ARTICLE
Auteur(s) : Dominique Lamarque*
* Unité d’hépato-gastroentérologie et service de chirurgie
générale, Hôtel-Dieu, 1 place du Parvis de Notre-Dame,
75004 Paris
E-mail : dominique.lamarque@htd.ap-hop-paris.fr
La cyclo-oxygénase de type 2 (Cox2) est surexprimée dans les
tumeurs digestives [1]. Son induction par des facteurs de
croissance et des promoteurs de tumeurs suggère un rôle important
dans la carcinogenèse [2]. Les inhibiteurs de Cox2 inhibent la
prolifération de lignées cellulaires tumorales [3-5]. Le rôle de la
Cox2 dans la carcinogenèse digestive est établi par des modèles
animaux de cancer génétiquement ou chimiquement induit.
L’administration d’inhibiteur de la Cox2 à ces animaux prévient la
survenue des cancers [6, 7]. Ne serait-ce que dans la prévention
des cancers digestifs, les résultats encourageants des essais avec
des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) non sélectifs chez
des patients ayant des polypes coliques sporadiques ou dans le
cadre d’une polyadénomatose familiale préfigurent un nouveau cadre
de prescription des inhibiteurs spécifiques de la Cox2 [8-10]. Le
celecoxib a déjà reçu l’approbation de la Food and Drug
Administration (FDA) en 1999 dans la polypose adénomateuse
familiale [11, 12]. Dans cette indication et probablement plus tard
dans la prévention des polypes sporadiques, il s’agira d’une
prescription au long cours et à forte posologie ; il est donc
légitime de s’interroger sur sa tolérance à long terme.
Tolérance digestive
Les AINS inhibent la cyclo-oxygénase [13] qui transforme les
phospholipides membranaires en prostaglandines. Les AINS non
spécifiques inhibent les deux iso-enzymes de la cyclo-oxygénase. La
Cox1 est l’iso-enzyme constitutionnelle. Elle intervient au niveau
du tube digestif dans la synthèse de mucus et l’accroissement du
débit sanguin muqueux qui permettent le maintien de l’intégrité des
muqueuses gastroduodénales face à des agents érosifs [14]. La Cox2
est une enzyme inductible exprimée dans les sites inflammatoires au
niveau des macrophages et des synoviocytes. Dans le processus
inflammatoire digestif, elle est exprimée dans les monocytes, les
macrophages, les fibroblastes et les cellules endothéliales et
épithéliales, tandis que la Cox1 n’est plus exprimée [15, 16]. Les
prostaglandines et les thromboxanes générés par les deux isoformes
de la cyclo-oxygénase sont identiques. La plupart des AINS tendent
à inhiber plutôt Cox1, à l’exception du meloxicam et du nimesulide.
Des inhibiteurs spécifiques de la Cox2 ont été développés dans le
but d’inhiber sélectivement la production de prostaglandines au
niveau du site inflammatoire en respectant la production des
prostaglandines qui protègent la muqueuse digestive [13].
La prise d’AINS non sélectif augmente le risque d’ulcère
gastroduodénal d’un facteur 3 à 5 [17, 18] et l’incidence des
ulcères symptomatiques est de 1 pour 100 patients traités par
an [19]. Au Royaume Uni et aux États-Unis, de larges études
épidémiologiques ont montré qu’il existait un excès de séjours
hospitaliers pour ulcères gastroduodénaux chez les malades traités
par AINS par rapport à des sujets non traités. Ce surcroît de
l’incidence des hospitalisations était de 1,25 % par an
[20-23].
Les inhibiteurs spécifiques de Cox2 induisent moins de lésions
gastroduodénales que les AINS classiques. Encore faut-il distinguer
les lésions ulcéreuses asymptomatiques, aisément diagnostiquées par
une endoscopie systématique après quelques semaines de traitement,
et celles révélées par des complications symptomatiques. Les
lésions asymptomatiques recherchées 12 semaines après un
traitement par rofecoxib ou celecoxib sont réduites (7,3 % ou
6 %) avec des posologies de 50 mg/j de rofecoxib ou
800 mg/j de celecoxib par rapport à un traitement par AINS non
sélectif (29 %) [24, 25].
Le risque de complication hémorragique ou de perforation ulcéreuse
a été évalué chez plus de 6 300 patients recevant du
celecoxib pendant plusieurs mois. La fréquence annuelle des
complications était plus faible (0,20 %) avec le celecoxib
qu’avec le naproxène (1,68 %) dans un groupe de
2 700 malades comparables [26]. Il faut cependant noter
que les complications relevées dans cet essai ne correspondaient
pas à la pratique quotidienne puisque les hémorragies étaient
diagnostiquées par une recherche de sang dans les selles sans
endoscopie. Les complications hémorragiques que les
gastro-entérologues connaissent sont plus rares. Une étude (Class)
incluant 8 059 patients a déterminé que le risque annuel
de complications symptomatiques était significativement plus faible
(0,44 %) chez des malades traités par celecoxib que
(1,27 %) chez des malades traités par AINS non spécifiques
[27]. Une étude ayant porté sur 13 274 malades a confirmé
ces résultats en trouvant 7 fois moins d’ulcères compliqués en
cas de traitement de 12 semaines par celecoxib par rapport à
un AINS non spécifique [28]. Cette diminution des accidents
digestifs est également trouvée avec les traitements au long cours.
Afin de recueillir suffisamment de complications graves, une étude
prospective d’échelle mondiale a porté sur une population de
malades atteints de polyarthrite rhumatoïde dont le risque d’ulcère
était majeur puisqu’ils avaient une moyenne d’âge élevée
(58 ans) et que plus de la moitié d’entre eux recevait un
traitement concomitant par corticoïdes connu pour accroître les
lésions digestives des AINS. Chez plus de 8 000 patients
suivis pendant 9 mois, le risque d’hémorragie digestive
cliniquement évidente ou de perforation était réduit de 60 %
par la prise de rofecoxib (15 cas) par rapport à celle de
naproxène (36 cas) [29]. Globalement, l’incidence des ulcères
compliqués était de 0,6 % par an avec le rofecoxib et de
1,4 % avec le naproxène. Ce résultat montre clairement que
l’usage des AINS sélectifs de la Cox2 limite l’incidence des
complications graves.
La diminution des complications ne signifie pas leur absence et il
persiste un risque d’ulcère compliqué, particulièrement chez les
patients à risque. Une analyse de l’étude Vigor a montré que la
réduction du risque d’ulcère symptomatique était de deux tiers avec
la prise de rofecoxib par rapport au naproxène, quel que soit le
nombre de facteurs de risque [30].
Même si la réduction des complications est substantielle, leur
nombre reste non négligeable du fait de la prescription très large
des inhibiteurs spécifiques de Cox2. En 2001et 2002, il y avait en
France 3 millions de prescriptions mensuelles d’AINS, dont
500 000 de celecoxib ou de rofecoxib (données Credes). Si ces
chiffres correspondaient à des individus traités, on observerait
22 000 ulcères symptomatiques par an induits en France
par les AINS inhibiteurs spécifiques de Cox2, sur la base d’une
incidence annuelle de 0,44 % selon l’étude Class [27]. Il
n’existe pas de données épidémiologiques françaises permettant de
vérifier ce chiffre.
Par ailleurs, l’incidence annuelle des ulcères gastriques ou
duodénaux hémorragiques a été évaluée en France à 143 pour
100 000 habitants/an [31], ce qui correspondrait à un
nombre de 10 300 ulcères hémorragiques chaque année en
France liés à la prise d’AINS puisqu’elle représente 12 % des
étiologies. Sur la base des résultats de l’étude Vigor, le nombre
de ces complications serait diminué de 60 %, soit
4 120 ulcères hémorragiques, en cas de prise exclusive
d’inhibiteurs spécifiques de Cox2. Ce chiffre ne peut être négligé
car l’ulcère hémorragique reste une complication grave dont la
mortalité est restée stable ces 15 dernières années, comprise
entre 6 et 14 % [32].
Facteurs de risque d’ulcère gastroduodénal hémorragique
Antécédents
Les antécédents d’ulcères gastroduodénaux sont couramment
décrits comme facteur de risque majeur d’une récidive sous AINS. En
fait, l’importance de ce facteur est apparue depuis que le
principal facteur confondant, la maladie ulcéreuse associée à
l’infection par H. pylori, a été pris en compte
indépendamment. Ainsi, on a pu établir que les antécédents d’ulcère
étaient un facteur de risque majeur de récidive sous AINS avec un
odds-ratio de 14 à 17 par rapport à des patients sans
antécédents [33]. Globalement, l’incidence des ulcères
symptomatiques serait de 6-7 % par an chez les malades ayant
des antécédents d’ulcère et traités par AINS [34]. La survenue
antérieure d’un ulcère compliqué prédispose fortement à la récidive
avec une incidence qui a été évaluée à 19 % en 6 mois
dans une étude prospective chez des patients traités au long cours
par AINS [35]. Ce risque de récidive a été évalué dans une étude
prospective ayant comparé le traitement par celecoxib à
l’association AINS non sélectif-inhibiteur de la pompe à protons
(IPP) chez des malades H. pylori – négatifs
ayant eu récemment une hémorragie digestive sous AINS non sélectif
[36]. Après 6 mois de traitement, l’incidence des ulcères
hémorragiques était similaire dans les deux groupes :
4,9 % dans le groupe celecoxib et 6,4 % dans le groupe
AINS non sélectif et IPP. Ces résultats doivent être confirmés par
d’autres travaux prospectifs en situations pragmatiques car les
critères d’inclusion sélectionnaient par endoscopie des patients
n’ayant plus d’ulcère gastroduodénal, ce qui ne correspond pas à la
pratique et minore l’incidence des ulcères dans le groupe
celecoxib.
Âge
Les AINS non sélectifs augmentent faiblement [17] le risque de
lésions ulcérées chez les sujets âgés. Dans l’étude Mucosa, la
recherche systématique d’une lésion endoscopique sous AINS
déterminait un odds-ratio de 2,5 chez les sujets de
plus de 75 ans par rapport aux plus jeunes [37]. En revanche,
le recours à l’hospitalisation est beaucoup plus fréquent que chez
les sujets plus jeunes car les ulcères sont plus sévères et la
co-morbidité plus marquée. Dans une étude cas-témoins danoise,
l’incidence des ulcères symptomatiques était estimée à
1,26 cas pour 100 patients de plus de 75 ans traités
[38], soit presque 10 fois plus forte que chez les sujets de
20-34 ans.
La sévérité de l’ulcère chez les sujets âgés est probablement
induite par les AINS, car l’ulcère provoqué par un AINS entraîne
plus fréquemment l’hospitalisation que l’ulcère non lié aux AINS
[39]. D’après plusieurs études épidémiologiques américaines,
l’incidence annuelle des hospitalisations pour ulcère augmenterait
d’un facteur 2 à 6 chez les sujets de plus de 65 ans par
rapport aux plus jeunes [40-42]. Il a été calculé que l’incidence
annuelle des hospitalisations pour ulcères liés aux AINS était de
12 pour 1 000, voire 42 pour 1 000 pour les plus âgés
[34, 39].
Durée et dose du traitement par AINS
La durée de la prise ne modifie pas le risque qui est constant,
même après plusieurs années de traitement [43-45]. La constance du
risque avec le temps a été également trouvée avec le rofecoxib dans
l’étude Vigor [30]. Puisque la prévalence des accidents augmente
avec le temps, il a été suggéré que la prolongation du traitement
au-delà de quelques mois devenait la principale cause des
complications [46].
Interactions de ces facteurs de risque avec les inhibiteurs
spécifiques de Cox2
L’analyse de l’étude Vigor a comparé les facteurs de risque de
complications digestives hautes chez des patients traités par
rofecoxib et naproxène [30]. La plupart des facteurs connus avec
les AINS non sélectifs ont été retrouvés avec le rofecoxib (tableau 1). De même qu’avec les AINS,
l’augmentation du risque d’ulcère augmentait avec le nombre de
facteurs de risque [30]. Un patient ayant plus de 65 ans avait
un risque d’avoir un ulcère en prenant du rofecoxib mesuré à
0,69 % par an. S’il existait des antécédents d’ulcère, ce
risque atteignait théoriquement 16 % par an.
Tableau 1. Influence de l’âge et des
antécédents d’ulcères dans la survenue des ulcères symptomatiques
ou compliqués dans l’étude Vigor [30]
| Patient |
Incidence annuelle des
ulcères symptomatiques ou compliqués |
| (100 patients-année) |
| |
Rofecoxib |
Naproxène |
| Âge |
|
|
| < 65 ans |
0,34* |
1,45 |
| ≥ 65 ans |
0,69* |
3,48 |
| Antécédents ulcère gastroduodénal |
|
|
| Oui |
1,2* |
3,65 |
| Non |
0,52* |
1,55 |
* P < 0,05.
Lésions gastroduodénales et statut H. pylori
L’efficacité du traitement préventif et curatif des ulcères
gastroduodénaux dépend du statut de H. pylori. Une
méta-analyse a permis de préciser les interactions entre H.
pylori et les ulcères sous AINS, à travers 16 essais
randomisés totalisant 1 625 patients. L’infection par
H. pylori augmentait le risque d’ulcère gastroduodénal d’un
ratio de 3,53 chez les patients prenant des AINS. Le risque
d’avoir un ulcère hémorragique était accru indépendamment avec la
prise d’AINS (× 4,58) et par l’infection par H. pylori
(× 1,79). Le cumul des deux facteurs accroissait le risque de
6,13. Avant un traitement de plusieurs semaines par naproxène,
l’éradication de H. pylori diminue l’incidence des ulcères
gastroduodénaux compliqués ou non (de 27 % à 7 %) chez
des patients traités de novo [47].
Chez les malades déjà traités au long cours par AINS, la
prévention de la récidive est-elle mieux assurée par l’éradication
que par la poursuite de l’inhibiteur ? Très probablement oui,
mais l’éradication ne prévient pas la survenue de tous les ulcères
hémorragiques comme l’a montré une étude réalisée chez
102 malades H. pylori-positifs traités au long cours
par AINS et ayant des antécédents dyspeptiques [48]. Après
éradication, 4 % des malades avaient un ulcère hémorragique
dans les 6 mois (versus 27 % en l’absence
d’éradication). L’interaction de H. pylori avec les
antagonistes spécifiques de Cox2 reste controversée [49]. Selon
l’étude de Bombardier et al. [29], l’infection
n’augmenterait pas le risque de complication grave alors que, selon
l’étude Class, elle le doublerait [50]. Quoi qu’il en soit,
l’incidence des complications liées à ces AINS étant plus faible
qu’avec un AINS non sélectif, l’éradication systématique de H.
pylori ou la co-prescription d’un inhibiteur la pompe à protons
n’est pas justifiée par la prévention primaire des complications
chez des malades H. pylori-positifs n’ayant pas
d’antécédents ulcéreux ou dyspeptiques. Dans le cas de la
prévention de la récidive d’un ulcère apparu sous AINS chez des
malades H. pylori-positifs, le risque de récidive après
éradication et en cas de poursuite du traitement AINS avec des
antagonistes spécifiques de Cox2 a été évalué par l’étude de Chan
et al. déjà citée [36]. Après 6 mois de traitement,
l’incidence des ulcères hémorragiques était de 4,9 % dans le
groupe celecoxib sans IPP. On ne sait pas encore si l’adjonction
d’un IPP à un traitement AINS par un inhibiteur spécifique de Cox2
réduirait plus encore l’incidence des ulcères. En revanche, si le
traitement par AINS (et par IPP) doit être interrompu, l’intérêt de
l’éradication ne se discute plus dans l’éventualité d’une maladie
ulcéreuse dépendante de H. pylori.
Traitements concomitants
Les traitements concomitants par les anticoagulants ou
l’aspirine accroissent le risque d’accident digestif sous AINS d’un
facteur 2 à 3 [42, 43]. La prise de corticoïdes n’est pas un
facteur de risque. En revanche, leurs prises associées à celle d’un
AINS augmentent le risque d’hospitalisation pour hémorragie
digestive d’un facteur 2,8, selon une surveillance prospective de
13 années réalisée chez 9 621 patients atteints de
polyarthrite rhumatoïde [51]. Cet accroissement du risque n’était
pas noté chez les malades atteints d’arthropathies d’autre nature,
qui prenaient probablement des doses d’AINS plus faibles [46]. Dans
l’étude Vigor réalisée chez des patients ayant une polyarthrite
rhumatoïde, le risque d’ulcère compliqué chez les malades traités
par rofecoxib n’était pas accru par la prise de corticostéroïdes
alors qu’il était presque doublé chez ceux traités par naproxène
[30].
Les inhibiteurs spécifiques de Cox2, et particulièrement le
celecoxib, interagissent avec les cytochromes hépatiques CYP2C9 et
CYP2D6 et peuvent théoriquement modifier l’élimination des
anticoagulants oraux [52]. Cependant, ces interactions ne semblent
pas à l’origine de complications hémorragiques. Une étude
cas-témoins prospective a montré que les hémorragies digestives
survenant chez des malades traités par anticoagulants étaient plus
fréquentes après la prise d’AINS qu’après la prise d’inhibiteurs
spécifiques de Cox2 [53]. En pratique, l’instauration d’un
traitement par inhibiteurs spécifiques de Cox2 doit s’accompagner
d’un contrôle accru des paramètres de la coagulation chez un
patient traité par antagonistes de la vitamine K [52].
L’adjonction de l’aspirine comme anti-agrégant plaquettaire réduit
le bénéfice obtenu avec les antagonistes spécifiques de Cox2. Les
études Class et Sucess1 ont montré que les malades traités par
celecoxib et aspirine avaient un risque annuel d’ulcère compliqué
(2,01 % et 0,8 %) non significativement différent de
celui des malades traités par AINS non sélectifs (2,12 % et
0,8 % respectivement) [27, 54]. Aucune autre étude étudiant
l’impact de la co-prescription d’aspirine avec les inhibiteurs
spécifiques de la Cox2 n’est disponible.
Ulcères compliqués
Un observatoire de surveillance des pathologies rhumatologiques
créé dans les années 1980 aux États-Unis (Aramis) a permis de
colliger en 1998 les événements survenus chez
36 000 malades. Les complications digestives liées aux
AINS ont été plus particulièrement relevées dans deux cohortes de
4 000 et 1 921 patients suivis en moyenne 4 et
2,5 ans respectivement [46, 55]. Les incidences de ces
complications étaient similaires de 1,46 % et de 2,2 %
par an, respectivement. Dans le groupe de patients atteints de
complications digestives, les symptômes dyspeptiques dans les
semaines précédentes n’avaient pas été plus fréquents que dans le
groupe indemne de complication digestive et 81 % des malades
n’avaient ni symptôme ni facteur de risque. Ces résultats
confirment des études antérieures ayant montré l’absence de
symptôme dyspeptique prémonitoire chez 60 % des malades
développant une complication digestive [56-58].
Prévention des lésions par un inhibiteur de la pompe à
protons
Une analyse statistique effectuée à partir de l’étude Class
montrait que l’âge supérieur à 75 ans, les antécédents
d’ulcère hémorragique et la prise d’aspirine étaient les facteurs
de risque prépondérants des complications digestives graves sous
AINS [50]. En conséquence, le traitement préventif adjuvant ne se
justifie que chez les patients dont la complication digestive est
redoutée (sujets âgés ou ayant des antécédents d’ulcères
gastroduodénaux ou nécessitant une coprescription d’aspirine à
visée anti-agrégante ou d’anticoagulants). Les facteurs de risque
de ces complications ont été confirmés, avec les AINS non
sélectifs, par l’analyse de l’étude Vigor et leurs combinaisons ont
un effet multiplicatif [30]. L’incidence des ulcères symptomatiques
augmentait de 40 à 50 fois chez les sujets ayant trois
facteurs de risque (âge supérieur à 65 ans, prise de
corticoïdes et antécédents d’ulcères) par rapport à ceux n’ayant
aucun facteur de risque [30]. Cette incidence devient non
négligeable chez les malades cumulant au moins deux facteurs et
traités par antagonistes spécifiques des Cox2 (de 5 à 16 % par
an), ce qui justifie une co-prescription avec un inhibiteur de la
pompe à protons.
Complications digestives basses
Les études épidémiologiques montrent que les AINS non sélectifs
exposent à des complications digestives basses, telles que des
ulcérations parfois hémorragiques, des perforations des sténoses en
diaphragme ou en défilé [59-63]. L’étude de cohorte Aramis, qui a
suivi près de 2 000 patients nord-américains pendant au
moins 2 ans, a montré que les pathologies digestives motivant
une hospitalisation étaient de localisation basse dans 32 %
des cas chez les patients ayant une arthrose et dans 13 % chez
ceux ayant une polyarthrite rhumatoïde [46]. L’analyse de l’étude
Vigor a montré que 40 % des complications sévères induites par
les AINS sélectifs ou non sélectifs de Cox2 étaient localisées dans
le grêle ou le côlon [64]. L’incidence annuelle des complications
induites par les inhibiteurs spécifiques de Cox2 était de
0,41 %, c’est-à-dire 2 fois moins que celle des
complications observées avec le naproxène.
Le détail montre que 4 des 5 complications digestives dont la
cause avait été mise en évidence par endoscopie correspondaient à
2 cas d’inflammation diverticulaire et 2 cas de colites.
Des cas cliniques suggèrent que les inhibiteurs spécifiques de Cox2
pourraient causer des colites aiguës ou aggraver des colites
inflammatoires. Un cas d’exacerbation de maladie de Crohn colique
avec hémorragie sévère après prise de rofecoxib a été rapporté
[65], ainsi qu’un cas de colite aiguë hémorragique après prise de
rofecoxib pendant 5 jours chez une patiente ayant eu une
colostomie après résection d’une tumeur colique [66]. Des travaux
expérimentaux soutiennent ces observations puisqu’il a été montré
que les inhibiteurs spécifiques de Cox2 ralentissaient la
cicatrisation des ulcères chez l’animal [67-71]. Ils agissent en
diminuant la prolifération épithéliale et l’angiogenèse stimulée
par des facteurs de croissance : epidermal growth
factor (EGF), fibroblast growth factor (FGF) [72-74]. La
colite inflammatoire provoquée par le sulfate de dextran est plus
sévère chez la souris dont le gène de Cox2 a été invalidé que chez
la souris invalidée pour Cox1 [75]. L’inhibition de Cox2 pendant
2 semaines aggrave la colite expérimentale induite par l’acide
acétique ou l’acide trinitro-benzène sulfonique [76]. En fait,
d’autres travaux fondamentaux sur lignées cellulaires montrent que
l’inhibition de la réparation épithéliale ne dépend pas que de Cox2
et qu’elle est plus importante avec les AINS non sélectifs [77]. Le
délai de réparation de lésions d’ischémie-reperfusion n’est pas
modifié par l’inhibition spécifique de la Cox2 [78]. Globalement,
les inhibiteurs spécifiques de Cox2 ne semblent pas induire plus de
colites que les AINS non sélectifs puisque, dans l’étude Vigor,
l’incidence des colites ou des ulcérations digestives
symptomatiques était rare (5 pour 10 000 patients traités
pendant 6 mois) et identique dans les deux groupes [64].
Complications cardiovasculaires et rénales
Thrombose coronaire
Plus encore que pour la toxicité gastro-intestinale, les
inhibiteurs spécifiques de Cox2 font l’objet d’un débat
contradictoire dans lequel il est difficile de faire la part par
défaut d’études prospectives centrées sur les effets
cardiovasculaires. Ces effets sont les infarctus du myocarde et
l’hypertension artérielle. Dans l’étude Vigor, une incidence
excessive d’infarctus avait été observée dans le groupe rofecoxib
(0,4 %) par rapport au groupe naproxène (0,1 %) [79]. Le
rofecoxib avait été administré à dose élevée, 50 mg/j, ce qui
correspond à 2 fois la posologie maximale préconisée par les
autorités françaises. Ce surcroît d’accidents coronariens a été
confirmé dans une étude cas-témoins réalisée à partir d’une vaste
cohorte de patients suivis par le Tennessee Medicaid programme
(TennCare) dont 24 132 prenaient du rofecoxib et
151 728 un autre AINS [80]. La survenue d’accidents
coronariens avait tendance à être plus fréquente chez les patients
prenant du rofecoxib à plus de 25 mg/j que chez les
202 916 témoins non traités par AINS (odds
ratio : 1,70, intervalle de confiance : 0,98-2,95,
p = 0,058). Ce surcroît de risque, qui n’était pas trouvé
avec des doses inférieures ou d’autres AINS, a été attribué à
l’absence d’inhibition de la synthèse de thromboxane A2 et donc de
l’agrégation plaquettaire par les inhibiteurs spécifiques de la
Cox2. Il a également été évoqué l’activité anti-agrégante
particulièrement marquée du naproxène utilisé comme comparatif dans
l’étude Vigor [81]. Cette hypothèse n’a pas été confirmée par les
résultats d’une large étude cas-témoins ne montrant aucune
protection des risques coronariens chez 181 441 malades
prenant des AINS non sélectifs dont le naproxène par rapport à
532 634 patients témoins [82].
Tolérance rénale
Les prostaglandines modulent la réabsorption tubulaire du
sodium, accroissent la sécrétion de potassium en activant le
système rénine-angiotensine et maintiennent le débit sanguin rénal
et la filtration glomérulaire en cas de baisse de la perfusion
rénale [83]. L’administration d’AINS provoque une rétention
hydrosodée avec des œdèmes et parfois de l’hypertension artérielle
chez les patients dont le débit sanguin rénal dépend des
prostaglandines comme en cas d’insuffisance cardiaque, de cirrhose
décompensée ou de prise de diurétiques. Le grand âge et le diabète
sont également des facteurs de risque. Dans de rares cas, une
insuffisance rénale, voire une nécrose papillaire, peut survenir
[84].
La Cox2 intervient dans la régulation de l’excrétion du sodium.
Elle est exprimée dans la médullaire du rein en cas d’hypertonicité
du milieu interstitiel. Il s’agirait d’une réponse des cellules de
la médullaire au stress osmotique aboutissant à une augmentation du
débit sanguin et de l’excrétion sodée [85]. La Cox2 est également
exprimée dans la corticale en cas de déplétion sodée. La libération
de prostaglandines qui en résulte augmente l’activité
rénine-angiotensine [86] et la réabsorption du sodium. La survenu
d’œdèmes des membres inférieurs est l’effet indésirable d’origine
rénale le plus souvent noté avec les inhibiteurs spécifiques de la
Cox2, particulièrement à forte posologie.
Chez les patients sans altération hémodynamique ou de la fonction
rénale, une diminution modérée et transitoire de l’excrétion rénale
du sodium a été observée avec le rofecoxib ou le celecoxib, ce
dernier administré à dose de 800 mg/j [87]. Chez des patients
insuffisants rénaux ou en déplétion hydro-sodée, les inhibiteurs
spécifiques de Cox2 provoquent une réduction de la filtration
glomérulaire similaire à celle provoquée par les AINS non
spécifiques [88, 89].
Augmentation de la pression artérielle
La rétention hydro-sodée est également responsable d’une
augmentation de la pression artérielle évaluée de 3 à 5 mmHg
dans une large méta-analyse [90]. Cette augmentation est plus
marquée en cas d’hypertension artérielle, particulièrement en cas
de traitement par inhibiteur de l’enzyme de conversion ou
bêtabloqueurs [91]. Une étude a comparé, chez
1 090 patients hypertendus et ayant de l’arthrose,
l’effet du rofecoxib (50 mg/j) par rapport au celecoxib
(200 mg/j) sur la pression artérielle et la rétention
hydrosodée [91, 92]. Une augmentation de plus de 20 mmHg de la
pression artérielle systolique était observée plus fréquemment avec
le rofecoxib (14,9 %) qu’avec le celecoxib (6,9 % ;
p < 0,01). De même, la rétention hydrosodée était plus
fréquemment observée en cas de prise de rofecoxib (7,7 %) que
de celecoxib (4,7 %) (p < 0,05). Cette différence
pouvait être expliquée par les posologies plus fortes de rofecoxib
que de celecoxib. Les auteurs concluaient à la nécessité de
surveiller la pression artérielle des patients hypertendus traités
par inhibiteurs spécifiques de la Cox2.
Conclusion
Le traitement au long cours par inhibiteurs spécifiques de la
Cox2 expose les patients à des complications digestives et rénales,
certes rares, mais qui, dans le cadre d’une prescription prolongée,
ne peuvent être négligées. Quelques recommandations peuvent être
énoncées. Les ulcères gastroduodénaux peuvent être prévenus par la
réduction des prescriptions chez les patients à risque ou
éventuellement la co-prescription d’un inhibiteur de la pompe à
protons. Les inhibiteurs spécifiques n’ont aucun pouvoir
anti-agrégant et leur co-prescription avec de l’aspirine à faible
posologie expose à un accroissement de l’incidence des
complications digestives. Une exacerbation de colite inflammatoire
pourrait apparaître sous traitement par inhibiteurs spécifiques de
la Cox2. Des études complémentaires devraient préciser l’importance
de ce risque ; en attendant d’autres résultats, il est prudent
d’éviter la prescription des inhibiteurs spécifiques de la Cox2
dans ce cas. Enfin, il convient également de surveiller la pression
artérielle des patients hypertendus. n
Références
1. Tsujii M, Kawano S, DuBois RN.
Cyclooxygenase-2 expression in human colon cancer cells
increases metastatic potential. Proc Natl Acad Sci USA
1997 ; 94 : 3336-40.
2. Coffey RJ, Hawkey CJ, Damstrup L, Graves-Deal R,
Daniel VC, Dempsey PJ et al. Epidermal growth factor
receptor activation induces nuclear targeting of cyclooxygenase-2,
basolateral release of prostaglandins, and mitogenesis in
polarizing colon cancer cells. Proc Natl Acad Sci USA
1997 ; 94 : 657-62.
3. Shiff SJ, Qiao L, Tsai LL, Rigas B. Sulindac
sulfide, an aspirin-like compound, inhibits proliferation, causes
cell cycle quiescence, and induces apoptosis in HT-29 colon
adenocarcinoma cells. J Clin Invest 1995 ; 96 :
491-503.
4. Elder DJ, Halton DE, Crew TE, Paraskeva C.
Apoptosis induction and cyclooxygenase-2 regulation in human
colorectal adenoma and carcinoma cell lines by the
cyclooxygenase-2-selective non-steroidal anti-inflammatory drug
NS-398. Int J Cancer 2000 ; 86 : 553-60.
5. Zhang Z, DuBois RN. Par-4, a proapoptotic gene,
is regulated by NSAIDs in human colon carcinoma cells.
Gastroenterology 2000 ; 118 : 1012-7.
6. Williams CS, Watson AJ, Sheng H, Helou R, Shao J,
DuBois RN et al. Celecoxib prevents tumor growth in
vivo without toxicity to normal gut: lack of correlation
between in vitro and in vivo models Cancer Res
2000 ; 60 : 6045-51.
7. Li H, Schut HA, Conran P, Kramer PM, Lubet RA,
Steele VE et al. Prevention by aspirin and its combination
with alpha-difluoromethylornithine of azoxymethane-induced tumors,
aberrant crypt foci and prostaglandin E2 levels in rat colon.
Carcinogenesis 1999 ; 20 : 425-30.
8. Matsuhashi N, Nakajima A, Shinohara K, Oka T,
Yazaki Y. Rectal cancer after sulindac therapy for a sporadic
adenomatous colonic polyp. Am J Gastroenterol 1998 ;
93 : 2261-6.
9. Matsuhashi N, Nakajima A, Fukushima Y, Yazaki Y,
Oka T. Effects of sulindac on sporadic colorectal adenomatous
polyps. Gut 1997 ; 40 : 344-9.
10. Hixson LJ, Earnest DL, Fennerty MB Sampliner RE.
NSAID effect on sporadic colon polyps. Am J Gastroenterol
1993 ; 88 : 1652-6.
11. Steinbach G, Lynch PM, Phillips RK, Wallace MH,
Hawk E, Gordon GB et al. The effect of celecoxib, a
cyclooxygenase-2 inhibitor, in familial adenomatous polyposis.
N Engl J Med 2000 ; 342 : 1946-52.
12. Phillips RK, Wallace MH, Lynch PM, Hawk E,
Gordon GB, Saunders BP et al. A randomised, double blind,
placebo controlled study of celecoxib, a selective cyclooxygenase
2 inhibitor, on duodenal polyposis in familial adenomatous
polyposis. Gut 2002 ; 50 : 857-60.
13. Tenenbaum J. The epidemiology of nonsteroidal
anti-inflammatory drugs. Can J Gastroenterol 1999 ;
13 : 143-5.
14. Takeuchi K, Ogawa Y, Kagawa S, Ukawa H. Gastric
ulcerogenic responses following barrier disruption in knockout mice
lacking prostaglandin EP1 receptors. Aliment Pharmacol Ther
2002 ; 16 (suppl. 2) : 74-82.
15. Ferraz JG, Sharkey KA, Reuter BK, Asfaha S,
Tigley AW, Brown ML et al. Induction of cyclooxygenase
1 and 2 in the rat stomach during endotoxemia: role in
resistance to damage. Gastroenterology 1997 ;
113 : 195-204.
16. Schmassmann A. Mechanisms of ulcer healing and
effects of nonsteroidal anti-inflammatory drugs. Am J Med
1998 ; 104 : S43-51 [discussion : S79-80].
17. Henry D, Lim LL, Garcia Rodriguez LA, Perez
Gutthann S, Carson JL, Griffin M et al. Variability in risk
of gastrointestinal complications with individual non-steroidal
anti-inflammatory drugs: results of a collaborative meta-analysis.
Br Med J 1996 ; 312 : 1563-6.
18. Gabriel SE, Jaakkimainen L, Bombardier C. Risk
for serious gastrointestinal complications related to use of
nonsteroidal anti-inflammatory drugs: a meta-analysis. Ann
Intern Med 1991 ; 115 : 787-96.
19. Hernandez-Diaz S, Rodriguez LA. Incidence of
serious upper gastrointestinal bleeding/perforation in the general
population: review of epidemiologic studies. J Clin
Epidemiol 2002 ; 55 : 157-63.
20. Hawkey CJ, Langman MJ. Non-steroidal
anti-inflammatory drugs: overall risks and management.
Complementary roles for Cox2 inhibitors and proton pump inhibitors.
Gut 2003 ; 52 : 600-8.
21. Hawkey CJ, Cullen DJ, Greenwood DC, Wilson JV,
Logan RF. Prescribing of nonsteroidal anti-inflammatory drugs in
general practice: determinants and consequences. Aliment
Pharmacol Ther 1997 ; 11 : 293-8.
22. Smalley WE, Ray WA, Daugherty JR, Griffin MR.
Nonsteroidal anti-inflammatory drugs and the incidence of
hospitalizations for peptic ulcer disease in elderly persons. Am
J Epidemiol 1995 ; 141 : 539-45.
23. Lewis SC, Langman MJ, Laporte JR, Matthews JN,
Rawlins MD, Wiholm BE. Dose-response relationships between
individual nonaspirin nonsteroidal anti-inflammatory drugs
(NANSAIDs) and serious upper gastrointestinal bleeding: a
meta-analysis based on individual patient data. Br J Clin
Pharmacol 2002 ; 54 : 320-6.
24. Laine L, Harper S, Simon T, Bath R, Johanson J,
Schwartz H et al. A randomized trial comparing the effect of
rofecoxib, a cyclooxygenase 2-specific inhibitor, with that of
ibuprofen on the gastroduodenal mucosa of patients with
osteoarthritis. Rofecoxib Osteoarthritis Endoscopy Study Group.
Gastroenterology 1999 ; 117 : 776-83.
25. Hawkey C, Laine L, Simon T, Beaulieu A,
Maldonado-Cocco J, Acevedo E et al. Comparison of the effect
of rofecoxib (a cyclooxygenase 2 inhibitor), ibuprofen, and
placebo on the gastroduodenal mucosa of patients with
osteoarthritis: a randomized, double-blind, placebo-controlled
trial. The RofeCoxib Osteoarthritis Endoscopy Multinational Study
Group. Arthritis Rheum 2000 ; 43 : 370-7.
26. Goldstein JL, Silverstein FE, Agrawal NM,
Hubbard RC, Kaiser J, Maurath CJ et al. Reduced risk of
upper gastrointestinal ulcer complications with celecoxib, a novel
COX2 inhibitor. Am J Gastroenterol 2000 ; 95 :
1681-90.
27. Silverstein FE, Faich G, Goldstein JL, Simon LS,
Pincus T, Whelton A et al. Gastrointestinal toxicity with
celecoxib vs nonsteroidal anti-inflammatory drugs for
osteoarthritis and rheumatoid arthritis: the CLASS study: a
randomized controlled trial. Celecoxib Long-term Arthritis Safety
Study. JAMA 2000 ; 284 : 1247-55.
28. Goldstein JL. Significant reduction in serious
upper gastrointestinal (ugi) events with celecoxib, a Cox2 specific
inhibitor, compared with conventional NSAIDS. the Success I trial.
Gastroentrology 2001 ; 120 (suppl. 1) :
554.
29. Bombardier C, Laine L, Reicin A, Shapiro D,
Burgos-Vargas R, Davis B et al. Comparison of upper
gastrointestinal toxicity of rofecoxib and naproxen in patients
with rheumatoid arthritis. N Engl J Med 2000 ;
343 : 1520-8.
30. Laine L, Bombardier C, Hawkey CJ, Davis B,
Shapiro D, Brett C et al. Stratifying the risk of
NSAID-related upper gastrointestinal clinical events: results of a
double-blind outcomes study in patients with rheumatoid arthritis.
Gastroenterology 2002 ; 123 : 1006-12.
31. Czernichow P, Hochain P, Nousbaum JB, Raymond
JM, Rudelli A, Dupas JL et al. Epidemiology and course of
acute upper gastro-intestinal haemorrhage in four French
geographical areas. Eur J Gastroenterol Hepatol 2000 ;
12 : 175-81.
32. Langman MJ. Ulcer complications associated with
anti-inflammatory drug use: what is the extent of the disease
burden? Pharmacoepidemiol Drug Saf 2001 ; 10 :
13-9.
33. Hernandez-Diaz S, Rodriguez LA. Association
between nonsteroidal anti-inflammatory drugs and upper
gastrointestinal tract bleeding/perforation: an overview of
epidemiologic studies published in the 1990s. Arch Intern
Med 2000 ; 160 : 2093-9.
34. Fries JF, Williams CA, Bloch DA, Michel BA.
Nonsteroidal anti-inflammatory drug-associated gastropathy:
incidence and risk factor models. Am J Med 1991 ;
91 : 213-22.
35. Chan FK, Chung SC, Suen BY, Lee YT, Leung WK,
Leung VK et al. Preventing recurrent upper gastrointestinal
bleeding in patients with Helicobacter pylori infection who
are taking low-dose aspirin or naproxen. N Engl J Med
2001 ; 344 : 967-73.
36. Chan FK, Hung LC, Suen BY, Wu JC, Lee KC, Leung
VK et al. Celecoxib versus diclofenac and omeprazole
in reducing the risk of recurrent ulcer bleeding in patients with
arthritis. N Engl J Med 2002 ; 347 : 2104-10.
37. Silverstein FE, Graham DY, Senior JR, Davies HW,
Struthers BJ, Bittman RM et al. Misoprostol reduces serious
gastrointestinal complications in patients with rheumatoid
arthritis receiving nonsteroidal anti-inflammatory drugs. A
randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Ann Intern
Med 1995 ; 123 : 241-9.
38. Hallas J, Lauritsen J, Villadsen HD, Gram LF.
Nonsteroidal anti-inflammatory drugs and upper gastrointestinal
bleeding, identifying high-risk groups by excess risk estimates.
Scand J Gastroenterol 1995 ; 30 : 438-44.
39. Gutthann SP, Garcia Rodriguez LA, Raiford DS.
Individual nonsteroidal antiinflammatory drugs and other risk
factors for upper gastrointestinal bleeding and perforation.
Epidemiology 1997 ; 8 : 18-24.
40. Garcia Rodriguez LA, Walker AM, Perez Gutthann
S. Nonsteroidal antiinflammatory drugs and gastrointestinal
hospitalizations in Saskatchewan: a cohort study.
Epidemiology 1992 ; 3 : 337-42.
41. Schoon IM, Mellstrom D, Oden A, Ytterberg BO.
Incidence of peptic ulcer disease in Gothenburg, 1985. Br Med
J 1989 ; 299 : 1131-4.
42. Henry D, Dobson A, Turner C. Variability in the
risk of major gastrointestinal complications from nonaspirin
nonsteroidal anti-inflammatory drugs. Gastroenterology
1993 ; 105 : 1078-88.
43. Garcia-Rodriguez LA, Jick H. Risk of upper
gastrointestinal bleeding and perforation associated with
individual non-steroidal anti-inflammatory drugs. Lancet
1994 ; 343 : 769-72.
44. Hernandez-Diaz S Garcia-Rodriguez LA.
Epidemiologic assessment of the safety of conventional nonsteroidal
anti-inflammatory drugs. Am J Med 2001 ; 110 :
S20-7.
45. MacDonald TM, Morant SV, Robinson GC, Shield MJ,
McGilchrist MM, Murray FE et al. Association of upper
gastrointestinal toxicity of non-steroidal anti-inflammatory drugs
with continued exposure: cohort study. Br Med J 1997 ;
315 : 1333-7.
46. Singh G, Rosen Ramey D. NSAID induced
gastrointestinal complications: the Aramis perspective, 1997.
Arthritis, Rheumatism, and Aging Medical Information System. J
Rheumatol Suppl 1998 ; 51 : 8-16.
47. Chan FK, Sung JJ, Chung SC, To KF, Yung MY,
Leung VK et al. Randomised trial of eradication of
Helicobacter pylori before non-steroidal anti-inflammatory
drug therapy to prevent peptic ulcers. Lancet 1997 ;
350 : 975-9.
48. Chan FKL. Does eradication of Helicobacter
pylori before non-steroidal anti-inflammatory drug therapy
reduce the long-term risk of ulcers? A double-blinded randomized
trial. Gastroentrology 2001 ; 120
(suppl. 1) : 766.
49. Laine L. Stratifying the risk of clinical upper
gastrointestinal events in NSAID users: results from a double-blind
outcomes study. Gastroentrology 2001 ; 120
(suppl. 1) : 552.
50. Eisen GM. Lack of correspondence of risk factors
and clinical gastrointestinal outcomes for patients on nonsteroidal
anti-inflammatory drugs (NSAIDS): analysis from the celecoxib
long-term arthritis safety study (Class). Gastroentrology
2001 ; 120 (suppl. 1) : 553.
51. Wolfe F, Hawley DJ. The comparative risk and
predictors of adverse gastrointestinal events in rheumatoid
arthritis and osteoarthritis: a prospective 13-year study of
2,131 patients. J Rheumatol 2000 ; 27 :
1668-73.
52. Garnett WR. Clinical implications of drug
interactions with Coxibs. Pharmacotherapy 2001 ;
21 : 1223-32.
53. Knijff-Dutmer EA, Van der Palen J, Schut G, Van
de Laar MA. The influence of cyclo-oxygenase specificity of
non-steroidal anti-inflammatory drugs on bleeding complications in
concomitant coumarine users. QJM 2003 ; 96 :
513-20.
54. Goldstein JL, Correa P, Zhao WW, Burr AM,
Hubbard RC, Verburg KM et al. Reduced incidence of
gastroduodenal ulcers with celecoxib, a novel
cyclooxygenase-2 inhibitor, compared to naproxen in patients
with arthritis. Am J Gastroenterol 2001 ; 96 :
1019-27.
55. Singh G, Ramey DR, Morfeld D, Shi H, Hatoum HT,
Fries JF. Gastrointestinal tract complications of nonsteroidal
anti-inflammatory drug treatment in rheumatoid arthritis: a
prospective observational cohort study. Arch Intern Med
1996 ; 156 : 1530-6.
56. Armstrong CP, Blower AL. Non-steroidal
anti-inflammatory drugs and life threatening complications of
peptic ulceration. Gut 1987 ; 28 : 527-32.
57. Polisson R. Nonsteroidal anti-inflammatory
drugs: practical and theoretical considerations in their selection.
Am J Med 1996 ; 100 : S31-6.
58. Lichtenstein DR, Syngal S Wolfe MM. Nonsteroidal
antiinflammatory drugs and the gastrointestinal tract: the
double-edged sword. Arthritis Rheum 1995 ; 38 :
5-18.
59. Bjarnason I, Hayllar J, MacPherson, AJ Russell
AS. Side effects of nonsteroidal anti-inflammatory drugs on the
small and large intestine in humans. Gastroenterology
1993 ; 104 : 1832-47.
60. Lanas A, Serrano P, Bajador E, Esteva F, Benito
R, Sainz R. Evidence of aspirin use in both upper and lower
gastrointestinal perforation. Gastroenterology 1997 ;
112 : 683-9.
61. WilCox CM, Alexander LN, Cotsonis GA, Clark WS.
Nonsteroidal antiinflammatory drugs are associated with both upper
and lower gastrointestinal bleeding. Dig Dis Sci 1997 ;
42 : 990-7.
62. Holt S, Rigoglioso V, Sidhu M, Irshad M, Howden
CW, Mainero M. Nonsteroidal antiinflammatory drugs and lower
gastrointestinal bleeding. Dig Dis Sci 1993 ; 38 :
1619-23.
63. Wilson RG, Smith AN, Macintyre IM. Complications
of diverticular disease and non-steroidal anti-inflammatory drugs:
a prospective study. Br J Surg 1990 ; 77 :
1103-4.
64. Laine L, Connors LG, Reicin A, Hawkey CJ,
Burgos-Vargas R, Schnitzer TJ et al. Serious lower
gastrointestinal clinical events with nonselective NSAID or Coxib
use. Gastroenterology 2003 ; 124 : 288-92.
65. Gornet JM, Hassani Z, Modiglian R, Lemann M.
Exacerbation of Crohn’s colitis with severe colonic hemorrhage in a
patient on rofeCoxib. Am J Gastroenterol 2002 ;
97 : 3209-10.
66. Freitas J, Farricha V, Nascimento I, Borralho, P
Parames A. Rofecoxib: a possible cause of acute colitis. J Clin
Gastroenterol 2002 ; 34 : 451-3.
67. izuno H, Sakamoto C, Matsuda K, Wada K, Uchida
T, Noguchi H et al. Induction of cyclooxygenase 2 in
gastric mucosal lesions and its inhibition by the specific
antagonist delays healing in mice. Gastroenterology
1997 ; 112 : 387-97.
68. Ukawa H, Yamakuni H, Kato S, Takeuchi K. Effects
of cyclooxygenase-2 selective and nitric oxide-releasing
nonsteroidal antiinflammatory drugs on mucosal ulcerogenic and
healing responses of the stomach. Dig Dis Sci 1998 ;
43 : 2003-11.
69. Inauen W, Wyss PA, Kayser S, Baumgartner A,
Schurer-Maly CC, Koelz HR et al. Influence of
prostaglandins, omeprazole, and indomethacin on healing of
experimental gastric ulcers in the rat. Gastroenterology
1988 ; 95 : 636-41.
70. Wang JY, Yamasaki S, Takeuchi K, Okabe S.
Delayed healing of acetic acid-induced gastric ulcers in rats by
indomethacin. Gastroenterology 1989 ; 96 :
393-402.
71. Maricic N, Ehrlich K, Gretzer B, Schuligoi R,
Respondek M, Peskar BM. Selective cyclo-oxygenase-2 inhibitors
aggravate ischaemia-reperfusion injury in the rat stomach. Br J
Pharmacol 1999 ; 128 : 1659-66.
72. Jones MK, Wang H, Peskar BM, Levin E, Itani RM,
Sarfeh IJ et al. Inhibition of angiogenesis by nonsteroidal
anti-inflammatory drugs: insight into mechanisms and implications
for cancer growth and ulcer healing. Nature Med 1999 ;
5 : 1418-23.
73. Levi S, Goodlad RA, Lee CY, Stamp G, Walport MJ,
Wright NA et al. Inhibitory effect of non-steroidal
anti-inflammatory drugs on mucosal cell proliferation associated
with gastric ulcer healing. Lancet 1990 ; 336 :
840-3.
74. Wright NA, Pike C, Elia G. Induction of a novel
epidermal growth factor-secreting cell lineage by mucosal
ulceration in human gastrointestinal stem cells. Nature
1990 ; 343 : 82-5.
75. Morteau O, Morham SG, Sellon R, Dieleman LA,
Langenbach R, Smithies O et al. Impaired mucosal defense to
acute colonic injury in mice lacking cyclooxygenase-1 or
cyclooxygenase-2. J Clin Invest 2000 ; 105 :
469-78.
76. Reuter BK, Asfaha S, Buret A, Sharkey KA,
Wallace JL. Exacerbation of inflammation-associated colonic injury
in rat through inhibition of cyclooxygenase-2. J Clin Invest
1996 ; 98 : 2076-85.
77. Giap AQ, Tarnawski A, Hoa NT, Akotia V, Ma TY.
NSAID inhibition of RGM1 gastric monolayer wound
re-epithelialization: comparison of selective Cox2 versus
non-selective Cox inhibitors. Life Sci 2002 ; 70 :
3029-37.
78. Blikslager AT, Zimmel DN, Young KM, Campbell NB,
Little D, Argenzio RA. Recovery of ischaemic injured porcine ileum:
evidence for a contributory role of COX1 and COX2. Gut
2002 ; 50 : 615-23.
79. Bombardier C, Laine L, Reicin A, Shapiro D,
Burgos-Vargas R, Davis B et al. Comparison of upper
gastrointestinal toxicity of rofeCoxib and naproxen in patients
with rheumatoid arthritis. Vigor Study Group. N Engl J Med
2000 ; 343 : 1520-8.
80. Ray WA, Stein CM, Daugherty JR, Hall K, Arbogast
PG, Griffin MR. COX2 selective non-steroidal anti-inflammatory
drugs and risk of serious coronary heart disease. Lancet
2002 ; 360 : 1071-3.
81. Konstam MA, Weir MR, Reicin A, Shapiro D,
Sperling RS, Barr E et al. Cardiovascular thrombotic events
in controlled, clinical trials of rofecoxib. Circulation
2001 ; 104 : 2280-8.
82. Ray WA, Stein CM, Hall K, Daugherty JR, Griffin
MR. Non-steroidal anti-inflammatory drugs and risk of serious
coronary heart disease: an observational cohort study.
Lancet 2002 ; 359 : 118-23.
83. Brater DC, Harris C, Redfern JS, Gertz BJ. Renal
effects of COX2-selective inhibitors. Am J Nephrol
2001 ; 21 : 1-15.
84. Whelton A, Maurath CJ, Verburg KM, Geis GS.
Renal safety and tolerability of celecoxib, a novel
cyclooxygenase-2 inhibitor. Am J Ther 2000 ;
7 : 63-74.
85. Hao CM, Yull F, Blackwell T, Komhoff M, Davis
LS, Breyer MD. Dehydration activates an NF-kappaB-driven,
COX2-dependent survival mechanism in renal medullary interstitial
cells. J Clin Invest 2000 ; 106 : 973-82.
86. Cheng HF, Wang JL, Zhang MZ, Wang SW, McKanna
JA, Harris RC. Genetic deletion of COX2 prevents increased renin
expression in response to ACE inhibition. Am J Physiol Renal
Physiol 2001 ; 280 : F449-56.
87. Whelton A, Schulman G, Wallemark C, Drower EJ,
Isakson PC, Verburg KM et al. Effects of celecoxib and
naproxen on renal function in the elderly. Arch Intern Med
2000 ; 160 : 1465-70.
88. Swan SK, Rudy DW, Lasseter KC, Ryan CF, Buechel
KL, Lambrecht LJ et al. Effect of
cyclooxygenase-2 inhibition on renal function in elderly
persons receiving a low-salt diet: a randomized, controlled trial.
Ann Intern Med 2000 ; 133 : 1-9.
89. Rossat J, Maillard M, Nussberger J, Brunner HR,
Burnier M. Renal effects of selective
cyclooxygenase-2 inhibition in normotensive salt-depleted
subjects. Clin Pharmacol Ther 1999 ; 66 :
76-84.
90. Pope JE, Anderson JJ Felson DT. A meta-analysis
of the effects of nonsteroidal anti-inflammatory drugs on blood
pressure. Arch Intern Med 1993 ; 153 : 477-84.
91. Whelton A, White WB, Bello AE, Puma JA Fort JG.
Effects of celecoxib and rofeCoxib on blood pressure and edema in
patients > or = 65 years of age with
systemic hypertension and osteoarthritis. Am J Cardiol
2002 ; 90 : 959-63.
92. Whelton A, Fort JG, Puma JA, Normandin D, Bello
AE Verburg KM. Cyclooxygenase-2: specific inhibitors and
cardiorenal function: a randomized, controlled trial of celecoxib
and rofeCoxib in older hypertensive osteoarthritis patients. Am
J Ther 2001 ; 8 : 85-95.
|