ARTICLE
Méthodologie
Un groupe multidisciplinaire d'experts mis en place par la Fédération
nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC) a revu les données
scientifiques disponibles concernant la qualité de la prestation
alimentaire en cancérologie. Après sélection et analyse
critique des articles, ce groupe a élaboré des « Standards
», des « Options » et des « Recommandations »
fondés sur des preuves scientifiques ou sur un consensus des experts.
Ce document a été ensuite revu par des experts indépendants.
Une mise à jour est prévue en fonction de nouvelles données
scientifiques ou de nouveaux accords d'experts.
Résultats du processus de revue
Le document Bonnes pratiques diététiques en cancérologie
: la prestation alimentaire a été revu par des experts
indépendants des secteurs public et privé à l'aide
d'un questionnaire évaluant la validité, la clarté,
la pertinence et l'acceptabilité des Standards, Options et Recommandations
élaborés par le groupe de travail. Une date limite de réponse
a été donnée pour clore ce processus de revue. En
cas de commentaires ou de réserves, une justification écrite
et détaillée est demandée, faisant référence
aux données de la science et/ou à l'expérience argumentée
des experts.
Parmi les 36 experts sollicités, 12 (33 %) ont répondu
et 10 ont complété le questionnaire d'évaluation.
Parmi ces réponses, 90 % des experts approuvaient la majorité
des Standards, Options et Recommandations de ce document (7 experts approuvaient
tous les SOR, 2 approuvaient une grande partie des SOR, 1 approuvait certains
SOR et aucun n'approuvait aucun SOR).
Les observations des experts sur ce document concernaient les points
suivants :
- Des imperfections et des imprécisions dans la formulation des
idées et concepts ont été signalées. La mise
en forme a été améliorée en fonction des remarques
émises.
- Des précisions ont été apportées sur les
conditions d'utilisation des Recommandations : celles-ci doivent être
adaptées à l'établissement de soins.
- Des précisions ont été apportées sur le
thème du document : celui-ci fait partie d'un ensemble de Recommandations
sur la pratique de la diététique en cancérologie
et n'aborde pas d'autres missions du diététicien que la
prestation alimentaire.
- La bibliographie a été complétée par deux
références récentes et par un référentiel
de l'APHP.
- Les références légales concernant les TIAC ont
été complétées.
- L'implication du diététicien dans la formation des personnels
de restauration et de soins à la sécurité alimentaire
a été redéfinie dans le sens d'une participation
plutôt que d'une responsabilité.
Les remarques prises en compte ont été intégrées
au document final présenté dans les pages suivantes.
Définitions
La définition des Standards, Options et Recommandations, accompagnés
du niveau de preuve, repose sur les meilleures preuves scientifiques disponibles
au moment de leur rédaction (best available evidence), pouvant
être selon le sujet des méta-analyses, essais randomisés
ou études non randomisées. Lorsque les preuves scientifiques
font défaut pour un point particulier, le jugement est basé
sur l'expérience professionnelle et le consensus du groupe d'experts
(« accord d'experts »).
* Standards : interventions pour lesquelles les résultats
sont connus, et qui sont considérées comme bénéfiques,
inappropriées ou nuisibles, à l'unanimité.
* Options : interventions pour lesquelles les résultats
sont connus, et qui sont considérées comme bénéfiques,
inappropriées ou nuisibles, par la majorité. Les
options sont toujours accompagnées de recommandations.
* Recommandations : elles ont pour but, lorsqu'il existe plusieurs
options, de hiérarchiser ces options en fonction du niveau de preuve.
Les recommandations permettent également aux experts d'exprimer
des jugements et des choix concernant notamment des situations d'exception
et indications spécifiques ainsi que l'inclusion des patients dans
des essais thérapeutiques.
Le niveau de preuve est fonction du type et de la qualité
des études disponibles ainsi que de la cohérence ou non
de leurs résultats ; il est explicitement spécifié
pour chacune des méthodes/interventions considérées
en utilisant la classification suivante :
* Niveau A : il existe une (des) méta-analyse(s) «
de bonne qualité » ou plusieurs essais randomisés «
de bonne qualité » dont les résultats sont cohérents.
* Niveau B : il existe des preuves « de qualité correcte
» : essais randomisés (B1) ou études prospectives ou
rétrospectives (B2). Les résultats de ces études
sont cohérents dans l'ensemble.
* Niveau C : les études disponibles sont critiquables
d'un point de vue méthodologique ou leurs résultats ne sont
pas cohérents dans l'ensemble.
* Niveau D : il n'existe pas de données ou seulement des
séries de cas.
* Accord d'experts : il n'existe pas de données pour la
méthode concernée mais l'ensemble des experts est unanime.
NB : pour plus de détails, cf. Méthodologie de développement
des SOR [13].
Les SOR sont une uvre collective créée par la Fédération
nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC), et protégée
par les dispositions du Code de la propriété intellectuelle.
La FNCLCC est par conséquent titulaire du droit d'auteur sur cette
uvre, et est donc notamment investie des droits patrimoniaux sur
les SOR. La FNCLCC peut seule décider de l'existence et des modalités
de reproduction, publication, traduction ou diffusion des SOR.
Introduction
Ce document présente les données concernant l'une des
missions des diététiciens : la prestation alimentaire. Le
rôle du diététicien dans les services de soins et
ses autres missions sont abordés dans d'autres documents rédigés
par ce groupe de travail [8, 12, 22]
Les Recommandations pour la pratique diététique définies
dans le document ci-dessous sont à adapter en fonction de l'organisation
de l'établissement de soins, de sa taille et de ses choix stratégiques.
Elles ont été validées en septembre 2000.
Définition
La prestation alimentaire est une longue chaîne d'activités,
concourant à la conception, à l'élaboration, à
la réalisation, à la distribution des repas.
Dans ce contexte, la spécificité des patients en cancérologie
doit être prise en compte.
Mission, objectif
La prestation alimentaire doit garantir une alimentation saine en matière
d'hygiène et de sécurité alimentaire : elle doit
prendre en compte toutes les mesures nécessaires permettant d'assurer
une alimentation propre à la consommation et sans danger [29].
Elle fait partie intégrante des soins en donnant à l'ensemble
des patients une prestation en accord avec leurs besoins nutritionnels
[1, 4, 6, 21, 27].
La prestation doit garantir un service de qualité conforme aux
attentes du patient et participe à l'éducation nutritionnelle
du patient [1, 4, 6, 21, 27].
La réalisation de ces objectifs interdépendants passe
par une alimentation personnalisée tenant compte du profil psychosensoriel
du patient, de ses capacités ingestives, permettant d'améliorer
ou de maintenir un état nutritionnel correct et de pallier les
effets secondaires des traitements.
Cette mission s'inscrit dans une dimension pluridisciplinaire faisant
intervenir les compétences des professionnels concernés,
et notamment celles du service diététique. Il s'agit d'une
fonction transversale, les différents acteurs assurant sa mise
en uvre doivent avoir analysé les risques de dysfonctionnements
possibles et élaboré des modes d'organisation aux différentes
interfaces.
Population
Cette prise en charge concerne toute personne atteinte de cancer et
recevant une alimentation per os au cours d'une hospitalisation
(patients particulièrement vulnérables du fait d'une diminution
fréquente de leurs défenses immunitaires).
Les difficultés alimentaires sont nombreuses et dues :
- aux traitements lourds, agressifs et itératifs (chimiothérapie,
radiothérapie, chirurgie, immunothérapie...) ;
- à la maladie :
. compression tumorale,
. obstruction des voies aérodigestives atteintes (ORL, gastriques
ou coliques),
. dysmétabolisme,
. douleurs,
. malabsorptions,
. angoisse, inquiétude.
Les symptômes observés les plus fréquents sont :
- un état nauséeux,
- une altération de l'odorat et du goût avec des aversions
sélectives pour certains aliments [5],
- des vomissements,
- une dysphagie, une hyposialie,
- des mucites,
- des diarrhées ou des constipations,
- un météorisme,
- une perte d'appétit, une anorexie...
Ces symptômes ont une incidence négative sur la qualité
de vie du patient [23], l'observance du traitement. Ils peuvent être
responsables d'une altération de l'état général
(anorexie et amaigrissement, déshydratation, asthénie, carences
alimentaires...) pouvant évoluer vers la cachexie. Certains auteurs
considèrent qu'ils constituent un facteur pronostique péjoratif
quant à l'évolution de la maladie (cf. Bonnes pratiques
diététiques en cancérologie : dénutrition
et évaluation nutritionnelle) [12]. Ces atteintes sont particulièrement
fréquentes lors de la pathologie cancéreuse. La prise en
compte de l'état nutritionnel avec prévention de la cachexie
est vraisemblablement un des éléments permettant d'appliquer
à ces malades des traitements plus actifs ou renforcés [9].
Au total
Objectifs de la prestation alimentaire
Standards
La prestation alimentaire doit garantir une alimentation saine en matière
d'hygiène et de sécurité alimentaire. Elle fait partie
intégrante des soins en donnant à l'ensemble des patients
une prestation en accord avec leurs besoins nutritionnels. La prestation
doit garantir un service de qualité conforme aux attentes du patient
et participe à l'éducation nutritionnelle du patient.
Moyens
La sécurité alimentaire
L'hygiène alimentaire s'inscrit dans un cadre légal pour
l'ensemble de la restauration collective [19]. Cependant, du fait des
caractéristiques de la pathologie et des traitements, les patients
cancéreux constituent une population à haut risque suite
à la diminution fréquente de leurs défenses immunitaires.
Dans ce contexte, une vigilance particulière s'impose.
* Définitions
L'hygiène alimentaire regroupe l'ensemble des actions préétablies
à tous les stades de la production dont l'application et le contrôle
permettent d'assurer l'absence réelle de danger lors de la consommation
de denrées alimentaires. Elle a pour objectif de réduire
les risques et de protéger parfaitement les consommateurs [29].
Le service diététique met en place un contrôle et
est référent en matière d'application des règles
d'hygiène alimentaire conformément aux textes en vigueur
actuellement, et notamment :
- Décret du 21 juillet 1971 relatif à l'inspection sanitaire
et qualitative des animaux vivants et des denrées animales ou d'origine
animale [16].
- Arrêté interministériel modifié du 1er
février 1974 réglementant les conditions d'hygiène
relatives au transport des denrées périssables [17].
- Arrêté interministériel du 10 mars 1997 relatif
à l'état de santé et à l'hygiène du
personnel appelé à manipuler des denrées animales
ou d'origine animale [18].
- Directive 99/43 CEE du 14 juin 1993 relative à l'hygiène
des denrées alimentaires.
- Arrêté du 29 septembre 1997 (JO du 23 octobre
1997) fixant les conditions d'hygiène applicables dans les établissements
de restauration collective à caractère social [19]. Jusqu'à
présent, la réglementation était appliquée
strictement et fixait des obligations de moyens. Cet arrêté
s'inscrit dans le cadre d'une nouvelle approche. Il fixe des objectifs
à atteindre en laissant aux professionnels le choix des moyens.
Chacun doit mettre en uvre des procédures pour garantir l'hygiène
de sa production et des vérifications attestant du maintien de
celle-ci.
- Note de service DGAL/SDHA/N 98 du 10 août 1998 précisant
l'application de l'arrêté du 29 septembre 1997 [20].
Pour répondre à cette nouvelle réglementation et
réaliser les auto-contrôles réguliers, le recours
à la démarche de type HACCP (hazard analysis critical
control point) s'impose [15, 19].
Le système HACCP est une méthode d'identification et d'évaluation
des risques encourus aux différents stades du processus de transformation
d'une denrée alimentaire. Il permet de définir les moyens
nécessaires à la maîtrise des dangers [29].
Pour aider les équipes de la restauration à mettre en
place des procédures d'auto-contrôle et les principes de
l'HACCP, le recours à des guides de bonnes pratiques est préconisé.
Élaborés par les professionnels du secteur, ils proposent
aux utilisateurs des moyens et des méthodes pour répondre
aux objectifs d'hygiène alimentaire. Un guide de bonnes pratiques
à destination de la restauration collective à caractère
social est en cours d'élaboration entre plusieurs organismes, dont
le Syndicat national de la restauration collective, le Syndicat national
des entreprises de restauration sociale et l'Union des professionnels
de la restauration municipale ainsi que la Ville de Paris.
* Locaux et matériel
Les locaux et matériels doivent être maintenus en parfait
état de propreté conformément à l'arrêté
du 29 septembre 1997 [19].
Le matériel dispose d'une référence de normalisation
homologuée et enregistrée par l'Afnor (Association française
de normalisation) de façon, entre autres, à garantir des
caractéristiques d'hygiène satisfaisantes ainsi qu'une bonne
aptitude au nettoyage.
Deux documents peuvent aider au choix de ce matériel :
- L'Afnor a publié une norme, NF hygiène alimentaire.
- Le Cneva-Lerpac (Centre national d'études vétérinaires
et alimentaires - Laboratoire d'études et de recherche pour l'alimentation
collective) a édité une série de 20 guides.
Des plans de nettoyage et de désinfection des locaux et du matériel
doivent être élaborés et affichés. Ils indiquent
les fréquences, le mode opératoire, le responsable et les
moyens mis en place pour vérifier leur efficacité.
* Denrées alimentaires
Les denrées utilisées dans la confection des repas doivent
répondre aux dispositions de la réglementation en vigueur
les concernant et doivent également être conformes aux spécifications
techniques définies par le GPEMDA (Groupement permanent des marchés
et denrées alimentaires). Pour les denrées animales ou d'origine
animale, la vérification portera spécifiquement sur les
présences de l'agrément sanitaire du fournisseur et des
marques de salubrité sur l'emballage.
Toutes les opérations ou manipulations de ces denrées
s'effectuent dans le respect des températures réglementaires
pour limiter les risques de contamination (Annexe 1 de l'arrêté
du 29 septembre 1997 [19].
* Personnel de restauration
À côté des mesures sanitaires relevant de la surveillance
médicale (vaccinations, visites médicales, examens), le
personnel de restauration doit respecter un niveau élevé
d'hygiène corporelle et porter des vêtements de travail propres
et adaptés. Ce personnel doit être formé aux règles
d'hygiène élémentaires à respecter et bénéficier
de formations régulières pour le motiver et le sensibiliser.
Il doit s'impliquer dans la mise en place et l'application d'une démarche
de type HACCP (arrêté du 29 septembre 1997 [19]).
* Gestion des déchets
Les déchets doivent être stockés dans des conteneurs
fermés et entreposés dans un local réfrigéré
réservé à cet usage.
* Contrôle
Les auto-contrôles imposés par l'arrêté du
29 septembre 1997 doivent notamment porter sur les produits à réception,
les conditions de conservation, les couples temps-températures
tout au long de l'élaboration des fabrications et jusqu'au consommateur
(les offices alimentaires font partie de la chaîne). La nature et
la périodicité sont à définir en fonction
de l'analyse des risques encourus dans chaque établissement [19,
29].
En plus des auto-contrôles, il est souhaitable d'effectuer des
analyses microbiologiques des plats servis, réalisées par
un laboratoire agréé Cofrac (Comité français
d'accréditation attestant de la compétence du laboratoire
pour les essais couverts par l'accréditation). Les résultats
des auto-contrôles et analyses sont, entre autres, transmis à
l'équipe de restauration et au service diététique.
Le Conseil d'hygiène publique de France préconise d'en informer
le Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) pour
la mise en place d'actions correctives si nécessaire [11].
* Dispositions relatives aux toxi-infections alimentaires collectives
(TIAC)
Chaque jour, des échantillons des différents plats servis
sont tenus à disposition exclusive des services officiels de contrôle
dans le but d'être analysés en cas de suspicion de toxi-infections
alimentaires collectives. Ces plats sont conservés, en chambre
froide positive, 5 jours minimum après leur dernière présentation
au consommateur [19, 29].
Les déclarations de TIAC sont obligatoires auprès du directeur
départemental des Affaires sanitaires et sociales et auprès
du directeur des Services vétérinaires (article L12 du Code
de santé publique, décret du 10 juin 1986).
Au total
La sécurité alimentaire
Standards
Le diététicien participe à l'application de la
législation en matière d'hygiène alimentaire et doit
signaler tout manquement au responsable de l'établissement.
Le diététicien doit être informé des résultats
de tous les contrôles effectués.
Le diététicien doit s'assurer que la formation et l'information
sont diffusées, et renouvelées si besoin, auprès
du personnel.
Préparation, goût
* Choix des denrées
La procédure d'achat des denrées alimentaires est organisée
différemment selon les établissements. Elle influe toujours
sur le prix et la qualité des repas [10]. Elle comprend la sélection
des fournisseurs, le référencement des produits, la négociation
et la signature du contrat. Pour cela, l'élaboration d'un cahier
des charges est indispensable. Il garantit une qualité constante
des produits selon les critères fixés et répond aux
besoins des patients. La participation du service diététique
est souhaitable car elle permet d'adapter le choix et la variété
des produits aux patients cancéreux. Ce choix est lié aux
nombreuses difficultés alimentaires dues à la maladie et
aux traitements lourds et répétés qui perturbent
l'état nutritionnel de ces patients.
* Cuisson, goût
Chez les patients cancéreux, les nausées, les modifications
du goût et de l'odorat provoquées par la maladie et les traitements
sont fréquentes [5, 7, 24]. On observe surtout une sensibilité
accrue aux odeurs alimentaires, une perception différente des saveurs
(acidité, amertume...) ainsi que des aversions à l'égard
de certains aliments.
Pour une meilleure prise en compte de ces difficultés, les préparations
doivent être simples, soignées, variées, agréables
au goût. Elles doivent respecter la saveur des aliments et être
préparées avec une attention particulière : cuissons
et assaisonnements adaptés.
Une collaboration permanente avec les cuisiniers permet d'améliorer
la réalisation ou l'assaisonnement d'un plat en fonction des souhaits
des patients et des impératifs nutritionnels.
Des fiches techniques des différentes recettes doivent être
à disposition et utilisées pour assurer la régularité
de la composition et de la valeur nutritionnelle et gustative des plats.
* Présentation
Pour susciter l'appétit souvent déficient de ces patients,
il est particulièrement important de servir des plats agréablement
présentés. L'utilisation de vaisselle jetable et de barquettes
en plastique peut diminuer l'appréciation qualitative du repas
servi. Cependant, dans certains cas, la vaisselle jetable est recommandée,
lors des traitements à l'iode radioactif ou lors de l'isolement
de certains patients, par exemple. Dans ce cas, elle doit être de
bonne qualité et d'un aspect attrayant. Le patient doit être
informé au préalable de l'utilisation de cette vaisselle
jetable.
Les aliments sont conditionnés de façon soignée
et propre et sont agrémentés de garnitures telles que persil,
citron, tomates, salades...
L'association de couleurs éveille l'appétit visuel des
patients et rend ainsi le plateau repas plus attrayant [2]. Le choix du
conditionnement doit tenir compte du type de patients : par exemple, pour
les enfants, proposer un environnement ludique, autour du repas par l'intermédiaire
d'un plateau repas décoré, d'un set de plateau avec coloriage,
jeux...
Au total
La préparation
Standards
Des fiches techniques des recettes doivent être à disposition
et utilisées pour assurer la régularité de la composition,
de la valeur nutritionnelle et gustative des plats.
Le service doit avoir les moyens de s'adapter aux besoins du patient
cancéreux dont les goûts et aversions peuvent être
perturbés par la maladie et/ou les traitements.
Recommandations
Il est recommandé d'utiliser de la vaisselle non jetable, sauf
dans certains cas précis.
La participation du service diététique à l'élaboration
du cahier des charges d'achat des denrées est recommandée.
Une collaboration quotidienne avec le service restauration permet de
veiller au maintien de la qualité de la prestation alimentaire.
Variété, choix
* Menus
Le service diététique est responsable de la qualité
nutritionnelle du plan alimentaire et participe à l'élaboration
des menus lors des commissions de menus, regroupant différents
partenaires : économat, personnel de soins, service de restauration,
personnel hôtelier, etc.
Ces menus prennent en compte :
- le type de rationnaire : enfants, adultes...,
- le budget attribué,
- l'organisation de la production,
- l'équilibre alimentaire,
- la saison,
- la rotation des stocks,
- la variété,
- l'harmonie des couleurs,
- les religions, les croyances,
- les habitudes régionales.
Le cycle des menus doit s'adapter à l'évolution des cycles
des traitements spécifiques à la pathologie cancéreuse.
Du fait de l'hospitalisation séquentielle, les menus à
jours fixes sont à proscrire.
Le patient cancéreux étant particulièrement sensible
aux odeurs alimentaires, la diététicienne doit être
vigilante à l'association de certains plats dégageant des
odeurs fortes [5].
Le diététicien utilise le menu du jour et adapte la texture,
le régime, l'enrichissement et l'assaisonnement à la pathologie
et à l'état du patient.
Il est souhaitable d'offrir la possibilité de petits déjeuners
plus copieux et de proposer des collations. Ces moments étant favorables
aux prises alimentaires, ils peuvent contribuer à l'amélioration
de l'état nutritionnel des patients.
* Choix
L'équilibre alimentaire doit être respecté autant
que possible en jouant sur les équivalences, en raison de :
- la variabilité de l'appétit du patient au jour le jour,
- d'une aversion sélective pour certains aliments,
- des modifications fluctuantes du goût et des odeurs liées
aux traitements,
- de l'état général du patient et de ses besoins.
Il est nécessaire d'offrir des possibilités réelles
de choix de menus et pour les différentes catégories d'aliments.
Une gamme attractive et variée d'aliments permet de modifier
la structure classique du menu et de proposer de nouvelles combinaisons
entre les différents plats, hors du schéma traditionnel,
tout en dédramatisant le repas [2].
Du fait d'une hypersensibilité aux odeurs alimentaires et de
nausées, les plats chauds peuvent incommoder les patients. Aussi,
des plats froids de remplacement, ne dégageant pas d'odeurs prononcées,
doivent être disponibles (viandes froides, sandwiches, assiettes
de crudités, laitages...) [2, 5].
Les patients doivent également avoir la possibilité de
choisir entre différents assaisonnements et de conjuguer des plats
salés ou sucrés.
Les choix proposés aux patients à partir de plats adaptés
répondent aux prescriptions médicales, à l'évolution
de leur état de santé tout en correspondant à leurs
goûts.
* Portions
Quelle que soit la texture des repas, la taille des portions doit être
adaptée au patient en tenant compte de son âge, de ses besoins,
de son appétit.
Elles doivent pouvoir être modulables dans le temps. Qu'il s'agisse
de la quantité, de l'aspect, de la présentation, les portions
ne doivent pas provoquer de sentiment désagréable.
Si besoin, une organisation bien planifiée doit pouvoir permettre
un fractionnement des repas, afin d'atteindre une ration calorique quotidienne
correcte dans des conditions d'hygiène irréprochables (présence
de réfrigérateur intermédiaire, utilisation de produits
UHT...).
* Texture des repas
Du fait de la maladie mais aussi des traitements, la dysphagie, les
troubles de déglutition, les fausses routes, les mucites, l'hyposialie
ou l'asialie, les extractions dentaires constituent des difficultés
rencontrées fréquemment par les patients [9, 23].
Tous ces symptômes nécessitent une modification de la texture
de l'alimentation.
La consistance est plus ou moins fluide en fonction des possibilités
mécaniques du patient.
Les préparations doivent être homogènes, onctueuses
grâce à l'utilisation de sauces, crèmes, lait, laitages.
Elles excluent les aliments durs, collants et doivent conserver autant
que possible un aspect attrayant. Si nécessaire, il convient d'enrichir
l'alimentation en calories et protéines (cf. Prise en charge
diététique : bonnes pratiques des cancers ORL) [22].
Au total
Variété et choix
des aliments
Standards
Le cycle des menus doit s'adapter à l'évolution des cycles
des traitements spécifiques à la pathologie cancéreuse.
Le rythme et la qualité des prises alimentaires doivent être
adaptés à la maladie cancéreuse : petits déjeuner
plus copieux, possibilités de collations, portions et textures
adaptées...
Recommandations
Il est recommandé de pouvoir offrir des possibilités réelles
de choix à l'intérieur des menus et pour les différentes
catégories d'aliments.
Prise de commande
Quelle que soit l'organisation, la prise de commande individuelle du
repas est primordiale et prend en considération le patient [28].
Elle doit permettre :
- de faciliter le choix du menu en soulignant tous les changements possibles
;
- de cerner les attentes et de mieux connaître le patient : ses
habitudes alimentaires, ses goûts, sa pathologie, les interdits
liés à sa religion ou à sa culture ;
- de comprendre ses besoins en fonction des difficultés éventuelles
: degré d'autonomie, troubles de la mastication, dysphagie, mucites...
Elle peut aussi permettre de manifester une attention particulière
(anniversaire...).
La prise de commande est vérifiée par le service diététique
et assurée par celui-ci toutes les fois qu'un problème nutritionnel
se pose et après évaluation nutritionnelle (cf. Bonnes
pratiques - évaluation nutritionnelle) [12]. Si la prise de
commande est informatisée, le diététicien participe
au choix et au paramétrage du logiciel.
La prise de commande doit respecter la prescription médicale,
d'où la nécessité d'une bonne coopération
et de transmissions fréquentes avec les services de soins. Elle
a lieu le plus près possible de la consommation et au jour le jour
si besoin, lorsque l'organisation le permet.
L'organisation avec le service de restauration est suffisamment souple
pour accepter des modifications de dernière minute provenant des
prescriptions médicales, des données pratiques et du patient.
En effet, les envies du patient sont parfois très fugaces et
peuvent changer au cours d'une même journée.
Au total
Prise de la commande
Standards
La prise de commande des repas est personnalisée et tient compte
des prescriptions médicales. Elle est validée par le service
diététique.
Recommandations
Il est recommandé que la prise de commande ait lieu le plus près
possible du repas pour pouvoir s'adapter au mieux à l'état
du patient.
L'organisation avec le service de restauration devrait être suffisamment
souple pour accepter des modifications de dernière minute provenant
des prescriptions, des données pratiques et du patient.
Horaires des repas
Le repas est un moment privilégié pour le patient. Il
convient donc de définir et d'améliorer les plages horaires
favorables aux prises alimentaires, respectées par tous les services
concernés [28].
Le dîner doit être servi le plus tard possible pour limiter
le temps écoulé entre le repas du soir et le petit déjeuner
[1, 4, 6, 21, 27].
Dans la mesure du possible, les examens d'investigation, les traitements
de radiothérapie, les soins devraient être programmés
en fonction des horaires des repas pour éviter au patient de manquer
des repas faute d'organisation et de communication.
Des collations et encas doivent être disponibles dans les services
de soins pour répondre à l'appétit fluctuant des
patients cancéreux, pour multiplier les prises alimentaires et
maintenir une certaine souplesse dans les horaires [7].
Le service diététique s'assure de la mise en place d'une
procédure de distribution des goûters et collations adaptés
aux patients et respectant les règles d'hygiène conformément
à l'arrêté du 29 septembre 1997.
Au total
Horaires des repas
Standards
Le dîner doit être servi le plus tard possible pour limiter
le temps écoulé entre le repas du soir et le petit déjeuner.
Recommandations
Les horaires des repas doivent être adaptés au confort
et aux besoins des patients.
Conformité du plateau
Les plateaux-repas doivent être personnalisés et adaptés
à chaque patient.
Dans la plupart des cas, le service diététique est responsable
de la conformité des plateaux-repas lors du départ vers
les services de soins. Le respect de l'hygiène, la composition
de chaque plateau en fonction de la carte repas, la disposition et la
présentation des plats, la texture, le respect des portions constituent
des éléments importants à vérifier [26].
Au total
Conformité du plateau
Recommandations
Le respect de l'hygiène, la composition de chaque plateau en
fonction de la carte repas, la disposition et la présentation des
plats, le respect des portions constituent des éléments
importants à vérifier.
Transport des repas
Les repas préparés quittent le service de restauration
et sont acheminés vers les services de soins à l'aide de
chariots de transport des repas.
Le choix de ces chariots dépend des technologies de cuisson et
de remise en température retenues dans l'établissement.
Toutefois, il conviendra de vérifier que ces chariots possèdent
des caractéristiques d'hygiène satisfaisantes ainsi qu'une
bonne aptitude au nettoyage conformément à l'arrêté
du 29 septembre 1997 [19] et à la norme française d'hygiène
alimentaire (Afnor). Il s'agit d'une certification de conformité
des matériels relative à l'aptitude au nettoyage, aux performances
thermiques du matériel et à des exigences de qualité
au niveau de la fabrication.
Remise en température
Différents procédés de remise en température
existent :
* La liaison chaude : les aliments cuisinés sont consommés
le jour de leur fabrication et sont maintenus au-dessus de 63 °C
à cur jusqu'à leur distribution.
* La liaison froide : les aliments cuisinés peuvent être
consommés dans les trois jours suivant leur fabrication. La température
à cur des aliments doit être abaissée de + 63
°C à + 10 °C en moins de 2 heures et la conservation
se fait à une température comprise entre 0 °C et 3
°C. Lors de la remise en température, les plats cuisinés
ne doivent pas rester plus d'une heure entre + 10 °C et + 63 °C
à cur (température de distribution minimale).
Dans certains établissements hospitaliers, les deux types de
liaison peuvent coexister : liaison chaude en semaine et liaison froide
les week-ends. Le service de restauration planifie alors sa production
5 jours sur 7 pour permettre de meilleures conditions de travail.
* La liaison froide négative : cette technique est très
rarement utilisée. Les plats cuisinés peuvent être
stockés plusieurs mois à - 18 °C entre la fabrication
et la consommation. La température doit être abaissée
de 63 °C à 10 °C en moins de 2 heures puis de + 10 °C
à - 18 °C.
La maîtrise des températures, conformément à
l'arrêté du 29 septembre 1997, exige des auto-contrôles
fréquents à tous les stades de fabrication, de conservation,
de transport et de distribution des aliments.
Quelle que soit l'organisation retenue, certains paramètres doivent
être respectés pour préserver les qualités
organoleptiques et sanitaires des plats [19].
- Le personnel est informé des modalités de remise en
température à suivre et dispose d'un protocole adapté
de façon à effectuer cette opération avec le plus
grand soin.
- Les temps de réchauffement préconisés sont respectés
pour conserver la saveur, éviter le dessèchement des aliments
ou pour éviter de servir des plats insuffisamment chauds.
- Un plateau ne doit jamais être réchauffé et doit
être jeté s'il n'est pas consommé de suite.
- De même, ne jamais laisser un plateau à température
ambiante.
Pour la liaison chaude, le maintenir au chaud à + de 63 °C.
Pour la liaison froide, l'entreposer au réfrigérateur
à une température inférieure ou égale à
+ 10 °C dans un délai maximum de 2 heures.
Au total
Remise en température
Standards
Le type de liaison choisi doit être respecté (pas de réchauffement
d'un plateau non consommé tout de suite, pas de plateaux laissés
à température ambiante...).
Le personnel doit être formé de façon régulière
et adaptée au type de liaison qu'il utilise.
Distribution des repas
L'organisation de la distribution est différente selon les établissements.
Le plus souvent, la distribution des repas est déléguée
aux aides-soignants, au personnel hôtelier ou tout autre personnel
qualifié. Au préalable :
- le personnel chargé de servir les repas doit être informé
par le personnel médical des patients devant rester à jeun.
Il peut également s'assurer de la présence du patient au
moment du repas ;
- le personnel doit se laver les mains, ne pas porter de bijoux, avoir
une tenue soignée (cheveux propres et attachés si besoin,
pas d'odeurs : transpiration ou parfum trop prononcé, ongles propres...).
Il est souhaitable qu'il porte un tablier ou une sur-blouse exclusivement
réservés au service des repas.
Le temps du repas est un moment privilégié. Aussi, proposer
un service agréable doit permettre au patient de stimuler son appétit
et donc de mieux s'alimenter [28].
Le personnel veillera à proposer aux patients d'aller aux toilettes
et de se laver les mains. Il doit penser à retirer de la table,
crachoir, urinal, bassin, mouchoirs...
Au cours de la distribution :
- le personnel veille à la conformité du plateau par rapport
au choix du patient, à la texture et au régime alimentaire.
Il dispose les éventuels éléments complémentaires
: pain, serviettes, verres, couverts, boissons... et s'assure de la propreté
et de la présentation du plateau : présence du verre et
des couverts propres, absence de miettes de pain ou de sauces renversées,
etc. ;
- le personnel change le verre et apporte de l'eau fraîche si
besoin ;
- si le patient est incommodé par les odeurs du fait des traitements,
le personnel tentera d'y remédier en découvrant les aliments
chauds avant d'entrer dans la chambre ;
- le personnel aide le patient en fonction de son autonomie et l'installe
confortablement au lit ou au fauteuil. Il pense à mettre la sonnette
à portée de main. Il ouvre les emballages, coupe les aliments,
épluche les fruits et évite de tout mélanger dans
l'assiette, même si le repas est mouliné.
Le personnel assiste ou fait manger le patient en respectant son rythme,
en l'encourageant sans le brusquer, en ne l'obligeant pas à manger
contre son gré.
Le personnel chargé de la distribution doit être à
l'écoute du patient et doit lui laisser suffisamment de temps pour
manger. Il fait preuve de disponibilité, encourage, stimule et
s'assure de sa satisfaction.
La présence de l'équipe diététique pendant
les repas est souhaitable pour vérifier le bon déroulement
de la distribution, mais également pour mieux intégrer l'activité
hôtelière à la prise en compte des soins.
Au total
Distribution des repas
Standards
La prise en compte des difficultés pratiques et physiologiques
rencontrées par le patient participe à la qualité
du repas servi.
Recommandations
Le personnel chargé de la distribution doit être disponible
pour le patient, à l'écoute de celui-ci et lui laisser suffisamment
de temps pour manger.
Contrôle des ingesta
À la fin du repas, le personnel formé par le service diététique,
évalue la prise alimentaire pour les patients ayant un suivi nutritionnel.
Il note sur des fiches alimentaires, les aliments, les liquides et les
quantités absorbées de façon claire et précise,
les quantités devant être mesurables et fiables.
Il transmet à l'équipe soignante et au service diététique
toute remarque sur le déroulement du repas et le comportement de
la personne (refus de manger, problème de déglutition, fausses
routes, nausées, hoquets, vomissements...).
Grâce à la qualité des transmissions, le diététicien
peut alors évaluer et modifier éventuellement sa stratégie
nutritionnelle.
Au total
Contrôle des ingesta
Standard
À la fin du repas, le personnel évalue de façon
fiable et reproductible la prise alimentaire pour les patients ayant un
suivi nutritionnel.
Retour des plateaux
Le repas terminé, le plateau doit être intégralement
débarrassé, l'adaptable ou la table nettoyés [28].
Un protocole adapté précisera les conditions de retour et
de lavage de la vaisselle sale réutilisable et des chariots de
transport.
Quelle que soit l'organisation, les chariots sont nettoyés sans
délai, désinfectés et rincés conformément
à l'arrêté du 29 septembre 1997 [19].
Évaluation de la prestation alimentaire
La finalité du repas est la satisfaction du convive tout en respectant
ses besoins nutritionnels et les prescriptions médicales. Aussi,
pour s'assurer de la qualité globale du service restauration, pour
connaître les avis et les attentes, il est nécessaire de
mesurer la perception de la qualité servie sous la forme d'enquêtes
de satisfaction.
L'enquête de satisfaction doit être suffisamment complète
et précise tout en restant compréhensible pour le patient
et pas trop longue [6, 10, 27].
L'évaluation portera sur l'ensemble de la prestation :
- les menus et le choix ; le respect de ce choix ;
- les horaires des repas ;
- la présentation, le plateau, la vaisselle ;
- la qualité du repas : goût, température, portion
;
- le service du repas et le temps consacré à sa consommation.
Le document devra laisser la possibilité aux remarques et suggestions.
Les résultats seront transmis à l'équipe de direction
ainsi qu'aux différents acteurs de soins et professionnels de restauration
lors d'une réunion multidisciplinaire.
Des améliorations seront alors décidées et mises
en place.
L'enquête doit être distribuée ponctuellement et
doit être reproductible pour évaluer dans le temps l'impact
des actions correctives. Elle constitue l'un des éléments
de mesure permettant d'évoluer vers une démarche qualité.
Au total
Évaluation de la satisfaction
du patients
Standards
La satisfaction du patient doit être évaluée au
moins une fois par an par des enquêtes claires et compréhensibles.
Les résultats de ces enquêtes doivent conduire à des
améliorations de la qualité de la prestation alimentaire.
Place, rôle du diététicien
dans la prestation alimentaire
La fonction restauration s'inscrit dans une démarche multidisciplinaire
faisant intervenir de nombreux acteurs [10] :
- services économiques et financiers,
- service qualité,
- personnel du service de restauration,
- services de soins,
- service diététique,
- service logistique et technique,
- médecine du travail.
- Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN).
- Comités de liaison alimentaire-nutrition (CLAN). Dans son rapport
de mission sur l'alimentation hospitalière, le professeur Bernard
Guygrand préconise la mise en place de ces comités composés
de différents professionnels (médecins, infirmiers, aides-soignants,
diététiciens, équipe de restauration, direction)
pour évaluer, coordonner et contrôler les actions concourant
à améliorer la prise en charge nutritionnelle. La qualité
des soins, la qualité professionnelle ainsi que la performance
économique sont les trois axes majeurs d'orientation de ces comités
[14].
C'est avant tout la mobilisation et la motivation de tous qui doit permettre
d'atteindre l'objectif essentiel : le bien-être et la satisfaction
du patient.
Le diététicien participe, comme acteur de santé,
à la prise en charge globale de la personne soignée [25].
Le service diététique collabore à la gestion de
la fonction restauration et s'implique dans la politique alimentaire et
nutritionnelle de l'établissement. Il établit une cohérence
dans l'organisation de la restauration en liaison avec les multiples partenaires
concernés [1].
Le diététicien a une place plus ou moins prépondérante
dans l'organisation de la prestation alimentaire en fonction des établissements
de soins.
Relations avec le service financier-économique
Dans le cadre de sa participation à l'organisation de la restauration,
le diététicien a connaissance des contraintes économiques
et des enjeux sociaux de l'établissement [25].
Il collabore aux choix techniques (locaux, équipements, types
de liaisons...) et aux choix des différentes prestations offertes
aux patients.
Lorsque la gestion de la restauration est concédée, il
s'implique dans l'élaboration du cahier des charges des clauses
techniques particulières et dans le choix du prestataire extérieur.
Il joue alors un rôle d'interface prépondérant et
permet une collaboration de qualité avec l'établissement
[26].
Relations avec le service de restauration
Le diététicien veille à l'application et au respect
de la réglementation relative à la sécurité
alimentaire (arrêté du 29 septembre 1997 [19]).
Le diététicien participe au plan de formation et peut
assurer les actions d'éducation et de prévention auprès
du personnel du service de restauration.
Il travaille en collaboration constante avec le personnel du service
de restauration en tant que trait d'union entre les patients et la restauration.
Il rapporte les remarques, les réclamations mais aussi les compliments
afin de valoriser et de motiver l'équipe.
Cet échange garantit le respect des commandes et permet l'élaboration
de préparations adaptées et conformes, optimisant ainsi
la prise alimentaire du patient.
Relations avec les services de soins
C'est auprès du personnel soignant que le diététicien
recueille des informations concernant le patient ainsi que la prescription
médicale qui lui permet d'établir un diagnostic diététique.
En retour, il transmet et informe les services médicaux et soignants
de la prescription de ses consignes [25].
Le diététicien participe au plan de formation et peut
assurer les actions d'éducation et de prévention en matière
d'alimentation, de sécurité alimentaire, de distribution
des repas [3]. Il rédige les protocoles nécessaires pour
améliorer la prestation alimentaire dans les services de soins
conformément à la démarche HACCP, notamment pour
l'auto-évaluation.
Le contrôle systématique de la distribution des repas par
le diététicien serait souhaitable, mais il n'est pas toujours
réalisable en pratique par manque de temps et de personnel.
Relations avec le patient et ses proches
Le patient est l'élément central de la qualité
du service restauration. Le repas constitue un moment privilégié
de la journée pour une personne hospitalisée. L'information
du patient sur les possibilités de restauration de l'établissement
est capitale. Cela peut se faire dans le livret d'accueil ou au moyen
d'une plaquette spéciale restauration où sont listées
les informations :
- horaires des repas,
- choix disponibles,
- personnes à joindre,
- contact diététique,
- présence ou non d'une cafétéria,
- possibilité de restauration des familles.
Le diététicien participe au principe qui garantit la sécurité
alimentaire et doit satisfaire les besoins nutritionnels mais aussi apporter
plaisir et considération.
C'est à travers la composition du plateau que se concrétise
vraiment la relation du diététicien au patient [26].
Rencontrer le patient et/ou ses proches chaque fois que nécessaire
est primordial pour favoriser le dialogue, l'écoute et obtenir
leur collaboration.
L'enquête alimentaire permet de connaître le patient et
de définir l'intervention diététique :
- appréciation de l'état nutritionnel et de ses besoins,
- évaluation de la consommation alimentaire,
- analyse des habitudes et des goûts,
- identification des problèmes nutritionnels.
Le diététicien peut alors concilier et moduler l'alimentation
tout au long de l'hospitalisation selon l'évolution de la pathologie,
du traitement, des ingesta, de l'acceptabilité et de la satisfaction
du patient.
Il fait preuve de disponibilité et de souplesse pour répondre
au mieux à l'envie du moment et faire plaisir autant que possible.
Au total
Le rôle du diététicien
Standards
Le service diététique est l'interface entre les services
économiques, les services de soins, le service de restauration
et le patient. Il veille à l'hygiène et à la qualité
sanitaire de l'alimentation de l'établissement. C'est le garant
de l'équilibre et de la qualité nutritionnelle de la prestation
alimentaire tout en intégrant la spécificité des
patients cancéreux.
Le diététicien élabore les plans de formation,
assure les actions de formation et d'information continues en matière
d'alimentation, de sécurité alimentaire, de distribution
des repas et rédige les protocoles nécessaires pour améliorer
dans les services de soins la prestation alimentaire aux patients.
Recommandations
La création de Comités de liaison alimentation-nutrition
(CLAN) est recommandée. Il est recommandé de prévoir
et d'actualiser des documents permettant d'informer le patient sur les
possibilités de restauration proposées dans chaque établissement.
Synthèse des recommandations de la FNCLCC
1. Objectifs de la prestation alimentaire. La prestation alimentaire
doit garantir une alimentation saine en matière d'hygiène
et de sécurité alimentaire. Elle fait partie intégrante
des soins en donnant à l'ensemble des patients une prestation en
accord avec leurs besoins nutritionnels. La prestation doit garantir un
service de qualité conforme aux attentes du patient et participe
à l'éducation nutritionnelle du patient (standards).
2. La sécurité alimentaire. Le diététicien
participe à l'application de la législation en matière
de sécurité alimentaire et doit signaler tout manquement
au responsable de l'établissement (standard). Le diététicien
doit être informé des résultats de tous les contrôles
effectués (standard). Le diététicien doit
s'assurer que la formation et l'information sont diffusées, et
renouvelées si besoin, auprès du personnel (standard).
3. La préparation. Des fiches techniques des recettes
doivent être à disposition et utilisées pour assurer
la régularité de la composition, de la valeur nutritionnelle
et gustative des plats (standard). Le service doit avoir les moyens
de s'adapter aux besoins du patient cancéreux dont les goûts
et aversions peuvent être perturbés par la maladie et/ou
les traitements (standard). Il est recommandé d'utiliser
de la vaisselle non jetable (recommandation). La participation
du service diététique à l'élaboration du cahier
des charges d'achat des denrées est recommandée (recommandation).
4. Variété et choix des aliments. Le cycle des
menus doit s'adapter à l'évolution des cycles des traitements
spécifiques à la pathologie cancéreuse (standard).
Le rythme et la qualité des prises alimentaires doivent être
adaptés à la maladie cancéreuse : petits déjeuner
plus copieux, possibilités de collations, portions et texture adaptées...
(standard). Il est recommandé de pouvoir offrir des possibilités
réelles de choix à l'intérieur des menus et pour
les différentes catégories d'aliments : repas froids...
(recommandation).
5. Prise de la commande. La prise de commande des repas est personnalisée
et tient compte des prescriptions médicales. Elle est validée
par le service diététique (standard). Il est recommandé,
lorsque l'organisation le permet, que la prise de commande ait lieu le
plus près possible du repas pour pouvoir s'adapter au mieux à
l'état du patient. L'organisation avec le service de restauration
devrait être suffisamment souple pour accepter des modifications
de dernière minute provenant des prescriptions, des données
pratiques et du patient (recommandation).
6. Horaires des repas. Le dîner doit être servi le
plus tard possible pour limiter le temps écoulé entre le
repas du soir et le petit déjeuner (standard). Les horaires
des repas doivent être adaptés au confort et aux besoins
des patients (recommandations).
7. Conformité du plateau. Le respect de l'hygiène,
la composition de chaque plateau en fonction de la carte repas, la disposition
et la présentation des plats, le respect des portions constituent
des éléments importants à vérifier (recommandation).
8. Remise en température et distribution des repas. Le
type de liaison choisie doit être respecté (pas de réchauffement
d'un plateau non consommé tout de suite, pas de plateaux laissés
à température ambiante...) (standard). Le personnel
doit être formé de façon régulière et
adaptée au type de liaison qu'il utilise (standard). La
prise en compte des difficultés pratiques et physiologiques rencontrées
par le patient participe à la qualité du repas servi (standard).
Le personnel chargé de la distribution doit être disponible
pour le patient, à l'écoute de celui-ci et lui laisser suffisamment
de temps pour manger (recommandation).
9. Contrôle des ingesta. À la fin du repas, le personnel
évalue de façon fiable et reproductible la prise alimentaire
pour les patients ayant un suivi nutritionnel (standard).
10. Évaluation de la satisfaction du patient. La satisfaction
du patient doit être évaluée au moins une fois par
an par des enquêtes claires et compréhensibles. Les résultats
de ces enquêtes doivent conduire à des améliorations
de la qualité de la prestation alimentaire (standards).
11. Le rôle du diététicien. Le service diététique
est l'interface entre les services économiques, les services de
soins, le service de restauration et le patient. Il veille à l'hygiène
alimentaire et à la qualité sanitaire de l'alimentation
de l'établissement. C'est le garant de l'équilibre et de
la qualité nutritionnelle de la prestation alimentaire tout en
intégrant la spécificité des patients cancéreux
(standard). Le diététicien participe au plan de formation
et assure les actions de formation et d'information continues en matière
d'alimentation, d'hygiène alimentaire, de distribution des repas
et rédige les protocoles nécessaires pour améliorer
dans les services de soins la prestation alimentaire délivrée
aux patients (standard). La création de Comités de
liaison alimentation-nutrition (CLAN) est recommandée. Il est recommandé
de prévoir et d'actualiser des documents permettant d'informer
le patient sur les possibilités de restauration proposées
dans chaque établissement.
CONCLUSION Remerciements.
Nous remercions le ministère de l'Emploi et de la Solidarité
et la Ligue nationale contre le cancer pour leur soutien financier.
Contributeurs
Revue interne : P. Bachmann, anesthésiste-réanimateur
(Centre Léon-Bérard, Lyon), F. Eschwège, radiothérapeute
(Institut Gustave-Roussy, Villejuif), G. Nitenberg, réanimateur
(Institut Gustave-Roussy, Villejuif), T. Philip, pédiatre (Centre
Léon-Bérard, Lyon).
Revue externe : R. Agnetti, cadre diététicien
(Hôpital Louis-Mourier, Paris), F. Arnaud-Battandier, directeur
médical (Nestlé Clinical Nutrition, Sèvres), M. Bicaïs,
cadre diététicien (Hôpital Nord, Marseille), P. Boulétreau,
anesthésiste (Hôpital Édouard-Herriot, Lyon), C. Chambrier,
anesthésiste (Hôtel Dieu, Lyon), A.M. Favreau, cadre supérieur
diététicien, (CHU, Angers), G. Picard, cadre diététicien
(Hôpital Saint-Louis, Paris), M.-C. Puissant, cadre supérieur
diététicien projets nutrition (siège APHP, Paris).
Comité d'organisation des SOR : A. Bataillard,
médecin généraliste, FNCLCC, Paris (méthodologiste),
C. Bayo, secrétaire Unité centrale SOR, FNCLCC, Paris, P.
Bey, radiothérapeute, Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy
(membre du bureau exécutif), M.-P. Blanc-Vincent, pharmacien, FNCLCC,
Paris (responsable méthodologiste), H. Borges-Paninho, chargée
de la gestion des documents, FNCLCC, Paris, J. Carretier, chargé
de mission en Santé, FNCLCC, Paris (méthodologiste SOR SAVOIR
PATIENT), S. Debuiche, FNCLCC, Paris (chargée de gestion administrative
et logistique), E. Estévès, secrétaire Unité
centrale SOR, FNCLCC, Paris, F. Farsi, médecin de Santé
publique, Centre régional Léon-Bérard, Lyon (méthodologiste
associé), B. Fervers, oncologue médical, FNCLCC, Paris (coordonnatrice
des SOR), G. Gory-Delabaere, pharmacien, FNCLCC, Paris (méthodologiste),
S. Guillo, documentaliste, FNCLCC, Paris, L. Leichtnam, chargée
de mission en Santé, FNCLCC, Paris (méthodologiste SOR SAVOIR
PATIENT), E. Luporsi, oncologue médical, Centre Alexis-Vautrin,
Vanduvre-lès-Nancy (méthodologiste associé),
T. Philip, pédiatre, Centre régional Léon-Bérard,
Lyon (directeur des SOR, membre du bureau exécutif), J.-L. Renaud-Salis,
chirurgien, Institut Bergonié, Bordeaux (expert associé),
D. Ropé, secrétaire Unité centrale SOR, FNCLCC, Paris,
S. Théobald, médecin de Santé publique, Centre Paul-Strauss,
Strasbourg (méthodologiste associé), M. Véron, cadre
infirmier, FNCLCC, Paris (méthodologiste SOR SAVOIR PATIENT).
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16. Décret du 21/7/1971 relatif à l'inspection
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ou d'origine animale. Journal officiel de la République française
1971 ; 1/8/1971.
17. Arrêté du 01/02/1974 réglementant les
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1974 ; 20/3/1974.
18. Arrêté du 10/3/77 relatif à l'état
de santé et à l'hygiène du personnel appelé
à manipuler des denrées animales ou d'origine animale. Journal
officiel de la République française 1977 ; 31/3/1977.
19. Arrêté du 29/9/97 fixant les conditions d'hygiène
applicables dans les établissements de restauration collective
à caractère social. Journal officiel de la République
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20. Note de service DGAL/SDHA/N98 du 10/8/1998 précisant
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