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Nous venons d'apprendre le décès de Gérard Devauchelle, à la
suite d'une maladie contre laquelle il se battait depuis plusieurs
années. Quelques-uns de ses collègues et amis, scientifiques ou
industriels, ont souhaité exprimer leurs sentiments.
Philippe Fournier1 Max Bergoin2
1. Directeur de recherches Inra, UMR 1231 biologie intégrative et
virologie des insectes, Université Montpellier-II
2. Professeur émérite de l'Université de Montpellier-II
Personnellement (P. Fournier), je peux témoigner de l'accueil
chaleureux de G. Devauchelle sur le centre de Saint-Christol
alors que je venais d'un autre domaine de compétence que la
virologie. J'ai pu développer sur le site une thématique nouvelle
sur la génomique des ravageurs de culture, dans l'équipe de M.
Cérutti. Plus tard, j'ai succédé à Gérard comme directeur du
centre, ce qui fut une tâche bien difficile étant donné l'aura qui
était la sienne et dont les pages qui suivent sont une
illustration. Dès l'annonce de son décès, avec Max Bergoin, nous
avions souhaité rassembler quelques éléments de la carrière de G.
Devauchelle afin d'accompagner sa triste disparition.
De nombreux collègues sont venus y compléter leurs
témoignages, gardant le souvenir d'un « humaniste », d'un «
chercheur fascinant qui ne laissait personne indifférent » ou
encore d'un « scientifique brillant, passionné et inventif ».
Très jeune assistant puis maître assistant à l'université des
sciences de Picardie, G. Devauchelle développe son travail de thèse
à la fois sur Amiens et sur Saint-Christol-les-Alès. Excellent dans
la mise en œuvre de la microscopie électronique, il soutient une
thèse de doctorat d'État de l'université de Montpellier en 1972 sur
la structure fine de quelques agents pathogènes dans les cellules
sanguines d'insectes. Professeur de microbiologie à la faculté de
Rouen pendant une douzaine d'années, il sera nommé en 1986 à la
tête de la station de recherches de Saint-Christol-les-Alès (unité
de recherches mixte entre Inra, CNRS et université de
Montpellier-II), qu'il dirigera pendant 17 ans. Directeur de
recherches Inra, il sera un des pionniers du tournant scientifique
alliant l'analyse moléculaire de la cellule d'insecte — de la
microscopie à l'étude du gène — avec ses applications dans les
domaines biotechnologiques. Il a contribué à l'enseignement
universitaire (universités de Montpellier, Nîmes, EPHE) et à la
formation de nombreux étudiants.
Son esprit vif et indépendant lui a valu une grande
reconnaissance scientifique. En précurseur, il a contribué à
l'émergence de plusieurs initiatives de partenariats entre
recherche publique et privée. Porteur de fortes convictions sur les
biotechnologies, il a aidé à leur prise en compte au sein de
plusieurs laboratoires de l'Inra. Il a été membre de la
Commission nationale de génie génétique pendant près de
20 ans. Maîtrisant une large culture scientifique, il a su
apporter un regard critique sur plusieurs programmes de recherches.
Au-delà de la fermeture du centre Inra et de sa relocalisation sur
l'université de Montpellier, G. Devauchelle avait mis ses
compétences scientifiques au service de l'unité CNRS UPS3044
Baculovirus et Thérapie qui poursuit ses activités sur
Saint-Christol.
Pr Gérard Lefranc
Laboratoire d'immunogénétique moléculaire, UPR 1142 CNRS,
institut de génétique humaine, université Montpellier-II
J'ai connu Gérard, bien avant beaucoup d'autres de ses amis
actuels, dès le milieu des années 1970. Agrégé en sciences
naturelles, j'enseignais et préparais en même temps ma thèse de
doctorat d'État, au Liban, dans le laboratoire de génétique humaine
du professeur Jacques Loiselet à la faculté française de médecine,
de pharmacie et de médecine dentaire de l'université Saint-Joseph
(USJ) de Beyrouth. Ne disposant pas sur place de toutes les
facilités pour accomplir la totalité de mes recherches, je venais
régulièrement en été et à d'autres moments de l'année, avec mes
échantillons de sérums les plus précieux de la population
libanaise, au centre de transfusion sanguine de Bois-Guillaume
(près de Rouen) qui disposait des anticorps rares dont j'avais
besoin. C'est la raison pour laquelle la soutenance de ma thèse a
eu lieu en 1978 à la faculté des sciences de l'université de Rouen
avec Gérard comme membre du jury. Je l'avais déjà rencontré l'année
précédente pour discuter de mon travail. « Thésard retardé » par
les difficultés du travail au Liban et par la guerre qui avait
démarré en avril 1975, j'étais impressionné par ce jeune et
brillant professeur à l'écoute des aspects scientifiques et de
l'environnement particulier de mon travail. Je n'ai jamais
oublié son estime et ses encouragements.
Est-ce de cette rencontre et de celle du Pr Loiselet, lors de la
soutenance, que sont nés son attachement pour le pays du Cèdre et
son désir d'aider l'enseignement supérieur et la recherche au Liban
? Toujours est-il que Gérard répondit présent, sans hésiter,
20 ans plus tard, lorsque je le contactais à la demande du Pr
Pierre Farah, doyen de la faculté de médecine, pour mettre en place
et assurer les enseignements sur les biotechnologies au niveau de
la maîtrise des sciences biologiques et médicales et du
DEA biologie-santé de l'USJ créés par Mr Farah : le «
Baculovirus débarquait » au Liban ! Ses enseignements, étendus
ensuite à la nouvelle faculté des sciences de l'USJ, sont toujours
l'un des points forts de l'école doctorale sous la direction
actuelle de Madame Dolla Sarkis, doyen de la faculté de pharmacie
de l'USJ, et des programmes de recherche et de développement ont
été élaborés ensemble.
Je peux témoigner de la très haute estime dont jouissait Gérard
de la part des recteurs successifs de l'USJ, des doyens des
facultés concernées et des responsables de Berytech et du pôle
technologie-santé (PTS), deux « pépinières d'entreprises » et
incubateurs créés par l'USJ. Membre du conseil scientifique de
l'USJ et du conseil d'administration du PTS, Gérard était très
écouté. Il était souvent sollicité et ses conseils étaient
particulièrement appréciés en raison de ses compétences, de son
expérience et de sa notoriété internationale. Jusqu'à ses derniers
instants (j'étais à Beyrouth, dans les bureaux de l'administration,
le mardi 15 février, lorsque nous avons été avertis de sa fin
prochaine par un appel téléphonique de sa famille à Madame Sarkis),
ses amis libanais et les étudiants espéraient le revoir, sa mission
prévue en novembre ayant dû être annulée en raison du traitement
qu'il suivait. Malgré son départ, Gérard reste parmi eux et parmi
nous par tout ce qu'il a apporté avec son talent, sa générosité et
sa riche personnalité. Je perds un ami avec qui j'aimais discuter
avant chacune de nos missions au Liban et au retour de celles-ci,
pour faire le point, constater le développement de l'œuvre
entreprise et l'améliorer sans cesse. Merci, Gérard, pour tout ce
que tu as fait et pour l'exemple de courage extraordinaire que tu
as donné lors de ton combat contre la maladie.
Martine Cérutti
Directeur de recherche, CNRS Baculovirus et Thérapie,
Saint-Christol-les-Alès
J'ai fait la connaissance de Gérard alors qu'il
venait d'être nommé professeur de microbiologie à
l'université de Rouen en 1974, il avait 29 ans, ce qui
fit de lui l'un des plus jeunes professeurs d'université de
France.
Passionnée de bactériologie, j'étais venue à Rouen pour
continuer mes études et préparer une licence de biologie. À cette
époque, il est vrai que ce que je connaissais des virus au travers
des premiers cours auxquels j'avais participé n'avait pas vraiment
piqué ma curiosité. Les choses changèrent radicalement
lorsqu'en ce début d'année 1974, j'assistais au premier cours de
virologie de Gérard. On ne parlait plus d'inclusions nucléaires ou
cytoplasmiques colorées comme ci ou comme ça ou de pustules de
telle ou telle forme qui pouvaient apparaître, mais l'infection par
un virus devenait une véritable enquête policière, comment ce petit
organisme arrivait-il à déjouer tous les systèmes de protection et
d'alerte de la cellule, comment réussissait-il un tel coup d'État ?
Ce fut le déclic, le début d'une grande passion pour la
virologie.
Je crois que de très nombreux étudiants pourraient raconter
cette même histoire, Gérard avait un véritable don pour transmettre
sa passion de la science, c'était un professeur hors du commun,
brillant, d'une intelligence remarquable, d'une vivacité d'esprit
rare. Il s'intéressait à tout, à la science bien sûr, mais
aussi à la littérature, à la philosophie, à la musique. Organiste
et pianiste à ses heures, il vouait une grande passion à
Jean-Sébastien Bach.
Je me souviens que lorsqu'il est arrivé à Saint-Christol, il lui
arrivait parfois d'envoyer des courriers à ses collègues de l'Inra
rédigés en alexandrins. C'était son côté Cyrano, personnage qu'il
admirait entre tous « et à la fin de l'envoi je touche !! ».
Sa grande culture générale, sa vivacité intellectuelle et sa
notoriété scientifique lui ont permis d'accéder à de nombreuses
responsabilités tout au long de sa carrière, directeur du
département de biologie et vice-doyen de la faculté des sciences de
Rouen, membre de commissions scientifiques au CNRS, à l'Ifremer,
membre du conseil scientifique d'Ifremer… membre de la commission
de génie génétique, de la commission du génie biomoléculaire, du
haut comité sur les OGM…
C'est aussi son activité dans le domaine des biotechnologies qui
marquera la communauté scientifique. En effet, à l'université de
Rouen et il faut dire que c'était révolutionnaire à cette époque,
le laboratoire travaillait déjà en collaboration avec des
entreprises régionales sur l'ultrafiltration du lait ou
l'élimination du lactose dans les barres chocolatées, le rouissage
du lin, etc.
Lorsqu'il fut nommé directeur de la station de pathologie de
Saint-Christol-les-Alès, et directeur de recherche de première
classe à l'Inra (à 42 ans), il s'impliqua également très
énergiquement dans la valorisation de la recherche non
seulement par le dépôt de brevets, mais aussi par son soutien à la
création de nombreuses entreprises.
Mais ce que l'on retiendra le plus de ce travailleur acharné,
c'est sa gentillesse, sa disponibilité, sa spontanéité, sa
générosité et son dévouement envers tous, petits ou grands de ce
monde.
Fabienne Petit
Professeur de microbiologie, UMR M2C, université de Rouen
Gérard Devauchelle, « le chef », est mort, il laissera longtemps
l'image d'un scientifique passionné, dont l'enthousiasme sans borne
pour la recherche se communiquait à l'ensemble de son entourage
notamment à ses étudiants. À cette passion s'alliait la
gentillesse, son travail de recherche était conduit avec éthique,
des valeurs aujourd'hui souvent malmenées. À l'époque de ma thèse,
son école de formation à la recherche privilégiait la curiosité et
l'esprit d'initiative des doctorants, en les incitant à construire
eux-mêmes leurs projets de recherche. Au-delà d'une passion
partagée pour le Chilo iridescent virus, virus aujourd'hui ignoré
par la communauté scientifique, c'est bien une école de pensée dans
la recherche que nous laisse Gérard. À charge pour nous de la
perpétuer.
Hassan Chaabihi
Directeur de la Société Agate bioservices, 30100 Alès
Monsieur Gérard Devauchelle représente une figure éminente de la
recherche biotechnologique. Il était passionné par la biologie
en général et par la virologie en particulier. Il avait un
esprit brillant et ouvert, avec un élan de générosité qui lui
permettait de transmettre sa passion avec une aisance naturelle.
Nous sommes très nombreux à en avoir bénéficié que ce soit dans des
amphithéâtres ou dans des laboratoires.
Au-delà de la science pure, Gérard avait également
une vision pertinente sur l'ensemble des aspects liés à la
valorisation industrielle de la recherche. Il fut ainsi un
moteur dans ce domaine soit en s'impliquant directement, soit en
soutenant et en aidant fortement toutes les initiatives allant dans
ce sens. À ce titre, j'ai une reconnaissance toute particulière à
son égard.
C'est avec une immense tristesse que j'ai accueilli la nouvelle
de sa disparition, mes pensées vont directement à sa famille
proche, ainsi qu'à l'ensemble des personnes qui ont travaillé avec
lui et qui ont su apprécier ses qualités.
Bernard Mauchamp
Directeur de recherche Inra de Villeurbanne
« Responsable du laboratoire de physiologie de l'insecte de
Versailles », j'ai rencontré pour la première fois Gérard à la
réunion du département de zoologie à la Colles-sur-Loup (many years
ago). À cette période, Gérard était un des pionniers pour la
promotion de la biologie moléculaire comme moyen d'approche de
l'étude du vivant. Nous savons maintenant à quel point il a fait
école. Mon changement d'affectation et de thématique (unité
nationale séricicole) a renforcé nos relations scientifiques et
amicales. À chacun de mes passages à la station d'Alès, j'ai pu
apprécier son dynamisme, mais parfois aussi ses désappointements
face à des décisions qu'il ne partageait pas. Ses qualités
n'ont pas été suffisantes pour s'opposer à la décision de l'Inra de
fermer la station de pathologie des invertébrés. Malgré cela,
Gérard a su renforcer le prestige de son équipe.
C'est, non seulement la disparition du scientifique qui
m'affecte, mais aussi celle de l'homme que j'ai apprécié pour sa
culture et sa convivialité. Eh oui Gérard, nous n'aurons plus le
plaisir de nous attabler à la brasserie Georges devant une « tête
de veau sauce ravigote ».
René Bally
Directeur de recherche CNRS, directeur de l'UMR 5557 écologie
microbienne, université de Lyon-La Doua-Villeurbanne
La première fois que j'ai rencontré Gérard Devauchelle, c'était
à la commission 30 du Comité national de la recherche au CNRS où il
était membre nommé, il y a maintenant plus de 20 ans. J'étais
jeune CR1 à l'époque. Gérard m'a aidé et conseillé dès le début.
Nous avons beaucoup parlé, discuté de « la science », confronté des
points de vue, quelquefois différents. Toujours passionnantes, ces
discussions duraient longtemps, certains soirs, dans une salle du
Comité national, puis se terminaient dans un café aux alentours du
siège du CNRS. C'était la grande époque du Comité national où
jeunes CR nous côtoyons des chercheurs aussi prestigieux que Louis
Thaler, Robert Barbault, etc. et bien sûr Gérard. De cette
époque est née une amitié qui a duré jusqu'à aujourd'hui. Il a
accepté en 1990 de participer au jury de ma thèse d'État. Cela a
été pour moi un honneur. Malgré un chemin différent, nous nous
rencontrions au moins deux à trois fois par an. J'ai beaucoup
apprécié ces rencontres « autour d'un verre de bière », souvent à
la gare de Lyon à Paris, quelquefois à Saint-Christol-les-Alès, à
discuter de choses et d'autres, … à refaire le petit monde de la
recherche. Malheureusement, ces dernières années, ces rencontres se
sont faites plus espacées. J'ai pourtant revu avec un grand plaisir
Gérard au comité de préfiguration de la haute autorité sur les OGM
où l'on siégeait ensemble. Courte rencontre il est vrai, car la
maladie avait déjà fait son œuvre.
Gérard était un excellent scientifique, critique mais
constructif, il était devenu pour moi un véritable ami.
Le temps passera, certes, mais je me souviendrai de cette
période importante et riche de ma vie.
Bernard Pau
Professeur, Université de Montpellier-I
À Gérard Devauchelle,
L'éminent scientifique, le défricheur, le découvreur,
l'innovateur dans la plus pure tradition de l'école pastorienne
dont l'esprit flotte encore sur le théâtre Saint-Christol-les-Alès,
le pédagogue lumineux et passionnant, l'humble, l'humaniste.
À jamais, notre affectueuse amitié.
Noël Tordo
Chef de laboratoire à l'Institut Pasteur, Paris-Lyon
J'ai connu la réputation de G. Devauchelle avant de le connaître
en personne. Deux collègues, aujourd'hui directeur d'unité à
l'Institut Pasteur et responsable stratégique à Sanofi disaient
avoir eu la chance de bénéficier de son enseignement de licence à
l'université de Rouen. C'est lui qui leur avait transmis le « virus
» de la recherche, les avait initiés à la biologie moléculaire et
les avait « envoyés » poursuivre leurs études à Paris. J'ai pu
moi-même vérifier ses qualités pédagogiques en l'invitant quelques
années plus tard à enseigner dans le cadre des cours de l'Institut
Pasteur. Ils ne sont pas si nombreux les professeurs dont
l'enthousiasme est communicatif jusqu'à créer des vocations…
Notre véritable « rencontre » s'est déroulée dans des conditions
autrement difficiles : j'ai participé à la commission d'experts
mise en place pour l'évaluation de la station de pathologie des
invertébrés de Saint-Christol-les-Alès, suite à laquelle la
décision de fermer la station a été prise par l'Inra. Sans vouloir
commenter ici cette décision qui a été cruellement vécue par G.
Devauchelle, je me souviens de lui comme d'un scientifique
responsable et brillant, qui, dans une situation pourtant délicate,
a reçu la commission avec respect en défendant avec abnégation le
bilan d'années de travail de sa station tout en assumant les
difficultés.
Quelques années plus tard, nous avons siégé, du même côté de la
table cette fois, dans d'autres comités d'évaluation. À aucun
moment, le souvenir de ces instants difficiles n'est venu effleurer
nos relations. Et je n'ai jamais perçu aucune rancœur lorsqu'il
s'est penché sur le travail des autres : son expertise exigeante et
pointue a toujours été respectueuse de leurs efforts, cherchant
d'abord à discuter de la science, à savoir, puis à aider, à
conseiller, jamais à juger froidement. Il était un humaniste
scientifique. Si j'ai un regret, c'est que la commission
scientifique spécialisée de l'Inra dont j'étais président de 2002 à
2006 n'ait jamais réussi à être suffisamment convaincante pour que
G. Devauchelle soit promu au grade de directeur de recherche de
classe exceptionnelle. Je pense sincèrement que l'originalité, la
richesse et la générosité de son parcours scientifique et humain le
méritaient. Il suffit de regarder la densité du présent
hommage pour s'en convaincre.
Patick Henno
Directeur de la société Mabgène, Alès
Gérard Devauchelle a joué un rôle majeur dans l'implantation de
notre société Mabgène sur le bassin alésien. Sa vision des
biotechnologies ainsi que son optimisme sans faille associés à une
expertise peu commune de notre domaine d'activité ont favorisé la
création de liens professionnels denses entre son laboratoire et
nous-mêmes.
Gérard a su nous apporter un soutien constant dans nos relations
avec les autorités locales ; aussi bien économiques que politiques
et sa présence chaleureuse était pour le créateur d'entreprise une
source de réconfort permanent.
Avec le départ de Gérard, et bien au-delà des appuis
scientifiques et technologiques qu'il nous a apportés ; Mabgène a
avant tout perdu un ami.
Franscisco Véas1 Ilias Stefas2
1. Directeur de recherche IRD-UM1-UMR-MD3, cofondateur
d'ApoH-technologies faculté de pharmacie, Université Montpellier-I
2. PDG d'ApoH-technologies, faculté de pharmacie, Université
Montpellier-I
Gérard Devauchelle est et restera parmi nous comme un grand
homme porteur de principes et de valeurs humanistes qu'il a
appliqués dans sa vie quotidienne et dans son cheminement de
chercheur confrontant la recherche aux progrès de société.
Gérard a toujours été un esprit curieux et avide du savoir et
d'une très grande culture. Il a fait preuve d'une très grande
ouverture d'esprit, face à la vie et aux sciences, un esprit
indépendant et souvent pionnier. Il aimait partager le savoir
et son savoir avec de très grandes qualités pédagogiques. Malgré
ses nombreuses activités, il a toujours cherché à se rendre
disponible pour écouter et aider un très grand nombre de personnes,
dont des jeunes chercheurs, techniciens qui se rapprochaient de lui
pour trouver des conseils avisés et du réconfort. Par son esprit
pionnier, il a contribué à la création et au soutien de nombreuses
start-up de biotechnologies, sans se mettre lui-même en avant, mais
au contraire, impulsant d'autres acteurs.
Sa contribution dans la virologie est majeure et de tout premier
plan. En effet, son cheminement dans la compréhension de la
virologie lorsque cette discipline n'était pas aussi bien reconnue
qu'elle l'est aujourd'hui, l'a conduit à créer une dynamique et une
équipe de qualité et internationalement reconnue, pour laquelle il
a toujours été fier, avec raison, et modeste à la fois. Grâce à son
impulsion et à son esprit pionnier, Gérard et son équipe ont
contribué de façon majeure dans la compréhension des mécanismes
réplicatifs et de production de protéines de virus d'insecte
(baculovirus). Sur ces bases scientifiques et avec une vision
d'économie éthique, Gérard et son équipe ont été les promoteurs des
insectes-usines pour fabriquer des protéines utiles pour la
société. Gérard a également su brillamment transmettre la relève
dans ce domaine, que lui et son équipe ont profondément marqué et
qu'ils continuent à faire progresser très significativement y
compris dans des circonstances parfois moins favorables. En effet,
seuls certains décideurs institutionnels dont il dépendait avaient
compris la portée de sa contribution et qu'ils pouvaient être fiers
de compter Gérard parmi leurs membres les plus brillants.
À la demande de ses pairs, auxquels il ne savait pas dire non,
du fait de sa profonde gentillesse, il a été membre de nombreux
comités d'évaluation et de conseil, dont celui de la Commission
nationale de génie génétique, ou président du comité de pilotage du
P4 de Lyon, des instances régionales, pour lesquelles il ne
comptait pas son temps. Dans toutes ces instances, il a toujours
joué un rôle rigoureux et très positif, du fait de son humanité,
afin de trouver des solutions permettant de faire progresser au
mieux les situations, dans le respect des individus.
Nous partageons le grand honneur, la fierté et la chance d'avoir
rencontré et pu échanger pendant presque 20 ans et jusqu'aux
derniers moments avec Gérard, sur la science et sur des idées
humanistes. Notre admiration et reconnaissance sont profondément
sincères envers ce grand homme, d'une extrême modestie, que l'on
aurait souhaité garder le plus longtemps avec nous, mais qui aussi,
a su nous insuffler de l'air pur et frais qui nous permettra de
respirer longtemps dans ce monde difficile.
C'est donc avec la plus grande fraternité que nous adressons ces
mots de reconnaissance à ses familles pour lesquelles il a toujours
manifesté, avec énormément de délicatesse, de la reconnaissance et
de la fierté : sa famille scientifique, son équipe et
particulièrement à Martine Cerutti, avec qui ils ont tant partagé,
construit et créé et bien sûr, surtout à la famille de Gérard, sa
femme, ses enfants et petits-enfants, pour lesquels il avait une
immense tendresse.
Muriel Brossard
Consultante en innovation et sciences du vivant, AD'MISSIONS
Gérard Devauchelle a été parmi les pionniers de la
biotechnologie en France. Son esprit entrepreneurial et sa capacité
à mobiliser les instances publiques, sur la possibilité de créer de
la valeur économique à partir de résultats de la recherche, étaient
remarquables.
Il y a plus de 20 ans, l'Inra et le CNRS ont passé
— pour la première fois dans leur existence — un contrat
avec deux sociétés de capital-risque parisiennes, pour étudier la
faisabilité d'une création d'entreprise à partir des brevets de son
équipe. L'étude a été positive et Protéine Performance a été créé.
Elle siégeait au centre de transfert de Saint-Christol-les-Alès,
nouvellement construit grâce à des aides publiques régionales. Elle
a ensuite vécu sa vie de start-up.
Patrick Barry
Ingénieur Inra
Je suis surpris et beaucoup ému par la nouvelle du décès de
Gérard Devauchelle. J'avais été très marqué par ses qualités
humaines et relationnelles. On pouvait toujours se rapprocher de
lui pour demander conseil ou aide…
Patricia Le Meillour
Directeur de recherches Inra
C'est effectivement une perte qui me touche… De sa
brillante carrière je ne retiendrai que sa formidable énergie et sa
grande curiosité scientifique… Il m'a appris que les
scientifiques sont aussi des humains et que de telles personnalités
sont controversées.
Christiane Branlant
Directeur de recherches au CNRS
Gérard Devauchelle s'est beaucoup dévoué pour la recherche.
C'était un homme très motivé par ce qu'il faisait. Il a porté
le centre de Saint-Christol à bout de bras pendant des années même
si à la fin cela devenait très difficile de le maintenir.
Igor Landais
Ancien thésard, actuellement aux États-Unis
C'est une bien triste nouvelle. Gérard Devauchelle m'a beaucoup
aidé et toujours soutenu, pendant et après ma thèse. Je me souviens
notamment de son accueil quand je suis arrivé à Saint-Christol, son
excellent travail sur les séquences de protéines ribosomales de
Spodoptera sans lequel nous n'aurions pas pu publier, le fait qu'il
ait bataillé pour que je puisse poursuivre ma thèse en tant
qu'objecteur et plus récemment son soutien à ma demande de carte
verte aux États-Unis. Gérard aura toujours pour moi cette aura de
père scientifique brillant, généreux et débonnaire. Même si je
n'étais plus en contact direct avec lui depuis trois ans, il va me
manquer.
Guy Riba
Directeur général de l'Inra
Oui, je suis ému et triste de la disparition de Gérard.
Il est vrai qu'en fin de carrière il n'a pas su contenir les
tensions et les dysfonctionnements pour maintenir à Saint-Christol
l'aura que méritait cette unité historique à plus d'un titre pour
l'Inra. Cela ne peut masquer l'excellent scientifique qu'il était :
porteur de fortes convictions sur les biotechnologies, il a su nous
aider à les intégrer au sein de plusieurs unités de recherche du
département, maîtrisant une large culture scientifique, il a su
apporter un regard critique et positif sur plusieurs programmes de
l'Inra, reconnu internationalement, il a su nous aider à rejoindre
des programmes internationaux de séquençage.
J'exprime en votre nom à tous mes plus sincères condoléances à
sa famille et tiens à partager avec tous les collègues qui l'ont
connu la mémoire d'un chercheur fascinant qui ne laissait personne
indifférent.
Olivier Le Gall
Chef de département à l'Inra
Je partage très précisément ce sentiment. Ayant eu la chance de
croiser G. Devauchelle dans le cadre stimulant de la commission de
génie génétique, j'ai été impressionné par son humanité et ses
connaissances.
Pierre Ricci
Ancien chef de département à l'Inra
Gérard Devauchelle faisait partie des personnalités
scientifiques éminentes du département SPE. J'avais beaucoup
d'admiration pour lui… sur le plan de la science, il était si
enthousiasmant et fécond. Il laissera le souvenir d'un
chercheur brillant, passionné et particulièrement inventif. Son
rôle aura été important pour promouvoir, entre autres, les
recherches moléculaires chez l'insecte en France.
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