ARTICLE
Jusqu'à une époque récente,
les découvertes thérapeutiques étaient le fruit d'observations
fortuites et d'hypothèses, comme la pénicilline par Fleming,
dont l'utilité dans le traitement de la pneumonie, maladie spontanément
grave, n'a pas eu besoin d'être confirmée par un essai randomisé.
Cela reste bien sûr un fait rare dans l'histoire de la médecine
; toutes les maladies n'ont pas en effet une his-toire naturelle aussi
monomorphe, comme sont rares les traitements qui guérissent régulièrement
une maladie d'évolution spontanément grave.
En cancérologie, les tumeurs sont caractérisées par
leur diversité, leur histoire naturelle très polymorphe
et leur grande hétérogénéité, et ce,
au sein d'une même pathologie. Les tumeurs pédiatriques diffèrent
sensiblement de celles de l'adulte de par leur étiopathogénie
et leur sensibilité aux chimiothérapies. Le cancer du côlon
métastatique n'a pas les mêmes implications thérapeutiques
et pronostiques que le même cancer à un stade localisé.
De même, ce que l'on regroupe dans la dénomination "cancer
de la tête et du cou" représente un ensemble de tumeurs
très hétérogènes.
Dans ce domaine aussi vaste qu'est la cancérologie, l'amélioration
des connaissances passe obligatoirement par la découverte de nouvelles
techniques et traitements sur la base de données homogènes
et irréfutables et ce au-delà de l'observation clinique.
Avec Claude Bernard les sciences médicales ont réalisé
un bond en avant grâce à l'expérimentation rigoureuse
et objective, se basant sur des observations individuelles ou sur un nombre
réduit de sujets. Les essais cliniques représentent quant
à eux une nouvelle étape dans la progression des connaissances
dans le sens où ils proposent une médecine basée
sur des faits prouvés.
Une nouvelle ère s'est ouverte pour les scientifiques et les chercheurs,
qui disposent ainsi d'un outil leur permettant d'avancer des arguments
scientifiques convaincants basés sur l'expérimentation pour
prouver l'efficacité d'un nouveau traitement ou d'une nouvelle
thérapeutique.
Plus encore, Cochrane avec son concept de l'"evidence based medicine"
a été le premier à démontrer la nécessité
de baser les pratiques sur des données prouvées. Il propose
une classification des essais thérapeutiques basée sur la
reconnaissance de la valeur hiérarchique et inégale des
preuves scientifiques.
La Canadian Task Force on Periodique Health [1], en s'appuyant
sur ces. concepts, propose de classer les résultats de la recherche
par niveaux d'importance (tableau
I).
L'essai randomisé avec ses groupes comparatifs, obtenus par tirage
au sort, permet de faire progresser la connaissance en apportant des arguments
basés sur des preuves validées scientifiquement. Il représente
l'outil le plus important hiérarchiquement pour juger de l'utilité
d'un traitement car il offre trois avantages majeurs : il supprime le
biais de sélection des patients ; la randomisation équilibre
en principe dans les deux groupes toutes les covariables connues, mais
aussi inconnues, qui pourraient influencer l'atteinte des cibles ; la
randomisation garantit la validité des comparaisons statistiques
entre deux groupes puisque le facteur randomisé n'est pas corrélé
aux caractéristiques des groupes.
La phase III représente ainsi une étape importante de validation
de l'efficacité d'un nouveau traitement. C'est en effet au terme
de cette phase qu'est évalué le bilan efficacité/sécurité,
c'est-à-dire le rapport bénéfices/risques de la molécule
testée contre le traitement de référence ou standard.
En tant que telle, elle s'est vu érigée en une étape
presque obligée dans le développement de tout médicament
avant sa mise sur le marché. Elle représente de ce fait
un enjeu important aussi bien pour les cliniciens que pour les institutions
réglementaires qui régissent le marketing et la promotion
des nouveaux médicaments.
En oncologie, la nécessité de promouvoir et de développer
constamment de nouvelles drogues est réelle et primordiale, tant
les besoins des patients et des cliniciens sont pressants, exigeant plus
de résultats précis et rigoureusement évalués
aux plans clinique et statistique et ce dans les plus brefs délais.
Malheureusement, plusieurs années peuvent s'écouler (10,
voire 15 ans), avant qu'une nouvelle molécule susceptible d'être
active ne soit autorisée sur le marché, tandis que les contraintes
économiques et réglementaires s'accroissent.
On assiste de ce fait à un foisonnement des essais cliniques, qui
se veulent de plus en plus larges et donc de plus en plus coûteux
et longs à réaliser, conduisant quelquefois à leur
banalisation et à leur utilisation à mauvais escient.
De plus, à une époque où les progrès techniques
et les méthodes d'évaluation sont en perpétuelle
évolution [2], il nous semble justifié d'adapter la stratégie
des essais cliniques à ces changements pour une attitude beaucoup
plus flexible, non démunie toutefois de rigueur scientifique afin
d'éviter principalement les déviations, dans le seul souci
de faire bénéficier le malade en particulier et la société
en général.
Le but de cet article n'est certes pas de remettre en question le bien
fondé des essais randomisés. Ces derniers restent en effet
un outil indispensable pour la validation des nouveaux traitements, notamment
dans des maladies aussi prévalentes et hétérogènes
que sont les tumeurs solides de l'adulte, mais de susciter une réflexion
autour de l'intérêt et de la relevance des essais randomisés
en pratique courante.
Deux points nous semblent importants à discuter ; L'essai randomisé
sert-il toujours l'intérêt du patient ? Faut-il toujours
opter pour des essais les plus larges ?
Lessai
randomisé sert-il toujours l'intérêt du patient ?
La réponse est oui dans la majorité
des cas, car tout médecin ou chercheur impliqué dans un
essai clinique est soumis à l'application stricte des bonnes pratiques
cliniques (BPC) et la loi Huriet. Malheureusement, dans certaines circonstances,
les choix des témoins et les objectifs de l'essai ne sont pas les
mieux adaptés à la situation clinique.
Les exemples ne manquent malheureusement pas dans la littérature
: En 1990, le tacrolimus, une nouvelle molécule, était testée
dans le traitement des rejets de greffe hépatique. Starzl et al.
[3], dans un premier essai de phase I-II mené à Pittsburgh,
avait démontré l'efficacité de ce médicament
sur des foies en rejet après échec de traitement par la
ciclosporine. Presque en même temps, un essai de phase III multicentrique
à grande échelle européen et américain a été
ordonné par la FDA en situation préventive avec un schéma
de doses mal adapté. En définitive, non seulement les résul-
tats étaient d'interprétation difficile, mais encore la
toxicité était importante [4]. Une telle démarche
est bien sûr éthiquement critiquable, car elle retarde la
disponibilité des thérapies prouvées efficaces.
Plus récemment, le groupe Icon [5], dans une étude randomisée
portant sur l 526 patientes porteuses d'un cancer de l'ovaire, compare
l'association CAP (cyclophosphamide-doxorubicine et cisplatine) aux doses
non optimales respectivement de 500, 50 et 50 mg/m2 contre carboplatine
seul ; il ne trouve aucune différence en matière de survie
entre les deux schémas, mais le schéma avec carboplatine
seul s'est avéré moins toxique. Le CAP reste néanmoins,
plusieurs méta-analyses à l'appui [6, 7], l'un des traitements
de référence des cancers de l'ovaire en première
ligne, il est ainsi difficile de cautionner ce type d'attitude.
Il arrive aussi que la stratégie de l'essai soit mal élaborée
parce que la situation choisie est non pertinente cliniquement ou que
l'objectif principal est mal adapté à la situation clinique
en question, donnant ainsi lieu à des essais dont l'utilité
est très discutable.
Faut-il toujours
opter pour des essais très larges ?
Le but de tout essai randomisé
est de détecter et de quantifier une différence aussi petite
soit elle, mais significative cliniquement entre un traitement dit standard
ou de référence et un traitement à l'étude.
Il doit de ce fait répondre à trois questions : Quels
sont les critères de jugement à utiliser ? Combien
de patients faut-il inclure pour observer une différence entre
les traitements ? Qu'appelle-t-on différence cliniquement significative ?
Le nombre de patients nécessaire dans un essai randomisé
reste à ce jour l'objet de controverses et de discussions [8, 9].
Il était de rigueur que les essais randomisés en incluent
plusieurs centaines. Dans les années quatre-vingt, une forte opinion
a émergé concernant la nécessité d'inclure
le plus grand nombre possible de malades : des milliers plutôt que
des centaines [10].
Le nombre de patients est influencé par plusieurs paramètres,
entre autres le critère de jugement qui est fixé pour l'essai
en question (réponse objective, survie globale, survie sans récidive
et temps jusqu'à progression).
La réponse objective est un paramètre intéressant
en pratique, il représente un moyen semi-quantitatif indirect et
rapide d'évaluation de l'efficacité de la thérapie
à l'étude, mais son inconvénient majeur est qu'elle
n'est pas toujours corrélée à la survie [11].
La survie sans récidive est un critère beaucoup plus adéquat
que la réponse objective, notamment en situation de thérapie
adjuvante où il n'y a plus de maladie mesurable [12]. Il s'agit
d'un critère ponctuel beaucoup plus facile à obtenir dans
le temps que la survie globale. Son amélioration peut avoir un
impact positif, non seulement sur la qualité de vie, mais aussi
sur la survie globale.
La survie globale reste néanmoins le critère le plus largement
utilisé dans les essais de phase Ill, même s'il n'est pas
toujours adapté à toutes les situations, par exemple dans
des tumeurs chimiosensibles comme la leucémie aiguë ; la survie
sans récidive est un meilleur critère que la survie globale,
étant donné que l'effet attendu dans ce cas est la rémission
ou la guérison.
La survie globale représentait un bon critère d'évaluation
de l'efficacité lorsque les essais concernaient des patients ayant
une grosse masse tumorale et un état général mauvais.
Il était alors facile de mettre en corrélation l'amélioration
de la survie et le traitement testé. Or, force est de constater
que les essais cliniques s'adressent actuellement à des catégories
de patients de plus en plus sélectionnés et pouvant bénéficier
de plusieurs thérapeutiques nouvelles successivement. Il est clair
que, dans cette situation, il est difficile de relier le bénéfice
obtenu à telle ou telle molécule.
De plus, la mesure de ce critère de jugement peut prendre plusieurs
années avant qu'elle ne soit effective. En pratique, réponse
objective, survie sans récidive, temps à progression et
qualité de vie sont les paramètres utilisés en premier
car plus accessibles dans le temps que la survie globale.
En plus du critère de jugement, l'autre paramètre qui influence
le nombre de patients nécessaire dans une étude est la différence
delta à mettre en évidence, dans l'hypothèse que
cette différence existe entre les deux traitements. Le nombre de
patients requis est ainsi calculé pour garantir une haute probabilité
(en général voisine de 90-95 % pour un risque d'erreur alpha
= 0,05) de trouver une différence statistiquement significative.
Du point de vue purement statistique, plus on
choisit une différence faible et plus le nombre de sujets augmente,
et inversement, si la différence est suffisamment élevée,
le nombre de patients se trouve limité. Pour exemple, si pour une
pathologie X, le taux de réponses est seulement de 5 %, si
on se fixe une différence de 20 % avec le nouveau traitement, soit
une amélioration du taux de réponses de 5 à 25 %,
le nombre de patients à inclure est de 74 dans chaque bras (tableau II) ;
il est, en revanche, de 206 patients par bras si cette différence
n'est que de 10 %.
Le temps à progression représente un bon critère
d'évaluation de l'efficacité d'un traitement mais est aléatoire,
bien que la mise en évidence de cette progression dépende
de la fréquence des évaluations.
Le tableau III montre
le nombre de patients nécessaires en fonction des time to progression
(TTP) attendu dans chaque bras.
Que signifie " différence significative " ? D'un
point de vue purement statistique, cette différence est fixée
de façon partiellement arbitraire. En pratique, il est difficile
de mettre en évidence des différences importantes telles
qu'une amélioration de la survie supérieure à 10
% dans des pathologies aussi prévalentes que les cancers du sein,
de la prostate, du côlon ou du poumon. Même si cette différence
est cliniquement pertinente, elle nécessitera un grand nombre de
patients pour être mise en évidence car plus la différence
à mettre en évidence entre deux traitements est petite,
plus l'essai nécessitera un nombre plus important de patients.
Cela est d'autant plus vrai que la population est souvent âgée,
la tumeur hétérogène et d'évolution très
lente entraînant ainsi un phénomène de dilution de
l'effet recherché.
Ainsi, si les méthodes statistiques utilisées jusqu'à
ce jour n'ont pu démontrer l'existence de différences très
minimes, de larges essais ne sont pas toujours nécessaires pour
démontrer l'efficacité d'un traitement et l'utilité
d'une nouvelle thérapeutique n'a pas toujours été
basée sur des essais comparatifs. En effet :
1. Les progrès
médicaux n'ont pas toujours été forcément
le résultat d'essais randomisés, les progrès réalisés
dans le traitement de certaines maladies telles que la maladie de Hodgkin
ou la leucémie aiguë résultent a posteriori de l'association
de plusieurs améliorations isolées mais successives dans
le temps, aussi modestes soient elles ; de la même façon
ont été réalisés des progrès dans le
traitement de la tumeur de Wilms ou néphroblastome, tumeur pédiatrique
où la survie des enfants s'est vue graduellement améliorée
de 40-50 % avec l'adjonction de la radiothérapie à la chirurgie,
puis de plus de 80 % avec l'avènement de la chimiothérapie
[13],
2. Les essais comparatifs ne sont pas
toujours nécessaires pour démontrer l'efficacité
d'un traitement. L'intérêt du 5-fluoro-uracile en perfusion
continue (5FU CI) dans le cancer colorectal métastatique a été
largement souligné dans de nombreux essais randomisés comparant
5FU CI contre 5FU en bolus sans qu'une conclusion définitive n'ait
pu être portée sur la supériorité de la perfusion
continue, alors que son efficacité a été largement
démontrée dans des essais de phase II sur des patients réfractaires
au 5FU bolus [14, 15].
Ce type d'essai peut être une alternative intéressante aux
essais randomisés nécessitant le recrutement d'un nombre
très important de patients comme c'est souvent le cas dans des
pathologies aussi fréquentes que les cancers du sein et du côlon.
3. Enfin, des exceptions à la
règle existent. En 1982, Link et al. [19] entreprirent un essai
randomisé comparant chimiothérapie à haute dose après
chirurgie contre l'absence de traitement chez des patients porteurs d'un
ostéosarcome.
Après seulement 39 patients (18 dans chaque bras), l'essai a été
stoppé en raison d'une différence notable entre les deux
bras en faveur du bras avec chimiothérapie (survie sans récidive
à 2 ans à 66 % dans le groupe traité contre 17% dans
le groupe non traité) ; ainsi Link et al. démontrèrent
non seulement l'intérêt du traitement adjuvant dans l'ostéosarcome,
mettant ainsi fin à plusieurs années de controverse à
ce sujet.
4. Finalement, plus que les considérations
statistiques et le choix de l'objectif principal qui conditionne les conclusions
de tout essai thérapeutique, la réflexion actuelle devrait
se tourner vers :
* Une meilleure sélection des
groupes de patients au sein d'une même pathologie tumorale, étant
donné que la plupart des tumeurs sont très hétérogènes
tant sur le plan biologique que clinique. En effet, la sensibilité
aux thérapeutiques peut être différente en fonction
de facteurs pronostiques préalablement sélectionnés.
Ceux-ci pouvant être aussi bien cliniques que biologiques.
Le rôle de la biologie est de plus en plus important dans le ciblage
spécifique des populations en vue de l'amélioration des
performances thérapeutiques [20]. Avec l'essor de la biologie moléculaire,
de la génétique et des progrès réalisés
dans les techniques de diagnostic et d'évaluation radiolo-gique
des tumeurs (imagerie par résonance magnétique ou IRM, caméra
à émissions de positrons ou PET scan), il est important
actuellement d'évaluer les nouveaux protocoles dans le cadre de
nouvelles entités cliniques et/ou biologiques bien définies
par rapport à des facteurs pronostiques. Ces facteurs dits prédictifs
de l'histoire naturelle de la maladie, de son potentiel agressif (absence
de récepteurs) ou prolifératif et de sa sensibilité
aux médicaments sont de plus en plus reconnus comme des paramètres
de sélection des patients. Parmi ces facteurs, on peut citer l'expression
du MDR (multi drug resistance), la protéine p53 et la thymidylate
synthétase (TS) [21-23] dans le cancer du côlon. Ainsi, il
a été montré que l'association à la fois d'une
surexpression de la protéine p53 et des taux élevés
de TS est liée à un risque de récidive supérieur
à 90 % chez les patients por-teurs d'un cancer colique de stade
II (B2-B3) [24]. Les marqueurs biologiques devraient constituer aussi
dans l'avenir un moyen d'évaluation fiable dans certaines indications
où ils représentent le seul marqueur de la maladie (PSA
dans le cancer de la prostate, CA 125 pour le cancer de l'ovaire, le CA
19.9 pour le cancer du pancréas et le CA 15.3 pour le cancer du
sein).
* Le choix du traitement de référence
ou bras contrôle doit être bien réfléchi et
adapté à la situation clinique à l'étude.
Voici deux exemples concernant l'irinotecan, molécule active et
efficace dans le traitement du cancer colorectal avancé. Ces deux
essais ont été demandés par les autorités
réglementaires européennes et reflètent deux démarches
différentes. Une première étude, menée par
Rougier et al. [25], compare irinotecan contre 5FU continu en deuxième
ligne et démontre un bénéfice réel de l'irinotecan
en matière de survie, confortant ainsi l'efficacité de cette
molécule dans le cancer colorectal. Cunningham et al, [26] quant
à eux comparent irinotecan plus soins palliatifs contre soins palliatifs
seuls chez des patients avec cancers colorectaux avancés. Cette
démarche peut être critiquée dans cette pathologie
pour laquelle l'intérêt de la chimiothérapie, même
en situation palliative, ne fait plus aucun doute. Cette étude
a été en fait dictée par les autorités réglementaires
dans le nord de l'Europe et le Royaume-Uni, connues pour être réfractaires
à l'idée d'un quelconque intérêt de la chimiothérapie
dans cette indication. La conduite de tels essais peut permettre en effet
de dissiper les éventuelles réticences à l'emploi
de la chimiothérapie. De plus, la chimiothérapie en situation
palliative peut s'avérer moins onéreuse qu'un traitement
symptomatique.
CONCLUSION
L'essai randomisé est un outil
indispensable pour la validation des nouvelles thérapeutiques.
Il doit répondre à des exigences cliniques et scientifiques,
qui sont sous-tendues par des réglementations strictes visant en
premier lieu la protection du malade, et dans un second temps l'apport
d'un réel bénéfice pour la société.
Dans ce sens les essais thérapeutiques en général
et les essais randomisés doivent être encouragés dans
une optique de rigueur scientifique. En revanche, les stratégies
d'élaboration des essais cliniques gagneraient probablement à
être révisées en faveur d'une plus grande flexibilité,
les priorités actuelles étant orientées plutôt
vers une meilleure sélection des patients, une meilleure définition
des critères d'évaluation, adaptés aux situations
cliniques à l'étude et un meilleur choix de la stratégie
thérapeutique pour des études comportant de plus en plus
un nombre limité de patients.
L'avenir est à la découverte d'un nombre de plus en plus
important de nouvelles drogues, le progrès étant non seulement
de guérir certaines maladies, mais aussi de pouvoir proposer des
traitements de seconde ligne ou de troisième ligne à des
patients au-delà de toutes ressources thérapeutiques.
Les critères d'efficacité classiquement utilisés
dans les essais comparatifs (augmentation de la survie, amélioration
de la qualité de vie), bien qu'importants, restent néanmoins
tributaires de facteurs aléatoires pour leur mise en évidence.
De larges essais ne sont pas toujours nécessaires pour démontrer
la supériorité d'une nouvelle molécule par rapport
à un traitement standard lorsque l'on peut établir que le
bénéfice avec cette nouvelle molécule est réel,
spécialement dans des situations de maladie réfractaire,
sans aucune ressource thérapeutique.
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