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Fulvestrant use in clinical practice in France: a pharmacoepidemiologic study


Bulletin du Cancer. Volume 96, Number 6, 695-702, juin 2009, Article original

DOI : 10.1684/bdc.2009.0876

Résumé   Summary  

Author(s) : P Piedbois, F Thomas-Delecourt, A Flinois , AstraZeneca, 92844 Rueil-Malmaison, France, TNS Healthcare, 138, avenue Marx-Dormoy, 92120 Montrouge, France.

Summary : The objective of the study was to assess the prescription patterns of fulvestrant in clinical practice in France through a retrospective observational study. Primary endpoint was treatment duration. Data from patients who completed fulvestrant therapy between January and May 2007 were collected between May and June 2007 in 50 centers selected among a representative study sample of 110 centers. Two hundred seventeen patients were included. For 98-99% of patients, baseline characteristics were consistent with the approved indication in terms of postmenopausal status, estrogen-receptor positive tumors and treatment for advanced disease. Overall, 94% of patients had received previous endocrine therapy: tamoxifen in 60% and aromatase-inhibitor (AI) in 90%, including 35% exposed to AI as the unique prior endocrine therapy. Median duration of fulvestrant therapy was six months, and fulvestrant was the ultimate hormone therapy in 89% of evaluable patients. Fulvestrant is prescribed in the real practice in post-menopausal patients with ER-positive tumors, after prior hormone therapy and for advanced disease in the vast majority of patients, according to drug labeling. Due to the growing population receiving AI after or instead of tamoxifen, most patients given fulvestrant in 2007 in France were previously exposed to AI.

Keywords : fulvestrant, breast cancer, postmenopausal, pharmacoepidemiology, France

Pictures

ARTICLE

Auteur(s) : P Piedbois1, F Thomas-Delecourt1, A Flinois2

1AstraZeneca, 92844 Rueil-Malmaison, France
2TNS Healthcare, 138, avenue Marx-Dormoy, 92120 Montrouge, France

Article reçu le 30 Decembre 2008, accepté le 1 Avril 2009

Introduction

Le fulvestrant (Faslodex®, AstraZeneca, France) est un antagoniste sélectif des récepteurs aux estrogènes (RO), qui se lie à eux avec une plus grande affinité que le tamoxifène (TAM) sans activité agoniste, et entraîne ainsi la diminution des RO et à la progestérone (RPg) [1, 2]. Ce mécanisme d’action original permet au fulvestrant d’agir sur les cellules de cancer du sein à RO positifs, qui sont résistantes ou ont pu devenir résistantes au TAM, agent anti-estrogène [3], d’où son développement clinique [4, 5].

Dans deux études randomisées, 851 patientes ménopausées, souffrant d’un cancer du sein localement avancé ou métastasé et dont le traitement par TAM en première ligne a échoué, ont reçu de façon randomisée du fulvestrant ou un inhibiteur de l’aromatase (IA) non stéroïdien, l’anastrozole [6, 7]. L’analyse combinée des deux études a montré la non-infériorité du traitement par fulvestrant, comparativement à l’anastrozole, en termes de temps de progression (odd ratio [OR] = 0,95 ; IC 95 % : [0,82-1,10]), survie globale (OR = 1,01 ; IC 95 % : [0,86-1,19]) ou de taux de réponse (19,2 versus 16,5 %, respectivement) [8]. De plus, la durée de réponse avec le fulvestrant est significativement plus longue que celle de l’anastrozole (médiane : 16,7 versus 13,7 mois, respectivement). Le bénéfice du fulvestrant a été uniquement démontré pour le cancer du sein à RO positifs.

En se basant sur ces résultats, le fulvestrant a obtenu son autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe, en mars 2004, dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastasé chez la femme ménopausée possédant des RO positifs, en cas de récidive pendant ou après un traitement adjuvant par un anti-estrogène ou de progression de la maladie sous traitement par anti-estrogènes.

L’objectif de cette étude pharmacoépidémiologique était de décrire, trois ans après son lancement, les conditions d’utilisation de fulvestrant en France, dont la durée de traitement. Les données ont été comparées à l’AMM.

Matériel et méthode

Il s’agit d’une étude pharmacoépidémiologique observationnelle, rétrospective, non comparative, conduite auprès d’un grand échantillon de centres sélectionnés, considérés représentatifs de la prise en charge en France.

Objectifs de l’étude

L’objectif était de décrire l’utilisation de fulvestrant dans le traitement du cancer du sein en pratique clinique, en mettant l’accent spécifiquement sur les critères suivants :
  • durée de traitement ;
  • caractéristiques des patientes traitées ;
  • place dans la stratégie thérapeutique.

Sélection des centres et des patientes

Toute patiente souffrant d’un cancer du sein et ayant reçu un traitement par fulvestrant, arrêté entre janvier et mai 2007, était susceptible d’être incluse dans l’étude.

En France, les patients atteints d’un cancer et recevant un traitement médicamenteux sont pris en charge dans un nombre relativement limité de centres, selon une récente enquête conduite par la CNAMTS [9]. TNS Healthcare est l’un des plus grands établissements français spécialisés dans les études épidémiologiques, et leur panel de 577 services hospitaliers impliqués dans la prise en charge des cancers est le plus représentatif de la situation française.

Au sein de ce panel, 181 services ont déclaré prendre en charge régulièrement ou occasionnellement des patientes avec un cancer du sein et prescrire de l’hormonothérapie. À partir de ces 181 services, un échantillon de 110 services a été sélectionné. La représentativité de l’échantillon de l’étude, en termes de type d’établissement et de région, comparativement aux 181 services a été assurée grâce à la méthode des quotas [10]. Un questionnaire de six questions a été adressé à un médecin de chacun de ces 110 services. Les médecins de 85 centres (77 %) ont déclaré prendre en charge au moins une patiente par fulvestrant (moyenne : 9,2), parmi lesquels 57 (52 %) ont déclaré avoir effectué au moins un arrêt du traitement fulvestrant au cours de l’année 2007 (moyenne : 4,9). Finalement, 50 centres (45 %) ont accepté de participer à l’étude. Cet échantillon est représentatif de celui des 57 médecins (ayant déclaré avoir effectué au moins un arrêt du traitement fulvestrant au cours de l’année 2007) dont il est issu, aussi bien en termes de répartition des participants par type de structure d’exercice qu’en termes de région d’exercice.

Modalités de recueil des données

Pour chaque patiente répondant aux critères d’inclusion de l’étude, l’investigateur devait compléter rétrospectivement un questionnaire de deux pages. L’étude a été conduite entre le 5 mai et 5 juin 2007. Le nombre maximum de questionnaires par investigateur a été limité à six.

Taille d’échantillon et considérations statistiques

Le critère de jugement principal étant l’évaluation de la durée de traitement, le nombre de patientes requises pour cette étude était de 150, pour obtenir une précision de la moyenne de la durée de traitement de + 1,6 mois, en estimant l’écart-type de la moyenne à dix mois et en se basant sur la médiane de durée de traitement de fulvestrant publiée (3,8 mois) [11]. L’analyse statistique des données a été réalisée au moyen d’un logiciel Cosi software, version 4.1.002. L’analyse descriptive des variables quantitatives comporte la moyenne, l’écart-type, et celle des variables qualitatives et ordinales comporte l’effectif et la fréquence de chaque modalité.

Résultats

Centres

Le tableau 1 montre les caractéristiques des 50 centres participant à l’étude. Les centres étaient répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain français. Cette répartition des centres n’était pas significativement différente de celle de la population des 110 centres dont elle était issue. On note, cependant, plus de centres privés (44 % de 50 versus 33 % de 110) et moins de centres dans les hôpitaux généraux (16 % de 50 versus 30 % de 110). Vingt-six centres (52 %) ont inclus le maximum de six patientes autorisé par le protocole et ont ainsi inclus 156 patientes (71,9 % des patientes incluses dans l’étude).

Tableau 1 Caractéristiques des centres participants (n = 50).

Type d’établissement

CP/HP

22

44 %

CHU/CHR

11

22 %

CRLCC/CAC

9

18 %

CHG/CH

8

16 %

Région

Paris/région parisienne

11

22 %

Nord-Est

10

20 %

Sud-Est

7

14 %

Centre-Est

6

12 %

Sud-Ouest

5

10 %

Ouest

4

8 %

Centre

4

8 %

Nord

3

6 %

Nombre de patientes incluses

6

26

52 %

5

2

4 %

4

4

8 %

3

6

12 %

2

5

10 %

1

7

14 %

Moyenne (+ET)

4,3

(1,96)

Patientes

Cette étude a inclus 217 patientes, dont les caractéristiques figurent dans le tableau 2. La quasi-totalité des patientes étaient ménopausées ou périménopausées (98,6 %) et possédaient des RO positifs (98,2 %). Parmi les quatre patientes présentant des RO négatifs, trois possédaient des récepteurs à la RPg positif. Comme attendu avec les tumeurs exprimant des RO, seules 13,8 % des patientes souffraient de tumeurs surexprimant HER2 (figure 1). L’âge médian des patientes était de 63 ans et le délai médian entre le diagnostic de la tumeur primitive et l’instauration de fulvestrant était de six ans. Les métastases étaient présentes au moment du diagnostic initial chez 21 % des patientes. Le fulvestrant a été administré au stade avancé chez toutes les patientes, à l’exception d’une (84,8 % des patientes souffraient d’une maladie métastatique et 14,7 % d’une récidive locorégionale ou d’un cancer controlatéral). En situation adjuvante, seule une patiente démente a reçu du fulvestrant d’emblée. Cinquante-quatre patientes (24,9 %) ont reçu du fulvestrant en première ligne et 162 patientes (74,7 %) l’ont reçu en deuxième ligne ou plus (jusqu’à la cinquième ligne) d’hormonothérapie (figure 1).

Parmi ces 162 patientes, 54,3 % (88) ont reçu une seule ligne d’hormonothérapie au stade métastatique préalablement au fulvestrant, principalement un IA (52,5 %, soit 85 patientes), les autres (1,9 %, soit trois patientes) ayant reçu du TAM.

Trente-quatre pour cent (55) des patientes ont reçu deux lignes d’hormonothérapie en situation métastatique et 11,7 % (19) en ont reçu trois ou quatre. Les lignes d’hormonothérapie reçues comprenaient alors du TAM et un IA pour 19,1 % (31) des patientes, du TAM et deux inhibiteurs de l’aromatase pour 8 % (13), deux inhibiteurs de l’aromatase sans TAM pour 13 % (21) et trois inhibiteurs de l’aromatase sans TAM pour 3,1 % (5) des patientes. L’hormonothérapie incluait également un progestatif pour 2,5 % (4) des patientes (tableau 3).

Avant administration de fulvestrant, 140 patientes (64,5 %) ont reçu une hormonothérapie adjuvante (suivie ou non d’une hormonothérapie au stade métastatique) et 65 patientes (30 %) ont reçu une hormonothérapie au stade métastatique seul. Avant administration de fulvestrant, l’hormonothérapie comprenait du TAM (+IA) pour 130 patientes (59,9 %), tandis que 75 patientes (34,6 %) recevaient uniquement un IA. La grande majorité des patientes (89,9 %) a ainsi reçu au préalable un IA. Le détail de l’hormonothérapie administrée avant fulvestrant est présenté figure 1. Globalement, 111 patientes (51,2 %) et 20 patientes parmi les 30 ayant des tumeurs HER2+ (66,7 %) ont reçu une hormonothérapie au stade adjuvant ou néoadjuvant.

Tableau 2 Caractéristiques des patientes (n = 217).

Âge (années)

Médiane (écart)

63 (35-88)

< 50

19 (8,8 %)

50-59

53 (24,4 %)

60-69

78 (35,9 %)

> 70

67 (30,9 %)

Antériorité du diagnostic de la tumeur primitive (années)

Médiane (écart)

6 (0,25-31)

< 5

88 (40,6 %)

6-9

79 (36,4 %)

> 10

49 (22,6 %)

Non-réponse

1 (0,5 %)

Stade de la tumeur au moment du diagnostic initial

N négatif, M0

61 (28,1 %)

N positif, M0

110 (50,7 %)

M1

46 (21,2 %)

Statut hormonal

Ménopausées

209 (96,3 %)

Périménopausées

5 (2,3 %)

Préménopausées

3 (1,4 %)

État des récepteurs aux estrogènes

RO+

213 (98,2 %)

Statut HER2

HER2+

30 (13,8 %)

Grade SBR (n = 206 patientes évaluables)

1

32 (15,5 %)

2

114 (55,3 %)

3

60 (29,1 %)

Description de la pathologie au moment de l’instauration du traitement par fulvestrant

Métastase(s) à distance

184 (84,8 %)

Osseuses

126 (58,1 %)

Viscérales

105 (48,4 %)

Récidive locorégionale ou cancer controlatéral

32 (14,7 %)

Tumeur localisée

1 (0,5 %)

Traitement par fulvestrant : ligne d’hormonothérapie

Adjuvant

1 (0,5 %)

Stade métastatique première ligne

54 (24,9 %)

Stade métastatique deuxième ligne

88 (40,6 %)

Stade métastatique troisième à cinquième ligne

74 (34,1 %)

Hormonothérapie administrée avant fulvestrant

Aucune

12a (5,5 %)

Stade adjuvant uniquement

43 (19,8 %)

Stades adjuvant et localement avancé

97 (44,7 %)

Stade localement avancé uniquement

65 (30,0 %)

Tamoxifène uniquement

10 (4,6 %)

Inhibiteur de l’aromatase uniquement

75 (34,6 %)

Tamoxifène + inhibiteur de l’aromatase

120 (55,3 %)

Autres traitements antérieurs

Chirurgie

175 (80,6 %)

Radiothérapie

174 (80,2 %)

Chimiothérapie adjuvante/néoadjuvante

111 (51,2 %)

aDont la patiente ayant reçu le fulvestrant en adjuvant.



Tableau 3 Traitements hormonaux reçus au stade métastatique préalablement au fulvestrant (n = 162).

Une seule hormonothérapie au stade métastasique

88

54,3 %

Inhibiteur de l’aromatase

85

52,5 %

Tamoxifène

3

1,9 %

Deux hormonothérapies au stade métastasique

55

34,0 %

Deux inhibiteurs de l’aromatase

21

13,0 %

Inhibiteur de l’aromatase et tamoxifène

31

19,1 %

Un inhibiteur de l’aromatase et un progestatif

3

1,9 %

Trois ou quatre hormonothérapies au stade métastasique

19

11,7 %

Tamoxifène et deux inhibiteurs de l’aromatase

13

8,0 %

Trois inhibiteurs de l’aromatase

5

3,1 %

Tamoxifène, deux inhibiteurs de l’aromatase et un progestatif

1

0,6 %

Traitement par fulvestrant

Deux cent quatre patientes (94 %) ont reçu des injections de fulvestrant 250 mg, la dose mensuelle recommandée ; 13 patientes (6 %) ont reçu une dose de charge de 500 mg, avant le recours aux doses de 250 mg. La médiane de traitement par fulvestrant était de six mois (écart : 1-24) et le nombre médian d’injections était de six.

Le fulvestrant a été arrêté chez 192 patientes (88,5 %) pour cause de progression de la maladie et chez 15 patientes pour mauvaise tolérance au traitement (6,9 %), dont thrombose veineuse et embolie pulmonaire chez cinq patientes (2,3 %) et troubles digestifs chez quatre (1,8%). Les autres raisons d’arrêt de traitement étaient : la fin de traitement programmé pour six patientes, la dégradation de l’état général, une contre-indication au traitement, l’injection douloureuse et le décès, pour une patiente à chaque fois.

Traitements anticancéreux administrés après fulvestrant

Pour 12 patientes, le traitement anticancéreux éventuel à venir est en cours de discussion au moment de l’étude, et le traitement anticancéreux n’est pas connu pour une autre patiente. Pour 30 patientes (dont 21 patientes décédées), aucun nouvel agent anticancéreux n’a été administré. Parmi les 174 patientes restantes, 156 ont reçu des chimiothérapies, 17 des thérapies ciblées, 22 de nouvelles hormonothérapies, avec plusieurs thérapeutiques possibles chez quelques patientes. Ainsi, parmi les 204 patientes dont le traitement après fulvestrant est déterminé au moment de l’étude, 182 (89,2 %) ont reçu fulvestrant en dernière ligne d’hormonothérapie.

Discussion

Cette étude observationnelle décrit l’utilisation de fulvestrant, en vie réelle, trois ans après sa commercialisation. La sélection de l’échantillon des 110 services, réalisée grâce à la méthode des quotas, a permis de s’assurer que ces 110 centres n’étaient pas significativement différents des 181 services impliqués dans la prise en charge des cancers du sein en France, d’après le panel TNS Healthcare. Le passage de 110 à 50 centres a permis de se focaliser sur les services ayant la plus grande expérience de l’utilisation de fulvestrant et de conserver uniquement les médecins ayant accepté de participer à l’étude. Cette sélection a conduit à une plus grande proportion de centres privés et à une moins grande proportion d’hôpitaux généraux. L’objectif de l’étude étant d’estimer la durée de traitement par fulvestrant, le choix de patientes dont le traitement par fulvestrant est terminé a évité l’analyse de données critiquables.

L’aspect rétrospectif de l’étude aurait pu être à l’origine de biais de sélection et de perte d’information. Néanmoins, une étude observationnelle prospective aurait demandé plus de temps et de ressources et n’aurait pas nécessairement reflété l’utilisation véritable du fulvestrant, en dehors d’une étude clinique. Les données de l’étude ont été collectées pendant un mois et donnent une vision pertinente de la situation clinique au sein du système de santé français. Le nombre de cas a été limité à six par investigateur, afin d’éviter la lassitude des investigateurs et de limiter l’effet centre, de telle sorte que les habitudes thérapeutiques des plus gros centres auraient pu influencer les résultats globaux de l’étude. Il est peu probable que cette limite ait mené à des biais de sélection, dans la mesure où les investigateurs devaient sélectionner uniquement les patientes dont le traitement avait été arrêté récemment (dans les quatre à cinq mois précédant la date de l’étude).

Environ 98-99 % des patientes étaient ménopausées ou périménopausées, souffraient de tumeurs exprimant des RO, étaient traitées à un stade avancé et 95 % ont reçu du fulvestrant après échec d’au moins une hormonothérapie, conformément à l’AMM. Seule une patiente démente, souffrant d’une tumeur localisée, a reçu du fulvestrant d’emblée au stade adjuvant. Une hormonothérapie avec une injection intramusculaire mensuelle a été considérée plus pratique qu’un traitement oral journalier, pour cette patiente probablement non observante. Onze autres patientes (5,1 %) ont reçu du fulvestrant en première ligne d’hormonothérapie au stade métastatique, sans hormonothérapie antérieure au stade adjuvant, ce qui est hors AMM.

Il est à noter que l’AMM a été délivrée sur la base de deux études pivotales, avec des patientes en échec de TAM, mais qui n’avaient pas reçu d’IA. Ainsi, l’efficacité du fulvestrant chez les patientes résistantes aux IA n’a pas été prouvée au moment de l’AMM. Suite à la publication d’études évaluant les IA au stade avancé [12], ou au stade adjuvant [13-18], un nombre croissant de patientes reçoivent maintenant un IA précocement. Cette étude montre qu’en France, en 2007, 90 % des patientes recevant du fulvestrant ont reçu au préalable un IA et 35 % n’ont reçu qu’un IA. Depuis l’AMM, l’efficacité et la tolérance du fulvestrant ont été prouvées, comparativement à celles du TAM aussi bien en première ligne au stade métastatique [19], que chez des patientes en échec de traitement par IA non stéroïdien ou stéroïdien [11, 20, 21].

Dans cette étude rétrospective, la durée de traitement observée (médiane de durée de traitement de six mois) était plus longue que celle enregistrée dans les études antérieures sur le fulvestrant chez les patientes en échec de traitement par IA [11, 20]. Cela peut être dû à des biais de sélection, mais est aussi lié aux différentes hormonothérapies préalablement reçues. Selon une étude, l’efficacité du fulvestrant est plus importante chez les patientes qui n’ont pas reçu au préalable de TAM [20], et approximativement un tiers des patientes de notre étude (35 %) n’ont pas reçu de TAM. Une étude pharmacoépidémiologique, conduite récemment aux États-Unis, a trouvé des résultats très similaires aux nôtres ; en particulier, la proportion de patientes recevant un IA avant le fulvestrant était comparable, et un bénéfice clinique proche de 50 % a été observé [22]. Des résultats comparables (médiane de durée de traitement de 6,3 mois) ont aussi été rapportés dans une étude d’utilisation compassionnelle chez des patientes ayant une médiane de deux hormonothérapies antérieures [23].

La dose et le mode d’administration de fulvestrant dans l’étude étaient ceux recommandés dans l’AMM (250 mg/mois) pour 94 % des patientes. Treize patientes, pourtant, ont reçu une dose de charge de 500 mg avant d’avoir recours aux doses de 250 mg, ce qui n’était pas encore prouvé au moment où ces patientes ont été traitées, mais qui permet d’atteindre une stabilisation plus rapidement et une efficacité clinique plus tôt [24].

Conclusion

Cette étude pharmacoépidémiologique montre qu’en 2007 dans les centres de santé français :
  • le fulvestrant était, en général, utilisé dans la vie réelle, conformément à l’AMM, en termes de statut hormonal, tumeurs exprimant des RO et administration antérieure d’une hormonothérapie ; cependant, 90 % des patientes ont reçu un IA avant l’administration du fulvestrant ;
  • le fulvestrant a été administré, la plupart du temps, en deuxième ligne – ou plus – et dernière ligne d’hormonothérapie au stade avancé ;
  • la médiane de durée de traitement est plus longue que celle enregistrée dans les études antérieures dans cette population de patientes, mais en phase avec d’autres études de ce genre publiées, et confirme l’efficacité établie de fulvestrant chez les patientes en échec d’une hormonothérapie antérieure.

Remerciements

Nous remercions tous les investigateurs de l’étude : CRLC Antoine-Lacassagne à Nice (06), centre hospitalier d’Aubagne (13), clinique privée Chénieux à Limoges (87), CHU civil de Strasbourg (67), centre hospitalier de Créteil (94), CRLC Curie à Paris (75), clinique privée Franche-Comté à Besançon (25), clinique privée générale d’Annecy (74), CHU Édouard-Herriot à Lyon (69), CHU Haute-pierre à Strasbourg (67), clinique privée Jules-Verne à Amiens (80), clinique privée La Provençale à Aix-en-Provence (13), CRLC Léon-Bérard à Lyon (69), CHU Lyon-Sud à Pierre-Bénite (69), CHU Minjoz à Besançon (25), clinique privée Océane à Vannes (56), CRLC Oscar-Lambret à Lille (59), centre d’oncologie du Pays basque (64), CRLC Paul-Papin à Angers (49), CRLC Paul-Strauss à Strasbourg (67), clinique privée Plein-Ciel à Mougins (06), clinique privée Saint-Jean à Montpellier (34), clinique privée Saint-Jean-du-Languedoc à Toulouse (31), CHU Tenon à Paris (75), CRLC Val-d’Aurelle à Montpellier (34), centre hospitalier du Val-de-Grâce à Paris (75), CHU Hôtel-Dieu à Paris (75), centre hospitalier Louis-Pasteur à Colmar (68), clinique privée Les Bleuets à Reims (51), CHU de Brest (29), clinique privée Catherine-de-Sienne à Nantes (44), CHU Rangueil à Toulouse (31), clinique privée Beauregard à Marseille (13), centre hospitalier de Freyming (57), CRLC Godinot à Reims (51), CRLC Jean-Perrin à Clermont-Ferrand (63), clinique privée de Le-Port-Marly (78), CHU Saint-Louis à Paris (75), clinique privée Alleray-Labrouste à Paris (75), centre hospitalier d’Argenteuil (95), clinique privée Claude-Bernard à Metz (57), clinique privée mutualiste de Lyon (69), clinique privée de l’Orangerie à Strasbourg (67), clinique mutualiste de Bligny (91), clinique privée de Clermont-Ferrand (63), centre hospitalier Layné à Mont-de-Marsan (40), clinique privée du Parc-à-Croix (59), CHU Pompidou à Paris (75), centre hospitalier de Saint-Gaudens (31), centre hospitalier de Vichy (03).

Conflits d’intérêt des auteurs : Pascal Piedbois et Florence Thomas-Delecourt sont employés d’AstraZeneca France, l’un directeur de la recherche clinique, l’autre responsable études épidémiologiques.

Financement de la recherche : cette étude a été financée par AstraZeneca, 92844 Rueil-Malmaison, France.

Références

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