ARTICLE
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Irradiation corporelle totale et radiothérapie médiastinale
chez les patients atteints de myélome multiple
Kirova YM 1, Rafi H 2,
Diviné M 2, Cordonnier C 2, Lagrange JL
1, Le Bourgeois JP 1
1 Service de radiothérapie, CHU Henri-Mondor,
Créteil ; 2 Service d'hématologie, CHU Henri-Mondor,
Créteil.
L'irradiation corporelle totale (ICT) fait partie du conditionnement
de l'autogreffe chez les patients avec un myélome multiple (MM).
Nous avons évalué la toxicité tardive d'une irradiation
médiastinale complémentaire chez les patients ayant des
lésions vertébrales.
Matériel et méthodes. De février 1988 à
juillet 1997, 34 patients atteints de MM ont reçu une autogreffe
de cellule souche. Le conditionnement incluait une ICT monodose (10 Gy)
de cobalt, et des combinaisons variées de VP16, CCNU, cyclophosphamide
et melphalan. Avant (n = 6) ou après (n = 2) l'ICT, 8 patients
ont reçu une radiothérapie aux sites de maladie persistante
ou symptomatique (dose totale de 20 Gy/10 fractions) localisée
entre C5 et D12 (avec des volumes de traitement différents) utilisant
des champs antérieurs et postérieurs. Cette dose additionnelle
a été délivrée au médiastin pour le
traitement des vertèbres dorsales, utilisant des photons de 18
ou 25 mV. Tous les patients ont bénéficié d'examens
cliniques et hématologiques réguliers, d'échographies
cardiaques et de tests de la fonction pulmonaire au cours des mois et
des années qui ont suivi.
Résultats. Il y avait 6 femmes et 2 hommes. L'âge
médian était de 43 ans (32-53). Le suivi fut de 3,5 à
9 ans. Tous les patients ont vu leur douleur décroître et
les symptômes diminuer après la RT locale. Quatre patients
sont décédés : 3 de MM et un d'infection. Deux des
patients en vie sont sans maladie et les deux autres ont récidivé.
Aucune toxicité neurologique ou cardiorespiratoire, attribuable
à la RT complémentaire, n'a été observée.
Conclusion. L'addition d'une RT localisée au médiastin
chez les patients atteints de MM est bien tolérée, sans
toxicité spécifique à long terme. Une RT de 20 Gy
en 10 fractions ne contre-indique pas une ICT et est également
compatible avec une ICT antérieure.
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Analyse rétrospective de 132 patients traités pour maladie
de Hodgkin de stade I et II après staging chirurgical et
splénectomie : étude de la survie à long terme, des
complications et des seconds cancers
Artignan X 1, Fourneret P 1,
Balosso J 1, Colonna M 1, Chaffanjon P 2,
Sotto JJ 3, Bolla M 1
1 Départements de radiotherapie ; 2
de chirurgie ; 3d'hématologie, CHU de Grenoble.
Objectif : Les taux de guérison élevés de
maladie de Hodgkin permettent un suivi à long terme ; après
10 à 15 ans, la survie est grevée par la survenue de complications
: seconds cancers et complications cardiaques. Notre objectif est de rapporter,
chez des malades stades I et II de Ann Arbor, les survies et complications
tardives consécutives à la stratégie utilisée.
Matériels et méthode. Cent trente-deux patients
traités au CHU de Grenoble, de 1975 à 1993, pour des stades
I et II ont été évalués. L'exploration chirurgicale
et la splénectomie ont été conduites par la même
équipe. Le protocole a été identique et a consisté
en 2 injections de 10 mg de vinblastine à 1 semaine d'intervalle
suivies (à J15) d'une irradiation nodale sub-totale, à l'exception
des stades IIB qui, après 1980, ont été traités
par deux cures de MOPP avant l'irradiation.
Résultats. L'âge médian est de 30 ans (17-62),
le suivi médian de 80 mois (8-278) ; 48 stades I (44 A, 4 B) et
84 stades II (65 A, 19 B) ont été dénombrés.
Les survies sans rechute, globale et spécifique sont respectivement
de 86 %, 94 % et 96 % à 5 ans et de 86 %, 88 % et 89 % à
10 ans. La survie sans rechute à 5 et 10 ans est significativement
différente (p = 0,027) entre les stades I (96 %) et II (80 %).
Huit seconds cancers ont été diagnostiqués. Le risque
cumulé de survenue d'un second cancer est de 2 % et 8 % à
5 et 10 ans. En comparaison avec une cohorte appariée de patients
recensés au registre du cancer de l'Isère, le ratio du taux
d'incidence standardisé était de 7,37 pour les hommes (IC95
% = 0,15-19) et 6,65 pour les femmes (0,16-17), démontrant un risque
(p < 0,0001) chez les patients traités. Les taux de complications
aiguës et tardives liés au staging chirurgical sont
de 17,5 % et 15 %. La iatrogénicité tardive est principalement
digestive à type d'occlusion intestinale aiguë. Les complications
tardives non carcinologiques ont été cardiaques (2 grades
IV, 1 grade V OMS) et pulmonaires (2 grades IV) en rapport avec des champs
d'irradiation étendus.
Conclusion. Les données recueillies sont conformes à
celles de la littérature. L'augmentation de la fréquence
des complications tardives invite à la désescalade thérapeutique.
Le staging chirurgical peut rester une option pour les stades précoces,
s'il permet une réduction significative du volume irradié.
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Intérêt d'une classification biologique de la leucémie
lymphoïde chronique
Berrah A 1, Ouadahi N 1,
Remache A 1, Ayoub S 1, Kessal F, Hakem D 1,
Bensalah D 1, Zemmour D 1, Mokrane L 1,
Boudjelida H 1, Relyved E 2
1 Service de médecine interne, CHU Bab-El-Oued,
Alger, Algérie ;
2 Paris.
La classification de la leucémie lymphoïde chronique (LLC)
en trois stades évolutifs, A, B et C, a prouvé son utilité
pronostique. Cependant, différents travaux internationaux laissent
entrevoir, au sein de chacun des stades, la coexistence de deux sous-groupes
ayant des potentiels évolutifs différents.
Patients et méthodes. La question était de savoir
si certains paramètres biologiques pouvaient étayer cette
hétérogénéité. Une éventuelle
corrélation a été recherchée entre plusieurs
paramètres biologiques et la moyenne annuelle des infections relevées
chez 55 patients atteints de LLC, prospectivement suivis durant une période
de 5 ans, et répartis en 18, 24 et 13 respectivement aux stades
A, B et C (39 hommes, 16 femmes, âge moyen 63,2 ans, extrêmes
42-71 ans). Tous ces patients ont reçu 2 injections vaccinales
antitétaniques à 4 semaines d'intervalle ; leur réactivité
immunitaire a été évaluée en dosant les anticorps
antitétaniques (ACAT) par une méthode sensible et rapide
(20 min) : l'hémagglutination passive d'hématies de dinde
couplées à la toxine tétanique. Le titre étant
exprimé en unités hémagglutinantes par millilitre
de sérum (UH/ml), un sujet est dit bon répondeur (BR), répondeur
(R) ou non répondeur (NR) lorsque le taux d'ACAT est respectivement
> 0,5, compris entre 0,06 et 0,5 ou < 0,06 UH/ml.
Résultats. Aucune corrélation n'a été
retrouvée entre le risque infectieux et les paramètres suivants
: gammaglobulines, immunoglobulines A, G et M, fractions C3 et C4 du complément,
taux de polynucléaires neutrophiles, lymphocytose sanguine, infiltration
lymphocytaire médullaire. Cependant, une corrélation étroite
existe entre, d'une part, le taux d'ACAT et, d'autre part, le risque infectieux
(p < 0,001), les stades A, B et C (p < 0,0001) et le taux de survie
à 5 ans (p < 0,05).
Conclusion. L'individualisation, au sein des trois stades de
la LLC, de trois sous-groupes ayant un risque infectieux et un taux de
survie significativement différents pourrait constituer un test
discriminatif et aider dans la décision du choix thérapeutique...
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Les anomalies chromosomiques dans les leucémies aiguës myéloblastiques
dans le service d'hématologie-oncologie de l'Hôtel-Dieu de
France
Rassi J, Kattan J, Chahine G, Nasr F, Tueini
E, Ghosn M
Hôpital universitaire Hôtel-Dieu de France, Beyrouth,
Liban.
Pour établir la fréquence des anomalies chromosomiques
dans les leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) diagnostiquées
et traitées à l'Hôtel-Dieu de France (HDF) et vérifier
leur impact pronostique, nous avons mené une étude rétrospective
des caryotypes par culture cellulaire, des malades diagnostiqués
porteurs de LAM et hospitalisés au service d'hématologie-oncologie
de l'HDF. Cette étude s'étale sur 4,5 ans, du 1er
janvier 1997 au 31 juillet 2001. Cinquante-quatre dossiers de patients
porteurs de LAM sont revus. La moyenne d'âge est de 47 ans (extrêmes
10 à 87). Le sexe est de 35 hommes contre 19 femmes. Quarante-cinq
patients sur 54, soit 83 %, ont eu un prélèvement de caryotype
: 43 % ont eu un caryotype normal, 13 % des anomalies de bon pronostic
[t(8,21), t(15,17) ou inv(16)], 44 % une ou plusieurs autres anomalies
considérées de mauvais pronostic. Le groupe de bon pronostic
montre une durée moyenne de survie de 26,3 mois et une durée
moyenne de rémission complète (RC) initiale de 22,7 mois.
En revanche les survies moyennes des deux autres groupes sont respectivement
de 15,7 mois et 11,6 mois pour le groupe de pronostic intermédiaire,
13,7 mois et 8,3 mois pour le groupe de mauvais pronostic. Mais cette
différence entre les trois groupes n'a pas été statistiquement
significative (p = 0,2906 pour la survie et p = 0,2178 pour la RC initiale)
en raison du faible effectif.
Malgré un effectif insuffisant pour montrer une différence
statistique, cette étude rejoint celles de la littérature
par la fréquence et la distribution des anomalies chromosomiques
et confirme le rôle pronostique et par conséquent thérapeutique
que joue la recherche du caryotype dans les LAM.
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Valeur pronostique de la fréquence des aberrations chromosomiques
lymphocytaires en relation avec le raccourcissement de la taille des télomères
et d'une éventuelle complication tardive chez des patients traités
pour maladie de Hodgkin
M'kacher R 3, Carde P 3,
Girinsky T 2, Delhommeau F 6, Dossou J 1,
Violot D 1, Leclerc E 5, Courtier MH 5,
Béron-Gaillard N 1, Ribrag V 3, Koscielny
S 4, Bennaceur-Griscelli A 5, Parmentier C
1
1 Laboratoire de radiosensibilité radiocarcinogenèse
UPRES EA 27-10 ; 2 Département de radiothérapie
; 3 Département d'hématologie ; 4
Département de biostatistiques ; 5 Département
de biologie clinique ; 6 Inserm U. 362, Institut Gustave-Roussy,
Villejuif.
Objectif. Recherche d'une éventuelle corrélation
entre la fréquence des aberrations chromosomiques, la taille des
télomères et l'évolution clinique de patients traités
pour maladie de Hodgkin, afin d'établir un test prédictif.
Patients et méthodes. Quarante-neuf patients (âge
moyen 33,5 ans) traités pour maladie de Hodgkin par chimio-radiothérapie
conventionnelle ont été étudiés durant 3 ans
après le traitement initial. Sept d'entre eux ont présenté
des complications cardiaques et pulmonaires suite au traitement. Les aberrations
chromosomiques lymphocytaires ont été dénombrées
à l'aide de la peinture chromosomique ; la taille des télomères
a été appréciée par les techniques de southern-blot
et Q-Fish. Des donneurs sains ainsi que des patients porteurs d'une autre
pathologie cancéreuse forment notre population témoin.
Résultats. avant tout traitement, les patients porteurs
de la maladie de Hodgkin présentent un taux d'aberrations chromosomiques
significativement supérieur à la population témoin,
respectivement, 0,020 (0-0,12), 0,003 (0-0,015), (p < 10-
4). Cette fréquence croît après chimiothérapie
et radiothérapie. Elle dépend essentiellement du type de
chimiothérapie et de l'étendue du champ d'irradiation. Le
suivi de ces patients a montré une variation interindividuelle
de la fréquence des aberrations chromosomiques 0,21 (0,02-0,68).
Cette fréquence est corrélée inversement à
la taille des télomères 7,89 kb (3,8-11,6 kb), (R = -
0,66 ; p = 0,0013). Les patients ayant développé une complication
tardive présentent une taille télomérique de 5,25
kb (3,8-7,3). Une corrélation significative a été
montrée entre la taille des télomères, la fréquence
des aberrations chromosomiques et la survenue de complication tardive
(R = - 0,65 ; p = 0,0019).
Conclusion. Ces résultats montrent la particularité
génétique des patients atteints de la maladie de Hodgkin,
présentant une fréquence des aberrations chromosomiques
spontanées plus élevée que la population témoin.
La mesure de la taille des télomères ainsi que le dénombrement
des aberrations chromosomiques s'avèrent de bons marqueurs prédictifs
de la survenue des complications tardives dans le suivi à long
terme des patients en rémission clinique. Il reste cependant à
établir le lien entre le vieillissement précoce d'une cellule
« saine » et la survenue d'une myélodysplasie.
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