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Internet est un réseau planétaire connectant des milliers
de serveurs documentaires, permettant ainsi l'échange et la gestion
d'informations. Le nombre croissant de publications sur Internet traduit
depuis plusieurs mois un engouement et un intérêt important
pour ce média. Plus de 3 300 références indexées
dans Medline parlent d'Internet ou des réseaux de communication.
En effet, les possibilités de communication et les fonctionnalités
qu'offre ce réseau sont très importantes.
Les services offerts par Internet ont largement été décrits
dans la littérature [1, 2]. Les principaux avantages sont :
1) l'accès immédiat, en temps réel et quel que soit
le lieu, à une très grande quantité d'informations
documentaires, dont la mise à jour peut être quotidienne
; 2) des services d'échanges d'informations, de messages ou de
données. Trois inconvénients peuvent être cités
: une lenteur de communication surtout l'après-midi (période
d'intense utilisation des Américains), une tendance à allonger
les temps de connexion (due aux liaisons quasi infinies entre les documents)
et, enfin, un problème de validité et de pertinence de l'information
reçue (due à l'ouverture planétaire du réseau
et à l'absence de comités de lecture pour la plupart des
sites).
Le but de cet article est d'aider les médecins ou les professionnels
de santé :
à comprendre ce qu'est Internet et en quoi ce réseau
peut les aider dans leur travail ;
à résoudre les problèmes matériels
de connexion ;
à réaliser des recherches de sites en cancérologie
;
à évaluer leur pertinence et leur qualité.
Intérêt d'Internet pour
le médecin
De nombreux outils et fonctions sont disponibles, dont certains sont
spécifiques à des catégories socio-professionnelles.
Le corps médical et plus généralement les professionnels
de santé peuvent utiliser deux outils très simples et extrêmement
performants [3, 4] :
* Le courrier électronique (ou e-mail) permet,
après attribution d'une adresse e-mail, de type nom@site.fr,
de recevoir et d'envoyer des messages à n'importe quel utilisateur
d'Internet dans le monde. La gestion de ces courriers s'effectue comme
avec une boîte aux lettres qu'il convient de relever tous les jours.
Cette boîte aux lettres est conservée sur le site de votre
prestataire de service (provider), si bien que vous pouvez relever
votre courrier n'importe quand et à partir de n'importe quel ordinateur.
Cet outil peut remplacer jusqu'à 80 % des fax et 90 % des courriers
postaux. Il est particulièrement appréciable dès
qu'il s'agit de rentrer en contact rapidement avec une personne en dehors
de sa région et spécialement à l'étranger.
* Le World Wide Web (ou web ou www), partie la plus conviviale
et la plus accessible d'Internet, permet la publication et la consultation
de documents reliés par des liens basés sur le format HTML
(hypertext markup langage ou hypertexte). Chaque lien contient
l'adresse d'un autre document. La très grande convivialité
du web réside dans sa souplesse et sa facilité d'utilisation
exceptionnelle. La navigation sur le web s'effectue en passant d'un document
à un autre document reliés par un lien pertinent. Ces liens
sont généralement représentés par du texte
souligné. C'est ainsi que l'on peut passer d'un document physiquement
localisé à Tokyo à un document localisé à
Mexico en quelques secondes.
D'autres outils sont disponibles (Wais, Gopher, File Transfert Protocol).
Ils ont été décrits par ailleurs [5] et n'ont qu'un
intérêt limité pour les professionnels de l'information.
Connexion à Internet
Matériel
Toute connexion nécessite :
un ordinateur récent (moins de 3 ans), quels que
soient sa marque et son système d'exploitation. Une quantité
de mémoire vive (RAM) importante est recommandée. Des prix
attractifs sont désormais offerts pour des solutions complètes
et puissantes ;
un modem (pour un particulier n'étant pas en réseau).
Il permet la discussion entre deux machines. Il convient de choisir un
modèle rapide, au moins à 22 800 bauds par minute (bpm).
Le coût des modems est désormais faible et ils sont disponibles
dans toute grande surface ;
une ligne de communication qui peut être une simple
ligne téléphonique ou une ligne numéris (débit
plus rapide, utile pour les institutions) ;
un accès au réseau Internet soit par un
abonnement à un provider, soit par l'intermédiaire
de l'institution où l'on travaille si elle possède un accès
permanent (Intranet). Les abonnements individuels font maintenent l'objet
d'une concurrence internationale féroce, avec, comme répercussion
pour les consommateurs, une baisse des prix et de meilleurs services.
Nous ne pouvons recommander aucun d'entre eux en particulier, mais il
est conseillé de choisir un prestataire qui vous offre une connexion
dans votre région ou dans votre ville (pour avoir un coût
de communication téléphonique plus faible). Le coût
de ces abonnements est stabilisé maintenant autour d'une centaine
de francs par mois pour un particulier, avec des différences portant
sur le nombre d'heures gratuites, des services à la carte ou une
maintenance particulière ;
deux logiciels de communication : un navigateur (ou browser)
pour accéder aux millions de pages d'informations existant sur
le web avec le choix entre Internet Explorer ®
de Microsoft et Netscape ® dont la version
Communicator est tout à fait adaptée aux nouvelles
technologies ; un logiciel pour la gestion des courriers électroniques
généralement compris dans les abonnements, dont de nombreux
exemplaires existent (citons celui de Compuserve ®,
WinCim ® et Eudora ®)
qui permettent une gestion complète du courrier avec carnets d'adresses,
classement, alerte automatique d'arrivée, etc. Il faut noter que
les navigateurs cités plus haut peuvent tout à fait suffire
pour la gestion des courriers électroniques.
Modalités
Pour accéder à un site Internet (ou site web), il suffit
d'allumer son ordinateur, de lancer le navigateur et de saisir l'adresse
du site recherché. En général, l'ordinateur se charge
de composer le numéro de téléphone vers votre
provider.
Ces adresses (ou URL) comprennent trois parties : type, nom, lieu.
Le type est généralement http://www, ce qui signifie
« serveur http sur le world wide web » ; le nom est celui de
l'organisme, toujours en minuscule, parfois séparé par un
tiret ; le dernier terme est un suffixe désignant soit le lieu
géographique du serveur (fr pour la France, uk pour
l'Angleterre, nl pour les Pays-Bas, etc.), soit le type d'organisme
(com pour structure commerciale, edu pour structure universitaire
ou scolaire, gov pour structure gouvernementale). Ainsi il est
relativement facile (en théorie) de retrouver une adresse de site
et inversement de savoir sur quel site on se trouve.
En fait, la composition d'une adresse n'a aucune importance dans l'accès
à l'information.
L'important n'est pas de connaître l'adresse de l'information
mais d'avoir cette information.
Tous les navigateurs possèdent de plus un carnet d'adresses (bookmark)
dans lequel ils peuvent stocker leurs adresses préférées.
Modalités de
recherches de sites médicaux
Deux types simples de recherches de sites sont disponibles :
* La recherche par mots clés [6] s'effectue par l'intermédiaire
de serveurs spécialisés dont les principaux sont Yahoo®
[7], Alta-Vista® [8], Lycos®
[9] et le WebCrawler ® [10]. Ces serveurs indexent
des milliers, voire des millions de pages Internet, mais pas toutes. L'approche
pose les mêmes problèmes qu'une recherche bibliographique
avec bruit de fond et non-exhaustivité. La démarche est
extrêmement simple puisqu'il suffit de saisir un ou plusieurs mots
clés dans un champ et d'attendre la réponse sous forme de
liste qu'il convient ensuite de visualiser, de trier et de valider pas
à pas. Cette méthode est quand même très utile
puisqu'elle permet d'accéder très rapidement à des
adresses ciblées sur le sujet. En général, la saisie
de plusieurs mots clés doit être encadrée par des
guillemets (par exemple « breast cancer »).
* La recherche par sites d'indexation [11] s'effectue en accédant
à des sites en général universitaires qui maintiennent
à jour des listes de serveurs par thèmes, disciplines ou
sujets. Beaucoup de sites de recherche et d'aide sont disponibles ; citons
le CHU de Rouen [12] et Medical Matrix [13]. Notre préférence
va au site MedWeb de l'Université Emory aux États-Unis
[14] qui réalise un remarquable travail de mise à jour d'une
base de données sur les différentes spécialités
scientifiques et médicales. Son utilisation est extrêmement
simple. Il présente l'avantage d'éliminer en grande partie
le bruit de fond d'une recherche par mots clés et de ne fournir
que des listes de sites contrôlés sur le sujet, mais pas
forcément validés sur la pertinence.
Quels que soient le site et la méthode utilisés pour trouver
ou retrouver un serveur, les résultats sont équivalents.
Seul varie le temps consacré à la recherche. Les différentes
méthodes aboutissent toutes aux mêmes sites qui sont croisés
entre eux.
Résultats
La liste des principaux serveurs en cancérologie ainsi que leur
adresse sont disponibles sur le serveur de la Société française
de cancérologie à l'adresse http://www.sfc.asso.fr.
Ils sont classés par thèmes ou par centres d'intérêt.
Cette liste a été établie essentiellement grâce
aux sites d'indexation qui recensent plus de 800 adresses en cancérologie.
Le résultat proposé contient les sites les plus marquants
pour une utilisation professionnelle.
On constate la très grande variété de documents
accessibles, le très grand nombre de sujets traités, mais
le faible nombre de sites français ou francophones.
Plusieurs thèmes peuvent être d'emblée très
utiles pour tout médecin ou étudiant s'intéressant
à la cancérologie.
* La recherche bibliographique [15]. De nombreux sites proposent
la possibilité de réaliser soi-même et très
rapidement une recherche bibliographique. Les principales bases de données
utiles en cancérologie sont Medline (base généraliste
de 8,6 millions de références depuis 1966 et couvrant plus
de 3 800 journaux, la plupart en langue anglaise), Embase (à
couverture plus européenne que Medline) et Cancerlit
[16] (à vocation purement cancérologique, contenant des
références Medline, des titres de monographies, résumés
des congrès, etc.). Beaucoup de sites proposent des recherches
gratuites avec ou sans identification préalable (PubMed
[17], HealthGate [18]). D'autres sont accessibles par abonnement
(quelques centaines de francs par an : SilverPlatter [19]) et offrent
des recherches plus complètes et plus rapides avec accès
au thésaurus MeSh, sauvegarde et exportations des résultats
et des algorithmes de recherche, commande des articles on line,
etc. Mais les avantages et les inconvénients sont les mêmes
que les recherches sur CD-Rom [20]. Internet démocratise la recherche
bibliographique et donne à chacun une autonomie confortable. Notre
préférence en termes de fonctionnalités et de services
concerne PubMed [17] pour les accès gratuits et SilverPlatter
[19] et Ovid [21] pour les accès payants.
* Les publications et revues électroniques. Il est maintenant
clair que toutes les grandes publications ont un intérêt
évident à paraître sur Internet. La grande majorité
offre le détail des derniers numéros, les résumés
et éditoriaux, les possibilités d'abonnement on line
et divers services d'accès ou de contact. Certaines revues sont
accessibles intégralement en ligne [22].
* Le calendrier des congrès et événements
[23, 24]. Cette liste peut fournir de précieux éléments
d'organisation. La plupart des congrès présentent en effet
en ligne leur programme, leurs formulaires d'inscription, de soumission
d'abstract et les différentes commodités urbaines
et régionales.
* Les guides de bonnes pratiques. Très peu de recommandations
sont disponibles sur le web. Nous retiendrons celles sur le cancer du
sein des Australiens publiées intégralement [25]. Dans un
autre registre, l'accès aux références et recommandations
médicales et aux RMO [26] est maintenant possible. À noter
que la Fédération nationale des centres de lutte contre
le cancer [27] va publier en langue française, en 1998, les standards,
options et recommandations (SOR) en cancérologie.
* La messagerie. La description d'un problème clinique
concret peut éclairer l'utilisateur sur les possibilités
d'aide que peut fournir Internet pour des cas difficiles à résoudre
par les moyens classiques : une femme de 46 ans est atteinte d'un syndrome
d'Ehlers-Danlos de type IV et présente par ailleurs un cancer du
sein. Une tumorectomie a été réalisée. Peut-on
faire une radiothérapie mammaire sans risque ? De nombreux confrères
radiothérapeutes ont été contactés par téléphone.
Aucun n'a eu à traiter un tel cas. Une interrogation de Medline
par le serveur PubMed [17] n'a permis de trouver qu'une référence
sur un thème voisin. Une recherche par Yahoo [7] avec le
mot clé « ehlers-danlos » a permis de trouver le site
de la Ehlers-Danlos Fundation. Un courrier électronique adressé
à cette fondation n'a pas permis de résoudre la question
mais la réponse par e-mail a été obtenue le
jour même et d'autres adresses de personnes travaillant sur ce syndrome
nous ont été fournies. Il faut souligner la grande solidarité
et la convivialité de ceux qui communiquent par courrier électronique.
* Les forums. Un grand nombre de forums existe sur Internet.
Il en existe deux types, les forums libres et les forums gérés
par un modérateur à qui vous devez d'abord soumettre votre
sujet. Ceux traitant de la cancérologie sont peu nombreux et souvent
utilisés par des patients ou des familles anglo-saxonnes (exemple
: mon père présente un cancer de la prostate et a eu tel
traitement. Existe-t-il d'autres traitements efficaces et où peut-on
avoir des informations ?). Les forums professionnels sont plus rares
[28], surtout ceux en français.
À noter la grande richesse des sites de génétique
et de biologie moléculaire s'adressant aux chercheurs dans ce domaine,
avec notamment la genome database [29].
Discussion : pertinence et validité des
sites
Il est évident que l'accès quasi instantané à
une information documentaire est un argument majeur de l'utilité
d'Internet en médecine en général, en cancérologie
en particulier. Internet est pour l'instant surtout utilisé à
titre documentaire grâce au web et à la messagerie électronique
qui permettent de converser avec n'importe qui dans le monde. La facilité
d'utilisation des outils disponibles et leur faible coût sont des
arguments supplémentaires pour utiliser Internet. D'autres fonctions
sont préparées dans le cadre de projets d'évaluation,
notamment la distribution et le partage de données sur des patients,
le télédiagnostic, etc.
L'énorme quantité d'informations disponibles et la rapidité
avec laquelle une publication est réalisable sur Internet soulèvent
les problèmes de la pertinence et de la validité des sites
explorés [30]. La recherche d'un sujet précis conduit bien
souvent à un bruit de fond important et à un manque de repères
pour évaluer le contenu des informations. La situation est exactement
la même lors d'une recherche bibliographique : Quel mot clé
utiliser ? Comment extraire le ou les sites pertinents ? La recherche
est-elle exhaustive ? Un certain nombre de critères de forme aisément
identifiables aident déjà à faire un premier tri
:
l'adresse (URL) du site : est-ce une université, un particulier,
une organisation commerciale ?
le titre des pages est-il explicite ?
la date de mise à jour est un des critères à
chercher (quand il existe). Une mise à jour supérieure à
2 mois suffit à démontrer que le site évolue très
peu et offre peu d'intérêt dans son actualisation, ses services
et son contenu.
Les critères concernant le contenu sont beaucoup plus difficiles
à évaluer. Ce travail de revue systématique et d'évaluation
de sites préfigure un nouveau métier documentaire spécialisé
au sein de comités de lecture. Le résultat d'un tel travail
est l'un des services que pourront rendre les futurs réseaux régionaux
de santé.
Remerciements
Nous remercions Mme Marie-Pierre Blanc-Vincent pour son travail de relecture
et M. Philippe Rocca-Serra pour la validation des sites de génétique
et de biologie moléculaire.
CONCLUSION Internet
est passé depuis quelques mois du stade de gadget à celui
d'outil de travail professionnel. Quatre arguments principaux doivent inciter
les médecins et les professionnels de santé en cancérologie
à l'utiliser : le faible coût des installations et des communications,
la facilité et l'intuitivité des outils proposés, la
richesse des informations accessibles et la rapidité d'obtention
de ces informations.REFERENCES
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web. JAMA 1997 ; 277 : 171-2.
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le cancer. Bull Cancer 1996 ; 83 : 791-7.
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7. Yahoo, site internet : http://www.yahoo.com
8. Alta-Vista, site internet : http://www.altavista.telia.com/
9. Lycos, site internet : http://www.lycos.com
10. WebCrawler, site internet : http://www.altavista.telia.com/
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13. Medical Matrix, site internet : http://www.slackinc.com/matrix/disease.html
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16. Cancerlit, site internet : http://cnetdb.nci.nih.gov/cancerlit.html
17. PubMed, site internet : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/PubMed/
18. HealthGate, site internet : http://www.healthgate.com/HealthGate/medline/search.shtml
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27. Fédération nationale des centres de lutte contre
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28. Oncology forum, site internet : http://www.oncology-forum.org
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