ARTICLE
1
Prostatectomie radicale laparoscopique par voie extrapéritonéale :
résultats de 500 interventions
Salomon L, De la Taille A, Merabet Z, Allory Y, Vordos D,
Yiou R, Hoznek A, Abbou CC
Service d’Urologie, Hôpital Henri-Mondor, 51 avenue du
Maréchal de Lattre de Tassigny, 94010 Paris
Le cancer de prostate localisé à la prostate est traité
chirurgicalement par voie ouverte rétropubienne. L’évaluation de
cette intervention concerne outre l’évaluation oncologique,
l’évaluation fonctionnelle (troubles de la continence et de
l’érection). De nouvelles techniques de chirurgie mini-invasive ont
été développées permettant de réaliser cette intervention par voie
laparoscopique. Développées par voie transpéritonéale, ces
techniques ont évolué vers la voie extrapéritonéale permettant de
simplifier encore les suites opératoires. Le but de cette étude est
d’évaluer les résultats de 500 prostatectomies radicales
laparoscopiques par voie extrapéritonéale.
De 2001 à 2005, 500 prostatectomies radicales laparoscopiques par
voie extrapéritonéale ont été effectuées. Pour chaque patient, les
données préopératoires, la durée d’intervention, le nombre de
patients transfusés, les complications médicales et chirurgicales,
la durée de sondage et la durée d’hospitalisation, les résultats
anatomopathologiques, la continence et le taux d’érection
postopératoire ont été relevés, la survie sans récidive biologique
a été définie par un taux de PSA > 0,2 ng/ml. Les
résultats fonctionnels étaient étudiés prospectivement à l’aide
d’autoquestionnaires validés.
En moyenne, l’âge était de 62 ans, le taux de PSA de 10,4 ng/ml,
le nombre de biopsies positives de 2,3, le score de Gleason des
biopsies positives de 6,2. Il y avait 1,6 % de T1a b, 77,4 de T1c,
17,4 % de T2a, 1,4 % de T2b et 2,2 % de T2c. La durée
d’intervention était de 191 mn, le taux de transfusion de 4,8 %,
les durées de sondage et d’hospitalisation de 6,7 jours et 5,9
jours. Le taux de complications médicales et chirurgicales était de
3,8 et 7,2 %.
Le poids de la pièce opératoire était de 57 g. Le score de Gleason
de la pièce de prostatectomie était de 6,9. Avec 7,6 % de pT2a, 4 %
de pT2b, 41,8 % de pT2c, 30,2 % de pT3a, 9,6 % de pT3b et 5,6 % de
pT4a, le taux global de marges positives était de 30,2 %, 0 % pour
les pT2a, 5 % pour les pT2b, 21,5 % pour les pT2c, 41 % pour les
pT3a, 58,3 % pour les pT3b et 74 % pour les pT4a.
La continence étudiée par auto questionnaire et définie par aucune
protection augmentait de 35-% au premier mois à 94,3 % à 2 ans, le
taux d’érections définies par des érections permettant les rapports
sexuels avec pénétration augmentait de 14,1 % à 1 mois à 40 % à 2
ans et en cas de préservation bilatérale des bandelettes de 20,2 %
à 1 mois à 64 % à 2 ans %. La survie sans progression biologique à
2 ans est de 84,1 %, 97,5 % pour les pT2, 74,5 % pour les pT3a,
60,3 % pour les pT3b et 47,5 % pour les pT4a,
La prostatectomie radicale laparoscopique par voie
extrapéritonéale offre des résultats satisfaisants. Elle est
l’évolution naturelle de la prostatectomie radicale laparoscopique,
alliant les avantages de la voie rétropubienne ouverte
extrapéritonéale à la laparoscopie
2
Biopsie du ganglion sentinelle positive : intérêt du curage
axillaire de complément ?
Trentini F1, Saint Aubert B1, Quenet
F1, Gutowski M1, Bibeau F2,
Simony-Lafontaine J2, Chateau MC2, Pourquier
D2, Eslimani M2, Delfour C2,
Gourgou S3, Thezenas S3, Rouanet
P1
1Service de chirurgie ; 2Service
d’anatomopathologie-; 3Service de biostatistique, CRLC
Val d’Aurelle-Paul Lamarque, 208, rue des Apothicaires, Parc
Euromédecine, 34298 Montpellier cedex 5
Il s’agit d’une étude rétrospective analysant différents
facteurs cliniques et histologiques afin d’évaluer le risque
d’envahissement des ganglions non-sentinelles (GNS) lorsque la
biopsie du ganglion sentinelle (BGS) est positive dans le cadre des
cancers du sein infiltrants.
Cent quatre-vingts cas de BGS positives recensés sur le CRLC Val
d’Aurelle de Montpellier (34 France), parmi les 1 352 procédures
réalisées entre 2001 et 2004. Nous avons comparé en analyse
univariée puis en analyse multivariée, pour les variables
significatives, différents paramètres entre deux sous groupes : GNS
positifs et GNS négatif. Lors des analyses univariées, apparaissent
comme facteurs de risque d’atteinte des GNS : le grade
histopronostique SBRIII, un statut HER2neu positif, la présence
d’effraction capsulaire du GS et l’infiltration du GS par une
macrométastase. La présence d’emboles péritumoraux, l’absence de
récepteurs hormonaux, une taille tumorale > 10 mm et le nombre
de GS prélevés apparaissent à la limite de la significativité. En
analyse multivariée, seuls deux facteurs restent liés à l’atteinte
des GNS de manière indépendante : le grade SBRIII et la présence
d’une effraction capsulaire du GS. D’autres facteurs sont non
significatifs : le type histologique, l’association à un CIS, la
taille du GS et le nombre de GS positifs, l’année de la prise en
charge.
Selon notre étude, le curage axillaire de complément lors d’une
BGS positive ne devrait plus être une règle. Sa réalisation devrait
être discutée au regard des critères prédictifs d’envahissement des
GNS déterminés par une analyse histologique précise.
3
Cancer du col de l’utérus
Sadok M, Haiba F, Ouzaa H
Hôpital militaire universitaire d’Oran, Algérie
Le cancer du col de l’utérus est une pathologie bien connue tant
en ce qui concerne son épidémiologie, sa clinique, son anatomie
pathologie, son évolution, et son traitement que ses complications.
Cette étude vise à montrer que c’est un problème sérieux de santé
publique dont seuls la prévention et le dépistage précoce pourront
modifier son profil et allonger ainsi l’espérance de vie de nos
patientes.
Il s’agit d’une étude rétrospective menée au service de
gynécologie obstétrique de l’Hôpital militaire universitaire d’Oran
sur une période de 5 ans (2000 à 2005). Les 40 dossiers retenus ne
représentent pas l’ensemble des malades reçues, mais seulement des
patientes hospitalisées soit en vue d’un traitement chirurgical,
soit pour remonter leur état général ou l’orienter. Pour notre
série, nous avons retrouvé dans la plupart des dossiers exploités
les éléments suivants : l’âge des patientes, leur provenance, la
parité, les antécédents, l’état général, le diagnostic clinique et
histologique, le traitement et les complications.
Dans notre étude rétrospective, nous avons constaté que le cancer
du col de l’utérus atteint des personnes relativement âgées (âge
moyen 40 à 50 ans). Les facteurs incriminés sont nombreux. Certains
parmi eux comme la multiparité, le mariage précoce, les infections
génitales à répétition sont retrouvés dans cette étude. En effet,
92 % de nos patientes ont au moins 4 enfants et plus de la moitié
d’entre elles se retrouvent dans la tranche d’âge de 40 à 50 ans.
Cette pathologie, qui n’altère l’état général que très tardivement
(30 % des malades), pose des problèmes réels de prise en charge
étant donné qu’elle reste méconnue par les patientes pendant très
longtemps (stades pré-invasifs qui peuvent durer jusqu’à 10 ans
pour certains auteurs) et ne devient symptomatique qu’à des stades
qui conduisent soit à une chirurgie radicale (45 % des malades),
soit à un simple traitement symptomatique (55 % des patientes). On
note enfin que les complications chirurgicales les plus importantes
sont les fistules vésicovaginales (10 % des malades). Pour
améliorer cette situation, nous considérons que la meilleure arme
se résume dans la prévention par la prise en charge correcte de la
pathologie bénigne du col et dans le dépistage systématique de la
maladie sur la population à risque qu’il faudrait déterminer par
une autre étude plus approfondie.
C’est dans un tableau dramatique que le cancer du col de l’utérus
se présente chez nous, ne donnant pas la chance à 30 % de nos
patientes d’être soignées, étant donné qu’elles nous consultent à
des stades dépassant nos possibilités thérapeutiques actuelles.
Compte tenu de ce qui précède, nous pensons qu’il est impérieux
d’envisager une politique sanitaire visant à la fois la prévention
par la prise en charge de toutes les lésions bénignes du col et le
dépistage à rendre systématique dès lors qu’une étude plus
approfondie sera menée en vue de déterminer la population
cible.
4
Prévention des fuites biliaires après hépatectomie par une pince
bipolaire basse température
Evrard S, Leblanc F, Lalet C, Mathoulin-Pélissier S
Institut Bergonié, Groupe Digestif, 229 cours de l’Argonne,
33076 Bordeaux
Améliorer la sécurité des hépatectomies est une préoccupation
majeure tant il est démontré que la mortalité ainsi que les
résultats à long terme sont obérés par la survenue de complications
postopératoires. Récemment, la soudure vasculaire par pince
bipolaire provoquant une recombinaison des protéines à basse
température a été introduite en chirurgie générale. L’objectif de
l’étude était de comparer l’hépatectomie réalisée avec ce
dispositif par rapport à la technique « mécanique » utilisant des
ligatures ou des clips.
Trente hépatectomies consécutives ont été réalisées par le même
chirurgien (SE) par Kellyclasie puis contrôle des vaisseaux par
ligatures et clips (groupe témoin). Les cinquante hépatectomies
suivantes ont été réalisées par Kellyclasie et contrôle des
vaisseaux par pince bipolaire de soudure tissulaire (Ligasure™
LS3091, Valleylab, Gosport, UK) (groupe PBST). La perte sanguine,
la durée du clampage hépatique, le taux de complication ainsi que
la durée de l’hospitalisation ont été rétrospectivement
étudiés.
Malgré une impression subjective très en faveur de la PBST, ni la
perte sanguine, ni la durée de clampage ne sont apparues
statistiquement différentes. Une tentative d’analyser séparément
les hépatectomies mineures et majeures n’a abouti qu’à mettre en
évidence une tendance non significative en faveur de l’utilisation
de la PBST pour réduire la perte sanguine pour les hépatectomies
mineures et la durée de clampage pour les majeures. À l’inverse, le
taux de complications (9/21 groupe témoin versus 1/49 groupe
PBST : p < 0,00045) et la durée de l’hospitalisation (14 jours
groupe témoin versus 11 groupe PBST : p < 0,014) étaient
significativement diminués dans le groupe PBST. Aucune complication
biliaire (abcès sous-phrénique, biliome, fistule) n’a été à
déplorer pour les 50-hépatectomies consécutives au PBBT.
L’utilisation d’un courant de radiofréquence bipolaire provoquant
la soudure tissulaire par recombinaison des fibres de collagène à
basse température permet de prévenir efficacement la survenue des
complications dues à un défaut de bilistase après hépatectomie.
5
Mastectomies partielles après hyperplasie canalaire atypique (HCA)
diagnostiquée sur macrobiopsies : expérience du centre
Oscar-Lambret
Baranzelli MC, Cabaret V, Giard S, Avisseau E, Beillard I,
Guisnet MJ, Montenach H, Nowak S, Rackelbaum MF, Rosey C, Penel C,
Chauvet MP, Ceugnart L, Belkacemi Y, Bonneterre J
Centre Oscar-Lambret, Lille
L’hyperplasie canalaire atypique n’est pas toujours un
diagnostic facile sur macrobiopsies (petite taille des
prélèvements, difficultés diagnostiques des lésions « frontières
»). Cependant, le principe d’une chirurgie d’exérèse est
actuellement largement admis. La nature finale des lésions varie du
carcinome infiltrant à la dystrophie fibreuse. Nous rapportons
notre expérience.
Entre février 2000 et octobre 2003, 1 295 macrobiopsies (diamètre
: 11 gauges) ont été pratiquées au centre Oscar-Lambret.
L’hyperplasie canalaire atypique a été diagnostiquée 173 fois (13,4
%) utilisant les critères de Page et de Tavassoli. Pour 67 d’entre
elles une exérèse est réalisée dans l’institution. L’inclusion de
la pièce est totale dans 58-cas et non précisée dans 8. La
cicatrice du mammotome est retrouvée dans 54 cas. Pour 19 patientes
(28 %), le diagnostic final est majoré avec une sous-estimation des
lésions observées sur les macrobiopsies : carcinome infiltrant (1),
carcinome intracanalaire (CIC) de bas grade (8), CIC de grade
intermédiaire (7) et CIC de haut grade (3). Pour 29 patientes (44
%), la pièce d’exérèse contenait des « lésions frontières » : HCA
(24), néoplasie lobulaire (3) ou atypies en épithélium plat (2).
Chez 19 patientes (28 %), seule une hyperplasie canalaire simple
(HCS) (6) ou une dystrophie fibrokystique sont finalement observées
(DFK) (13). Ainsi pour 28 % des patientes, la chirurgie était
probablement inutile. Les macrobiopsies ont été toutes revues par
deux pathologistes et un diagnostic de consensus a été établi :
dans 13 des 19 cas sous-estimés, le diagnostic d’HCA était modifié
en CIC de bas grade (6) ou de grade intermédiaire (7) ; dans 6 des
19 cas où aucune lésion frontière n’était finalement retrouvée, il
était modifié en HCS. Au total, 41 diagnostics (61 %) étaient
concordants. Après relecture, le diagnostic final a donc été
sous-estimé chez 7 patientes sur 67 (10 %)
En raison des difficultés diagnostiques des lésions frontières, la
reproductibilité interpathologiste est imparfaite. En raison de
l’hétérogénéité des lésions et de la représentativité des
prélèvements, la sous-estimation des lésions sur macrobiopsies est
admise. Néanmoins, l’expérience des pathologistes permet de limiter
ces sous-estimations de 28 à 10 % dans notre expérience.
6
Technique de la chimiothérapie hyperthermique intrathoracique
Vénissac N1, Pop D1, Khelef
S1, Milano G2, Mouroux J1
1Service de chirurgie thoracique, Hôpital Pasteur,
CHU de Nice-; 2Laboratoire d’oncopharamacologie, Centre
Antoine Lacassagne, Nice
Le but de l’étude était de décrire la technique de
chimiothérapie intracavitaire hyperthermique (CHIT) après
pleuropneumonectomie.
Technique : Mise en place d’une péridurale thoracique (T4-T5),
anesthésie générale, intubation trachéobronchique sélective, pose
d’une voie veineuse périphérique et centrale type Swan-Ganz, d’une
voie artérielle, d’une sonde thermique urinaire et œsophagienne. La
pleuropneumonectomie étendue au diaphragme et au péricarde était
réalisée par une thoracotomie postérolatérale dans le 5e
espace intercostal avec résection éventuelle de la 6e
côte. Le diaphragme et le péricarde étaient réparés par du matériel
synthétique. Deux drains de 28 french étaient introduits par des
contre-incisions, l’un couché sur le médiastin (drain d’entrée de
la chimiothérapie), l’autre placé sous la paroi thoracique (drain
de sortie). Une sonde thermique et un drain de surpression étaient
placés à travers la thoracotomie fermée de façon étanche en ne
prenant que le plan cutané. Les drains étaient connectés aux lignes
d’une CEC dédiée permettant d’obtenir une température maximale de
45 °C. Les drogues utilisées étaient du cisplatine (200 mg/m²) seul
ou associé à de la gemcitabine (1 250 mg/m²). Le débit était de 1
L/mn pendant une heure et la température intracavitaire comprise
entre 41 et 42 °C. À la fin de la procédure, la cavité était vidée,
un seul drain était laissé en place et la thoracotomie était
refermée. Des prélèvements pleuraux et plasmatiques étaient
réalisés en cours de procédure et pendant les 24 heures
suivantes.
La CHIT a été réalisée 11 fois (10 mésothéliomes, 1 cancer
pulmonaire) chez 9 hommes et 2 femmes (âge moyen 64 ans). Les
durées moyennes d’intervention, d’anesthésie et d’hospitalisation
étaient respectivement de 432 mn, 551 mn et 18 jours. Dix patients
ont été transfusés et 8 ont eu au moins une complication, 2 sont
décédés. Les rapports d’AUC et de concentration de cisplatine
ultrafiltrable entre le thorax et le plasma sont respectivement de
16 et 32.
La CHIT doit permettre d’optimiser le contrôle local de la maladie
après un geste de cytoréduction. Il s’agit d’une procédure lourde
dont le bénéfice à court et long terme doit être démontré dans le
cadre d’un essai thérapeutique.
7
Étude de phase II évaluant l’efficacité de l’ablathermie par
radiofréquence (ARF) plus ou moins chirurgie combinée des
métastases hépatiques d’origine colorectale (MHCR) inopérables par
chirurgie classique, traitées ou non par chimiothérapie préalable :
résultats de l’analyse intermédiaire
Evrard S1, Arnaud JP2, Franco
D3, Lermite E2, Lalet C4,
Mathoulin-Pelissier S4, Leblanc F1, Brunet
R1, Fonck M1, Becouarn Y1
1Institut Bergonié, Groupe Digestif, 33076
Bordeaux ; 2CHU, 49933 Angers ; 3Hôpital
Antoine Béclère, 92141 Clamart ; 4Institut Bergonié,
DRC, 33076 Bordeaux.
L’ablathermie par radiofréquence (ARF) est une technique dont la
place reste à déterminer dans le traitement des MHCR, tant par voie
percutanée qu’en chirurgie ouverte [EJSO 2006, 32 : 3-5].
L’objectif était d’évaluer l’apport de l’ARF dans la mise en RC
hépatique à 3 mois de patients souffrant de MHCR inopérables par
résection classique (critère principal), d’étudier la survie
globale, la survie sans récidive et la qualité de vie, les
complications (critères secondaires).
Méthode : PHRC, étude de phase II multicentrique en deux étapes
selon plan de Simon (53 patients avec analyse intermédiaire à 19).
Pour une efficacité comprise entre 60 et 80 %, un risque α de 5 %,
une puissance de 90 %, 12 RC hépatiques à 3 mois sont requises.
Résultats : Analyse intermédiaire à 19 patients : 18 H, 1 F.
Traitements effectués : 6 ARF seules, 12 ARF + résections, 1
patient non traitable. 14 patients ont reçu une chimiothérapie
d’induction. Nombres de MHCR traitées par patient : 6 [1-12], de
MHCR traitées par ARF/patient : 3 [1-8]. Taille médiane des MHCR
traitées : 17 mm [2-55]. Taux de RC hépatique à 3 mois : 15/19.
Mortalité postopératoire nulle. Morbidité : 35 %.
Avec 79 % de RC hépatiques à 3 mois, notre étude est autorisée à
poursuivre les inclusions. Les résultats sont en faveur d’un rôle
positif de l’ARF en complément de la résection dans le contrôle
hépatique à 3 mois des MHCR.
8
Étude comparative de deux procédures de chimiothérapie
intrapéritonéale avec hyperthermie (CHIP), cœlio-assistée et à
ventre ouvert : étude expérimentale
Gesson-Paute A1, Ferron G1, Querleu
D1, Chatelut E 2
1Département de chirurgie cancérologique ;
2Pharmacologie clinique et expérimentale des médicaments
anticancéreux, Institut Claudius-Regaud, 31052-Toulouse
Cedex
La tendance actuelle de développement d’un traitement de clôture
dans le cancer de l’ovaire est une réalité avec l’émergence des
thérapies intrapéritonéales. La chimiohyperthermie intrapéritonéale
(CHIP) réalisée immédiatement après l’exérèse complète de la
carcinose péritonéale, en peropératoire, est la technique la mieux
validée. La faisabilité d’une technique de CHIP cœlio-assistée a
été démontrée [1]. Le but de cette étude est de comparer la
pharmacocinétique des deux techniques de CHIP cœlio-assistée et à
ventre ouvert sur un modèle expérimental porcin.
Deux groupes homogènes de 10 porcs ont été constitués. La
procédure a respecté les critères mis au point dans les études CHIP
I et II [2, 3] : CHIP à base d’oxaliplatine (460 mg/m² dilué dans 2
L/m² de dialysat pendant une durée de 30 minutes à la température
optimale de 43 °C). Des prélèvements du liquide de perfusion
intrapéritonéal et sanguin ont été réalisés de façon stricte tout
au long de la procédure. L’oxaliplatine a été dosé par
spectrophotométrie d’absorption atomique. Toutes les procédures ont
pu être réalisées avec la résolution de problèmes techniques
mineurs chez 3 animaux dans le groupe cœlioscopie.
L’analyse pharmacocinétique montre qu’il s’agit d’une technique au
moins équivalente à celle par laparotomie. L’absorption de
l’oxaliplatine est plus importante par cœlioscopie avec une
demi-vie d’absorption dans le liquide de perfusion plus rapide de
façon significative (p = 0,02). La concentration à 2 heures (C2h)
dans l’ultrafiltrat plasmatique est supérieure (p = 0,04). Le
ration AUC péritonéale/plasmatique est de 28,1 en laparotomie, et
de 16,4 en cœlioscopie (p = 0,03) Le brassage permanent des
viscères par la main de l’opérateur assure une bonne homogénéité de
température, et garantit l’imprégnation complète de la cavité
abdominale.
La technique de CHIP par laparoscopie peut être considérée comme
fiable et reproductible au sein d’équipes entraînées, avec la
perspective d’une application clinique future chez des patientes
sélectionnées.
Références
1. Ferron G, Gesson Paute A, Classe JM, Querleu D.
Feasibility of laparoscopic peritonectomy followed by
intraperitoneal chemohyperthermia-: an experimental study.
Gynecol Oncol 2005 ; 99 : 358 61.
2. Elias D, Antoun S, Raynard B, et al. Treatement
of treatment of peritoneal carcinomatosis using complete excision
and intraperitoneal chemohyperthermia. A phase I-II study defining
the best technical procedures. Chirurgie 1999 ; 124 : 380
9.
3. Elias D, Bonnay M, Puizillou M, et al. Heated
intra-operative intraperitoneal oxaliplatine after complete
resection of peritoneal carcinomatosis : pharmacokinetics and
tissue distribution. Ann Oncol 2002 ; 13 : 267 72
9
Étude pharmacocinétique in vivo de la mTHPBC par
spectroscopie de diffusion élastique à partir d’un modèle
expérimental de xénogreffe hépatique sur rat nude d’une
lignée de tumeur colorectale humaine
Marchal F1, Chalau V1,2, Marchal
S1, Bolotine L1, Guillemin
F1
1Centre Alexis-Vautrin, CRAN
UMR7039-CNRS-UHP-INPL, 54511 Vandœuvre-les-Nancy ;
2National Medical Laser Centre, Academic Division of
Surgical Specialties, University College London (UCL), W1W 7EJ
London, UK
La 5,10,15,20 tetrakis (m-hydroxyphenyl) bacteriochlorin
(mTHPBC) est un photosensibilisant de deuxième génération
avec un fort pic d’absorption à 740 nm qui est intéressant pour la
thérapie photodynamique (PDT) des tumeurs situées dans des tissus
fortement pigmentés comme le foie. La première étape a consisté en
la mise au point d’un modèle expérimental de tumeur hépatique chez
le rat nude. L’immunosuppression des rats nude était
renforcée soit par l’implantation intraabdominale d’une pompe
délivrant 20 mg/kg de ciclosporine A pendant 4 semaines, soit par
une irradiation corporelle totale de 3,5 Gy en une fois. Le groupe
témoin ne recevait pas de traitement visant à renforcer
l’immunosuppression. Une suspension de cellules d’adénocarcinome
colique humain HT29 était injectée en sous-capsulaire au niveau du
foie. Parmi les 3 groupes, le meilleur taux de prise tumorale était
dans le groupe irradié (74 %) avec une croissance tumorale plus
rapide (72 ± 13 jours) et un plus gros volume (2 949
mm3).
L’intensité du spectre de réflectance diffuse de la mTHPBC
(D) était mesurée par spectroscopie de diffusion élastique (ESS)
dans le foie et la tumeur de la 2e à la 24e
heures après injection de la mTHPBC. Les résultats étaient
comparés avec les concentrations intratissulaires de mTHPBC
(C) obtenues par analyse spectrofluométrique après extraction
chimique du tissu hépatique ou tumoral. La corrélation entre les
profils pharmacocinétiques obtenus par les deux techniques était
excellente (R = 0,997, C/D = 1,4 ± 0,7). Dans le tissu hépatique
normal, la concentration de mTHPBC était maximale à la
4e heure après l’injection (4,54 ± 1,56 μg/g tissu
versus 0,3 ± 0,1 D) puis décroissait progressivement jusqu’à
la 24e heure (0,53 ± 0,49 μg/g tissu versus 0,04
± 0,04 D). Dans la tumeur, nous avons observé le même profil
pharmacocinétique, avec des concentrations de mTHPBC de 0,86
± 0,5 μg/g tissu versus 0,06 ± 0,06 D à la 4e
heure et 0,31 ± 0,3 μg/g tissu versus 0,04 ± 0,02 D à la
24e heure après l’injection.
En conclusion, l’ESS est une technique non invasive qui peut être
utilisée pour l’étude pharmacocinétique d’un photosensibilisant
dans le foie avec une sensibilité comparable à l’extraction
chimique. C’est un apport important pour l’évaluation peropératoire
de l’efficacité de la PDT avec la mTHPBC dans le traitement
des métastases hépatiques.
10
Tumeurs germinales de l’ovaire
Sbitti Y1, Ichou M2, Farik
M2, Errihani H1, Toloune
F2
1Service d’oncologie médicale, Institut national
d’oncologie (INO), Rabat, Maroc ; 2Service de médecine
A, Hôpital militaire Med V, Rabat, Maroc
Nous avons réalisé l’analyse rétrospective d’une série
consécutive de patientes atteintes de tumeurs germinales de
l’ovaire (TGMO) traitées à INO entre janvier 1998 et décembre
2003.
L’âge moyen de nos patientes était de 27 ans avec des extrêmes de
17 à 65 ans. Le délai moyen de consultation était de 5 mois (3-14
mois). Le tableau clinique était dominé par des douleurs
abdominopelviennes dans 78 % des cas associées à une masse
abdominopelvienne dans 36 % des cas, à des métrorragies dans 22 %
des cas. Les marqueurs tumoraux réalisés chez 12 patients étaient
élevés dans 8 cas. Le traitement a consisté en une chirurgie chez
la totalité de nos patients. Une annexectomie unilatérale était
pratiquée dans 7 cas, une annexectomie bilatérale dans 2 cas, une
cytoréduction dans 1 cas. L’étude histologique a identifié un
séminome dans 8 cas, un tératome mature dans 3 cas et immature dans
1 cas, un carcinome embryonnaire dans 2 cas, un choriocarcinome
dans 1 cas et une tumeur germinale mixte (carcinome embryonnaire +
séminome) dans 2 cas. Après bilan d’extension, la stadification
était comme suit : stade I était dominant 7 cas avec (IA 4, IB 2,
IC 1), 3 cas de stade II et 1 cas de stade III. Cinq patientes
étaient perdues de vue. Une chimiothérapie adjuvante à base de
(Vépéside® + platine) était administrée chez 9
patientes. L’évolution a été marquée par une rémission complète
chez 10 cas et une récidive locorégionale dans un cas ayant
nécessité une 2e ligne de chimiothérapie et une
chirurgie d’exérèse des masses résiduelles. Le recul moyen était de
49 mois.
La très grande chimiosensibilité des TGMO explique qu’un
traitement conservateur chirurgical des stades localisés peut
souvent être proposé pour préserver la fertilité ultérieure des
patientes jeunes.
11
Le cancer lobulaire du sein est-il chimiorésistant ? Données de
l’expérience néoadjuvante
Amat. S, Chêne G, Le Bouëdec G, De Lapasse C, Mishellany F,
Dauplat J
Centre Jean-Perrin, BP 392, 63011 Clermont-Ferrand
L’efficacité de la chimiothérapie néoadjuvante sur les
volumineux cancers du sein opérables mais inaccessibles à une
chirurgie conservatrice d’emblée a été comparée en fonction du type
histologique canalaire infiltrant (CCI) ou lobulaire infiltrant
(CLI). Trois critères principaux d’évaluation ont été pris en
compte : 1) la réponse clinique complète (RCC) : disparition de la
masse tumorale palpable ; 2) la réponse histologique complète (pRC)
: absence de reliquat néoplasique infiltrant, admission de la
persistance éventuelle du carcinome canalaire in situ (CCIS)
; 3) obtention de la conservation mammaire avec au besoin reprise
chirurgicale pour exérèse définitive passant in sano avant
radiothérapie complémentaire.
Entre 1993 et 2005, une série de 394 cancers mammaires T1 T2 T3 N0
N1 N2 M0 ont été opérés après 6 cures de chimiothérapie dans le but
essentiel d’éviter la mastectomie. On dénombrait 338 CCI (taille
moyenne = 43 mm) et 56 CLI (taille moyenne = 47 mm).
Le taux global de RCC était de 33 % (119/394), respectivement de
34,5 % (107/338) et de 24,5 % (12/56) pour les CCI et les CLI (NS).
Le taux global de pRC était de 13,2 % (52/394), respectivement de
14,8 % (50/338) et de 3,6 % (2/56) pour les CCI et les CLI,
différence statistiquement significative (p = 0,02). La chirurgie
conservatrice a été permise dans 73 % de l’effectif, 74 % des CCI
versus 66 % des CLI (NS). La taille du reliquat tumoral
infiltrant mesurée en anatomopathologie était plus petite dans le
groupe CCI que dans le groupe CLI : 18 mm versus 23 mm (p
< 0,01). Enfin, le taux de N+ axillaire résiduel était de 50,5 %
(199/394) sur l’ensemble de l’effectif, de 51 % pour les CCI, de 46
% pour les CLI (NS).
Dans cette analyse anatomoclinique monocentrique rétrospective la
réponse à la chimiothérapie néoadjuvante est apparue
significativement meilleure pour les CCI que pour les CLI sur deux
critères objectifs-: la pRC et la taille du reliquat néoplasique
infiltrant. En termes de RCC, de conservation mammaire et de N+
axillaire résiduel, les résultats sont également meilleurs pour les
CCI mais ceci n’est pas statistiquement significatif.
Nos résultats ne semblent pas suffisamment mauvais à l’égard des
CLI pour écarter systématiquement ce type histologique des
protocoles de chimiothérapie néoadjuvante.
12
Faisabilité et pertinence du ganglion sentinelle après
chimiothérapie néoadjuvante pour cancer du sein opérable d’emblée
mais inaccessible à une chirurgie conservatrice
Krief M, Le Bouëdec G, Gimbergues P, Michy T, Kwiatkwoski F,
Dauplat J
Centre Jean Perrin, BP392, 63011
Clermont-Ferrand
La recherche du ganglion sentinelle (GS), appliquée en routine
pour les petites tumeurs à faible risque d’envahissement
ganglionnaire T0 T1 N0, n’est pas validée pour les volumineuses
tumeurs T2 T3 N0 N1, en particulier après chimiothérapie. Les
objectifs de l’étude étaient d’évaluer la faisabilité et la
pertinence du GS après chimiothérapie néoadjuvante pour cancer du
sein opérable d’emblée mais inaccessible à une chirurgie
conservatrice.
Entre juin 1998 et décembre 2005, le GS a été recherché par
technique isotopique (sulfure de rhénium marqué au technetium 99m
Nanocis Schering CisBio International) chez 106 malades (âge moyen
51,5 ans, extrêmes 25-70) affectées d’un cancer du sein T1 T2 T3 N0
N1 ayant reçu au préalable 6 cures de chimiothérapie. Le diamètre
lésionnel initial mesurait à l’échographie 38 mm en moyenne
(14-80). La recherche du GS a été réservée aux réponses favorables
: 48 réponses cliniques complètes (45,5 %) et 58 réponses cliniques
partielles ≥ 50 % (54,5 %). Le curage axillaire complet (étages I
et II de Berg) était systématiquement réalisé.
Le GS a été identifié 100 fois sur 106 (94 %). Le GS était envahi
dans 42 cas sur 100 (42 %). Dans 8 cas le curage axillaire
contenait un ou plusieurs N+ alors que le GS était indemne. Le taux
de faux négatifs était donc de 16 % (8/50). Les résultats ont été
exprimés en fonction du statut axillaire clinique initial N1
versus N0. Le taux de détection du GS était similaire : 93 %
(42/45) dans le groupe N1, 95 % (58/61) dans le groupe N0. Le taux
d’envahissement du GS était de 47,5 % (20/40) pour les N1 et de 38
% (22/58) pour les N0. Le taux de N+ résiduel était plus élevé pour
les N1 que pour les N0, respectivement de 62 % (28/45) et de 36 %
(22/61). Le taux de faux négatif du GS était plus élevé dans le
groupe N1 par rapport au groupe N0 : 28,5 % (8/28) versus 0
% (0/22). La différence était statistiquement significative p <
0,02.
La biopsie du GS après chimiothérapie néoadjuvante n’est pas
opportunément applicable à toutes les catégories de tumeur.
L’expérience préliminaire monocentrique rapportée ici montre la
performance de la technique isotopique dans le sous-groupe T2 T3
N0. En revanche, une perte d’informations du GS est constatée dans
le sous-groupe des patientes T2-T3 N1. Une sélection des
indications nous semble justifiée sur le statut ganglionnaire
axillaire initial N0 clinique.
13
Recherche du ganglion sentinelle dans les carcinomes canalaires
in situ du sein micro-invasifs
De Lapasse C, Le Bouëdec G, Michy T, Mishellany F, Gimbergues
P, Dauplat J
Centre Jean Perrin, BP392, 63011 Clermont-Ferrand
La recherche du ganglion sentinelle (GS), inutile a
priori dans les CCIS purs est au contraire justifiée dès qu’une
micro-invasion est mise en évidence ou hautement pressentie sur des
critères cliniques radiologiques ou histologiques. Les facteurs
prédictifs du caractère micro-invasif d’un CCIS sont connus : masse
palpable, opacité surajoutée aux microcalcifications, taille
lésionnelle ≥ 4 cm, sous-type architectural comédo, haut grade
nucléaire. Les objectifs de l’étude étaient d’évaluer le rôle du GS
dans les CCIS micro-invasifs révélés par des
microcalcifications.
Entre janvier 2001 et décembre 2005, le GS a été recherché par
technique isotopique (injection intradermique juxta-aréolaire de
sulfure de rhénium marqué au T99m Nanocis Schering CisBio
International), activité 60 mBq (1,6 mCi) dans 41 cas de CCIS avec
micro-invasion histologiquement prouvée sur prélèvement percutané
initial (22 fois sur macrobiopsie aspirative Mammotome®)
ou sur pièce opératoire. Le curage axillaire complet a été réalisé
dans les 10 premiers cas de façon systématique puis chaque fois que
le GS était envahi, quelle que soit la catégorie métastatique ou
micrométastatique du N+. Chaque GS identifié a fait l’objet d’un
examen cytologique extemporané par appositions puis d’un examen
histologique en paraffine : 6 niveaux de coupe espacés de 150 μ : 3
en HES, et si négatifs, 3 en IHC (anticorps AE1- AE2 Dako).
Le taux de détection du GS était de 98 % (40/41), l’échec
survenant après biopsie exérèse chirurgicale parmi 5 cas. Le nombre
de GS était en moyenne de 2 (extrêmes 1-5), le taux d’envahissement
du GS était de 10 % (4/40) : 1 macrométastase pN1, 2
micrométastases HES pN1 (mi), 1 micrométastase IHC pN0 (mi). Le
seul N+ supplémentaire observé au curage additionnel concernait le
GS macrométastatique pN1.
La recherche du GS ne devrait pas se développer pour l’ensemble
des CCIS mais pour les plus péjoratifs d’entre eux sélectionnés sur
leur potentiel de micro-invasion. Grâce aux prélèvements percutanés
macrobiopsiques initiaux, la planification précoce du GS est
permise pour les CCIS MI prouvés ou hautement probables admettant
une sous-estimation de la gravité lésionnelle dans 15 à 25 % des
cas. Ainsi l’exploration axillaire sentinelle est accomplie avant
que les remaniements cicatriciels et la mammectomie éventuelle ne
viennent compromettre ou interdire techniquement son application.
La faisabilité et la performance de l’adénectomie sentinelle
sélective ne semblent pas réduites par les macrobiopsies
aspiratives Mammotome®.
14
Intérêt du cliché lymphoscintigraphique préopératoire dans la
détection du ganglion sentinelle appliqué au cancer du sein
Lisik F, Chauvet MP, Lambaudie E, Jafari M, Giard S
Service de sénologie, Centre Oscar-Lambret, 3, rue F.
Combemale, BP307, 59020 Lille
La technique du ganglion sentinelle (GS), bien qu’elle n’ait pas
encore été validée par des études randomisées, constitue une
avancée désormais irréversible dans la prise en charge du cancer du
sein car elle semble prédire correctement et de manière fiable le
statut ganglionnaire axillaire avec une morbidité moindre que celle
du curage axillaire. Un nombre important d’équipes américaines est
partagé sur l’intérêt d’une lymphoscintigraphie préopératoire soit
en raison du coût, soit en raison de l’absence de service de
médecine nucléaire sur place et considère que cet examen alourdit
la procédure du GS sans réel bénéfice. Le but de cette étude est
donc d’évaluer, de manière prospective, l’intérêt de la
lymphoscintigraphie préopératoire dans la détection du ganglion
sentinelle pour cancer du sein. Une étude prospective, comportant
104 patientes, consistait en la recherche du/des ganglions
sentinelles, dans un premier temps sans cliché
lymphoscintigraphique. La procédure se terminait si le nombre de
ganglion(s) sentinelle(s), sur le cliché lymphoscintigraphique,
était égal ou inférieur au nombre de ganglions prélevés. Si le
cliché montrait plus de ganglions que de ganglions prélevés, une
deuxième procédure était réalisée avec recherche du ou des
ganglions « manqués » par la première procédure.
Notre étude ne retrouve pas de gain apporté par la
lymphoscintigraphie sur le taux d’identification, aussi bien dans
la population générale que chez les patientes obèses (BMI > 30)
ou chez les patientes âgées (> 65 ans). Le nombre moyen de
ganglions sentinelles radioactifs détectés en peropératoire, sans
le cliché lymphoscintigraphique (procédure n° 1) était de 2,2 ±
1,2. Le nombre moyen de ganglions sentinelles détectés sur le
cliché lymphoscintigraphique était de 1,8 ± 1,3. Le nombre de
ganglions sentinelles détectés par la sonde get le nombre de GS
présents sur le cliché lymphoscintigraphique (100 patientes) était
identique dans 52 % des cas. La détection était surévaluée (nombre
GS détectés > nombre GS à la lymphoscintigraphie) dans 33 % des
cas. La détection était sous-évaluée dans 15 % des cas. Pour ces 15
patientes, l’analyse anatomopathologique montrait 3 patientes ayant
un envahissement ganglionnaire. Aucun des ganglions prélevés lors
de la deuxième procédure (« rattrapage » grâce au cliché
lymphoscintigraphique) n’était positif.
La réalisation du cliché lymphoscintigraphique dans la détection
du ganglion sentinelle nous paraît être un examen intéressant pour
éviter tout risque de sous-évaluation de la procédure.
15
L’utilisation du système de navigation assistée par ordinateur en
chirurgie carcinologique crâniofaciale : résultats
préliminaires
Dolivet G, Marchal F, Henrot P, Stines J, Mirghani H, Rauch
P, Verhaeghe JL, Guillemin F
Centre Alexis-Vautrin, Vandœuvre-les-Nancy
Les chirurgies des tumeurs crâniofaciales se heurtent aux
doubles difficultés d’épargne des structures nobles dans la mesure
du possible (nerf optique, artères intracrâniennes…) et de la
fragmentation des pièces opératoires par leur fréquente intégration
dans les structures osseuses rendant par là même difficile un
contrôle de qualité d’exérèse de visu. L’apport d’un système
de navigation dans ces circonstances permet théoriquement de passer
outre ces écueils permettant d’épargner un plus grand nombre de
structures nobles, un contrôle de limites d’exérèse virtuelles
après ablation de la pièce opératoire.
Les objectifs de l’étude étaient de vérifier la faisabilité de la
mise en œuvre d’un tel système de navigation dans les circonstances
de chirurgie carcinologique, de vérifier en peropératoire la
réalité de possibilités de mise en œuvre d’un contrôle théorique de
l’exérèse d’une tumeur avec marges virtuelles satisfaisantes
comparativement aux images acquises de tumeur, la comparaison avec
les résultats histopathologiques.
Outre l’équipe opératoire classique, le radiologue ayant fait
l’acquisition des images et le compte rendu d’imagerie est présent
dans la salle. Le geste classique d’exérèse tumorale est effectué
sans modification des voies d’abord, avec vérification
peropératoire de la concordance entre l’impression du chirurgien et
les images visualisées sur le système de navigation par le tandem
chirurgien radiologue, contrôle des marges d’exérèse virtuelles de
la tumeur (marges entre 5 et 10 mm vis-à-vis de la cavité
constituée), in fine comparaison entre le protocole
opératoire, les marges virtuelles et le compte rendu
histopathologique.
Deux cas de tumeurs intéressant la région orbitaire et le sinus
maxillaire sous-jacent, un cas de tumeur de la région
occipitotemporale débordant en profondeur vers la fosse
infratemporale. La mise en œuvre de la console de navigation ne
pose aucun problème pratique dans le type de chirurgie
carcinologique cervicofaciale. Les concordances entre les
structures anatomiques et le système de navigation se sont révélées
totales, hormis pour le pavillon de l’oreille du troisième patient
dont l’acquisition TDM avait été faite sous pansement. La
navigation péritumorale et le contrôle de la cavité virtuelle
d’exérèse ont été satisfaisants, tant pour le chirurgien que pour
le radiologue, et les comptes rendus histopathologiques confirment
l’exérèse totale des tumeurs.
Le système de navigation assisté par ordinateur semble être
extrêmement intéressant pour la chirurgie carcinologique
cervicofaciale aux confins des régions osseuses de la base du crâne
et semble pouvoir trouver de la même façon très rapidement des
applications dans des zones comparables en richesse de structures
osseuses de repérage (colonne vertébrale, petit bassin, tumeur
osseuse).
16
Exentération postérieure pour cancer de l’ovaire : résultats d’une
étude multicentrique
Houvenaeghel G1, Gutowski M2,
Buttarelli M1, Cuisenier J3, Narducci
F4, Dalle C5, Ferron G6, Morice
M7, Meeus P8, Stockle E9 et
al.
GCFC 1Marseille, 2 Montpellier,
3 Dijon, 4 Lille, 5 Clermont
Ferrand, 6 Toulouse, 7 IGR, 8
Lyon, 9 Bordeaux
Une exentération postérieure (EP) avec anastomose colorectale
(ACR) peut être envisagée pour pratiquer l’exérèse des
localisations pelviennes des cancers de l’ovaire afin d’obtenir une
réduction tumorale optimale ou complète. Le but de ce travail est
de rapporter l’expérience de 9 centres, afin de préciser les
résultats de ces anastomoses, les complications et les résultats
thérapeutiques.
Trois cent cinq EP pour cancer de l’ovaire ont été étudiées. Le
stade initial correspondait à un stade IIIc dans 69,5 % des cas, un
stade IV dans 13,4 % des cas. Cette EP a été réalisée 168 fois lors
d’une chirurgie initiale (55,1 %), 69 fois lors d’une chirurgie
d’intervalle (22,6 %), 36 fois après 6 cures de chimiothérapie
(11,8 %) et 32 fois lors d’une chirurgie pour récidive (10,5 %).
Une chirurgie supraradicale a été réalisée plus fréquemment en cas
de récidive (25/32 : 78,1 % versus 116/273 : 42,5 %). Une
ACR a été réalisée 302 fois, dans 90,7 % des cas par agrafage. Une
stomie de protection a été confectionnée 59-fois (19,5 %). Une
stomie a été réalisée plus fréquemment : 1) en cas de récidive :
28,1 % (9/32) versus 18,5 % (50/270), 2) pour les patientes
âgées de plus de 75 ans : 33,3 % (8/24) versus 18,4 %
(51/277). La fermeture de stomie a été réalisée 51 fois (76,5
%).
Les suites opératoires ont été compliquées dans 26,9 % des cas
(82/305). Il s’agissait d’une complication de l’ACR 30 fois (9,9 %
: 30/303) avec une fistule 25 fois. Le taux de réinterventions a
été de 8,85 % (27/305), 15 fois secondaire à une complication de
l’ACR (55,6 % : 15/27). Les durées d’hospitalisation ont été de 15
jours en médiane (moyenne 20) sans différence en fonction du moment
de chirurgie ou en fonction du type de chirurgie radicale ou
supraradicale. L’absence de reliquat tumoral macroscopique a été
obtenue dans 58 % des cas (176/303). Un reliquat < 1 cm était
observé 73 fois (24 %), < 2 cm 34 fois (12,8 %) et > 2 cm 16
fois (6 %). Le traitement de chimiothérapie en postopératoire a été
commencé avec un délai médian de 31 jours (moyenne 35,4). Un décès
a été observé chez 129 patientes (48,7 %), une fois en
postopératoire. Les survies ont été à 3 ans de 46,1 % et à 5 ans de
29 %. Les médianes de survie étaient de 37 mois après chirurgie
initiale, 32 mois après chirurgie d’intervalle, 20 mois après 6
cures et 23 mois après chirurgie pour récidive (log rank = 0,0036),
de 37 mois en l’absence de résidu tumoral, 33 mois pour un résidu
< 1 cm, 29 mois pour un résidu < 2 cm et 19 mois pour un
résidu > 2 cm (log rank = 0,0003).
En conclusion, la réalisation d’une EP a permis d’obtenir une
réduction tumorale optimale dans 94 % des cas. Un effort maximal
lors du traitement initial doit être réalisé pour obtenir un résidu
nul le plus souvent possible.
17
Valeur de la procédure du ganglion sentinelle pour les cancers du
sein invasifs ≥ 3 cm
Lelièvre L, Houvenaeghel G
Service de chirurgie oncologique 2, Institut Paoli-Calmettes,
232 bd Sainte-Marguerite, Marseille
De plus en plus utilisée pour l’évaluation ganglionnaire des
cancers du sein précoces, la technique du ganglion sentinelle (GS)
est discutée pour les tumeurs ≥ 3 cm.
De 2000 à 2005, 152 patientes avec un cancer invasif pT ≥ 3 cm ont
eu une procédure du GS systématiquement suivie d’un curage
axillaire complet. La chirurgie était le premier temps
thérapeutique. La détection du GS était réalisée après injection de
radio-isotope suivie d’une lymphoscintigraphie et injection de bleu
patenté en préopératoire immédiat. La procédure comportait
systématiquement une palpation du creux axillaire complémentaire
avec exérèse de tout ganglion non marqué suspect, c’est-à-dire
induré et/ou augmenté de taille. Le statut des GS était comparé au
statut ganglionnaire final.
La taille tumorale était comprise entre 30 et 200 mm. La
lymphoscintigraphie a été positive dans 98 % des cas. Au moins un
GS a été retrouvé chez 97,4 % des patientes. Le nombre médian de GS
retirés a été de 2 (1 à 9). Le risque de faux négatifs a été de 4 %
(4/99). Ce risque n’apparaît pas corrélé à la taille tumorale
([30-40], [30-50] ou > 50 mm), ni au nombre de GS retirés (≥ 2,
≥ 3 GS).
Cette étude montre la faisabilité de la biopsie du ganglion
sentinelle pour les tumeurs ≥ 3 cm avec un risque acceptable de
faux négatifs < 5 %, similaire au risque de faux négatifs
rapporté pour les tumeurs pT1.
18
Influence des marges d’exérèse des dermatofibrosarcomes de Darier
et Ferrand sur les récidives : étude rétrospective à propos de 39
patients
Ben Hassouna J1, Ben Bachouche W1,
Bouzaiene H1, Chargui R1, Khomsi
F1, Dhiab T1, Mtaalah M1, Boussen
H2, Benna F3, Gamoudi A4, Héchiche
M1, Rahal K1
1Service de chirurgie carcinologique ;
2Service de carcinologie médicale ; 3Service
de radiothérapie ; 4Service d’immuno-histo-cytologie,
Institut Salah-Azaïz, boulevard du 9 Avril, 1006 Tunis,
Tunisie
Le dermatofibrosarcome de Darier et Ferrand (DFS) est une tumeur
cutanée peu fréquente, environ 0,1 % des tumeurs cutanées malignes,
à développement lent et caractérisée par une grande tendance à la
récidive locale. Actuellement, elle est considérée comme un
fibrosarcome vrai de faible grade de malignité.
Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 39 patients pris
en charge à l’Institut Salah Azaïz (ISA) de 1990 à 1999. Il
s’agissait de 39 patients répartis en 26 (66,7 %) hommes et 13
(33,3 %) femmes. 14 patients en été vus en deuxième intention pour
récidive après un traitement réalisé ailleurs. L’âge moyen était de
34,69 ans avec des extrêmes allant de 9 à 63 ans. La taille moyenne
était de 60,25 mm avec des extrêmes allant de 20 à 180 mm. La
localisation la plus fréquente était le thorax (28,2 %), suivi du
dos (20,51 %) et des autres localisations. Le traitement a été
chirurgical dans tous les cas avec une marge d’exérèse la plus
large possible (entre 2 et 5 cm) en fonction des différentes
localisations. Seulement 2 patients (5,2 %) ont présenté une ou
plusieurs récidives après le traitement chirurgical réalisé à
l’ISA, 2 ont développé une transformation sarcomateuse.
La tumeur de Darier et Ferrand est rare, elle se distingue par son
évolution lente, sa difficulté diagnostique, sa tendance à la
récidive, la dégénérescence en fibrosarcome possible après
plusieurs récidives.
19
À propos de 252 cas d’adénocarcinome du rectum réséqués :
expérience de l’Institut Salah-Azaïz
Bouzaiene H, Bouzid T, Ben Hassouna J, Ben Bachouch W, Dhouib
R, Gamoudi A, Benna F, Boussen H, Dhiab T, Héchiche M, Rahal
K
Service de chirurgie carcinologique, Institut Salah-Azaïz,
Tunis, Tunisie
L’adénocarcinome du rectum occupe le premier rang des cancers
digestifs à l’Institut Salah-Azaïz (ISA). Nous avons colligé tous
les cas de cancer du rectum pris en charge durant une période de 30
ans, de 1969 à 1998, à l’Institut Salah-Azaiz : 606 dossiers ont
été répertoriés. Seuls les patients ayant eu une résection à visée
curative ont été retenus, soit 252 cas.
Dans notre série, l’âge moyen des malades était de 54 ans, avec un
sex ratio à 1. Une lésion prénéoplasique était retrouvée
dans 15 % des cas. L’occlusion a constitué une circonstance de
découverte dans 4,5 % des cas. La tumeur siégeait dans 62 % des cas
au niveau du bas rectum et dans 77 % des cas au niveau des deux
tiers inférieurs. Elle était mobile dans tous les cas. Le bilan
d’extension comportant une radiographie du thorax et une
échographie abdominale était normal dans tous les cas. Tous les
patients de notre série ont eu un geste d’exérèse emportant le
mésorectum, une amputation abdominopérinéale a été réalisée dans
49,5 % des cas, une exentération postérieure dans 31,5 % des cas et
une résection antérieure dans 19 % des cas. La radiothérapie
préopératoire était réalisée depuis 1974 sous forme d’un flash de
17 Gy en deux séances pendant les 72 heures qui précèdent
l’intervention.
La taille tumorale moyenne était de 6 cm avec des extrêmes de 2 et
13 cm. Les tumeurs étaient peu ou indifférenciées dans 10 % des
cas. L’envahissement ganglionnaire a été noté dans 50 % des cas.
Les emboles vasculaires et l’engainement périnerveux étaient
présents dans 46 et 47 % des cas. Au cours de l’évolution, 27
patientes (10 %) ont développé une récidive locale. La survie
globale était de 66 % à 2 ans, 52 % à 5 ans et 39 % à 10 ans.
L’étude statistique réalisée a montré que les principaux facteurs
pronostiques influençant la survie de façon significative étaient
la classification de Dukes, le type histologique et l’envahissement
ganglionnaire.
La chirurgie demeure le traitement essentiel du cancer du rectum
associée à la radiothérapie préopératoire. Concernant la chirurgie,
la marge d’exérèse distale, les techniques de chirurgie
intersphinctérienne permettent de plus en plus la conservation. Les
associations radiothérapie-chimiothérapie préopératoires semblent
prometteuses.
20
Y a-t’il encore une place à la biopsie en miroir dans le carcinome
lobulaire infiltrant du sein ?
Bouzid T1, Ben Hassouna J1, Chkir
A1, Mtaallah M1, Bouzaiene H1,
Khomsi F1, Gamoudi A2, Ben Dhiab
T1, Hechiche M1, Rahal K1
1Service de chirurgie carcinologique,
2Service d’immunohistopathologie. Institut Salah-Azaïz,
Tunis, Tunisie
Le cancer lobulaire infiltrant (CLI) représente 4 à 10 % des
cancers du sein. Son diagnostic clinique et radiologique est
difficile. Les CLI sont plus souvent bilatéraux que les autres
cancers du sein. Cette bilatéralité, synchrone ou secondaire, varie
selon les études de 6 à 47 %. Cela a conduit plusieurs auteurs à
biopsier, systématiquement, le sein controlatéral, même en dehors
d’anomalies cliniques ou radiologiques.
Nous rapportons une série rétrospective de 181 patientes traitées
à l’Institut Salah-Azaïz, entre 1975 et 1998, pour CLI dont, 99 ont
eu une biopsie en « miroir », du sein controlatéral. Cette biopsie
siégeait au niveau du même cadran que celui de la tumeur primitive.
Elle était réalisée dans le même temps opératoire dans les cas où
l’examen histologique extemporané a conclu à un CLI ou était
différée, après le résultat histologique définitif, dans les cas où
la nature lobulaire n’a pas été mise en évidence en
extemporané.
Nous avons dégagé les résultats suivants : l’âge moyen de nos
patientes est de 47 ans, la biopsie a été réalisée dans le même
temps dans 68 % des cas et elle était différée dans les autres cas.
Dans 28 cas, il existait des signes cliniques et/ou mammographiques
suspects. À l’examen anatomopathologique, 10 carcinomes ont été mis
en évidence (10 % des cas), avec 14 cas de lésions de mastopathie
complexe. Le traitement a consisté en une intervention de Patey
dans 5 cas et une chirurgie conservatrice dans un cas. Dans les
autres cas, aucune chirurgie du sein controlatéral n’a été faite
soit par refus d’un geste radical, soit par abstention pour
évolution métastatique.
Jusqu’à la fin des années 1990, beaucoup d’auteurs ont rapporté
des séries de biopsie en miroir du sein controlatéral dans le cadre
du CLI. Actuellement, et devant les progrès de l’imagerie mammaire
et surtout de l’imagerie par résonance magnétique (IRM), la biopsie
en miroir trouve de moins en moins de partisans. En effet,
l’association examen clinique, mammographie et IRM a une
sensibilité qui dépasse les 90-% dans la détection des lésions
suspectes, même dans les seins denses. Il serait intéressant de
comparer dans une étude prospective les sensibilités et la valeur
prédictive positive de l’IRM et de la biopsie en miroir
systématique
21
Traitement conservateur du cancer du sein : à propos de 160
cas
Chargui R1, Damak T1, Slimane
M1, Ben Hassouna J1, Khomsi F1,
Chkir M1, Mtaalah M1, Dhiab T1,
Gammoudi A2, Benna F3, Boussen H4,
Hechiche M1, Rahal K1
1Service de chirurgie carcinologique,
2Service d’immuno-histocytologie, 3Service de
radiothérapie, 4Service d’oncologie médicale, institut
Salah-Azaïz, boulevard du 9 Avril, 1001 Tunis, Tunisie
L’objectif était d’étudier l’impact du traitement conservateur
du cancer sein sur la survie globale et la survie sans récidive
tout en essayant d’en déterminer les facteurs pronostiques. À
partir d’une série rétrospective, s’étalant sur une période de 6
ans (1995 à 2000), de 160 patientes diagnostiquées et traitées à
l’Institut Salah Azaiz pour un cancer du sein de petite taille.
Seulement 9 % des patientes ont bénéficié du traitement
conservateur pour un cancer du sein. Il s’agissait de femmes dont
l’âge moyen était de 47 ans qui consultaient dans 83,1 % des cas
pour un nodule mammaire. La taille tumorale était de 27 mm avec des
extrêmes de 5 à 70 mm qui siégeaient dans 43,2 % des cas au niveau
du quadrant supéro-externe. Une tumorectomie avec recoupe
systématique du lit tumoral associée à un curage axillaire a été
pratiquée chez toutes les patientes. Il s’agissait d’un carcinome
canalaire infiltrant dans 83,2 % des cas, de grade Scarff-Bloom et
Richardson I dans 23 % des cas, de grade II dans 42 % des cas et de
grade III dans 32 % des cas. Par ailleurs, 35,4 % des ganglions
axillaires prélevés étaient envahis. L’étude des récepteurs
hormonaux retrouvait une positivité dans 61 % des tumeurs. Le suivi
des patientes variait de 18 à 98 mois avec une moyenne de 55 mois.
La survie globale à 5-ans était de 92 % avec une survie sans
récidive de 94,16 %.
Le taux de récidive était de 3,7 % avec un délai variant de 5 à 60
mois. La survie sans métastase à 5 ans était de 81,62 % avec un
taux de métastases de 10 %, prédominant au niveau de l’os (43,5 %).
Le délai d’apparition des métastases variait de 11 à 62 mois.
L’étude monovariante des facteurs pronostiques Yonaré que la taille
tumorale histologique avait une influence significative sur la
survie sans métastase. Cependant, l’étude univariante des facteurs
pronostiques pour la survie globale a montré que la taille tumorale
< 3 cm, l’absence d’envahissement ganglionnaire (p = 0,02), la
positivité des récepteurs hormonaux (p = 0,02) constituent des
facteurs de bon pronostic. Le taux de chirurgie conservatrice reste
encore faible dans notre pays, et ce à cause de l’importance de la
taille de la tumeur au moment du diagnostic, avec cependant des
taux de survie et de récidive locorégionale comparables aux données
de la littérature. L’augmentation du nombre de patientes pouvant
bénéficier d’un traitement conservateur doit passer impérativement
par le développement et la promotion du diagnostic précoce et le
dépistage par la mammographie.
22
Facteurs pronostiques des sarcomes phyllodes du sein : à propos de
30 cas
Ben Hassouna J1, Damak T1, Slimane
M1, Chargui R1, Bouzid T1, Khomsi
F1, Chkir M1, Mtaalah M1, Dhiab
T1, Gammoudi A2, Benna F3, Boussen
H4, Hechiche M1, Rahal K1
1Service de chirurgie carcinologique,
2Service d’immunohistocytologie, 3Service de
radiothérapie, 4Service d’oncologie médicale, institut
Salah Azaïz, boulevard du 9 Avril, 1001 Tunis, Tunisie
Les tumeurs phyllodes sont des tumeurs fibro-épithéliales. Elles
peuvent être bénignes, borderline ou malignes. Les formes
malignes sont très rares, représentant 0,18 % des néoplasies
mammaires. Leur traitement est essentiellement chirurgical. Le but
de ce travail et d’étudier les facteurs pronostiques de récidive
locale, à distance et de la survie.
Il s’agit d’une étude rétrospective de 30 cas de tumeurs phyllodes
malignes du sein colligés à l’Institut Salah-Azaïz de Tunis, sur
une période de 10 ans. Le calcul des survies a été réalisé selon la
méthode de Kaplan-Meier et analysé par le test de log-rank. L’âge
moyen était de 40 ans (14-65 ans). La taille tumorale moyenne était
de 11 cm (3-20cm). Neuf patientes ont eu une tumorectomie et 21 une
mammectomie simple associée dans 18 cas à un prélèvement axillaire.
Six patientes (20 %) ont présenté une récidive locale. Le délai
moyen de récidive était de 45 mois. Sept patientes (25 %) ont
présenté une métastase à distance. La survie globale et sans
récidive à 5 ans était de 59 % et de 69 %, respectivement. Les
facteurs pronostiques favorisant la récidive locale étaient la
taille tumorale histologique > 10 cm (p = 0,008), la marge
d’exérèse envahie (p = 0,01), la présence de nécrose (p = 0,02),
l’existence d’excroissance stromale (p = 0,0009) et le type de
traitement (p = 0,006). Les facteurs pronostiques de survie sans
métastase étaient l’hypercellularité du stroma (p = 0,04), la
présence de remaniement hyalin (p = 0,009) et la nécrose tumorale
(p = 0,02). Le seul facteur influençant la survie de façon
significative était la présence de nécrose (p = 0,03). Les tumeurs
phyllodes malignes du sein se caractérisent par une plus grande
fréquence des récidives et des métastases à distance, surtout après
simple excision.
23
Radiofréquence des tumeurs mammaires : étude préliminaire sur des
patientes âgées non opérées
Valentin F1, Palussière J1, Henriquès
C1, Asad-Syed M1, Mathoulin-Pélissier
S3, Kind M1, Debled M2, Dilhuydy
MH1, Mauriac L2
1Service d’imagerie, 2Service
d’oncologie, 3Service de biostatistiques, Institut
Bergonié, CLCC de Bordeaux et du Sud-Ouest, 229 cours de l’Argonne,
33076 Bordeaux Cedex
Les objectifs étaient d’évaluer l’efficacité et la tolérance de
l’ablation par radiofréquence chez des patientes atteintes de
cancer du sein et pour lesquelles une prise en charge chirurgicale
est contre-indiquée ou qui la refusent.
Onze patientes de plus de 70 ans avec une tumeur mammaire sont
traitées par hormonothérapie pendant 6 mois. La tumeur résiduelle
est évaluée en échographie, mammographie et IRM, elle est ensuite
traitée à l’aide d’une électrode de radiofréquence déployable
introduite dans la tumeur sous anesthésie locale et sédation. Le
repérage et le guidage sont échographiques. Le suivi est clinique
et documenté par échographie, mammographie et IRM tous les 2 mois
pendant 6 mois. L’argument principal retenu pour juger de
l’efficacité thérapeutique est la disparition complète du
rehaussement de la masse tumorale après le traitement sur les
données IRM.
Le traitement a toujours été bien supporté sans complication
générale, nécessitant en général une hospitalisation de 48 heures.
Localement, 2 cas de brûlure cutanée ont été notés avec une
cicatrisation spontanée au bout de 2 mois. Immédiatement après le
traitement, une augmentation du volume tumoral (> 50 %) due à la
réaction inflammatoire a toujours été constatée. Cliniquement à 6
mois une masse palpable persiste pour 10 des 11 patientes. Sur les
mammographies, la tumeur persiste ou disparaît et est, dans tous
les cas, entourée d’un fin liseré correspondant aux limites du
chauffage. Pour toutes les patientes, sur les différents contrôles
IRM le nodule traité ne se rehausse plus en comparaison des examens
préthérapeutiques.
Dans cette étude préliminaire, l’ablation par radiofréquence des
tumeurs du sein est un traitement bien toléré et efficace sur les
contrôles d’imagerie effectués jusqu’à 6 mois. Cependant, pour la
majorité des patientes, 6 mois après le traitement, il persiste une
masse palpable dans le sein correspondant au volume traité. Ces
premiers résultats incitent à poursuivre l’évaluation de cette
technique.
24
Valeur du ganglion sentinelle dans les carcinomes intracanalaires
diffus du sein
Sakr R1, Barranger E1, Antoine
M2, Prugnolle H1, Daraï E1, Uzan
S1.
1Service de gynécologie ; 2Service
d’anatomopathologie, hôpital Tenon, 4 rue de la Chine, 75020
Paris
Grâce au dépistage, la fréquence du carcinome intracanalaire
(CIC) du sein est passée à 20 % environ pendant les 20 dernières
années avec un diagnostic de micro invasion dans 5 à 10 % des cas.
Le consensus est le traitement local dans les CIC mais le risque
d’envahissement axillaire n’est pas nul (1-2 %). L’objectif de
cette étude rétrospective est de confirmer l’intérêt du prélèvement
de GS dans les CIC diffus à risque élevé de micro-invasion occulte
ou de lésion invasive définitive.
Une étude rétrospective réalisée entre novembre 1995 et novembre
2005 a inclus des patientes avec un diagnostic initial de CIC et
une évaluation axillaire. Des microbiopsies mammaires ont permis le
diagnostic. Le traitement chirurgical englobe la tumorectomie ou la
mastectomie selon la taille de la lésion ainsi que le prélèvement
de GS avec ou sans curage axillaire. Les GS sont étudiés en analyse
extemporanée par la cytologie d’apposition puis sont fixés et
analysés secondairement par hématine-éosine-safran et par
l’immunohistochimie. En cas de métastase ganglionnaire, une reprise
de la pièce mammaire en immunohistochimie est réalisée à la
recherche d’une micro-invasion occulte.
Cent quarante patientes ayant un diagnostic initial de CIC sont
identifiées. Parmi les 128 patientes ayant un diagnostic final de
CIC et de CIC micro-invasif, 9 (7 %) présentent une atteinte
ganglionnaire confirmée par immunohistochimie. La lésion mammaire
est diffuse dans tous ces cas et la mastectomie associée à
l’évaluation axillaire est la chirurgie réalisée. Parmi les 39
patientes ayant un CIC pur sur l’histologie définitive et ayant
bénéficié d’un prélèvement de GS, 4 (10 %) présentent une
micrométastase alors qu’une (7 %) parmi les 14 ayant un CIC micro
invasif sur l’histologie définitive et ayant bénéficié du
prélèvement de GS présente une micrométastase. Parmi les 12
patientes ont un carcinome invasif sur l’histologie définitive, 4
ont une atteinte ganglionnaire.
Le prélèvement de ganglion sentinelle est d’une grande valeur dans
les carcinomes intracanalaires diffus ou micro-invasifs avec une
indication de mastectomie dans l’objectif de diagnostiquer des
micrométastases axillaires occultes ou de retrouver secondairement
des lésions micro-invasives mammaires occultes. Sa valeur est
également retenue dans les cas des lésions invasives
upstaged.
25
L’approche multimodale des carcinoses péritonéales d’origines
diverses
Berkane S, Ali Benamara F, Bennani A, Chafi F, Abid L
Service de chirurgie viscérale, Hôpital de Bologhine, Alger,
Algérie
La survenue de la carcinose péritonéale au cours de l’évolution
de la maladie cancéreuse marque un tournant très péjoratif. Depuis
une dizaine d’années, une approche agressive est opposée à cette
localisation cancéreuse. Ce travail analyse les résultats d’une
prise en charge multimodale adoptée dans notre service depuis 6
ans.
Notre attitude devant une carcinose péritonéale est basée sur le
couple chirurgie-chimiothérapie, associant l’exérèse chirurgicale à
la chimiothérapie intrapéritonéale et systémique ou une
chimiothérapie systémique remière suivie d’une chirurgie secondaire
associée à une chimiothérapie intrapéritonéale. Les patients inclus
dans ce travail sont sans tare majeure, avec une maladie
péritonéale réséquable et pouvant supporter un acte thérapeutique
majeur.
Nous avons pris en charge 30 patients en carcinose péritonéale
d’étiologie diverses (côlon 8, ovaire 8, vésicule biliaire 7,
rectum 2, estomac 1, léiomyosarcome intestinal 2, duodénum 1 et
aénocarcinome d’origine indéterminé 1. Le traitement a consisté en
une chirurgie d’éradication tumorale la plus totale possible
(debulking) suivie d’une chimiothérapie intrapéritonéale
immédiate chez 15 patients. Chez 6 patientes, une chimiothérapie
systémique a été pratiquée en premier suivie d’une chirurgie
d’éradication secondaire, 9 patients ont bénéficié d’une
chimiothérapie systémique. Nous déplorons une mortalité
postopératoire de 26,6 % (2 péritonites postopératoires, une
thrombopénie de grade IV et une insuffisance respiratoire aiguë,
une cause indéterminée) et une morbidité de 26,6 % (1 insuffisance
rénale, 1 atteinte du plexus brachial, 1-rétention urinaire avec
retard de cicatrisation du périnée). La survie globale (à
l’exclusion de la mortalité postopératoire) à 24 et 36 mois est
respectivement de 35 et 18 %.
Cette approche thérapeutique multimodale associant la
chimiothérapie à l’exérèse chirurgicale bien que lourde est une
voie thérapeutique très prometteuse en termes de contrôle à
distance de la maladie.
26
Les sarcomes utérins : à propos de 33 cas
Taleb A, El Ghissasi I, M’Rabti H, Kaikani W, Bensouda Y,
Errihani H
Service d’oncologie médicale, Institut national d’oncologie
Sidi Mohamed Ben Abdellah Rabat, Maroc
Les sarcomes utérins sont des tumeurs rares : 1 à 3 % des
cancers gynécologiques, 2 à 7 % des cancers du corps utérin avec
une hétérogénéité histologique : léiomyosarcomes, tumeurs
müllériennes mixtes ou carcinosarcome, sarcome du stroma
endométrial. La chirurgie est le traitement de choix, son
association à la radiochimiothérapie est de plus en plus
préconisée. Ce travail vise à dresser le profil épidémiologique,
clinique, thérapeutique et pronostique des patientes atteintes de
sarcomes utérins consultant à l’Institut national d’oncologie.
Nous rapportons une série rétrospective de 33 patientes ayant été
suivies pour sarcome utérin à l’Institut national d’oncologie de
Rabat entre 1990 et 2000. Nous avons inclus dans notre étude
l’ensemble des patientes suivies pour sarcome utérin
histologiquement prouvé et classé selon la classification de la
FIGO ; nous avons exclu de l’étude les patientes porteuses de
sarcome du col utérin.
L’âge moyen des patientes est de 55 ans (extrêmes 20-70), 94 %
sont ménopausées ou en périménopause. Le délai moyen de
consultation est de 10 mois. Les métrorragies constituent le signe
clinique révélateur dans 91 % des cas. Le curetage biopsique de
l’endomètre pose le diagnostic dans 90 % des cas. Le léiomyosarcome
est le type histologique le plus fréquemment rencontré (58 %). 40 %
des patientes étaient classées stade I, 7 % classées stade II, 20 %
classées stade III et 33 % classées stade IV. Le traitement repose
sur la chirurgie : 93 % des patientes ont bénéficié d’une
colpohystérectomie totale ± lymphadénectomie ± omontectomie. La
radiothérapie postopératoire a été administrée chez 42 % des
patientes avec une dose moyenne de 50 Gy. Une chimiothérapie à base
d’anthracyclines, d’ifosfamide et de sels de platine a été utilisée
chez les patientes localement avancées ou métastatiques. Une
récidive locale a été notée chez 70 % des patientes après un délai
moyen de 13,5 mois (5-40 mois). Le taux de survie à 2 ans est de 33
% avec une survie globale de 26 mois.
Les sarcomes utérins sont rares, de mauvais pronostic, touchant la
femme ménopausée ou en périménopause, se manifestant surtout par
des métrorragies. Le diagnostic se fait par le curetage biopsique
de l’endomètre et le traitement est surtout chirurgical complété
par une radiochimiothérapie.
27
Syndromes de Budd-Chiari révélant une néoplasie
Berrah A, Hakem D, Boucelma M, Ouadahi N
Médecine interne, hôpital Lamine Debaghine, CHU Bab-El-Oued,
Alger
Le syndrome de Budd-Chiari (SBC) est la conséquence de
l’obstruction extrinsèque ou intrinsèque, brutale ou progressive
des veines sus-hépatiques (VSH). Son expression clinique est
variable, aiguë ou chronique, liée plus au mécanisme et au mode
d’installation de l’obstruction qu’à l’étiologie proprement
dite.
Son pronostic est lié à la constitution d’une insuffisance
hépatocellulaire (IHC) dans les formes aiguës et aux complications
secondaires à une hypertension portale (HTP) dans les formes
chroniques. Les situations observées en médecine interne sont,
d’une part, les états d’hypercoagulabilité constitués par les
thrombophilies (déficits en facteurs de la coagulation, les
syndromes des antiphospholipides) et les affections thrombogènes
non néoplasiques (maladies de Behçet) et, d’autre part, les causes
néoplasiques ou la thrombose des VSH constituent l’expression
inaugurale ou une des complications évolutives. Le mécanisme de
l’obstruction des VSH, dans ce contexte, n’est pas univoque et
répond soit à un envahissement locorégional – à l’origine d’une
compression extrinsèque – soit à un envahissement intraluminal,
soit enfin à une thrombose paranéoplasique induite par un état
d’hypercoagulabilité. Il n’est pas exclu que de tels mécanismes
s’intriquent entre eux. Les objectifs-de l’étude étaient de revoir
les principales néoplasies associées à un SBC.
Une étude rétrospective a été réalisée (janvier 2000-2004) sur des
données cliniques, utilisant de manière systématique l’imagerie
hépatique couplée au Doppler, des tests hépatiques et une
endoscopie digestive haute. Les examens spécifiques sont adaptés au
contexte clinique (bilan de thrombophilie, biopsie osseuse,
marqueurs tumoraux, bilan d’auto-immunité, etc.) et répondent à une
stratégie d’explorations à visée étiologique et pronostique.
Douze dossiers sont colligés : 3 hommes et 9 femmes, dont la
moyenne d’âge est de 47 ans (21-56). Les manifestations cliniques
sont d’installation aiguë dans 30 % des cas. Elles sont
accompagnées d’une insuffisance hépatique dans 22 %. L’imagerie
hépatique couplée au doppler est contributive dans tous les cas. Le
traitement associe une anticoagulation dans 63 % et le traitement
étiologique a pu être institué dans 6 cas (50 %). Les étiologies
sont retrouvées 9 fois (75 %) et restent indéterminées 3 fois (25
%). Elles se répartissent ainsi : cirrhose auto-immune (1),
hépatocarcinome (1), ampullome vatérien (1), maladie de Behçet ou
MB (1), syndrome des antiphospholipides ou SAPL (1), syndrome
myéloprolifératif (2) et maladie cœliaque (2). Les thromboses sont
multifocales (membres inférieurs, veine cave supérieure) dans 2 cas
(16 %) et s’associent à des varices œsophagiennes (3). L’évolution
est fatale à plus ou moins brève échéance dans 5 cas (42 %) pour
les étiologies suivantes : MB (1), cirrhose auto-immune (1),
néoplasiques (2) et étiologie indéterminée (1).
En conclusion, 42 % des étiologies retrouvées sont liées à des
affections systémiques thrombogènes. L’association à la maladie
cœliaque mérite d’être soulevée. Un tiers des SBC relève
d’affections néoplasiques (locorégionale : 1, hépatique 1 et
hémopathies 2) et représente 16 % des décès (2 : hépatocarcinome
non opérable et suites immédiates d’une intervention pour ampullome
vatérien).
28
Sous-estimation du cancer du sein par les biopsies stéréotaxiques
assistées par le vide
Plantade R1, Hammou JC2, Aubanel
D1, Fighiéra M1, Scotto A1, Guéret
S1
1Centre d’imagerie médicale, 15, rue Alberti,
06000 Nice ; 2Laboratoire d’anatomopathologie, 1, rue du
Dr Barety, 06008 Nice
L’objectif est d’évaluer les performances des biopsies assistées
par le vide dans le diagnostic et la prise en charge des
hyperplasies canalaires atypiques et des carcinomes canalaires
in situ du sein.
Il s’agit d’une analyse rétrospective de 2 130 macrobiopsies
stéréotaxiques réalisées chez 1 638 patientes, sur une période de
40 mois (janvier 2000 à mai 2003) au Mammotome® 11
gauges sur table dédiée Fischer. 135 hyperplasies canalaires
atypiques et 322 carcinomes ont été diagnostiqués. La recoupe
chirurgicale a été systématique pour les carcinomes et sélective
pour les hyperplasies canalaires atypiques. Elle a montré une
sous-estimation de 10/37 (27 %) avec l’hyperplasie canalaire
atypique. Elle est inférieure (9 %) lorsque la lésion radiologique
a totalement disparu. La sous-estimation du carcinome canalaire
in situ est de 12/319 (3,8 %). Elle est supérieure pour les
opacités, les lésions de haut grade ou avec micro-infiltration, ou
en cas d’atteinte de la couronne périphérique. Sur les 98
hyperplasies canalaires atypiques qui n’ont pas été opérées, 81 ont
été contrôlées à 31-60 mois (moyenne 47 mois). Une nouvelle biopsie
a été réalisée dans 16 cas : deux carcinomes lobulaires invasifs
sont apparus dans la même zone. La sous estimation de l’hyperplasie
canalaire atypique est élevée, justifiant sa recoupe chirurgicale
systématique.
La sous-estimation du carcinome canalaire in situ et ses
conséquences pratiques sont faibles, avec l’extension des
techniques de curage axillaire sélectif aux lésions de haut grade
étendues ou avec micro-infiltration.
29
Survie prolongée après cytoréduction chirurgicale (CC) associée à
la chimiohyperthermie intrapéritonéale (CHIP) pour carcinose
péritonéale (CP) d’origine colorectale avec ou sans métastases
hépatiques (MH)
Kianmanesh R, Sabate JM, Scaringi S, Coffin B, Flamant Y,
Msika S
Fédération de chirurgie et d’hépatogastroentérologie de
l’hôpital Louis-Mourier, APHP, Université Paris VII, 178 rue des
Renouillers, 92701 Colombes
Le seul traitement permettant d’améliorer la survie de ces
patients est l’association d’une CC complète à une CHIP. Cette
étude apporte les résultats d’une prise en charge agressive,
multidisciplinaire et unicentrique de patients ayant une CP
d’origine colorectale avec ou sans MH.
De 1996 à 2005,132 patients ont eu 170 CC + CHIP pour une CP
d’origine digestive ou ovarienne dont 43 (17 F/26 H) ont eu 54 CC +
CHIP pour une CP d’origine colorectale (pseudomyxomes, TNE et GIST
exclus). La CC comportait l’exérèse des nodules macroscopiques, une
omentectomie, une péritonectomie ± étendue aux coupoles
diaphragmatiques suivie d’une CHIP (mitomycine 120 mg, cisplatine
200 mg/m2,12 L/2 h à 40 43°). L’âge moyen était de 53 ±
15 ans. La CP était synchrone (< 3 mois) de la tumeur primitive
chez 18 (42 %) et 16 malades (37 %) avaient des MH. Le délai médian
entre la première CC + CHIP et l’exérèse du cancer primitif était
de 10 mois (0-60). 32 malades (75 %) avaient reçu une
chimiothérapie pour leur cancer primitif. Chez 11 malades (25 %),
la CP était révélée par une occlusion
Le nombre moyen de CC + CHIP par malade était de 1,23 et 11
malades avaient eu un deuxième look systématique. La CP était
classée Gilly 3 (atteinte diffuse + nodules 5 2 cm) dans 12 % et
Gilly 4 (atteinte diffuse + nodules > 2 cm) dans 65 % des cas.
Une ascite était présente chez 12 malades (28 %). Une exérèse
digestive était effectuée chez 65-% des malades. Il y a eu 34
gestes d’exérèses digestives, 49 anastomoses et 4 stomies. La CC
était considérée comme macroscopiquement complète (CCR0) ou
laissant des résidus < 5 mm (CCR1) chez 30 malades (70 %). Chez
23 % des malades, la CHIP était à ventre ouvert. 7 malades ont eu
une exérèse hépatique concomitante et 3 une exérèse différée (2
hépatectomies droites). Il y a eu un seul décès (2,3 %) par
péritonite après une 4e CC + CHIP. 17 malades (39 %) ont
présenté une ou plusieurs complications (morbidité globale par
intervention = 31 %). La médiane de séjour était de 15 jours. Après
CC + CHIP, 75 % des malades ont reçu une ou plusieurs lignes de
chimiothérapie. La médiane de survie après CC + CHIP a été de 38,4
mois (IC95 % : 32,8 43,9) avec 72 % de survie à 2 ans et 44 % à 4
ans. L’extension de la carcinose initiale (Gillly, p = 0,014) et la
qualité de la résection initiale (p < 0,0001) étaient des
facteurs prédictifs de survie mais pas de la présence de métastases
hépatiques (p = 0,137) log-rank.
L’association de la CC et de la CHIP dans un cadre
multidisciplinaire permet d’obtenir, avec une morbidité acceptable,
des taux de survie encourageants chez les malades ayant une CP
d’origine colorectale. La présence de MH en l’absence d’atteinte
extradigestive ne doit pas faire récuser la perspective d’une
chirurgie oncologique ces malades.
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