ARTICLE
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Caractérisation de l'expression et optimisation du transfert, par
des vecteurs rétroviraux, du gène suicide de la thymidine
kinase dans des cellules tumorales coliques
Malafosse R 1, 2, Finzi L 1,
2, Goere D 1, Baudoin F 3, Penna C 1,
Capeau J 2, Nordlinger B 1
1 Service de chirurgie générale et
oncologique, Hôpital Ambroise-Paré, Boulogne ; 2 Unité
Inserm U. 402, Faculté de Médecine Saint-Antoine, Paris
; 3 Service d'immunologie, Hôpital Ambroise-Paré,
Boulogne.
Le transfert rétroviral du gène suicide de la thymidine
kinase du virus Herpès simplex (Hsv-tk) suivi d'un traitement par
le ganciclovir (GCV) induit une réponse antitumorale sélective.
Une des étapes limitante de la thérapie génique par
des vecteurs rétroviraux est l'intégration du transgène
dans le génome de la cellule cible. Cette intégration dépend
du cycle cellulaire. L'objectif de ce travail était d'augmenter
l'efficacité du transfert rétroviral du gène Hsv-tk
dans des cellules tumorales coliques par le bloquage pharmacologique réversible
de leur cycle cellulaire.
Méthodes : Les cellules tumorales coliques DHDK12 ont
été synchronisées, en phase S, par le méthotrexate.
Les cellules synchronisées (Sy) et témoins non synchronisées
(T) ont été transduites par les vecteurs rétroviraux
pTG 5391 (gène de la beta-galactosidase : beta-gal) et pTG
9344 (Hsv-tk). Pour valider l'effet de la synchronisation sur l'efficacité
des vecteurs rétroviraux, l'expression des transgènes a
été caractérisée par cytométrie en
flux selon trois approches quantitatives :
- L'immuno-détection de la thymidine kinase par des anticorps
monoclonaux.
- La recherche de l'accumulation intracellulaire de substrats marqués.
Le fluorescéine di-beta-D-galactopyranoside (FDG) constituait le
substrat de la beta-galactosidase (beta-gal). Le GCV a été
marqué par un dérivé biotinylé de faible masse
moléculaire qui, après phosphorylation du GCV par la thymidine
kinase virale, était détectée par l'extravidine-FITC.
- L'étude de l'apoptose par fixation membranaire de l'annexine
V après 72 h de traitement par le GCV.
Résultats. Le marquage par l'anticorps monoclonal et le
signal produit par l'accumulation intracellulaire du GCV biotinylé
étaient spécifiques des cellules exprimant Hsv-tk.
Après synchronisation, l'utilisation du FDG a permis de montrer
un doublement du taux de transduction des cellules tumorales par le vecteur
pTG 5391 (Sy : 26 % versus T : 11 %). Cette amplification de l'expression
de beta-gal était corrélée à la cinétique
du cycle cellulaire. Les résultats étaient similaires après
transduction par le vecteur pTG 9344. L'expression de Hsv-tk était
augmentée dans les cellules synchronisées. L'analyse quantitative
de la thymidine kinase et de son activité devait être interprétée
en fonction des modifications cellulaires liées au traitement par
le méthotrexate. L'augmentation du marquage spécifique par
l'annexine V (Sy : 46 % versus T : 23 %) traduisait une intensification
de l'apoptose induite par le GCV sur les populations cellulaires transduites
par Hsv-tk après synchronisation.
Conclusion. La synchronisation en phase S augmente l'efficacité
de la transduction de cellules tumorales coliques par des vecteurs rétroviraux.
Cette optimisation du transfert de Hsv-tk se traduit par une intensification
majeure de l'apoptose induite par le GCV. In vivo, le conditionnement
des cellules cibles par de faibles doses de méthotrexate pourrait
contribuer à une réponse antitumorale complète après
transfert rétroviral d'un gène suicide.
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In vitro targeting of glioblastoma cells neoangiogenic potential
through anti-VEGF ribozymes
Ciafré SA, Wannenes F, Farace MG
Dept. of Experimental Medicine and Biochemical Sciences, University
of Rome Tor Vergata, via Montpellier, 1, 00133 Roma.
Dlioblastoma multiforme is one of the most highly vascularized solid
neoplasms, with the amount of neovasculature closely correlated with the
degree of malignancy. Among angiogenic factors, vascular endothelial growth
factor (VEGF) plays an important role in the neovascularization and growth
of human cancers, and particularly in gliomas, where up-regulation of
VEGF is a common event. Thus, strategies to down-regulate VEGF could be
applied to reduce the preformed tumour vasculature in established gliomas.
We have designed hammerhead ribozymes against VEGF mRNA, with the aim
of strongly down-regulating expression and secretion of VEGF by glioma
cells and inhibiting their proangiogenic potential. Our experimental strategy
can be summarized into the following steps: a) Design of two new ribozymes
targeting human VEGF mRNA specifically cutting its sequence around 5'
end, thus yielding short pieces of mRNA completely unavailable to the
translational machinery. b) Cloning of the designed ribozymes into a short
region of Adenovirus type 2 (Ad2), VAI, owning several features making
it an optimal carrier for efficient and specific delivery of ribozymes
into the cytoplasm: VAI is transcribed by the RNA Polymerase III, which
drives high levels of expression, its secondary and tertiary structure
confers high stability to the transcribed molecule, and VAI is specifically
sorted into the cytoplasm, where the activity of the ribozyme is required.
c) Transfection of a human glioma cell line, U87, with plasmids harbouring
the anti-VEGF ribozyme-VAI « hybrid » molecules, and d) ELISA
measurement of VEGF secretion from transfected glioma cells. By this assay
we have demonstrated that, in a transient transfection experiment, the
time course of the ribozyme transcription is inversely correlated with
extracellular VEGF secretion by transfected cells. Thus, we have shown
that an efficient expression of the ribozyme is required to obtain an
effect on VEGF secretion, and we are now producing new retroviral vectors
aimed at the delivery of the antiangiogenioc ribozymes directly in
vivo into experimentally-induced intracranial gliomas in rats.
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Thérapie génique des carcinomes hépatocellulaires
et des glioblastomes : ciblage du récepteur à l'urokinase
par des rétrovirus amphotropes à enveloppe modifiée
Boucquey A 1, Franco D 1,
Weber A 1, Horellou P 1
1 EMI 00-20, Hôpital Antoine-Béclère,
157, rue de la Porte-de-Trivaux, 92141 Clamart cedex.
Obtenir un ciblage spécifique des cellules cancéreuses
par des vecteurs rétroviraux constitue une étape-clé
dans le développement de protocoles de thérapie génique.
Il a été montré qu'une forte proportion de carcinomes
hépatocellulaires (CHC) et de glioblastomes (GB) expriment le récepteur
à l'urokinase (uPAR), dont les taux d'expression sont également
corrélés au potentiel invasif de ces tumeurs. Disposant
d'un panel de lignées cellulaires humaines de GB et de CHC, nous
avons évalué leur taux d'expression de l'uPAR, par western-blot.
Un anticorps anti-uPAR humain a permis de détecter l'expression
d'une protéine de 55 kDa dans la lignée de CHC HuH 7, ainsi
que dans 4 lignées de GB sur les 7 testées, avec une expression
plus intense pour les lignées SNB19, U399 et SF126. La lignée
U87 présentait une plus faible expression de la protéine,
et l'expression de l'uPAR n'était pas détectable dans les
lignées SKMG12, U373 et T98G.
Afin de cibler spécifiquement les cellules tumorales à
fort potentiel invasif, nous avons réorienté le tropisme
de rétrovirus amphotropes (MoMuLV) vers l'uPAR en modifiant la
glycoprotéine d'enveloppe. Pour ce faire, nous avons généré
deux types d'enveloppes recombinantes, en incorporant un ligand de l'uPAR
à la sous-unité SU de l'enveloppe virale. Nous avons choisi
d'une part le fragment aminoterminal de l'urokinase (ATF), d'une taille
de 115 acides aminés (aa) contenant la région de fixation
de la protéase à son récepteur. Notre choix pour
le deuxième ligand s'est porté sur la partie restreinte
de l'ATF au domaine de liaison de l'uPA à l'uPAR, d'une taille
de 19 aa. Nous avons montré que les protéines d'enveloppe
modifiées étaient correctement maturées et que les
rétrovirus recombinants résultants étaient infectieux,
notamment sur les lignées de GB et de CHC. Pour améliorer
l'infectivité du rétrovirus, nous avons intercalé
un peptide de jonction comprenant un site de clivage à une protéase,
l'urokinase, entre le ligand et la sous-unité SU. Ce peptide a
permis d'augmenter la transduction des cellules cibles.
Nos résultats suggèrent que l'uPAR est un candidat de
choix dans l'élaboration de stratégies de ciblage rétroviral
des cellules tumorales humaines, et valident la stratégie d'infection
en deux étapes.
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La surexpression de la décorine humaine à l'aide d'un vecteur
adénoviral induit in vivo, localement et à distance,
un effet pro-apoptotique spécifique des cellules tumorales
Tralhão JG 1, Schaefer L 3,
Evaristo C 1, Schonherr E 3, Micegova M 3,
Kayal S 4, Veiga-Fernandes H 5, Danel C 1,
Aresta S 6, Kresse H 3, Lemarchand P 1
1Inserm E0016, Faculté Necker-Enfants malades,
Paris ; 3 Département de médecine interne, Université
de Münster, Allemagne ;
4 Inserm U. 411 ; 5 Inserm U345, Faculté
Necker-Enfants malades ;
5 Inserm U. 528, Institut Curie, Paris.
La décorine (DCN) est un protéoglycan ubiquitaire de la
matrice extracellulaire. La surexpression de la DCN dans des lignées
tumorales humaines induit une surexpression de p21WAF1, inhibiteur
puissant de l'activité des kinases cyclines-dépendantes,
et freine la croissance tumorale in vitro et in vivo. Nous
avons voulu évaluer in vivo l'effet antitumoral autocrine
et paracrine de la surexpression de la DCN à l'aide d'un vecteur
adénoviral (Ad DCN). Une injection intratumorale ou intraveineuse
d'AdDCN induit in vivo une réduction du volume des tumeurs
humaines xénogéniques chez la souris nude, par apoptose
des cellules tumorales. L'apoptose a été evaluée
par l'analyse du cycle cellulaire par FACS (présence d'un pic en
sous-G1) et in vivo par Tunel. L'injection intratumorale d'AdDCN
entraîne une inhibition de la croissance non seulement de la tumeur
injectée, mais également d'une tumeur controlatérale
non injectée, montrant ainsi un effet antitumoral à distance.
L'étude par immunohistochimie avec des anticorps anti-DCN et la
quantification de la DCN dans les tumeurs, confirme la migration de la
DCN dans la tumeur située à distance du point d'injection.
L'apoptose des cellules tumorales, induite par la DCN, est indépendente
du background génétique des cellules tumorales humaines
testées. Cet effet pro-apoptotique semble lié à l'expression
forte du gène de la DCN obtenue par l'utilisation d'un vecteur
adénoviral. De plus, cet effet pro-apoptotique est spécifique
des cellules tumorales, aucune apoptose ni inhibition de croissance n'ayant
été observée dans des cellules humaines non tumorales
(hépatocytes, Huvec et fibroblastes). Ces résultats soulignent
l'intérêt de la thérapie génique par le transfert
adénoviral du gène de la DCN, en tant que nouvelle approche
du traitement du cancer primaire et métastasé.
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Optimisation du schéma de thérapie génique locale
par injection intratumorale itérative de gène p53 sauvage
complexé à la polyéthylènimine glucosylée
dans les carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou
Merlin JL 1, Dolivet G 1,
Barberi-Heyob M 1, Erbacher P 2, Behr JP 2,
Guillemin F 1
1 Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy
; 2 Faculté de Pharmacie, Illkirch.
Nos premiers résultats in vitro [Merlin, et al.
Cancer Gene Therapy 2001] et in vivo [Merlin, et al.
Clin Cancer Res 2001] ont montré l'intérêt
du transfert du gène sauvage de p53 complexé à la
polyéthylènimine glucosylée (PEIglu) dans les cancers
épidermoïdes de la tête et du cou. L'étude présente
rapporte les essais d'optimisation du schéma de thérapie
génique par administration intratumorale itérative dans
des xénogreffes de cancers humains de la tête et du cou.
L'étude quantitative des cinétiques d'expression transgénique
a été menée en utilisant la luciférase comme
gène rapporteur et a permis d'optimiser le schéma d'administration.
L'efficacité thérapeutique du transfert du gène p53
sauvage a été ensuite évaluée par étude
d'inhibition de croissance de xénogreffes de tumeurs humaines chez
la souris nude. Différents schémas d'administration de complexes
PEIglu/ADN ont été évalués par injections
intratumorales itératives hebdomadaires ou bi-hebdomadaires pendant
8 à 10 semaines consécutives). L'expression maximale du
transgène est observée 48 h après injection. Chez
les souris traitées en schéma hebdomadaire pendant 5 semaines,
l'effet inhibiteur de la croissance tumorale apparaît lié
à la durée de la thérapie génique et la croissance
tumorale est retardée pendant plus de 8 semaines. En schéma
bi-hebdomadaire, aucune différence n'est observée entre
1, 3 et 5 semaines de traitement. Le retard de croissance tumorale observé
est supérieur et plus durable pour les tumeurs de petite taille
(150 mm3) par rapport aux tumeurs de taille supérieure
(500 mm3) pour lesquelles la croissance reprend dès
l'arrêt de la thérapie génique.
Ces résultats confirment l'intérêt potentiel de
la polyéthylènimine glucosylée pour le développement
d'un schéma itératif de thérapie génique locale
pour le transfert de gène p53 sauvage dans les carcinomes épidermoïdes
de la tête et du cou.
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