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Recherche clinique - Communications 112 à 136


Bulletin du Cancer. Volume 89, Number 5, 505-16, Mai 2002, XXIIe Forum de cancérologie - 4, 5 et 6 juin 2002



ARTICLE

112
Suivi cardiaque à long terme des patientes ayant reçu 6 FEC50 versus 6 FEC100
(étude GFEA 05) en chimiothérapie adjuvante pour un cancer du sein avec atteinte ganglionnaire (N+)

Bousquet G 1, Bonneterre J 1, Roché H 2, Kerbrat P 3, Fumoleau F 4, Goudier MJ 5, Bonneterre ME 1, Chapelle-Marcillac I 6 pour le Groupe GFEA

1 Centre Oscar-Lambret, Lille ; 2 Centre Claudius-Regaud, Toulouse ;
3 Centre Eugène-Marquis, Rennes ; 4 Centre René-Gauducheau, Nantes ; 5 Centre hospitalier, Lorient ; 6 Laboratoire Pharmacia SA, Guyancourt.

Le but de cette étude est d'évaluer la fonction cardiaque à long terme chez des patientes en rémission complète, traitées dans le cadre de l'étude GFEA05 [J Clin Oncol 2001 ; 19 : 602-11] par 6 FEC50 (épirubicine 50 mg/m2) ou 6 FEC100 (épirubicine 100 mg/m2) comme chimiothérapie adjuvante pour cancer du sein N+. Cent cinquante patientes sur 278 (FEC50 : 65, FEC100 : 85) ont accepté de participer à une évaluation cardiaque comportant : événements cliniques depuis la chimiothérapie, fréquence cardiaque, pression artérielle, maladies et traitements concomitants, électrocardiogramme, fraction d'éjection ventriculaire gauche isotopique et échocardiographique (FEV-G), fraction de raccourcissement, diamètres télédiastolique et télésystolique, temps de relaxation isovolumique, ratio E/A. Les dossiers ont été revus sous aveugle par des cardiologues et oncologues. Le suivi médian est de 102 mois, l'âge médian de 59 ans. Les caractéristiques sont équilibrées entre les deux bras. Deux patientes dans le bras FEC100 ont été traitées pour insuffisance cardiaque congestive et sont asymptomatiques (imputabilité : possible). Une baisse de la FEV-G en dessous de la normale a été observée chez 6 patientes dans le bras FEC100 (imputabilité : 2 possibles, 4 probables) sans symptôme clinique, aucune patiente dans le bras FEC50 (p = 0,03). Une baisse de la FEV-G dans les limites de la normale a été observée chez 13 patientes dans le bras FEC100 (8 toxicités de grade CTC 1 ; 5 CTC de grade 2) et chez 1 patiente (CTC grade 1) traitée dans le bras FEC50 (p = 0,004) (imputabilité : 4 douteuses, 6 possibles, 4 probables). Parmi les insuffisances cardiaques et les baisses de FEV-G, 15/21 patientes ont reçu une radiothérapie sur l'hémithorax gauche. Il n'y avait pas de différence dans les autres paramètres, à l'exception de la valeur moyenne de la fraction de raccourcissement, inférieure dans le bras FEC100 (p = 0,002).

Conclusion. Durant les 8 années suivant la chimiothérapie par 6 FEC100, seules 2 patientes ont présenté une insuffisance cardiaque, ce qui est minime au regard des données publiées. Les autres patientes ayant eu des modifications cardiaques sont asymptomatiques et leur FEV-G est normale pour 14/19. Les patientes présentant des modifications cardiaques doivent donc bénéficier d'une surveillance adaptée, et la chimiothérapie par FEC100 doit être évitée chez celles présentant des facteurs de risques cardiaques.

113
Étude de phase II randomisée évaluant docétaxel-épirubicine versus 5FU-épirubicine-cyclophosphamide en chimiothérapie de 1re ligne dans le cancer du sein métastatique

Santer S 1, Bonneterre J 1, Dieras V 2, Tubiana-Hulin M 3, Bougnoux P 4, Bonneterre ME 1, Bendahmane B 5

1 Centre Oscar-Lambret, Lille ; 2 Institut Curie, Paris ; 3 Centre René-Huguenin, Saint-Cloud ; 4 CHU Bretonneau, Tours ; 5 Laboratoire Aventis, Paris.

Docétaxel (Taxotère®) a démontré une importante activité chez les patientes avec cancer du sein métastatique (MBC), y compris celles avec mauvais pronostic. Cette étude de phase II randomisée a évalué l'efficacité de l'association docétaxel-épirubicine (ET) (75/75 mg/m2) versus 5FU-épirubicine-cyclophosphamide (FEC75) (500-75-500 mg/m2), tous les 21 jours avec un maximum de 8 cycles. Les patientes éligibles présentaient un MBC prouvé histologiquement, avec au moins une cible mesurable bi-dimensionnelle, sans chimiothérapie antérieure pour MBC, avec une dose cumulée d'équivalent doxorubicine ¾ 310 mg/m2, indice de performance OMS ¾ 2, FEV gauche normale, fonctions hématologique, hépatique et rénale correctes, et sans chimiothérapie adjuvante depuis au moins 12 mois.

De septembre 1998 à novembre 2000, 142 patientes ont été incluses, âge médian 54 ans (23-73), indice de performance 0/1/2 = 95/42/5. Les caractéristiques dans les deux bras étaient respectivement pour ET et FEC (%) : chimiothérapie adjuvante 27/35, nombre de sites envahis >= 3 : 61/43 ; foie : 64/57 ; poumon : 51/36 ; os : 58/47. Le nombre médian de cycles reçus est de 6 dans chaque bras. Sur les 142 patientes, 132 sont évaluables pour l'efficacité (ET 65 ; FEC 67). Le taux de réponse objective est de 63 % et 34,3 % (IC95 % : 50-78 et 23-47) et le temps médian avant progression (analyse en intention de traiter) de 7,8 versus 5,9 mois (IC95 % : 5,8-9,6 et 4,6-7,8) dans les bras ET et FEC respectivement. Chez 142 patientes évaluables pour la tolérance, les toxicités NCI-CTC de grade 3 et 4 (% patients ET/FEC) sont : neutropénies 67/60, neutropénies fébriles 26/0, infections 3/0 (1 décès septique), nausées et vomissements 16/16, asthénie 13/6, toxicité neuro-sensorielle 3/0 (grade 3), stomatites 0/4. L'utilisation de G-CSF a été nécessaire chez moins de 25 % des patientes dans le bras ET.

En conclusion, l'association ET constitue un traitement efficace de 1re ligne pour le MBC, elle est supérieure au protocole FEC75 en termes de taux de réponse (62 % versus 34,3 %) et de temps jusqu'à progression (médiane 7,8 versus 5,9 mois). Les données de survie ne sont pas encore prêtes. Des résultats actualisés seront présentés.

114
Intérêt des marqueurs biochimiques dans l'évaluation des métastases osseuses et hépatiques des cancers du sein

Houzé P 1, Le Bricon T 1, Gay-Bellile C 1, 2, Cottu P 2

1 Laboratoire de biochimie, 2 Service d'oncologie, Hôpital Saint-Louis, 1, av. Claude-Vellefaux, 75010 Paris.

But. L'évolution des cancers du sein se caractérise par l'apparition de métastases osseuses et hépatiques. Plusieurs études ont montré l'intérêt des marqueurs urinaires spécifiques dans le suivi des métastases osseuses (MO). Le but de ce travail est d'étudier un marqueur de résorption (C-télopeptide sérique ou CTXs) et un marqueur de formation osseuse (isoenzyme osseuse des phosphatases alcalines ou O-PAL). En parallèle, les atteintes hépatiques seront explorées par la mesure des isoenzymes des phosphatases alcalines (H1 et H2-PAL). Les données seront comparées à la clinique et à l'imagerie.

Matériel et méthode. Vingt-neuf femmes (âge médian 54 ans, ext.32-78 ans) hospitalisées pour cancer du sein métastatique, traitées par chimiothérapie, ont été incluses. Vingt-cinq sont évaluables. La détermination sérique du CTXs (Serum CrossLapTM, Osteometer) et des isoenzymes (Hydragel ISO-PALTM, Sebia) est réalisée à la fin des cures 1, 3 et 6. Les résultats sont exprimés en pmol/l (valeur de référence < 2 500) pour le CTXs et en UI/L pour les isoenzymes (valeurs de référence O-PAL < 100, H1-PAL < 120, H2-PAL < 10).

Résultats. 1) Corrélation à l'atteinte osseuse : les valeurs initiales du CTXs et des O-PAL étaient élevées chez respectivement 10/20 (50 %) et 6/20 (30 %) des patientes métastatiques, soit une élévation de l'un des deux marqueurs chez 70 % des patientes. Le CTXs était élevé chez 6/9 patientes à haut risque (66 %), l'O-PAL chez 1/9 (11 %). Une corrélation inverse entre CTXs et O-PAL était notée chez 19/29 patientes (66 %). 2) Corrélation du CTX et de l'O-PAL à l'évolution chez les patientes métastatiques : L'évolution sur 3 cures complètes a pu être réalisée sur 21 femmes avec des métastases osseuses. Pour le CTXs, la corrélation est positive dans 6 cas sur 12 patientes évaluables, 8 étant non évaluables par les moyens traditionnels. Pour l'O-PAL, une corrélation positive avec la clinique a été retrouvée chez 3 patientes. Les 14 patientes O-PAL négatives sont restées négatives au long de l'évolution. 3) Corrélation de l'i-PAL hépatique avec l'évolution clinique : l'évaluation a porté sur 4 patientes présentant des métastases hépatiques. Il existe une corrélation positive à l'évaluation clinique dans 2 cas sur 4. Chez les 5 patientes traitées de manière adjuvante, 4 présentaient seulement une élévation du CTX de base. Il existe également une élévation des H2-PAL chez 5 patientes sur 9 ne présentant que des MO.

Conclusion. 1) CTXs et/ou O-PAL sont élevées chez la plupart des patientes métastatiques de manière majoritairement inversée, suggérant l'existence de disparités du métabolisme osseux ; 2) faible corrélation immédiate du CTX plasmatique à l'évaluation clinique immédiate ; 3) la concentration en i-PAL hépatique 2 semble fortement corrélée à la présence de métastases hépatiques. Un suivi à long terme apparaît nécessaire pour évaluer la valeur prédictive de ces marqueurs.

115
ICBP90 : corrélation avec le grade et indice de malignité pour les carcinomes mammaires ?

Mousli M 1, Hopfner R 1, Louis B 2, Bathami K 1, Gatinet M 1, 3, Manuel S 1, Bronner C 1

1 Inserm U. 425, Faculté de pharmacie, BP 24, 67401 Illkirch Cedex ; 2 Centre de pathologie, 67015 Strasbourg Cedex ; 3Proteogenix, bd S.-Brant, 67404 Illkirch Cedex.

Nous avons récemment identifié une nouvelle protéine humaine, appelée ICBP90 pour inverted CCAAT box binding protein, de 90 kDa. Il s'agit d'un facteur de transcription régulant l'expression de la topo-isomérase IIalpha, cible majeure des substances anticancéreuses. L'antigène Ki67 est exprimé uniquement dans des cellules en prolifération et, de ce fait, couramment utilisé en anatomopathologie pour évaluer le pourcentage de cellules en prolifération dans un tissu donné. L'utilisation de l'anticorps monoclonal Mib1 (dirigé contre l'antigène Ki67) permet par conséquent d'évaluer l'agressivité d'un cancer. Cependant, de nombreuses études ont montré que l'antigène Ki67 n'est pas exprimé au début de la phase G1 du cycle cellulaire. De ce fait, le nombre de cellules marquées par le Mib1 et l'évaluation de l'agressivité du cancer sont souvent sous-estimés.

L'objectif de cette étude est de démontrer l'efficacité du marquage par l'anticorps monoclonal anti-ICBP90 (1C10) pour tenter de déterminer le nombre réel de cellules cancéreuses et évaluer avec précision l'agressivité du cancer. Des coupes histologiques sériées de carcinomes mammaires (n = 84) de type canalaire infiltrant de grade 1, 2 ou 3 (n = 60), de type lobulaire infiltrant (n = 17) et de type intracanalaire (n = 7) ont été analysées. Une corrélation entre le pourcentage de cellules marquées par l'anticorps 1C10 et le grade a été observée. Le rapport 1C10/Mib1 de chaque coupe était supérieur à 1 dans 79 cas. L'étude sur 6 tissus sains d'estomac, de prostate, de rectum, de duodénum, du sein et de l'appendice montre que ce rapport est nettement inférieur à 1. L'ensemble de ces résultats suggère que l'anticorps anti-ICBP90 (1C10) peut être utilisé non seulement en tant que marqueur de cellules cancéreuses pour mieux évaluer l'agressivité d'un cancer, mais également en association avec le Mib1 (rapport ICBP90/Ki267) pour devenir un réel indice de malignité.

116
Analyse de l'hyperméthylation du gène BRCA1 par une approche puce à ADN dans les cancers médullaires du sein : corrélation avec la perte d'expression de BRCA1

Tisserand P 1, Shaw C 2, Barrois M 3, Gallou C 1, Dendale R 6, Stoppa-Lyonnet D 4, Lenoir G 3, Sastre X 5, Fourquet A 6, Barany F 2, Soussi T 1

1 EA 3493 Laboratoire de génotoxicologie des tumeurs ; 2 Department of Microbiology and Immunology, Weill Medical College of Cornell University, 1300 YorkAvenue, New York, NY 10021 ; 3 Institut Gustave-Roussy, 94805 Villejuif ; 4 Unité de génétique constitutionnelle ;
5 Département de pathologie et 6 Département d'oncologie médicale, Institut Curie, 26 rue d'Ulm, 75005 Paris.

Le cancer médullaire du sein est fortement sur-représenté dans les familles BRCA1 (15 %) par rapport au cancer du sein sporadique (2 %). Il est généralement associé à un bon pronostic. Nous avons analysé l'état de méthylation du gène BRCA1 dans 22 tumeurs du sein de type médullaire ne s'étant pas développées dans un contexte familial. Pour cela nous avons développé une approche puce à ADN spécifiquement dédiée à l'analyse de l'hyperméthylation du promoteur de BRCA1. Cette technologie est basée sur deux types d'analyse : la MSP (methylation specific PCR) et la LDR (ligase detection reaction). Par un traitement au bisulfite de sodium, l'ensemble des cytosines non méthylées est transformé en uracile, qui lors d'une PCR est donc transformé en thymine. Les cytosines méthylées ne sont pas modifiées dans cette réaction. À l'aide d'une puce à ADN contenant les sondes spécifiques de chaque îlot CpG du promoteur de BRCA1, il est donc possible d'évaluer son statut de méthylation.

Nous avons montré que 4 patientes sur 22 présentaient une hyperméthylation du promoteur de transcription de BRCA1. Pour 3 de ces patientes, nous avons effectué une analyse des transcrits de BRCA1 par RT-PCR quantitative et démontré que l'expression de BRCA1 était très fortement diminuée par rapport aux tumeurs n'ayant pas d'inactivation de BRCA1.

Ces résultats, reliés à nos précédents travaux montrant que le gène p53 est inactivé dans la majorité des cancers médullaires du sein, indiquent que ce type de tumeur représente une entité génétique très distincte par rapport aux cancers canalaires ou lobulaires du sein.

117
Mesure du pouvoir œstrogénique global du sérum : une nouvelle approche de la mesure de l'œstrogéno-imprégnation des patientes traitées par hormonothépie pour un cancer du sein

Séronie-Vivien S, Dalenc F, Balaguer P, Roché H, Faye JC

Inserm U. 563, Département d'innovation thérapeutique et oncologie moléculaire, ICR, 20-24, rue du Pont-St-Pierre, 31052 Toulouse Cedex.

L'hormonothérapie représente une arme thérapeutique majeure dans le traitement des cancers du sein, notamment depuis l'introduction des nouvelles anti-aromatases. À ce jour, le seul facteur biologique validé prédictif de la réponse à ces traitements est l'expression des récepteurs aux œstrogènes (RE) et à la progestérone (RP). Cependant, seulement environ 60 % des tumeurs exprimant le RE et/ou le RP sont sensibles au tamoxifène. Pour mieux sélectionner les patientes, de nombreux facteurs prédictifs de réponse à l'hormonothérapie sont en cours d'évaluation, en particulier la surexpression de la protéine c-erbB2.

Dans cette optique, nous avons choisi d'évaluer l'impact de l'œstrogéno-imprégnation (E-I) en tant que nouveau facteur prédictif de réponse à l'hormonothérapie. Cette idée est née du fait qu'aucun lien n'a jamais pu être démontré entre les concentrations circulantes d'œstrogènes endogènes et la réponse aux traitements anti-œstrogéniques. Cette absence de corrélation pourrait être liée au fait que le dosage de l'œstradiol sérique n'est qu'un reflet très incomplet de l'E-I d'un sujet. En effet, le RE peut être activé, non seulement par les œstrogènes endogènes, mais également par des xéno-œstrogènes (présents dans l'alimentation, l'environnement, certaines spécialités parapharmaceutiques...) et par des facteurs de croissance (IGF1, TGAalpha, EGF...) activant le RE via la voie des MAP kinases.

Nous avons mis au point un système cellulaire fondé sur l'expression d'un gène reporter (luciférase) régulée au niveau transcriptionnel par l'action transactivatrice du RE. Ce système répond de façon dose-dépendante, non seulement à l'œstradiol, mais également à divers agonistes endogènes (insuline, EGF, DHEA) et exogènes (diéthylstilbestrol, phyto-œstrogènes). De plus, l'activation de la transcription du gène de la luciférase induite par du sérum humain est réprimée de façon dose-dépendante par le tamoxifène et par un anti-œstrogène pur, l'ICI 182 170. Appliquée à la mesure du pouvoir œstrogénique global du sérum humain, cette méthode originale présente des performances analytiques très intéressantes, avec en particulier une limite de détection basse (10- 11 M équivalent œstradiol), une bonne linéarité dans les concentrations physiologiques, une répétabilité et une reproductibilité excellentes pour une méthode biologique (CV% = 9,6 et 15 % respectivement). Elle est actuellement en cours d'évaluation clinique dans deux essais cliniques d'hormonothérapie étudiant l'association tamoxifène-exémestane en néoadjuvant pour le premier (patientes ménopausées), l'association analogue de la LH-RH anastrozole en première ligne métastatique (patientes non ménopausées) pour le second.

118
Association des mutations du gène p53 avec l'instabilité génomique déterminée par la présence d'altérations de microsatellites dans le cancer du sein

Picard SF 1, Franco N 1, Arnal M 1, Hahnel L 1, Lizard S 1

1 Laboratoire de génétique moléculaire, Centre Georges-François-Leclerc, Inserm U. 517, 21079 Dijon.

De nombreuses études ont montré que l'instabilité génomique est un trait caractéristique du cancer du sein. Cette instabilité est souvent observée au niveau des altérations touchant les séquences de microsatellites. Dans le cancer du sein, l'altération la plus fréquemment détectée par les marqueurs microsatellitaire est la perte d'allèles (LOH pour loss of heterozygosity), supposée être la conséquence directe de cassures double brin. Le gène p53 joue un rôle important dans le contrôle de la stabilité génomique. Dans cette étude, nous avons analysé la relation entre les altérations du gène p53 et l'apparition de l'instabilité génomique mesurée par le taux des LOH dans le cancer du sein.

Les altérations microsatellitaire ont été déterminées sur 11 loci par analyse de fragment (ABI310, PE Applied Biosystems) et les mutations du gène p53 sont étudiées par SSCP suivi d'un séquençage direct (ABI310) sur une population de 66 patientes atteintes de cancer du sein. La comparaison de fréquences des altérations du gène p53 dans les tumeurs présentant ou non des LOH a été analysée par le test de khi2.

Nos résultats montrent une fréquence de mutation du gène p53 de 13,6 %, résultat en accord avec les données de la littérature. Nos résultats d'analyse de fragment montrent que les loci les plus altérés sont le D3S1244 (30,3 %), le TP53 (20,3 %), le D3S1612 (18,9 %) et le D6S264 (17 %). La
présence de mutation du gène p53 est fortement liée
(p = 0,012) aux tumeurs montrant un taux élevé de LOH
(>= 4 loci altérés). Des relations significatives ont été également observées entre les LOH de certains loci et l'instabilité génomique globale. Cependant, le LOH au locus TP53 est le plus significativement lié (p = 0,000012) avec le taux de LOH aux autres loci. L'ensemble de ces résultats suggère que l'instabilité génomique mesurée par le taux de LOH dans le cancer du sein est causée par les altérations touchant le gène p53. Ces résultats sont en accord avec le rôle de p53 dans la réparation des cassures double brin de l'ADN.

Soutien du Comité départemental de Saône-et-Loire et la Ligue bourguignonne contre le cancer.

119
Régulation de l'expression des collagènes et de la distribution du TGFbeta1 par le RG1503, un analogue d'héparanes sulfates, après irradiation de cellules musculaires lisses intestinales humaines (HISM)

Alexakis C 1, Guettoufi A 1, Mestries P 1, Strup C 2, Mathé D 2, Barbaud C 1, Barritault D 1, Caruelle JP 1, Kern P 1

1 CRRET/CNRS FRE 24-12, Faculté des sciences, Université Paris XII, 94010 Créteil Cedex ; 2 DPHD/SARAM, Institut de protection et de sûreté nucléaire, 92265 Fontenay-aux-Roses Cedex.

La fibrose intestinale radio-induite se caractérise par l'accumulation de collagènes, processus dans lequel le TGFbeta1 joue un rôle majeur. Des dextranes chimiquement modifiés, nommés RGTA pour regenerating agents, sont des mimétiques structuraux et fonctionnels des héparanes. Dépourvus d'activité anticoagulante, ils stimulent in vivo la réparation de différents tissus, notamment l'intestin. Récemment, des propriétés antifibrotiques ont été démontrées in vitro. Les RGTA inhibent la prolifération cellulaire et normalisent la biosynthèse des collagènes, en particulier des collagènes de types III et V. Le but de ce travail a été d'étudier l'effet du RG1503, un dérivé sulfaté, sur l'expression des collagènes et sur la distribution du TGFbeta1 dans un modèle in vitro de cellules musculaires lisses intestinales humaines (HISM) irradiées au 60Co. Les paramètres étudiés concernent la modulation de la biosynthèse des collagènes fibrillaires (incorporation 3H-proline, SDS-PAGE, northern-blot) de type I (col I), III (col III), et V (col V) des HISM en présence ou en l'absence de RG1503 avant ou après irradiation. Les concentrations en TGFbeta1 sont déterminées dans les compartiments intra- et extracellulaires. Sans RGTA, l'irradiation entraîne : 1) à 24 heures, une augmentation de la biosynthèse du col III d'un facteur 3 ; 2) à 96 heures, une diminution de la biosynthèse du col V d'un facteur 3 ; 3) dès 24 heures, une augmentation de la concentration en TGFbeta1 péricellulaire d'un facteur 2. Ces variations caractérisent un phénotype fibrotique. Le RG1503, ajouté avant ou après irradiation, rétablit les taux de biosynthèse des col III et V à la valeur normale établie avec des cellules non irradiées. Le RG1503 diminue les taux de TGFbeta1 intra- et extracellulaires qui deviennent même inférieurs aux valeurs détectées avec des cellules non irradiées. En normalisant ces paramètres signalétiques d'une fibrose, le RG1503 se présente comme un nouvel agent thérapeutique pour le traitement de la fibrose intestinale radio-induite.

120
Chronomodulation de l'association 5-fluoro-uracile, acide folinique et oxaliplatine chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique, antérieurement traités : essai de phase I de recherche du schéma optimal

Lavalette V, Baron B, Zidani R, Giacchetti S, Levi F

Inserm E0118, Chronothérapeutique des cancers, Hôpital Paul-Brousse, Villejuif.

L'association chronomodulée de 5-fluoro-uracile (5FU), d'acide folinique (AF) et d'oxaliplatine (LOHP) a permis d'obtenir une meilleure tolérance et une meilleure activité antitumorale en comparaison d'une perfusion constante, dans les cancers colorectaux (CCR) métastatiques [JNCI 1994 ; Lancet 1997]. Les heures des pics de perfusion étaient extrapolées des prérequis expérimentaux et cliniques : 4 h pour le 5FU-AF, 16 h pour le LOHP. Il était important de valider ce schéma de référence dans un essai visant à définir le schéma horaire optimal de chronomodulation chez des patients atteints d'un CCR métastatique.

Patients et méthodes. La méthodologie, inspirée de celle des essais de phase I, consistait à remplacer les paliers de dose par des paliers horaires, alternativement décalés par rapport au palier de référence, de ± 3 h, ± 6 h, ± 9 h et
+ 12 h. Les patients étaient inclus dans l'un de ces 8 paliers et recevaient : 5FU 800 mg/m2/j, AF 300 mg/m2/j et LOHP 25 mg/m2/j, sur 4 jours tous les 14 jours. Six à quinze patients étaient prévus par palier selon l'incidence des toxicités de grade 3-4 au cours des deux premiers cycles, qui représentait le critère principal de jugement.

Résultats. Entre avril 1994 et septembre 1995, 79 patients ont été inclus : hommes/femmes 54/25, âge médian 60 (26-74), OMS 0/1/2 = 52/19/8, côlon/rectum 53/26, Dukes B/C/D = 8/30/39, nombre de lignes de chimiothérapie antérieure pour métastases 0/1/>= 2 = 18 (progression après un traitement adjuvant)/33/28, nombre de sites métastatiques 1/2/> 2 : 35/33/11. Sur les deux premiers cycles, l'incidence des toxicités hématologiques de grade 3-4 a été nulle ; 35 % de toxicités cliniques de grade 3-4 ont été observées, dont 29 % de nausées, vomissements et diarrhées. Par une étude globale sur les 8 temps d'administration, le schéma horaire le moins toxique a été détecté à - 0,05 h avec un intervalle de confiance à 90 % [- 4,5, 5,6].

Conclusion. Ces résultats valident le schéma de référence pour les futurs essais de chronothérapie dans le CCR métastatique. Cet essai a conduit l'EORTC à mettre au point une nouvelle méthodologie visant à définir l'heure optimale d'administration des traitements anticancéreux.

121
Intérêt pronostique de l'expression fonctionnelle de la tyrosinase plasmatique dans les mélanomes de stades III et IV

Garnier JP 1, 2, Letellier S 1, 2, Spy J 1, Le Bricon T 1, Benlakehal M 1, Lebbe C 3, Baccard M 3, Stoitchkov K 4, Bousquet B 1, 2

1 Biochimie, Hôpital Saint-Louis, 1, av Claude-Vellefaux, 75475 Paris Cedex 10 ; 2 Faculté de pharmacie, Université Paris V, 4, av. de l'Observatoire, 75006 Paris ; 3 Dermatologie, Hôpital Saint-Louis, 1, av. Claude-Vellefaux, 75475 Paris Cedex 10 ; 4 Dermatologie National Cancer Center Sofia, 1756, Bulgarie.

Le mélanome malin est l'une des tumeurs dont l'incidence augmente le plus dans les pays occidentaux : en France 9 cas pour 100 000 habitants. Sa mortalité a doublé depuis 20 ans et son incidence a doublé en 10 ans. Le dépistage clinique précoce reste fondamental dans la mesure où il n'existe aujourd'hui ni marqueur biologique de dépistage, ni traitement efficace des métastases.

La tyrosinase est l'enzyme clé du métabolisme des mélanines. Ce dernier est accéléré dans les mélanomes et il a été montré que l'expression fonctionnelle de la tyrosinase est proportionnelle à la masse tumorale. Celle-ci peut être mesurée par le rapport L-dopa/tyrosine dans le plasma : sujets sains (n = 35, 11,2 ± 2,9.10- 5), stade I AJCC (n = 54, 10,9 ± 2,5.10- 5), stade II (n = 106, 12,7 ± 2,6.10- 5), stade III (n = 126, 15,2 ± 3,3.10- 5), stade IV (n = 159, 45,7 ± 61.10- 5). Le but de ce travail a été d'évaluer l'intérêt pronostique de l'expression fonctionnelle de la tyrosinase pour le passage du stade III au IV, et pour la durée de vie au stade IV.

Patients : Seize patients de stade III ont été suivis à Sofia pendant plus de 18 mois. Ils étaient considérés comme stables si après 18 mois ils restaient au stade III, et évolutifs s'ils étaient passés au stade IV : 53 patients de stade IV ont été suivis jusqu'à leur décès, 29 à l'hôpital Saint-Louis, et 24 à Sofia.

Méthodes. La L-dopa et la tyrosine plasmatiques ont été mesurées par chromatographie liquide haute performance avec détection spectrofluorimétrique et électrochimique.

Résultats. Après 18 mois de surveillance, 89 % des patients ayant initialement un taux normal sont stables et restent au stade III, 11 % ont évolué vers le stade IV. À l'inverse, 57 % des patients ayant un taux élévé (> 16) initialement, ont évolué vers le stade IV. Après plus de 3 ans de surveillance, cette étude rétrospective sur 53 patients montre que : l'activité tyrosinase ne cesse de croître au cours du temps pour chaque patient, les patients ayant un taux < 50 ont une survie < 3 ans, les patients ayant un taux > 50 ont une survie < 3 mois. Sensibilité = 67 %, spécificité = 100 %, valeur prédictive positive = 100 %. Une étude de l'intérêt pronostique de la tyrosinase est en cours au niveau d'une cohorte beaucoup plus large (Île-de-France).

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Utilisation du test des comètes sur des tumeurs cancéreuses mammaires : évaluation de la radiorésistance

Khadari L 1, Spessotto S 1, Lequeux N 1, Radal M 1, Fournajoux J 2, Simony-Lafontaine J 1

1 Département d'anatomopathologie, CRLCC Val-d'Aurelle, 34298 Montpellier Cedex 5 ; 2 Laboratoire de biophysique, Faculté de pharmacie, 34060 Montpellier.

L'étude de la radiorésistance cellulaire d'une tumeur cancéreuse constitue un facteur de pronostic important dans le choix d'un traitement efficace. Plusieurs méthodes analytiques et complémentaires sont disponibles actuellement. Parmi ces méthodes, le test des comètes présente un intérêt majeur. Il permet de détecter et d'estimer le taux des cellules radiorésistantes dans la masse tumorale pour une meilleure optimisation du traitement. C'est une méthode de microanalyse électrophorétique des lésions de l'ADN mise au point in vitro sur des cellules isolées.

Dans ce travail, nous avons essayé, dans un premier temps, d'adapter le test des comètes à des tumeurs cancéreuses solides après dissociation cellulaire. Nous avons suivi de façon comparative la radio-sensibilité d'une série de 12 tumeurs mammaires irradiées après biopsie à des doses croissantes et uniques de 0 à 15 Gy (Cobalt 60). Des résultats préliminaires de l'évaluation du taux d'altération de l'ADN montrent que : 1) chaque tumeur est composée de clones cellulaires différents avec des degrés de radio-résistance variables (hétérogénéité intraclonale) ; 2) plus la dose est élevée, plus le taux de cellules lésées est important et 3) bien qu'ayant des propriétés similaires (grade 3, monoclonales aneuploïdes et biclonales à forte proportion d'aneuploïdie), les tumeurs présentent une hétérogénéité interclonale assez significative.

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Contenu en ADN des carcinomes lobulaires infiltrants du sein : à propos de 159 cas

Abadie-Lacourtoisie S, Chassevent A, Lortholary A, Fondrinier E, Guerin O, Bertrand G, Cellier P, Gamelin E.

Centre Paul-Papin, 2, rue Moll, 49033 Angers.

Le carcinome lobulaire infiltrant (CLI) représente 5 à 15 % des carcinomes mammaires. Son aspect histologique, sa présentation clinique, radiologique et son mode de diffusion métastatique le distinguent des carcinomes canalaires infiltrants (CCI). Sa prise en charge thérapeutique a évolué au fil des années au profit d'un traitement conservateur, celui-ci ayant longtemps été récusé en raison de la multicentricité potentielle des CLI. Les récepteurs hormonaux sont fréquemment exprimés dans cette histologie. Les traitements adjuvants et métastatiques ne diffèrent pas de ceux des autres carcinomes mammaires infiltrants, le traitement spécifique des CLI n'ayant jamais été à ce jour abordé. La survie des CLI est identique à celle des CCI malgré une évolutivité métastatique distincte.

Nous avons étudié le contenu en ADN des CLI par cytométrie en flux (CMF) de 159 patientes, d'âge médian 59 ans, ayant été traitées au centre Paul-Papin du 1er janvier 1982 au 31 décembre 1996 pour un cancer mammaire opérable d'emblée non métastatique. Les CLI apparaissent plus souvent diploïdes (57 %) qu'aneuploïdes (43 %). Quel que soit le statut ganglionnaire, les tumeurs aneuploïdes ou diploïdes à phase de synthèse d'ADN (SPF) élevée ont un pronostic péjoratif. La taille tumorale histologique a un impact pronostique uniquement en analyse univariée. L'âge, le statut ganglionnaire et les données de CMF associant les valeurs de SPF à la ploïdie constituent des facteurs pronostiques indépendants.

La confirmation de ces résultats sur un plus large effectif de patientes et sur un mode prospectif pourrait permettre d'utiliser le contenu en ADN par CMF dans la démarche décisionnelle thérapeutique de ces tumeurs, notamment en l'absence d'envahissement ganglionnaire.

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Aberrations chromosomiques liées au premier stade de la progression tumorale des cancers des voies aérodigestives supérieures

Redon R 1, Muller D 2, Abecassis J 2, Du Manoir S 1

1 Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire, BP163, 67404 Illkirch Cedex ; 2 Laboratoire de biologie tumorale, CRLCC Paul-Strauss, 3, rue de la Porte-de-l'Hôpital, BP42, 67065 Strasbourg.

Dans les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), l'extension ganglionnaire conditionne dans une large mesure la réponse au traitement, le contrôle locorégional et la survie. Pour des patients dont la tumeur ne présente pas d'envahissement ganglionnaire, le taux de survie est relativement bon (70-80 %). Néanmoins, une évolution ganglionnaire ultérieure est constatée à des taux variant de 17-50 %. Une meilleure connaissance des événements génétiques associés aux différentes étapes de la progression tumorale devrait permettre l'identification de nouveaux facteurs pronostiques et donc une amélioration de la prise en charge de ces patients.

Une analyse par hybridation génomique comparative (CGH) a été réalisée pour 45 tumeurs bien différenciées et sans extension ganglionnaire (T1/2N0), et a montré un profil simple d'aberrations. Outre des anomalies chromosomiques déjà connues telles que délétion en 3p, 9p, 18q, un gain du bras long du chromosome 3 a été caractérisé de facon récurrente (61 % des tumeurs). Une cartographie plus fine par Fish sur noyaux interphasiques a permis de cerner les régions préférentiellement amplifiées ou coamplifiées. L'analyse de la survie de ces patients montre une relation entre le gain en 3q26-qter et une survie globale moindre. Deux gènes situés dans ces régions sont potentiellement intéressants : PIK3CA codant pour la sous-unité catalytique de la PI3-kinase 1 et décrit amplifié dans les cancers du col et de l'ovaire ainsi que p63 (ket, p73L, p51), homologue à P53 et décrit surexprimé dans les cancers du poumon. Une analyse de l'amplification de ces gènes, l'expression par RT-PCR quantitative et la distribution cellulaire par immunohistochimie a été réalisée. Les résultats suggèrent que le locus de PIK3CA est susceptible de participer à la progression de tumeurs des VADS suite à une sur-représentation du chromosome 3q.

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Suivi des traitements par trastuzumab (Herceptin®) à l'hôpital Saint-Louis

Laville I 1, Gross-Goupil M 2, Gay-Bellile C 1, Cottu P 2, Madelaine-Chambrin I 1, Misset JL 2, Faure P 1

1 Service de pharmacie ; 2 Service d'oncologie médicale, Hôpital Saint-Louis, Paris.

Une analyse des traitements par trastuzumab et de leur tolérance a été réalisée d'août 2000 (AMM) jusqu'en février 2002. Le trastuzumab est délivré sur ordonnance nominative accompagnée du résultat de la surexpression CerbB2 3+ par immunohistochimie pour des cancers du sein métastatiques. Il a été administré à 16 femmes de 30 à 56 ans en rechute 7 mois à 4 ans après leur dernière chimiothérapie, et un homme métastatique d'emblée, soit 263 perfusions et un coût de 587 971 euros : 2/17 patients en stade avancé ont présenté des difficultés d'observance à cause du schéma hebdomadaire et sont décédés après 7 et 4 administrations. Sur les 15 patients évaluables, 8 ont reçu 2 mg/kg/sem. de trastuzumab en association avec le docétaxel (16,7 ± 11,7 cures/patient), 3 en association avec le paclitaxel (22 ± 8,5 cures/patient) et 4 avec la vinorelbine (9,75 ± 6,25 cures/patient). Onze sont encore en cours de traitement, les 4 autres ont arrêté pour intolérance. Une réaction d'hypersensibilité immédiate a été déclarée, la prémédication inutile et la réintroduction impossible. Trois diminutions de la fraction d'éjection ventriculaire asymptomatiques (1 avec association au paclitaxel, 2 avec la vinorelbine) de plus de 10 % ont été observées après 39, 19 et 13 administrations. Parmi les 11 patients poursuivant leur traitement, 4 reçoivent 8 mg/kg/3 sem [Tokuda, et al., 1999] pour améliorer leur observance. Les 7 autres continuent en schéma hebdomadaire. L'évaluation de l'efficacité se poursuit. Les lésions métastatiques se sont toutes stabilisées. Le trastuzumab se confirme comme traitement efficace et maniable en association avec les taxanes ou la vinorelbine. Le schéma hebdomadaire est cependant contraignant au long cours et les effets cardiaques (20 %) imposent une surveillance.

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Le statut génique p53, l'expression de bcl2, le stade tumoral et le stade ganglionnaire prédisent la réponse à la chimiothérapie d'induction des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou

Fouret P, Temam S, Charlotte F, Lacau-Saint-Guily J

Service d'anatomie et de cytologie pathologiques, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris 75013. UPRES EA 1534, Université Paris VI.

Objectif. Déterminer les facteurs prédictifs de la réponse à la chimiothérapie d'induction (cisplatine et 5-fluoro-uracile) de 139 cas de carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou.

Méthodes. Les 139 patients faisaient partie d'une série rétrospective consécutive. Le statut du gène p53 a été analysé par séquençage direct des exons codants. L'expression de bcl2 a été visualisée dans les cellules tumorales par immunohistochimie. Les odd ratios ont été ajustés dans un modèle de régression logistique multivariée.

Résultats. Cinquante-deux patients (37 %) avaient une mutation de p53 ; bcl2 était exprimé dans 25 cas (18 %). L'absence de mutation de p53 (OR 4 ; intervalle de confiance à 95 % 1,6-9), l'expression de bcl2 (OR 20 ; intervalle de confiance à 95 % 2,3-170), le stade tumoral T1 ou T2
(OR 3,3 ; intervalle de confiance à 95 % 1,3-9), et le stade ganglionnaire N0 (OR 2,7 ; intervalle de confiance à 95 % 1,1-6,3), étaient associés de manière significative à la réponse tumorale objective (> 50 %) à la chimiothérapie.

Conclusion. Le stade tumoral, le stade ganglionnaire, le statut du gène p53 (absence de mutation), et l'expression de bcl2, sont des facteurs prédictifs de la réponse à la chimiothérapie d'induction des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou.

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Analyses cytologiques et moléculaires pour la détection de cellules tumorales dans le produit de brossage pharyngo-œsophagien chez les patients porteurs d'un carcinome épidermoïde de la tête et du cou

Temam S, Trassard M 2, Leroux G 1, Laplanche A 1, Bosq J 1, Barrois M 1, Luboinski B 1, Lenoir G 1, Benard J 1, Janot F 1

1Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camilles-Desmoulins, 94805 Villejuif ; 2Centre René-Huguenin, Saint-Cloud.

L'Œsotest® est une méthode simple et non invasive de brossage pharyngo-œsophagienne qui recueille les cellules desquamées des voies aérodigestives supérieures. L'analyse cytologique du produit du brossage permet la détection précoce des récidives locales et des cancers métachrones des carcinomes épidermoïdes de tête et de cou (CETC). L'instabilité de microsatellites tétranucléotidiques (allele shift) est un marqueur clonal des CETC.

Le but de notre travail est de montrer que l'utilisation de ce marqueur moléculaire améliore la sensibilité de l'Œsotest® pour la détection des cellules tumorales, comparé à l'analyse cytologique. Cinquante-six patients porteurs d'un CETC non traité ont eu un Œsotest® avant traitement. Aucun de ces patients n'avait de tumeur synchrone lors de la panendoscopie. L'instabilité du microsatellite UT5085 n'a été observée que dans 14 des 56 (25 %) tumeurs. Les analyses cytologiques avec coloration de Papanicolaou ont été comparées avec l'analyse moléculaire chez ces 14 patients. L'analyse cytologique a détecté des cellules tumorales chez 6 des 14 patients (43 %). L'analyse moléculaire du même prélèvement avec recherche de l'instabilité du microsatellite UT5085 était positive chez 11 sur 14 (78 %) patients. Tous les échantillons positifs en cytologie étaient également positifs avec l'analyse moléculaire (p = 0,03).

Cette étude suggère que l'analyse moléculaire des produits de brossage pharyngo-œsophagien pourrait considérablement augmenter la sensibilité de détection des cellules tumorales. Elle souligne également le besoin d'autres marqueurs moléculaires des CETC.

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L'expression de la télomerase et de la topo-isomérase IIa dans les carcinomes papillaires de la thyroïde et leur possible utilisation
en tant que marqueurs pronostiques

Karayan L 1, Menet E 2, Guilhot J 3, Larsen CJ 1, Kraimps JL 4

1 Laboratoire d'oncologie moléculaire, IBMIG, CNRS FRE 2224 ;
2 Service d'anatomopathologie ; 3 Service d'oncologie hématologique et de thérapie cellulaire UPRES EA 2622 ; 4 Service de chirurgie endocrinienne, CHU de Poitiers.

L'activation de la télomérase, qui est requise pour le maintien de la taille des télomères, joue un rôle déterminant dans la cancérogenèse. Une activité élevée a été décrite dans différents types de cancers thyroïdiens. La topo-isomérase IIalpha (topo IIalpha) est un marqueur de prolifération cellulaire et l'altération de son expression (index de prolifération augmenté) peut refléter une transformation maligne. Dans ce travail, nous avons voulu déterminer si l'activité de la télomérase et/ou l'expression de la topo IIalpha peuvent être utiles en tant que marqueurs pronostiques dans les carcinomes papillaires de la thyroïde (PTC).

Vingt-sept échantillons tumoraux de PTC et 8 tissus sains adjacents à certains PTC ont été obtenus pendant la thyroïdectomie et ont été analysés pour la recherche de l'activité de la télomérase (AT) en utilisant un test TRAP semi-quantitative et pour l'étude de l'expression de la topo IIalpha (immunohistochimie avec un anticorps monoclonal). Les scores pronostiques AGES de chaque patient ont été déterminés. Les analyses ont été conduites en univarié, au risque alpha = 0,05 %. Les principaux tests utilisés ont été les tests de Wilcoxon, de Kruskall et Wallis, le test exact de Fisher et le test de corrélation des rangs de Spearman. (Cinq échantillons ayant de forts infiltrats lymphocytaires ont été écartés.)

L'activité télomérase est détectée dans 14 PTC (66,6 %). Le niveau d'activité de la télomérase se situe entre 1,2 et 102 unités. Il semble exister une relation significative entre la multiplicité de foyers tumoraux et l'AT (p = 0,02). La valeur moyenne en AT est plus faible (13 unités) chez les patients avec un score AGES faible < 4 que ceux ayant un score AGES fort > 4 (41,3 unités). La différence des distributions n'est cependant pas statistiquement significative
(p = 0,065) et cette tendance mériterait d'être confirmée par des effectifs plus larges.

Les index de prolifération de la topo IIalpha se situent entre 0,1 et 4,1 %. Il existe une corrélation négative entre l'âge des patients et l'expression de la topo IIalpha (p = 0,003 ;
r = - 0,42). L'expression de la topo IIalpha diminue au fur à mesure que l'âge augmente. En revanche, nous n'avons pas noté de relations significatives entre l'expression de la topo IIalpha , l'AT et le score AGES.

Ces résultats nous suggèrent que l'activité télomérase et l'expression de la topo-isomérase IIalpha peuvent être des marqueurs pronostiques potentiels.



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Pharmacovigilance des inhibiteurs de topo-isomérase I, évolutions et perspectives

Wawrzyniak M, Santer S, Bonneterre ME

Centre Oscar-Lambret, Lille.

Ce travail de pharmacovigilance a pour objectif l'analyse du profil de toxicité des inhibiteurs de la topo-isomérase I (IT1) et son évolution, par une étude transversale des principales molécules actuelles. Celles-ci présentent en effet des variations importantes qui modifient leur potentiel clinique. Les IT1 sont représentés par les dérivés de la camptothécine, dont deux sont commercialisés en Europe : irinotecan (1995), topotécan (1996), et plusieurs nouveaux composés sont en cours de développement*. Notre analyse a porté sur les résultats publiés, les données des firmes, et surtout l'expérience de 18 études cliniques de phases I et II réalisées au centre Oscar-Lambret pour cinq inhibiteurs suivants.

Les résultats montrent que les profils de toxicité ont à la fois des caractéristiques communes et des particularités différentes au sein de cette classe. Tous les IT1 génèrent des nausées, vomissements, asthénies, mucites, et surtout une myélotoxicité, mais l'incidence varie selon l'IT1. En termes de toxicités plus spécifiques, l'irinotecan est responsable de diarrhées tardives justifiant une prémédication, le topotécan de syndromes obstructifs digestifs, de pneumopathies et d'hypotensions. Les composés en développement révèlent des effets plus limités, avec prédominance de la neutropénie, absence de prémédication (hors anti-émétique), et quelques effets rares analysés dans ce travail, comme des cystites pour le rubitecan, des syndromes obstructifs pour le diflomotécan, et des hypersensibilités pour le lurtotécan. La synthèse des données de tolérance s'avère contributive pour la stratégie de développement et l'apport thérapeutique de ces cytotoxiques, elle met en évidence des variations traduisant les évolutions majeures des IT1 comme leur potentiel en cancérologie, favorisé par la perspective de formes orales.

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Corrélation entre l'expression de la protéine Unr et la sensibilité des cellules souches embryonnaires de souris à l'irradiation gamma et au VP16

Markovits J, Montaudon D, Huet S, Lagarde P, Dautry F 1, Jacquemin-Sablon A, Jacquemin-Sablon H

Laboratoire de pharmacologie des agents anticancéreux, UMR 5540 CNRS, Institut Bergonié, 33076 Bordeaux ; 1 Institut André-Lwoff, 94800 Villejuif.

La protéine Unr (upstream of N-ras) contient cinq domaines de cold shock qui lui confèrent la capacité à intéragir avec l'ARN avec une haute affinité. L'inactivation du gène unr chez la souris conduit à une létalité embryonnaire. Les recherches sur la fonction d'Unr indiquent qu'elle est impliquée dans la traduction dépendante d'une IRES, processus permettant la synthèse de certaines protéines en réponse au stress. D'autre part un complexe Unr-Ku70 a été identifié dans la levure par analyse en double hybride. L'hétérodimère Ku70/Ku80 constitue, avec la DNA-PKcs, un élément essentiel d'une voie de réparation des cassures double brin de l'ADN. Ces résultats nous ont conduits à étudier un rôle éventuel d'Unr dans la réponse cellulaire à des agents cytotoxiques qui induisent différents types de lésions de l'ADN. Nous avons testé la sensibilité des cellules unr+/+ et unr-/- à l'irradiation gamma et au VP16. La cytotoxicité de ces agents est essentiellement due aux lésions de l'ADN non ou mal réparées. Les essais clonogéniques ont révélé que les cellules souches embryonnaires (ES) unr-/- sont moins sensibles à l'irradiation gamma (IC50 = 3,5 Gy) que la lignée unr+/+ (IC50 = 1 Gy). La sensibilité au VP16 des cellules unr-/- est également diminuée. Le comportement des cellules unr-/- est ainsi inverse de celui observé pour les cellules ku-/- qui montrent une sensibilité accrue aux rayons gamma et au VP16. Le nombre de cassures de l'ADN simple brin et la cinétique de leur réversion, déterminés par élution alcaline, sont quasi identiques. Il est ainsi peu probable que la protéine Unr inhibe la réparation des cassures double brin de l'ADN, induite par Ku. Une hypothèse attractive serait que la protéine Unr aurait la capacité de réguler positivement l'un des processus de l'apoptose. Nous avons donc entrepris l'analyse comparative de la réponse apoptotique après différents types de stress dans les cellules ES unr+/+ et unr-/-. Par ailleurs l'étude du cycle cellulaire a montré que les cellules ES unr+/+ et unr-/-, soumises aux différents stress, s'accumulent exclusivement en G2/M.

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Anti-tumor activity of cetuximab (C225) added to platinum-based chemotherapy in refractory squamous cell carcinoma of the head and neck (HNSCC) patients

Bourhis J 1, Rosine D 1, Pommier P 2, Tortochaux J 3, Rolland F 4, Cals L 5, Debled M 6, Cupissol D 7, Pivot X8, Ouar N 9, Mueser M 9, Baselga J 10, Eckardt A 11

1 Institut Gustave-Roussy, Villejuif ; 2 Centre Léon-Berard, Lyon ;
3 Centre Jean-Perrin, Clermont-Ferrand ; 4 Centre René-Gauducheau, Nantes ; 5 Toulon ; 6 Centre Henri-Becquerel, Rouen ; 7 Centre Val-d'Aurelle, Montpellier ; 8 Centre Antoine-Lacassagne, Nice ; 9 Merck KGaA, Darmstadt, Germany ; 10 Vall d'Hebron Hospital, Barcelona, Spain ; 11 Medizinische Hochschule, Hannover, Germany.

Background. The epidermal growth factor receptor (EGFR) is overexpressed in most patients with HNSCC, and high levels of expression are usually associated with poor outcome. Pre-clinical studies have shown that C225, a chimeric monoclonal antibody targeting the EGFR, enhances the anti-tumor activity of platinum in animal models.

Material and methods. In this multicenter phase II trial C225 is administered in combination with cisplatin or carboplatin to patients with metastatic/recurrent HNSCC progressing after 2 to 4 cycles of a platinum-based CT. C225 was given at a single loading dose of 400 mg/m2 followed by weekly infusions of 250 mg/m2 plus the same platinum-based CT that the patients had previously progressed on.

Results. 96 patients were enrolled with a mean age of
57.4 years and a median Karnofsky PS of 80 (60-100). Safety data are available of 80 patients showing that the most frequent C225-related AE were rash (45%), acne
(25 %), dry skin (16 %), asthenia (16%), fever (13%), and vomiting 10 %, all of them being grade 1-2 except grade
3 rash in 2.5%. Response was evaluated in all patients resulting in 2 patients having CR (2.1%), 12 patients with PR (12.5%) and 38 patients with SD or minor response lasting for at least 6 weeks (39.6%). Median time to progression was 66d in all pts, and median survival time was 269d in responders, and 178 d overall.

Conclusion. C225 plus platinum-based CT has anti-tumor activity in patients progressing under the same CT regimen, with an acceptable toxicity.

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Induction de la procalcitonine par le TNFalpha lors du traitement des sarcomes par perfusion hyperthermique d'un membre isolé

Drouard-Troalen L 1, Antoun S 2, Bonvalot S 3, Jayr C 4, Assicot M 1

1Service de biochimie ; 2 Service de réanimation ; 3 Service de chirurgie viscérale ; 4 Service d'anesthésie. Institut Gustave-Roussy, 94805 Villejuif Cedex.

L'utilisation du TNFalpha à fortes doses par perfusion d'un membre isolé, dans le traitement des sarcomes, induit chez les patients un syndrome de type inflammatoire (SIRS). La procalcitonine (PCT), marqueur précoce d'infections bactériennes systémiques, augmente également de façon modérée lors de certaines réactions inflammatoires d'origine non infectieuse. Le but de ce travail était d'examiner l'effet de l'administration de TNFalpha recombinante sur les concentrations circulantes de PCT lors de la perfusion d'un membre isolé par circulation extracorporelle (CEC). En effet, en fonction de la technique de garrot utilisée et de l'efficacité du lavage du membre, la fuite de TNFalpha dans la circulation générale, bien que faible, est inévitable.

Matériels et méthodes. L'étude a porté sur 15 patients consécutifs selon le protocole suivant : injection de TNFalpha (0,5 à 4 mg) au début de la CEC et de melphalan 30 minutes plus tard, lavage du membre à 90 minutes et levée du garrot. La PCT ainsi que la C-reactive protein (CRP) étaient mesurées sur des prélèvements effectués pendant et après la procédure.

Résultats. Tous les 15 patients présentaient une augmentation de la PCT 4 heures après l'administration de TNFalpha (m = 0,17 ng/ml, SD = 0,13). À la 12e heure, 14 des 15 patients présentaient une valeur maximale modérément élevée (m = 2,10, SD = 1,59). Un seul patient montrait une élévation importante (8,5 et 15 ng/ml respectivement à la 6e et 12e heures). L'augmentation de la CRP était retardée par rapport à la PCT avec un pic à la 36e heure. Aucune corrélation ne pouvait être établie entre les valeurs de PCT et CRP (p = 0,51).

Discussion. Le TNFalpha, lors de la perfusion d'un membre isolé, induit la synthèse de la PCT. Aucune corrélation n'a pu être mise en évidence entre les valeurs augmentées de PCT et l'importance des fuites de TNFalpha dans la circulation générale. La PCT ne peut pas être utilisée pour la détection et la prévention des complications dues au passage systémique du TNFalpha.

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Étude multicentrique, prospective et randomisée de phase III fotémustine versus dacarbazine en première ligne de traitement
du mélanome malin disséminé

Avril MF 1, Aamdal S 2, Grob JJ 3, Hauschild A 4, Mohr P 5, Bonerandi JJ 6, Weichenthal M 7, Neuber K 8, Bieber T 9, Gilde K 10, Guillem Porta V 11, Fra J 12, Bonneterre ME13, Saïag P 14, Kamanabrou D 15, Pehamberger H 16, Sufliarsky J 17, Gonzalez Larriba JL 18, Scherrer A 19, Menu Y 20

1 Institut Gustave-Roussy, Villejuif, France ; 2 Norwegian Radium Hospital, Oslo, Norvège ; 3 CHU Sainte-Marguerite, Marseille, France ; 4 Universitäts-Hautklinik, Kiel ; 5 Dermatologisches Zentrum, Buxtehude, Allemagne ; 6 CHRU Timone, Marseille, France ; 7 Allg. Krankenhaus St. Georg, Hamburg ; 8 Universitäts Krankenhaus Eppendorf, Hamburg ; 9 Friedrichs-Wihelms-Universitäts, Bonn, Allemagne ; 10 National Institute of Oncology, Budapest, Hongrie ; 11Instituto Valenciano de Oncología, Valencia ; 12 Hospital Central de Asturias, Oviedo, Espagne ; 13 Centre Oscar-Lambret, Lille ; 14 CHU Ambroise-Paré, Boulogne-Billancourt, France ; 15 Fachklinik Hornheide, Münster, Allemagne ; 16 Allg. Krankenhaus, Wien, Autriche ;
17 Prednosta internej kliniky, Brastislava, Slovaquie ; 18 Clinica Conim, Madrid, Espagne ; 19 Hôpital Foch, Suresnes ; 20 Hôpital Beaujon, Clichy, France.

L'objectif principal de cette étude était de comparer le taux de réponses globales de fotémustine (F) versus dacarbazine (DTIC) chez des patients porteurs de mélanome malin disséminé avec ou sans métastases cérébrales, les objectifs secondaires étant la survie globale et la survie sans progression. De février 1998 à septembre 2000, 229 patients ont été randomisés pour recevoir F (n = 112) ou DTIC (n = 117). Le taux de réponses objectives était de 15,5 % dans le bras F versus 7,2 % dans le bras DTIC (p = 0,053). Les temps médians de progression étaient similaires entre les deux bras (1,8 versus 1,9 mois). Pour la survie globale, la médiane était de 7,4 mois (F) versus 5,8 mois (D),
p = 0,073. En octobre 2001, 34 patients étaient en vie (20 bras F versus 14 bras DTIC). Chez les 44 patients inclus avec métastases cérébrales, seule 1 réponse partielle a été observée dans chaque bras. Chez les 185 patients sans métastase cérébrale à l'inclusion, le temps médian d'apparition de ces métastases était de 22,7 mois dans le bras F versus 7,2 mois dans le bras DTIC (p = 0,059). L'analyse de la toxicité est en cours. Ces résultats montrent une tendance en faveur de F en termes de taux de réponses, survie globale et délai d'apparition des métastases cérébrales dans le traitement de première ligne du mélanome malin disséminé.

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Radio-chimiothérapie concomitante dans les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) de stade avancé : une étude multicentrique randomisée de phase II

Pailler MC, Morin F, Gozy M, Labrune S, Bouillet T, Diana C, Gervais R, Virally J, Kohn M, Spano JP, Breau JL, Valeyre D, Chinet T, Morere JF

Groupe nord d'oncologie multidisciplinaire, Hôpital Avicenne, 93009 Bobigny Cedex.

Rationnel. La chimio-radiothérapie est largement utilisée dans les traitements des CBNPC de stade IIIB, mais le besoin de développer un nouveau schéma radio-sensible avec un profil de tolérance acceptable est encore un enjeu majeur. Nous avons étudié l'intérêt clinique de l'association paclitaxel-carboplatine comme agent radio-sensible potentiel dans une étude de phase II randomisée.

Méthodes. Les patients avec un CBNPC de stade IIIB confirmé sont randomisés pour recevoir soit cisplatine 20 mg/m2 et étoposide 60 mg/m2 de J1 à J5, toutes les 3 semaines, 3 cures (bras CE) ou bien paclitaxel 40 mg/m2 et carboplatine AUC 2 à J1, hebdomadaire, 7 cures (bras PC). La radiothérapie concomitante (61,2 Gy) est délivrée en 34 fractions 1,8 Gy par fractions pendant 7 semaines.

Résultats. Trente patients ont été inclus entre janvier 2000 et octobre 2001. Leurs caractéristiques sont les suivantes : âge médian 59,8 ans, 24 hommes et 6 femmes, 18 épidermoïdes, 7 adénocarcinomes, 4 grandes cellules. Cette étude intermédiaire a montré des profils de toxicité différents entre les deux bras. Bras CE : la principale toxicité était hématologique (2 neutropénies de grade 3 et 4 neutropénies de grade 4, 3 neutropénies fébriles de grade 4) et 5 œsophagites (4 de grade 2 et 1 de grade 3) ont été observées. Bras PC : aucune toxicité hématologique significative n'a été observée à l'exception d'une neutropénie de grade 3 ; 6 patients ont présenté une œsophagite sévère (4 de grade 3 et 1 de grade 4) ; 3 patients sur 30 ont présenté une thrombose sur chambre implantable. Jusqu'à maintenant, 15 patients sur 26 évaluables ont montré une réponse objective. La poursuite de l'étude est encore nécessaire pour statuer sur l'intérêt de la combinaison PC.

Conclusions. Ces résultats préliminaires indiquent que ce schéma de radio-chimiothérapie est faisable et engendre un effet clinique de radio-sensibilisation prometteur. Les données mises à jour seront présentées lors du congrès.

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Cohérences des données au cours du processus d'évaluation clinique Du document source au CRF : ce qui est vraiment important

Cote C

Cvitkovic & Associés Consultants, Kremlin-Bicêtre.

Le rôle de l'assistant de recherche clinique dans les études cliniques, lors des visites de monitoring sur site, est de valider que les données reportées dans le CRF sont exactes et que toutes les données cliniquement pertinentes sont reportées par l'investigateur et qu'elles reflètent bien l'histoire du patient. Ce procédé nécessite deux étapes complémentaires : la vérification de la cohérence interne des données enregistrées dans le cahier d'observation, la vérification des documents-sources (SDV).

La cohérence des données implique une lecture complète du cahier d'observation (sans comparaison par rapport aux documents sources) pour vérifier que les informations sont logiques, que l'histoire du patient est cohérente, qu'il n'y a pas d'items vides, que le suivi de l'étude se fait selon le protocole et que la confidentialité des données est préservée. Cette étape, qui concerne 100 % des données pour 100 % des patients, permettra de détecter les déviations protocolaires et de nombreuses incohérences faisant suspecter la présence de données incorrectes sur lesquelles il sera aisé de revenir au cours de leur vérification versus documents source.

La seconde étape (SDV) consiste à vérifier que toutes les données enregistrées dans le cahier d'observation sont bien documentées par des documents sources. D'autre part, le(s) documents source(s) doit(vent) aussi être revus dans son ensemble pour comprendre l'histoire du patient, détecter des données non reportées dans le CRF, mais également détecter les incohérences internes du document source. Cette revue transversale peut être effectuée avant ou après celle du CRF. La SDV nécessite une revue parallèle des documents source avec le cahier d'observation et permet d'évaluer le niveau de confiance que l'on peut avoir dans le remplissage des données dans le cahier d'observation par l'investigateur.

Faut-il vérifier 100 % des données pour 100 % des patients pour cette seconde étape ? Cela n'est pas idéal car la qualité des données n'est pas proportionnelle au temps passé pour les vérifier. De plus, 100 % de vérification ne garantit pas zéro erreur. De plus le temps passé par l'ARC à vérifier 100 % des données ne lui permettra pas de réaliser l'étape de cohérence. Il est donc primordial de réserver du temps à la cohérence et c'est pourquoi il faut identifier le nombre de données essentielles qui doivent être vérifiées en SDV : certaines seront considérées comme essentielles pour l'étude et sont donc vérifiées chez 100 % des patients (formulaire de consentement éclairé signé, identification du patient, preuve de diagnostic de la maladie, traitement du patient par le produit à l'étude, l'objectif principal de l'étude comme l'efficacité ou la survie) ; d'autres sont contributives car, même erronées, elles n'entacheront pas les résultats de l'objectif principal de l'étude et une vérification de leur véracité chez un pourcentage de patients déterminé avant de débuter le monitoring selon des critères propres à l'étude est recommandée. Un plan formel de SDV qui définit ces règles doit être établi dès le début de l'étude qui servira à la fois de guide de travail aux ARC et de référence à un audit éventuel.

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Les nouvelles technologies au service de la recherche

Béné MC, De Saint Jorre N

Laboratoire d'immunologie, CHU, 54500 Vandœuvre-lès-Nancy.

Le groupe de recherche Goelams (Groupe Ouest Est d'étude des leucémies et autres maladies du sang) a souhaité depuis quelques années mettre en place une plate-forme informatique sécurisée permettant le recueil de données cliniques issues des essais cliniques qu'il mène actuellement en France. Le projet est ambitieux : cet outil doit permettre au groupe de mettre en place, de façon autonome, les différents formulaires nécessaires à la capture de ces données, par le biais d'un logiciel dédié. L'objectif principal était donc de constituer une base de données commune à l'ensemble des protocoles du groupe, afin d'homogénéiser la saisie des données. Cette base doit être alimentée par les cliniciens et par les biologistes du groupe, par le biais d'un accès Internet. Le choix de se système est simple : il faut que tous les utilisateurs puissent facilement accéder au système.

En accord avec le cahier des charges, le site est constitué de deux parties principales : un back-office, espace réservé à l'administrateur des protocoles (déclaration des utilisateurs, déclaration des centres participants aux différentes recherches du groupe et mise au point des protocoles) ; un front-office, espace permettant la gestion des données cliniques (saisie/modification, validation par les ARC).

Après 3 mois de travail, le projet est actuellement accessible par les 60 utilisateurs du groupe Goelams. La plate-forme permet le recueil des données habituellement reportées sur un cahier de protocole papier avant leur saisie informatique sur des logiciels plus ou moins adaptés. Dans le projet actuel, chaque page d'un cahier traditionnel a été reportée sous forme électronique et la saisie des données est réalisée en une seule étape. La validation est assurée par un double niveau de contrôle opérateur/attaché de recherche clinique. Dans chaque centre, les cliniciens et les biologistes ont une transparence totale sur les données des patients qu'ils suivent, par simple connexion sur le site où les données sont visualisables par tous, bien que leur saisie soit réservée aux professionnels adaptés. Par ailleurs, l'investigateur principal à l'origine du protocole et responsable de son suivi est en permanence informé des inclusions et de l'avancement de chaque patient. Plus qu'un outil de saisie unique, qui constitue déjà un progrès déterminant, ce produit réalise une assistance très précieuse au suivi des protocoles thérapeutiques.


 

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