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Aromatase inhibitors: a review of clinical trials


Bulletin du Cancer. Volume 87, 31-40, Numéro spécial, Décembre 2000, Les antiaromatases


Résumé   Summary  

Author(s) : Pierre Kerbrat, Claudia Lefeuvre, Département d'oncologie médicale, Centre Eugène-Marquis, rue de la Bataille-Flandres-Dunkerque, CS 44229, 35042 Rennes Cedex..

Summary : To increase the therapeutic index of second line hormonal treatment of breast cancer, new aromatase inhibitors have been synthetized; they belong to two groups: type I (formestane and exemestane) are steroidal irreversible and specific inhibitors, type II (anastrozole, letrozole and vorozole) are non steroïdal reversible inhibitors, interfering with the aromatase heme. Several phase II and III trials demonstrated that these drugs are, at least, as active as aminoglutethimid or progestins in second line treatment, and are less toxic. Recently, an identical activity have been observed for anastrozole and tamoxifen in first line. In metastatic and adjuvant setting, large trials are ongoing to precise the exact value of these drugs.

Keywords : breast cancer, hormonal treatment, aromatase inhibitor.

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ARTICLE

S'agit-il d'une évolution ou d'une révolution ? En d'autres termes, l'arrivée, en pratique courante, des antiaromatases de deuxième et troisième générations va-t-elle modifier légèrement l'hormonothérapie de deuxième ligne du cancer du sein ou, au contraire, rivaliser avec ce qui est considéré depuis plus de vingt ans comme la manipulation hormonale de première intention, c'est-à-dire le tamoxifène chez les femmes ménopausées et la suppression ovarienne associée au tamoxifène en préménopause ? Faut-il, d'ailleurs, utiliser toujours des traitements séquentiels permettant d'offrir à chaque malade plusieurs lignes de traitements ou, au contraire, associer d'emblée une nouvelle molécule aux anciennes ?

De plus, une certaine stagnation concernant le résultat des traitements systémiques rend ces questions encore plus pertinentes. Longtemps considérée comme le parent pauvre du traitement médical du cancer du sein métastatique, l'hormonothérapie voit sa place revalorisée par plusieurs caractéristiques : en phase métastatique, ce traitement est souvent bien toléré, en général beaucoup mieux que la chimiothérapie. L'effet secondaire le plus fréquent est représenté par les bouffées de chaleur. On dispose de plus de facteurs prédictifs utilisables : à l'inverse des récepteurs hormonaux, dont la présence témoigne d'une probable hormono-sensibilité, l'hyperexpression de Her 2 témoignerait d'une possible hormono-résistance [1]. De plus, l'hyperexpression du gène récemment décrit BCAR1 semble constituer un facteur de résistance au tamoxifène chez les patientes RE+ [2]. En phase adjuvante, de multiples essais puis la méta-analyse ont confirmé l'efficacité de l'hormonothérapie, quel que soit l'envahissement ganglionnaire et quel que soit l'âge chez les patientes dont la tumeur contient des récepteurs d'estrogènes. Ce bénéfice a été démontré pour la castration en préménopause, pour le tamoxifène en post- puis en préménopause [3].

Les résultats, publiés ou annoncés pour les antiaromatases de troisième génération, vont-ils modifier cet ordonnancement que l'on pouvait estimer plus ou moins fixé ? Le bénéfice en survie apporté par ces nouveaux médicaments en deuxième ligne est-il démontré ? Le tamoxifène sera-t-il concurrencé en première ligne métastatique, ou faut-il l'associer pour permettre une augmentation du taux de réponses, de la durée de réponse, voire de la survie ? Surtout faut-il envisager d'intégrer rapidement ces nouvelles molécules au traitement plus précoce du cancer du sein, c'est-à-dire en situation adjuvante, à la place du tamoxifène, ou de les associer à celui-ci selon diverses modalités ? Enfin, ces molécules peuvent-elles avoir une place en prévention du cancer du sein ? La revue de leur activité et de leurs effets secondaires, bénéfiques ou délétères, peut permettre d'esquisser un programme de recherche pour les années à venir dans ce domaine.

Cancer du sein métastatique : hormonothérapie de deuxième ligne

De multiples méthodes ont été envisagées après échec de l'hormonothérapie de première ligne, qu'elle soit additive
- tamoxifène - ou soustractive - castration chirurgicale, radiothérapique ou médicale : progestatifs, androgènes, estrogènes, chirurgie endocrinienne, surrénalienne ou hypophysaire. En fait, depuis une vingtaine d'années, deux types de molécules étaient proposés en deuxième ligne.

L'aminoglutéthimide (AG), antiaromatase de première génération, visait à supplanter la surrénalectomie, en supprimant la principale source d'estrogènes chez la femme ménopausée. Cette molécule agit en inhibant le cytochrome P450, mais son manque de spécificité peut induire, même à faible dose, un déficit en glucocorticoïdes et en minéralocorticoïdes, justifiant une association systématique à un corticostéroïde. Son efficacité a été longuement évaluée et démontrée, en deuxième ligne, après castration ou tamoxifène [4]. Chez les patientes ayant répondu au tamoxifène, le taux de réponses est d'environ 46 % dans une compilation de courtes séries ; il n'est que de 22 % en l'absence de réponse antérieure. L'AG a été également comparé au tamoxifène en première ligne dans trois essais, variables dans leurs critères d'inclusion, notamment la présence de récepteurs hormonaux ; il n'y a pas de différence significative en termes de taux ou de durée de réponses. Il n'a pas été démontré de relation effet-dose et la suppression des corticostéroïdes ne diminue pas l'activité de l'AG [5]. Cependant, cette activité notable est accompagnée d'une toxicité importante, même si on exclut les effets endocriniens, avec notamment, parmi les troubles les plus fréquents, fatigue, vertiges et ataxie, rashs cutanés, nausées et vomissements, tous rencontrés chez plus de 10 % des patientes.

Les progestatifs constituent la deuxième classe pharmacologique utilisée en deuxième intention, avec deux molécules disponibles, l'acétate de médroxyprogestérone (MPA) et l'acétate de mégestrol (MA). Quels que soient les mécanismes d'action, probablement multiples, ils diminuent le taux sérique d'estrogènes à un niveau voisin de celui induit par les antiaromatases [6]. En deuxième ligne chez les femmes ménopausées, ces progestatifs, MPA et MA, induisent entre 15 % et 35 % de réponses et 20 % de stabilisations environ. L'existence d'un effet-dose a été initialement suggérée pour le MA [7], non confirmée très récemment [8]. L'activité du MPA et du MA semble assez voisine de celle du tamoxifène en première ligne, même si le MPA lui semble supérieur en termes de taux de réponses, sans effet sur le temps de progression ou la survie médiane [9].

Les effets secondaires des progestatifs constituent également un handicap important pour leur utilisation. Ce sont notamment des effets endocriniens - prise pondérale, liée à l'augmentation de l'appétit et à la rétention hydrique, sueur, hypertension artérielle -, des effets gynécologiques, notamment les bouffées de chaleur, et, plus graves, les risques de thrombophlébite et d'embolie pulmonaire [10].

Quatre études randomisées, recensées par Cocconi et al. [5] ont comparé l'aminoglutéthimide et l'un ou l'autre des progestatifs : on ne peut conclure à aucun bénéfice de l'une ou l'autre classe thérapeutique, en termes d'efficacité. Ils se différencient en fait sur l'importance des effets secondaires. C'est à ces deux groupes qu'ont été comparées les nouvelles antiaromatases avec, pour objectif, notamment une moindre toxicité.

Inhibiteur d'aromatase de type I

Les inhibiteurs de l'aromatase (IA) de type I sont des analogues stéroïdiens qui entrent en compétition avec les hormones naturelles sur le site de fixation de l'enzyme. Ils se lient à l'aromatase, remplaçant ainsi son ligand naturel, l'androstènedione. Par cette liaison, ils bloquent de manière irréversible et spécifique le site d'action de l'enzyme. Deux molécules possèdent actuellement une autorisation de mise sur le marché : le formestane, ou Lentaron®, déjà commercialisé, et l'exemestane, ou Aromasine®, devant l'être prochainement.

* Le formestane

Le formestane, développé au début des années quatre-vingt-dix, appartient aux IA de deuxième génération. Après administration par voie orale, il subit un effet de premier passage hépatique important, avec une forte métabolisation, le rendant inactif et ne permettant pas ainsi son utilisation par voie orale. La voie d'administration développée a donc été intramusculaire, sous forme d'une injection tous les 15 jours.

En phase II, en compilant les études réalisées ayant inclus 571 patientes, le taux de réponses est de 25 % (de 7 à 39 %) sans effet-dose évident. Il n'y a pas eu d'essai randomisé entre les deux posologies (250 ou 500 mg/j). Dans 5 % des cas, le traitement a dû être arrêté. La première formulation entraînait des douleurs au point d'injection [11].

Dans l'étude de phase III de Thürlimann et al. [12], le formestane (250 mg/15 j) a été comparé à l'acétate de mégestrol (160 mg/j) chez des patientes ménopausées après échec du tamoxifène, en situation adjuvante ou métastatique. Cent soixante-dix-neuf patientes ont été incluses et 173 ont reçu le traitement. Huit pour cent et 16 % des patientes dans le bras formestane avaient respectivement des récepteurs d'estrogènes et de progestérone négatifs contre 14 % et 28 % dans le bras MA. Pour les métastases hépatiques, il existait une différence entre les deux groupes en défaveur du bras MA, ce qui finalement ne semble pas avoir influencé les résultats. Le taux de réponses objectives a été de 17 % dans les deux bras, sans modification du temps avant progression, le critère principal de cette étude (120 j versus 111 j). Les bouffées de chaleur et la somnolence ont été plus fréquentes avec le formestane (24 % versus 12 %, p = 0,051) ; la tolérance au point d'injection a été satisfaisante. Le MA a, lui, entraîné plus de toxicité cardiovasculaire (13/81versus 6/92, p = 0,044) avec thromboses veineuses profondes ou superficielles et embolie pulmonaire ; la prise de poids est également plus fréquente, mais de façon non significative.

L'activité du formestane est semblable à celle des progestatifs dans cette indication, avec une toxicité acceptable. Mais sa voie d'administration (injection intramusculaire) constitue certainement une limite à son utilisation d'autant que les nouvelles antiaromatases présentent la même sélectivité mais sont administrées par voie orale.

* L'exemestane

L'exemestane est le seul inhibiteur stéroïdien actuellement développé pouvant être administré par voie orale. En phase II, deux grandes études ont été réalisées en deuxième ligne après échec du tamoxifène, permettant d'obtenir un taux de réponses de 22 % sur 265 patientes incluses [13].

L'exemestane à la dose de 25 mg/j a été comparé en phase III à l'acétate de mégestrol (40 mg x 4/j) chez 769 patientes ménopausées progressant sous tamoxifène [14]. Les patientes progressant après un traitement adjuvant, d'une durée supérieure à 12 mois pour les malades dont le statut hormonal est inconnu et supérieure à 24 mois si les récepteurs hormonaux sont positifs, ou en situation métastatique, après échec ou progression après réponse initiale, pouvaient être incluses dans l'essai. Les récepteurs d'estrogènes pouvaient être présents ou inconnus, dans ce cas, les patientes devaient avoir présenté une réponse préalable à l'hormonothérapie ou une stabilisation supérieure à 24 mois. Le suivi médian a été de 48,9 semaines. Au moment de l'analyse, 143 patientes recevaient encore le traitement. Pour l'exemestane et le MA, les taux de réponses sont respectivement de 15 % et de 12,5 % (différence non significative), le temps avant progression de 4,7 mois et de 3,8 mois (p = 0,037). La survie médiane est de 28,4 mois pour le MA alors qu'elle n'est toujours pas atteinte pour l'exemestane. Il existe donc un allongement significatif de la survie en faveur de l'exemestane (p = 0,039). En ce qui concerne la tolérance, l'exemestane est responsable de bouffées de chaleur, de nausées et d'asthénie, alors que le MA entraîne une prise de poids (> 10 % du poids corporel dans 21,3 % des cas) et des épisodes de dyspnée. Les toxicités de grade 3-4, selon l'échelle CTC-NCI, sont moins fréquentes avec l'exemestane (7,6 % versus 17,1 %).

Inhibiteurs d'aromatase de type II

Les inhibiteurs de type II sont des composés non stéroïdiens. Ils agissent en bloquant les enzymes dépendantes du cytochrome P450, auxquelles appartient l'aromatase. L'aminoglutéthimide interfère avec l'hème de l'aromatase mais également avec d'autres enzymes liées au cytochrome P450, bloquant ainsi la synthèse du cortisol et de l'aldostérone. La supériorité des IA de nouvelle génération est leur sélectivité, puisqu'ils interfèrent spécifiquement avec l'hème de l'aromatase. Les inhibiteurs de type II sont réversibles et forment des liaisons non covalentes. Deux sont commercialisés : l'anastrozole (Arimidex®) et le létrozole (Fémara®). Quant au vorozole (Rivizor®), son développement est abandonné, malgré des essais de phase III déjà publiés.

* L'anastrozole

Deux grandes études de phase III ont été publiées comparant l'anastrozole à l'acétate de mégestrol (MA), en deuxième ligne après échec du tamoxifène chez des patientes ménopausées à un stade avancé par Jonat et al. pour l'étude européenne [15], Buzdar et al. pour l'étude américaine [16]. Toutes les deux sont des études à trois bras, avec comparaison de deux doses quotidiennes d'anastrozole (1 mg et 10 mg) au schéma traditionnel du MA (160 mg). La dose de 1 mg/j a été choisie car elle correspond à celle la plus faible donnant une diminution « maximale » du taux plasmatique d'estradiol. La dose de 10 mg a, elle, été retenue car il s'agit de la plus forte expérimentée en phase I, sans apparition d'effets secondaires notables, et qui, éventuellement, permettrait de mettre en évidence un effet-dose par augmentation de l'inhibition de l'activité intratumorale de l'aromatase, ce qui n'a pu être démontré actuellement in vivo. Le schéma de ces deux études étant identique, les résultats ont été compilés par Buzdar et al. et publiés en 1996 [16]. Sept cent soixante-quatre patientes ménopausées ont donc été incluses dans l'un des trois bras, après avoir reçu du tamoxifène après progression sous traitement en situation métastatique, ou ayant rechuté pendant ou après un traitement adjuvant, le délai entre la rechute et la fin du traitement adjuvant n'étant pas précisé. Ces deux études excluaient les patientes ayant des récepteurs d'estrogènes négatifs, sauf si elles avaient antérieurement répondu au tamoxifène. L'analyse a été faite en intention de traiter et le suivi médian est de 6 mois. Le taux de réponses objectives est de 10,3 % pour le bras anastrozole 1 mg, de 8,9 % pour le bras anastrozole 10 mg et de 7,9 % pour le MA, sans différence entre les trois bras. Il n'existe pas non plus de différence en termes de temps avant progression. Alors que, dans la première analyse, la survie était identique dans les trois bras, les auteurs ont publié secondairement une mise à jour mettant en évidence un avantage significatif en termes de survie en faveur de l'anastrozole par rapport au MA, et ce pour la dose de 1 mg [17]. Il faut souligner que seule l'étude européenne a obtenu un allongement significatif de la survie (p = 0,05). Pour l'étude américaine, cela n'a pas été démontré (p = 0,85). La compilation des deux études rapportée lors de la seconde publication montre un bénéfice en survie lié uniquement aux résultats de l'étude européenne. Hamilton et Piccart [18] soulignent également d'autres éléments : absence de bénéfice sur les autres critères d'efficacité, absence de bénéfice statistique pour la dose 10 mg. Cette différence entre les deux études est difficile à expliquer, étant donné que les schémas de ces deux essais sont identiques. Dans l'étude européenne publiée de façon indépendante, l'analyse des sous-groupes permet de constater qu'il y a plus de malades ayant des récepteurs hormonaux positifs dans le bras anastrozole 1 mg (62 % versus 54 % pour anastrozole 10 mg versus 58 % pour MA). Dans les trois bras, la survie est identique pour les patientes répondeuses au traitement et pour celles ayant eu une maladie stabilisée pendant plus de six mois. Au décours de cette étude, la posologie quotidienne retenue est donc de 1 mg.

En ce qui concerne l'analyse de la tolérance de cette phase III, les troubles digestifs (nausées-vomissements, troubles du transit, anorexie) sont plus fréquents avec l'anastrozole, et ce de façon significative pour le bras 10 mg, mais en restant de grade faible ou modéré ne nécessitant pas l'arrêt du traitement. Pour le MA, la prise de poids est fréquente, supérieure à 5 % dans 30 % des cas et à 10 % chez 10 % des malades.

* Le létrozole

Le létrozole a obtenu, chez 100 patientes traitées en phase II en deuxième ligne (2 essais), un taux de réponses compris entre 10 % et 39 % [19].

En phase III, le létrozole a également été comparé à l'acétate de mégestrol en deuxième ligne après échec du tamoxifène chez 551 patientes en postménopause [20]. Pour l'inclusion, les récepteurs aux estrogènes et/ou à la progestérone devaient être positifs ou inconnus, et les patientes devaient avoir reçu préalablement du tamoxifène, soit en situation adjuvante (progression sous traitement donné pendant plus de 6 mois ou dans les 12 mois suivant l'arrêt), soit en situation métastatique (progression lors de la première ligne). Il s'agissait également d'une randomisation en trois groupes, avec deux doses pour le létrozole (0,5 et 2,5 mg) et une dose pour le MA (160 mg/j). Le taux de réponses objectives est de 23,6 % pour le létrozole 2,5 mg, de 12,8 % pour le létrozole 0,5 mg et de 16,4 % pour le MA. Ces résultats mettent en évidence un effet-dose pour le létrozole, en contradiction apparente avec les dosages qui montrent un degré de suppression identique du taux plasmatique des estrogènes avec les deux posologies. Les auteurs suggèrent, pour expliquer cet effet-dose, une inhibition plus forte de l'activité de l'aromatase intratumorale avec la dose élevée. Par ailleurs, le taux de réponses est statistiquement plus élevé pour le létrozole 2,5 mg que pour le MA (p = 0,04) mais sans allongement significatif de la survie (25,3 mois versus 21,5 mois, p = 0,15) ni du temps avant progression (5,6 mois versus 5,5 mois). La dose quotidienne retenue au décours de cette étude est donc de 2,5 mg.

Les effets secondaires les plus fréquents pour le létrozole sont les nausées et les vomissements (6 %), les bouffées de chaleur (5 %) et les céphalées (7 %). Pour le MA, c'est la prise de poids qui prédomine (9 %) et la dyspnée (20 %).

Une autre étude de phase III, d'hormonothérapie de deuxième ligne, a également été conduite avec le létrozole, en comparaison avec l'aminoglutéthimide (AG), avec également trois bras : létrozole 2,5 mg versus létrozole 0,5 mg versus AG 250 mg x 2 [21]. Cinq cent cinquante-cinq patientes, ayant reçu du tamoxifène en situation adjuvante, avec progression sous traitement administré depuis plus de 6 mois ou rechute dans les 12 mois suivant l'arrêt, ou en situation métastatique (progression sous traitement) ont été incluses dans cette étude. Les récepteurs aux estrogènes et/ou à la progestérone devaient être positifs ou inconnus. Le taux de réponses objectives est de 19,5 % pour le létrozole 2,5 mg, de 16,7 % pour le létrozole 0,5 mg et de 12,4 % pour l'AG, sans différence significative. En revanche, la durée médiane de réponse est plus longue avec le létrozole 2,5 mg (24 mois) qu'avec le létrozole 0,5 mg (21 mois) et l'AG (15 mois). On note également une amélioration de la survie médiane statistiquement significative en faveur du létrozole 2,5 mg (28 mois) par rapport au létrozole 0,5 mg (21 mois, p = 0,04) et à l'AG (20 mois, p = 0,002). Les effets secondaires induits par l'aminoglutéthimide sont significativement plus importants que ceux dus au létrozole. Cette étude retrouve donc également un effet-dose pour le létrozole et conclut à une supériorité du létrozole sur l'aminoglutéthimide, non seulement en termes d'efficacité, mais également en termes de tolérance.

* Le vorozole

En deuxième ligne, la compilation des quatre études de phase II portant sur 115 malades permet d'obtenir un taux de réponses compris entre 18 % et 33 % [22].

En phase III, la comparaison avec l'acétate de mégestrol a été réalisée chez des patientes ménopausées en deuxième ligne, après tamoxifène, en rechute après traitement adjuvant pendant au moins un an ou en progression après réponse initiale au tamoxifène en situation métastatique [23]. Les patientes progressant au cours des 6 premiers mois de traitement par tamoxifène en situation métastatique étaient exclues. Les récepteurs d'estrogènes devaient être positifs, et, s'ils étaient inconnus, un intervalle libre d'au moins 2 ans entre le diagnostic initial et la rechute était requis. Le vorozole était administré à la dose de 2,5 mg/j et le MA à la dose de 160 mg/j. Quatre cent cinquante-trois patientes ont été incluses dans cet essai. Le taux de réponses obtenu est de 9,7 % pour le vorozole et de 6,8 % pour le MA. La survie médiane est de 26,3 mois pour le vorozole et de 28,8 mois pour le MA. Il n'existe pas de différence significative entre les deux bras. En ce qui concerne les effets secondaires, le vorozole induit essentiellement des nausées, des bouffées de chaleur et des arthralgies, la tolérance étant proche de celle des autres inhibiteurs de l'aromatase de nouvelle génération. Pour le MA, on retrouve les effets indésirables habituels, dyspnée et prise pondérale.

Le vorozole a également été comparé en phase III à l'aminoglutéthimide chez 556 patientes ménopausées [24]. Il était administré à la dose de 2,5 mg/j et l'AG à la dose de 500 mg/j. Les patientes ayant reçu du tamoxifène en adjuvant avec un intervalle libre supérieur à 12 mois ou en situation métastatique (réponse ou stabilisation supérieure à 4 mois initialement) pouvaient être incluses dans l'étude. Les récepteurs hormonaux pouvaient être positifs, ou inconnus s'il existait un intervalle libre de 12 mois entre le diagnostic et la récidive, ou négatifs si les patientes avaient répondu antérieurement au tamoxifène. Le taux de réponses est de 23 % pour le vorozole et de 18 % pour l'AG (p = 0,07). Il n'y a pas d'amélioration significative du temps jusqu'à progression (7 versus 6 mois) ni de la survie médiane (26 versus 22 mois). La tolérance est meilleure pour le vorozole, de façon très significative (p = 0,001).

Synthèse et commentaires

On rappellera tout d'abord que l'un des premiers objectifs du développement des inhibiteurs de l'aromatase de nouvelle génération était l'amélioration de la tolérance par rapport aux traitements habituels de deuxième ligne (progestatifs avec prise de poids, dyspnée, accidents thrombo- emboliques ou aminoglutéthimide avec rash, somnolence, déficit en gluco- ou minéralocorticoïdes). Cet objectif semble être atteint, car, dans toutes les études citées précédemment, une meilleure tolérance est observée de façon significative. Dans certaines situations métastatiques avec altération de l'état général importante, la prise de poids secondaire à l'administration des progestatifs peut rester un avantage.

À la suite de ces essais, peut-on conclure à la supériorité des nouvelles antiaromatases sur les traitements conventionnels, après échec du tamoxifène ?

Tout d'abord, si l'on s'intéresse aux essais ayant comparé un inhibiteur de nouvelle génération à l'aminoglutéthimide (tableau I), seul le létrozole et le vorozole ont été étudiés. Les deux études mettent en évidence une supériorité des nouvelles molécules, non seulement en termes de tolérance mais également en termes d'efficacité, le seul ayant obtenu une amélioration sur la survie globale étant le létrozole. À partir de ces résultats, il semble difficile de continuer à utiliser l'aminoglutéthimide, moins efficace et plus toxique.

Si on compare l'acétate de mégestrol à l'un des inhibiteurs de l'aromatase de nouvelle génération (tableau II), quelle que soit la molécule, celui-ci présente toujours un avantage, significatif ou non, sur au moins un des critères d'efficacité. Aucune molécule n'est inférieure au MA. Le létrozole obtient le taux de réponses le plus élevé sans différence sur la survie. L'exemestane obtient également des résultats très encourageants avec une amélioration significative du temps jusqu'à progression et de la survie médiane. Pour l'anastrozole, il est difficile de tirer des conclusions sur la survie, malgré un allongement significatif de celle-ci lors de la publication des résultats compilés des deux études. En effet, l'étude européenne a obtenu un bénéfice en survie pour la dose de 1 mg (p = 0,05) non retrouvé dans l'étude américaine (p = 0,34). L'étude réalisée avec le vorozole ne met pas en évidence d'avantage en termes d'efficacité par rapport à l'acétate de mégestrol. Au vu des résultats de ces différentes études, l'acétate de mégestrol semble donc moins performant, non seulement en termes de tolérance, mais également en termes d'efficacité par rapport aux inhibiteurs d'aromatase de nouvelle génération en deuxième ligne. Il n'en reste pas moins vrai que, de par son mécanisme d'action différent, il garde sa place dans la prise en charge thérapeutique du cancer du sein métastatique.

L'analyse de ces différentes études ne nous permet pas de déterminer l'inhibiteur de l'aromatase le plus performant s'il existe, car il n'y a pas eu de comparaison directe entre les différentes molécules. On peut également difficilement tirer des conclusions à partir des résultats bruts des différentes études car le schéma et surtout les caractéristiques de la population incluse varient d'une étude à l'autre. Le critère de jugement principal n'est pas toujours identique : temps avant progression, taux de réponses ou bénéfice clinique. Le rythme de la surveillance n'est pas uniforme, ce qui peut influencer le temps avant progression ou la durée de réponse. Il existe également une grande variabilité sur la définition des patientes inéligibles : certains excluent les patientes RH-, d'autres acceptent ces malades si elles ont répondu au traitement de première ligne. La définition de l'hormonothérapie de première ligne varie également d'une étude à l'autre, en particulier en situation adjuvante (durée de 6 mois, 12 mois, 24 mois ?). Tous ces éléments introduisent des biais dans la sélection d'une population potentiellement plus « hormono-sensible » et peuvent influencer l'analyse des résultats. La supériorité apparente d'une des molécules sur un des critères d'efficacité est-elle liée à une augmentation réelle de l'inhibition de l'aromatase ou bien est-elle en rapport avec un biais introduit par le schéma de l'étude ou la sélection des patientes ? Il est donc impossible à l'heure actuelle de dire laquelle de ces quatre molécules est la plus performante, avec obtention en deuxième ligne de taux de réponses compris entre 9 % et 24 % et d'une survie médiane aux alentours de 25 mois.

Les résultats concernant les études de qualité de vie n'ont volontairement pas été rapportés - bien qu'une telle étude ait été faite dans tous les essais -, car il est difficile de conclure à partir des résultats donnés. Pour l'anastrozole, les questionnaires de qualité de vie différaient d'une étude à l'autre et les résultats n'ont pas été rapportés dans l'article combinant les deux essais. Dans l'étude européenne [15], on note une « amélioration psychologique » significative en faveur de l'acétate de mégestrol, une amélioration du score de la douleur à la douzième semaine en faveur de l'anastrozole 10 mg (p = 0,011) et une amélioration de l'indice de performance à la douzième semaine dans le bras anastrozole 1 mg. Ces résultats rendent compte de la difficulté d'interprétation de ces données et du sens à leur donner. Pour le létrozole qui obtient le meilleur taux de réponses, on assiste à une détérioration plus fréquente de l'indice de performance par rapport à l'acétate de mégestrol.

En deuxième ligne, les prochaines études cliniques concernant les inhibiteurs de l'aromatase de nouvelle génération devront certainement porter sur la comparaison directe de ces molécules afin de déterminer si l'une est plus performante que l'autre ; une étude randomisée compare actuellement l'anastrozole et le létrozole. Il sera également important de savoir s'il vaut mieux choisir un inhibiteur stéroïdien ou non stéroïdien.

Nouvelles antiaromatases en première ligne métastatique

Chez les femmes ménopausées, lorsqu'il existe une indication d'hormonothérapie de première ligne, les résultats annoncés lors de la réunion des deux études internationales comparant l'anastrozole à la dose de 1 mg/j et le tamoxifène, chez les patientes présentant des récepteurs hormonaux positifs ou inconnus, suggèrent au moins une équivalence entre les traitements. Celle-ci est retrouvée, notamment dans l'étude américaine, où, chez près de 90 % des malades, la tumeur contenait l'un ou l'autre des récepteurs hormonaux. Il existe donc un bénéfice en temps avant progression et en réponse objective (tableau III) [25]. Si l'on ajoute aux patientes répondeuses celles qui ont présenté une stabilisation supérieure à 24 semaines, le bénéfice est également important, passant de 45,6 % pour le tamoxifène à 59,1 % pour l'anastrozole. Il faut rappeler que les malades présentant une stabilisation d'une durée supérieure à 24 semaines ont une survie médiane analogue à celles qui présentent une réponse objective ; la notion de maladie stable constitue donc actuellement un critère acceptable [26]. La différence de résultats entre ces deux études peut être liée à des dissemblances concernant la population incluse dans les deux études. Le bénéfice observé dans l'étude américaine peut être dû à la présence plus fréquente de récepteurs hormonaux (90 % versus 55 %), avec plus de formes favorables - maladies moins évoluées, avec moins de métastases hépatiques. Enfin, dans l'étude européenne, les malades du groupe anastrozole ont reçu plus fréquemment une hormonothérapie en situation adjuvante. Dans cette étude, il n'y a pas de différence en termes de réponse ou de bénéfice clinique, bien que 668 malades aient été incluses. Cela est probablement explicable par le fait que 45 % environ des malades seulement expriment l'un ou l'autre des récepteurs hormonaux, les autres n'ayant pas bénéficié d'une telle recherche. Si on isole la population des patientes « positives », le temps avant progression est de 8,9 mois pour l'anastrozole et de 7,8 mois pour le tamoxifène [27].

Dans ces deux études, on constate la bonne tolérance globale de ces deux médicaments ; cependant, l'anastrozole semble induire moins de maladies thrombo-emboliques et de saignements vaginaux. La compilation des deux études, ayant inclus plus de 1 000 patientes, montre une amélioration du temps avant progression en faveur de l'anastrozole [28]. Des études de même type devraient paraître rapidement comparant au tamoxifène les autres antiaromatases, notamment le létrozole et l'exemestane, dans des indications similaires.

La question devra également être posée de l'association de ces molécules, antiaromatase et tamoxifène, de mécanismes d'action différents, la première abaissant considérablement la concentration sérique d'estrogènes, l'autre bloquant les actions périphériques des estrogènes résiduels. Même si jusqu'à présent l'association des hormonothérapies n'a pas fait la preuve d'une quelconque supériorité [10, 29], cette question méritera d'être étudiée, bien que les données sur tumeurs greffées ne plaident pas pour un bénéfice [30]. L'association antiaromatase et antiestrogène pur méritera sans doute également une évaluation précise de l'efficacité de ce « blocage complet ». Cependant, il conviendra de tenir compte d'éventuelles interférences pharmacologiques, analogues à celles observées dans l'association tamoxifène + létrozole, avec une diminution de 35 à 40 % de la concentration sérique du létrozole, alors que la concentration du tamoxifène n'est pas modifiée [31].

En phase métastatique : la troisième ligne

Enfin, l'utilisation des antiaromatases en troisième ligne peut être envisagée, puisqu'il ne semble pas exister de résistance croisée complète entre les composés non stéroïdiens et stéroïdiens [32]. L'exemestane notamment a démontré dans cette situation une efficacité notable dans trois études de phase II [33-35]. Ces résultats sont détaillés dans le tableau IV.

Cela avait été préalablement démontré avec le formestane puisque, dans une étude incluant 112 malades progressant sous aminoglutéthimide et ayant reçu du formestane, un taux de réponses de 21 % a été observé, avec 22 % de maladie stable [36].

On ne dispose pas actuellement d'études permettant de définir la séquence optimale des hormonothérapies dans le cancer du sein métastatique. La question se posera notamment de l'efficacité du tamoxifène en deuxième ligne, lorsque les antiaromatases seront utilisées en première ligne.

Enfin, jusqu'à présent, la suppression ovarienne induite par les antiaromatases était jugée insuffisante pour conseiller leur emploi, seul, chez la femme non ménopausée. L'association à une castration médicale par les agonistes de la gonadoréline méritera d'être évaluée, d'autant que l'association tamoxifène + agonistes de la gonadoréline est supérieure à ce dernier médicament seul.

Hormonothérapie adjuvante

L'efficacité de l'hormonothérapie adjuvante est actuellement reconnue à la suite de multiples essais et surtout du résultat de la méta-analyse de l'EBCTCG. Elle concerne la castration en préménopause et le tamoxifène chez les femmes ménopausées et non ménopausées. Le bénéfice est cependant limité aux femmes porteuses d'une tumeur RE+. Le tamoxifène ne constitue pas la molécule idéale du fait de ses effets secondaires délétères : augmentation de l'incidence des cancers de l'endomètre, manifestations thrombo-emboliques, bouffées de chaleur.

Malgré sa toxicité, l'aminoglutéthimide a été également testé contre placebo en situation adjuvante. La première étude a concerné 354 patientes ménopausées présentant un envahissement ganglionnaire. Avec un recul médian de plus de 8 ans, il n'y a pas de bénéfice en termes d'intervalle libre ou de survie globale. En fait l'analyse des patientes RE+ montre un bénéfice marginal pour le groupe ayant reçu de l'aminoglutéthimide, et l'absence de bénéfice global peut être expliquée par le fait que les trois quarts des patientes sont RE-. Les auteurs rappellent également que l'aminoglutéthimide n'induit pas de diminution suffisante de la concentration sérique en estrogènes pour amener un bénéfice clinique [37].

La deuxième étude évaluant l'aminoglutéthimide en situation adjuvante a été publiée oralement au congrès de l'Asco de mai 1999, par un groupe autrichien. Celui-ci a inclus, entre 1990 et 1996, 2 021 patientes ménopausées RE+, avec ou sans envahissement ganglionnaire. Elles recevaient soit le traitement classique, tamoxifène 20 mg/j pendant 5 ans, soit le même traitement associé pendant 2 ans à 250 mg/j d'aminoglutéthimide. Avec un recul médian de 49 mois, il n'y a pas de différence significative en survie sans récidive ou en survie globale. Cependant, il faut noter que 29 % des patientes sont sorties d'étude dans le bras tamoxifène + aminoglutéthimide du fait des effets secondaires [38].

L'efficacité, la bonne tolérance et le mécanisme d'action différent du tamoxifène ont évidemment conduit à l'intégration des nouvelles antiaromatases en phase adjuvante. L'étude Atac vient de se terminer après avoir inclus plus de 8 000 patientes ménopausées, dans un schéma à trois bras : tamoxifène seul, anastrozole seul et association des deux molécules. Un tiers des patientes présente un envahissement ganglionnaire, 73 % des tumeurs contiennent l'un ou l'autre des récepteurs hormonaux, 22 % n'ont pas eu de dosage des récepteurs [39]. Les résultats sont actuellement inconnus. Les critères principaux de cette étude sont le temps avant récidive, la survie globale et la tolérance. Les critères secondaires sont également importants : qualité de vie, retentissement osseux, modifications utérines, lipidiques et pharmacocinétiques dues aux interactions médicamenteuses de l'association [40].

Un essai international mené par le BIG (Breast International Group) teste le tamoxifène contre le létrozole, mais aussi la meilleure séquence tamoxifène puis létrozole ou létrozole puis tamoxifène pour une période totale de 5 ans. Un schéma identique est adopté pour l'essai Arno effectué par un groupe allemand. Après 2 ans de tamoxifène, les patientes poursuivent le même traitement pendant 3 autres années ou utilisent l'anastrozole pendant la même période.

Un schéma voisin est utilisé par l'ICCG pour évaluer l'intérêt de l'exemestane

En situation néoadjuvante

L'hormonothérapie n'a pas rencontré jusqu'à présent le succès de la chimiothérapie en traitement néoadjuvant, malgré l'utilisation première relativement fréquente de cette méthode, notamment chez les femmes âgées. Pourtant, il semble qu'elle puisse induire autant de réponses locales dans une population sélectionnée, notamment sur la présence de récepteurs hormonaux. Seul le tamoxifène a été utilisé dans plusieurs études, induisant un taux de réponses de 50 à 70 %, mais après un délai plus long que celui de la chimiothérapie [41].

Les antiaromatases semblent constituer un traitement de choix dans cette situation ; en effet, une concentration élevée en aromatase a été observée dans le tissu mammaire péritumoral chez les femmes ménopausées ; cela pourrait induire une augmentation du taux local d'estradiol, et donc une croissance tumorale accélérée [42].

Il a d'abord été démontré, chez la souris, que le létrozole peut réduire cette synthèse locale, plus efficacement que le tamoxifène [43]. Onze femmes ménopausées porteuses de tumeurs opérables RH+ ont ensuite reçu cette molécule, et un phénomène analogue a été observé. Cela a conduit à une évaluation clinique chez 24 patientes présentant les mêmes caractéristiques : après 3 mois de traitement par le létrozole, à la dose de 2,5 mg/j, 4 réponses complètes et 18 réponses partielles ont été observées, sans aucune progression tumorale. Cela a permis une conservation mammaire chez toutes les patientes [44].

Plus récemment encore, Dixon et al. [45] ont rapporté une série non randomisée de patientes de même type - ménopausées, porteuses de volumineuses tumeurs RH+ -, traitées par létrozole ou anastrozole, à deux doses, ou tamoxifène. Ils ont observé une réduction du volume tumoral de 81 % avec le létrozole (n = 24), de 64 % avec l'anastrozole (n = 17) et de 48 % avec le tamoxifène (n = 65). Il n'est pas possible, sur une série aussi limitée, de déterminer si une molécule est supérieure à l'autre, d'autant plus qu'il s'agit de cohorte de patientes.

CONCLUSION

Le développement des antiaromatases en situation palliative, notamment en deuxième ligne, a atteint son objectif, en apportant une catégorie thérapeutique aussi efficace que les traitements précédents et mieux tolérée. Cependant, leur histoire ne s'arrêtera sans doute pas là, en raison de leur index thérapeutique : en première ligne, l'anastrozole vient d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché, du fait des résultats de deux études randomisées contre tamoxifène. Le bénéfice observé conduira certainement à évaluer leur intérêt en situation adjuvante selon des modalités qui restent à définir, voire en chimioprévention. Il reste cependant à définir clairement les éventuels effets secondaires à long terme, notamment par rapport à ceux des antiestrogènes, susceptibles d'apporter des effets secondaires bénéfiques.

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