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Radiothérapie - Communications 137 à 146


Bulletin du Cancer. Volume 89, Number 5, 517-21, Mai 2002, XXIIe Forum de cancérologie - 4, 5 et 6 juin 2002



ARTICLE

137
Radio-chimiothérapie adjuvante des cancers du pancréas

Kirova YM 1, Belembaogo E, Bossard C, Braud AC 1, Rafaramino F 1, Le Bourgeois JP 1, Lagrange JL 1

1 Service de radiothérapie, CHU Henri-Mondor, Créteil.

L'adénocarcinome pancréatique reste de pronostic sombre, avec une survie à 5 ans inférieure à 5 %. Après résection chirurgicale, la médiane de survie est de 12 mois. La radio-chimiothérapie concomitante utilisée comme traitement adjuvant a montré un intérêt en termes de survie après une chirurgie complète.

Matériel et méthodes. Entre 1990 et janvier 2000, 24 patients avec un adénocarcinome du pancréas réséqué et histologiquement prouvé ont été traités dans notre service. Les patients traités par radiothérapie ont reçu une dose totale de 45-50 Gy en fractionnement classique. La plupart d'entre eux ont été traités par une radiothérapie de conformation. Une scanographie a été réalisée en position de traitement. Les organes à risque (reins, moelle, foie...), ainsi que le CTV (clinical treatment volume) ont été repérés par le radiothérapeute avec le logiciel Plato RTS 3D. Dans un premier temps, une dose de 30 Gy a été délivrée au niveau du lit tumoral et des aires ganglionnaires par 4 faisceaux de photons de 18-25 mV ; 15-20 Gy supplémentaires ont été délivrés au niveau du lit tumoral avec une marge de 1,5 cm. Les patients traités par chimiothérapie seule ont reçu du 5-fluoro-uracile (5FU) 1 000 mg/m2 de J1 à J5 et du cisplatine (CDDP) 100 mg/m2 à J2, toutes les 3 semaines pendant 6 cures. Les patients traités par radio-chimiothérapie ont reçu 45-50 Gy associés à 5FU 750-800 mg/m2 de J1 à J5 et CDDP 75-80 mg/m2 semaine 1 et 4, suivis soit par la chimiothérapie précédemment décrite, soit par du 5FU continu. Un autre groupe de patients a été traité selon le protocole Espac
(2 patients ont été randomisés dans le groupe radio-chimiothérapie, 1 patient chimiothérapie seule et 1 patient sans traitement complémentaire). Huit patients ont refusé tout traitement anticancéreux et ont été suivis.

Résultats. Il y avait 11 hommes et 13 femmes, âgés de 41 à 73 ans (médiane 61 ans) avec un état général PS 0 dans 8 cas, PS 1 dans 11, PS 2 dans 3 et PS >= 3 dans 5 cas. La tumeur était localisée à la queue du pancréas dans 1 cas, le corps et la queue dans 2, le pancréas entier dans 2 et la tête du pancréas dans 20. Les stades étaient les suivants : stade I (2 patients), stade II (2 patients), stade III (17 patients), inconnu (3 patients). La médiane de survie était de 17 mois (intervalle de confiance à 95 % (95 %
CI = 9-34) pour les patients traités par traitement adjuvant versus 10 mois (95 % CI = 0-20) pour les patients refusant le traitement (p > 3). Le temps médian jusqu'à la récidive était de 11 mois (95 % CI = 4-20) versus 5 mois (95 % CI = 0-15 ; p > 3). Deux patients sont en rémission complète à plus de 36 mois après un traitement par chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. Il n'y a pas eu de toxicité de grade 4.

Conclusion. Le traitement des adénocarcinomes du pancréas est faisable avec une toxicité acceptable. Bien que les résultats que nous observons ne soient pas statistiquement significatifs, ils sont compatibles avec une amélioration de la survie des patients recevant un traitement adjuvant.

138
La place de la radiothérapie conformationnelle dans le traitement des carcinomes des voies biliaires

Kirova Y, Belembaogo E, Gres B, Le Bourgeois JP, Lagrange JL

Service de radiothérapie, CHU Henri-Mondor, Créteil.

Objectif de l'étude. La radiothérapie de conformation est une nouvelle approche dans le traitement des tumeurs des voies biliaires. Avec cette technique, on peut ainsi envisager d'augmenter la dose totale délivrée au niveau du lit tumoral et de diminuer la dose au niveau des organes critiques autour du volume irradié. Dans cette étude, nous avons évalué la faisabilité de cette technique et analysé les résultats dans les tumeurs des voies biliaires.

Patients et méthode. De mai 1998 à juillet 2001, 3 femmes et 5 hommes présentant des carcinomes des voies biliaires ont été traités par une radiothérapie de conformation dans le service de radiothérapie de l'hôpital Henri-Mondor. Dans le but de réaliser une radiothérapie de conformation, une scanographie a été réalisée en position de traitement pour tous les patients. Les organes à risque (reins, moelle, foie...) ainsi que le CTV (clinical treatment volume) ont été repérés par le radiothérapeute avec le logiciel Plato RTS 3D. Les différents essais de simulation virtuelle réalisés ont amené à choisir le meilleur plan dosimétrique. Dans un premier temps, une dose de 30 Gy est délivrée au point ICRU par 4 faisceaux de photons 18 mV au niveau de la tumeur (ou lit tumoral) et des aires ganglionnaires. La forme des champs d'irradiation était ajustée à l'aide de caches personnalisés de manière à ce que l'isodose 95 % (28,5 Gy) entoure les CTV avec une marge de 1,5 cm (PTV = CTV1 + CTV2 + 1,5 cm) ; 15 Gy supplémentaires ont été délivrés généralement par des photons 18 mV par 3 faisceaux obliques OAG, OAD, OPG en respectant une marge de 1 cm autour du CTV1 (PTV = CTV1 + 1 cm). Cette radiothérapie conformationnelle était concomitante à une chimiothérapie par 5FU-cisplatine dans 5 cas.

Résultats. L'analyse des DVH rein, foie, moelle a été faite. L'analyse des résultats cliniques montre : 5 rémissions complètes ont été obtenues, 1 rémission partielle,
1 patiente n'a pas terminé la radiothérapie en raison de l'altération de son état général et de la dissémination de sa maladie, 1 patiente est encore en cours d'irradiation. La radiothérapie conformationnelle au niveau des voies biliaires était très bien tolérée avec des nausées de grade 2-3, des vomissements de grade 1-2.

Conclusion. La radiothérapie conformationnelle apparaît comme une méthode intéressante dans le traitement des tumeurs localisées au niveau des voies biliaires. Elle permet de diminuer la dose au niveau des organes à risque et ainsi de diminuer l'incidence des complications. Des études prospectives sur un plus grand nombre de patients sont nécessaires pour évaluer l'efficacité et les meilleures conditions de ce traitement.

139
Efficacité de l'électron thérapie cutanée totale (ECT) pour le traitement des patients atteints de mycosis fungoïde aux stades précoces

Ysebaert L 1, Truc G 1, Dalac S 2, Lambert D 2, Naudy S 1, Maingon P 1

1 Département de radiothérapie, Centre G.-F.-Leclerc, rue du Pr-Marion, 21079 Dijon Cedex ; 2 Service de dermatologie, CHU du Bocage, 21034 Dijon Cedex.

Objectifs. Rapporter les 25 ans d'expérience acquis sur le traitement par ECT de 57 sujets avec mycosis fungoïde (MF) de stade T1-2, N0-1.

Matériels et méthodes. Les patients (24 T1 et 33 T2, dont 37 N0 et 20 N1) étudiés avaient 60,5 ans d'âge moyen au moment du diagnostic de MF. Il s'agissait du premier traitement pour cette affection pour 32/57 malades, les 25/57 autres étant en situation d'échec d'une autre thérapeutique (Puva 12/25, caryolysine 7/25, chimio-thérapie systémique 4/25, dermocorticoïdes 12/25, corticoïdes 4/25, interféron 4/25, rétinoïdes 4/25). Le MF avait été précédé par un parapsoriasis chez 27/57 patients. Le traitement a comporté une ECT par électrons de 6-7 MeV (55/57 patients) ou 4 MeV (2/57 patients) pour une dose maximale moyenne délivrée dans les premiers 5 mm de la peau de 30 Gy (déterminée par dosimétrie thermoluminescente à la fin de la dernière séance). Le fractionnement utilisé a été de 8 x 3 Gy pour 35/57 patients, 15 x 2 Gy pour 17/57 patients et 17 x 2 Gy pour 5/57 patients. L'étalement moyen du traitement est de 35 jours (21-54 jours).

Résultats. Le suivi a porté sur une période moyenne de 114 mois (14-300) à compter du diagnostic histologique de MF. Le délai moyen de recours à l'ECT fut de 16 mois
(1-142). L'évaluation de la réponse 3 mois après la fin de la radiothérapie montre un taux de RC de 86 % tous stades confondus (87,5 % T1 versus 84,8 % T2), 5 % de RP > 50 % et une maladie stable ou évolutive dans 5 % des cas. La tolérance de la procédure est excellente, avec une toxicité cutanée de grade 3 de l'OMS pour 14/57 patients, sans complication infectieuse ou hématologique, et aucun décès toxique. Les taux de survie sans rechute (SSR) et de survie globale (SG) sont détaillés dans le tableau suivant :

140
Le rôle de la radio-chimiothérapie première dans le traitement des cancers de l'œsophage inopérables

Belembaogo E, Kirova YM, Thirion P, Braud AC, Piedbois P, Lagrange JL, Le Bourgeois JP

Service de cancérologie, CHU Henri-Mondor, Créteil.

Plusieurs essais ont montré l'intérêt des associations radio-chimiothérapie dans le traitement des cancers de l'œsophage de stade T3. Le taux de réponse histologique conditionne le traitement locorégional et le pronostic à long terme. L'objectif de cette étude est d'évaluer l'intérêt d'une association de chimiothérapie par 5FU 800 mg/m2/j en IV continu de J1 à J5 et cisplatine 80 mg/m2 à J2 avec une radiothérapie concomitante à la dose totale de 45 Gy sur la réponse histologique et le pronostic à long terme des patients porteurs d'un cancer de l'œsophage inopérable.

Matériel et méthodes. Trente-neuf patients (7 femmes et 32 hommes) ont été traités selon ce schéma, 35 avaient un carcinome épidermoïde et 4 un adénocarcinome. Le nombre moyen de cycles de chimiothérapie est de 3,4 (entre 2 et 6). La dose moyenne délivrée sur l'œsophage était de 45 Gy.

Résultats. Sur les 39 patients évalués, 19 avaient une réponse histologique complète, 17 une rémission partielle et 3 ont présenté une progression en cours de traitement, 1 est décédé après le 1er cycle de progression tumorale, 7 ont été opérés et la réponse complète a été confirmée. Certains des patients présentant une réponse partielle ont poursuivi la radio-chimiothérapie jusqu'à la dose totale de 65 Gy en fractionnement classique concomitante à une chimiothérapie par 5FU et cisplatine, 50 % de ces patients ont obtenu une rémission complète après l'irradiation à 65 Gy. Le suivi médian de ce groupe de patients a été de 19,9 mois. La durée médiane de survie est de 12 mois, 16 patients ont progressé, 15 ont eu une survie sans progression supérieure à 20 mois, 5 sont en réponse complète persistante à 18 mois.

Conclusion. Le traitement par radiothérapie concomitante à une chimiothérapie par 5FU et cisplatine des cancers de l'œsophage inopérables permet d'obtenir des rémissions complètes et des survies prolongées.

141
Analyse rétrospective de 108 carcinomes canalaires in situ mammaires traités par association radio-chirurgicale

Fourneret P 1, De Cornulier J 1, Artignan X 1, Pasquier D 2, Payan R 4,Winckel P 5, 6, Kolodié H 1, Vincent F 1, Crépin C 1, Colonna M 1, Bernard P 3, Bolla M 1-6

1 Département de cancérologie-hématologie ; 2 Service d'anatomo-pathologie, 3 Département de gynécologie-obstétrique, CHU de Grenoble ; 4 Clinique Belledone ; 5 Clinique du Maïl ; 6 Office départemental de lutte contre le cancer (ODLC).

L'objectif de cette étude est d'évaluer la survie et les facteurs de pronostic de patientes porteuses d'un carcinome canalaire in situ (CCIS) mammaire irradiées, après chirurgie conservatrice, au CHU ou à la clinique du Maïl.

Cent-huit patientes ont été traitées de 1980 à 1996. La chirurgie (tumorectomie ou quadrantectomie) a été réalisée au CHU et à la clinique Belledonne. Toutes les lames ont été revues par l'un d'entre nous (DP) pour définir le diamètre tumoral et le statut de la marge chirurgicale (négative au-delà de 1 mm). L'irradiation au télécobalt 60 et ou aux photons de 5 mV délivrait en moyenne 50 Gy/25 fr/5 sem. L'âge médian est de 51 ans (37-80). Le diamètre tumoral médian est de 12,5 mm (11,2-17). Le suivi médian est de 93 mois (40-173). La survie a été calculée selon Kaplan-Meier, et les comparaisons ont été conduites avec le test du log-rank.

Le taux de survie spécifique à 10 ans est de 100 %. Le taux de contrôle local à 5 et 10 ans est de 92 % et 89 % ;
9 échecs locaux (8,3 %) sont répertoriés : 3 in situ (2,7 %), 6 invasifs (5,5 %). Le délai médian d'apparition de la rechute locale est de 36 mois (17-68). Marge positive et taille >= 10 mm ont un impact pronostique en analyse univariée : p = 0,005 et p = 0,02. Sept récidives locales sur 9 surviennent chez des patientes R1 et 8 sur 9 chez des patientes présentant un diamètre tumoral >= 10 mm. En analyse multivariée, le statut des berges a une valeur pronostique (p < 0,02). Les récidives ont été traitées par mastectomie (8 cas) et quadrantectomie (1 cas) avec irradiation ovarienne (3 cas) et ovariectomie bilatérale (1 cas) plus tamoxifène chez 4 patientes porteuses d'une tumeur invasive : l'une d'elle (pN1) a bénéficié d'une irradiation axillo-sus-claviculaire.

Bien que notre cohorte soit discrète, les résultats sont conformes aux données de la littérature ; ils devraient être améliorés à l'avenir par l'assurance qualité de la campagne de dépistage évalué du cancer du sein en Isère, effectuée sous l'égide de l'ODLC depuis 1990, qui rend obligatoire la double lecture des clichés et qui propose depuis 1995 une visite bi-annuelle sur site des cabinets de radiologie.

142
Risque de survenue d'un mélanome après radiothérapie pour un cancer durant l'enfance

Guérin S, Dupuy A, Shamsaldin A, Anderson H, Garwicz S, Möller T, Svahn-Tapper G, de Vathaire F

Inserm XUR521 et Institut Gustave-Roussy, Villejuif, France ; Department of Pediatrics and Department of Cancer Epidemiology, University Hospital, Lund, Sweden. Southern Swedish Regional Tumor Registry, Lund and Swedish Cancer Registry, Stockholm, Sweden.

Bien que le mélanome soit rare durant l'enfance et l'adolescence, des études récentes indiquent une augmentation de son incidence. Cette étude a pour objectif de quantifier le risque de mélanome en tant que second cancer et d'étudier sa relation avec la chimiothérapie, la radiothérapie et le type de premier cancer.

Parmi 4 398 survivants à 3 ans d'un premier cancer survenu pendant l'enfance, traités entre 1942 et 1985 dans 8 centres français et anglais et 25 120 patients issus d'une cohorte nordique, âgés de moins de 20 ans au moment de la survenue d'un premier cancer, 17 patients ont développé un mélanome comme second cancer (SMN). Chaque cas a été apparié à 5 témoins, sur le sexe, l'âge et l'année calendaire au premier cancer et la durée du suivi. La dose locale moyenne reçue par les 17 patients à l'emplacement du mélanome et par les 80 témoins à l'emplacement correspondant à celui des patients était respectivement égale à 14 Gy (étendue 0-40) et 4,6 Gy (étendue 0-45).

Deux des 17 cas étaient situés en bord de champ d'irradiation (doses au siège du mélanome 8 et 18 Gy) et 3 étaient situés dans les champs d'irradiation (doses 36, 39 et 40 Gy). Le risque de mélanome est significativement corrélé à la dose locale (p = 0,04). Le meilleur modèle dose-effet étant un modèle exponentiel, une dose locale de 10 Gy ou plus est associée à un risque relatif de 6,3 (95 % IC = 0,8-51,3). Six patients (35 %) et 14 témoins (18 %) ont reçu de la chimiothérapie. Quatre patients et 6 témoins ont reçu simultanément des agents alcoylants (cyclophosphamide, procarbazine, mustine) et des vinca-alcaloïdes (vincristine, vinblastine). Le risque de mélanome augmentait avec la prise simultanée d'agents alcoylants et de vinca-alcaloïdes, même après ajustement sur la dose locale de radiothérapie, OR = 3,0 (95 % IC = 0,5-19). Quatre cas et 3 témoins avaient été traités pour un cancer des gonades (7 ovaires et 1 testicule). Le fait d'avoir été traité pour ce type de premier cancer était associé à un risque très élevé de mélanome, même après ajustement sur la radiothérapie et la chimiothérapie : OR = 10 (95 % IC = 2,1-50).

En conclusion, le risque de développer un mélanome est fortement corrélé au type de premier cancer et à la dose locale de radiothérapie.

Supported EEC grants : 91CV01090-0, F13P-CT92-0064 and F14P-CT95-0009 and IGR, Inserm, Cnamts, EDF, Snecma, Framatome, ARC, LNCC.

143
Risque de survenue d'un cancer du sein après traitement pour un premier cancer dans l'enfance

Guibout C 1, Adjadj E 1, Samand A 1, 2, Oberlin O 2, Hawkins M 3, de Vathaire F 1

1 Inserm U. 521, 2 Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex ; 3 Department of Public Health and Epidemiology. University of Birmingham, UK.

Une cohorte de 1 965 patientes ayant survécu au moins 3 ans à un premier cancer survenu avant l'âge de 17 ans et traitées entre 1946 et 1985 dans 8 centres en France et en Angleterre a été constituée. La dose de radiation reçue aux deux seins a été estimée pour l'ensemble de la cohorte à partir des dossiers de radiothérapie en utilisant le logiciel DOS-EG développé à l'IGR.

Dix-sept femmes ont développé un cancer du sein, entre 8 et 37 ans après leur premier cancer. Le risque cumulé de cancer du sein est de 0,28 % (IC95 % = 0 à 0,55 %) 15 ans après le premier cancer et de 2,5 % (IC95 % = 0,91 à 4,1 %) 30 ans après. À l'âge de 40 ans, le risque cumulé est de 4,3 % (IC95 % = 1,7 à 6,9 %) pour l'ensemble de la cohorte. Le risque relatif associé à la radiothérapie est de 1,3 (IC95 % = 0,4 à 4 %) et celui associé à la chimio-thérapie est de 2,0 (IC95 % = 0,7 à 6 %). Plus précisément, un risque significatif semble être associé à la dose de radiation reçue aux seins, à l'administration de poison du fuseau et à celle d'inhibiteurs de la topo-isomérase II. En revanche, aucun effet des agents alkylants n'a pu être mis en évidence. Après ajustement sur ces variables, un risque propre a été mis en évidence chez les jeunes patientes traitées pour un lymphome de Hodgkin (RR = 5) ou pour un neuroblastome (RR = 4).

En conclusion, cette étude montre que la mise en évidence des facteurs de risque de cancer du sein après traitement d'un cancer dans l'enfance est un problème complexe. En effet, il semble lié d'une part, à la dose de radiothérapie localement administrée, et d'autre part à la prise de certains agents thérapeutiques, mais le type du premier cancer semble également jouer un rôle.

Supported EEC grants : 91CV01090-0, F13P-CT92-0064 and F14P-CT95-0009 and IGR, Inserm, Cnamts, EDF, Snecma, Framatome, ARC, LNCC.

144
Effet de l'irradiance lumineuse sur l'efficacité de la thérapie photodynamique dans des xénogreffes tumorales et des sphéroïdes HT29 photosensibilisés par la méta-tétra(hydroxyphényl) chlorine (mTHPC)

Coutier S, Maugain E, Bezdetnaya L, Guillemin F

Unité de recherche en thérapie photodynamique, Centre Alexis-Vautrin, 54511 Vandœuvre-lès-Nancy Cedex.

La thérapie photodynamique (PDT) est une modalité de traitement récente préconisée pour des petites tumeurs accessibles à la lumière. Nous avons comparé l'efficacité photodynamique obtenue in vivo chez des souris porteuses de tumeurs et dans des sphéroïdes issus de la même lignée cellulaire, irradiés avec une dose de lumière équivalente délivrée à différentes irradiances. Les souris ont été photosensibilisées avec la mTHPC et soumises 72 heures plus tard à une irradiation de 12 J/cm2 avec une lumière laser rouge délivrée à une irradiance de 5, 30, 90 ou 160 mW/cm2. En effet, le temps nécessaire au quadru-plement de volume des tumeurs est significativement plus élevé chez les souris traitées à 5 et 30 mW/cm2 par rapport à celles traitées à 90 et 160 mW/cm2. Une corrélation a été établie entre cet effet et les mesures intratumorales de PO2. Le traitement en parallèle de sphéroïdes HT29 avec 3 mug/ml de mTHPC et 10 J/cm2 de lumière administrée à une irradiance de 90 ou 30 mW/cm2 révèle également une plus grande efficacité du traitement avec l'irradiance la plus faible. La dépendance de l'efficacité du traitement envers l'irradiance suit la même tendance dans les sphéroïdes et les xénogreffes. Cela indique que, dans notre système expérimental in vivo, la destruction des tumeurs serait davantage liée à des effets photocytotoxiques directs qu'à une ischémie causée par des dommages vasculaires.

145
Comparaison dosimétrique de trois techniques de radiothérapie, classique, conformationnelle et par modulation d'intensité des cancers des voies aérodigestives supérieures

Racadot S, Lapeyre M, Marchesi V, Aletti P, Noel A, Marchal C, Bey P

Service de radiothérapie, Centre Alexis-Vautrin, avenue de Bourgogne, 54511 Vandœuvre-lès-Nancy Cedex.

La radiothérapie par modulation d'intensité a été mise en place au centre Alexis-Vautrin depuis janvier 2001. Le but de l'étude a été de montrer l'intérêt pour les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) de la radiothérapie par modulation d'intensité (IMRT) par comparaison dosimétrique aux autres techniques.

Matériel et méthodes. Il s'agissait de 3 cas : un larynx sus-glottique en territoire irradié (60 Gy en 30 fractions) et de deux oropharynx (50 Gy en 25 fractions). L'IMRT est réalisée selon un mode dynamique avec un accélérateur linéaire (Clinac EX 23,Varian Medical Systems), doté d'un collimateur multilames (MLC Millenium 120). Le logiciel de planification inverse est le système Hélios (module d'optimisation de Cadplan). Une étude dosimétrique a été effectuée pour comparer les radiothérapies classique (Rclas), conformationnelle (RTC) et IMRT.

Résultats. Le volume de PTV (planning target volume) recevant 95 % de la dose prescrite est supérieur ou égal à 95 % pour les trois techniques. En IMRT, les doses moyennes à la parotide controlatérale varient de 11 à 32 Gy contre respectivement 20 à 50 Gy et 20 à 39 Gy en Rclas et RTC. Les doses moyennes reçues par la cavité buccale (glandes salivaires accessoires) varient respectivement de 46 à 51 Gy et de 30 à 35 Gy en RTC et IMRT.

Conclusion. Les trois techniques de radiothérapie permettent une bonne couverture tumorale. L'IMRT permet en revanche d'épargner les parotides et les glandes salivaires mineures et ainsi de limiter la xérostomie. L'évaluation prospective des résultats cliniques (contrôle local, survie et complication) permettra certainement de confirmer ces données.

146
Dosimétrie comparative entre télécobalt, photons de 4 MV et photons de 6 MV après traitement conservateur dans le cancer du sein

Belvisi JB, Seroux Y, Kerdanet G, Supiot S, Le Blanc-Onfroy M, Campion L, Lisbona A, Granier-Gérardin A, Mahé MA

Centre René-Gauducheau, Nantes.

Lors du congrès de l'Astro 2001 [abstract n° 2039 ; Supiot, Mahé, et al.)], notre équipe a souligné le rôle de l'énergie sur le contrôle local. L'objectif de l'étude présente était de comparer les différences dosimétriques entre télécobalt, RX4MV et RX6MV.

Patients et méthodes. Cinquante patientes ayant bénéficié d'un traitement conservateur ont été sélectionnées au hasard. L'acquisition a été obtenue à partir de coupes scanographiques centimétriques. Le volume cible clinique (CTV) a été dessiné sur chaque coupe avec les limites suivantes : 5 mm sous la peau en surface, paroi thoracique en profondeur, fourchette sternale en haut, 1 cm sous le sillon sous-mammaire en bas. Des histogrammes dose-volume ont été établis pour chaque patiente pour les trois énergies sans et avec filtre 20°. L'étude statistique a été faite par le t-test.

Résultats. Le CTV médian était de 650 ml (extrêmes 160-2 300). Avec les filtres 20°, l'isodose 100 % couvrait 79 % du CTV en RX4MV contre 65 % au cobalt et 51 % en RX6MV. En l'absence de filtre, les résultats étaient de 57 % en RX4 MV, 44 % au cobalt et 33 % en RX6MV. Les différences étaient tout à fait significatives (p < 0,00001) avec ou sans filtre entre RX4MV et cobalt, RX4MV et RX6MV d'une part et cobalt et RX6MV d'autre part. Les mêmes différences étaient observées pour l'isodose 95 % : RX4MV 87 %, cobalt 78 %, RX6MV 75 %. Les différences étaient significatives quelle que soit la taille des seins (CTV > ou < 650 ml).

Conclusion. La répartition de la dose apparaît plus homogène en RX4MV qu'un cobalt et en RX6MV d'une part et au cobalt qu'en RX6MV quelles que soient la taille des seins et l'utilisation de filtres en coin. Cela nous amène à recommander l'utilisation de la plus petite énergie disponible en photons X.


 

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