T, Michel FB. Long-term results of neoadjuvant ifosfamide, cisplatin and etoposide combination in locally advanced non-small cell lung cancer. Chest 1994 ; 106 : 1451-5.

21 Martini N, Kris MG, Flehinger BJ, Gralla RJ, Bains MS, Burt ME, et al. Preoperative chemotherapy for stage IIIa (N2) lung cancer: the Sloan-Kettering experience with 136 patients. Ann Thorac Surg 1993 ; 55 : 1365-73 (discussion 1373-4).

22 Lorent N, De Leyn P, Lievens Y, Verbeken E, Nackaerts K, Dooms C, et al. Long-term survival of surgically staged IIIA-N2 non-small cell lung cancer treated with surgical combined modality approach: analysis of a 7-years prospective experience. Ann Oncol 2004 ; 15 : 1645-53.

23 Van Zandwijk N, Smit EF, Kramer GW, Schramel F, Gans F, Festen G, et al. Gemcitabine and cisplatin as induction regimen for patients with biopsy-proven stage IIIA-N2 non-small cell lung cancer: a phase II study of the European Organization for Research and Treatment of Cancer Lung Cancer Cooperative Group (EORTC 08955). J Clin Oncol 2000 ; 18 : 2658-64.

24 Pisters KM, Ginsberg RJ, Giroux DJ, Putnam JB, Kris MG, Johnson DH, et al. Induction chemotherapy before surgery for early-stage lung cancer: a novel approach. Bimodality Lung Oncology Team. J Thorac Cardiovasc Surg 2000 ; 119 : 429-39.

25 Van Kooten M, Rosenberg M, Orlondo M, Morero J, Vilanova M, Rojas O, et al. Neoadjuvant chemotherapy with gemcitabine and cisplatin in stage IIIA/B non-small cell lung cancer. Invest New Drugs 2002 ; 20 : 439-46.

26 Migliorino MR, De Marinis F, Nelli F, Facciolo F, Ammaturo MV, Cipri A, et al. A 3-week schedule of gemcitabine plus cisplatin as induction chemotherapy for stage III non-small cell lung cancer. Lung Cancer 2002 ; 35 : 319-32.

27 De Marinis F, Nelli F, Migliorino MR, Martelli O, Cortesi E, Treggiari S, et al. Gemcitabine, paclitaxel and cisplatin as induction chemotherapy for patients with biopsy-proven stage IIIA (N2) non-small cell lung carcinoma: a phase II multicenter study. Cancer 2003 ; 98 : 1707-15.

28 Rosell R, Gomez-Codina J, Camps C, Maestre J, Padille J, Cantó A, et al. A randomised trial comparing preoperative chemotherapy plus surgery with surgery alone in patients with non-small cell lung cancer. N Engl J Med 1994 ; 330 : 153-8.

29 Roth JA, Fossella F, Komaki R, Ryan MB, Putnam Jr JB, Lee JS, et al. A randomised trial comparing perioperative chemotherapy and surgery with surgery alone in resectable stage IIIA non-small cell lung cancer. J Natl Cancer Inst 1994 ; 86 : 673-80.

30 Rosell R, Gomez-Codina J, Camps C, Javier Sánchez J, Maestre J, Padilla J, et al. Preresectional chemotherapy in stage IIIA non-small cell lung cancer: a 7-years assessment of a randomised controlled trial. Lung Cancer 1999 ; 26 : 7-14.

31 Roth JA, Atkinson EN, Fossella F, Komaki R, Bernadette Ryan M, Putnam JB, et al. Long-term follow-up of patients enrolled in a randomised trial comparing perioperative chemotherapy and surgery with surgery alone in resectable stage IIIA non-small cell lung cancer. Lung Cancer 1998 ; 21 : 1-6.

32 Nagai K, Tsuchiya R, Mori T, Tada H, Ichinose Y, Koike T, et al. A randomised trial comparing induction chemotherapy followed by surgery with surgery alone for patients for patients with stage IIIA-N2 non-small cell lung cancer (JCOG 9209). J Thorac Cardiovasc Surg 2003 ; 125 : 254-60.

33 Depierre A, Milleron B, Moro-Sibilot D, Chevret S, Quoix E, Lebeau B, et al. Preoperative chemotherapy followed by surgery compared with primary surgery in resectable stage I (except T1N0), II and IIIa non-small cell lung cancer. J Clin Oncol 2002 ; 20 : 247-53.

34 Depierre A, Westeel V, Milleron B. 5 years résults of the french randomised study comparing preoperative chemotherapy followed by surgery and primary surgery in stage I (except T1N0), II and IIIA non-small cell lung cancer. Lung Cancer 2003 ; 41S2 : 62.

35 Pisters KM, Vallieres E, Bunn P. S9900: surgery alone or surgery plus induction paclitaxel-carboplatin (PC) chemotherapy in early stage non-small cell lung cancer (NSCLC): follow-up on a phase III trial [abstract]. J Clin Oncol 2007 ; 25 : 7520.

36 Gilligan D, Nicolson M, Smith I, Groen H, Dalesio O, Goldstraw P, et al. Preoperative chemotherapy in patients with resectable non-small cell lung cancer: results of the MRC LU22/NVALT 2/EORTC 08012 multicentre randomised trial and update of systematic review. Lancet 2007 ; 369 : 1929-37.

37 Depierre A, Westeel V. La chimiothérapie préopératoire dans les cancers bronchiques non à petites cellules : avantages, inconvénients, niveau de preuve. Revue des maladies respiratoires : cours du groupe d’oncologie thoracique de la langue française, 2007.

38 Sorensen JB, Riska H, Ravn J, et al. Scandinavian phase III trial of neoadjuvant chemotherapy in NSCLC stages IB-IIIA/T3 [abstract]. J Clin Oncol 2005 ; 23 : 7146.

39 Scagliotti GV, Pastorino U, Vansteenkiste J, Spaggiari L, Facciolo F, Orlowski T, et al. CHEST Investigators. A randomised phase III trial of surgery alone or surgery plus preoperative cisplatine-gemcitabine in early stage non-small cell lung cancer. ASCO 2008 ; (Abstract 7508).

40 Chemotherapy in non-small cell lung cancer: a meta-analysis using updated data on individual patients from 52 randomised clinical trials. Non-small Cell Lung Cancer Collaborative Group. BMJ 1995 ; 311 : 899-909.

41 Berghmans T, Paesmans M, Meert AP, Mascaux C, Lothaire P, Lafitte JJ, et al. Survival improvement in resectable non-small cell lung cancer with (neo)adjuvant chemotherapy: results of a meta-analysis of the literature. Lung Cancer 2005 ; 49 : 13-23.

42 Dautzenberg B, Benichou J, Allard P, Lebeau B, Coetmeur D, Brechot JM, et al. Failure of the perioperative PCV neoadjuvant polychemotherapy in resectable bronchogenic non-small cell carcinoma. Results from a randomised phase II trial. Cancer 1990 ; 65 : 2435-41.

43 Pass HI, Pogrebniak HW, Steinberg SM, Mulshine J, Minna J. Randomised trial of neoadjuvant therapy for lung cancer: interim analysis. Ann Thorac Surg 1992 ; 53 : 992-8.

44 Burdett S, Stewart LA, Rydzewska L. A systematic review and meta-analysis of the literature: chemotherapy and surgery vs surgery alone in non-small cell lung cancer. J Thorac Oncol 2006 ; 1 : 611-21.

45 Albain K, Swann R, Rusch V, Turrisi A, Shepherd F, Smith C, et al. Phase III study of concurrent chemotherapy and radiotherapy (CT-RT) vs CT-RT followed by surgical resection for stage IIIA (pN2) non-small cell lung cancer (NSCLC): outcomes update of North American Intergroup 0139 (RTOG 9309). Proceed Am Soc Clin Oncol 2003 ; 24 : 624S ; (abstract).

46 Albain K, Swann R, Rusch V, Turrisi A, Shepherd F, Smith C, et al. Phase III study of concurrent chemotherapy and radiotherapy (CT-RT) vs CT-RT followed by surgical resection for stage IIIA (pN2) non-small cell lung cancer (NSCLC): outcomes update of North American Intergroup 0139 (RTOG 9309). Proceed Am Soc Clin Oncol 2005 ; 23 : A7014 ; (Abstract).

47 Rusch V, Albain K, Turrisi A, Swann S, Shepherd F, Chen Y, et al. A phase III trial of concurrent chemotherapy and radiotherapy (CT-RT) vs CT-RT followed by surgical resection for stage IIIA (pN2) non-small cell lung cancer; outcomes and implications for surgical management in North American Intergroup 0139 (RTOG 93-09). Lung Cancer 2005 ; 49 : S15.

48 Van Meerbeeck JP, Kramer GW, Van schil P, et al. A randomised trial of radical surgery (s) vs thoracic radiotherapy (TRT) in patients with stage IIIA-N2 non-small cell lung cancer after response to induction chemotherapy (EORTC 08941). Proc Am Soc Clin Oncol 23 (Abstract 7015).

49 Van Meerbeeck JP, Kramer GW, Van Schil P, Legrand C, Smit EF, Schramel F, et al. Randomised controlled trial of resection vs radiotherapy after induction chemotherapy in stage IIIA-N2 non-small cell lung Cancer. J Natl Cancer Inst 2007 ; 99 : 442-50.

50 Felip E, Massuti B, Alonso G, González-Larriba JL, Camps C, Isla D, et al. Surgery (S) alone, preoperative (preop) paclitaxel-carboplatin (PC) chemotherapy followed by S, or S followed by adjuvant (adj) PC chemotherapy in early-stage non-small cell lung cancer (NSCLC): results of the NATCH multicenter, randomised phase III trial. J Clin Oncol 2009 ; 27 : 15s (suppl; abstr 7500).

51 Pignon JP, Tribodet H, Scagliotti GV, et al. Lung adjuvant cisplatin evaluation (LACE): a pooled analysis of five randomised clinical trials including 4,584 patients [abstract]. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 7008.

52 Bria E, Gralla RJ, Raftopoulos G, et al. Does adjuvant chemotherapy improve survival in non-small cell lung cancer (NSCLC)? A pooled-analysis of 6,494 patients in 12 studies, examining survival and magnitude of benefit [abstract]. J Clin Oncol 2005 ; 23 (Suppl 1) : 7140.

53 Stewart LA, Burdett S, Tierney JF, Pignon, J. On behalf of the NSCLC Collaborative Group. Surgery and adjuvant chemotherapy (CT) compared to surgery alone in non-small cell lung cancer (NSCLC): a meta-analysis using individual patient data (IPD) from randomised clinical trials (RCT). J Clin Oncol 2007 ASCO Annual Meeting Proceedings, 2007 ; 25 : (Abstract 7552).

54 Milleron B, Quoix E, Westeel V, Puyraveau M, Braun D, Breton JL, et al. IFCT 0002 Phase III study comparing a preoperative and perioperative chemotherapy with two different chemotherapy regimens in respectable non-small cell lung cancer (NSCLC): early results. Proc Am Soc Clin Oncol 2007 ; 25 : Abstract 751.

55 Rosell R, Felip E, Taron M, Majo J, Mendez P, Sanchez-Ronco M, et al. Gene expression as a predictive marker of outcome in stage IIB-IIIA-IIIB non-small cell lung cancer after induction gemcitabine-based chemotherapy followed by re-sectional surgery. Clin Cancer Res 2004 ; 10 (12 Pt 2) : 4215s-4219s.

56 Bepler G, Sommers KE, Cantor A, Li X, Sharma A, Williams C, et al. Clinical efficacy and predictive molecular markers of neoadjuvant gemcitabine and pemetrexed in resectable non-small cell lung cancer. J Thorac Oncol 2008 ; 3 : 1112-8.

57 Cobo M, Isla D, Massuti B, Montes A, Sanchez JM, Provencio M, et al. Customizing cisplatin based on quantitative excision repair cross-complementing 1 mRNA expression: a phase III trial in non-small cell lung cancer. J Clin Oncol 2007 ; 25 : 2747-54.

58 Olaussen KA, Dunant A, Fouret P, Brambilla E, André F, Haddad V, et al. DNA Repair by ERCC1 in non-small cell lung cancer and cisplatin-based adjuvant chemotherapy. N Engl J Med 2006 ; 355 : 983-91.

59 Hwang IG, Ahn MJ, Park BB, Ahn YC, Han J, Lee S, et al. ERCC1 expression as a prognostic marker in N2(+) non-small cell lung cancer patients treated with platinum-based neoadjuvant concurrent chemoradiotherapy. Cancer 2008 ; 113 : 1379-86.

60 Fujii T, Toyooka S, Ichimura K, Fujiwara Y, Hotta K, Soh J, et al. ERCC1 protein expression predicts the response of cisplatin-based neoadjuvant chemotherapy in non-small cell lung cancer. Lung Cancer 2008; 59 : 377-84 (Epub Oct 2007).

61 Besse B, Vignot S, Le chevalier T. Neoadjuvant chemotherapy in non-small cell lung cancer. Bull Cancer 2006 ; 93 : 1087-92.

62 Sandler A, Gray R, Perry MC, Brahmer J, Schiller JH, Dowlati et al. Paclitaxel-carboplatin alone or with bevacizumab for non-small cell lung cancer. N Engl J Med 2006; 355: 2542-50.

63 Manegold C, von Pawel J, Zatloukal P, et al. Randomised, double blind multicentre phase III study of bevacizumab in combination with cisplatin and gemcitabine in chemotherapy-naive patients with advanced or recurrent non-squamous non-small cell lung cancer (NSCLC): BO17704. J Clin Oncol 2007 ; 25 : 388s (Abstract LBA7514).

64 Price K, Kris MG, Rusch V, Finley DJ, Azzoli CG, Downey RJ, et al. Phase II study of induction and adjuvant bevacizumab in patients with stage IB-IIIA non-small cell lung cancer (NSCLC) receiving induction docetaxel and cisplatin. J Clin Oncol 2009 ; 27 : 15s (Suppl; abstr 7531).

65 Finley DJ, Shen R, Rizvi NA, Rusch VW, Kris MG. Operative outcomes using bevacizumab, docetaxel and cisplatin as induction therapy in patients with operable lung cancer. J Clin Oncol 2009 ; 27 : 15s (Suppl; abstr 7559).

66 Sternberg CN, Szczylik C, Lee E, Salman PV, Mardiak J, Davis ID, et al. A randomised, double blind phase III study of pazopanib in treatment-naive and cytokine-pretreated patients with advanced renal cell carcinoma (RCC). J Clin Oncol 2009 ; 27 : 15s (Suppl; abstr 5021).

67 Nikolinakos P, Altorki N, Guarino M, Tran H, Rajagopalan D, Swann S, et al. Analyses of plasma cytokine/angiogenicfactors (C/AFs) profile during preoperative treatment with pazopanib (GW786034) in early-stage non-small cell lung cancer. J Clin Oncol 2008 ; 26 : 414s ; (Abstract 7568).


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]