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Association of radiotherapy and chemotherapy: targeted therapies in gynecological cancers


Bulletin du Cancer. Volume 96, Number 3, 271-83, mars 2009, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2009.0833

Résumé   Summary  

Author(s) : I Barillot, C Haie-Meder , Université François-Rabelais, centre régional universitaire de cancérologie Henry-S.-Kaplan, CHU de Tours, hôpital Bretonneau, 2, boulevard Tonnellé, 37000 Tours, France, Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif, France.

Summary : Currently, treatment of gynecological malignancies remains mainly based upon surgery and radiotherapy. Concurrent chemo-radiation is only considered as the standard treatment of advanced cervix carcinomas. There is some evidence in favor of its clinical interest in management of locally advanced vulva carcinoma and for improvement of the prognostic of aggressive endometrial cancers. The interest of pharmacological modulation of radiation is re-emerging in treatment of cervix carcinoma because of the efficacy of combined chemo-radiation in terms of local control and overall survival. No data are currently available for the assessment of the clinical impact of targeted therapies.

Keywords : radiotherapy, concurrent chemotherapy, gynecological cancer

ARTICLE

Auteur(s) : I Barillot1, C Haie-Meder2

1Université François-Rabelais, centre régional universitaire de cancérologie Henry-S.-Kaplan, CHU de Tours, hôpital Bretonneau, 2, boulevard Tonnellé, 37000 Tours, France
2Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif, France

Article reçu le 1 Juin 2008, accepté le 5 Novembre 2008

Introduction

Le traitement des cancers gynécologiques repose essentiellement sur la chirurgie et la radiothérapie. La chimiothérapie adjuvante et/ou d’induction s’est largement imposée depuis plusieurs décennies dans le cancer de l’ovaire, alors que ces stratégies thérapeutiques n’ont pas montré de bénéfice dans la grande majorité des situations pour les autres cancers gynécologiques [1-5].

Les premiers résultats concernant les associations de radiothérapie et de chimiothérapie concomitantes ont été rapportés à la fin des années 1970 pour les cancers du col utérin, et dès le milieu des années 1980 pour les cancers avancés vulvovaginaux comme une alternative à la chirurgie lourde. Cependant, ces résultats jugés significatifs dans certaines séries sont restés très confidentiels [6, 7]. Les premiers essais randomisés de radiothérapie et de chimiothérapie concomitantes à base de sels de platine, chez des patientes porteuses de cancers du col utérin localement avancés ou présentant un envahissement ganglionnaire, n’ont pas permis de mettre en évidence un bénéfice significatif [8-10]. Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que des essais portant sur des effectifs suffisants et présentant moins de biais méthodologiques permettent de démontrer la supériorité incontestable du traitement combiné sur la radiothérapie seule [11-15].

Les cancers de l’endomètre sont diagnostiqués dans environ 90 % des cas à un stade précoce, et la chirurgie, suivie de radiothérapie adjuvante, permet d’obtenir des taux de contrôle local entre 90 et 100 %, et des taux de survie globale qui varient de 70 à 98 % à cinq ans. La chimiothérapie n’a longtemps été envisagée que dans le cadre de la prise en charge de lésions extrêmement évoluées localement ou métastatiques (ganglionnaire massif ou viscéral) [16, 17]. Le rationnel pour une utilisation combinée de la radiothérapie et de la chimiothérapie en postopératoire n’a été établi que récemment.

La modulation pharmacologique des radiations ionisantes, lors du traitement des cancers gynécologiques, a débuté dès les années 1980, plus particulièrement dans le cadre de la prise en charge des cancers du col utérin. Cependant, comme les essais d’association de radiothérapie et de radiosensibilisants n’ont conduit à aucun résultat positif ou, au contraire, à l’émergence d’effets délétères [18-20], cette voie de recherche a été totalement abandonnée pendant 20 ans. Récemment s’est ouverte une nouvelle voie d’utilisation des thérapeutiques ciblées qui ont la capacité de bloquer la transmission de signaux cytoprotecteurs radio-induits et donc d’agir comme radiosensibilisants [21].

Cette revue de la littérature a pour but de faire le point sur l’état actuel de l’utilisation des associations de radiochimiothérapie concomitante dans les cancers gynécologiques, à l’exception des tumeurs ovariennes, et de dégager des voies d’avenir.

Cancers du col utérin

Association radiochimiothérapie

Les cancers du col utérin peuvent être schématiquement divisés en trois grands groupes : les carcinomes de stade précoce, les carcinomes de stade évolué et les carcinomes avec métastases viscérales d’emblée. Les carcinomes de stade précoce correspondent aux lésions de moins de 4 cm sans envahissement ganglionnaire. Les carcinomes évolués incluent des lésions de moins de 4 cm confinées au col, avec envahissement ganglionnaire, mais également des lésions fixées à la paroi pelvienne, avec ou sans envahissement ganglionnaire. Cette subdivision est basée sur la connaissance des facteurs pronostiques (envahissement ganglionnaire, stade, taille tumorale) et permet effectivement de sélectionner les cancers dont le pronostic est défavorable et pour lesquels la prescription d’un traitement associé à l’irradiation doit être discutée.

Depuis une quinzaine d’années, de nombreuses études ont évalué l’apport d’une chimiothérapie concomitante à la radiothérapie externe dans ces cancers du col utérin localement évolués, qui représentent plus de 50 % des cancers du col [22]. Les premières études ont surtout porté sur l’association des radiations ionisantes avec la mitomycine C (par analogie au cancer du canal anal) et l’hydroxyurée [23, 24]. L’amélioration de 10 % du contrôle pelvien, initialement observée par Thomas et al. par comparaison à une série historique [25], grâce à l’adjonction de 5-FU-mitomycine C à la radiothérapie, n’a jamais été confirmée par d’autres études. L’hydroxyurée, qui a démontré un potentiel de radiosensibilisation par blocage du cycle cellulaire, a été comparée à un placebo, puis a été associée avec une immunothérapie et, enfin, avec du misonidazole dans trois essais successifs du Gynecology Oncology Group (GOG) [3, 6, 26]. Le premier, très critiquable, du fait d’un nombre très important de patients inévaluables, a montré une amélioration de la médiane de survie de six mois, jugée suffisante pour proposer l’association radiothérapie-hydroxyurée comme le traitement de référence des stades IIIb dans les essais suivants. Cependant, les résultats de ces autres essais ont été moins probants, l’association radiothérapie-hydroxyurée-misonidazole ayant eu un impact défavorable [6]. Les étapes suivantes ont été marquées par l’utilisation de la radiochimiothérapie concomitante « standard » à base de sels de platine. Les premiers essais de phase III, comparant la radiochimiothérapie avec cisplatine à l’irradiation seule dans les stades localement avancés, ont cependant longtemps fait douter de l’efficacité d’une telle approche. Bien que les taux de réponse immédiate fussent en moyenne de 10 % supérieurs avec le traitement combiné, aucun impact sur la survie n’a pu être démontré dans ces premiers essais, alors que le taux de complications était significativement augmenté [8-10]. Début 1999, les résultats de cinq essais thérapeutiques montrant l’efficacité de l’association radiothérapie-cisplatine sont venus relancer le débat. Depuis cette époque, plus de 20 essais randomisés ont été réalisés, et deux méta-analyses ont été publiées. Les résultats des principaux essais sont résumés dans le tableau 1. La première méta-analyse portant sur les 19 premiers essais publiés a rassemblé les données de 4 580 patientes et montré une augmentation significative de la survie globale de 12 %, grâce à la chimioradiothérapie (risque relatif [RR] = 1,20 ; IC 95 % = [1,14-1,26] ; p < 0,001). La survie sans maladie était également plus élevée de façon statistiquement significative dans le bras chimioradiothérapie (bénéfice : 16 % et RR = 1,26 ; IC 95 % = [1,17-1,35] ; p < 0,001). Cette amélioration de la survie était en rapport avec une diminution significative des récidives locales et métastatiques. Les taux de survie les plus élevés ont été mis en évidence chez les patientes ayant reçu un sel de platine (carboplatine, cisplatine) [p < 0,0001], et le bénéfice était également plus marqué dans les essais incluant une proportion élevée de cancers de stades I et II [27]. Aucun bénéfice statistiquement significatif de la chimioradiothérapie n’a été réellement mis en évidence pour les tumeurs localement évoluées (de stades III et IV) peut-être en raison de la faiblesse des effectifs inclus. Cependant, dans la majorité des essais, les résultats en termes de contrôle local sont meilleurs que ceux observés avec la radiothérapie seule. La toxicité gastro-intestinale et hématologique est plus importante dans le groupe chimio-radiothérapie ; cependant, les détails sur la toxicité tardive étant peu renseignés dans ces premiers essais, il n’a pas été possible de conclure à une augmentation des complications tardives avec la chimioradiothérapie [27]. L’analyse à huit ans des résultats de l’essai RTOG 90-01 semble confirmer l’hypothèse de l’absence de complications à long terme de cette association par comparaison à la radiothérapie seule, mais un recul encore plus long est nécessaire avant de conclure sur ces seules données [28]. Green et al., en 2005, ont réactualisé les données de cette première méta-analyse en incluant les derniers essais thérapeutiques de phase III publiés ou non encore publiés, portant ainsi le nombre d’essais analysés à 24 et le nombre total de patientes à 4 921 [29]. Cette nouvelle analyse confirme les résultats de la précédente en affinant le bénéfice apporté par le traitement combiné : respectivement, 10 et 13 % de gain de taux de survie sans récidive et de survie globale.

Bien que l’association d’une chimiothérapie à la radiothérapie soit utilisée de manière standard chez les patientes présentant une tumeur de plus de 4 cm et/ou présentant un envahissement ganglionnaire, il n’en demeure pas moins que nous ne savons pas si une polychimiothérapie est supérieure à une monothérapie, et si les schémas actuels (cisplatine seul, ou cisplatine et 5-FU) sont optimaux [30]. La supériorité de la combinaison cisplatine-5-FU-radiothérapie a été particulièrement défendue par le Radiation Therapy Oncology Group (RTOG), puisque l’essai 90-01, qui utilisait cette combinaison, démontrait de meilleurs résultats par rapport aux autres essais conduits sur la même période qui étaient basés sur l’association cisplatine hebdomadaire-radiothérapie [28]. Cependant, les résultats de l’essai GOG-165 publiés plus récemment, dont l’objectif était de comparer les deux schémas, n’ont pas permis de confirmer cette hypothèse [31]. L’association de la radiothérapie avec de nouveaux médicaments ; tels que le paclitaxel, la tirapazamine, le topotécan et la vinorelbine, qui agissent comme radiosensibilisants avec un meilleur effet antitumoral et une toxicité moindre sur les tissus sains [32, 33], n’a fait l’objet que d’essais de phases I, I-II ou II. Ces associations sont faisables mais devront donc être comparées au traitement de référence dans le cadre d’essais de phase III [34, 35].

Les résultats de ces études de radiochimiothérapie ne s’appliquent pas aux patientes qui ont un envahissement ganglionnaire lombo-aortique. Pour ces dernières, aucun standard thérapeutique n’a été à ce jour établi. De même, dans toutes ces études, aucune stratification n’a été faite sur le type histologique. Les adénocarcinomes auraient des modalités d’évolution différentes avec un risque métastatique plus grand [36]. Enfin, l’impact sur les résultats des techniques optimisées de radiothérapie externe et de curiethérapie associées à la chimiothérapie est inconnu. Par manque de données de niveau A, nous ne pouvons pas l’évaluer. Des résultats prometteurs ont été rapportés par l’équipe de Pittsburhg, concernant l’association radiothérapie avec modulation d’intensité-chimiothérapie concomitante pour l’irradiation des patientes présentant une extension tumorale lombo-aortique, avec des taux actuariels à deux ans de contrôle local, de survie sans récidive, de survie globale et de toxicité sévère de 80, 51, 65 et 10 %, respectivement [37]. L’équipe de Chicago a démontré la capacité de la radiothérapie avec modulation d’intensité à diminuer potentiellement le taux de toxicité hématologique des patientes traitées par irradiation et chimiothérapie concomitante, grâce à une diminution de 15 % du volume de crête iliaque recevant une dose d’au moins 40 % de la dose prescrite [38]. Les résultats de l’impact de la mise en œuvre d’une technique de curiethérapie optimisée par l’imagerie, après l’association radiochimiothérapie concomitante, montrent une augmentation spectaculaire du contrôle local (85 % à trois ans) des stades localement avancés, ce qui n’avait jamais pu être obtenu par aucun traitement combiné auparavant [39].

Tableau 1 Synthèse des résultats des essais de phase III de radiochimiothérapie concomitante des cancers du col utérin (1999-2002).

Essais

Patientes (nombre)

Stade FIGO

Radiothérapie

Chimiothérapie

Suivi médian (mois)

SSR (%)

SG (%)

  • GOG-123
  • Keys, 1999


  • 183
  • 186


  • Ib2 (> 4 cm)
  • N-LA


RT pelv (45 Gy ; 1,8-2 Gy/fr) + Cu (point A : 75 Gy) + hystérectomie extrafasciale versus RT pelv (45 Gy ; 1,8-2 Gy/fr) + Cu (point A : 75 Gy) + hystérectomie extrafasciale

CDDP à 40 mg/m2 hebdomadaire

36

  • 3 ans : 79
  • 63
  • p < 0,001


  • 3 ans : 83
  • 74
  • p = 0,008


  • RTOG-9001
  • Morris, 1999


  • 195
  • 193


  • Ib2, IIa (> 5 cm ou N + pelv) IIb, IVa
  • N-LA


RT pelv (45 Gy ; 1,8 Gy/fr) + Cu (point A : 85 Gy) versus RT pelv + LA (45 Gy ; 1,8 Gy/fr) + Cu (point A : 85 Gy)

CDDP à 75 mg/m2, 5-FU à 4 000 mg/m2, j21 × 3

43

  • 5 ans : 67
  • 40
  • p < 0,001


  • 5 ans : 73
  • 58
  • p = 0,004


  • GOG-120
  • Rose, 1999


  • 176
  • 173
  • 177


  • IIb
  • III
  • IVa
  • N-LA


RT pelv (40,8 Gy/24 fr ou 51 Gy/30 fr) + Cu (point A : 81 Gy) versus RT pelv (40,8 Gy/24 fr ou 51 Gy/30 fr) + Cu (point A : 81 Gy) versus RT pelv (40,8 Gy/24 fr ou 51 Gy/30 fr) + Cu (point A : 81 Gy)

  • CDDP à 40 mg/m2 hebd × 6
  • CDDP à 50 mg/m2, j29
  • 5-FU à 400 mg/m2, j29
  • HU à 2 000 mg/m2 bi-hebd × 6
  • HU à 2 000 mg/m2 bi-hebd × 6


35

  • 2 ans :
  • 67
  • 64
  • 47
  • p < 0,001


  • 2 ans : 66
  • 67 versus 50
  • p = 0,04


GOG-85 Whitney, 1999

  • 177
  • 191


  • IIb
  • III
  • IVa
  • N-LA


RT pelv (40,8 Gy/24 fr pour les stades IIb ou 51 Gy/30 fr pour les stades III et IVa) + Cu versus RT pelv (40,8 Gy/24 fr pour les stades IIb ou 51 Gy/30 fr pour les stades III et IVa) + Cu

  • CDDP à 50 mg/m2, j1-j29
  • 5-FU à 1 000 mg/m2, j2-j5 et j30-j33
  • HU à 80 mg/m2 bi-hebd


100

  • 3 ans
  • 59
  • 47
  • p = 0,03


  • 3 ans
  • 67
  • 57
  • p = 0,02


Wong, 1999

  • 110
  • 110


  • I et II
  • > 4 cm
  • IIb
  • III


RT pelvis (40 Gy/16 fr) + Cu (point A : 85-90 Gy ; point B : 60 Gy) versus RT pelvis (40 Gy/16 fr) + Cu (point A : 85-90 Gy ; point B : 60 Gy)

Épirubicine à 60 mg/m2, puis épirubicine 90 mg/m2 toutes les 4 sem × 5

66

  • 8 ans
  • 82
  • 70
  • p = 0,03


  • 8 ans
  • 80
  • 66
  • p = 0,04


  • SWOG-8797
  • Peters, 2000


  • 126
  • 115


  • Ia2, Ib, IIa : N + pelv
  • ou marges+
  • ou param+


CHL puis : RT pelv (49 Gy/29 fr) versus RT pelv (49 Gy/29 fr)

CDDP à 70 mg/m2 et 5-FU à 4 000 mg/m2, j21 × 4

42

  • 4 ans
  • 80
  • 63
  • p = 0,003


  • 4 ans
  • 81
  • 71
  • p = 0,007


Roberts, 2000

  • 78
  • 82


Ib2 à IVa

RT pelvis (40 Gy/20 fr pour les stades Ib2 et IIb ou 46 Gy pour les stades III et IVa) + Cu + complément dans les paramètres versus RT pelvis (idem) + Cu + complément dans les paramètres

Mitomycine C à 15 mg/m2 à j1 de la 1re sem de RT et j1 de la 6e sem de RT

46

  • 4 ans
  • 71
  • 44 (p = 0,01)


  • 4 ans
  • 72
  • 56
  • NS


NCIC Pearcey, 2002

  • 127
  • 126


Ib à IVa > 5 cm ou N + pelv

RT pelvis (45 Gy/25 fr) + Cu (point A : 24-27-35 Gy en fonction du débit) versus RT pelvis (45 Gy/25 fr) + Cu (idem)

CDDP à 40 mg/m2 hebd à j1, j8, j15, j22 et j29

82

  • 5 ans
  • NP
  • NP
  • NS


  • 5 ans
  • 62
  • 58
  • NS


Place des thérapeutiques ciblées

La recherche d’associations thérapeutiques non cytotoxiques avec la radiothérapie a débuté dès 1974 avec l’introduction du misonidazole pendant la radiothérapie pelvienne dans le but de radiosensibiliser la tumeur et de lutter contre l’hypoxie [40]. Quatre essais ont été conduits avec ce médicament sans aucun succès. Des dérivés nitro-imidazolés, étanidazole et pimonidazole ont été ensuite introduits en phase expérimentale sans démontrer plus de bénéfice, l’essai du Medical Research Council ayant même été prématurément arrêté en raison d’effets délétères [41]. Cette voie de recherche a donc été totalement abandonnée, jusqu’à ce que de multiples facteurs de radiorésistance impliquant certaines voies de signalisation intracellulaire aient été identifiés, et que l’on puisse utiliser des inhibiteurs spécifiques de ces voies pour améliorer le taux de réponse tumorale aux traitements. Une revue de la littérature, publiée récemment par Magné et al., décrit ces différentes voies de signalisation, le rationnel radiobiologique de l’association des thérapies ciblées à la radiothérapie ainsi que les résultats obtenus, surtout lors du traitement des carcinomes de la sphère ORL [42]. Les cancers du col utérin ayant d’importantes similitudes avec les cancers épidermoïdes de la sphère ORL, le modèle biologique établi lors du traitement des cancers ORL pourrait être appliqué aux cancers du col.

En résumé, l’utilisation, en association avec la radiothérapie, d’inhibiteurs du VEGF permettrait de lever la radioprotection de la cellule induite par l’hypoxie tumorale et par la radiothérapie elle-même. Les cellules hypoxiques, qui sont nombreuses dans les cancers du col utérin, produisent des facteurs angiogéniques comme le vascular endothelial growth factor (VEGF) et le fibroblast growth factor (FGF), ce qui conduit à envisager que l’angiogenèse soit au cœur de la radiorésistance liée à l’hypoxie [43-49]. Le rôle des radiations ionisantes sur les facteurs contrôlant l’angiogenèse tumorale a également été démontré dans des modèles précliniques. L’irradiation augmenterait la sécrétion d’agents protecteurs, et tout se passerait donc comme si la cellule endothéliale pouvait, en partie, être « radioprotégée » par la synthèse de VEGF [50]. En se basant sur les résultats bénéfiques en termes de contrôle local du cetuximab (agent anti-REGF) associé à la radiothérapie dans des cancers ORL localement évolués, on peut en déduire que cette thérapie pourrait également avoir de l’intérêt de potentialisation lors de l’irradiation des cancers du col utérin [51]. Nous ne disposons à ce jour d’aucune donnée clinique pour confirmer ces hypothèses, car des essais de phases I-I de thérapies ciblées sont toujours en cours, et les données en termes de toxicité et d’efficacité ne sont pas encore disponibles.

D’autres voies de recherche sur l’apoptose et le contrôle du cycle cellulaire se développent, notamment avec le facteur de transcription nuclear factor kappa B (NF-κB) [52], mais aucune étude clinique n’a été conduite dans le domaine des cancers gynécologiques. En revanche, la voie de la cyclo-oxygénase-2 (Cox-2) a été explorée lors de la prise en charge des cancers du col utérin. La voie Cox-2 est impliquée in vitro dans la croissance et la progression tumorale, via son impact sur le cycle cellulaire, les voies de l’apoptose et sur l’angiogenèse. La surexpression de Cox-2 dans les cancers du col utérin est plus souvent retrouvée dans des tumeurs peu différenciées et est associée à un impact défavorable sur les résultats en termes de survie [53]. Deux études de phases I-II et II testant l’association célécoxib et radiochimiothérapie, lors du traitement de patientes porteuses de cancers du col utérin de stades Ib2-IVa, ont été publiées en 2007 [54, 55]. La première étude a porté sur 84 patients, le célécoxib était délivré à la dose de 400 mg fois deux par jour pendant la radio-chimiothérapie qui consistait en l’administration de deux cycles de CDDP, 5-FU selon le schéma du RTOG [54]. Dans la seconde étude où 31 patientes ont été enrôlées, le CDDP était délivré de manière hebdomadaire, et le célécoxib a été administré à la dose de 400 mg fois deux par jour, deux semaines avant le début de la chimioradiothérapie, puis pendant la chimioradiothérapie, y compris durant la curiethérapie [55]. Ces deux études ont montré une toxicité digestive importante et 16 % de complications hématologiques de grades 3-4. Herera et al. rapportent un taux de réponse complète immédiat de 81 % et un taux de 66 % à plus long terme [55]. Il s’agit donc d’une approche intéressante, mais avant de pouvoir proposer la comparaison de cette stratégie et de la radiochimiothérapie classique, il sera nécessaire de définir la dose de célécoxib compatible avec une toxicité acceptable.

La majorité des cellules tumorales des cancers du col utérin étant infectée par le virus HPV, une nouvelle forme de radio-biomodulation par les antiviraux s’ouvre. Le laboratoire de radiobiologie de l’institut Gustave-Roussy a montré l’action radio-sensibilisatrice du cidofovir sélectivement sur les cellules infectées par le virus HPV sur des modèles cellulaires in vitro [56]. À partir de ces données, un essai de phases I-II a été débuté dans le but, d’une part, de déterminer la dose maximale tolérable de cette association et d’évaluer l’influence du traitement sur l’expression des oncoprotéines virales E6 et E7 d’HPV et sur la restauration des fonctions de p53 et de pRb. Cet essai s’adresse à des patientes porteuses de cancers localement avancés, quel que soit l’état ganglionnaire pelvien, mais en l’absence de métastase lomboaortique. Cette étude peut ouvrir de nouvelles perspectives de traitement efficace et potentiellement moins toxique que des thérapies telles que le célécoxib.

Cancers primitifs du vagin de la femme adulte

Les cancers du vagin représentent environ 2 % des cancers gynécologiques. Le traitement de référence associe dans la majorité des cas une irradiation externe et une curiethérapie. Seuls les stades I peuvent être traités avec succès par une curiethérapie seule, les lésions plus avancées bénéficient d’une combinaison d’irradiation externe et curiethérapie [57, 58]. Les résultats en termes de survie spécifique à cinq ans varient dans la littérature de 50 à 100 % pour les stades I, de 50 à 85 % pour les stades II, de 0 à 86 % pour les stades III et de 0 à 67 % pour les stades IV. Les résultats publiés récemment par De Crovoisier et al. sur une série homogène de 91 patientes porteuses de carcinomes épidermoïdes démontrent des taux de contrôle local à cinq ans de 79 % pour les stades I et II et de 63 % pour les stades III. La récidive locale est l’événement le plus fréquent (80 % des cas), et les résultats de survie spécifique sont de 83 % pour les stades I, 76 % pour les stades II et 52 % pour les stades III [59]. Le seul facteur pronostique qui a été retrouvé de façon constante dans toutes les séries est le stade FIGO [59-62]. L’âge, la longueur du vagin atteinte ont été également décrits comme des facteurs pouvant avoir un impact sur le contrôle local ou la survie sans récidive, alors que l’impact de l’envahissement ganglionnaire reste incertain, probablement en raison de la disparité de l’évaluation de l’atteinte ganglionnaire, surtout dans les séries les plus anciennes [61, 62]. La curiethérapie joue également un rôle crucial pour l’obtention du contrôle local. La place de la curiethérapie interstitielle reste controversée, bien qu’il semble que le contrôle local puisse être augmenté grâce à l’utilisation de cette technique [63-65].

Toutes les études s’accordent également pour conclure que les résultats des cancers localement avancés doivent être améliorés. Par analogie au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les cancers du col utérin, certaines équipes ont commencé, en 2000, à proposer des associations de radiothérapie et de platine à ces patientes. Les résultats des premiers essais de phase II démontrent, le plus souvent, un impact modeste du traitement combiné [66-68]. L’étude la plus récente rapportée par Samant et al. encourage cependant à poursuivre dans cette voie de recherche, puisque les taux de survie sans progression à cinq ans sont de 92 % pour l’ensemble du groupe (stades II-IVa) [69]. Toutefois, ces résultats ont été obtenus au prix d’une toxicité sévère peu acceptable de 17 % (complications nécessitant une chirurgie).

Cancers de l’endomètre

Le cancer de l’endomètre devient le cancer gynécologique le plus fréquent dans les pays développés. Près de 90 % des patientes sont diagnostiquées à un stade I ou II et ont un excellent pronostic, puisque seulement 10 à 15 % d’entre elles présenteront une récidive [70]. En revanche, les cancers localement avancés (stades III et IV) constituent un groupe hétérogène de tumeurs qui comprend aussi bien des lésions localisées à l’utérus avec cytologie péritonéale positive ou envahissement ganglionnaire que des atteintes vaginales localisées ou des extensions abdominales massives. Greven et al. ont parfaitement démontré que la survie sans récidive était corrélée au nombre de sites envahis [71]. Quel que soit le stade initial de la maladie, le choix de la stratégie thérapeutique est d’abord basé sur l’opérabilité de la patiente. En effet, la chirurgie radicale première est considérée comme un standard, puisqu’elle est la méthode de choix pour réaliser une stadification précise, recueillir les informations pronostiques et assurer le contrôle locorégional. Jusqu’à récemment, le traitement adjuvant des cancers de l’endomètre était exclusivement limité à la radiothérapie (curiethérapie de la voûte vaginale, radiothérapie externe ou combinaison des deux). La radiothérapie adjuvante est actuellement recommandée pour tous les stades II et III, ainsi que pour tous les stades I, sauf pour les stades Ia de grades 1 et 2. L’intérêt de la radiothérapie externe postopératoire, pour les stades Ib de haut grade et les stades Ic, a été évalué par trois essais cliniques randomisés [72-74]. Ces trois essais sont concordants pour conclure que globalement, la radiothérapie externe permet de diminuer significativement le taux de récidive locorégionale (10 %), sans aucun impact sur l’évolution métastatique ni sur la survie avec une augmentation significative des complications dans l’essai PORTEC (de 4 à 26 %). Compte tenu de la toxicité et de l’absence d’impact sur la survie, les investigateurs de ces essais ont conclu qu’un tel traitement adjuvant ne devait être proposé qu’aux patientes dont la probabilité de récidive était supérieure à 10 %. Ce groupe de patientes dites « à haut risque » sont les patientes de plus de 60 ans porteuses de stades Ic de grades 1-2 et les patientes porteuses de tumeurs de grade 3, quel que soit l’âge dans l’essai PORTEC [73]. Dans l’essai GOG-99, les patientes à plus haut risque de récidive sont celles qui, en fonction de l’âge, présentent un ou plusieurs des facteurs pronostiques suivants : infiltration du myomètre, grade 3, présence d’embolies vasculaires [74]. De ces essais, on peut également conclure que les récidives métastatiques prédominent dans ce groupe de patientes porteuses de tumeurs à haut risque confinées à l’utérus, ce qui conduit à s’interroger sur la pertinence d’utiliser la chimiothérapie pour contrôler l’évolution à distance.

La chimiothérapie n’a été longtemps envisagée que dans le cadre de la prise en charge de lésions métastatiques ou récidivantes (ganglionnaire massif ou viscéral) [16, 17]. Par analogie aux cancers de l’ovaire, la chimiothérapie a également été utilisée comme seul traitement adjuvant des stades III et IV, puisque les taux de survie à cinq ans de ce groupe de patientes restaient dramatiquement bas, 30 et 10 % respectivement après irradiation abdominale totale [75, 76]. Mundt et al. et Randall et al. ont ainsi démontré que la chimiothérapie adjuvante, comparée à l’irradiation abdominale totale, permet d’augmenter les taux de survie sans progression en diminuant surtout le taux de localisations extra-abdominale (10 contre 19 %), mais au prix d’une augmentation significative des récidives pelviennes de 18 à 40 % selon les séries [77, 78]. Ainsi, la chimiothérapie seule ne peut être considérée comme un traitement approprié pour les stades localement avancés, puisqu’elle ne permet pas d’assurer le contrôle local. Plusieurs études, pour la plupart rétrospectives, ont rapporté des résultats comparatifs des traitements adjuvants consistant soit en une radiothérapie seule, soit en une chimiothérapie seule, soit en la combinaison des deux [77, 79-82]. Les résultats les plus impressionnants ont été rapportés par Onda et al., avec un taux de survie à cinq ans de 84 % chez des patientes porteuses de stades IIIc ayant reçu une combinaison d’irradiation pelvienne et lomboaortique et de chimiothérapie [75]. L’étude publiée récemment par Alvarez et al. démontre des taux de survie globale et de survie sans progression de 33 et 19 % après chimiothérapie seule, de 70 et 59 % après irradiation seule et de 79 et 62 % après traitement combiné (p = 0,001) [82]. Il n’y a que peu d’études prospectives qui aient étudié la faisabilité et l’efficacité de l’administration en adjuvant, chez les patientes porteuses de stades I et II à haut risque, d’une chimiothérapie seule ou combinée de manière concomitante ou séquentielle à la radiothérapie [83-87]. L’essai GOG-34, qui proposait dans le bras expérimental de l’adriamycine, alors que l’irradiation était optionnelle dans les deux bras, n’a retrouvé aucun bénéfice à ce traitement adjuvant qui, par ailleurs, était mal toléré [83]. En revanche, l’essai japonais publié récemment rapporte, pour les patientes à haut risque, un bénéfice significatif du CAP (cyclophosphamide, adriamycine, platine) comparé à la radiothérapie adjuvante en termes de survie sans progression (83,8 contre 66,2 % ; p = 0,024) et de survie globale (89,7 contre 73,6 % ; p = 0,006). [87] De même, les essais testant l’impact d’une radiochimiothérapie concomitante se sont soldés par des résultats encourageants. L’essai de phase I, publié par Frigerio et al. à l’université de Milan, a démontré que l’association radiothérapie-placlitaxel hebdomadaire était faisable [84]. L’essai de phase II RTOG-9708, conduit entre octobre 1997 et avril 1999, avait pour but de déterminer la faisabilité, la toxicité d’une stratégie comportant une radiochimiothérapie concomitante (ciplatine à 50 mg/m2 j1-j28), suivie de curiethérapie de la voûte vaginale, suivie d’une chimiothérapie adjuvante (quatre cures de cisplatine-placlitaxel), ainsi que de déterminer les modalités de récidive et les taux de survie. Cet essai a inclus 46 patientes porteuses de stades Ib G3, Ic G2, G3, II et III G2, G3 avec infiltration de plus de 50 % du myomètre. À quatre ans, les taux de récidive locale, régionale et métastatique sont de 2, 2 et 19 %, respectivement. Aucune récidive n’est survenue chez les patientes traitées pour des stades I et II. Le taux de survie globale pour l’ensemble du groupe est de 85 % et le taux de survie sans récidive de 81 %. Pour les stades III, ces taux sont de 77 et 72 %, respectivement [86]. L’implémentation des techniques d’irradiation conformationnelle avec modulation d’intensité a le potentiel d’améliorer la tolérance de ces traitements combinés en postopératoire [88]. Le rôle de l’hormonothérapie et des thérapeutiques ciblées reste à explorer.

Cancers de la vulve

Les cancers invasifs de la vulve représentent 3 à 5 % des cancers gynécologiques [89]. Quatre-vingt-cinq pour cent (85) à 90 % des lésions sont des carcinomes épidermoïdes, les principaux facteurs pronostiques sont le stade, la taille tumorale, les embolies vasculaires et le statut ganglionnaire [90].

Carcinomes épidermoïdes

La chirurgie est la pierre angulaire du traitement des cancers épidermoïdes de stade précoce, mais l’on a assisté à une évolution des techniques chirurgicales au cours du temps. La vulvectomie totale avec curage inguino-fémoral bilatéral a longtemps été considérée comme la technique de référence, alors qu’actuellement, les patientes porteuses de stade T1 bénéficient d’une exérèse large conservatrice et d’une technique du ganglion sentinelle [91, 92]. La radiothérapie pelvienne et inguinale s’impose en postopératoire en cas d’envahissement ganglionnaire, en particulier lorsqu’il existe une macrométastase avec rupture capsulaire ou plusieurs micrométastases [93]. Les patientes avec un envahissement ganglionnaire massif ont un pronostic très défavorable. Le risque de décès des patientes présentant plus de trois ganglions envahis est sept à huit fois plus élevé que chez les patientes sans envahissement ganglionnaire [90]. Alors qu’une étude italienne portant sur 14 patientes a suggéré que quatre cycles de cisplatine à 100 mg/m2-adjuvant pouvaient améliorer le pronostic dans cette situation d’envahissement ganglionnaire massif, une étude rétrospective portant sur 22 patientes n’a pas permis de démontrer le moindre bénéfice de la radiochimiothérapie concomitante associant 5-FU-mitomycine C [94, 95]. Cependant, on ne peut que conclure que les associations de radiothérapie et de chimiothérapie concomitantes n’ont pas été réellement investiguées dans cette situation.

Pour les patientes porteuses d’une tumeur localement avancée, la vulvectomie totale avec curage ganglionnaire ne doit être considérée que si la lésion peut être réséquée in sano, sans dommage pour le sphincter et sans réalisation de dérivation digestive ou urinaire (stomie) [96]. En effet, la radiochimiothérapie concomitante à base de 5-FU (associée à la mitomycine C ou au ciplatine), suivie de chirurgie adaptée à la tumeur résiduelle, apparaît comme modalité de traitement très attractive pour réduire l’extension de la chirurgie [97, 98]. Les résultats de ce traitement combiné sont résumés dans le tableau 2. Le taux de réponse globale varie selon les séries de 81,2 à 100 % et le taux de réponse complète de 46,5 à 72,2 %. Cependant, les taux de récidive restent élevés : 0 à 33 % en cas de réponse complète et 40 à 100 % en cas de réponse partielle [99, 7, 100-109]. Des études récentes ont démontré que les cellules de carcinome épidermoïde vulvaire sont sensibles in vitro au placitaxel, mais aucune étude clinique prospective n’a été menée à ce jour [110, 111].

Tableau 2 Radio-chimiothérapie concomitante des cancers localement avancés de la vulve : résultats des protocoles de traitement utilisant la 5-FU avec la mitomycine C ou le cisplatine.

Auteurs

Patientes (nombre)

Radiothérapie (Gy)

Chimiothérapie

Taux de réponse

Levin et al.

6

20-25

5 FU + MMC

RG = 6 (100 %)

Thomas et al.

24

45-51

5 FU + MMC

RC = 14 (58,3 %)

Sebag-Montefiore et al.

32

45-50

5 FU + MMC

  • RC = 15 (46,8 %)
  • RG = 26 (81,2 %)


Wahlen et al.

19

45-50

5 FU + MMC

  • RC = 10 (53 %)
  • RG = 17 (89,4 %)


Lupi et al.

31

54

5 FU + MMC

RG = 29 (93,5 %)

Landoni et al.

58

54

5 FU + MMC

pRC = 13 (31 %)

Berek et al.

12

44-54

CDDP + 5-FU

RG = 11 (91 %)

Russell et al.

25

36-54

CDDP + 5-FU

RC = 20 (80 %)

Eifel et al.

12

40-50

CDDP + 5-FU

RG = 11 (91,7 %)

Cunningham et al.

14

50-65

CDDP + 5-FU

  • RC = 9 (64,3 %)
  • RG = 13 (92,8 %)


Moore et al.

71

47,6

CDDP + 5-FU

RC = 33 (46,5 %)

Gerszten et al.

18

44,6

CDDP + 5-FU

  • RC = 1 3(72,2 %)
  • RG = 18 (100 %)


Autres histologies

La chirurgie est également l’arme thérapeutique majeure des mélanomes, adénocarcinomes et autres types histologiques des cancers de la vulve. Nous disposons de très peu de données démontrant l’intérêt de réaliser un traitement adjuvant que ce soit la radiothérapie, la chimiothérapie ou les deux. L’association radiothérapie-cisplatine et 5-FU a été utilisée en préopératoire dans quelques cas de cancers de la glande de Bartholin localement évolués avec des taux de survie sans progression de 30 à 59 mois [112, 113]. De même, une association de chimioradiothérapie avec une dose modérée de 40 Gy a démontré sa capacité à éradiquer des adénocarcinomes vulvaires avec maladie de Paget associée [114].

Conclusion

Au total, les associations de radiothérapie et de chimiothérapie concomitante sont considérées comme le traitement de référence des cancers de stades Ib2 à IVa du col de l’utérus et comme une option en préopératoire pour les carcinomes épidermoïdes évolués de la vulve. Cependant, pour les cancers vulvaires, nous manquons de données à long terme pour juger de l’impact d’une telle stratégie de traitement sur la survie, et l’on ne dispose pas véritablement de séries permettant de porter un jugement sur l’impact du traitement combiné pour les lésions vulvaires de petite taille avec envahissement ganglionnaire massif. Les résultats des premiers essais de phase II de chimioradiothérapie concomitante pour les cancers localement avancés du vagin démontrent le plus souvent un impact modeste du traitement combiné avec une toxicité très importante. Bien que les associations radio-chimiothérapie concomitante après chirurgie maximaliste semblent capables d’améliorer les résultats des cancers de l’endomètre à haut risque de récidive, il est nécessaire de conduire des essais prospectifs de phase III pour déterminer notamment la meilleure séquence de traitement (concomitant contre séquentiel). Le cisplatine, quelle que soit sa modalité d’administration, reste le médicament majeur, le rôle de la 5-FU reste à préciser, et la mitomycine C joue certainement un rôle important dans la prise en charge des cancers épidermoïdes de la vulve. Le paclitaxel est incontestablement l’autre médicament majeur à associer à la radiothérapie avec ou sans cisplatine, mais cette nouvelle stratégie devra être comparée au traitement de référence dans le cadre d’essais de phase III. Les thérapeutiques ciblées suscitent un intérêt dans toutes les situations où la radiochimiothérapie concomitante a démontré un bénéfice et particulièrement dans la prise en charge des cancers du col utérin. Cependant, nous ne disposons encore d’aucun résultat permettant de mesurer l’impact clinique de ces thérapeutiques ciblées, puisque les essais sont en cours pour les cancers du col utérin et n’ont pas encore été envisagés pour les autres localisations tumorales.

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