ARTICLE
Étude comparative de la lecture de clichés numériques et
analogiques en situation de dépistage du cancer du sein
Auteur(s) : A. Isnard, A. Brémond,
A. Zighed
Ardoc (Clermont-Ferrand), Universités Lyon I et
Lyon II
La mammographie numérique va remplacer progressivement son
équivalent analogique. Pendant plusieurs années, les deux systèmes
coexisteront. Pour permettre de meilleures performances de la
double lecture des clichés de dépistage, il faut pouvoir comparer
les clichés actuels aux clichés antérieurs. La numérisation
secondaire à l’aide de scanners spécialisés est une solution testée
en pratique de dépistage ; reste à démontrer la fiabilité de
la méthode.
L’objectif de l’étude est d’étudier les performances de dix
radiologues expérimentés en dépistage du cancer du sein confrontés
à la lecture des mêmes clichés sur négatoscope ou sur écran après
numérisation secondaire.
Cent trente-neuf dossiers ont été sélectionnés à partir de la base
de dépistage de l’Ardoc (Association régionale pour le dépistage
organisé des cancers). Ils ont été numérisés avec deux modèles de
numériseurs. Dix radiologues ont accepté de lire ces dossiers sur
des écrans de trois résolutions différentes (2, 3 et
5 mégapixels) et de deux marques différentes. L’ordre de
lecture des clichés était aléatoire et la moitié des lecteurs ont
lu d’abord les clichés numérisés, puis les clichés analogiques et
l’autre moitié a fait l’inverse. Ils ont lu sur les trois écrans de
résolution différente les films issus des deux numériseurs. Au
total, le panel de mammographie a été lu treize fois. Chaque
radiologue donnait son interprétation sous la forme habituelle
(classification ACR de l’American College of Radiology). L’analyse
des résultats a été faite avec le logiciel Rockit permettant de
comparer des courbes ROC (receiver operating
characteristics).
Globalement, il n’apparaît aucune différence statistiquement
significative entre la lecture sur écran et la lecture sur
négatoscope après avoir pris en compte les autres paramètres dans
une étude multivariée. Les performances des lecteurs sont les mêmes
avec les différentes résolutions d’écran. Nous avons ensuite défini
un sous-échantillon de mammographies difficiles. Dans ce
sous-groupe, la lecture sur écran donne des performances meilleures
avec les écrans de 5 mégapixels.
La lecture sur écran des mammographies de dépistage s’accompagne
de performances, en termes de sensibilité et de spécificité,
identique à la lecture de ces mêmes clichés sur négatoscope. Cette
étude est en accord avec celles qui compare la mammographie
numérique plein champ avec la lecture classique sur négatoscope. Il
est donc possible de conserver les clichés analogiques du dépistage
en les numérisant pour pouvoir ensuite les comparer aux clichés
ultérieurs lors d’une séance de double lecture.
Non-invasive optical imaging of tumor metastases using
Cy5-labeled RAFT (cyclic RGD)4
Auteur(s) : Z.H. Jin1, M.-C.
Favrot1, P. Dumy2,
J.-L.Coll1 ~
1Institut Albert Bonniot, U578 ;
2Université Joseph Fourier, LEDSS
Our group has developed a new molecular tool based on the use of
a cyclic decapeptide plateform called RAFT (Regioselectively
Addressable Functionalized Template), where 4 cyclic
(Arg-Gly-Asp) [cRGD] peptide motifs were grafted. The aim of this
study is to compare the binding activity, tumor-targeting
specificity and pharmacokinetics of Cy5-labeled RAFT
(cRGD)4 ligand to that of its monomeric analog, Cy5-cRGD
using both subcutaneously and intraperitoneally implanted
αvβ3-positive tumor models by optical imaging. Human ovarian
adenocarcinoma IGROV1 cells expressing low levels of integrin αvβ3
(the main receptor for the cRGD peptide) were used for in
vitro and in vivo assays in combination with Cy5-labeled
RAFT (cRGD)4, cRGD, or RAFT (cRβAD)4 used as
a control probe. In vivo fluorescence imaging was performed
on subcutaneous (s.c.) tumors and intraperitoneal IGROV1 metastases
in nude mice. The accumulation of RGD-Cy5 conjugates in cultured
cells or in tumor tissues was examined using confocal laser
scanning microscopy. RAFT (cRGD)4 exhibited stronger
staining in vitro, enhanced tumor-to-background ratio for
s.c. tumors, and allowed early detection of tiny intra-abdominal
nodules using non-invasive optical imaging. Histology revealed that
RAFT (cRGD)4 accumulated into tumor neovasculature but
also into tumor cells. Our data demonstrate that a Cy5-labeled RAFT
(cRGD)4 is an efficient optical probe for early and
non-invasive tumor detection. Besides fluorescent dye RAFT can be
designed to allow an easy and chemo-selective covalent addition of
biologically active compounds for multiple purposes. RAFT
(cRGD)4 is a very promising vector for future
therapeutic and clinical imaging applications.
Apport de la TEP dans le diagnostic de récidive dans le cancer
du sein : expérience clermontoise
Auteur(s) : A. Kelly, F. Cachin,
B. Geissler, D. De Freitas, I. Karidioula,
V. Isnardi, A. Moreau, D. Mestas, J. Bonafous,
J. Maublant
Service de médecine nucléaire, Centre Jean Perrin,
Clermont-Ferrand
Le but de cette étude était d’évaluer l’apport de la TEP dans le
diagnostic de récidive de cancer du sein chez des patientes
présentant une élévation de marqueurs tumoraux. Une étude
rétrospective a été réalisée chez les patientes suspectées de
récidive de néoplasie mammaire car présentant une élévation d’un
marqueur tumoral (CA15.3 ou ACE) et ayant bénéficié d’un examen
TEP-CT (Discovery GE) au 18FDG depuis
mars 2004.
Parmi les 37 patientes incluses, 7 avaient un bilan
radiologique conventionnel non réalisé ou indisponible. Parmi 18
(60 %) des 30 patientes restantes ayant un bilan
radiologique négatif, 7 (39 %) ne présentaient pas
d’hypermétabolisme suspect, 10 (56 %) avaient une ou plusieurs
lésions hyperfixantes suspectes et 1 (5 %) avait une lésion
difficilement caractérisable. Parmi 12 des 30 patientes
(40 %) ayant un bilan conventionnel positif ou équivoque, 2
(17 %) présentaient un TEP normal, 8 (67 %) avaient une
ou plusieurs lésions hyperfixantes suspectes, 2 (17 %) avaient
une lésion difficilement caractérisable. Au total, les résultats
étaient concordants chez 17/30 (57 %) patientes. Chez les 13
(43 %) autres patientes, les foyers pathologiques détectés
uniquement par TEP avaient pour localisations les ganglions
(8 cas), les poumons (3), la plèvre (1), les os (2), les seins
(2), la rate (1), le foie (1), le péritoine (1), alors que
2 patientes présentaient une localisation osseuse secondaire
et une atteinte ganglionnaire rétropéritonéale connues non
détectées par TEP. Parmi les 11 patientes présentant un TEP
positif avec bilan conventionnel négatif, le suivi a pu être obtenu
sur 6 et, dans ce sous-groupe, la stratégie thérapeutique a
été modifiée pour 5.
Dans cette courte série, l’examen TEP permet de compléter le bilan
d’extension conventionnel et d’améliorer la prise en charge des
patientes suspectées de récidive de cancer du sein.
Abord endovasculaire des tumeurs hépatiques pour leur
traitement par ultrasons de puissance
Auteur(s) : R. Salomir1,
C. Lafon1, B. Gilles1,
F. Mithieux2, D. Cathignol1,
M. Rivoire2, J.-Y. Chapelon1
1Unité Inserm 556, 151 Cours Albert Thomas,
69424 Lyon Cedex 03 ; 2Centre Léon Bérard,
28 rue Laennec, 69373 Lyon Cedex 08
L’unité Inserm 556 développe depuis 2003 un programme
de recherche visant à la destruction par voie d’abord
endovasculaire de tumeurs hépatiques juxtavasculaires à l’aide de
transducteurs ultrasonores de contact. Par rapport à l’approche
extracorporelle utilisant des champs ultrasonores focalisés (HIFU),
la voie endovasculaire est préférable pour ce type de tumeur,
car : 1) les tumeurs juxtavasculaires sont généralement
profondes et donc difficilement accessibles par voie
extracorporelle, 2) l’approche endovasculaire est moins sensible
aux mouvements du patient.
L’objectif final du projet vise à la réalisation d’un applicateur
ultrasonore miniature endovasculaire, utilisable sous IRM avec une
mini-antenne de réception intégrée, répondant aux objectifs
carcinologiques en termes de profondeur de traitement. Le guidage
du traitement sous IRM offre la possibilité d’un suivi en temps
réel de la distribution spatiale de température au sein des tissus
pendant la thérapie. Une mesure quantitative en ligne de la dose
thermique déposée dans les tissus permet à la fois l’asservissement
du traitement à une consigne prédéfinie et une évaluation immédiate
postopératoire de l’efficacité obtenue.
À ce jour, plusieurs aspects du projet ont pu être validés à
travers des études expérimentales in vitro ou in
vivo :
– L’ergonomie d’un prototype d’applicateur endovasculaire,
dans le cadre d’une utilisation sur foie de porc en peropératoire.
L’analyse histologique post mortem de la périphérie de la
veine cave exposée aux ultrasons a démontré une nécrose de
coagulation à contour net, sur une profondeur pouvant atteindre
34 mm selon les conditions d’exposition.
– L’efficacité thérapeutique d’un transducteur ultrasonore de
contact miniature, à travers une étude de survie sur une série de
rats porteurs de tumeurs R3327 Dunning. En l’absence de
traitement, 100 % des animaux meurent sous 4 semaines.
Sur 11 animaux traités, 55 % ne présentaient aucun signe
clinique ou anatomique de persistance tumorale 8 semaines
après le traitement [Prat 1999].
– Des expériences in vitro ont démontré la possibilité
d’optimiser la séquence de traitement en combinant l’effet
thermique avec la cavitation [MelodeLima 2002]. Les bulles de
cavitation induites permettent d’augmenter la profondeur de
traitement tout en réduisant l’intensité ultrasonore.
Enfin, concernant le suivi de température par IRM, l’U556 dispose
actuellement d’une plateforme opérationnelle intégrée
IRM/ultrasons, permettant le transfert en temps réel des cartes
thermiques vers un ordinateur externe, le suivi et le contrôle en
ligne de la thérapie et le pilotage rapide de la chaîne
électronique de commande.
Parmi les enjeux futurs, il reste à valider in vivo des
procédures de traitement en vue d’augmenter la profondeur
thérapeutique en exploitant de manière contrôlée la cavitation
ultrasonore au sein des tissus. Il convient également de rendre
compatible à l’IRM l’applicateur ultrasonore et d’y intégrer une
antenne de réception IRM afin d’obtenir une configuration optimale
du point de vue de la mesure de la température dans le champ proche
de la sonde.
Stratification pronostique de la 18FDG TEP dans le
cancer du sein métastatique traité par chimiothérapie
intensive
Auteur(s) : F. Cachin1,
B. Geissler1, E. Drummond2,
M. Prince2, R. Highs2,
J. Maublant1
1Service de Médecine Nucléaire, CRLCC Jean Perrin,
Clermont-Ferrand ; 2PET Center, Melbourne,
Australie
L’utilisation des chimiothérapies intensives avec greffe ou
support de cellules souches dans le cancer du sein métastatique
reste très controversée. Les techniques d’imageries
conventionnelles ne permettent pas une évaluation optimale de
l’efficacité thérapeutique. Nous rapportons ici les performances de
la 18FDG-TEP dans l’évaluation de la réponse
thérapeutique après chimiothérapie intensive pour cancer du sein
métastatique.
Quarante-sept patientes avec cancer du sein métastatique ont
bénéficié d’une chimiothérapie intensive. L’évaluation de la
réponse thérapeutique a été réalisée par scintigraphie osseuse,
tomodensitométrie, échographie hépatique avant et après chaque cure
de chimiothérapie. La 18FDG-TEP a été réalisée après la
dernière cure de chimiothérapie. Les patientes ont été réparties en
deux groupes, TEP anormale ou TEP normale, en fin de traitement. La
survie globale a été corrélée au protocole de chimiothérapie
utilisé, à l’étendue de la maladie et aux résultats des examens
conventionnels et de la TEP.
Le choix du protocole de chimiothérapie intensive ne modifie pas
la survie. Les patientes avec atteinte viscérale présentaient une
survie significativement plus courte que les patientes avec
atteinte ganglionnaire ou osseuse seule. Les patientes bons
répondeurs en imagerie conventionnelle présentaient une médiane de
survie meilleure mais non significativement différente des
patientes non répondeurs (21 versus 10 mois,
p = 0,065). En revanche, les patientes avec une TEP
normale avaient une médiane de survie significativement supérieure
à celle des patientes avec une TEP anormale (24 versus
10 mois, p < 0,001), la survie étant le seul
paramètre significatif en analyse multivariée
(p < 0,0001).
La réalisation d’une TEP à la fin d’une chimiothérapie intensive
dans le cancer du sein métastatique permet, par un seul examen une
stratification pronostique des patientes.
Synthèse et évaluation biologique d’inhibiteurs potentiels de
tyrosines kinases utilisables en imagerie
Auteur(s) : M. Sassatelli1,
F. Bouchikhi1, S. Messaoudi1,
B. Aboab1, É. Debiton2,
C. Barthomeuf2, F. Anizon1,
M. Prudhomme1, P. Moreau1
1Laboratoire SEESIB, Université Blaise Pascal, UMR
6504 du CNRS, 24 avenue des Landais, 63177 Aubière ;
2Laboratoire de Pharmacognosie/Biotechnologies, UMR
Inserm 484, Université d’Auvergne, Centre Jean Perrin, rue
Montalembert, BP 184, 63005 Clermont-Ferrand.
Les récepteurs de facteurs de croissance, qui sont impliqués à
la fois dans la prolifération cellulaire et dans l’angiogenèse,
constituent des cibles particulièrement intéressantes pour lutter
contre le cancer. Certains inhibiteurs de ces récepteurs décrits
dans la littérature sont actuellement en développement clinique.
Récemment, des analogues marqués d’inhibiteurs connus ont été
préparés pour être utilisés en imagerie (figure 1).
Afin de concevoir un nouveau modèle d’inhibiteurs de l’activité
kinase de récepteurs de facteurs de croissance, principalement du
FGFR1, nous nous sommes orientés vers la préparation de deux
familles de composés (figure 2), en nous
basant d’une part sur les interactions mises en jeu entre le FGFR1
et les inhibiteurs connus et, d’autre part, sur la structure de ces
inhibiteurs.
Références
1. Messaoudi S, Sancelme M, Polard-Housset V, Aboab B,
Moreau P, Prudhomme M. Eur J Med Chem 2004 ;
39 :453-8.
2. Sassatelli M, Saab E, Anizon F, Prudhomme M, Moreau P.
Tetrahedron Lett 2004 ; 45 : 4827-30.
3. Sassatelli M Bouchikhi F, Messaoudi S, Anizon F,
Debiton E, Barthomeuf C et al. Eur J Med Chem 2006,
sous presse.
4. Sassatelli M, Debiton E, Aboab B, Prudhomme M, Moreau
P. Eur J Med Chem 2006, acceptée pour publication.
Diffuse optical tomography : Application to preclinical
molecular imaging
Auteur(s) : J.-M. Dinten1,
P. Peltié1, J. Boutet1,
M. Berger1, A. da Silva1,
L. Hervé1, A. Koenig1,
I. Texier1, V. Josserand2,
J.-L. Coll3, P. Rizo1
1CEA Grenoble, LETI\DTBS, 17 rue des Martyrs,
38054 Grenoble Cedex 9 ; 2Inserm U578, Groupe
de recherche sur le cancer du poumon (GRCP), Institut Albert
Bonniot, 38706 La Tronche ; 3Animage, Bât.
Cermep, 59, boulevard Pinel, 69677 Bron Cedex
A fluorescent optical diffusion tomography instrument has been
developed at LETI. It allows in vivo studies of tumour growth on
small animals. Experimental results obtained with our system on
several mice at different stages of tumour development will be
shown.
The experimental set-up defined for slab geometry, consists of a
laser source (Nm), a CCD camera and a tank to receive the animal.
The laser is coupled to a motorized stage in order to scan the
animal. The excitation and emission wavelengths and the fluorescent
probes are chosen to optimize transmission through the whole animal
body and particularly the lungs. The slab thickness z varies from
10 to 15 mm and the geometry is considered as infinite in (x,
y) directions. This is achieved by immersing the animal in an index
matching medium.
In slab geometry, the diffusion equation admits an analytical
solution, therefore reconstruction of fluorophore distribution can
be linearized and solved throughout an iterative ART algorithm. Our
approach is based upon a fine description of material-light
interaction taking into account diffusion as well as absorption
phenomena.
Four healthy mice and 13 bearing lung metastasis are imaged at
different stages of tumour development after the primary tumour
implantation. Acquisitions are made 3 h after intravenous
injection of 150 mg Transferine/Alexa 750 or
RaftcRGD/Alexa 750. Detection and localization of fluorophore
fixations are presented according to the stage of the tumour
development. Results show that the system is able to separate
healthy from cancerous mice and point out influence of the
marker.
Quelle place pour la fluorocholine en oncologie endocrine
digestive ?
Auteur(s) : M. Nejjari, D. Kryza,
M. Janier, C. Roche, D. Lebars, J.-A. Chayvialle,
J.-Y. Scoazec et F. Borson-chazot
Animage, Hospice civil de Lyon, Inserm U45 et Cermep
La tomographie par émission de positons (TEP) est une technique
d’imagerie métabolique qui, du fait de ses potentialités pour le
diagnostic, le pronostic et le suivi thérapeutique des tumeurs,
prend une place croissante en oncologie. Le seul traceur
actuellement utilisé dans les centres TEP cliniques est le
18fluoro-déoxy-glucose. Des études récentes ont proposé
la choline marquée au fluor 18 comme un
radiopharmaceutique utilisable en oncologie pour l’évaluation de la
population cellulaire proliférante dans les tumeurs par TEP.
Actuellement, les champs d’investigation clinique pour cette
molécule restent limités aux cancers de la prostate et du sein. La
choline est un ammonium quaternaire, partiellement mais peu
synthétisée de novo, par les cellules et elle est considérée
à ce titre comme une vitamine. La phosphatidylcholine, un des
métabolites de la choline, est le principal phospholipide
constitutif des membranes et aussi une molécule clé des voies de
signalisation contrôlant le cycle cellulaire et l’apoptose. C’est
pour cette raison que la captation et l’incorporation de la choline
radiomarquée refléteraient le niveau de prolifération
cellulaire.
Les objectifs de ce projet sont de préciser, dans un modèle
cellulaire de tumeur endocrine digestive, la place de la
fluorocholine comme marqueur de la prolifération, d’évaluer si son
utilisation en clinique peut être un bon indicateur pour apprécier
l’efficacité thérapeutique et, enfin, d’évaluer dans un modèle
animal de tumeur endocrine (TED) digestive si la flurocholine peut
être un traceur de substitution pour le diagnostic (TEP) des
tumeurs endocrines digestives.
En culture, l’incorporation de la fluorocholine par différentes
lignées cellulaires digestives était rapide. En effet, elle se
faisait dès la 10e minute d’incubation et atteignait son
maximum à 30 minutes. L’étude comparative de la prolifération
cellulaire utilisant, d’une part des méthodes colorimétriques et
d’autre part l’incorporation de la choline radiomarquée a montré
une corrélation entre les taux d’incorporation du traceur
radiomarqué et la vitesse de multiplication cellulaire. La
résistance des cellules tumorales aux traitements anticancéreux a
été évaluée : 1) par quantification des cellules vivantes
suivant une méthode de réduction des sels de tétrazolium ou test
MTT puis 2) par dosage des taux de radioactivité incorporée après
traitement. Les concentrations nécessaires pour induire 50 %
de mort cellulaire (IC50) ont été calculées dans les lignées
cellulaires endocrines digestives (Bon et STC1) et non endocrine
(Lovo et Hep3B) après traitement avec le métabolite actif de la
camptothécine (le 7-éthyl-10-hydroxy camptothécine ou SN38). Les
valeurs suivantes ont été obtenues respectivement par le test MTT
et le test de choline radiomarquée : 580/506, 720/716,
113/140, 242/316 nM. L’IC50 obtenue dans les mêmes conditions
expérimentales après traitement à l’oxaliplatine était de 130/121
pour la lignée Bon, de 97/73 pour la lignée STC1 et de
27/25 μm pour la lignée Lovo. Dans le modèle de souris TED
l’étude de la biodistribution de la fluorocholine a montré que le
foie et le rein étaient les deux organes où la fixation du traceur
est la plus élevée (30 % et 15 % de radioactivité totale
injectée). La tumeur primaire avec seulement 1,1 % de
radioactivité se place en 7e position après le
pancréas, le cœur et la vessie. De ce fait, les métastases
hépatiques présentaient un aspect d’hypofixation comparées au tissu
hépatique sain.
Les études in vitro montrent que l’incorporation de la
choline dans les cellules tumorales est étroitement dépendante de
leurs capacités prolifératives, confirmant l’intérêt potentiel de
la fluorocholine pour apprécier la prolifération tumorale et le
suivi thérapeutique. Cependant, les résultats préliminaires obtenus
in vivo s’avèrent décevants dans la mesure où, dans le
modèle animal TED, les métastases hépatiques fixent moins bien le
traceur que les cellules hépatiques saines.
Immunothérapie par vecteur bactérien vivant atténué
Auteur(s) : B. Toussaint, O. Épaulard,
M. Derouazi, F. Zagari, B. Polack
GREPI (EA2938), Université Joseph Fourier, Grenoble
Le développement d’une immunité cellulaire spécifique nécessite
le transfert d’un antigène protéique dans une cellule présentatrice
et son activation, un des enjeux majeur de la vaccination contre
les virus, les parasites intracellulaires et les tumeurs.
Notre expérience de la bactérie Pseudomonas aeruginosa nous
a conduits à modifier génétiquement son système de sécrétion de
toxines de type 3 (SSTT), naturellement dévolu à l’injection de
toxines protéiques dans les cellules cibles pour qu’il puisse
injecter des protéines thérapeutiques dans les cellules eucaryotes
(Brevet International UJF).
L’application, ex vivo, aux cellules dendritiques de souris
a montré une injection suivie d’une présentation de l’antigène
(ovalbumine) provoquant l’activation d’un clone T spécifique de
l’épitope. Le contact bactéries-cellules dendritiques (DC) conduit
par ailleurs à une activation forte des DC (par les ligands
activateurs des TLR) nécessaires pour la génération des lymphocytes
T cytotoxiques in vivo (signal de danger).
Les essais précliniques sur le modèle du mélanome murin syngénique
(B16 OVA) montrent une efficacité remarquable dans la
prévention de l’apparition des tumeurs après simple injection
sous-cutanée de la bactérie vaccin 8 jours avant le challenge
tumoral.
Une souche atténuée a été développée par inactivation du gène
aroA rendant la souche auxotrophe pour le tryptophane et
donc incapable de se répliquer chez l’homme. L’activation du
système d’expression et d’injection de l’antigène par le SSTT de la
bactérie a été asservie par l’utilisation d’un système d’induction
simple par l’IPTG. L’efficacité et l’innocuité de cette souche
rendent son utilisation en clinique envisageable.
Nous proposons d’étendre la preuve du concept au glioblastome, en
utilisant une vaccination multi-antigénique. L’efficacité
prophylactique (vaccination avant) ou curative (vaccination après)
implantation de la tumeur sera testée.
Référence
5. Polack B, Toussaint B, Quénée L. Tool for the transfer
and production of proteins using Pseudomonas type III secretion
system. Patent WO 2005/049644 A2 June 2, 2005
Comparaison de deux méthodes de recherche de régions d’intérêt
en imagerie TEP
Auteur(s) : I. Karidioula, C. Merlin,
D. De Freitas, F. Cachin, J. Maublant
Centre Jean Perrin, Clermont-Ferrand
La quantification de la fixation du FDG en TEP passe par la
délimitation de régions d’intérêt (ROI). La méthode manuelle par
utilisation de ROI géométriques est opérateur-dépendante et peu
reproductible. Une nouvelle méthode automatique de quantification
du SUV (standardized uptake value) exploitant les coupes TDM
couplées au TEP a été mise en place et comparée à la méthode
manuelle.
Cinquante-six patients présentant des tumeurs du poumon de forme
et de complexité variées ont subi un examen TEP au FDG (Discovery
ST, GE). Chez chaque patient, une paire de coupe TEP-TDM a été
extraite au centre de la région hyperfixante. Deux opérateurs ont
effectué des mesures de SUV moyen (SUVmoy) et du nombre de pixels
dans une région d’intérêt (ROI) obtenue par deux méthodes
différentes. La première méthode appelée méthode géométrique a
consisté à définir une ROI circulaire permettant de contourner au
mieux la tumeur sur la coupe TEP. La deuxième méthode ou méthode
automatique a consisté à délimiter automatiquement une ROI sur la
coupe TDM par segmentation par croissance de région à partir d’un
pixel inclus dans la tumeur. Cette ROI est ensuite calquée sur la
coupe TEP pour le calcul du SUVmoy.
L’étude a consisté dans un premier temps à comparer pour une même
méthode, les résultats obtenus par les deux opérateurs, puis à
comparer, pour un même opérateur, les valeurs obtenues par les deux
méthodes. Sur les 56 paires de coupes traitées, pour la
méthode géométrique, les valeurs moyennes de SUVmoy et du nombre de
pixels étaient respectivement de (moyenne ± écart-type)
3,47 ± 1,58 et 73 ± 54 pour le premier
opérateur et de 3,61 ± 1,83 et 64 ± 53 pour le
second (p < 0,001 dans les deux cas). Le coefficient
de corrélation était respectivement de 0,95 pour le SUVmoy et de
0,96 pour la taille des ROI. Pour la méthode automatique, les deux
opérateurs ont obtenu les mêmes valeurs, à savoir des valeurs
moyennes de SUVmoy et de taille des ROI de 4,40 ± 2,22 et
65 ± 50. Dans les deux cas, le coefficient de corrélation
était toujours égale à 1.
La comparaison des deux méthodes par un même opérateur a donné les
résultats suivants : pour la méthode géométrique, le SUVmoy et
la taille des ROI étaient en moyenne égaux à 3,85 ± 1,67
et 63 ± 52 alors que, avec la méthode automatique, ils
valaient respectivement 4,40 ± 2,22 et 65 ± 50.
Le coefficient de corrélation était de 0,92 pour le SUVmoy et de
0,93 pour la taille des ROI.
L’utilisation des ROI circulaires pour contourer une tumeur n’est
pas reproductible ; par contre la méthode automatique est
reproductible, quel que soit le paramètre pris en compte (SUVmoy ou
nombre de pixels dans la ROI).
Exploration fonctionnelle de la vascularisation tumorale par
IRM multiparamétrique
Auteur(s) : E. Barbier, H. Lahrech,
S. Valable, M. Beaumont, A. Barbacaru,
C. Segebarth, J.-F. Le Bas, C. Rémy
Unité mixte Inserm/Université Joseph Fourier U594,
Neuro-imagerie fonctionnelle et métabolique, CHU de Grenoble,
38043 Grenoble
L’angiogenèse est une étape clé du développement tumoral et de
nombreuses stratégies thérapeutiques visant à l’inhiber sont en
cours de développement. La formation de nouveaux vaisseaux se
caractérise par des altérations au niveau de la densité
microvasculaire, de la morphologie et de la perméabilité des
vaisseaux ainsi qu’au niveau du volume et du débit sanguin
cérébral. La caractérisation de ces altérations microvasculaires
peut donc se révéler utile en clinique pour le diagnostic des
tumeurs cérébrales, pour le pronostic de leur évolution, le choix
du traitement et le suivi thérapeutique. Elle peut également
s’avérer utile d’un point de vue plus fondamental pour la
compréhension des mécanismes d’action de nouveaux traitements.
Les objectifs du laboratoire sont de développer des méthodes
d’imagerie fonctionnelle de la vascularisation par résonance
magnétique nucléaire et d’évaluer si les paramètres vasculaires
ainsi accessibles peuvent être des marqueurs prédictifs de
l’évolution des tumeurs cérébrales et de leur réponse à une
thérapie donnée et/ou des marqueurs de l’efficacité d’une thérapie.
Pour cela, il faut déterminer dans un premier temps l’évolution des
paramètres candidats au cours de l’évolution des tumeurs cérébrales
sans traitement puis dans un second temps après traitement.
Nous avons développé une méthode originale d’imagerie du volume
sanguin et d’un index de taille des vaisseaux dans laquelle les
mesures IRM sont faites dans des conditions stationnaires, après
injection d’un agent de contraste paramagnétique à forte rémanence
vasculaire [1, 2]. Cette méthode a été validée sur tissu cérébral
sain et sur un modèle orthotopique de tumeur cérébrale (C6) à un
stade avancé de développement tumoral, par comparaison avec des
analyses immunohistologiques de la vascularisation [3]. Récemment,
nous avons évalué la faisabilité d’un suivi longitudinal des
animaux au cours de la croissance tumorale (tous les 4 jours)
sur 2 modèles expérimentaux de gliomes obtenus par injection
stéréotaxique de cellules tumorales (C6 et RG2). L’évolution du
volume sanguin et de la taille des vaisseaux déterminés in
vivo par IRM sera corrélée à l’évolution de l’expression
génique des facteurs impliqués dans l’angiogenèse. Des
développements méthodologiques sont en cours pour ajouter à ce
protocole des méthodes d’imagerie du débit sanguin et de la
perméabilité des vaisseaux afin d’avoir, en un seul examen, une
caractérisation complète de l’anatomie et de la vascularisation
tumorale (œdème, volume et débit sanguins, taille des vaisseaux,
perméabilité). D’autres développements sont en cours pour le
transfert vers la clinique.
Parallèlement, nous sommes en train de développer une thérapie
cellulaire destinée à contrer l’angiogenèse tumorale. Elle est
basée sur l’administration de monocytes comme vecteur de
l’angiopoïétine 2, choisie pour son effet déstabilisant sur
les vaisseaux. Sa faisabilité est en cours d’évaluation in
vivo par IRM de la cinétique de colonisation des tumeurs des
cellules injectées après marquage magnétique.
Références
1. Troprès et al. Vessel size imaging.
Magn Reson Med 2001 ; 45 : 397-408.
2. Troprès et al. Vessel size imaging using
low intravascular contrast agent concentrations. Magma
2004 ; 17 : 313-6.
3. Troprès et al. In vivo assessment of tumoral
angiogenesis. Magn Reson Med 2004 ; 51 :
533-41.
Luminescent probes for optical in vivo imaging
Auteur(s) : I. Texier1,
J. Razkin2, D. Boturyn2,
Z. Jin3, V. Josserand3,
J. Boutet1, M. Berger1,
P. Dumy2, J.-L. Coll3
1LETI/DTBS, CEA Grenoble, 17 rue des martyrs,
38054 Grenoble, < texier-nogues@cea.fr > ;
2LEDSS, UMR CNRS 5616, 301 rue de la chimie BP 53,
38041 Grenoble Cedex
9. < Dumy@ujf-grenoble.fr > ;
3Inserm U578, Institut Albert Bonniot, 38706 La
Tronche. < Coll@ujf-grenoble.fr >
Molecular imaging allows a better insight of biological
mechanisms in vivo, such as the follow-up of gene
expression, drugs biodistributions, the assessment of therapies,
and can be used for a wide variety of applications, such as cancer,
cardiovascular diseases, inflammation…
If several techniques such as nuclear medicine (SPECT, TEP),
molecular resonance imaging (MRI) and X ray computed tomography
(CT) already bring information in vivo, the optical range of
interactions between light and tissues has started to be fully
exploited more recently. The advantages of the optical methods lie
in their low cost, low manipulation constraints (no radioactivity),
short acquisition times and high sensitivity. As new optical
imaging techniques such as bioluminescence and fluorescence
tomography emerge and appear as new modalities to assess biological
events in small animals, the need for suitable optical probes
arises.
We will present new molecular probes for fluorescence in
vivo imaging of tumours in mice. The core of these probes is
constituted by a cyclodecapeptide vector, the RAFT molecule, which
has a nearly planar conformation. Both a luminescent reporter for
imaging and eventually a drug can be grafted on one face of the
RAFT, while the other can be independently functionalized by four
biological ligands for tumour targeting [1]. We chose to use the
cRGD peptide that allows targeting of the aV b3 integrin
receptors of the endothelium tumour cells.
The imaging function can be a classical fluorescent dye, such as
Cy5, or a more sophisticated activatable fluorescent function. For
these activatable probes, the fluorescence signal is inhibited
until the probe has been internalized in the targeted cells. Image
contrast is thus dramatically improved. Examples of specific in
vivo imaging of internal tumours in nude mice bearing IGROV1
metastatic nodes (human ovarian cancer) will be presented using the
different classical and activatable fluorescent probes as contrast
agents.
Référence
1. Boturyn D, Coll JL, Garanger E, Favrot MC, Dumy
P. J Am Chem Soc 2004, 126 : 5730-9.
Évaluation par IRM quantitative de la microvascularisation
tumorale dans les cancers du col utérin : intérêt pour
l’amélioration de la valeur pronostique du plus grand diamètre pour
les tumeurs de taille supérieure à 4 cm
Auteur(s) : V. Dedieu1,
C. Bailly2, C. Vincent2,
J.- L. Achard3,
G. Le Bouedec4,
F. Penault-Llorca5, D. Vincensini6
1Unité de physique médicale ;
2Service de radiologie ; 3Département de
radiothérapie-curiethérapie ; 4Service de
chirurgie ; 5Unité d’anatomopathologie, centre
Jean-Perrin, Clermont-Ferrand ; 6Service de
radiologie, CHRU Rangueil, Toulouse.
L’objectif est d’évaluer la valeur pronostique de la
perméabilité vasculaire k21 (min-1) mesurée par IRM
quantitative dans les carcinomes du col utérin de taille supérieure
à 4 cm.
Vingt-six patientes ont été incluses dans cette étude. Lors de
l’exploration IRM préthérapeutique, le plus grand diamètre tumoral
D (mm) a été mesuré et les valeurs de k21 ont été déduites de la
cinétique relaxométrique obtenue après injection d’agent de
contraste (Gd-DTPA 0,1 mmol.kg-1) par ajustement à
un modèle mathématique validé. La survie sans récidive (suivi
minimum de 1 an après la fin du traitement) a été étudiée en
fonction de D et de k21.
En analyse univariée, des valeurs élevées de D
(> 35 mm) sont corrélées à une mauvaise évolution
(p = 0,05), avec une sensibilité de 98 % et une
spécificité de 33 %. La spécificité est significativement
améliorée (89 %) en analyse multivariée pour des valeurs de
k21 supérieures à 1,6 minutes-1.
La perméabilité vasculaire tumorale déterminée par relaxométrie
dynamique en IRM paraît être un élément pronostique déterminant
dans les carcinomes du col utérin.
Étude clinique d’évaluation de l’apport de la
123I-BZA2, traceur spécifique du mélanome et du
18F-FDG pour l’imagerie des patients atteints de
mélanome
Auteur(s) : J. Bonafous, M. D’Inca,
F. Cachin, J.-C. Madelmont, J. Maublant,
F. Bacin, P. Chollet, S. Askienazy, N. Moins,
G. Beaujon, F. Finat-Duclos, F. Gachon,
P. Legaillard, J.-C. Vennat, P. Souteyrand
Équipe pluridisciplinaire « Imagerie du mélanome »
UMR484, Clermont-Ferrand ; Service de médecine nucléaire,
Centre Jean Perrin, Services de dermatologie et d’ophtalmologie,
CHU, Service d’oncologie médicale, Centre Jean Perrin, Unité Inserm
U484, Cyclopharma, Saint-Bauzire
Comme pour toute tumeur maligne, le bilan d’extension du
mélanome fait appel à l’échographie et à la tomodensitométrie.
Récemment, la scintigraphie au FDG (fluorodéoxyglucose) marqué au
fluor 18, couplé à la tomodensitométrie (Tep-scan) a obtenu l’AMM
pour l’exploration de l’extension des tumeurs solides et tend à
devenir la méthode de référence pour les cliniciens en charge de
patients cancéreux.
Le but du travail est de comparer les performances respectives
dans le bilan d’extension du mélanome, du Tep-scan et de la
scintigraphie à l’iodobenzamide marquée à l’iode 123, molécule
originale spécifique de la mélanine, produite par l’unité 484.
L’objectif principal est la détermination des sensibilités et
spécificités des deux techniques ; les objectifs secondaires,
le diagnostic positif du mélanome oculaire, l’évaluation de
l’impact de ces deux techniques dans la prise en charge des
patients au stade métastatique.
Des scintigraphies à la BZA2 et la TEP ont été réalisées chez des
patients ayant subi un bilan conventionnel comportant une TDM corps
entier et une échographie. Si les résultats sont concordants, soit
le patient est exempt de métastases et il est suivi
conformément aux pratiques habituelles en vigueur, soit il a des
métastases et, dans ce cas, il est traité selon les protocoles
en vigueur et, à 3 mois, son état est réévalué par un nouveau
bilan (TDM, échographie, BZA2 et TEP). Si les résultats ne sont pas
concordants, une preuve histologique des métastases sera recherchée
et une thérapeutique sera décidée par les cliniciens du centre
investigateur selon leurs pratiques habituelles. Un nouveau bilan
sera pratiqué à 3 mois (TDM, échographie, BZA2 et TEP). Tous
les patients auront un suivi clinique sur 9 mois.
Perspectives : 1) validation et valorisation industrielle de
l’exploration des tumeurs mélaniques au moyen des molécules de la
famille des benzamides marqués ; 2) à plus long terme,
utilisation des benzamides comme agents vecteurs d’isotopes ou de
molécules thérapeutiques (thérapeutique cellulaire vectorisée)
Nombre attendu de patients : 186. Durée de l’étude :
recrutement des patients sur 18 mois, suivi du dernier patient
recruté, 9 mois. Financement : programme hospitalier de
recherche clinique national sous l’égide de l’INCa, campagne
2005 : 350000 euros. Équipes participantes :
services de médecine nucléaire et de dermatologie des CHU du
cancéropôle Clara (Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Lyon,
Grenoble), de Marseille, Nancy, Tours, Nice
Ciblage in vivo des protéoglycanes du cartilage par la
fonction ammonium quaternaire : application à l’imagerie et à
la thérapeutique du chondrosarcome
Auteur(s) : E. Miot-Noirault1, A.
Vidal1, F. Redini2, M. Borel1, J.
Papon1, D. Heymann2, J.-C.
Madelmont1, N. Moins1
1UMR484 Inserm, Université d’Auvergne, Centre
Jean Perrin, rue Montalembert, BP184,
63005 Clermont-Ferrand ; 2EA3822, Inserm ERI7,
Physiopathologie de la résorption osseuse et thérapie des tumeurs
osseuses primitives, Faculté de médecine, 1 rue Gaston Veil,
44035 Nantes Cedex 1
Dans les stratégies de vectorisation des principes actifs vers
certains types tissulaires qui sont développées à l’UMR484, le
cartilage est l’une des cibles privilégiée. En effet, le manque de
spécificité de la prise en charge diagnostique et thérapeutique des
pathologies que sont l’arthrose et le chondrosarcome est à
l’origine d’un réel problème de santé publique. Exploitant les
propriétés de liaison spécifique de la fonction ammonium
quaternaire aux protéoglycanes, nous avons développé une série de
molécules combinant à la fonction ammonium quaternaire une
structure de type macrocycle complexant le technétium 99m, isotope
de choix pour les examens de médecine nucléaire. Parmi les
différentes molécules synthétisées, la molécule NTP15-5 a été
sélectionnée, sur la base d’une haute affinité pour les
protéoglycanes démontrée in vitro et d’une très haute
stabilité de complexe marqué par le 99mTc
Les potentialités de la 99mTc-NTP15-5, en tant que radiotraceur
pour l’imagerie moléculaire spécifique du cartilage en termes
d’intégrité biochimique et de distribution en protéoglycanes, ont
été démontrées sur un modèle d’arthrose expérimentale induite par
méniscectomie chez le cobaye. Nous envisageons maintenant d’évaluer
les potentialités d’un tel radiotraceur pour l’imagerie des tumeurs
malignes du cartilage (chondrosarcomes), pour lesquelles les
examens d’imagerie semblent peu sensibles pour l’établissement d’un
diagnostic précoce et différenciel, notamment dans les situations
de récidives.
L’étude expérimentale sera conduite sur le modèle de
chondrosarcome Swarm orthotopique développé chez le rat. Cette
étude consistera à caractériser cette pathologie expérimentale et à
évaluer la faisabilité de notre hypothèse :
– par scintigraphie au 99mTc-NTP15-5 des chondrosarcomes par
ciblage in vivo des protéoglycanes ; l’imagerie sera
réalisée à l’aide d’une gamma caméra « petit animal », en
mode plan et tomographique ;
– par la caractérisation des protéglycanes par spectroscopie
RMN HR-MAS d’échantillons de chondrosarcomes et leur dosage en
protéoglycanes.
Dans un second temps, l’exploitation de l’affinité de la fonction
ammonium quaternaire pour les protéoglycanes devrait permettre la
pharmacomodulation d’agents anticancéreux, pour une prise en charge
thérapeutique spécifique du chondrosarcome.
La méthode Idadige (image and data analysis for differential
in gel electrophoresis)
Auteur(s) : F. Bernard, F. Guerillot-Maire,
G. Choquet, B. Lacroix, C. Lambert, X. Bay,
F. Gruy, J.-C. Pinoli
1Doctorant Cifre BioMérieux, École nationale
supérieure des Mines de Saint-Étienne ; 2CHU
Saint-Étienne ; 3BioMérieux ;
4École nationale supérieure des Mines de
Saint-Étienne
La technologie Dige (differential in gel electrophoresis)
fait partie des techniques récentes utilisées dans le cadre de la
protéomique. Elle est une version multiplexée de l’électrophorèse
2D qui consiste à séparer les protéines d’un échantillon par
migration au sein d’un gel 2D de polyacrylamide dans une
première dimension par focalisation isoélectrique (IEF) selon leur
pI (point isoélectrique) et dans une deuxième dimension,
perpendiculaire à la première, selon leur poids moléculaire.
La technique de multiplexage Dige consiste à coupler des marqueurs
fluorescents à plusieurs populations protéiques différentes avant
de les mélanger et de les faire migrer au sein d’un même gel 2D.
Les images sont ensuite acquises à l’aide d’un scanner à
fluorescence dont les filtres d’émission correspondent aux
longueurs d’ondes des fluorophores employés. Partir des données
brutes (les images acquises en fluorescence) pour aboutir à des
interprétations portant par exemple sur des comparaisons
quantitatives entre protéines de classes d’individus différentes
nécessite la mise en place d’une méthode adaptée aux particularités
de la Dige. La méthode Idadige doit notamment répondre de façon
optimale à de nombreuses problématiques de natures diverses,
concernant le domaine du traitement des images et de l’analyse des
données. Elle comporte quatre étapes principales :
– Identifier les taches protéiques sur les images acquises.
Il s’agit de la problématique de la segmentation dans le domaine du
traitement d’image. La première étape d’Idadige repose sur
l’utilisation d’algorithmes basés sur des opérateurs de traitement
d’images : Octopus, LoG (Laplacian of Gaussian).
– Comparer les gels entre eux afin de mener des études
différencielles par classe. Il s’agit là de l’étape
de matching qui met en œuvre des algorithmes de
traitement d’image et de reconnaissance de motifs
(patterns). La deuxième étape d’Idadige consiste à réaliser
une fusion des différentes images afin de permettre la
détermination et l’utilisation de patterns communs.
– Normaliser les données afin de s’affranchir au maximum des
biais faussant les quantifications. La troisième étape porte
notamment sur l’exploitation du plan expérimental en
die-swap et l’utilisation de techniques issues du domaine
voisin des puces à ADN.
– Valider et interpréter les résultats afin de répondre à des
critères de significativité, de spécificité et de sensibilité. La
quatrième étape est une validation statistique et une
interprétation finale.
Les techniques les plus adéquates de la littérature ont été
appliquées et d’autres plus originales ont été développées
spécifiquement. La méthode Idadige a pu être validée puis appliquée
sur un ensemble de données conséquent, dans le cadre de la
recherche de marqueurs protéiques du cancer colorectal. Un jeu de
marqueurs protéiques potentiels prometteur a ainsi pu être
déterminé.
Chaîne d’acquisition et de traitement de données innovante pour
scanner TEP temps réel ou corps entier
Auteur(s) : M. Boutemeur, G. Montarou pour la
collaboration Innotep
IPN Lyon, LPC Clermont, CPPM Marseille, Dapnia Saclay
L’imagerie fonctionnelle basée sur la tomographie à émission de
positons (TEP) est une technique en plein essor, tant pour les
études biomédicales sur le petit animal que pour le diagnostic chez
l’homme. Les scanners TEP sont désormais devenus des outils
indispensables dans les centres cliniques et de recherches.
Cependant, leur utilisation dans l’imagerie temps réel en
hadronthérapie ou encore dans l’imagerie corps entier n’en est
encore qu’à ses débuts. Dans ces derniers cas, le taux élevé de
données et le haut bruit de fond associé constituent encore un
obstacle à la reconstruction rapide, d’autant plus lorsque cette
dernière doit être effectuée en temps réel. En fait,
l’environnement d’acquisition des données présente des similarités
à celui qu’on rencontre en physique des hautes énergies,
particulièrement à celle des expériences sur collisionneur comme le
LHC au CERN. Dans le cadre d’une collaboration entre nos instituts,
nous entamons une R & D dédiée à l’étude et à la réalisation
d’une chaîne d’acquisition allant de l’électronique de proximité
jusqu’au filtrage et stockage des données sous un format
directement exploitable pour la reconstruction de l’image. Nous
nous basons en premier sur l’adaptation, ensuite l’amélioration,
des développements existants pour les expériences auprès du LHC
pour répondre enfin aux exigences requises pour l’imagerie :
temps mort quasi-nul, haute résolution temporelle, haute résolution
en énergie, fort taux de comptage et haute efficacité de rejection
en ligne du bruit de fond
Simulations pour le plan de traitement en hadronthérapie
Auteur(s) : M. Ayadi1,
J.-N. Badel1, M. Boutemeur3,
C. Carrie1, N. Dufour1,3,
P. Duvauchelle4, N. Freud4,
C. Ginestet1, L. Guigues2
J.-M. Létang4, M.-C. Ricol3,
D. Sarrut1, 2, E. Testat3,
A. Vacavant1
1Département de radiothérapie du Centre de lutte
contre le cancer Léon Bérard (CLB, Lyon) ; 2Centre
de recherches et d’applications en traitement des images et du
signal (Creatis, UMR CNRS5515, Inserm U630, Lyon) ;
3Institut de physique nucléaire (IPNL, UMR CNRS5822,
Lyon) ; 4Laboratoire de contrôle non destructif par
rayonnements ionisants (CNDRI, INSA, Lyon)
Un élément indispensable pour la planification d’un traitement
du cancer par rayonnement ionisant est la simulation de
l’irradiation et de ses conséquences en termes de dépôt de dose
dans les tissus. Si ce type de simulation est relativement bien
maîtrisé pour les irradiations par photons ou protons sur des
organes fixes, il l’est par contre encore très mal pour les
irradiations par faisceaux d’ions légers (hadronthérapie) et pour
l’irradiation d’organes mobiles. En outre, une spécificité du
traitement par hadronthérapie est la possibilité de réaliser un
contrôle peropératoire du traitement, par imagerie TEP. Un système
de planification de traitement (SPT) doit alors incorporer la
simulation des données nécessaires à la réalisation de ce contrôle
(simulation des émetteurs de positons produits au cours de
l’irradiation). Comme dans toute problématique de simulation
complexe, deux facteurs s’opposent : le réalisme de la
simulation et sa rapidité. Il existe deux grands types d’approche
pour la simulation d’interactions rayonnement-matière : les
approches déterministes – rapides mais vraisemblablement
trop peu réalistes pour la réalisation de plans de traitement
fins – et les approches Monte Carlo (MC), potentiellement
suffisamment réalistes mais beaucoup trop lentes pour une
utilisation clinique. Notre groupe de recherche interdisciplinaire
et inter-laboratoires lyonnais comporte des physiciens médicaux
(CLB), des physiciens spécialistes des interactions
rayonnement-matière et de leur simulation (IPNL, CNDRI) et des
informaticiens et traiteurs du signal (Creatis). Il est adossé au
projet national Étoile d’hadronthérapie. Notre objectif est de
concevoir et de développer un outil de simulation réaliste et
rapide d’une irradiation par ions légers, capable de simuler à la
fois le dépôt de dose dans les tissus et les distributions
d’émetteurs de positons nécessaires au contrôle par TEP. Notre
travail s’appuie sur le simulateur Monte Carlo Geant4, développé
par la communauté des physiciens des particules.
Nos axes de recherche peuvent se décrire au travers des deux
critères clés de qualité d’une simulation :
– Réalisme. Réalisme physique : Il s’agit de comprendre,
modéliser et inclure dans une simulation MC les principaux
phénomènes physiques intervenant au cours d’une irradiation. Un
point essentiel non résolu à ce jour et sur lequel nous travaillons
activement est la prise en compte correcte des mécanismes de
fragmentation nucléaire. Réalisme médical : Il s’agit de
pouvoir simuler un patient dans toute sa complexité, à savoir sa
complexité anatomique et la complexité liée aux organes mobiles.
Nous travaillons sur l’exploitation de données médicales (images
CT, CT 4D et segmentations) pour les simulations Monte Carlo.
– Rapidité
– Optimisation du transport de particules dans des volumes
complexes. Nous développons une technique de description des images
anatomiques de patients à l’aide de grilles irrégulières
isothétiques qui, incorporée au simulateur Geant4 et associée à un
algorithme original de navigation des particules, permet de passer
de 12 h à 25 min de calcul pour une simulation. Nous
espérons ainsi parvenir à des temps de calcul acceptables pour
utiliser les simulations MC dans un cadre clinique.
– Composantes déterministes. Nous envisageons de mettre en
place une approche déterministe pour la simulation rapide de la
dose déposée. L’enjeu est double : simulation hybride
associant calculs MC et déterministes (accélération des calculs MC
purs) et simulation analytique beaucoup plus rapide mais limitée au
premier ordre (dose directement déposée par le rayonnement
incident).
|