Home > Journals > Medicine > Bulletin du cancer > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Bulletin du Cancer
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Specificity of paediatric oncology pharmacology


Bulletin du Cancer. Volume 97, Number 2, 191-8, février 2010, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2009.0960

Résumé   Summary  

Author(s) : N André, P Leblond, A Verschuur , Service d’oncologie pédiatrique, hôpital pour enfants de La Timone, AP-HM, 264, rue Saint-Pierre, 13385 Marseille cedex 05, France, UMR-911 Inserm, Cismet (cytosquelette et intégration des signaux du microenvironnement tumoral), CRO2, université d’Aix-Marseille, Marseille, France, Service d’oncologie pédiatrique, centre Oscar-Lambret, 3, rue Frédéric-Combemale, BP 307, 59020 Lille cedex, France.

Summary : Anticancer chemotherapy plays a key role in the treatment of cancer in children. Following its increased efficacy, three children out of four can now be cured. Nevertheless, given the fact that 25% of the children with cancer are not cured and chemotherapy-induced long-term side effects are numerous there is a need to keep developing new agents and new strategies to fight cancer. Moreover studies investigating off-patents drugs should be stimulated in paediatric oncology in order to improve our knowledge of “old” drugs. Here we will review the specificities of children as compared to adults in the context of clinical drug development and pharmacology research in paediatric oncology. Such a research is now encouraged and facilitated by a European regulation as well as by international consortia such as “Innovative Therapies for Children with Cancer” (ITCC).

Keywords : oncology, paediatric, chemotherapy, pharmacology, research, ethic, law

ARTICLE

Auteur(s) : N André1,2, P Leblond3, A Verschuur1

1Service d’oncologie pédiatrique, hôpital pour enfants de La Timone, AP-HM, 264, rue Saint-Pierre, 13385 Marseille cedex 05, France
2UMR-911 Inserm, Cismet (cytosquelette et intégration des signaux du microenvironnement tumoral), CRO2, université d’Aix-Marseille, Marseille, France
3Service d’oncologie pédiatrique, centre Oscar-Lambret, 3, rue Frédéric-Combemale, BP 307, 59020 Lille cedex, France

Article reçu le 23 Mai 2009, accepté le 16 Septembre 2009

Introduction

Dans les pays industrialisés, les cancers représentent la première cause de décès en pédiatrie après l’âge d’un an [1], et on recense environ 1 800 nouveaux cas annuels en France.

Chez l’enfant, les principales tumeurs observées sont les leucémies (30 %), les tumeurs du système nerveux central (20 %), puis, avec des fréquences moindres (5/10 %), les lymphomes non hodgkiniens, la maladie de Hodgkin, les neuroblastomes, les néphroblastomes, les tumeurs osseuses et, plus rarement, les rétinoblastomes, les hépatoblastomes, etc. [1].

Certaines de ces tumeurs sont qualifiées d’« embryonnaires » et atteignent principalement les enfants de moins de cinq ans. Les tumeurs de l’enfant sont à évolution rapide mais régressent fréquemment vite sous l’effet de la chimiothérapie à laquelle elles sont particulièrement sensibles. En revanche, les carcinomes, majoritaires chez l’adulte, sont rares chez l’enfant, chez qui, ils ne constituent qu’environ 3 % des tumeurs.

Aujourd’hui, environ 75 % des enfants atteints de cancer guérissent dans les pays industrialisés [1]. Les objectifs actuels sont donc non seulement d’augmenter les taux de guérison mais également de diminuer les séquelles. En effet, plus de 70 % des survivants à long terme d’un cancer survenu dans l’enfance présentent au moins une séquelle [2].

Les médicaments sont des éléments capitaux pour le traitement des cancers en pédiatrie. Ils peuvent être utilisés isolément — comme pour certains lymphomes ou la plupart des leucémies — ou encore être associés à la chirurgie et à la radiothérapie [3]. La chimiothérapie cytotoxique a démontré son efficacité dans la plupart des cancers de l’enfant et a ainsi largement contribué à l’amélioration du pronostic global. Elle est habituellement utilisée en phase néoadjuvante pour diminuer la morbidité des traitements locaux. Le choix des molécules et de leurs combinaisons repose sur des études précliniques, des consensus d’experts et des essais cliniques prospectifs nationaux ou internationaux.

Il est fréquent qu’un intervalle long, de plusieurs années, s’écoule entre le développement d’un nouvel anticancéreux chez l’adulte et son utilisation chez l’enfant. Actuellement, les efforts internationaux de développement des médicaments en pédiatrie se basent sur les nouvelles connaissances des voies de signalisation impliquées dans le cancer. Aussi, se concentrent-ils davantage sur de nouvelles molécules ciblant les voies de signalisations impliquées que sur les analogues de structure de médicaments déjà connus ou sur le développement de formes galéniques adaptées, par exemple à la prise orale.

Même si, dans les pays industrialisés, la majorité des enfants atteints de cancer guérit aujourd’hui, un long chemin reste à parcourir pour les pédiatres oncologues. En particulier, le ralentissement de l’amélioration des courbes de survie et les résultats des études des séquelles tardives montrent combien la recherche de nouveaux médicaments et de nouvelles stratégies thérapeutiques est une priorité [4, 5].

Spécificités pédiatriques

Âge et poids : les nourrissons

Chez l’enfant, les données pharmacocinétiques de la majorité des agents anticancéreux montrent une grande variabilité et sont différentes de celles des adultes [6]. Il est admis que cette variabilité interindividuelle est essentiellement due à des différences génotypiques des enzymes impliqués dans le métabolisme de ces médicaments [7], mais également à la maturation physiologique, rénale et hépatique, pour les enfants les plus petits [8]. Ainsi, qu’un adolescent de 60 kg ne reçoive pas la même quantité de médicament qu’un enfant de 12 mois pesant 13 kg est une évidence qui s’impose à chacun. La dose des médicaments cytotoxiques prescrite est donc calculée en fonction du poids ou de la surface corporelle. En effet, leur index thérapeutique est étroit, et la définition de la posologie optimale chez l’enfant est un enjeu majeur afin d’éviter deux écueils : un sous-dosage responsable d’inefficacité et de mauvais contrôle de la maladie ou un surdosage mettant potentiellement en jeu le pronostic vital ou contribuant au non-contrôle de la maladie en raison des retards imposés par les toxicités aiguës et à long terme. Pour atteindre ce premier objectif, des études spécifiques de recherche de dose (phase I avec pharmacocinétique) sont donc conduites pour tous les nouveaux médicaments chez l’enfant [3], ce qui n’avait pas été le cas pour de nombreux « anciens » agents.

Grâce à une meilleure tolérance des traitements cytotoxiques, la dose administrée chez l’enfant peut souvent être proportionnellement plus élevée que chez l’adulte. Cela est d’autant plus important que les tumeurs pédiatriques sont souvent plus chimiosensibles. Si la meilleure méthode pour calculer la dose des médicaments est basée sur l’évaluation de la surface corporelle chez les plus grands enfants, celle qui est la plus adaptée aux enfants de moins de 1 an et/ou pesant moins de 10 kg fait toujours débat [9]. L’étude comparative des différentes doses utilisées pour des molécules classiques de chimiothérapie montre que les recommandations concernant les nourrissons et les jeunes enfants diffèrent fréquemment, en fonction du type tumoral et des protocoles thérapeutiques employés [10], le tout sans rationnel scientifique évident. La réduction des doses peut être décidée en fonction du poids ou de l’âge. Par exemple, le protocole de prise en charge des néphroblastomes recommande une diminution de 33 % des doses pour les enfants de moins de 12 kg, tandis que les enfants de moins d’un an ou de moins de 10 kg traités pour un rhabdomyosarcome reçoivent une dose protocolaire diminuée de 50 %. Pour ces patients, le calcul de dose est fonction du poids et non de la surface corporelle. Enfin, ce type d’adaptation de dose soulève le problème des patients se trouvant aux valeurs « frontières » prédéfinies d’âge ou de poids : on constatera ainsi des variations significatives dans la dose administrée à ces patients border line alors qu’ils peuvent avoir des caractéristiques physiques et physiologiques proches.

Comme la pharmacocinétique des molécules anticancéreuses chez les nourrissons a été très peu étudiée, l’impact des habituelles réductions de doses sur la réponse clinique et la toxicité est très mal connu chez les plus jeunes patients. Néanmoins, le Children’s Oncology Group a récemment rapporté qu’il existait une incidence trois fois supérieure d’hépatotoxicité chimio-induite chez les enfants de moins de trois ans traités pour un rhabdomyosarcome en comparaison avec les plus âgés [11]. Aussi, semble-t-il indispensable d’étudier les modalités de choix des paramètres permettant de définir les doses recommandées de ces molécules cytotoxiques.

Molécules anciennes

Parmi les molécules les plus anciennes de l’arsenal thérapeutique utilisées en oncologie pédiatrique, la carboplatine, l’étoposide et le cyclophosphamide, par exemple, sont couramment utilisés dans des protocoles de chimiothérapie pour le traitement des nourrissons et des jeunes enfants atteints de nombreux types de tumeurs. Alors que plusieurs études décrivant la pharmacologie clinique et les pharmacocinétiques de ces molécules dans des populations pédiatriques ont déjà été publiées, très peu d’études se sont intéressées aux nourrissons et aux très jeunes enfants. Comme les paramètres de pharmacocinétique, tels que la clairance rénale, le volume de distribution et le taux d’élimination métabolique, dépendent de l’âge [12], il est très probable que les expositions à ces molécules puissent être différentes chez les nourrissons en comparaison avec les enfants plus âgés [11, 13-17]. Ainsi, le groupe Pharmacologie de l’UKCCSG a montré qu’une variation plus large dans l’exposition à la carboplatine peut être observée chez les nourrissons, par rapport aux enfants âgés de plus d’un an [17].

Ces constatations ont motivé la mise en place d’études exploratoires de pharmacocinétique et de pharmacogénétique de ces agents anciens. Le plus souvent ces études doivent être effectuées à l’échelle européenne en raison du très faible nombre de malade. L’Union européenne a ainsi permis de mettre en place un réseau pour réaliser les études de pharmacocinétique et de pharmacogénétique en oncologie pédiatrique (EPOC : European Paediatric Oncology off-patent medicines Consortium).

Pharmacogénétique

La pharmacogénétique, une division de la pharmacologie, est l’étude de l’influence du profil génétique sur la variabilité de la réponse à un traitement médicamenteux. L’influence de la pharmacogénétique des molécules anticancéreuses en pédiatrie est importante dans la compréhension d’une toxicité accrue chez certains patients mais ces applications au quotidien restent marginales. L’exemple le mieux défini est celui de la déficience en thiopurine méthyltransférase (TPMT) dans le traitement des leucémies aiguës lymphoblastiques. La TPMT est responsable de l’inactivation partielle par déméthylation de la 6-mercaptopurine (purinéthol), utilisée dans les traitements de consolidation et d’entretien des leucémies aiguës lymphoblastiques. Chez un patient sur 300, il existe une déficience totale en TPMT [18-20]. Ces patients développent alors une toxicité médullaire considérablement accrue lors du traitement par purinéthol qui peut nécessiter un arrêt transitoire du traitement. Ces patients ont néanmoins un pronostic meilleur que les patients présentant une activité en TPMT normale [20]. Chez les 9 % des patients avec une mutation hétérozygote pour le gène codant pour la TPMT, l’activité enzymatique reste suffisante pour éviter toute conséquence clinique en dehors d’une toxicité médullaire accrue. Les polymorphismes du cytochrome P450 (haplotype CYP1A1) seraient corrélés au pronostic [20]. Néanmoins, ces résultats doivent être confirmés et sont sans implications cliniques à ce jour.

Désescalade thérapeutique

Dans le cas des tumeurs de mauvais pronostic, l’utilisation de protocoles agressifs potentiellement toxiques peut être justifiée, car l’objectif principal est l’amélioration des taux de guérison. À l’inverse, concernant la prise en charge des tumeurs de très bon pronostic comme certains néphroblastomes d’histologie favorable, il est impératif de limiter les séquelles liées aux traitements, sans pour autant compromettre les excellents résultats obtenus jusqu’alors. Ainsi, une tentative de désescalade thérapeutique fait l’objet d’un essai européen randomisant l’utilisation d’une anthracycline en situation adjuvante pour certains groupes de patients traités pour un néphroblastome. En effet, de nombreuses études pédiatriques ont montré une toxicité cardiaque induite par les anthracyclines, corrélée à la dose cumulative administrée. Kremer et al. et Van Dalen et al. ont estimé l’incidence des défaillances cardiaques symptomatiques à 5 % à 15 ans et celle des insuffisances cardiaques asymptomatiques à 57 % [21, 22]. L’incidence des défaillances cardiaques symptomatiques augmentait à près de 10 % à 20 ans chez les patients ayant reçu une dose cumulative d’anthracyclines supérieure à 300 mg/m2. Il devient donc primordial de limiter ce risque chez ces patients pour lesquels la guérison est devenue quasiment la règle. Pour les néphroblastomes de stade I et de risque histologique intermédiaire, deux études randomisées ont permis la réduction de la durée du traitement adjuvant à 4 contre 38 semaines dans les années 1980.

Un autre exemple concerne le traitement du lymphome non hodgkinien de type B pour lequel la réalisation de deux études randomisées consécutives de désescalade thérapeutique ont conduit à la réduction des doses et de cyclophosphamide, qui peut être responsable d’une infertilité chez les garçons traités. Par ailleurs, la durée du traitement a été réduite, diminuant ainsi la morbidité globale.

Particularité des tumeurs cérébrales

Chez l’enfant, la prise en charge des tumeurs cérébrales est effectuée en suivant une approche multidisciplinaire s’articulant autour de trois axes : exérèse neurochirurgicale, chimiothérapie et irradiation. La radiothérapie demeure encore souvent indispensable pour l’obtention de la guérison, malgré le risque de séquelles neurocognitives, qui sont plus invalidantes chez les patients les plus jeunes [23]. Actuellement, les protocoles tentent d’éviter, de limiter ou de différer l’irradiation cérébrale, en proposant un traitement par chimiothérapie prolongé chez les enfants de moins de cinq ans, porteurs par exemple d’un gliome de bas grade ou d’un médulloblastome.

Développement de nouveaux agents

Non-adaptabilité directe des résultats obtenus chez l’adulte

En dehors des spécificités pédiatriques explorées ci-dessus, il existe des différences histologiques entre les cancers de l’enfant et de l’adulte. Il est inconcevable de se contenter des données adultes, et il est indispensable de mettre en place des études spécifiques pédiatriques [3, 24]. Ces études répondent aux mêmes règles méthodologiques que chez l’adulte. Pourtant, les essais de phases I pédiatriques ont toujours débuté après l’obtention de données adultes de phases I, II, voire III. En effet, du fait du faible nombre d’enfants éligibles pour ces études, il est impossible de tester en pédiatrie autant de nouvelles molécules que chez les adultes. Les médicaments à tester en pédiatrie étaient donc souvent sélectionnés en fonction de leur efficacité démontrée chez l’adulte. Alors que de nombreux agents anticancéreux sont efficaces chez adultes et enfants, comme par exemple les anthracyclines, les alkylants ou les sels de platines, les taxanes en revanche très présents dans de nombreux traitements en oncologie adulte n’ont presque aucune indication en pédiatrie [25]. Il est donc indispensable que recherches académiques et industrielles travaillent ensemble sur les besoins spécifiques en pédiatrie en s’appuyant notamment sur des anomalies moléculaires spécifiques de certains cancers pédiatriques.

Ainsi, Stegmaier et al. ont montré l’intérêt éventuel d’un médicament ancien, l’aracytine, pour le traitement des tumeurs d’Ewing, en se basant sur les modifications du profil d’expression génique après silencing du gène de fusion EWS-FLI [26]. Bien que confirmés sur des modèles murins de xénogreffes, ces résultats ont été invalidés par deux publications récentes qui n’ont pas permis de confirmer ces données précliniques [27, 28]. La pertinence de ses nouvelles approches pour identifier de nouvelles cibles et de nouveaux agents reste donc à valider.

Par ailleurs, l’apparition de nouvelles approches, comme la chimiothérapie métronomique à visée anti-angiogénique [29, 30] repose sur l’utilisation de nouvelles galéniques afin de pouvoir administrer de petites doses de médicaments à des enfants de poids très différents. Le problème des formulations galéniques inadaptées est fréquemment rencontré en pédiatrie. Aussi, des études pour valider de nouvelles galéniques de médicaments qui peuvent (cyclophophamide) ou doivent (témozolomide) être pris par voie orale sont en train de se mettre en place à l’échelle européenne (projet OK3).

Lors de ces études, le pédiatre doit s’efforcer de n’exposer qu’un minimum de patients aux inconvénients potentiels associés à la recherche. Ainsi, de nouvelles méthodologies, concernant, par exemple, les modalités d’escalade de doses dans les études de phase I, permettent de limiter le nombre de patients à inclure [31]. Des approches de pharmacocinétique de population permettent également de limiter les prélèvements sanguins pour chaque patient.

De plus, certaines particularités pédiatriques mais non spécifiquement oncologiques doivent être également prises en considération (population hétérogène, nombre de patients souvent restreint, prélèvements sanguins à limiter, protection vis-à-vis de la douleur, règles éthiques spécifiques) [32]. Des recommandations rédigées par des experts en éthiques en pédiatrie travaillant dans le cadre du « Cercle d’éthique en recherche pédiatrique » aident les CPP pédiatrie à évaluer les projets de recherche pédiatriques mais également les investigateurs à prendre en compte les besoins et spécificités pédiatriques (http://www.cerped.fr).

Thérapies moléculaires ciblées

Comme tous les autres traitements innovants, les thérapies dites ciblées connaissent actuellement un essor certain en oncologie pédiatrique, alors qu’elles sont depuis plusieurs années largement utilisées chez les patients adultes. La nécessité d’avoir des données cliniques préalables de phases I et II chez les adultes, le manque de données précliniques sur les tumeurs pédiatriques et parfois la réticence de certains industriels en raison des faibles enjeux économiques et de la complexité administrative expliquent en partie le retard de développement en pédiatrie. Des programmes de screening des nouvelles molécules à disposition, sur des modèles expérimentaux de cultures cellulaires et de xénogreffes de tumeurs pédiatriques habituellement absents des panels classiques de criblage, se sont développés aux États-Unis (Pediatric Preclinical Testing Program) et en Europe par l’ITCC (Innovative Therapies for Children with Cancer). Ces études précliniques ont permis de préciser certaines voies de signalisation impliquées dans la tumorogenèse des tumeurs pédiatriques, et donc des cibles pour des traitements par des inhibiteurs de tyrosine-kinase (ITK) ou des anticorps monoclonaux.

L’ITK le plus connu est l’imatinib mesylate (STI-571, Glivec®) ciblant BCR-ABL, c-Kit, PDGFR-alpha et bêta et ARG, et utilisé actuellement en clinique dans le traitement des leucémies myéloïdes chroniques (LMC), des leucémies aiguës lymphoblastiques exprimant le gène de fusion BCR-ABL (LAL Phi+) et des tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST). Les essais avec imatinib dans les tumeurs solides ont permis d’obtenir des stabilités tumorales sans réelle réponse objective [33].

D’autres ITK comme le gefitinib (ZD 1839, Iressa®) et l’erlotinib (OSI-774, Tarceva™), dont la cible principale est l’epidermal growth factor receptor (EGFR), ont également été évalués, seuls ou en association avec des cytotoxiques plus classiques comme l’irinotécan, le topotécan, le cyclophosphamide, le témozolomide ou de manière concomitante à la radiothérapie [34]. Les résultats disponibles sont actuellement uniquement ceux issus des essais précoces de phase I et montrent une activité modérée.

Un essai de phase I utilisant le dasatinib (BMS-354825, Sprycel®), ITK src et abl, a montré des réponses hématologiques et cytogénétiques chez cinq enfants traités pour une LMC, et des stabilités tumorales dans des tumeurs solides [35].

L’utilisation des anticorps monoclonaux à visée antitumorale est encore limitée chez l’enfant. Le plus étudié actuellement, le bévacizumab (Avastin™), se lie au vascular endothelial growth factor (VEGF) qui est le facteur proangiogénique dominant, et la cible de la plupart des stratégies thérapeutiques anti-angiogéniques. Une étude de phase I a montré une bonne tolérance chez l’enfant [36]. Une autre étude de faisabilité chez des enfants et jeunes adultes porteurs d’une tumeur solide réfractaire a montré des réponses radiologiques objectives chez deux patients traités pour astrocytome de grade III [37]. Une étude pilote utilisant une association bévacizumab-irinotécan a montré sept réponses objectives chez dix patients traités pour un gliome de bas grade réfractaire à plusieurs lignes de chimiothérapie [38]. Ces résultats prometteurs ont conduit à débuter des essais de phase II dans les sarcomes des tissus mous métastatiques et les tumeurs cérébrales malignes réfractaires.

Le rituximab (Mabthera™), anticorps monoclonal anti-CD20, est par ailleurs utilisé depuis plusieurs années dans le traitement de certains lymphomes et syndromes lymphoprolifératifs. Le gemtuzumab ozogamicin (CMA-676, Mylotarg™), anticorps monoclonal anti-CD33, a montré une certaine efficacité dans les leucémies aiguës myéloblastiques, avec des taux de réponse de 20-30 % en utilisation monodrogue, et supérieurs à 50 % en combinaison avec l’aracytine [39].

D’autres molécules anti-angiogéniques sont actuellement à l’étude, comme les inhibiteurs des intégrines (cilengitide, EMD121974), dont l’essai de phase I a démontré la bonne tolérance et une réponse complète durable chez un enfant porteur d’un glioblastome en récidive [40].

Globalement, la toxicité constatée chez l’enfant des différentes molécules dites ciblées est comparable à celle notée chez les patients adultes. Le plus souvent, leur activité antitumorale est modérée lorsqu’elles sont utilisées seules. Il est probable que leur développement futur se fera en association entre elles, avec des molécules cytotoxiques plus classiques et/ou avec la radiothérapie.

Groupe pharmacologie de la SFCE et de l’ITCC

Les spécificités de l’oncologie pédiatrique ont rapidement fait naître la nécessité de mener des études de pharmacologie pédiatrique. Elles ont tout d’abord été réalisées à l’échelle française au sein du groupe de pharmacologie de la SFOP puis de la SFCE puis, devant les impératifs industriels et scientifiques de rapidité, au sein de groupes européens pédiatriques tels que l’ITCC. L’ITCC a mis en place un programme de screening des composés potentiellement intéressants sur des modèles expérimentaux pertinents de tumeurs pédiatriques, actuellement absents des panels des criblages institutionnels. Ces modèles tumoraux comportent :
  • des tumorothèques de taille supérieure à 600 échantillons tumoraux, rendant possible la mise en place d’une base de données de profils d’expression d’ARN par puces Affymetrix, la possibilité d’explorer la protéomique, ainsi que des altérations géniques sur ces échantillons ;
  • des lignées cellulaires cancéreuses pédiatriques comportant un panel de 40 lignées représentant six types de tumeurs pédiatriques, afin de déterminer dans quels types de tumeurs une molécule pourrait être efficace in vitro ;
  • des modèles de xénogreffes de lignées tumorales pédiatriques sur souris immunodéprimées, qui servent également à préciser l’efficacité d’une nouvelle molécule in vivo.

Ce consortium européen coordonne par ailleurs des études de phases I et II utilisant des thérapies dites « ciblées » sur des anomalies moléculaires spécifiques, des médicaments de chimiothérapie plus « traditionnels » ou des médicaments au mécanisme d’action non encore déterminé. Cela permet la mise en place plus rapide des études, afin d’accélérer l’accès aux nouveaux agents en pédiatrie, et un recrutement plus rapide des patients, car le consortium regroupe 36 centres d’oncologie pédiatrique de six pays européens. Ainsi, ces études permettent-t-elles de mieux remplir les attentes des différents acteurs (patients et leur famille, médecins, et structures académiques et industrielles).

Aspects éthiques et législatifs

Considérations éthiques

Pour le développement des nouveaux médicaments en oncologie pédiatrique, la réalisation d’études de phase I est une étape déterminante. L’espoir d’un bénéfice direct pour le malade est très faible, mais n’est pas nul. Cela ne présente aucune spécificité par rapport à l’oncologie adulte. En revanche, il faut garder à l’esprit la nature triangulaire de la relation de soins en pédiatrie, qui réunit l’enfant, les parents et les soignants. Au sein de ce triangle, l’intérêt de l’enfant doit impérativement rester au centre des préoccupations. Il est indispensable de toujours considérer l’enfant comme une personne à part entière. Il faut également noter le rôle capital de la confiance construite au fur et à mesure du parcours de l’enfant et de sa famille. Celle-ci est essentielle pour permettre à chacun de tenir sa place : place de parents auprès d’un enfant ou encore place de l’enfant devant des parents, en qui, il doit avoir suffisamment confiance pour ne pas se croire tenu de les protéger, et devant des soignants qui doivent reconnaître leurs compétences mais aussi leurs doutes, pour que l’enfant puisse exprimer ses désirs et ses peurs sans craindre de paraître douter d’eux. Il existe ainsi, pour tous les acteurs, une place pour proposer et décider [41, 42].

Aspect législatif

Les situations d’échec des traitements connus et les séquelles identifiées de traitements existants imposent la recherche active de nouveaux médicaments. Jusqu’à récemment, les groupes industriels pharmaceutiques n’étaient guère enclins à mener des études spécifiquement pédiatriques portant sur les médicaments anticancéreux, sans doute en raison de l’étroitesse du marché et des risques particuliers de telles études [3]. Ainsi, la plupart des médicaments sont-ils utilisés hors AMM, puisque, le plus souvent, aucune étude pédiatrique n’a été conduite ni exigée en amont de leur commercialisation, et il existe, comme pour beaucoup d’autres médicaments utilisés chez l’enfant, des lacunes importantes dans les données pédiatriques officiellement disponibles sur l’utilisation des agents anticancéreux. L’apparition récente en Amérique du Nord puis en Europe de mesures incitatives pour la recherche industrielle dans les domaines des maladies rares (orphan rule) et des traitements adaptés aux enfants (pediatric rule) [43] permet d’ouvrir des perspectives intéressantes favorisant la collaboration entre le milieu académique de la cancérologie pédiatrique et le milieu industriel. En effet, la communauté européenne a adopté une loi Better Medicines for Use in Children qui stipule que pour pouvoir bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché et/ou d’une extension des droits d’exploitation d’une molécule, les laboratoires devront avoir réalisé une étude pédiatrique de ce même médicament et cela dès la fin des études de phase I chez l’adulte [3, 40]. Ainsi, des plans d’investigations pédiatriques (PIP), validés par un comité pédiatrique de l’EMEA, ont pour objectifs d’intensifier le développement de médicaments à usage pédiatrique, de s’assurer de la qualité et de l’utilité de cette recherche sans retarder les autorisations de mise sur le marché. Pour les industriels, une PUMA (pediatric use marketing autorisation) peut être obtenue pour des produits génériques si des études spécifiquement pédiatriques sont entreprises ou des prolongations de la période d’exclusivité commerciale peuvent être obtenues en retour (http://www.emea.europa.eu/htms/human/paediatrics/regulation.htm). La mise en place pratique permettant l’équilibre entre les intérêts potentiellement divergeants des différents partis impliqués dans cette loi reste un réel challenge [44].

Conclusion

Les caractéristiques et spécificités à la fois de l’enfant et des tumeurs pédiatriques entraînent des besoins différents dans l’utilisation et le développement des médicaments anticancéreux. Ces besoins propres justifient donc la poursuite des études spécifiques dans ce domaine fort compliqué. Les récentes directives et incitations européennes devraient permettre la mise en place d’une recherche de qualité, en harmonie avec les besoins de l’enfant.

Références

1 Steliarova-Foucher E, Stiller C, Kaatsch P, Berrino F, Coebergh JW, Lacour B, et al. Geographical patterns and time trends of cancer incidence and survival among children and adolescents in Europe since the 1970s (the ACCIS project): an epidemiological study. Lancet 2004 ; 364 : 2097-105.

2 Geenen MM, Cardous-Ubbink MC, Kremer LC, van den Bos C, van der Pal HJ, Heinen RC, et al. Medical assessment of adverse health outcomes in long-termsurvivors of childhood cancer. JAMA 2007 ; 297 : 2705-15.

3 Vassal G, Méry-Mignard D, Caulin C. Les essais cliniques en cancérologie pédiatrique : recommandations pour le développement anticancéreux. Thérapie 2003 ; 58 : 229-37.

4 Gatenby R. A change of strategy in the war on cancer. Nature 2009 ; 459 : 508-9.

5 André N, Pasquier E. For cancer, seek and destroy or live and let live? Nature 2009 ; 460 : 324.

6 Evans WE. Clinical pharmacology of cancer chemotherapy in children. Pediatr Clin North Am 1989 ; 36 : 1199-230.

7 Xie H, Griskevicius L, Stahle L, Hassan Z, Yasar U, Rane A, et al. Pharmacogenetics of cyclophosphamide in patients with hematological malignancies. Eur J Pharm Sci 2006 ; 27 : 54-61.

8 Cole M, Price L, Parry A, Keir MJ, Pearson AD, Boddy AV, et al. Estimation of glomerular filtration rate in paediatric cancer patients using 51CR-EDTA population pharmacokinetics. Br J Cancer 2004 ; 90 : 60-4.

9 Gurney H. Dose calculation of anticancer drugs: a review of the current practice and introduction of an alternative. J Clin Oncol 1996 ; 14 : 2590-611.

10 Estlin EJ, Veal GJ. Clinical and cellular pharmacology in relation to solid tumours of childhood. Cancer Treat Rev 2003 ; 29 : 253-73.

11 Arndt C, Hawkins D, Anderson JR, Breitfeld P, Womer R, Meyer W. Age is a risk factor for chemotherapy-induced hepatopathy with vincristine, dactinomycin, and cyclophosphamide. J Clin Oncol 2004 ; 22 : 1894-901.

12 Besunder JB. Principles of drug biodisposition in the neonate – A critical evaluation of the pharmacokinetic-pharmacodynamic interface (part 1). Clinical Pharmacokinetics 1984 ; 14 : 189-216.

13 Madden T. Sunderland M, Santana VM, Rodman JH. The pharmacokinetics of high-dose carboplatin in paediatric patients with cancer. Clinic Pharmacol Ther 1992 ; 51 : 701-7.

14 Newell DR, Pearson AD, Balmanno K, Price L, Wyllie RA, Keir M, et al. Carboplatin pharmacokinetics in children: the development of a paediatric dosing formula. J Clin Oncol 1993 ; 11 : 2314-23.

15 Riccardi R, Riccardi A, Lasorella A, Di Rocco C, Carelli G, Tornesello A, et al. Clinical pharmacokinetics of carboplatin in children. Cancer Chemother Pharmacol 1994 ; 33 : 477-83.

16 Boos J, Krumpelmann S, Schulze-Westhoff P, Euting T, Berthold F, Jürgens H. Steady-state levels and bone marrow toxicity of etoposide in children and infants: does etoposide require age-dependent dose calculation? J Clin Oncol 1995 ; 13 : 2954-60.

17 Veal GJ, Errington J, Ellershaw C, Pearson A, Boddy A. A study to investigate the pharmacokinetics of carboplatin and etoposide in infants with neuroblastoma. Proc Am Assoc Cancer Res 2005 ; 46 : 2953.

18 Krynetski EY, Evans WE. Genetic polymorphism of thiopurine S-methyltransferase: molecular mechanisms and clinical importance. Pharmacology 2000 ; 61 : 136-46.

19 McLeod HL, Krynetski EY, Relling MV, Evans WE. Genetic polymorphism of thiopurine methyltransferase and its clinical relevance for childhood acute lymphoblastic leukemia. Leukemia 2000 ; 14 : 567-72.

20 Krajinovic M, Labuda D, Mathonnet G, Labuda M, Moghrabi A, Champagne J, et al. Polymorphisms in genes encoding drugs and xenobiotic metabolizing enzymes, DNA repair enzymes, and response to treatment of childhood acute lymphoblastic leukemia. Clin Cancer Res 2002 ; 8 : 802-10.

21 Kremer LC, van Dalen EC, Offringa M, Ottenkamp J, Voûte PA. Anthracycline-induced clinical heart failure in a cohort of 607 children: long-term follow-up study. J Clin Oncol 2001 ; 19 : 191-6.

22 Van Dalen EC, van der Pal HJ, Kok WE, Caron HN, Kremer LC. Clinical heart failure in a cohort of children treated with anthracyclines: a long term follow-up study. Eur J Cancer 2006 ; 42 : 3191-8.

23 Grill J, Renaux VK, Bulteau C, Viguier D, Levy-Piebois C, Sainte-Rose C, et al. Long-term intellectual outcome in children with posterior fossa tumors according to radiations doses and volumes. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1999 ; 45 : 137-45.

24 Steinbrook R. Testing medications in children. N Engl J Med 2002 ; 347 : 1462-70.

25 André N, Meille C. Taxanes in paediatric oncology: and now? Cancer Treat Rev 2006 ; 32 : 65-73.

26 Stegmaier K, Wong JS, Ross KN, Chow KT, Peck D, Wright RD, et al. Signature-based small molecule screening identifies cytosine arabinoside as an EWS/FLI modulator in Ewing sarcoma. PLoS Med 2007 ; 4 : e122.

27 Dubois SG, Krailo MD, Lessnick SL, Smith R, Chen Z, Marina N, et al. Phase II study of intermediate-dose cytarabine in patients with relapsed or refractory Ewing sarcoma. Pediatr Blood Cancer 2009 ; 52 : 324-7.

28 André N, Verschuur A, Rome A, Coze C, Gentet JC, Padovani L. Low dose cytarabine in patients with relapsed or refractory Ewing sarcoma. Pediatr Blood Cancer 2009 ; 53 : 238.

29 Pasquier E, André N, Braguer D. Targeting microtubules to inhibit neoangiogenesis and disrupt tumor vasculature: implications for cancer treatment. Current Cancer Drug Targets 2007 ; 7 : 566-81.

30 André N, Pasquier E, Verschuur A, Sterba J, Gentet JC, Rössler J. Metronomic chemotherapy in paediaric oncology: hype or hope? Arch Pediatr 2009 ; 16 : 1158-65.

31 Meille C, Gentet JC, Barbolosi D, André N, Doz F, Iliadis A. New adaptive method for phase I trials in oncology. Clin Pharmacol Ther 2008; 83 : 873-881.

32 Khen-Dunlop N, Castanet M, Picard C, André N, Société française de recherche en pédiatrie. The french speaking Researc Society: in danger of extinction? Arch Pediatr 2009 ; 16 : 313-5.

33 Geoerger B, Morland B, Ndiaye A, Doz F, Kalifa G, Geoffray A, et al. Target-driven exploratory study of imatinib mesylate in children with solid malignancies by the Innovative Therapies for Children with Cancer (ITCC) European Consortium. Eur J Cancer 2009 ; 45 : 2342-51 ; [Epub ahead of print].

34 Daw NC, Furman WL, Stewart CF, Iacono LC, Krailo M, Bernstein ML, et al. Phase I and pharmacokinetic study of gefitinib in children with refractory solid tumors: a Children’s Oncolgy Group study. J Clin Oncol 2005 ; 23 : 6172-80.

35 Aplenc R, Strauss LC, Shusterman S, Ingle M, Luo R, Wright J, et al. Pediatric phase I trial and pharmacokinetic (PK) study of dasatinib: a report from the Children’s Oncology Group Phase I Consortium. J Clin Oncol 2008 ; 26 : 3591.

36 Glade Bender JL, Adamson PC, Reid JM, Xu L, Baruchel S, Shaked Y, et al. Phase I trial and pharmacokinetic study of bevacizumab in pediatric patients with refractory solid tumors: a Children’s Oncology Group Study. J Clin Oncol 2008 ; 26 : 399-405.

37 Benesch M, Windelberg M, Sauseng W, Witt V, Fleischhack G, Lackner H, et al. Compassionate use of bevacizumab (Avastin™) in children and youg adults with refractory or recurrent solid tumors. Ann Oncol 2008 ; 19 : 807-13.

38 Packer RJ, Jakacki R, Horn M, Rood B, Vezina G, MacDonald T, et al. Objective response of multiply recurrent low-grade gliomas to bevacizumab and irinotecan. Pediatr Blood Cancer 2009 ; 52 : 791-5.

39 Brethon B, Yakouben K, Oudot C, Boutard P, Bruno B, Jérome C, et al. Efficacy of fractionated gemtuzumab ozogamicin combined with cytarabine in advanced childhood myeloid leukaemia. Br J Haematol 2008 ; 143 : 541-7.

40 MacDonald TJ, Stewart CF, Kocak M, Goldman S, Ellenbogen RG, Phillips P, et al. Phase I clinical trial of cilengitide in children with refractory brain tumors: Pediatric Brain Tumor Consortium Study PBTC-012. J Clin Oncol 2008 ; 26 : 919-24.

41 Whitney SN, Ethier AM, Fruge E, Berg S, McCullough LB, Hockenberry M. Decision making in pediatric oncology: who should take the lead? The decisional priority in pediatric oncology model. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 160-5.

42 André N. Decisional priority in pediatric oncology revisited: involving children in decision making. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 2131-2.

43 Hirschfeld S, Ho PT, Smith M, Pazdur R. Regulatory approvals of pediatric oncology drugs: previous experience and new initiatives. J Clin Oncol 2003 ; 21 : 1066-73.

44 Vassal G. Will children benefit from the new European paediatric medicine regulation? Eur J Cancer 2009 ; 45 : 1535-46.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]