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La durée de consultation du médecin généraliste en France explique-t-elle la prescription de psychotropes ? Volume 4, issue 8, Octobre 2008

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Cette étude transversale française a recueilli et analysé 3 jours d'activité de 44 généralistes de la région Poitou-Charentes en 2007.

L´analyse porte sur 2 896 actes, où un problème de trouble psychique représentait 5 % des motifs de consultation et 17 % des diagnostics des médecins (10 % dans les actes durant moins de 15 minutes, 48 % pour ceux de plus de 20 minutes). La prescription de psychotropes était significativement associée à la durée de consultation : près de 3 fois plus pour des durées de consultation de 20 minutes par rapport à celles de moins de 10 minutes. Contrairement à certaines allégations, la prescription de psychotrope ne serait donc pas un moyen d´abréger la consultation. L´étude ne portait pas sur la pertinence de la prescription, mais il est difficile de penser que les Français seraient plus dépressifs que leurs semblables européens. On peut se demander si dans les autres pays, les dépressifs ne sont pas pris en charge en dehors des cabinets médicaux (psychothérapeute...) et si la dépression n´est pas plus « médicalisée » en France. Des travaux complémentaires sont donc nécessaires.

Kandel O, Ripault A, Jourdain M, Bouche G. La durée de consultation intervient- elle sur la prescription de psychotropes ? Rev Prat Med Gen (travaux de recherche en médecine générale).

Sur http://www.egora.fr/commun/script/winbreverech.asp?newsid=46754.

Commentaires de la rédaction

* Les données de cette étude sont concordantes avec celles d'autres études relativement comparables.

* Il est notamment confirmé que la prescription de psychotropes n'est pas une manière de se débarrasser plus vite d'un patient, d'autant qu'il est montré que plus la consultation est longue, plus les problèmes d'ordre psychique ont de possibilités d'émerger !

* On ne peut que souscrire à la conclusion des auteurs : la prise en charge des problèmes de dépression, professionnels, familiaux et de psychose, a augmenté ces dernières années. Il faut donc poursuivre la réflexion sur l´offre et la qualité des soins primaires dans ce domaine, ainsi que les recherches dans ce premier cercle du système de soins.