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Cutaneous side effects of EGF receptor inhibitors


Bulletin du Cancer. Volume 96, 85-91, décembre 2009, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2009.1000

Résumé   Summary  

Author(s) : D Nassar, B Soutou, S Aractingi , Hôpital Tenon, Service de dermatologie-allergologie, 4, rue de la Chine, 75020 Paris, France.

Summary : EGFR receptor inhibitors are used for the treatment of a number of solid tumors. Their cutaneous toxicity is a specific and frequent side effect that has shown to be correlated to the antitumoral effect. Here, we present an overview of the cutaneous manifestations and management of EGF receptor inhibitors toxicity.

Keywords : EGFR inhibitors, cutaneous side effects

ARTICLE

Auteur(s) : D Nassar, B Soutou, S Aractingi

Hôpital Tenon, Service de dermatologie-allergologie, 4, rue de la Chine, 75020 Paris, France

Article reçu le 19 Mai 2009, accepté le 28 Septembre 2009

Introduction

Le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR ou HER/ErbB1) appartient à une famille de récepteurs épithéliaux humains (HER/ErbB). Ceux-ci sont des récepteurs transmembranaires ayant un domaine intracellulaire à activité tyrosine-kinase. Après liaison du ligand, l’EGFR se dimérise et active un domaine tyrosine-kinase. Les voies de signalisation intracellulaire sont celles de la MAPK (mitogen activated protein-kinase) et de PI3K/Akt (phospho-inositol 3-kinase). L’activation de l’EGFR à la surface cellulaire stimule la prolifération, la migration et l’adhésion cellulaire, mais inhibe l’apoptose [1]. Une surexpression, une mutation et/ou des anomalies de régulation de ces récepteurs EGFR sont impliquées dans la carcinogenèse, la progression tumorale et la résistance à la chimiothérapie de plusieurs cancers, notamment le cancer des poumons non à petites cellules (NSCLC), les carcinomes épidermoïdes ORL, le cancer du pancréas et les cancers colorectaux [2, 3]. De nombreuses molécules sont actuellement utilisées pour traiter des proliférations épithéliales associées à des anomalies de l’EGF : il peut s’agir d’anticorps qui bloquent le domaine extracellulaire (cetuximab et panitumumab) ou de petites molécules qui inhibent l’activité tyrosine-kinase TKI (tyrosine-kinase inhibitors : erlotinib et gefitinib) du récepteur de l’EGFR. De nombreuses autres molécules sont en cours de développement.

Au vu du rôle du récepteur EGFR dans l’homéostasie cutanée, l’inhibition de cette voie aboutit au développement d’un grand nombre d’effets dits secondaires dermatologiques. Ceux-ci sont de gravité variable et surviennent à des moments différents. Leur présence et leur intensité sont corrélées à l’efficacité thérapeutique dans de nombreuses études [4]. Globalement, la fréquence (tableau 1) et la sévérité de l’éruption sont plus importantes avec les anticorps anti-EGFR qu’avec les TKI [5]. Mais les profils comparables de toxicité cutanée des deux anticorps, ainsi que des TKI, suggèrent une spécificité de classe. Dans cet article, les principaux aspects cliniques et la prise en charge seront revus.

Tableau 1 Incidence des toxicités cutanées les plus fréquentes des inhibiteurs de l’EGFR.

Cetuximab [6, 7] (%)

Panitumumab [8-11] (%)

Gefitinib [12-15] (%)

Erlotinib [16, 17] (%)

Folliculite

80-86

61-100

46-65

59-82

Périonyxis et fissures douloureuses

12

9-24

6

-

Manifestations cliniques

Folliculite

Des lésions papulopustuleuses se développent chez 24 à 90 % des patients recevant un inhibiteur de l’EGFR, en fonction de la molécule utilisée [4-6]. L’aspect clinique est caractérisé par des papules folliculaires évoluant vers des pustules monomorphes à contenu stérile. Leur taille est variable. À la différence de l’acné classique, il n’est jamais observé de comédons. Les zones les plus fréquemment atteintes sont les zones séborrhéiques : la face (joues, plis nasolabiaux, nez, menton, front), le cou, la partie supérieure du tronc, la peau rétro-auriculaire, le cuir chevelu. Néanmoins, et là encore de manière différente de l’acné, il peut y avoir une atteinte diffuse qui peut concerner tout ou partie des quatre membres et la partie basse du tronc. Des cas à évolution descendante ont été rapportés. Les paumes et les plantes sont épargnées étant donné l’absence de follicules pileux à ces sites. Dans les cas sévères, les papules et les pustules peuvent confluer pour former des placards crouteux avec risque de saignement et, plus rarement, d’impétiginisation. Il existe parfois un prurit — toujours absent dans l’acné classique. Ces lésions de folliculite peuvent être accompagnées de télangiectasies sur les zones atteintes, mimant parfois un aspect clinique de rosacée. La folliculite apparaît précocement, parfois dès le deuxième jour du traitement, mais en moyenne à la deuxième semaine. L’éruption est habituellement à son maximum entre la troisième et la cinquième semaine. Elle peut régresser ou se stabiliser malgré la poursuite du traitement. Elle disparaît en trois à quatre semaines si le traitement est interrompu, mais peut réapparaître à la réintroduction du traitement. Une hyperpigmentation résiduelle est possible après la régression des lésions. Le National Cancer Institute-Common Terminology Criteria for Adverse Events (NCI-CTCAE) a établi une classification en quatre grades (http://ctep.cancer.gov/forms/CTCAEv3.pdf) qui est utilisée dans les essais thérapeutiques, mais est difficile à appliquer en pratique courante (tableau 2).

Une biopsie n’est pas utile. Cependant, l’aspect histologique initial comporte un infiltrat de cellules lymphoïdes T péripilaire et rapidement remplacé par une folliculite suppurative neutrophilique pouvant évoluer vers la destruction folliculaire [18]. Des bouchons de kératine dans l’infundibulum et des micro-organismes peuvent être observés [19]. Les prélèvements bactériologiques sont le plus souvent stériles, mais peuvent ramener parfois Propionibacterum acnes, anaérobie saprophyte qui prolifère secondairement.

Le mécanisme de la folliculite reste mal compris. EGFR est fortement exprimé dans les kératinocytes de la couche basale de l’épiderme, les glandes sébacées et la gaine externe des follicules pileux [20]. L’activation de l’EGFR par ses ligands, principalement TGF-α et EGF, stimule la prolifération, la migration et la survie des kératinocytes et régule le cycle pilaire. Les souris qui expriment un mutant dominant négatif pour l’EGFR — c’est-à-dire a priori l’équivalent de l’administration d’inhibiteurs de l’EGFR — ont une peau fine et des anomalies pilaires [21]. Celles-ci se caractérisent par un pelage raccourci et ondulé. Mais de manière plus intéressante, il y a une perturbation du cycle pilaire. De manière physiologique, les follicules pileux passent par trois phases : anagène (de croissance), catagène (de régression) et télogène (de repos). Dans la souris invalidée pour l’EGFR, il y a un blocage du passage de la phase anagène vers la phase catagène, ce qui aboutit à la nécrose des follicules pileux [22]. De plus, dans des cultures d’explants cutanés, l’inhibition de l’EGFR par l’addition dans le milieu d’inhibiteurs pharmacologiques de EGR induit la sécrétion des chémokines CCL2 et CXCL10 par les kératinocytes [23]. Ces chémokines provoquent le recrutement de neutrophiles. Au total, la folliculite semble être la conséquence d’une nécrose folliculaire secondaire à la perturbation du cycle normal pilaire, avec présence de débris cellulaires dans l’infundibulum et secrétion de chémokines par les kératinocytes recrutant des cellules inflammatoires essentiellement neutrophiliques.

Facteurs influençant l’apparition de l’éruption cutanée

L’apparition et la sévérité de l’éruption sont liées à la dose de l’inhibiteur de l’EGFR administrée. C’est ainsi que lorsque les doses de cetuximab administrées sont augmentées de 1 à 2,5 mg/kg, l’incidence de la folliculite augmente de 75 à près de 100 %. Mais à une dose donnée, il ne semble pas y avoir de rapport entre la survenue de folliculite et la concentration sérique de la molécule [24]. Néanmoins, chez les tabagiques, les concentrations sanguines sont moins élevées [25] et les effets cutanés moins fréquents [26]. Les personnes âgées traitées par erlotinib développent plus fréquemment une éruption de grade 3. Chez les personnes âgées, une augmentation de la fréquence d’une éruption de grade 3 a été observée, qui pourrait être due à une diminution de l’activité des enzymes CYP3A3 et 4 impliquées dans le métabolisme du médicament [27].

Certains polymorphismes dans le gène de EGFR et de son promoteur ont été associés à l’apparition de l’éruption cutanée et à une efficacité thérapeutique plus importante [28, 29]. La longueur de la séquence répétitive (CA)n au niveau de l’intron a été inversement liée à l’expression de l’EGFR. La présence d’une séquence (CA)n, de moins de 36 répétitions sur les deux allèles, a été associée à une plus grande incidence de la toxicité cutanée de l’erlotinib et du gefitinib [30]. Des polymorphismes des transporteurs ABCG2 ont aussi été corrélés à l’apparition d’éruptions cutanées induites par l’erlotinib [31].

Tableau 2 Échelle de sévérité de la folliculite induite par les inhibiteurs de l’EGFR, selon le National Cancer Institute, v4.0, États-Unis.

Grade 1

Papules et pustules sur moins de 10 % de la surface du corps avec ou sans signes fonctionnels

Grade 2

Papules et pustules sur 10 à 30 % de la surface du corps avec ou sans retentissement fonctionnel

Grade 3

Papules ou pustules sur plus de 30 % de la surface corporelle, retentissement fonctionnel, surinfection. Indication à antibiothérapie. Érythrodermie ; éruption sévère maculeuse, papuleuse ou vésiculeuse ; desquamation ; couvrant plus de  50 % de la surface corporelle

Grade 4

Papules ou pustules sur une surface non définie du corps avec une surinfection disséminée nécessitant une antibiothérapie i.v.

Grade 5

Mort

Autres caractéristiques

La radiothérapie semble retarder l’apparition de l’éruption sur la zone préalablement irradiée [32]. Cela pourrait être dû à la destruction de la couche basale, des follicules pileux et des glandes sébacées par les radiations. En revanche, l’administration contemporaine des deux traitements aboutit à un surrisque de radiodermite, d’une part, et de folliculite d’autre part.

Corrélation entre folliculite et l’effet antitumoral

Il existe de nombreuses études, avec toutes les molécules, en particulier l’erlotinib et le cetuximab, qui montrent une survie plus longue chez les patients qui développent une éruption de grades 2-3 (sévère) comparés à ceux de grade 1 (légère) et à ceux qui n’en développent pas [6, 24, 33, 34]. Cependant, dans certains travaux, cette corrélation n’est pas statistiquement significative, notamment pour le gefitinib [35, 36]. Certains auteurs proposent une stratégie d’optimisation de l’efficacité des inhibiteurs de l’EGFR, consistant à augmenter la dose de l’inhibiteur de l’EGFR jusqu’à l’apparition d’une toxicité cutanée tolérable.

Traitement

Il dépend de l’étendue, de la sévérité et de la localisation des lésions, ainsi que du retentissement social et familial. Il n’existe pas de consensus pour le traitement de l’éruption de la folliculite secondaire aux inhibiteurs de l’EGFR, puisque peu de traitements ont fait l’objet d’essais thérapeutiques. La prise en charge varie selon les équipes.

En prévention, la tétracycline 500 mg/j comparée au placebo diminue la sévérité, mais pas la fréquence de survenue de l’éruption dans un essai thérapeutique [37]. De même, la minocycline — dont l’usage est largement déconseillé en France en raison des risques de syndrome d’hypersensibilité — diminue la sévérité de l’éruption induite par le cetuximab, comparée au placebo. Le tazarotène topique, sur l’hémiface, n’a pas montré d’efficacité [38].

Dans les éruptions d’intensité légère ou modérée, le traitement par l’inhibiteur de l’EGFR devrait être poursuivi sans modification de la dose. Dans les essais thérapeutiques et dans de courtes séries, les patients ont été traités par les médicaments topiques : des antibiotiques locaux (clindamycine, métronidazole [39], acide fusidique [5]) ; du peroxyde de benzoyle [40] ; la trétinoïne topique [41] ou des dermocorticoïdes pour une courte durée (hydrocortisone, bêtaméthasone dipropionate).

La clindamycine topique pourrait être prescrite avec le début du traitement, pour que le patient puisse l’appliquer dès l’apparition des premières pustules et l’arrêter quand elles commencent à régresser.

Dans un essai randomisé récent, l’application de pimecrolimus sur l’éruption du visage induite par le cetuximab n’a pas amélioré les signes et les symptômes ressentis par les patients [42].

En pratique et dans le cas de lésions localisées, un traitement local suffit. Celui-ci comprend, à des degrés divers, le peroxyde de benzoyle, en faisant attention à ne pas augmenter la concentration pour éviter trop d’irritation, mais aussi les antibiotiques locaux (érythromycine ou clindamycine) dermocorticoïdes, voire le tacrolimus topique. Des mesures d’hygiène et de soins cutanés sont conseillées, comme l’hydratation de la peau en évitant les émollients gras qui risquent d’aggraver la folliculite par un phénomène d’occlusion. Il est conseillé aux patients d’éviter les expositions solaires, parce que l’éruption prédomine sur les zones photoexposées (visage, décolleté) et pourrait être aggravée par le soleil [41], et parce que les traitements prescrits pour la folliculite, essentiellement les cyclines, sont photosensibilisants.

Dans les formes modérées et étendues, les cyclines sont utilisées de manière similaire à l’acné, c’est-à-dire, à dose anti-inflammatoire (c’est-à-dire doxycycline 100 mg/j) pendant une durée de trois à six semaines, voire même plusieurs mois si nécessaire. On y associera un traitement topique (clindamycine, dermocorticoïde, peroxyde de benzoyle). Une corticothérapie orale de courte durée a été utilisée dans certaines formes diffuses [41].

Dans les formes sévères : on utilisera des dermocorticoïdes forts. La dose de doxycycline pourrait être augmentée à 100 mg, deux fois par jour. Dans les formes généralisées et occasionnant une gêne intolérable pour le patient, l’inhibiteur de l’EGFR devrait être suspendu, voire même arrêté, ce qui permettra une régression spontanée des lésions. Le médicament pourrait être repris par la suite, à la même dose ou bien à une dose inférieure, dépendant de la gravité de l’éruption initiale [39, 43].

En cas de surinfection, une antibiothérapie adaptée est utilisée, en général antistaphylococcique (cloxacilline, pristinamycine), associée à un antiseptique local, après prélèvement bactériologique.

Xérose

Une sécheresse cutanée s’installe plusieurs semaines après le début du traitement, soit plus tardivement que l’éruption acnéiforme. Elle est probablement due à l’atrophie cutanée, qu’induit la diminution de la division des kératinocytes sous l’effet du blocage de la voie EGFR dans les kératinocytes basaux. Sa fréquence varie entre 4 et 35 % selon les études [44]. Elle est plus fréquente chez les sujets âgés et ceux qui ont des antécédents atopiques. Les zones atteintes peuvent être prurigineuses et se compliquer d’eczématisation ou d’impétiginisation. Elle prédomine sur les extrémités, avec l’aspect d’une pulpite sèche fissurée des mains et des pieds (Pulpitis sicca), et des fissures douloureuses des talons, des bords latéraux des mains et des pieds et des articulations digitales. Un traitement émollient préventif doit donc être coprescrit dès le début du traitement par un inhibiteur de l’EGFR et poursuivi pendant toute la période du traitement. Des modifications de l’hygiène de vie peuvent être d’une aide considérable : limiter les bains à l’eau chaude, privilégier les douches brèves à l’eau tiède, éviter les savons classiques et les remplacer par des pains surgras, appliquer un émollient après le lavage, de façon fréquente et régulière, privilégier les formes crèmes aux lotions et aux laits. Le traitement de la xérose installée comprend, outre les mêmes mesures d’hygiène de vie, l’utilisation d’émollients plus puissants (à l’urée 5-10 % par exemple), sous occlusion, sur les mains et les pieds si nécessaire. La survenue d’eczématisation nécessite une corticothérapie locale.

Paronychie

L’atteinte des doigts et/ou des orteils est observée dans 10-15 % des cas. Elle est encore plus tardive, survenant après quatre à six semaines de traitement. Elle se caractérise par une paronychie (encore appelé périonyxis). Il s’agit d’un état inflammatoire de la peau péri- et sous-unguéale du gros orteil ou d’un doigt, ou de plusieurs d’entre eux. Elle est douloureuse. Elle peut rester ainsi ou alors se compliquer et aboutir à une incarnation de l’ongle dans la peau périunguéale qui est œdémateuse. Il y a alors deux types de complications qui peuvent se développer :
  • une surinfection — induite habituellement par S. aureus — qui peut être collectée ou non ;
  • alternativement, le traumatisme de l’incarnation peut induire un bourgeon charnu appelé aussi improprement botriomycome ou granulome pyogénique, car il s’agit d’une tumeur non infectieuse caractérisée par une prolifération vasculaire dermique chronique.

La désinfection et le port de chaussures larges sont conseillés. La doxycycline a été utilisée avec succès [45]. Toutes ces complications doivent être prises en charge en dermatologie. Le traitement est fonction du stade. Initialement, des bains antiseptiques avec ou sans dermocorticoïdes sont utilisés. Puis, peuvent être discutées une antibiothérapie, une application de bâton de nitrate d’argent et/ou des mesures chirurgicales du bourgeon (exérèse, électrocoagulation).

Modifications des poils

Elles sont retrouvées chez 5 % des patients recevant un inhibiteur de l’EGFR [44]. Plusieurs anomalies pilaires sont observées. Ces anomalies sont tardives, survenant deux à trois mois après le début de traitement, et sont réversibles à l’arrêt. Les cheveux deviennent fins, fragiles, avec diminution de la vitesse de croissance. Les cheveux, mais aussi la barbe et les poils du corps sont ainsi atteints. De manière paradoxale, on observe une trichomégalie des cils [46], avec risque de trichiase et d’incarnation de ces poils allongés dans la conjonctive tarsienne. Il n’existe pas de traitement spécifique efficace pour les atteintes pilaires. Une alopécie frontale est aussi observée. De rares cas d’alopécie inflammatoire et cicatricielle ont été rapportés [47].

Autres manifestations

Des réactions d’hypersensibilité immédiate, à type d’urticaire, de flush et d’anaphylaxie, ont été rapportées chez 1 à 3 % des patients après la perfusion de cetuximab, anticorps chimérique, mais pas avec le pamitumumab ni avec les inhibiteurs de tyrosine-kinase. Cette réaction d’hypersensibilité immédiate est plus fréquente dans certaines régions des États-Unis et est positivement corrélée aux antécédents personnels atopiques [48]. Elle est liée à la présence, dans le sérum des patients avant traitement, d’IgE dirigées contre le galactose-alpha-1,3-galactose, qui est un oligosaccharide présent sur la fraction Fab de la chaîne lourde du cetuximab [49]. Une prémédication par un antihistaminique est nécessaire.

Les atteintes muqueuses observées, avec une fréquence variable, sont des sécheresses buccale et génitale, une stomatite et/ou des aphtes buccaux. Ceux-ci sont rarement sévères.

Une vasculite des petits vaisseaux, un érythème nécrolytique migrateur, une dermatose acantholytique transitoire, un cas d’exacerbation de psoriasis ont été rapportés [47].

Conclusion

Au total, les inhibiteurs de la voie EGFR induisent des effets cutanés multiples et fréquents. Ceux-ci peuvent être sévères, nécessitant parfois l’interruption du traitement. Toutefois, ils peuvent le plus souvent être pris en charge à travers une éducation des malades et des infirmières mais aussi une collaboration dermatologues-oncologues. Il s’agit surtout d’un modèle qui permettra de faire progresser les connaissances fondamentales de biologie de l’épiderme et des follicules pileux et, peut-être, d’avancer dans la prédiction de la réponse antitumorale.

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