ARTICLE
Auteur(s) : I
Barillot1, C Haie-Meder2
1Université François-Rabelais, centre régional
universitaire de cancérologie Henry-S.-Kaplan, CHU
de Tours, hôpital Bretonneau, 2, boulevard Tonnellé, 37000
Tours, France
2Institut Gustave-Roussy, 39,
rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif, France
Article reçu le 1 Juin 2008, accepté le 5 Novembre 2008
Introduction
Le traitement des cancers gynécologiques repose essentiellement sur
la chirurgie et la radiothérapie. La chimiothérapie adjuvante
et/ou d’induction s’est largement imposée depuis plusieurs
décennies dans le cancer de l’ovaire, alors que ces stratégies
thérapeutiques n’ont pas montré de bénéfice dans la grande majorité
des situations pour les autres cancers gynécologiques [1-5].
Les premiers résultats concernant les associations de
radiothérapie et de chimiothérapie concomitantes ont été rapportés
à la fin des années 1970 pour les cancers du col utérin, et dès le
milieu des années 1980 pour les cancers avancés vulvovaginaux comme
une alternative à la chirurgie lourde. Cependant, ces résultats
jugés significatifs dans certaines séries sont restés très
confidentiels [6, 7]. Les premiers essais randomisés de
radiothérapie et de chimiothérapie concomitantes à base de sels de
platine, chez des patientes porteuses de cancers du col utérin
localement avancés ou présentant un envahissement ganglionnaire,
n’ont pas permis de mettre en évidence un bénéfice significatif
[8-10]. Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que
des essais portant sur des effectifs suffisants et présentant moins
de biais méthodologiques permettent de démontrer la supériorité
incontestable du traitement combiné sur la radiothérapie seule
[11-15].
Les cancers de l’endomètre sont diagnostiqués dans environ 90 %
des cas à un stade précoce, et la chirurgie, suivie de
radiothérapie adjuvante, permet d’obtenir des taux de contrôle
local entre 90 et 100 %, et des taux de survie globale qui varient
de 70 à 98 % à cinq ans. La chimiothérapie n’a longtemps été
envisagée que dans le cadre de la prise en charge de lésions
extrêmement évoluées localement ou métastatiques (ganglionnaire
massif ou viscéral) [16, 17]. Le rationnel pour une
utilisation combinée de la radiothérapie et de la chimiothérapie en
postopératoire n’a été établi que récemment.
La modulation pharmacologique des radiations ionisantes, lors du
traitement des cancers gynécologiques, a débuté dès les années
1980, plus particulièrement dans le cadre de la prise en charge des
cancers du col utérin. Cependant, comme les essais d’association de
radiothérapie et de radiosensibilisants n’ont conduit à aucun
résultat positif ou, au contraire, à l’émergence d’effets délétères
[18-20], cette voie de recherche a été totalement abandonnée
pendant 20 ans. Récemment s’est ouverte une nouvelle voie
d’utilisation des thérapeutiques ciblées qui ont la capacité de
bloquer la transmission de signaux cytoprotecteurs radio-induits et
donc d’agir comme radiosensibilisants [21].
Cette revue de la littérature a pour but de faire le point sur
l’état actuel de l’utilisation des associations de
radiochimiothérapie concomitante dans les cancers gynécologiques, à
l’exception des tumeurs ovariennes, et de dégager des voies
d’avenir.
Cancers du col utérin
Association radiochimiothérapie
Les cancers du col utérin peuvent être schématiquement divisés en
trois grands groupes : les carcinomes de stade précoce, les
carcinomes de stade évolué et les carcinomes avec métastases
viscérales d’emblée. Les carcinomes de stade précoce
correspondent aux lésions de moins de 4 cm sans envahissement
ganglionnaire. Les carcinomes évolués incluent des lésions de
moins de 4 cm confinées au col, avec envahissement
ganglionnaire, mais également des lésions fixées à la paroi
pelvienne, avec ou sans envahissement ganglionnaire. Cette
subdivision est basée sur la connaissance des facteurs pronostiques
(envahissement ganglionnaire, stade, taille tumorale) et permet
effectivement de sélectionner les cancers dont le pronostic est
défavorable et pour lesquels la prescription d’un traitement
associé à l’irradiation doit être discutée.
Depuis une quinzaine d’années, de nombreuses études ont évalué
l’apport d’une chimiothérapie concomitante à la radiothérapie
externe dans ces cancers du col utérin localement évolués, qui
représentent plus de 50 % des cancers du col [22].
Les premières études ont surtout porté sur l’association des
radiations ionisantes avec la mitomycine C (par analogie au cancer
du canal anal) et l’hydroxyurée [23, 24]. L’amélioration de 10 % du
contrôle pelvien, initialement observée par Thomas et al. par
comparaison à une série historique [25], grâce à l’adjonction de
5-FU-mitomycine C à la radiothérapie, n’a jamais été confirmée par
d’autres études. L’hydroxyurée, qui a démontré un potentiel de
radiosensibilisation par blocage du cycle cellulaire, a été
comparée à un placebo, puis a été associée avec une immunothérapie
et, enfin, avec du misonidazole dans trois essais successifs du
Gynecology Oncology Group (GOG) [3, 6, 26]. Le premier, très
critiquable, du fait d’un nombre très important de patients
inévaluables, a montré une amélioration de la médiane de survie de
six mois, jugée suffisante pour proposer l’association
radiothérapie-hydroxyurée comme le traitement de référence des
stades IIIb dans les essais suivants. Cependant, les résultats de
ces autres essais ont été moins probants, l’association
radiothérapie-hydroxyurée-misonidazole ayant eu un impact
défavorable [6]. Les étapes suivantes ont été marquées par
l’utilisation de la radiochimiothérapie concomitante « standard » à
base de sels de platine. Les premiers essais de phase III,
comparant la radiochimiothérapie avec cisplatine à l’irradiation
seule dans les stades localement avancés, ont cependant longtemps
fait douter de l’efficacité d’une telle approche. Bien que les taux
de réponse immédiate fussent en moyenne de 10 % supérieurs avec le
traitement combiné, aucun impact sur la survie n’a pu être démontré
dans ces premiers essais, alors que le taux de complications était
significativement augmenté [8-10]. Début 1999, les résultats de
cinq essais thérapeutiques montrant l’efficacité de l’association
radiothérapie-cisplatine sont venus relancer le débat. Depuis cette
époque, plus de 20 essais randomisés ont été réalisés, et deux
méta-analyses ont été publiées. Les résultats des principaux
essais sont résumés dans le tableau 1.
La première méta-analyse portant sur les 19 premiers essais
publiés a rassemblé les données de 4 580 patientes et montré une
augmentation significative de la survie globale de 12 %, grâce à la
chimioradiothérapie (risque relatif [RR] = 1,20 ; IC 95 % =
[1,14-1,26] ; p < 0,001). La survie sans maladie était
également plus élevée de façon statistiquement significative dans
le bras chimioradiothérapie (bénéfice : 16 % et RR = 1,26 ; IC 95 %
= [1,17-1,35] ; p < 0,001). Cette amélioration de la survie
était en rapport avec une diminution significative des récidives
locales et métastatiques. Les taux de survie les plus élevés
ont été mis en évidence chez les patientes ayant reçu un sel de
platine (carboplatine, cisplatine) [p < 0,0001], et le bénéfice
était également plus marqué dans les essais incluant une proportion
élevée de cancers de stades I et II [27]. Aucun bénéfice
statistiquement significatif de la chimioradiothérapie n’a été
réellement mis en évidence pour les tumeurs localement évoluées (de
stades III et IV) peut-être en raison de la faiblesse des effectifs
inclus. Cependant, dans la majorité des essais, les résultats en
termes de contrôle local sont meilleurs que ceux observés avec la
radiothérapie seule. La toxicité gastro-intestinale et
hématologique est plus importante dans le groupe
chimio-radiothérapie ; cependant, les détails sur la toxicité
tardive étant peu renseignés dans ces premiers essais, il n’a pas
été possible de conclure à une augmentation des complications
tardives avec la chimioradiothérapie [27]. L’analyse à huit ans des
résultats de l’essai RTOG 90-01 semble confirmer l’hypothèse de
l’absence de complications à long terme de cette association par
comparaison à la radiothérapie seule, mais un recul encore plus
long est nécessaire avant de conclure sur ces seules données [28].
Green et al., en 2005, ont réactualisé les données de cette
première méta-analyse en incluant les derniers essais
thérapeutiques de phase III publiés ou non encore publiés, portant
ainsi le nombre d’essais analysés à 24 et le nombre total de
patientes à 4 921 [29]. Cette nouvelle analyse confirme les
résultats de la précédente en affinant le bénéfice apporté par le
traitement combiné : respectivement, 10 et 13 % de gain de taux de
survie sans récidive et de survie globale.
Bien que l’association d’une chimiothérapie à la radiothérapie
soit utilisée de manière standard chez les patientes présentant une
tumeur de plus de 4 cm et/ou présentant un envahissement
ganglionnaire, il n’en demeure pas moins que nous ne savons pas si
une polychimiothérapie est supérieure à une monothérapie, et si les
schémas actuels (cisplatine seul, ou cisplatine et 5-FU) sont
optimaux [30]. La supériorité de la combinaison
cisplatine-5-FU-radiothérapie a été particulièrement défendue par
le Radiation Therapy Oncology Group (RTOG), puisque l’essai 90-01,
qui utilisait cette combinaison, démontrait de meilleurs résultats
par rapport aux autres essais conduits sur la même période qui
étaient basés sur l’association cisplatine
hebdomadaire-radiothérapie [28]. Cependant, les résultats de
l’essai GOG-165 publiés plus récemment, dont l’objectif était de
comparer les deux schémas, n’ont pas permis de confirmer cette
hypothèse [31]. L’association de la radiothérapie avec de nouveaux
médicaments ; tels que le paclitaxel, la tirapazamine, le topotécan
et la vinorelbine, qui agissent comme radiosensibilisants avec un
meilleur effet antitumoral et une toxicité moindre sur les tissus
sains [32, 33], n’a fait l’objet que d’essais de phases I, I-II ou
II. Ces associations sont faisables mais devront donc être
comparées au traitement de référence dans le cadre d’essais de
phase III [34, 35].
Les résultats de ces études de radiochimiothérapie ne
s’appliquent pas aux patientes qui ont un envahissement
ganglionnaire lombo-aortique. Pour ces dernières, aucun standard
thérapeutique n’a été à ce jour établi. De même, dans toutes
ces études, aucune stratification n’a été faite sur le type
histologique. Les adénocarcinomes auraient des modalités
d’évolution différentes avec un risque métastatique plus grand
[36]. Enfin, l’impact sur les résultats des techniques optimisées
de radiothérapie externe et de curiethérapie associées à la
chimiothérapie est inconnu. Par manque de données de niveau A, nous
ne pouvons pas l’évaluer. Des résultats prometteurs ont été
rapportés par l’équipe de Pittsburhg, concernant l’association
radiothérapie avec modulation d’intensité-chimiothérapie
concomitante pour l’irradiation des patientes présentant une
extension tumorale lombo-aortique, avec des taux actuariels à deux
ans de contrôle local, de survie sans récidive, de survie globale
et de toxicité sévère de 80, 51, 65 et 10 %, respectivement [37].
L’équipe de Chicago a démontré la capacité de la radiothérapie avec
modulation d’intensité à diminuer potentiellement le taux de
toxicité hématologique des patientes traitées par irradiation et
chimiothérapie concomitante, grâce à une diminution de 15 % du
volume de crête iliaque recevant une dose d’au moins 40 % de la
dose prescrite [38]. Les résultats de l’impact de la mise en
œuvre d’une technique de curiethérapie optimisée par l’imagerie,
après l’association radiochimiothérapie concomitante, montrent une
augmentation spectaculaire du contrôle local (85 % à trois ans) des
stades localement avancés, ce qui n’avait jamais pu être obtenu par
aucun traitement combiné auparavant [39].
Tableau 1 Synthèse des résultats des essais de phase
III de radiochimiothérapie concomitante des cancers du col utérin
(1999-2002).
|
Essais
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Patientes (nombre)
|
Stade FIGO
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Radiothérapie
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Chimiothérapie
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Suivi médian (mois)
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SSR (%)
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SG (%)
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RT pelv (45 Gy ; 1,8-2 Gy/fr) + Cu (point A :
75 Gy) + hystérectomie extrafasciale versus RT pelv
(45 Gy ; 1,8-2 Gy/fr) + Cu (point A :
75 Gy) + hystérectomie extrafasciale
|
CDDP à 40 mg/m2 hebdomadaire
|
36
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|
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- Ib2, IIa (> 5 cm ou N + pelv) IIb, IVa
- N-LA
|
RT pelv (45 Gy ; 1,8 Gy/fr) + Cu (point A :
85 Gy) versus RT pelv + LA (45 Gy ; 1,8 Gy/fr) + Cu
(point A : 85 Gy)
|
CDDP à 75 mg/m2, 5-FU à 4
000 mg/m2, j21 × 3
|
43
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|
RT pelv (40,8 Gy/24 fr ou 51 Gy/30 fr) + Cu
(point A : 81 Gy) versus RT pelv (40,8 Gy/24 fr ou
51 Gy/30 fr) + Cu (point A : 81 Gy) versus RT pelv
(40,8 Gy/24 fr ou 51 Gy/30 fr) + Cu (point A :
81 Gy)
|
- CDDP à 40 mg/m2 hebd × 6
- CDDP à 50 mg/m2, j29
- 5-FU à 400 mg/m2, j29
- HU à 2 000 mg/m2 bi-hebd × 6
- HU à 2 000 mg/m2 bi-hebd × 6
|
35
|
- 2 ans :
- 67
- 64
- 47
- p < 0,001
|
- 2 ans : 66
- 67 versus 50
- p = 0,04
|
|
GOG-85 Whitney, 1999
|
|
|
RT pelv (40,8 Gy/24 fr pour les stades IIb ou
51 Gy/30 fr pour les stades III et IVa) + Cu versus RT
pelv (40,8 Gy/24 fr pour les stades IIb ou
51 Gy/30 fr pour les stades III et IVa) + Cu
|
- CDDP à 50 mg/m2, j1-j29
- 5-FU à 1 000 mg/m2, j2-j5 et j30-j33
- HU à 80 mg/m2 bi-hebd
|
100
|
|
|
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Wong, 1999
|
|
|
RT pelvis (40 Gy/16 fr) + Cu (point A : 85-90 Gy ;
point B : 60 Gy) versus RT pelvis (40 Gy/16 fr) + Cu
(point A : 85-90 Gy ; point B : 60 Gy)
|
Épirubicine à 60 mg/m2, puis épirubicine
90 mg/m2 toutes les 4 sem × 5
|
66
|
|
|
|
|
- Ia2, Ib, IIa : N + pelv
- ou marges+
- ou param+
|
CHL puis : RT pelv (49 Gy/29 fr) versus RT pelv
(49 Gy/29 fr)
|
CDDP à 70 mg/m2 et 5-FU à 4
000 mg/m2, j21 × 4
|
42
|
|
|
|
Roberts, 2000
|
|
Ib2 à IVa
|
RT pelvis (40 Gy/20 fr pour les stades Ib2 et IIb ou
46 Gy pour les stades III et IVa) + Cu + complément dans les
paramètres versus RT pelvis (idem) + Cu + complément dans les
paramètres
|
Mitomycine C à 15 mg/m2 à j1 de la 1re
sem de RT et j1 de la 6e sem de RT
|
46
|
|
|
|
NCIC Pearcey, 2002
|
|
Ib à IVa > 5 cm ou N + pelv
|
RT pelvis (45 Gy/25 fr) + Cu (point A : 24-27-35 Gy
en fonction du débit) versus RT pelvis (45 Gy/25 fr) + Cu
(idem)
|
CDDP à 40 mg/m2 hebd à j1, j8, j15, j22 et j29
|
82
|
|
|
Place des thérapeutiques ciblées
La recherche d’associations thérapeutiques non cytotoxiques avec la
radiothérapie a débuté dès 1974 avec l’introduction du misonidazole
pendant la radiothérapie pelvienne dans le but de radiosensibiliser
la tumeur et de lutter contre l’hypoxie [40]. Quatre essais ont été
conduits avec ce médicament sans aucun succès. Des dérivés
nitro-imidazolés, étanidazole et pimonidazole ont été ensuite
introduits en phase expérimentale sans démontrer plus de bénéfice,
l’essai du Medical Research Council ayant même été prématurément
arrêté en raison d’effets délétères [41]. Cette voie de recherche a
donc été totalement abandonnée, jusqu’à ce que de multiples
facteurs de radiorésistance impliquant certaines voies de
signalisation intracellulaire aient été identifiés, et que l’on
puisse utiliser des inhibiteurs spécifiques de ces voies pour
améliorer le taux de réponse tumorale aux traitements. Une revue de
la littérature, publiée récemment par Magné et al., décrit ces
différentes voies de signalisation, le rationnel radiobiologique de
l’association des thérapies ciblées à la radiothérapie ainsi que
les résultats obtenus, surtout lors du traitement des carcinomes de
la sphère ORL [42]. Les cancers du col utérin ayant
d’importantes similitudes avec les cancers épidermoïdes de la
sphère ORL, le modèle biologique établi lors du traitement des
cancers ORL pourrait être appliqué aux cancers du col.
En résumé, l’utilisation, en association avec la radiothérapie,
d’inhibiteurs du VEGF permettrait de lever la radioprotection de la
cellule induite par l’hypoxie tumorale et par la radiothérapie
elle-même. Les cellules hypoxiques, qui sont nombreuses dans
les cancers du col utérin, produisent des facteurs angiogéniques
comme le vascular endothelial growth factor (VEGF) et le fibroblast
growth factor (FGF), ce qui conduit à envisager que l’angiogenèse
soit au cœur de la radiorésistance liée à l’hypoxie [43-49].
Le rôle des radiations ionisantes sur les facteurs contrôlant
l’angiogenèse tumorale a également été démontré dans des modèles
précliniques. L’irradiation augmenterait la sécrétion d’agents
protecteurs, et tout se passerait donc comme si la cellule
endothéliale pouvait, en partie, être « radioprotégée » par la
synthèse de VEGF [50]. En se basant sur les résultats bénéfiques en
termes de contrôle local du cetuximab (agent anti-REGF) associé à
la radiothérapie dans des cancers ORL localement évolués, on peut
en déduire que cette thérapie pourrait également avoir de l’intérêt
de potentialisation lors de l’irradiation des cancers du col utérin
[51]. Nous ne disposons à ce jour d’aucune donnée clinique pour
confirmer ces hypothèses, car des essais de phases I-I de thérapies
ciblées sont toujours en cours, et les données en termes de
toxicité et d’efficacité ne sont pas encore disponibles.
D’autres voies de recherche sur l’apoptose et le contrôle du
cycle cellulaire se développent, notamment avec le facteur de
transcription nuclear factor kappa B (NF-κB) [52], mais aucune
étude clinique n’a été conduite dans le domaine des cancers
gynécologiques. En revanche, la voie de la cyclo-oxygénase-2
(Cox-2) a été explorée lors de la prise en charge des cancers du
col utérin. La voie Cox-2 est impliquée in vitro dans la
croissance et la progression tumorale, via son impact sur le cycle
cellulaire, les voies de l’apoptose et sur l’angiogenèse.
La surexpression de Cox-2 dans les cancers du col utérin est
plus souvent retrouvée dans des tumeurs peu différenciées et est
associée à un impact défavorable sur les résultats en termes de
survie [53]. Deux études de phases I-II et II testant l’association
célécoxib et radiochimiothérapie, lors du traitement de patientes
porteuses de cancers du col utérin de stades Ib2-IVa, ont été
publiées en 2007 [54, 55]. La première étude a porté sur 84
patients, le célécoxib était délivré à la dose de 400 mg fois
deux par jour pendant la radio-chimiothérapie qui consistait en
l’administration de deux cycles de CDDP, 5-FU selon le schéma du
RTOG [54]. Dans la seconde étude où 31 patientes ont été enrôlées,
le CDDP était délivré de manière hebdomadaire, et le célécoxib a
été administré à la dose de 400 mg fois deux par jour, deux
semaines avant le début de la chimioradiothérapie, puis pendant la
chimioradiothérapie, y compris durant la curiethérapie [55].
Ces deux études ont montré une toxicité digestive importante
et 16 % de complications hématologiques de grades 3-4. Herera et
al. rapportent un taux de réponse complète immédiat de 81 % et un
taux de 66 % à plus long terme [55]. Il s’agit donc d’une
approche intéressante, mais avant de pouvoir proposer la
comparaison de cette stratégie et de la radiochimiothérapie
classique, il sera nécessaire de définir la dose de célécoxib
compatible avec une toxicité acceptable.
La majorité des cellules tumorales des cancers du col utérin
étant infectée par le virus HPV, une nouvelle forme de
radio-biomodulation par les antiviraux s’ouvre. Le laboratoire
de radiobiologie de l’institut Gustave-Roussy a montré l’action
radio-sensibilisatrice du cidofovir sélectivement sur les cellules
infectées par le virus HPV sur des modèles cellulaires in vitro
[56]. À partir de ces données, un essai de phases I-II a été débuté
dans le but, d’une part, de déterminer la dose maximale tolérable
de cette association et d’évaluer l’influence du traitement sur
l’expression des oncoprotéines virales E6 et E7 d’HPV et sur la
restauration des fonctions de p53 et de pRb. Cet essai s’adresse à
des patientes porteuses de cancers localement avancés, quel que
soit l’état ganglionnaire pelvien, mais en l’absence de métastase
lomboaortique. Cette étude peut ouvrir de nouvelles perspectives de
traitement efficace et potentiellement moins toxique que des
thérapies telles que le célécoxib.
Cancers primitifs du vagin de la femme
adulte
Les cancers du vagin représentent environ 2 % des cancers
gynécologiques. Le traitement de référence associe dans la
majorité des cas une irradiation externe et une curiethérapie.
Seuls les stades I peuvent être traités avec succès par une
curiethérapie seule, les lésions plus avancées bénéficient d’une
combinaison d’irradiation externe et curiethérapie [57, 58].
Les résultats en termes de survie spécifique à cinq ans
varient dans la littérature de 50 à 100 % pour les stades I, de 50
à 85 % pour les stades II, de 0 à 86 % pour les stades III et de 0
à 67 % pour les stades IV. Les résultats publiés récemment par
De Crovoisier et al. sur une série homogène de 91 patientes
porteuses de carcinomes épidermoïdes démontrent des taux de
contrôle local à cinq ans de 79 % pour les stades I et II et de 63
% pour les stades III. La récidive locale est l’événement le
plus fréquent (80 % des cas), et les résultats de survie spécifique
sont de 83 % pour les stades I, 76 % pour les stades II et 52 %
pour les stades III [59]. Le seul facteur pronostique qui a
été retrouvé de façon constante dans toutes les séries est le stade
FIGO [59-62]. L’âge, la longueur du vagin atteinte ont été
également décrits comme des facteurs pouvant avoir un impact sur le
contrôle local ou la survie sans récidive, alors que l’impact de
l’envahissement ganglionnaire reste incertain, probablement en
raison de la disparité de l’évaluation de l’atteinte ganglionnaire,
surtout dans les séries les plus anciennes [61, 62].
La curiethérapie joue également un rôle crucial pour
l’obtention du contrôle local. La place de la curiethérapie
interstitielle reste controversée, bien qu’il semble que le
contrôle local puisse être augmenté grâce à l’utilisation de cette
technique [63-65].
Toutes les études s’accordent également pour conclure que les
résultats des cancers localement avancés doivent être améliorés.
Par analogie au développement de nouvelles stratégies
thérapeutiques pour les cancers du col utérin, certaines équipes
ont commencé, en 2000, à proposer des associations de radiothérapie
et de platine à ces patientes. Les résultats des premiers
essais de phase II démontrent, le plus souvent, un impact modeste
du traitement combiné [66-68]. L’étude la plus récente rapportée
par Samant et al. encourage cependant à poursuivre dans cette voie
de recherche, puisque les taux de survie sans progression à cinq
ans sont de 92 % pour l’ensemble du groupe (stades II-IVa) [69].
Toutefois, ces résultats ont été obtenus au prix d’une toxicité
sévère peu acceptable de 17 % (complications nécessitant une
chirurgie).
Cancers de l’endomètre
Le cancer de l’endomètre devient le cancer gynécologique le plus
fréquent dans les pays développés. Près de 90 % des patientes sont
diagnostiquées à un stade I ou II et ont un excellent pronostic,
puisque seulement 10 à 15 % d’entre elles présenteront une récidive
[70]. En revanche, les cancers localement avancés (stades III et
IV) constituent un groupe hétérogène de tumeurs qui comprend aussi
bien des lésions localisées à l’utérus avec cytologie péritonéale
positive ou envahissement ganglionnaire que des atteintes vaginales
localisées ou des extensions abdominales massives. Greven et al.
ont parfaitement démontré que la survie sans récidive était
corrélée au nombre de sites envahis [71]. Quel que soit le stade
initial de la maladie, le choix de la stratégie thérapeutique est
d’abord basé sur l’opérabilité de la patiente. En effet, la
chirurgie radicale première est considérée comme un standard,
puisqu’elle est la méthode de choix pour réaliser une stadification
précise, recueillir les informations pronostiques et assurer le
contrôle locorégional. Jusqu’à récemment, le traitement adjuvant
des cancers de l’endomètre était exclusivement limité à la
radiothérapie (curiethérapie de la voûte vaginale, radiothérapie
externe ou combinaison des deux). La radiothérapie adjuvante
est actuellement recommandée pour tous les stades II et III, ainsi
que pour tous les stades I, sauf pour les stades Ia de grades 1 et
2. L’intérêt de la radiothérapie externe postopératoire, pour les
stades Ib de haut grade et les stades Ic, a été évalué par trois
essais cliniques randomisés [72-74]. Ces trois essais sont
concordants pour conclure que globalement, la radiothérapie externe
permet de diminuer significativement le taux de récidive
locorégionale (10 %), sans aucun impact sur l’évolution
métastatique ni sur la survie avec une augmentation significative
des complications dans l’essai PORTEC (de 4 à 26 %). Compte tenu de
la toxicité et de l’absence d’impact sur la survie, les
investigateurs de ces essais ont conclu qu’un tel traitement
adjuvant ne devait être proposé qu’aux patientes dont la
probabilité de récidive était supérieure à 10 %. Ce groupe de
patientes dites « à haut risque » sont les patientes de plus de
60 ans porteuses de stades Ic de grades 1-2 et les patientes
porteuses de tumeurs de grade 3, quel que soit l’âge dans l’essai
PORTEC [73]. Dans l’essai GOG-99, les patientes à plus haut risque
de récidive sont celles qui, en fonction de l’âge, présentent un ou
plusieurs des facteurs pronostiques suivants : infiltration du
myomètre, grade 3, présence d’embolies vasculaires [74].
De ces essais, on peut également conclure que les récidives
métastatiques prédominent dans ce groupe de patientes porteuses de
tumeurs à haut risque confinées à l’utérus, ce qui conduit à
s’interroger sur la pertinence d’utiliser la chimiothérapie pour
contrôler l’évolution à distance.
La chimiothérapie n’a été longtemps envisagée que dans le cadre
de la prise en charge de lésions métastatiques ou récidivantes
(ganglionnaire massif ou viscéral) [16, 17]. Par analogie aux
cancers de l’ovaire, la chimiothérapie a également été utilisée
comme seul traitement adjuvant des stades III et IV, puisque les
taux de survie à cinq ans de ce groupe de patientes restaient
dramatiquement bas, 30 et 10 % respectivement après irradiation
abdominale totale [75, 76]. Mundt et al. et Randall et al. ont
ainsi démontré que la chimiothérapie adjuvante, comparée à
l’irradiation abdominale totale, permet d’augmenter les taux de
survie sans progression en diminuant surtout le taux de
localisations extra-abdominale (10 contre 19 %), mais au prix d’une
augmentation significative des récidives pelviennes de 18 à 40 %
selon les séries [77, 78]. Ainsi, la chimiothérapie seule ne peut
être considérée comme un traitement approprié pour les stades
localement avancés, puisqu’elle ne permet pas d’assurer le contrôle
local. Plusieurs études, pour la plupart rétrospectives, ont
rapporté des résultats comparatifs des traitements adjuvants
consistant soit en une radiothérapie seule, soit en une
chimiothérapie seule, soit en la combinaison des deux [77, 79-82].
Les résultats les plus impressionnants ont été rapportés par
Onda et al., avec un taux de survie à cinq ans de 84 % chez des
patientes porteuses de stades IIIc ayant reçu une combinaison
d’irradiation pelvienne et lomboaortique et de chimiothérapie [75].
L’étude publiée récemment par Alvarez et al. démontre des taux de
survie globale et de survie sans progression de 33 et 19 % après
chimiothérapie seule, de 70 et 59 % après irradiation seule et de
79 et 62 % après traitement combiné (p = 0,001) [82].
Il n’y a que peu d’études prospectives qui aient étudié la
faisabilité et l’efficacité de l’administration en adjuvant, chez
les patientes porteuses de stades I et II à haut risque, d’une
chimiothérapie seule ou combinée de manière concomitante ou
séquentielle à la radiothérapie [83-87]. L’essai GOG-34, qui
proposait dans le bras expérimental de l’adriamycine, alors que
l’irradiation était optionnelle dans les deux bras, n’a retrouvé
aucun bénéfice à ce traitement adjuvant qui, par ailleurs, était
mal toléré [83]. En revanche, l’essai japonais publié récemment
rapporte, pour les patientes à haut risque, un bénéfice
significatif du CAP (cyclophosphamide, adriamycine, platine)
comparé à la radiothérapie adjuvante en termes de survie sans
progression (83,8 contre 66,2 % ; p = 0,024) et de survie
globale (89,7 contre 73,6 % ; p = 0,006). [87]
De même, les essais testant l’impact d’une radiochimiothérapie
concomitante se sont soldés par des résultats encourageants.
L’essai de phase I, publié par Frigerio et al. à l’université de
Milan, a démontré que l’association radiothérapie-placlitaxel
hebdomadaire était faisable [84]. L’essai de phase II RTOG-9708,
conduit entre octobre 1997 et avril 1999, avait pour but de
déterminer la faisabilité, la toxicité d’une stratégie comportant
une radiochimiothérapie concomitante (ciplatine à
50 mg/m2 j1-j28), suivie de curiethérapie de la
voûte vaginale, suivie d’une chimiothérapie adjuvante (quatre cures
de cisplatine-placlitaxel), ainsi que de déterminer les modalités
de récidive et les taux de survie. Cet essai a inclus 46 patientes
porteuses de stades Ib G3, Ic G2, G3, II et III G2, G3 avec
infiltration de plus de 50 % du myomètre. À quatre ans, les taux de
récidive locale, régionale et métastatique sont de 2, 2 et 19 %,
respectivement. Aucune récidive n’est survenue chez les patientes
traitées pour des stades I et II. Le taux de survie globale
pour l’ensemble du groupe est de 85 % et le taux de survie sans
récidive de 81 %. Pour les stades III, ces taux sont de 77 et 72 %,
respectivement [86]. L’implémentation des techniques d’irradiation
conformationnelle avec modulation d’intensité a le potentiel
d’améliorer la tolérance de ces traitements combinés en
postopératoire [88]. Le rôle de l’hormonothérapie et des
thérapeutiques ciblées reste à explorer.
Cancers de la vulve
Les cancers invasifs de la vulve représentent 3 à 5 % des cancers
gynécologiques [89]. Quatre-vingt-cinq pour cent (85) à 90 % des
lésions sont des carcinomes épidermoïdes, les principaux facteurs
pronostiques sont le stade, la taille tumorale, les embolies
vasculaires et le statut ganglionnaire [90].
Carcinomes épidermoïdes
La chirurgie est la pierre angulaire du traitement des cancers
épidermoïdes de stade précoce, mais l’on a assisté à une évolution
des techniques chirurgicales au cours du temps. La vulvectomie
totale avec curage inguino-fémoral bilatéral a longtemps été
considérée comme la technique de référence, alors qu’actuellement,
les patientes porteuses de stade T1 bénéficient d’une exérèse large
conservatrice et d’une technique du ganglion sentinelle [91, 92].
La radiothérapie pelvienne et inguinale s’impose en
postopératoire en cas d’envahissement ganglionnaire, en particulier
lorsqu’il existe une macrométastase avec rupture capsulaire ou
plusieurs micrométastases [93]. Les patientes avec un
envahissement ganglionnaire massif ont un pronostic très
défavorable. Le risque de décès des patientes présentant plus
de trois ganglions envahis est sept à huit fois plus élevé que chez
les patientes sans envahissement ganglionnaire [90]. Alors qu’une
étude italienne portant sur 14 patientes a suggéré que quatre
cycles de cisplatine à 100 mg/m2-adjuvant pouvaient
améliorer le pronostic dans cette situation d’envahissement
ganglionnaire massif, une étude rétrospective portant sur 22
patientes n’a pas permis de démontrer le moindre bénéfice de la
radiochimiothérapie concomitante associant 5-FU-mitomycine C [94,
95]. Cependant, on ne peut que conclure que les associations de
radiothérapie et de chimiothérapie concomitantes n’ont pas été
réellement investiguées dans cette situation.
Pour les patientes porteuses d’une tumeur localement avancée, la
vulvectomie totale avec curage ganglionnaire ne doit être
considérée que si la lésion peut être réséquée in sano, sans
dommage pour le sphincter et sans réalisation de dérivation
digestive ou urinaire (stomie) [96]. En effet, la
radiochimiothérapie concomitante à base de 5-FU (associée à la
mitomycine C ou au ciplatine), suivie de chirurgie adaptée à la
tumeur résiduelle, apparaît comme modalité de traitement très
attractive pour réduire l’extension de la chirurgie [97, 98].
Les résultats de ce traitement combiné sont résumés dans le
tableau 2. Le taux de réponse
globale varie selon les séries de 81,2 à 100 % et le taux de
réponse complète de 46,5 à 72,2 %. Cependant, les taux de récidive
restent élevés : 0 à 33 % en cas de réponse complète et 40 à 100 %
en cas de réponse partielle [99, 7, 100-109]. Des études
récentes ont démontré que les cellules de carcinome épidermoïde
vulvaire sont sensibles in vitro au placitaxel, mais aucune étude
clinique prospective n’a été menée à ce jour [110, 111].
Tableau 2 Radio-chimiothérapie concomitante des cancers
localement avancés de la vulve : résultats des protocoles de
traitement utilisant la 5-FU avec la mitomycine C ou le
cisplatine.
|
Auteurs
|
Patientes (nombre)
|
Radiothérapie (Gy)
|
Chimiothérapie
|
Taux de réponse
|
|
Levin et al.
|
6
|
20-25
|
5 FU + MMC
|
RG = 6 (100 %)
|
|
Thomas et al.
|
24
|
45-51
|
5 FU + MMC
|
RC = 14 (58,3 %)
|
|
Sebag-Montefiore et al.
|
32
|
45-50
|
5 FU + MMC
|
- RC = 15 (46,8 %)
- RG = 26 (81,2 %)
|
|
Wahlen et al.
|
19
|
45-50
|
5 FU + MMC
|
- RC = 10 (53 %)
- RG = 17 (89,4 %)
|
|
Lupi et al.
|
31
|
54
|
5 FU + MMC
|
RG = 29 (93,5 %)
|
|
Landoni et al.
|
58
|
54
|
5 FU + MMC
|
pRC = 13 (31 %)
|
|
Berek et al.
|
12
|
44-54
|
CDDP + 5-FU
|
RG = 11 (91 %)
|
|
Russell et al.
|
25
|
36-54
|
CDDP + 5-FU
|
RC = 20 (80 %)
|
|
Eifel et al.
|
12
|
40-50
|
CDDP + 5-FU
|
RG = 11 (91,7 %)
|
|
Cunningham et al.
|
14
|
50-65
|
CDDP + 5-FU
|
- RC = 9 (64,3 %)
- RG = 13 (92,8 %)
|
|
Moore et al.
|
71
|
47,6
|
CDDP + 5-FU
|
RC = 33 (46,5 %)
|
|
Gerszten et al.
|
18
|
44,6
|
CDDP + 5-FU
|
- RC = 1 3(72,2 %)
- RG = 18 (100 %)
|
Autres histologies
La chirurgie est également l’arme thérapeutique majeure des
mélanomes, adénocarcinomes et autres types histologiques des
cancers de la vulve. Nous disposons de très peu de données
démontrant l’intérêt de réaliser un traitement adjuvant que ce soit
la radiothérapie, la chimiothérapie ou les deux. L’association
radiothérapie-cisplatine et 5-FU a été utilisée en préopératoire
dans quelques cas de cancers de la glande de Bartholin localement
évolués avec des taux de survie sans progression de 30 à
59 mois [112, 113]. De même, une association de
chimioradiothérapie avec une dose modérée de 40 Gy a démontré
sa capacité à éradiquer des adénocarcinomes vulvaires avec maladie
de Paget associée [114].
Conclusion
Au total, les associations de radiothérapie et de chimiothérapie
concomitante sont considérées comme le traitement de référence des
cancers de stades Ib2 à IVa du col de l’utérus et comme une option
en préopératoire pour les carcinomes épidermoïdes évolués de la
vulve. Cependant, pour les cancers vulvaires, nous manquons de
données à long terme pour juger de l’impact d’une telle stratégie
de traitement sur la survie, et l’on ne dispose pas véritablement
de séries permettant de porter un jugement sur l’impact du
traitement combiné pour les lésions vulvaires de petite taille avec
envahissement ganglionnaire massif. Les résultats des premiers
essais de phase II de chimioradiothérapie concomitante pour les
cancers localement avancés du vagin démontrent le plus souvent un
impact modeste du traitement combiné avec une toxicité très
importante. Bien que les associations radio-chimiothérapie
concomitante après chirurgie maximaliste semblent capables
d’améliorer les résultats des cancers de l’endomètre à haut risque
de récidive, il est nécessaire de conduire des essais prospectifs
de phase III pour déterminer notamment la meilleure séquence de
traitement (concomitant contre séquentiel). Le cisplatine,
quelle que soit sa modalité d’administration, reste le médicament
majeur, le rôle de la 5-FU reste à préciser, et la mitomycine C
joue certainement un rôle important dans la prise en charge des
cancers épidermoïdes de la vulve. Le paclitaxel est
incontestablement l’autre médicament majeur à associer à la
radiothérapie avec ou sans cisplatine, mais cette nouvelle
stratégie devra être comparée au traitement de référence dans le
cadre d’essais de phase III. Les thérapeutiques ciblées
suscitent un intérêt dans toutes les situations où la
radiochimiothérapie concomitante a démontré un bénéfice et
particulièrement dans la prise en charge des cancers du col utérin.
Cependant, nous ne disposons encore d’aucun résultat permettant de
mesurer l’impact clinique de ces thérapeutiques ciblées, puisque
les essais sont en cours pour les cancers du col utérin et n’ont
pas encore été envisagés pour les autres localisations tumorales.
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