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Onco-hématologie - Communications 40 à 44


Bulletin du Cancer. Volume 89, Number 5, 471-3, Mai 2002, XXIIe Forum de cancérologie - 4, 5 et 6 juin 2002



ARTICLE

40
Irradiation corporelle totale et radiothérapie médiastinale chez les patients atteints de myélome multiple

Kirova YM 1, Rafi H 2, Diviné M 2, Cordonnier C 2, Lagrange JL 1, Le Bourgeois JP 1

1 Service de radiothérapie, CHU Henri-Mondor, Créteil ; 2 Service d'hématologie, CHU Henri-Mondor, Créteil.

L'irradiation corporelle totale (ICT) fait partie du conditionnement de l'autogreffe chez les patients avec un myélome multiple (MM). Nous avons évalué la toxicité tardive d'une irradiation médiastinale complémentaire chez les patients ayant des lésions vertébrales.

Matériel et méthodes. De février 1988 à juillet 1997, 34 patients atteints de MM ont reçu une autogreffe de cellule souche. Le conditionnement incluait une ICT monodose (10 Gy) de cobalt, et des combinaisons variées de VP16, CCNU, cyclophosphamide et melphalan. Avant (n = 6) ou après (n = 2) l'ICT, 8 patients ont reçu une radiothérapie aux sites de maladie persistante ou symptomatique (dose totale de 20 Gy/10 fractions) localisée entre C5 et D12 (avec des volumes de traitement différents) utilisant des champs antérieurs et postérieurs. Cette dose additionnelle a été délivrée au médiastin pour le traitement des vertèbres dorsales, utilisant des photons de 18 ou 25 mV. Tous les patients ont bénéficié d'examens cliniques et hématologiques réguliers, d'échographies cardiaques et de tests de la fonction pulmonaire au cours des mois et des années qui ont suivi.

Résultats. Il y avait 6 femmes et 2 hommes. L'âge médian était de 43 ans (32-53). Le suivi fut de 3,5 à 9 ans. Tous les patients ont vu leur douleur décroître et les symptômes diminuer après la RT locale. Quatre patients sont décédés : 3 de MM et un d'infection. Deux des patients en vie sont sans maladie et les deux autres ont récidivé. Aucune toxicité neurologique ou cardiorespiratoire, attribuable à la RT complémentaire, n'a été observée.

Conclusion. L'addition d'une RT localisée au médiastin chez les patients atteints de MM est bien tolérée, sans toxicité spécifique à long terme. Une RT de 20 Gy en 10 fractions ne contre-indique pas une ICT et est également compatible avec une ICT antérieure.

41
Analyse rétrospective de 132 patients traités pour maladie de Hodgkin de stade I et II après staging chirurgical et splénectomie : étude de la survie à long terme, des complications et des seconds cancers

Artignan X 1, Fourneret P 1, Balosso J 1, Colonna M 1, Chaffanjon P 2, Sotto JJ 3, Bolla M 1

1 Départements de radiotherapie ; 2 de chirurgie ; 3d'hématologie, CHU de Grenoble.

Objectif : Les taux de guérison élevés de maladie de Hodgkin permettent un suivi à long terme ; après 10 à 15 ans, la survie est grevée par la survenue de complications : seconds cancers et complications cardiaques. Notre objectif est de rapporter, chez des malades stades I et II de Ann Arbor, les survies et complications tardives consécutives à la stratégie utilisée.

Matériels et méthode. Cent trente-deux patients traités au CHU de Grenoble, de 1975 à 1993, pour des stades I et II ont été évalués. L'exploration chirurgicale et la splénectomie ont été conduites par la même équipe. Le protocole a été identique et a consisté en 2 injections de 10 mg de vinblastine à 1 semaine d'intervalle suivies (à J15) d'une irradiation nodale sub-totale, à l'exception des stades IIB qui, après 1980, ont été traités par deux cures de MOPP avant l'irradiation.

Résultats. L'âge médian est de 30 ans (17-62), le suivi médian de 80 mois (8-278) ; 48 stades I (44 A, 4 B) et 84 stades II (65 A, 19 B) ont été dénombrés. Les survies sans rechute, globale et spécifique sont respectivement de 86 %, 94 % et 96 % à 5 ans et de 86 %, 88 % et 89 % à 10 ans. La survie sans rechute à 5 et 10 ans est significativement différente (p = 0,027) entre les stades I (96 %) et II (80 %). Huit seconds cancers ont été diagnostiqués. Le risque cumulé de survenue d'un second cancer est de 2 % et 8 % à 5 et 10 ans. En comparaison avec une cohorte appariée de patients recensés au registre du cancer de l'Isère, le ratio du taux d'incidence standardisé était de 7,37 pour les hommes (IC95 % = 0,15-19) et 6,65 pour les femmes (0,16-17), démontrant un risque (p < 0,0001) chez les patients traités. Les taux de complications aiguës et tardives liés au staging chirurgical sont de 17,5 % et 15 %. La iatrogénicité tardive est principalement digestive à type d'occlusion intestinale aiguë. Les complications tardives non carcinologiques ont été cardiaques (2 grades IV, 1 grade V OMS) et pulmonaires (2 grades IV) en rapport avec des champs d'irradiation étendus.

Conclusion. Les données recueillies sont conformes à celles de la littérature. L'augmentation de la fréquence des complications tardives invite à la désescalade thérapeutique. Le staging chirurgical peut rester une option pour les stades précoces, s'il permet une réduction significative du volume irradié.

42
Intérêt d'une classification biologique de la leucémie lymphoïde chronique

Berrah A 1, Ouadahi N 1, Remache A 1, Ayoub S 1, Kessal F, Hakem D 1, Bensalah D 1, Zemmour D 1, Mokrane L 1, Boudjelida H 1, Relyved E 2

1 Service de médecine interne, CHU Bab-El-Oued, Alger, Algérie ;
2 Paris.

La classification de la leucémie lymphoïde chronique (LLC) en trois stades évolutifs, A, B et C, a prouvé son utilité pronostique. Cependant, différents travaux internationaux laissent entrevoir, au sein de chacun des stades, la coexistence de deux sous-groupes ayant des potentiels évolutifs différents.

Patients et méthodes. La question était de savoir si certains paramètres biologiques pouvaient étayer cette hétérogénéité. Une éventuelle corrélation a été recherchée entre plusieurs paramètres biologiques et la moyenne annuelle des infections relevées chez 55 patients atteints de LLC, prospectivement suivis durant une période de 5 ans, et répartis en 18, 24 et 13 respectivement aux stades A, B et C (39 hommes, 16 femmes, âge moyen 63,2 ans, extrêmes 42-71 ans). Tous ces patients ont reçu 2 injections vaccinales antitétaniques à 4 semaines d'intervalle ; leur réactivité immunitaire a été évaluée en dosant les anticorps antitétaniques (ACAT) par une méthode sensible et rapide (20 min) : l'hémagglutination passive d'hématies de dinde couplées à la toxine tétanique. Le titre étant exprimé en unités hémagglutinantes par millilitre de sérum (UH/ml), un sujet est dit bon répondeur (BR), répondeur (R) ou non répondeur (NR) lorsque le taux d'ACAT est respectivement > 0,5, compris entre 0,06 et 0,5 ou < 0,06 UH/ml.

Résultats. Aucune corrélation n'a été retrouvée entre le risque infectieux et les paramètres suivants : gammaglobulines, immunoglobulines A, G et M, fractions C3 et C4 du complément, taux de polynucléaires neutrophiles, lymphocytose sanguine, infiltration lymphocytaire médullaire. Cependant, une corrélation étroite existe entre, d'une part, le taux d'ACAT et, d'autre part, le risque infectieux (p < 0,001), les stades A, B et C (p < 0,0001) et le taux de survie à 5 ans (p < 0,05).

Conclusion. L'individualisation, au sein des trois stades de la LLC, de trois sous-groupes ayant un risque infectieux et un taux de survie significativement différents pourrait constituer un test discriminatif et aider dans la décision du choix thérapeutique...

43
Les anomalies chromosomiques dans les leucémies aiguës myéloblastiques dans le service d'hématologie-oncologie de l'Hôtel-Dieu de France

Rassi J, Kattan J, Chahine G, Nasr F, Tueini E, Ghosn M

Hôpital universitaire Hôtel-Dieu de France, Beyrouth, Liban.

Pour établir la fréquence des anomalies chromosomiques dans les leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) diagnostiquées et traitées à l'Hôtel-Dieu de France (HDF) et vérifier leur impact pronostique, nous avons mené une étude rétrospective des caryotypes par culture cellulaire, des malades diagnostiqués porteurs de LAM et hospitalisés au service d'hématologie-oncologie de l'HDF. Cette étude s'étale sur 4,5 ans, du 1er janvier 1997 au 31 juillet 2001. Cinquante-quatre dossiers de patients porteurs de LAM sont revus. La moyenne d'âge est de 47 ans (extrêmes 10 à 87). Le sexe est de 35 hommes contre 19 femmes. Quarante-cinq patients sur 54, soit 83 %, ont eu un prélèvement de caryotype : 43 % ont eu un caryotype normal, 13 % des anomalies de bon pronostic [t(8,21), t(15,17) ou inv(16)], 44 % une ou plusieurs autres anomalies considérées de mauvais pronostic. Le groupe de bon pronostic montre une durée moyenne de survie de 26,3 mois et une durée moyenne de rémission complète (RC) initiale de 22,7 mois. En revanche les survies moyennes des deux autres groupes sont respectivement de 15,7 mois et 11,6 mois pour le groupe de pronostic intermédiaire, 13,7 mois et 8,3 mois pour le groupe de mauvais pronostic. Mais cette différence entre les trois groupes n'a pas été statistiquement significative (p = 0,2906 pour la survie et p = 0,2178 pour la RC initiale) en raison du faible effectif.

Malgré un effectif insuffisant pour montrer une différence statistique, cette étude rejoint celles de la littérature par la fréquence et la distribution des anomalies chromosomiques et confirme le rôle pronostique et par conséquent thérapeutique que joue la recherche du caryotype dans les LAM.

44
Valeur pronostique de la fréquence des aberrations chromosomiques lymphocytaires en relation avec le raccourcissement de la taille des télomères et d'une éventuelle complication tardive chez des patients traités pour maladie de Hodgkin

M'kacher R 3, Carde P 3, Girinsky T 2, Delhommeau F 6, Dossou J 1, Violot D 1, Leclerc E 5, Courtier MH 5, Béron-Gaillard N 1, Ribrag V 3, Koscielny S 4, Bennaceur-Griscelli A 5, Parmentier C 1

1 Laboratoire de radiosensibilité radiocarcinogenèse UPRES EA 27-10 ; 2 Département de radiothérapie ; 3 Département d'hématologie ; 4 Département de biostatistiques ; 5 Département de biologie clinique ; 6 Inserm U. 362, Institut Gustave-Roussy, Villejuif.

Objectif. Recherche d'une éventuelle corrélation entre la fréquence des aberrations chromosomiques, la taille des télomères et l'évolution clinique de patients traités pour maladie de Hodgkin, afin d'établir un test prédictif.

Patients et méthodes. Quarante-neuf patients (âge moyen 33,5 ans) traités pour maladie de Hodgkin par chimio-radiothérapie conventionnelle ont été étudiés durant 3 ans après le traitement initial. Sept d'entre eux ont présenté des complications cardiaques et pulmonaires suite au traitement. Les aberrations chromosomiques lymphocytaires ont été dénombrées à l'aide de la peinture chromosomique ; la taille des télomères a été appréciée par les techniques de southern-blot et Q-Fish. Des donneurs sains ainsi que des patients porteurs d'une autre pathologie cancéreuse forment notre population témoin.

Résultats. avant tout traitement, les patients porteurs de la maladie de Hodgkin présentent un taux d'aberrations chromosomiques significativement supérieur à la population témoin, respectivement, 0,020 (0-0,12), 0,003 (0-0,015), (p < 10- 4). Cette fréquence croît après chimiothérapie et radiothérapie. Elle dépend essentiellement du type de chimiothérapie et de l'étendue du champ d'irradiation. Le suivi de ces patients a montré une variation interindividuelle de la fréquence des aberrations chromosomiques 0,21 (0,02-0,68). Cette fréquence est corrélée inversement à la taille des télomères 7,89 kb (3,8-11,6 kb), (R = - 0,66 ; p = 0,0013). Les patients ayant développé une complication tardive présentent une taille télomérique de 5,25 kb (3,8-7,3). Une corrélation significative a été montrée entre la taille des télomères, la fréquence des aberrations chromosomiques et la survenue de complication tardive (R = - 0,65 ; p = 0,0019).

Conclusion. Ces résultats montrent la particularité génétique des patients atteints de la maladie de Hodgkin, présentant une fréquence des aberrations chromosomiques spontanées plus élevée que la population témoin. La mesure de la taille des télomères ainsi que le dénombrement des aberrations chromosomiques s'avèrent de bons marqueurs prédictifs de la survenue des complications tardives dans le suivi à long terme des patients en rémission clinique. Il reste cependant à établir le lien entre le vieillissement précoce d'une cellule « saine » et la survenue d'une myélodysplasie.


 

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