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Cycle cellulaire, apoptose, Communications 104 à 113


Bulletin du Cancer. Volume 88, Number 5, 505-9, Mai 2001, XXIe FORUM DE CANCEROLOGIE



ARTICLE

104 - Implication du système Fas/FasL et de la thymidine phosphorylase dans la réponse apoptotique induite par la capécitabine (Xéloda®)

Bezulier K 1, Ciccolini J 1, Evrard A 2, Cuq P 2, Aubert C 1, Cano JP 2, Catalin J 1

1 Upres-EA3286, Laboratoire de pharmacocinétique, UFR Pharmacie, Marseille.
2 Laboratoire de toxicologie, UFR Pharmacie, Montpellier.

La capécitabine (Xéloda®) est une nouvelle fluoropyrimidine dont l'activation en métabolites cytotoxiques est sous la dépendance de diverses enzymes hépatiques (carboxyl estérase, cytidine déaminase) et tumorales (thymidine phosphorylase).

Afin d'expliciter le rôle de la thymidine phosphorylase (TP) comme facteur déterminant la réponse tumorale à la capécitabine, un modèle in vitro de co-culture hépatique/colique a été développé. L'utilisation de la lignée d'adénocarcinome colique humain LS174T transfectée par le gène codant pour la TP humaine a ainsi permis de montrer que les clones à forte activité TP (LS174T-TP+) étaient jusqu'à 7 fois plus sensibles à la capécitabine que les cellules sauvages. Des études complémentaires ont confirmé une plus forte induction de l'apoptose précoce et tardive au sein des lignées TP+ exposées à la capécitabine. En outre, nous avons également montré une surexpression de près de 300 % de la protéine apoptotique CD95 (Apo1-Fas) au sein des cellules TP+ après traitement par la capécitabine. Cette implication de Fas dans l'apoptose induite par la capécitabine a été confirmée par l'utilisation d'anticorps anti-Fas et anti-FasL qui ont antagonisé le gain de cytotoxicité observé au sein des clones transfectés.

Nos données in vitro suggèrent ainsi que la fonctionnalité de Fas est un facteur à prendre en compte dans l'expression de la sensibilité tumorale à la capécitabine, et qu'une forte activité TP se traduit par une réponse antiproliférative optimisée. Des études complémentaires chez la souris nude xénogreffée seront nécessaires afin de préciser le rôle exact de Fas/FasL dans l'effet antitumoral de la capécitabine in vivo.

105 - La progression tumorale dans l'épithélium de la tête et du cou est accompagnée par une augmentation parallèle et continue de l'activité télomérase et des altérations des régulateurs du cycle cellulaire

Soria JC 1, 2, Morat L 2, Commo F 1, Dabit D 1, Perie S 3, Sabatier L 2, Fouret P 4

1 Service d'anatomie pathologique, Hôpital Tenon, UFR Saint-Antoine, Paris.
2 CEA, DSV/DRR/Laboratoire de radiobiologie et oncologie, BP 6, Fontenay-aux-Roses.
3 Service d'ORL et de chirurgie de la face et du cou, Hôpital Tenon, UFR Saint-Antoine, Paris.
4 Service d'anatomie et de cytologie pathologiques, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, UFR Pitié-Salpêtrière, Paris.

Des modèles cellulaires ou animaux ont montré que les altérations des régulateurs du cycle cellulaire (p16/Rb/cycline D1) peuvent coopérer avec l'activation de la télomérase durant l'immortalisation cellulaire et la progression tumorale. Les observations faites dans les tumeurs humaines sont-elles compatibles avec ces schémas ?

Méthodes. Nous avons étudié l'expression de p16 par immunohistochimie et l'activité télomérase par TRAP dans 21 lésions prémalignes et 27 carcinomes épidermoïdes (CE) infiltrants des voies aérodigestives supérieures. Nous avons également examiné l'expression d'autres régulateurs du cycle cellulaire (cycline D1, Rb) ainsi que la présence de génomes de papillomavirus.

Résultats. Quatre sur 9 dysplasies légères (44 %), 8 sur 12 dysplasies avancées (67 %) et 25 sur 27 CE (92 %) avaient une activité télomérase élevée (p = 0,009 pour la tendance). Il y avait un accroissement parallèle avec la sévérité des lésions pour les proportions de cas avec inactivation de p16 ou surexpression de la cycline D1 (p = 0,02 and p = 0,01, respectivement). Pour Ki67, un marqueur de prolifération, cette tendance n'était pas significative (p = 0,08). Des papillomavirus infection étaient observés dans 4 cas seulement (8,3 %).

Conclusion. La progression de la maladie est accompagnée par une augmentation parallèle et continue de l'activité télomérase et des altérations des régulateurs du cycle cellulaire. Ces observations sont compatibles avec les modèles in vitro de coopération entre ces anomalies.

106 - Étude du statut Fas/FasL au sein de tumeurs colorectales : facteur pronostique de réponses aux fluoropyrimidines ?

Bézulier K 1, Ciccolini J 1, Fina F 2, Martin PM 2, Milano G 3, Catalin J 1

1 Upres-EA3286, Laboratoire de pharmacocinétique, Faculté de pharmacie, Marseille.
2 Laboratoire d'oncologie expérimentale, Faculté de médecine Nord, Marseille.
3 Laboratoire d'oncopharmacologie, Centre Antoine-Lacassagne, Nice.

Les récentes connaissances en oncologie ont permis de reconsidérer la problématique anticancéreuse. Ainsi la progression tumorale est désormais reconnue plus comme la conséquence d'une suppression de l'apoptose que d'une inactivation de la prolifération cellulaire. Dans cette optique, l'arsenal chimiothérapeutique n'est plus considéré selon ses seules propriétés cytotoxiques, mais également selon ses capacités à induire ou à restaurer une réponse apoptotique.

Le 5-fluorouracile ou 5FU (chef de file des fluoropyrimidines et molécule de référence dans le traitement du cancer colorectal) fait ainsi l'objet de nombreuses études visant à élucider quelles sont les voies de signalisation intervenant dans la transmission du signal apoptotique résultant de son utilisation. Après la mise en évidence in vitro de l'implication du système Fas/FasL dans cette transmission d'apoptose induite par le 5FU, il nous a paru intéressant de se pencher sur le rôle éventuel de ce système en pratique clinique. Pour cela nous avons étudié rétrospectivement sur un panel de biopsies tumorales coliques et hépatiques, issues de patients avant avoir été traités avec un protocole de type Fufol, l'expression du système Fas/FasL par RT-PCR quantitative en temps réel. Ainsi, nous cherchons à établir une corrélation entre le statut répondeur/non répondeur des patients et une anomalie du système Fas/FasL au sein des tumeurs, pour à terme déterminer si l'expression tumorale de Fas/FasL peut être un paramètre utilisable comme facteur pronostique de réponse aux fluoropyrymidines.

107 - Effet anti-proliférant et mécanisme d'action de l'agmatine sur deux lignées d'adénocarcinome de côlon humain HT29 et Caco2

Michaud M, Garrigue J, Bayard A, Blachier F, Mayeur C

Laboratoire de nutrition et sécurité alimentaire, CRJ, INRA, 78352 Jouy-en-Josas Cedex.

L'agmatine est un métabolite dérivant de l'arginine alimentaire via l'arginine décarboxylase des bactéries coliques (une voie métabolique de l'arginine distincte de celle des polyamines). L'agmatine est capable de réduire la prolifération de plusieurs types cellulaires d'origine non intestinale, en interférant avec le métabolisme des polyamines. Afin d'étudier l'effet anti-proliférant et le mécanisme d'action de l'agmatine sur deux lignées d'adénocarcinome colique humain, les cellules HT29Glc­/+ et Caco2 ont été cultivées en présence ou en l'absence d'agmatine sulfate à des concentrations croissantes (de 100 muM à 5 mM).

L'agmatine réduit la croissance des cellules HT29 et des Caco2 dès 2 mM et provoque une inhibition maximale à 5 mM dans les deux lignées cellulaires. Elle n'a aucun effet nécrotique (mesuré par la fuite de la lactate déhydrogénase) sur les deux lignées étudiées, quelles que soient la dose d'agmatine et la durée du traitement. En utilisant la cytométrie en flux, nous avons déterminé sur les cellules HT29 adhérentes que l'agmatine (5 mM) diminue la proportion de cellules en phase G1 et augmente celle de la phase G2/M avec un décollement des cellules après trois jours de traitement. Les premières analyses sur Caco2 suggèrent fortement que l'agmatine possède un effet identique sur les deux lignées.

La biosynthèse des polyamines (dont la putrescine) est régulée au cours du cycle cellulaire. Afin d'étudier le mode d'action de l'agmatine, nous avons mesuré le flux de l'ornithine à travers l'ornithine décarboxylase (ODC : enzyme limitante de la synthèse de polyamines) et le transport de putrescine en présence ou en l'absence d'agmatine (de 1 mM à 5 mM). Les premiers résultats sur cellules HT29 suggèrent que l'agmatine inhibe très rapidement le flux d'ornithine à travers l'ODC (mesuré sur cellules viables) et l'activité catalytique de l'ODC (mesurée sur homogénat cellulaire). En outre, l'agmatine réduit rapidement le transport de putrescine (mesuré sur cellules intactes).

Ces résultats montrent que l'agmatine réduit la croissance des cellules HT29 et Caco2 et arrête les cellules en fin de cycle cellulaire (phase G2/M), sans aucun effet nécrotique. De tels effets pourraient être médiés par une réduction massive de la biosynthèse endogène de polyamines et du transport de putrescine à travers la membrane plasmique. D'autres études sur modèles animaux de carcinogenèse chimio-induite pourraient confirmer le rôle modulateur potentiel de l'agmatine à l'égard du cancer colorectal.

108 - L'estérification avec le phénylacétate (NaPaC) sur la prolifération des cellules tumorales mammaires MCF7ras in vitro et in vivo

Di Benedetto M, Briane D, Oudar O, Derbin C, Crépin M, Kraemer M

Université Paris 13, Upres 2360, Laboratoire d'oncologie cellulaire, 74, rue Marcel-Cachin 93017 Bobigny Cedex.

Le phénylacétate de sodium (NaPa) et un carboxyméthyl benzylamide dextran (CMDB7) sont capables de bloquer la prolifération des cellules tumorales mammaires MCF7ras in vitro et in vivo. Les résultats antérieurs ont montré que les CMDB bloquent la croissance des tumeurs MCF7ras induites chez la souris athymique en inhibant l'angiogenèse tumorale.

Nous avons étudié l'effet d'un nouveau produit, le NaPaC (Sterilyo, France), dérivé du dextrane obtenu par l'estérification d'un CMDB (le LS17 de composition chimique identique au CMDB7) avec le NaPa sur la croissance des tumeurs MCF7ras. Nous avons choisi une concentration en NaPaC 10 fois moins importante que les doses de CMDB habituellement utilisées (150 mg/kg) afin de mettre en évidence l'amélioration de l'effet antiprolifératif du dérivé du dextrane après substitution avec le phénylacétate. Les résultats montrent que ce NaPaC inhibe à une très faible dose (15 mg/kg), la croissance tumorale des tumeurs MCF7ras en bloquant l'angiogenèse tumorale. Nous avons montré que l'association des molécules libres NaPa-CMDB inhibe également de manière synergique la prolifération des cellules Huvec-C in vitro. Cependant, les effets anti-angiogéniques de cette association ne sont pas supérieurs à ceux de chacune des molécules. Le NaPaC permet d'augmenter les effets antiprolifératifs induits par l'association NaPa-CMDB in vitro et in vivo. En fonction de son degré de substitution en phénylacétate, le NaPaC inhibe de 3 à 100 fois plus la prolifération des cellules MCF7ras in vitro par rapport à l'association NaPa-CMDB. Comme les dérivés du dextrane CMDB, le NaPaC inhibe complètement l'activité mitogénique des milieux conditionnés des cellules MCF7ras sur les fibroblastes et sur les cellules endothéliales.

109 - ICBP90 (Inverted CCAAT box Binding Protein of 90 kDa) : un nouveau marqueur de prolifération des cellules cancéreuses

Mousli M 1, Hopfner R 1, Bathami K 1, Marin C 2, Bellocq JP 2, Vignaud JM 3, Louis B 4, Bronner C 1

1 Inserm U. 425, Faculté de Pharmacie, 74, route du Rhin, BP 24, 67401 Illkirch Cedex.
2 Service d'anatomolgie-pathologie, Hôpital de Hautepierre, 67200 Strasbourg.
3 Service d'anatomolgie-pathologie, CHU Brabois, rue Morvan, 54500 Vandœuvre-lès-Nancy.
4 Centre de pathologie, 18, rue Kempf, 67015 Strasbourg Cedex.

Nous avons récemment identifié une nouvelle protéine humaine, appelée ICBP90 pour Inverted CCAAT box Binding Protein of 90 kDa. Il s'agit d'un facteur de transcription régulant l'expression de la topoisomérase IIalpha, cible majeure des substances anti-cancéreuses de nouvelle génération. L'originalité réside dans le fait que cette protéine serait le premier membre d'une nouvelle famille de facteurs de transcription contrôlant la prolifération cellulaire normale et pathologique. L'ICBP90 est exprimée dans des cellules non tumorales (fibroblastes pulmonaires et cellules musculaires lisses bronchiques), uniquement lorsqu'elles sont en prolifération. En revanche, dans des cellules tumorales (cellules A549, HeLa, Jurkat...) l'ICBP90 est encore exprimée lorsque les cellules sont à confluence. Le gène de l'ICBP90 est long d'environ 36 kilobases et constitué de 6 exons traduits et de 2 exons non traduits. Plusieurs régions promotrices, entraînant la transcription de différents ARN messagers, semblent mises en jeu en fonction du type cellulaire.

Les premiers résultats, obtenus en immuno-histochimie sur des coupes histologiques de tumeurs mammaires, bronchiques, coliques et prostatiques, montrent que l'ICBP90 est un marqueur de prolifération des cellules cancéreuses. Ces premiers résultats suggèrent que sa fiabilité pourrait s'avérer supérieure à celle du marqueur traditionnellement utilisé, le Ki67 (Mib1). L'utilisation de l'ICBP90 en tant que marqueur de cellules cancéreuses en prolifération pourrait représenter un allié précieux pour les nouvelles microtechniques de diagnostic précoce des cancers.

110 - La sensibilisation à Trail des cellules cancéreuses coliques humaines HT29 conduit au clivage de Bid et à la dépolarisation de la membrane mitochondriale

Lacour S, Hammann A, Drouineaud V, Solary E, Dimanche-Boitrel MT

Unité Inserm U. 517 Mort cellulaire et cancer, Faculté de Médecine, 7, boulevard Jeanne-d'Arc, 21000 Dijon.

Trail (TNF-related apoptosis inducing ligand) est un agent thérapeutique potentiel appartenant à la superfamille du TNFalpha, capable d'induire la mort par apoptose de nombreuses cellules cancéreuses humaines in vitro mais aussi in vivo. Précédemment, nous avons montré que la sensibilisation à l'apoptose induite par Trail par les agents anticancéreux des cellules HT29 impliquait l'activation de la procaspase 8. Ici, nous avons complété ce travail en étudiant l'expression et le clivage de Bid (cible de la caspase 8) par western-blot et la dépolarisation de la membrane mitochondriale analysée par cytométrie en flux après marquage par le DePsipher, au cours des traitements associant Trail à un agent anticancéreux (cisplatine, doxorubicine ou 5-fluorouracile).

Dans un premier temps, nous montrons qu'un traitement par les agents anticancéreux ou par le ligand Trail ne modifie pas l'expression de la molécule proapoptotique Bid et n'induit pas son clivage. Seuls les traitements associant les agents anticancéreux à Trail conduisent au clivage de Bid en sa forme tronquée tBid de 15 kDa. De même, seules les associations (agent anticancéreux + Trail) conduisent à la dépolarisation de la membrane mitochondriale. Au cours d'une étude cinétique, nous montrons qu'il existe une parfaite concordance entre l'activation de la procaspase 8, le clivage de Bid et la dépolarisation de la membrane mitochondriale, phénomènes observables à partir de 10 heures de cotraitement.

Dans un deuxième temps, nous montrons que l'inhibiteur perméant IETD-fmk spécifique de la caspase 8 inhibe à la fois la sensibilisation à Trail par les agents anticancéreux dans un test de marquage par le Hoechst et une partie de la dépolarisation de la membrane mitochondriale. De même, l'inhibiteur perméant LEHD-fmk spécifique de la caspase 9 inhibe en partie l'apoptose induite par ces cotraitements.

L'ensemble de ces données suggère que la voie mitochondriale pourrait participer aussi à la sensibilisation à Trail par les agents anticancéreux dans les cellules HT29.

111 - BRCA1 possède une activité antitumorale distincte de celle de p53 et p21

Randrianarison V 1, Marot D 1, Foray N 2, Cabannes J 1, Meret V 2, Connault E 1, Opolon P 1, Perricaudet M 1, Feunteun J 2

1 Unité vectorologie et transfert de gènes CNRS UMR1582,
2 Unité génétique oncologique, CNRS1599,
Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94800 Villejuif.

La perte de la fonction du gène BRCA1 apparaît comme une étape cruciale dans l'oncogenèse des cellules épithéliales mammaires et ovariennes. L'appartenance de BRCA1 à la famille des gènes suppresseurs de tumeurs semble acquise, même si son rôle biologique demeure non élucidé. En 1996, Holt et al. ont rapporté que l'apport exogène du gène BRCA1 au moyen d'un vecteur rétroviral inhibe la prolifération cellulaire et tumorale de lignées cancéreuses mammaires et ovariennes. Depuis cette observation cependant, cette activité anti-tumorale de BRCA1 n'a plus été documentée.

En utilisant un vecteur adénoviral, nous avons étudié l'effet du transfert de BRCA1 dans des cellules cancéreuses mammaires et ovariennes de statuts différents en BRCA1 et p53, et l'avons, en outre, comparé à celui de p53 ou p21. Nos résultats ont montré que l'apport de BRCA1 sauvage inhibe la prolifération des cellules in vitro et leur tumorigénicité. De même, dans des tumeurs préétablies in vivo, l'administration de BRCA1 est aussi efficace que celle de p53 ou de p21 pour induire l'inhibition de la croissance ou la régression tumorale. Cependant, le mécanisme responsable de leur activité anti-proliférative est différent. En effet, à l'inverse de p53 et de p21, BRCA1 n'induit ni l'apoptose ni l'arrêt du cycle en G1. De plus, le transfert de BRCA1 n'entraîne ni l'activation de p53, ni celle de p21. Différent et indépendant de celui de p53 et de p21 donc, le mécanisme anti-tumoral de BRCA1 reste néanmoins à définir.

112 - Le changement de conformation des p53 mutantes est-il la composante essentielle pour un effet dominant négatif vis-à-vis de la p73 ?

Bensaad K 1, Le Bras M 1, Unsal K 1, Tominaga O 1, Rouillard D 2, Delattre V 1, Soussi T 1

1 Laboratoire de génotoxicologie des tumeurs,
2 Service de cytométrie,
Institut Curie, 26, rue d'Ulm, 75005 Paris.

La protéine p53 est un facteur de transcription qui a un rôle essentiel dans le maintien de l'intégrité du génome. Suite à un stress génotoxique, elle est stabilisée et active alors la transcription de nombreux gènes impliqués dans l'arrêt du cycle cellulaire ou l'apoptose. Afin de mieux comprendre les relations entre la structure et la fonction biologique de la protéine p53 humaine, nous avons généré des protéines chimériques entre les p53 humaines (p53H) et de xénope (p53X), phylogénétiquement très proches.

La protéine p53X est thermosensible : elle a une conformation sauvage à 32 °C qui est proche de sa température physiologique (27 °C), mais elle a une conformation mutante à 37 °C. Les parties centrales de p53H et p53X, comportant leur domaine de fixation à l'ADN, ont été échangées afin de générer deux protéines chimériques. Les comportements de ces protéines ont été étudiés, à 32 et 37 °C, au niveau de la fixation à l'ADN, de la transactivation, de l'apoptose et de l'inhibition de la croissance cellulaire. Il a ainsi été montré que la partie centrale de la p53X est responsable de la thermosensibilité de la protéine, quel que soit le contexte p53 des régions adjacentes, humaine ou xénope. La protéine p73alpha, un homologue de la p53, peut interagir avec certaines p53 mutantes, mais pas avec la p53 sauvage. Cette activité serait responsable de l'activité oncogénique dominante de certaines p53 mutantes dans les cancers humains. Cette interaction serait spécifique des p53 mutantes ayant subi un changement de conformations.

Les protéines chimériques que nous avons générées subissent un changement conformation en l'absence de toute mutation et devraient donc se révéler des outils très utiles pour valider ce modèle d'interactions p53 mutantes et p73. Des expériences préliminaires montrent que la p53X se fixe fortement à p73 à 37 °C.

113 - Deux voies alternatives d'induction de l'apoptose par la staurosporine

Belmokhtar CA, Hillion J, Ségal-Bendirdjian E

Inserm U. 496, Centre G.-Hayem, Hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-Vellefaux, 75010 Paris.

La sensibilité des cellules tumorales aux anticancéreux dépend essentiellement de l'efficacité de ces agents à induire l'apoptose. Cependant, une variété de voies de signalisation contrôle cette induction et par conséquent détermine la susceptibilité des cellules à la mort.

Nous avons mis en évidence que des agents pharmacologiques différents (cisplatine, staurosporine) peuvent induire deux voies distinctes d'apoptose impliquant des endonucléases différentes [Exp Cell Res 1995 ; 350-400 et Exp Cell Res 2000 ; 99-109]. En utilisant deux sous-lignées de leucémie murine L1210 (L1210/S et L1210/0), nous mettons en évidence que la staurosporine active deux voies de signalisation de l'apoptose différentes selon l'équipement enzymatique de la cellule : une voie « rapide » (3 h), dépendante de l'activation des caspases, et une voie « lente » (12 h) indépendante des caspases. Dans les deux cas, les cellules meurent par apoptose [Oncogene, 2001, sous presse]. L'utilisation d'un inhibiteur des caspases à large spectre, z-VAD-fmk, a permis de montrer que les deux voies coexistent dans la lignée L1210/S, mais que la voie lente, indépendante des caspases, est masquée par la voie rapide, dépendante des caspases. Seule la voie lente est observée dans la lignée L1210/0. L'absence de la voie rapide dans la lignée L1210/0 semble être la conséquence d'un défaut général d'activation des caspases, actuellement en cours d'identification.

Ainsi, ce système cellulaire constitue un outil de choix pour distinguer dans l'apoptose les événements associés à l'activation des caspases et pour identifier les facteurs qui vont déterminer les cellules à entrer dans un processus d'apoptose dépendant ou non de l'activation des caspases.


 

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