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A phase II study of gemcitabine in the treatment of non small cell lung cancer


Bulletin du Cancer. Volume 84, Number 3, 282-8, Mars 1997, Articles originaux


Résumé   Summary  

Author(s) : Thierry Le Chevalier, Maya Gottfried, Ulrich Gatzemeier, Frances Shepherd, P. Weynants, B. Cottier, H.J.M. Groen, Ricardo Rosso, Karin Mattson, Herman Cortes-Funes, Maurizio Tonato, Ronald L. Burkes, Maurizio Voi, Anne Ponzio, Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif, France..

Summary : Gemcitabine is a novel pyrimidine nucleoside whose activity has been demonstrated on solid tumors. We report here the results of a multicentre phase II trial of gemcitabine in chemonaive patients with inoperable non small cell lung cancer (NSCLC). Gemcitabine was given weekly at a dose of 1,250 mg/m2 administered as a 30 min intravenous infusion, for 3 weeks followed by 1 week of rest (1 cycle). All the 161 patients included were evaluable for toxicity and 151 of them were evaluable for efficacy. The majority of patients had a stage IIIb (31.1%) or stage IV (64.6%) disease; 10.6%, 83.2% and 6.2% of patients had a WHO performance status (PS) 0, 1 and 2, respectively. Adenocarcinoma accounted for 52.2% of cases and squamous cell carcinoma for 43.5% of cases. Three complete responses and 30 partial responses gave an objective response (OR) rate of 21.8% (95% confidence interval: 15.5-29.3%). All responses were validated by an independent Oncology Review Board. Median duration of response was 7.6 months. Median time to progression was 4.6 months (3.3 months in non responders and 7.6 months in responders). Median survival was 7.3 months in non responders and 13.4 months in responders (p < 0.001), which gave an overall median survival of 8.9 months (95% CI: 0.1-21.9 months) in the entire study population. An improvement of symptoms and personal state was also observed. Treatment was well tolerated. Neutropenia was the only dose-limiting toxicity. WHO grade 3 or 4 neutropenia occurred in 19.6% and 5.7% of patients, respectively. With a 21.8% OR rate, this multicentre study confirms the activity of gemcitabine as a single agent in patients with inoperable NSCLC. Its good tolerance and original mode of action make gemcitabine a drug of choice in the therapeutic strategy of these tumors.

Keywords : gemcitabine, non small cell lung cancer (NSCLC), monotherapy, phase II.

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ARTICLE

Le cancer bronchique représente un problème majeur de santé publique. Son incidence mondiale est en progression constante, et il représente désormais la première cause de mortalité par cancer dans les pays occidentaux, chez les hommes comme chez les femmes (Boring et al., 1991 ; Ries et al., 1991).

Environ 80 % des cancers bronchiques appartiennent à l'un des types histologiques dits « non à petites cellules » (CBNPC), qu'il s'agisse de carcinomes épidermoïdes, d'adénocarcinomes ou de carcinomes à grandes cellules (Ries et al., 1991). Dans 70 % des cas, le CBNPC est inopérable au moment du diagnostic, en raison de son extension locorégionale ou de l'existence de métastases à distance (Ihde et Minna, 1991). Le pronostic de ces formes avancées est péjoratif, les grandes études prospectives effectuées chez des patients traités montrant une durée médiane de survie n'excédant pas 32 semaines et un taux de survie à 3 ans inférieur à 5 %.

Au cours des 10 dernières années, la chimiothérapie des formes avancées de CBNPC a accompli peu de progrès en termes de taux de réponse et de survie. Il existe très peu de produits anticancéreux permettant d'obtenir un taux de réponse supérieur à 15 % en monothérapie, les protocoles de polychimiothérapie ne permettant d'obtenir qu'un taux de réponse globale de 25 à 35 % (Ihde, 1992 ; Lenzi et al., 1992 ; Sandler et Buzaid, 1992 ; Splinter, 1990).

La réalité du bénéfice apporté aux patients a pu être contestée, en raison de la toxicité non négligeable de la polychimiothérapie et du gain modeste que l'on peut en attendre en termes de survie globale. Cette conception pessimiste nous semble cependant remise en question par les effets palliatifs de la chimiothérapie (Smith, 1994). Il est donc important que les études sur les nouveaux produits de chimiothérapie s'attachent à rechercher non seulement une amélioration de l'efficacité, démontrée par des paramètres objectifs, et une toxicité réduite, mais aussi un effet palliatif sur les symptômes éprouvés par les patients.

La gemcitabine est un nouvel analogue des pyrimidines qui a fait preuve de son activité sur plusieurs types de tumeurs solides lors d'études précliniques (Braakhuis et al., 1991 ; Fujita et al., 1994 ; Hertel et al., 1990 ; Schultz et al., 1993).

La gemcitabine a déjà fait l'objet de 2 études de phase II effectuées chez des patients atteints de CBNPC inopérable (stades III et IV), non antérieurement traités par chimiothérapie (Abratt et al., 1994 ; Anderson et al., 1994). Dans ces 2 études, la gemcitabine a été administrée en perfusions hebdomadaires de 30 min pendant 3 semaines suivies d'un repos d'une semaine. Les doses utilisées par Anderson et al. (1994) chez 82 patients (800 à 1 000 mg/m2) et celles utilisées par Abratt et al. (1994) (1 000 à 1 250 mg/m2) ont permis d'obtenir des taux de réponse objective de 24 % et 20 % et des durées médianes de survie de 7 mois et 9,2 mois respectivement.

Ces résultats encourageants ayant été obtenus au prix d'une toxicité acceptable, essentiellement hématologique, il nous a semblé intéressant d'étudier, lors d'une large étude multicentrique, l'activité et le profil de toxicité de la gemcitabine administrée en monothérapie à la dose initiale de 1 250 mg/m2 en perfusion hebdomadaire pendant 3 semaines suivies d'un repos de 1 semaine, chez des patients atteints de CBNPC inopérable non antérieurement traités par chimiothérapie. Cette étude multicentrique internationale de phase II s'est déroulée dans 10 centres.

Résultats

Caractéristiques de la population

De janvier à décembre 1992, les 10 centres (dans 8 pays européens et au Canada) ont inclus 161 patients. Ces patients comprenaient 124 hommes et 37 femmes (âge moyen : 59 ans). Chaque investigateur a inclus au moins 5 patients évaluables. Les caractéristiques initiales de ces patients sont présentées dans le tableau I. La plupart des patients étaient porteurs d'un CBNPC de stade IV, le type histologique le plus fréquent étant l'adénocarcinome.

Dix patients ont été exclus de l'analyse d'efficacité pour traitement insuffisant. Huit d'entre eux, qui ont reçu moins de 1 cycle de chimiothérapie, ont quitté l'étude pour des raisons indépendantes de la toxicité, notamment en raison d'une progression tumorale précoce dans 5 cas. Les 2 autres patients ont été exclus en raison d'une radiothérapie concomitante dirigée contre une lésion cible (1 patient) ou de l'absence d'évaluation de la tumeur (1 patient).

Doses administrées

Le nombre moyen de cycles a été de 3,7. Les perfusions annulées n'ont représenté que 6,3 % des perfusions prévues et seules 4,6 % des doses administrées ont été réduites. De plus, 26,9 % des doses ont été augmentées au-delà de la dose initiale de 1 250 mg/m2. La dose maximale administrée a été de 2 592 mg/m2. La moyenne de l'intensité de dose pour les 4 premiers cycles a été équivalente à la dose initale prévue, soit 1 250 mg/m2.

Taux de réponse/survie

Parmi les 161 patients inclus, 151 ont été évaluables pour l'efficacité du traitement ; 3 patients (2 %) ont présenté une réponse complète et 30 patients (19,8 %) une réponse partielle, soit un taux global de réponse objective de 21,8 % (intervalle de confiance à 95 % : 15,5-29,3 %). Neuf (27,3 %) des 33 répondeurs étaient des femmes, ce qui correspond à la répartition des sexes dans la population étudiée.

Le taux de réponse objective ne différait pas selon le stade évolutif (21,9 % pour les stades IV, 21,8 % pour les stades IIIa et IIIb). Les taux de réponse ont été de 15,4 % pour les adénocarcinomes et de 25,8 % pour les tumeurs épidermoïdes, de 31,2 % pour les tumeurs modérément différenciées et de 20,8 % pour les tumeurs peu différenciées.

À la fin du 2e cycle, soit 8 semaines après le début du traitement, les deux tiers des patients considérés comme répondeurs à la fin de l'étude étaient déjà connus comme tels.

Les durées de réponse, la survie et le délai de réapparition de la progression tumorale analysés 18 mois après que le dernier patient inclus a débuté le traitement sont indiqués dans le tableau II.

La survie médiane a été de 7,3 mois chez les non-répondeurs (taux de survie à 1 an : 25,8 %) et de 13,4 mois chez les répondeurs (taux de survie à 1 an : 39,4 %). Cette différence est statistiquement significative (p < 0,001). Aucune différence n'a été mise en évidence entre les taux de survie calculés chez les patients atteints de CBNPC de stade IIIa ou IIIb et de stade IV, ou les patients âgés de moins de 65 ans et ceux âgés d'au moins 65 ans. De même, l'état général à l'entrée, le sexe et le type histologique de la tumeur n'ont pas influencé le taux de survie.

Une progression tumorale a été observée chez 65 (55,1 %) des 118 patients pour lesquels les données concernant ce paramètre étaient disponibles. Les principaux sites de métastases ont été le poumon (15,2 % des patients), le foie (14,4 %) et le squelette (11,1 %). Quatre patients ont pu bénéficier d'un traitement chirurgical à la suite de leur participation à l'étude.

Effets palliatifs

Une augmentation du poids corporel supérieure ou égale à 5 % du poids initial a été observée chez 4 % des patients. L'état général s'est amélioré chez 9 % des patients ; 3 des 10 patients avec un état général (PS, pour personal state) 2 selon l'OMS à l'inclusion sont passés à un état général (PS) 1. Chez 27,7 % des patients, les besoins en antalgiques ont diminué, tandis qu'un tiers des malades se plaignant de douleurs à l'inclusion ont ressenti une amélioration. La toux, la dyspnée et les hémoptysies se sont améliorées chez, respectivement, 35 %, 22 et 68 % des patients. Les autres améliorations symptomatiques constatées ont été les suivantes : anorexie, 30 % ; fièvre, 53 % ; insomnie, 60 % ; épanchement pleural, 34 % ; somnolence, 43 % ; sueurs, 77 % ; enrouement, 56 %, parmi les patients présentant initialement de tels troubles.

Traitements concomitants

Vingt-deux patients ont reçu au moins une transfusion sanguine et 7 patients ont reçu une radiothérapie à visée palliative. Les médicaments les plus fréquemment prescrits au cours de l'étude ont été l'acétaminophène (26,8 % des patients), le métoclopramide (26,1 %), d'autres antiémétiques (19 %), l'ondansetron (17 %), différents analgésiques morphiniques ou non morphiniques, des anxiolytiques, des laxatifs et des bronchodilatateurs.

Toxicité

Les manifestations de toxicité de grade 3 ou 4 observées sont indiquées dans le tableau III. La toxicité limitante a été de nature hématologique, leucopénie et thrombopénie étant à l'origine de la majorité des réductions de dose et des perfusions omises. Seuls 2 patients présentant une leuco-
pénie et/ou une thrombopénie de grade 3 ou 4 ont présenté une infection bénigne.

La toxicité extrahématologique a consisté essentiellement en des nausées et des vomissements, de grade 3 chez 16 patients et de grade 4 chez 2 patients, et en une alopécie, dans 5,6 % des cas de grade I et dans 4,4 % des cas de grade II. Un œdème périphérique est survenu chez 21,1 % des patients, la plupart du temps léger à modéré et sans conséquences cliniques ; 2 patients ont cependant développé progressivement, après le 3e cycle, un œdème jugé suffisamment conséquent pour interrompre le traitement. Dans aucun cas, il n'a été mis en route de traitement symptomatique.

Discussion

La gemcitabine est un nouvel analogue des pyrimidines qui a fait preuve de son activité sur de nombreuses tumeurs solides. Elle possède un mode d'action original (Huang et al., 1991). Elle est transformée dans le milieu intracellulaire en métabolites phosphorylés qui rendent compte de ses principaux effets cytotoxiques. Le diphosphate de gemcitabine inhibe la ribonucléotide réductase qui intervient dans la synthèse de la désoxycytidine triphosphate (dCTP) nécessaire à la synthèse normale de l'ADN. Le triphosphate de gemcitabine, quant à lui, entre en compétition avec la dCTP qui est normalement incorporée dans l'ADN. Le triphosphate de gemcitabine incorporé n'étant pas le nucléotide terminal, ce processus est décrit sous le terme de terminaison caténaire « masquée » ; il s'oppose à la détection, l'excision et la réparation par les exonucléases de la lésion de l'ADN provoquée par la gemcitabine.

Un autre phénomène important est l'autoactivation de la gemcitabine à l'intérieur de la cellule, et le fait que la gemcitabine réduise sa propre clairance cellulaire. Au moins 3 mécanismes d'« autopotentialisation » ont été décrits (Heinemann et al., 1988 ; Plunkett et al., 1989 ; Xu et Plunkett, 1992) : (1) la désoxycytidine kinase, essentielle à l'activation de la gemcitabine, est inhibée par le dCTP, dont la synthèse est elle-même inhibée par le diphosphate de gemcitabine ; (2) la desoxycytidine monophosphate (dCMP) désaminase, responsable de la transformation de la gemcitabine en métabolite inactif (2'deoxy2'difluoro-uridine ­ dFdU), est stimulée par ce même dCTP ; (3) la dCMP désaminase est également directement inhibée par le triphosphate et le diphosphate de gemcitabine. Ces mécanismes d'autopotentialisation expliquent l'existence de taux élevés de gemcitabine dans les cellules tumorales pendant des périodes prolongées.

Dans les modèles animaux, la gemcitabine a fait preuve de son activité sur de nombreux types de cancers (myélome, adénocarcinome mammaire, cancer de l'ovaire, lymphosarcome, mélanome et leucémies) (Hertel et al., 1990). Administrée à doses non toxiques, la gemcitabine inhibe 95 à 100 % de la croissance de certaines xénogreffes de tumeurs humaines chez la souris immunodéficiente : cancer du côlon, cancers ORL, cancer mammaire, cancer bronchique à petites cellules ou non à petites cellules, cancer pancréatique, gastrique et hépatique (Braakhuis et al., 1991 ; Fujita et al., 1994 ; Schultz et al., 1993).

Au terme des études de phase I, l'administration en perfusion de 30 min 1 fois par semaine pendant 3 semaines suivies d'une semaine de repos est apparue comme le schéma optimal d'administration de la gemcitabine, la dose maximale tolérée chez les patients déjà traités par chimiothérapie étant dans ces conditions de 790 mg/m2 (Abbruzzese et al., 1991).

La dose initiale utilisée dans les études de phase II avec ce schéma d'administration a été de 800 mg/m2. Elle a été ensuite augmentée, compte tenu de l'absence de toxicité significative.

Les études de phase II ont confirmé l'activité de la gemcitabine sur le cancer épithélial de l'ovaire déjà traité (Lund et al., 1997) et le cancer du sein avancé (Carmichael et al., 1993). Deux études de phase II ont également rapporté des résultats encourageants dans le traitement du CBNPC (Abratt et al., 1994 ; Anderson et al., 1994).

La présente étude multicentrique avait pour but de confirmer l'activité et le profil de toxicité de la gemcitabine administrée en perfusion hebdomadaire de 30 min pendant 3 semaines suivies de 1 semaine de repos chez des patients atteints de CBNPC inopérable. Cette étude se distingue des autres études de phase II ayant évalué la gemcitabine dans cette même indication par le nombre plus élevé de patients inclus (n = 161) et la dose initiale plus élevée (1 250 mg/m2) prévue par le protocole.

Il est intéressant de noter que la dose moyenne effectivement reçue par les patients a été strictement équivalente à cette dose initiale prévue par le protocole. Cette donnée reflète la toxicité modérée observée au cours de cette étude et montre que le schéma d'administration proposé est effectivement réalisable chez des patients ambulatoires avec la dose étudiée.

La toxicité hématologique de la gemcitabine s'est révélée particulièrement modérée. La neutropénie a été la toxicité dose-limitante la plus fréquente mais elle n'a été de grade 3 ou de grade 4 que chez 19,6 et 5,7 % des patients, respectivement. Aucune leucopénie de grade 4 n'a été observée et seuls 2 patients présentant une hématotoxicité ont eu une infection, d'ailleurs modérée. L'incidence et la sévérité de ces manifestations d'hématotoxicité sont inférieures à celles rapportées avec les produits utilisés dans le traitement conventionnel du CBNPC. En particulier, aucun traitement par les facteurs de croissance hématopoïétiques (CSF) n'a été nécessaire et 87 % des patients n'ont nécessité aucune transfusion au cours de l'étude.

L'incidence des nausées et des vomissements de grade 3 ou 4 (10 et 1,2 %) a été également inférieure à celle observée avec les autres agents anticancéreux classiquement utilisés dans le CBNPC. Tous les épisodes ont pu être contrôlés par les antiémétiques habituels ; le recours à la réhydratation et aux antagonistes des récepteurs 5HT3 a été rare.

La majorité des patients inclus dans cette étude avait une maladie métastatique. Le taux de 22 % de réponse objective observé dans cette étude est comparable à ceux rapportés, lors des précédentes études de phase II sur la gemcitabine dans le CBNPC, par Anderson et al. (1994) (22,5 %) et Abratt et al. (1994) (20 %). Il est à noter que, dans notre étude, comme dans les 2 études précédentes, toutes les réponses ont été validées par un panel d'experts indépendants. De tels taux de réponse obtenus en monothérapie selon ces critères stricts sont particulièrement encourageants.

La reproductibilité de ces résultats dans les 3 études confirme l'activité de la gemcitabine et place cette molécule parmi les produits les plus actifs dans les cancers bronchiques non à petites cellules.

Cette activité a un impact sur la survie des patients, et la survie médiane des patients a été de 32 à 35 semaines dans les 3 études. Il s'agit là de survies médianes tout à fait satisfaisantes compte tenu de la population sélectionnée, comparable à celle observée lors de l'étude française de phase III évaluant la vinorelbine en monothérapie dans la même indication (Le Chevalier et al., 1996). Des taux de réponse supérieurs à 15 % ont été rapportés, mais non toujours confirmés, avec certains autres produits d'apparition récente tels que la vinorelbine (Depierre et al., 1991), l'édatrexate (Shum et al., 1988 ; Souhami et al., 1992), le paclitaxel et le docétaxel (Chang et al., 1993 ; Le Chevalier, 1996 ; Murphy et al., 1993), l'irinotécan (Fukuoka et al., 1992) ou l'épirubicine à haute dose (Martoni et al., 1992 ; Smit et al., 1992 ; Wils et al., 1990).

L'amélioration symptomatique mise en évidence chez les patients de notre étude doit être soulignée. Il est encore inhabituel que les études cliniques consacrées au CBNPC s'intéressent aux effets palliatifs de la chimiothérapie, mais nous estimons qu'il s'agit d'un aspect important de l'évaluation de tout nouveau traitement, au même titre que les réponses objectives et la survie. La dégradation de la qualité de vie, liée à la chimiothérapie, constitue en effet l'une des principales réserves que l'on peut formuler concernant le traitement du CBNPC avancé, compte tenu du bénéfice modéré obtenu en termes de durée de survie. La gemcitabine a permis d'obtenir une amélioration de la plupart des paramètres classiques de qualité de vie : état général, poids, troubles respiratoires, prise de traitements antalgiques. Ces critères se sont améliorés dans 4 % à plus de 60 % des cas. L'impression globale a été en faveur d'une faible dégradation opposée à une tendance globale à l'amélioration. Dans cette indication, l'amélioration de la symptomatologie revêt une importance particulière. En effet, l'apparition de symptômes nécessite fréquemment des hospitalisations et une prise en charge beaucoup plus lourde. La tolérance particulièrement bonne de la gemcitabine contribue largement à l'amélioration de la qualité de vie des patients : administration en ambulatoire et rareté des effets secondaires en font un produit de maniement aisé en comparaison aux agents généralement utilisés dans cette indication.

En conclusion, le taux de 22 % de réponse objective obtenu dans cette étude et validé par un panel d'experts indépendant confirme l'efficacité de la gemcitabine administrée en monothérapie dans le traitement du CBNPC. La tolérance de la gemcitabine est également confirmée. Cette efficacité, le mode d'action original de la gemcitabine et son excellente tolérance sont en faveur de son évaluation dans le cadre d'une polychimiothérapie chez les patients atteints de CBNPC avancé. Des études sont actuellement en cours pour évaluer l'efficacité des associations de la gemcitabine au cisplatine, au carboplatine, à la vindésine, à la vinorelbine et à l'ifosfamide dans cette indication.

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