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Update in medical informatics in oncology


Bulletin du Cancer. Volume 89, Number 1, 139-45, Janvier 2002, Synthèses


Résumé   Summary  

Author(s) : Jean-François Laurent, Département d'information médicale, Centre Eugène-Marquis, BP 6279, 35062 Rennes..

Summary : Through the implementation of the French reform of resources allocation, according to the French DRG system (PMSI), all the medical records of French hospitals are currently indexed according to the same rules and classifications. As a by-product, these discharge summaries are merged into huge administrative databases covering both public and private settings. Statistical analysis of these data have begun, and seems to be worthwhile in oncology, e.g. for assessing the burden of cancer treatments in hospitals, for revealing the regional variations in practice or for estimating the incidence of melanoma. However, fully anonymous data leading to double counts, questionable quality of summaries and lack of complete covering in radiotherapy centres, still impede from using the data for epidemiological purpose. Short term improvements are under way: changes in quality assessment and control, possibility of linking successive stays of a patient while respecting privacy, implementation of new classification of procedures and new descriptions of ''casemix''. The French DRG could then have a place in the monitoring of cancer both at national and regional levels.

Keywords : DRG, diagnosis related groups, cancer, epidemiology, administrative databases, discharge summaries, classification of procedures, casemix.

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ARTICLE

Le programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) en cancérologie

Le recueil d'une information médicale standardisée en cancérologie s'est progressivement généralisé en France avec la mise en place du PMSI [1]. Auparavant, seuls quelques centres enregistraient de façon systématique une information structurée pour chaque patient (enquête permanente Cancer des centres de lutte contre le cancer, codage de dossiers dans quelques centres hospitaliers universitaires, etc.). D'abord limité aux hôpitaux publics au début des années 1990, ce recueil couvre également le champ de l'hospitalisation privée depuis 1997. Outre l'utilisation budgétaire, les établissements disposent ainsi d'une indexation par pathologie et par acte des dossiers médicaux de tous les patients vus en hospitalisation.

Depuis 1995, cette information sort des établissements, qui fournissent à leurs tutelles des résumés de sortie anonymes (RSA) décrivant les principales caractéristiques des patients (âge, sexe, origine géographique) et des séjours (mode d'entrée et de sortie, affections prises en charge, traitements délivrés, complications ou maladies éventuellement associées). Après un traitement réalisé par chaque tutelle régionale, destiné à apprécier le volume d'activité et à moduler les budgets hospitaliers, ces RSA viennent constituer des bases régionales et nationales. En effet, ils sont particulièrement adaptés à un traitement automatique, d'une part grâce à un format unique imposé par la réglementation, d'autre part grâce à la mise à disposition d'un logiciel unique.

Ainsi, au-delà de son utilisation budgétaire, le PMSI permet de constituer d'importantes bases de données contenant, sous forme structurée, codée et anonyme, toute l'information médicale des résumés de sortie d'une région ou de la France entière. Plus de 14 millions de séjours étaient disponibles dans la base nationale pour l'année 1998. Après une période de grande prudence [2] vis-à-vis de cette masse d'information, son exploitation statistique a commencé depuis quelques années et les premiers résultats publiés, dans le domaine de la cancérologie notamment, semblent prometteurs.

L'analyse de la base publique [3] a montré que la part « cancer » de l'activité des hôpitaux publics représentait un quart des séjours (séances et ambulatoires inclus), soit 16,2 % de l'activité estimée en points ISA (indice statistique d'activité). Le budget annuel consacré par les hôpitaux publics à la cancérologie a été estimé à 29 milliards de francs. Chaque type d'établissement public ou parapublic (centre hospitalier universitaire, centre hospitalier, centre de lutte contre le cancer, autre) présente un profil spécifique d'activité comme le montre la part relative des différentes modalités (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, autres) dans chacune des structures, et pour chacun des principaux groupes homogènes de malades. Ainsi, les centres de lutte contre le cancer réalisent 74 % de la radiothérapie publique, les centres hospitalo-universitaires 56 % des interventions majeures sur le thorax pour cancer, et les centres hospitaliers 55 % des interventions majeures sur l'intestin grêle et le côlon pour cancer. Cette étude, limitée à la base publique disponible à l'époque, s'est attachée à montrer la faisabilité d'une analyse médico-économique d'envergure nationale dans le domaine de la cancérologie.

Dans une série de publications [4-7], la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) a exploité la base nationale publique et privée.

Les actes chirurgicaux liés au cancer du sein réalisés en 1997 ont été analysés grâce à l'étude de plus de 45 000 séjours [4]. Les principaux constats sont le grand nombre d'établissements concernés (1 131), leur spécialisation très variable (la moitié réalise moins de 15 actes par an, alors que 50 effectuent plus d'un tiers de l'activité) et la place importante du secteur privé (46 %). Les flux inter-régionaux sont faibles, seulement 8 % des séjours ont lieu hors de la région du domicile.

Cette étude révèle aussi d'importantes disparités régionales dans le taux de mastectomies (de 129 à 171 pour 100 000 femmes). De plus, la proportion de la chirurgie conservatrice (mastectomie sub-totale) parmi l'ensemble des mastectomies varie considérablement d'une région à l'autre (de 29 à 45 % pour les extrêmes). Cette information, découverte au travers du PMSI, ouvre de nouveaux champs d'investigation sur d'éventuelles différences d'incidence ou de gravité au stade initial, voire sur des différences de pratiques médicales d'une région à l'autre.

De même, l'étude des pathologies prises en charge à l'hôpital est envisageable au travers du PMSI [5]. Les séjours pour tumeurs représentaient en 1997 environ 8 % de l'ensemble des séjours hospitaliers en France (1 166 100 séjours, séances exclues). Cette proportion est en discrète augmentation depuis 1992 et le secteur public assure 52,7 % des prises en charge. Les séjours pour maladies du sang et des organes hématopoïétiques ont lieu à 81,3 % dans le secteur public. Cette étude conclut à une spécialisation marquée entre établissements relevant du secteur public et ceux relevant du secteur privé, grâce à l'analyse des séjours pour acte chirurgical. Ainsi, de 1992 à 1997, la part des établissements privés dans la chirurgie des tumeurs a augmenté d'environ 7 %. Par ailleurs, elle a montré la faisabilité d'une enquête de morbidité hospitalière sur l'ensemble de l'activité d'une année par ce moyen, puisqu'elle aboutit à des résultats comparables à ceux de l'enquête réalisée en 1992 sur un échantillon d'hôpitaux. Les flux entre régions, par pathologie, sont analysables [6].

Sur les données 1998 [7], on peut observer que plus de deux séjours sur cinq pour tumeur (43,8 %) concernent des patients de 65 ans et plus. Après 65 ans, les tumeurs sont un motif plus fréquent d'hospitalisation (11,4 % des séjours), la part de la prise en charge ambulatoire diminue (24,9 %) et la durée moyenne de séjour passe à 9 jours. Le flux des patients entre régions est mesurable, pour les séjours pour tumeurs, et aussi pour les soins de niveau 3 (toutes pathologies confondues) requérant un plateau technique complexe.

L'intérêt de ces études est de décrire, au travers du PMSI, la prise en charge « réelle » du cancer, et de soulever des interrogations, pour lesquelles des enquêtes ciblées pourraient être programmées. Elles montrent aussi que l'intérêt d'un « bon codage » va au-delà d'une simple distribution de moyens financiers.

Les limites actuelles du PMSI

L'exhaustivité des bases de données a été le premier obstacle à franchir dans l'implantation du PMSI. Depuis son utilisation pour la modulation des budgets hospitaliers, l'exhaustivité, aiguillonnée par l'enjeu économique, a beaucoup progressé. Elle est estimée par la Drees à 95 % dans le secteur public et à 87 % dans le secteur privé, pour les données 1998.

En revanche, la qualité des données reste une difficulté importante [8], même si on s'accorde à penser qu'elle progresse avec leur utilisation croissante. Elle dépend fortement de l'organisation du codage, qui peut être confié aux cliniciens et aux services de soins (codage décentralisé) ou, au contraire, entièrement réalisé au département d'information médicale (codage centralisé), ou encore adopter une solution mixte. Les deux systèmes ont leurs avantages et leurs risques (motivation inégale des cliniciens dans le cas d'un codage décentralisé, perte d'informations dans le cas d'un codage centralisé, par exemple). Plusieurs enquêtes, en France ou ailleurs, ont montré la médiocre reproductibilité du codage. Cela a peu d'incidence sur l'attribution de moyens, les sur- ou sous-estimations se compensant le plus souvent, mais limite la confiance que l'on peut accorder aux analyses de données PMSI. Des réformes du contrôle de qualité sont en cours.

Par construction, le PMSI restait un recueil d'information centré sur le séjour et non sur le patient. Le terme de « groupe homogène de malades » (GHM) est inexact, on devrait parler de « groupes homogènes de séjours ». Un même patient aura autant de résumés de sortie que d'admissions ou de venues en séances. On comprendra que l'analyse de bases anonymes ne permette plus de dénombrer les individus. Ainsi, une tutelle qui dispose des données du PMSI d'un établissement ne peut pas compter le nombre d'individus différents qu'elle a pris en charge dans l'année (file active). Il lui faut recourir à une enquête spécifique. Elle ne sait pas non plus repérer les flux de patients entre établissements. Enfin, toute utilisation de type épidémiologique est bridée.

En l'absence d'identifiant unique du patient, on peut toutefois approcher le dénombrement des patients, avec quelques réserves méthodologiques par deux moyens : dénombrer les événements qui ne se passent qu'une seule fois ou supprimer les enregistrements en « doublon ».

Dans une analyse des données PMSI de 1998, une estimation de l'incidence du mésothéliome a été tentée [9]. L'objectif était d'approcher le nombre de patients, en « dé-doublonnant » sur les variables sexe, tranche d'âge et département d'origine. Selon les auteurs, cette hypothèse est valide compte tenu de la rareté de la pathologie, et devrait aboutir à sous-estimer la fréquence de la pathologie. Or, le résultat (1 366 patients atteints en 1998) est supérieur aux estimations de la littérature, ce qui impliquerait une sous-estimation de l'importance de cette affection sévère. Le chaînage des séjours permettra sans doute une meilleure estimation à l'avenir.

La même équipe a étudié les séjours pour chirurgie du mélanome durant l'année 1999 [10]. L'hypothèse sous-jacente est que tout patient atteint de mélanome malin a une exérèse chirurgicale et qu'un patient n'est opéré qu'une fois. Les résultats obtenus par le PMSI sont particulièrement intéressants, car ils estiment l'incidence annuelle à 4 749 cas, ce qui est proche des estimations des experts (Standards, Options et Recommandations). La répartition par âge montre une incidence globalement croissante avec l'âge, mais plus élevée chez les femmes que chez les hommes avant 65 ans, compatible avec le facteur de risque de l'exposition au soleil. Sur le plan géographique, la Bretagne est la région où l'incidence est la plus élevée, ce qui est en harmonie avec les résultats publiés par les registres de cancers, à partir d'un système d'information indépendant.

Ces deux exemples montrent l'intérêt de l'étude statistique des bases PMSI, mais les résultats doivent être exploités avec prudence en l'absence d'identification des différents séjours d'un même patient.

Une autre limite importante du PMSI en cancérologie est sa couverture incomplète du champ de la radiothérapie. Seuls les établissements hospitaliers sont tenus à la production de résumés de sortie. La plupart des services privés, assimilés à des cabinets médicaux par la réglementation, échappent à cette obligation. La radiothérapie, lieu de passage obligé de nombre de patients, n'est donc pas aujourd'hui l'observatoire de pathologies qu'elle pourrait être. Ainsi, pour une étude de la Caisse nationale d'assurance maladie sur la radiothérapie réalisée en 1999, une enquête spécifique a été menée.

Cette situation pourrait évoluer avec la modification de la nomenclature prévue en 2002. Si tel était le cas, l'ensemble de l'activité de radiothérapie bénéficierait d'un codage unique des actes. Il suffirait alors de coder la pathologie irradiée pour obtenir un recueil harmonieux des diagnostics et des actes pour l'ensemble de l'activité de radiothérapie, publique et privée.

Enfin, la définition de la cancérologie au sein du PMSI n'est pas simple lorsqu'on veut analyser l'activité d'un établissement (casemix). La classification GHM n'est pas parfaitement adaptée. Certains GHM ont un nom qui manifeste clairement leur contenu (ex. : GHM 247 : tumeurs malignes du tube digestif, âge inférieur à 70 ans sans complications et morbidités associées). D'autres ont un contenu principalement cancérologique, sans que cela soit évident à la lecture du libellé (ex. : GHM 201 : Interventions majeures sur le thorax). Extraire l'ensemble des séjours concernant la cancérologie demande d'aller au-delà de la simple liste des GHM. Il faut exploiter l'ensemble des données des résumés de sortie (le diagnostic principal, mais aussi les diagnostics associés et les actes) par un algorithme dont la construction peut différer d'un observateur à l'autre. En effet, le cancer peut être le motif principal de l'hospitalisation (diagnostic principal), la cible d'une radiothérapie (diagnostic relié), une maladie associée posant problème au cours du séjour (diagnostic associé significatif) ou un simple antécédent « pour mémoire » (diagnostic associé documentaire). Faut-il extraire seulement les séjours dont le diagnostic principal est une tumeur ? Faut-il inclure aussi les séjours avec le cancer en diagnostic associé, voire en simple antécédent ? De la réponse à ces questions dépend l'appréciation de l'activité cancérologique d'un établissement. Les responsables des départements d'information médicale ont des difficultés à faire admettre que la réponse à une telle question ne soit pas univoque. Certains gestionnaires se méfient de l'information PMSI, jugée trop complexe ou manipulable. Pour le moins, toute analyse du casemix devrait préciser sur quels critères l'activité cancérologique a été sélectionnée.

Les évolutions du PMSI

Des évolutions du PMSI sont prévues, notamment pour pallier ces imperfections et répondre aux attentes des usagers de cette information.

Afin de rendre l'information plus homogène en cancérologie, un manuel de codage a été proposé [11]. Sous forme d'un document validé par le pôle d'expertise et de référence national des nomenclatures de santé (Pernns), il rappelle les principales règles du PMSI en cancérologie et présente un certain nombre de situations cliniques avec une proposition de codage. L'application de règles communes permettra d'obtenir une information médicale plus exploitable. Toutefois, des adaptations seront nécessaires pour enrichir le nombre de situations cliniques et tenir compte à la fois des nouvelles techniques médicales et de l'évolution des classifications.

Les données PMSI ont fait jusqu'ici l'objet d'un double contrôle de qualité. Le médecin responsable du département d'information médicale contrôle un échantillon de 200 dossiers par an (contrôle interne). La réalité de ce contrôle et le respect des procédures fait l'objet d'un contrôle externe par les médecins de la tutelle, sur la base d'une partie de l'échantillon initial. Jugé peu efficace (trop peu de dossiers contrôlés dans les gros établissements) et lourd, ce contrôle de qualité doit évoluer en 2002. Une partie sera automatique. Un logiciel vérifiera par l'analyse de la base que les données sont cohérentes. Seuls les établissements trop « déviants » feront l'objet d'un contrôle approfondi sur site de l'ensemble de la production de l'information, administrative et médicale. Un logiciel de ce type, mis au point et testé en région Île-de-France, pourrait être distribué aux établissements.

Le chaînage des séjours est une autre avancée technique importante prévue dès 2001. Les établissements disposeront d'une fonction capable de transformer les variables d'état-civil du patient en un identifiant unique, mais irréversible. Ainsi, à chaque individu correspondra dans les bases PMSI un seul identifiant anonyme, quel que soit le lieu ou la date de l'hospitalisation. Cette fonction d'occultation de l'identification nominative (FOIN) permettra enfin de relier tous les séjours d'un même individu, sans risque de levée de l'anonymat. La Commission nationale informatique et libertés a donné son accord pour ce traitement. La première période concernée devrait être le premier semestre 2001. L'intérêt de cette fonction pour l'analyse des prises en charge de pathologies chroniques et complexes, telles que le cancer, paraît évident. Il sera possible de dénombrer les patients, sans les artifices cités plus haut (compter les actes réalisés une fois ou supprimer des doublons). L'implantation suppose la modification des logiciels de gestion administrative des séjours.

La classification commune des actes médicaux (CCAM)

Depuis la mise en place du PMSI, les actes médicaux sont codés dans les établissements selon deux nomenclatures parallèles :

- La Nomenclature générale des actes médicaux (NGAP) propose pour chaque activité une lettre clé (KC pour la chirurgie, ZN pour la médecine nucléaire, etc.) et une cotation (ex. : KC50). Principalement créée pour le calcul des honoraires, son implantation très ancienne en a fait une sorte de « langue commune », permettant des usages aussi variés que la description du volume d'activité d'un bloc opératoire ou encore l'exonération du ticket modérateur. Sur le plan de l'information médicale, la NGAP est très insuffisante. Il ne s'agit pas d'une véritable nomenclature, mais d'une simple cotation. Par exemple, des actes très divers sont décrits sous la rubrique KC 100. La NGAP n'apporte aucune information sur la nature des actes effectués.

- Le Catalogue des actes médicaux (CdAM) est obligatoire pour la production du PMSI. Il propose une liste de libellés et un code pour chacun. Son incidence financière n'est pas immédiate, même s'il existe un indice de coût relatif utilisé en comptabilité analytique. Son principal impact est l'affectation d'un séjour à un groupe homogène de malades et, par conséquent, la dotation budgétaire de l'établissement. Cette classification, malgré d'importantes améliorations depuis dix ans, nécessitait une refonte complète. Sa structuration n'était pas parfaitement rigoureuse, des actes existaient dans deux chapitres (par exemple les actes concernant l'œsophage, présents en ORL et en digestif) ou encore le motif de l'acte faisait partie du libellé (par exemple, chirurgie d'exérèse pour tumeur maligne).

Pour mettre un terme à l'utilisation simultanée de deux nomenclatures incompatibles et pour décrire de façon unique l'ensemble des actes médicaux, une nouvelle classification commune sera mise en place en 2002. Baptisée Classification commune des actes médicaux (CCAM), elle est le résultat de travaux commencés en 1996. Elle constitue une liste unique de libellés d'actes couvrant l'ensemble de l'activité médicale, classés par appareils et présentés sous forme d'une structure arborescente [12]. La méthodologie de rédaction des libellés a été très rigoureuse, garantissant l'absence d'ambiguïté, l'exhaustivité ainsi que la maniabilité et la maintenance. Par exemple, tous les libellés comprennent l'action (biopsie, injection, exérèse, etc.), la topographie (du rein, du canal pancréatique, etc.). Pour certains actes, la voie d'abord et la technique sont mentionnées, si nécessaire. La liste des libellés et l'arborescence sont stabilisées depuis décembre 2000. Trois exemples sont présentés ici : les actes thérapeutiques sur le sein (tableau II), l'administration d'agents pharmacologiques anticancéreux (tableau III), la radiothérapie externe (tableau IV). Les codes et la valorisation seront publiés ultérieurement.

La CCAM remplacera le CdAM pour la production du PMSI et se substituera à la NGAP pour le calcul des honoraires médicaux. La NGAP continuera dans un premier temps à être appliquée pour les actes qui ne figurent pas dans la CCAM : les actes cliniques ou les consultations, les actes paramédicaux, les actes de sages-femmes. À terme, la CCAM, qui s'appellera la CCAPS (Classification des actes des professions de santé), remplacera complètement la NGAP.

La mise en place de la CCAM sera un progrès considérable sur le plan de l'information médicale, parce qu'elle contribuera à la normalisation de la terminologie médicale. Elle est conforme aux recommandations internationales et européennes concernant la codification de l'information liée au patient (projet Galen). Mais il reste à l'implanter dans les habitudes médicales et dans les systèmes d'information et de facturation. Les modes de calcul des honoraires seront modifiés. Les syndicats médicaux sont étroitement associés à cette réforme.

Les nouvelles modalités de description de la pathologie prise en charge (« Casemix » ou éventail des cas traités)

La présentation de l'activité hospitalière au travers du PMSI se présente le plus souvent comme une liste de GHM, triés par ordre décroissant du nombre de journées ou de séjours. Cette présentation a le mérite d'être exhaustive, mais n'est pas facilement lisible pour le néophyte. Si tous les groupes homogènes sont présentés, la liste peut dépasser 450 lignes dans les plus gros hôpitaux. Pour cette raison, on a coutume de se limiter aux GHM les plus fréquents décrivant 50 % de l'ensemble des journées ou des séjours.

Ainsi l'activité de cancérologie n'est pas facilement identifiable. Outre le libellé parfois peu explicite (cf. supra), certaines prises en charge sont subdivisées en plusieurs GHM (par exemple les mastectomies totales, subdivisées en fonction de l'âge et des maladies associées). Si l'un des GHM est peu fréquent, il se situe en fin de liste et n'apparaît pas dans les tableaux habituels.

Divers regroupements ont été proposés permettant de « retrouver » une présentation exhaustive et proche de la vision des cliniciens. Plusieurs sont couramment utilisés, bien qu'aucun n'ait un caractère officiel.

Le Pernns travaille depuis plusieurs années sur une nouvelle modalité de groupage : l'effeuillage progressif ou EfP. Le principe est que chaque résumé subit un premier groupage classique, aboutissant à une première classification en GHM dit « primaire ». La classification des GHM primaires est une simplification de la classification habituelle. Les GHM, avec ou sans morbidité associée, sont regroupés à ce premier niveau. Les informations utilisées dans ce premier passage sont alors ôtées du résumé, qui passe une seconde fois dans le groupeur. Les informations résiduelles, si elles existent, permettent de proposer éventuellement un second groupage dit GHM « secondaire ». Cette opération est réitérée jusqu'à utilisation de toute l'information. Le GHM secondaire final est choisi de façon automatique grâce à l'application de règles établies par consensus d'experts.

Cela est particulièrement intéressant pour les séjours complexes, où plusieurs problèmes sont intriqués. Le groupage classique masque la pathologie associée si le résumé tombe dans un GHM qui n'offre pas la subdivision « avec ou sans morbidité associée » ou bien il l'exprime, lorsque la classification le permet, de façon assez vague sous le terme « avec co-morbidité associée ». Avec EfP, tout GHM primaire peut avoir des GHM secondaires, qui expriment de façon plus détaillée la co-morbidité.

Un exemple parlant est la description du groupe homogène 584 greffes de moelle selon les deux méthodes (tableau V). La méthode EfP propose une description de l'activité plus fine et plus proche de la vision clinique. On voit ici que la plupart des greffes de moelle se passent sans problème grave, et que la majorité des complications concerne la pathologie infectieuse. Le modèle EfP permet aussi de mieux valoriser l'activité, puisque les GHM secondaires influencent le poids du séjour et sa valeur en points ISA. Cette méthode pourrait enrichir la description de la cancérologie, aujourd'hui concentrée sur un faible nombre de GHM.

La méthode EfP ne demanderait aucune modification du recueil de données dans les établissements. Elle est très sensible à la richesse du codage et inciterait à manifester la co-morbidité grâce aux diagnostics associés significatifs.

CONCLUSION

Le PMSI connaît une période de mutation : de simple outil budgétaire, il pourrait évoluer vers un outil d'observation de la pathologie cancéreuse, voire d'épidémiologie, à condition que la qualité des données soit évaluée et acceptable. En complément d'outils classiques et irremplaçables, tels que les registres, il apporte son propre éclairage sur la prise en charge du cancer dans le système de soins français.

Remerciements au groupe Gestion de l'information médicale de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer : Laurent Borella, Jean-Jacques Chale, Franck Chauvin, Brigitte Lacour, Gilbert Leroux, Agnès Loeb, Philippe Michard, Patrick Peuvrel, Martine Sauvage.

REFERENCES

1. Présentation générale du programme de médicalisation. Site officiel de la mission PMSI, Direction de l'hospitalisation et de l'offre de soins, ministère de l'Emploi et de la Solidarité. http://www.le-pmsi.fr

2. Lombrail P, Minvielle E, Comar L, Gottot S. Programme de médicalisation des systèmes d'information et épidémiologie : une liaison qui ne va pas de soi. Rev Épidém Santé Publ 1994 ; 42 : 334-44.

3. Borella L, Peuvrel P, Sauvage M, Maraninci D, Philip T. Un essai d'exploitation de la base PMSI nationale pour évaluer le volume et les modes de prises en charge du cancer en secteur hospitalier non lucratif. Rev Épidém Santé Publ 2000 ; 48 : 53-70.

4. Cong HQ, Bourdillon F, Nadal JM, Joubert M, Mouquet MC, Masson E. Les actes chirurgicaux liés au cancer du sein en 1997 à travers le PMSI. Études et résultats, n° 18, juin 1999, Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Consultable sur le site http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/

5. Mouquet MC, Joubert M, Tudeau L. Les pathologies prises en charge à l'hôpital. Études et résultats, n° 41 décembre 1999. Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Consultable sur le site http://www. sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/

6. Joubert M, Baubeau D, Mouquet MC, Tudeau L. Les flux de patients entre régions en 1997 d'après le PMSI. Études et résultats, n° 52, février 2000, Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Consultable sur le site http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/

7. Mouquet MC. Les motifs d'hospitalisation en 1998. Études et résultats, n° 81, septembre 2000, Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Consultable sur le site http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/

8. Vergnon P, Morgon E, Dargent S, Benyamine D, Favre M, Perrot L, et al. Évaluation de la qualité de l'information médicale des résumés de sortie standardisés. Rev Épidém Santé Publ 1998 ; 46 : 24-33.

9. Malye F, Dispot T, Bouchet C, Radal C. Etude d'incidence du mésothéliome sur une population de patients hospitalisés en France en 1998. Communication aux journées Emois, 30 mars 2001, Nancy. Consultable sur le site http://www.medcost.fr/html/pmsi_pm/mag_21/mesotheliome. htm

10. Dispot T, Dupilet C, Nabarette H. L'épidémiologie par le PMSI, cas pratiques. Consultable sur le site http://www.medcost.fr/html/pmsi_pm/ mag_21/mesotheliome.htm

11. Lacour B, Laurent JF, Lenfant MH, Loeb A, Peuvrel P, Sauvage M, et al. Manuel de procédures PMSI en cancérologie. Bull Cancer 2001 ; 88 : 209-18.

12. Classification commune des actes médicaux (CCAM), Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés, Pôle nomenclature, 5, rue Paul-Cézanne, 75008 Paris (version au format pdf disponible sur le site http://www.cnamts.fr/san/ccam/somccam.htm


 

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