Home > Journals > Medicine > Bulletin du cancer > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Bulletin du Cancer
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Risk of second cancer after germinal cell testicular cancer: study from the data of Doubs cancer registry


Bulletin du Cancer. Volume 94, Number 7, 721-6, Juillet-Août 2007, Article original

DOI : 10.1684/bdc.2007.0405

Résumé   Summary  

Author(s) : Stéphanie Servagi-Vernat, Carole Langlois-Jacques, Patrick Bontemps, Enora Cléro, Jean-François Bosset, Arlette Danzon , Service d’oncologie-radiothérapie, CHU, Hôpital Jean-Minjoz, 25000 Besançon, Registre des tumeurs du Doubs, CHU Saint-Jacques, 25030 Besançon Cedex.

Summary : Testicular cancer, both seminoma and nonseminoma tumours, account for 1 to 1.5 % of male cancers. Many studies have shown that the risk of a second cancer after radiotherapy is dependent on the size of the exposure fields and the strength of delivered doses of radiotherapy. According to the literature, the relative risk of second cancer among patients treated by irradiation for seminoma limited to the testis varies from 1.5 to 1.9. We conducted a retrospective epidemiological study to measure the risk of second cancer in a population treated for both seminoma and nonseminoma tumours. The study period included patients who were diagnosed from 1978 to 2002. Data were provided by the Doubs cancer registry. Among these 291 cases of testicular cancer, we found 11 cases of second cancer after 157 seminomas (stomach, lungs, testis, ORL, kidney and oesophagus), and 3 cases after 134 nonseminomas (thyroid, kidney and testis). We found a high risk for second pulmonary and testicular cancers (standardised incidence ratio almost statistically significant). While our results are not conclusive regarding the etiology of these second cancers, they do form a useful, comparative basis for further study. They constitute the first step of a study that will be carried out on the risk related to radiation after orchidectomy.

Keywords : germ cell neoplasms, seminoma, second cancer, radiotherapy, cancer registry

Pictures

ARTICLE

Auteur(s) : Stéphanie Servagi-Vernat1,2, Carole Langlois-Jacques2, Patrick Bontemps1, Enora Cléro2, Jean-François Bosset1, Arlette Danzon2

1 Service d’oncologie-radiothérapie, CHU, Hôpital Jean-Minjoz, 25000 Besançon
2 Registre des tumeurs du Doubs, CHU Saint-Jacques, 25030 Besançon Cedex

Article reçu le 20 Novembre 2006, accepté le 16 Mai 2007

Le cancer du testicule représente 1 à 1,5 % des cancers chez l’homme et 5 % des cancers urologiques. Leur incidence est de 5 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants en France [1, 2]. Les tumeurs séminomateuses pures représentent 40 % des tumeurs testiculaires, leur pic de survenue se situe entre 37-38 ans. Les tumeurs non séminomateuses représentent 60 %, leur pic de survenue se situe entre 25-27 ans [3].Les tumeurs séminomateuses sont curables par chirurgie et radiothérapie adjuvante. Les tumeurs non séminomateuses ont vu leur pronostic radicalement changé par l’apparition de polychimiothérapies à base de cisplatine. Les tumeurs séminomateuses limitées au testicule (stade I) représentent 70 % des séminomes. Leur taux de curabilité est proche de 100 %. Leur traitement repose sur l’orchidectomie par voie inguinale et la radiothérapie prophylactique des aires ganglionnaires de drainage comprenant l’aire lomboaortique étendue à l’aire iliaque primitive et externe homolatérale [4, 5].L’irradiation prophylactique expose les patients aux risques de second cancer. Au cours de ces dernières années, il a été montré que la réduction des volumes ganglionnaires irradiés et la diminution de la dose délivrée n’altéraient pas le résultat carcinologique. Cette stratégie a permis une diminution des toxicités aiguës et tardives. Ainsi, l’irradiation lomboaortique et pelvienne homolatérale peut être remplacée par une irradiation lomboaortique seule pour des patients à faible risque de récidive ganglionnaire [6-8]. L’irradiation prophylactique médiastinale et sus-claviculaire, réalisée de façon systématique jusque dans les années 1980, est maintenant abandonnée. De même, la dose délivrée, antérieurement comprise entre 20 et 30 Gy, est aujourd’hui de 20 Gy en étalement classique selon les recommandations de l’European Germ Cell Cancer Consensus Group [9]. Plusieurs études internationales ont été réalisées à partir des données de registres de populations retrouvant un risque relatif de second cancer solide variant entre 1,5 et 1,9 pour des séminomes de stade I traités par irradiation [10-16]. En France, aucune étude évaluant le risque de second cancer à partir de registres de population n’a été réalisée.Le Registre des tumeurs du Doubs enregistre de façon continue et exhaustive tous les cas de cancers diagnostiqués chez les résidents du département du Doubs depuis 1978. L’objectif de cette étude était de réaliser une étude épidémiologique des cancers du testicule à cellules germinales (tumeurs séminomateuses et non séminomateuses) et d’estimer le risque relatif de survenue d’un second cancer dans ces deux groupes de tumeurs par rapport à une population de référence, la population générale du Doubs, par un rapport standardisé d’incidence (RSI).

Résultats

Entre 1978 et 2002, 291 patients atteints d’un cancer du testicule à cellules germinales ont été enregistrés dans le registre des tumeurs du Doubs à partir des différentes sources de notification et résidant dans le département du Doubs au moment du diagnostic. Pour chaque patient, ont été renseignés : l’âge au diagnostic, l’histologie, le TNM et le stade, la date des dernières nouvelles et le statut aux dernières nouvelles. Le suivi des patients est réalisé jusqu’au 31 décembre 2002. Dix-huit patients (6 %) étaient perdus de vue (personnes ayant déménagé hors du département du Doubs et pour lesquelles aucune information sur le suivi n’a pu être recueillie). Les seconds cancers survenus dans un délai inférieur à 6 mois ont été exclus, de même que les carcinomes baso et spinocellulaires de la peau.

Sur la période étudiée, ont été identifiées 157 tumeurs séminomateuses (56 %) et 134 tumeurs non séminomateuses (44 %). Les taux standardisés d’incidence respectivement varient de 1,5 à 3,1 et de 1,5 à 2,5 pour 100 000 hommes (figure 1). L’âge médian au diagnostic est de 37 ans pour les séminomes (min : 21 ans – max 76 ans) et de 28 ans pour les non séminomes (min : 5 ans – max : 91 ans). Parmi 14 seconds cancers, 11 étaient observées après tumeur séminomateuse avec un délai médian d’apparition de 9,7 ans (estomac, poumon, testis, sphère ORL, rein et œsophage) et 3 après tumeur non séminomateuse avec un délai médian d’apparition de 22,6 ans (rein, testis controlatéral et thyroïde).

Le tableau 1 rapporte le site, le type histologique des seconds cancers et les dates de leur survenue en fonction du type histologique du cancer testiculaire initial. Les tableaux 2 et 3 présentent les rapports standardisés d’incidence par localisation de second cancer après séminome et tumeur non séminomateuse. Le risque de second cancer est significativement plus élevé ou à la limite de la significativité pour deux localisations : le poumon et le testicule.
Tableau 1 Topographie, délai d’apparition et histologie du second cancer après séminomes (n = 157) et tumeurs non séminomateuses (n = 134)

Localisation

Histologie

Délai d’apparition

Histologie du 1er cancer

Poumon

Adénocarcinome

20,3 ans

Séminome

Poumon

Épidermoïde

7,8 ans

Séminome

Poumon

Épidermoïde

14,2 ans

Séminome

Poumon

Petites cellules

4 ans

Séminome

Œsophage

Épidermoïde

19,6 ans

Séminome

ORL

Épidermoïde

5,2 ans

Séminome

ORL

Épidermoïde

5,9 ans

Séminome

Estomac

Adénocarcinome

14,2 ans

séminome

Testis

Carcinome embryonnaire

3 ans

Séminome

Testis

Séminome

23,4 ans

Séminome

Rein

Grawitz

16,5 ans

Séminome

Rein

Grawitz

23 ans

Choriocarcinome

Thyroïde

Carcinome papillaire

8,5 ans

Carcinome embryonnaire

Testis

Séminome

23,4 ans

Carcinome embryonnaire


Tableau 2 Rapport standardisé d’incidence (RSI) des cas de seconds cancers après séminomes : nombre de cas observés (O) et attendus (A) et RSI des cas de seconds cancers après séminomes et intervalle de confiance

Localisation

(O)

(A)

RSI

IC 95 %

Poumon

4

1,11

3,60

[0,97-9,24]

Œsophage

1

0,23

4,32

[0,06-24,1]

ORL

2

0,85

2,36

[0,26-8,51]

Estomac

1

0,22

4,55

[0,06-25,38]

Testis

2

0,12

15,98

[1,82-58,80]

Rein

1

0,17

5,82

[0,08-32,5]


Tableau 3 Rapport standardisé d’incidence (RSI) des cas de seconds cancers après tumeurs non séminomateuses

Localisation

(O)

(A)

RSI

IC 95 %

Rein

1

0,09

11,38

[0,15-64,03]

Thyroïde

1

0,12

15,91

[0,11-45,16]

Testis

1

0,038

26,1

[0,35-147,6]

Total

3

Discussion

Cette étude des seconds cancers après cancer du testicule réalisée à partir des données d’un registre de population et non à partir de séries hospitalières est la première réalisée en France. Ce type d’étude permet d’éviter les biais de sélection. On retrouve 54 % de séminomes avec un âge médian de survenue de 37 ans et 46 % de tumeurs non séminomateuses avec un âge médian de survenue de 28 ans. La proportion de cancers testiculaires séminomateux est supérieure à ce que l’on trouve dans la littérature ; ce résultat peut être dû au fait que les données sont issues de la population générale alors que, souvent, dans la littérature, les données proviennent de séries hospitalières. Parmi les seconds cancers observés après tumeur séminomateuse, nous n’avons pas observé de sarcomes, tumeurs secondaires souvent rapportées dans la littérature [17]. On retrouve 11 cas de cancers secondaires chez les patients porteurs d’un séminome (4 carcinomes pulmonaires, 2 ORL, 1 œsophage, 1 estomac, 1 rein et 2 testis controlatéraux) et 3 cas chez les patients porteurs d’une tumeur non séminomateuse (1 thyroïde, 1 rein et 1 testis). Seul le rapport standardisé d’incidence (estimation du risque relatif) de second cancer pulmonaire et testiculaire est statistiquement significatif ou à la limite de la significativité. Il existe un sur-risque de cancer du poumon et testiculaire controlatéral chez ces patients par rapport à la population générale.

Le risque de cancer testiculaire controlatéral a été étudié notamment par Fossa et al. [18] qui ont repris une population de 29 515 hommes traités initialement pour tumeurs testiculaires. Le risque de second cancer testiculaire controlatéral est significatif uniquement après une première tumeur non séminomateuse avec un RSI de 12,4 (IC 95 % = 11-13,9). Pour le risque de second cancer pulmonaire, l’effet de l’âge pourrait être invoqué (le sur-risque serait dû au fait que les patients porteurs d’un séminome ont une moyenne d’âge plus élevée que les patients porteurs d’une tumeur non séminomateuse), mais les rapports standardisés d’incidence sont calculés par tranche d’âge de 5 ans et ajustés sur le facteur âge. Par ailleurs, nous ne possédons aucune information, à partir du registre, sur la consommation tabagique de ces patients (premier facteur de risque de ce cancer) et sur les champs de traitement (irradiation médiastinale pouvant être mise en cause dans ce cancer). Ainsi, l’étape suivante est de réaliser, à partir de cette étude épidémiologique, une étude clinique et de définir pour chaque patient le traitement adjuvant reçu (champs et dose d’irradiation, protocole de chimiothérapie) et de rechercher d’éventuels facteurs de risque carcinologiques pouvant influer sur l’apparition d’un second cancer (profession, tabagisme, antécédents familiaux). L’objectif sera de voir si ce sur-risque de cancer pulmonaire peut être lié à l’irradiation et de comparer les patients ayant reçu une irradiation sus et sous-diaphragmatique versus sous-diaphragmatique seule. Les rapports standardisés d’incidence des autres localisations tumorales ne sont pas significatifs ; la faible incidence du cancer du testicule nécessite, pour confirmer les tendances observées, d’étendre l’étude à d’autres registres français et de la prolonger dans le temps pour gagner en puissance statistique.

Bien que portant sur de plus faibles effectifs que ceux d’autres études, elle met en évidence des résultats comparables.

Le sur-risque de cancer pulmonaire a déjà été identifié. Fossa et al. [12] ont rapporté en 1990, sur une série hospitalière portant sur 876 patients, un risque relatif de second cancer pulmonaire de 2,03. Wanderas et al. [16] ont rapporté, sur une série hospitalière portant sur 2 006 patients traités de 1952 à 1990 en Norvège, un risque relatif de second cancer pulmonaire de 2,31. L’étude la plus importante a été rapportée par Travis et al. [19] qui, sur une cohorte de 29 000 patients de registres européens et nord-américains, ont observé 1 406 seconds cancers après un délai d’observation de 20 ans. Il s’agissait de leucémies aiguës lymphoblastiques et myéloblastiques, de mélanomes, de lymphomes non hodgkiniens, de cancers de l’estomac, de la prostate, du rein, de la vessie, de la thyroïde et des tissus mous. Les leucémies secondaires sont augmentées lors de traitements associant radiothérapie et chimiothérapie, alors que les cancers de l’estomac, de la vessie et du pancréas sont augmentés lors de radiothérapie exclusive.

Dans une actualisation de la première étude portant sur 40 576 patients entre 1943 et 2001, Travis et al. [20] retrouvent un risque relatif de développer un second cancer de 1,9 pour des patients traités avant l’âge de 35 ans. Ils observent une augmentation du risque relatif de mésothéliome malin (RR = 3,4), du cancer de l’œsophage (RR = 1,7), du poumon (RR = 1,5), du côlon (RR = 2), de la vessie (RR = 2,7), du pancréas (RR = 3,6) et de l’estomac (RR = 4). Le risque est plus élevé en cas de traitement associant radiothérapie et chimiothérapie (RR = 2,9) que pour une radiothérapie seule (RR = 2) ou une chimiothérapie (RR = 1,8). Enfin, le risque de développer un second cancer 40 ans après traitement pour un patient traité à l’âge de 35 ans est de 36 % pour les tumeurs séminomateuses et de 31 % pour les tumeurs non séminomateuses par rapport à 23 % pour la population générale [14].

Si l’efficacité de la radiothérapie prophylactique n’est pas contestable dans les tumeurs séminomateuses [4, 5], trois questions se posent : Peut-on réduire les volumes ? Peut-on réduire les doses ? Peut-on remplacer la radiothérapie par la chimiothérapie ?

Chez 478 patients traités entre 1989 et 1993, Fossa et al. [7] ont comparé, dans une étude contrôlée, la radiothérapie prophylactique de 30 Gy limitée à l’aire lomboaortique seule ou étendue à l’aire lomboaortopelvienne. Ils rapportent une survie spécifique et globale identique avec réduction des toxicités aiguës dans le bras lomboaortique, mais avec 4 rechutes pelviennes dans ce bras. Cette irradiation est donc à préconiser chez des patients à très faibles risques de rechute ganglionnaire. L’irradiation prophylactique médiastinale et sus-claviculaire est abandonnée [21, 22]. Chez 625 patients, Jones et al [23] ont comparé dans une étude randomisée les doses de 30 et 20 Gy. La diminution de la dose permet une diminution des toxicités aiguës, notamment digestives. Les auteurs rapportent 10 rechutes dont 7 rattrapées dans le bras 30 Gy et 11 rechutes dont 8 rattrapées dans le bras 20 Gy. Seul 1 patient est décédé de sa maladie dans le bras 20 Gy. La survie sans récidive à 2 ans est de 97,7 % dans le bras 30 Gy et de 97 % dans le bras 20 Gy. Seuls les résultats à plus long terme nous permettront de voir s’il existe une différence dans ces bras en termes de cancer secondaire.

La surveillance des patients portant un séminome de stade I peut également se discuter. Warde et al. [24] retrouvent 18 % de rechutes, principalement lomboaortiques, sur 638 patients surveillés, plus fréquemment dans les 3 ans. Cette stratégie est discutable [25]. La chimiothérapie adjuvante est en cours d’évaluation. Chez 1 477 patients portant une tumeur séminomateuse, Oliver et al. [26] ont comparé la radiothérapie (barre lomboaortique ou dog leg) à la chimiothérapie (une cure de carboplatine AUC 7). La survie sans récidive, avec un suivi de 4 ans, est identique dans les deux bras (96,7 % pour la radiothérapie et 97,7 % pour la chimiothérapie). En revanche, les rechutes (4,7 %) sont préférentiellement paraaortiques dans le bras chimiothérapie alors qu’elles sont supradiaphragmatiques dans le bras radiothérapie (3,5 %). Les effets secondaires à long terme du carboplatine ne sont pas encore rapportés.

Ces résultats sont donc prometteurs mais le manque de recul ne permet pas de recommander cette stratégie. Dans un éditorial récent de J Clin Oncol, Loehrer et al. [27] préconisent la radiothérapie ou la surveillance comme traitement de référence pour les séminomes de stade I, dans l’attente d’une confirmation à plus long terme des résultats de la monodose de carboplatine.

Matériel et méthodes

Source

Cette étude a été réalisée à partir des données du Registre des tumeurs du Doubs, registre qualifié par le Comité national des registres dont la méthodologie d’enregistrement suit des règles et procédures standardisées (référence ENCR). Les principales sources de données utilisées par les registres français sont les laboratoires d’anatomie et de cytologie pathologiques et les services de soins publics et privés de chaque département. Comme les patients domiciliés dans un département sont susceptibles d’être traités en dehors de leur département de résidence, les sources de données des registres sont en général élargies à l’extérieur du département afin d’avoir la meilleure exhaustivité possible. Ces laboratoires ou services transmettent ou mettent à disposition des registres des comptes-rendus d’analyse ou des informations provenant des dossiers médicaux. Cette démarche s’effectue soit par le biais des données du Programme médicalisé des systèmes d’information (PMSI), soit directement par les services de soins.

Critères d’inclusion

La sélection des cas de cancer du testicule a été réalisée à partir des codes topographiques de la CIM-O version 2 (C62), de la date d’incidence du cancer (entre le 1er janvier 1978 et le 31 décembre 2002) et de la localisation géographique des patients (uniquement les patients résidant dans le Doubs au moment du diagnostic). La distinction, parmi les cancers à cellules germinales, entre les séminomes et les non-séminomes a été réalisée à partir des codes morphologiques enregistrés dans la base de données et révisés spécifiquement pour cette étude. Les tumeurs à cellules non germinales ont été exclues de l’étude (14 cas).

Suivi

L’événement étudié est le second cancer après cancer du testicule à cellules germinales. Le suivi des patients a été réalisé jusqu’au 31 décembre 2002. Le statut vital de chaque cas a été actualisé à cette date, de même que l’adresse des patients afin de savoir s’ils résidaient ou non dans le Doubs. En effet, les patients ayant déménagé hors du Doubs et pour lesquels aucune nouvelle clinique n’est disponible doivent être considérés comme perdus de vue car, s’ils résident hors du Doubs lors du diagnostic de second cancer, ils ne seront pas comptabilisés dans le registre du Doubs. Les seconds cancers survenus dans un délai inférieur à 6 mois ont été exclus, de même que les carcinomes baso et spinocellulaires.

Analyses statistiques

Les taux d’incidence sont calculés pour 100 000 habitants, par période quinquennale de 1978 à 2002, ce qui correspond à cinq périodes centrées sur l’année centrale.

Pour la standardisation des taux, la population type mondiale a été retenue comme référence.

Le rapport standardisé d’incidence (RSI), qui est le rapport du nombre observé de cas de second cancer après séminome et du nombre attendu, est utilisé pour estimer le risque relatif de survenue d’un deuxième cancer après séminome par rapport à la population du Doubs. Le nombre de cas attendus est déterminé en appliquant les taux d’incidence de référence à la cohorte des séminomes. La composition de la cohorte est déterminée en termes de personnes-années (PA) par classes d’âges de 5 ans, pour pouvoir réaliser un ajustement sur ce facteur.

Les taux d’incidence de référence sont appliqués pour chaque classe d’âges aux PA correspondantes. Après cumul par classe d’âge de ces résultats, on obtient un nombre de cas attendus dans la cohorte étudiée si elle avait été soumise aux conditions d’incidence de la population de référence. Les taux d’incidence de référence sont calculés par localisation de cancer (carcinomes spino et basocellulaires exclus), par classes d’âge correspondantes à partir des cas du registre rapportés à la population du Doubs. La significativité du ratio standardisé d’incidence a été testée avec une loi de Poisson. Toutes les analyses ont été réalisées à l’aide du logiciel SAS 8.2 [28, 29].

Remerciements

Les auteurs remercient le docteur Kieffer, Sophie Munier, les membres de l’équipe du Registre et tous les pathologistes et cliniciens contribuant au recueil des données.

Références

1 Ferlay J, Pisani P, Parkin DM. Cancer incidence, mortality and prevalence worldwide. Version 1.0. IARC Cancer Base n° 5. Lyon : IARC Press, 2001.

2 Hedelin G. Evolution du cancer du testicule en France. Andrologie 2002 ; 12 : 269-73.

3 Gori S, Porrozzi S, Roila F, Gatta G, De Georgi U, Marangolo M. Germ cell tumours of the testis. Crit Rev Oncol Hematol 2005 ; 53 : 141-64.

4 Bauman GS, Venkatesan VM, Ago CT, Radwan JS, Rashid Dar A, Winquist EW. Postoperative radiotherapy for stage I/II seminoma : results for 212 patients. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1998 ; 42 : 313-7.

5 Zagars GK, Babaian RJ. Stage I testicular seminoma : rationale for postorchidectomy radiation therapy. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1987 ; 13 : 155-62.

6 Classen J, Schmidberger H, Meisner C, Winkler C, Dunst J, Souchon R, et al. Para-aortic irradiation for stage I testicular seminoma : results of a prospective study in 675 patients. A trial of the German Testicular Cancer Study Group (GTCSG). Br J Cancer 2004 ; 90 : 2305-11.

7 Fossa SD, Horwich A, Russell JM, Roberts JT, Cullen MH, Hodson NJ, et al. Optimal planning target volume for stage I testicular seminoma : a Medical Research Council randomized trial. J Clin Oncol 1999 ; 17 : 1146-54.

8 Kiricuta IC, Sauer J, Bohndorf W. Omission of the pelvic irradiation in stage I testicular seminoma : a study of postorchidectomy paraaortic radiotherapy. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1996 ; 35 : 293-8.

9 Albers P, Albrecht W, Algaba F, Bokemeyer C, Cohn-Cedermark G, Horwich A, et al. Guidelines on testicular cancer. Eur Urol 2005 ; 48 : 885-94.

10 Bokemeyer C, Kuczyk MA, Kohne CH, Haupt A, Schmoll HJ. Risk of secondary neoplasia after treatment of malignant germ cell tumors of the testis. Med Klin 1996 ; 91 : 703-10.

11 Bokemeyer C, Schmoll HJ. Secondary neoplasms following treatment of malignant germ cell tumors. J Clin Oncol 1993 ; 11 : 1703-9.

12 Fossa SD, Langmark F, Aass N, Andersen A, Lothe R, Borresen AL. Second non-germ cell malignancies after radiotherapy of testicular cancer with or without chemotherapy. Br J Cancer 1990 ; 61 : 639-43.

13 Levi F, Randimbison L, Te VC, Franceschi S, La Vecchia C. Trends in cancer survival in Vaud, Switzerland. Eur J Cancer 1992 ; 28A : 1490-5.

14 Travis LB, Fossa SD, Schonfeld SJ, McMaster ML, Lynch CF, Storm H, et al. Second cancers among 40 576 testicular cancer patients : focus on long-term survivors. J Natl Cancer Inst 2005 ; 97 : 1354-65.

15 Van Leeuwen FE, Stiggelbout AM, van den Belt-Dusebout AW, Noyon R, Eliel MR, van Kerkhoff EH, et al. Second cancer risk following testicular cancer : a follow-up study of 1,909 patients. J Clin Oncol 1993 ; 11 : 415-24.

16 Wanderas EH, Fossa SD, Tretli S. Risk of subsequent non-germ cell cancer after treatment of germ cell cancer in 2006 Norwegian male patients. Eur J Cancer 1997 ; 33 : 253-62.

17 Cahan WG, Woodard HQ, Higinbotham NL, Stewart FW, Coley BL. Sarcoma arising in irradiated bone : report of eleven cases. Cancer 1948 ; 1 : 3-29.

18 Fossa SD, Chen J, Schonfeld SJ, McGlynn KA, McMaster ML, Gail MH, et al. Risk of contralateral testicular cancer : a population-based study of 29 515 US Men. J Natl Cancer Inst 2005 ; 97 : 1056-66.

19 Travis LB, Curtis RE, Hankey BF. Second malignancies after testicular cancer. J Clin Oncol 1995 ; 13 : 533-4.

20 Travis LB, Curtis RE, Storm H, Hall P, Holowaty E, van Leeuwen FE, et al. Risk of second malignant neoplasms among long-term survivors of testicular cancer. J Natl Cancer Inst 1997 ; 89 : 1429-39.

21 Hanks GE, Peters T, Owen J. Seminoma of the testis : long-term beneficial and deleterious results of radiation. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1992 ; 24 : 913-9.

22 Thomas GM, Rider WD, Dembo AJ, Cummings BJ, Gospodarowicz M, Hawkins NV, et al. Seminoma of the testis : results of treatment and patterns of failure after radiation therapy. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1982 ; 8 : 165-74.

23 Jones WG, Fossa SD, Mead GM, Roberts JT, Sokal M, Horwich A, et al. Randomized trial of 30 versus 20 Gy in the adjuvant treatment of stage I testicular seminoma : a report on Medical Research Council Trial TE18, European Organisation for the Research and Treatment of Cancer Trial 30942 (ISRCTN18525328). J Clin Oncol 2005 ; 23 : 1200-8.

24 Warde P, Specht L, Horwich A, Oliver T, Panzarella T, Gospodarowicz M, et al. Prognostic factors for relapse in stage I seminoma managed by surveillance : a pooled analysis. J Clin Oncol 2002 ; 20 : 4448-52.

25 Sharda NN, Kinsella TJ, Ritter MA. Adjuvant radiation versus observation : a cost analysis of alternate management schemes in early-stage testicular seminoma. J Clin Oncol 1996 ; 14 : 2933-9.

26 Oliver RT, Mason MD, Mead GM, von der Maase H, Rustin GJS, Joffe JK, et al. Radiotherapy versus single-dose carboplatin in adjuvant treatment of stage I seminoma : a randomised trial. Lancet 2005 ; 366 : 293-300.

27 Loehrer PJ, Bosl GJ. Carboplatin for stage I seminoma and the Sword of Damocles. J Clin Oncol 2005 ; 23 : 8566-9.

28 Czernichow P, Chaperon J, Le Coutour X. Epidémiologie. Paris : Masson, 2001.

29 Esteve J, Benhamou E, Raymon L. Méthodes statistiques en épidémiologie descriptive. Paris : Inserm, 1993.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]