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Publiée dans la revue : Virologie. juillet-août 2005. Volume 9Number 4,

Auteur(s) : S. Pillet

Auteur(s) : S. Pillet

Laboratoire de bactériologie‐virologie, Faculté de médecine Jacques‐Lisfranc, CHU de Saint‐Etienne

Rubrique coordonnée par D. Challine<dominique.challine@hmn.aphp.fr>

Les patients infectés par le variant de la maladie de Creutzfeld‐Jakob (MCJv) après consommation de viande bovine contaminée par le prion responsable de l’encéphalopathie spongiforme bovine peuvent présenter la forme pathologique de la protéine prion (PrPres, forme résistante aux protéases) dans les tissus lymphoïdes tels que la rate, les amygdales, le thymus et l’appendice. La protéine PrPres est également retrouvée dans la muqueuse intestinale et le système nerveux périphérique de primates non humains infectés. Sa résistance très importante aux méthodes classiques de désinfection des matériels médicaux pose le problème du risque de transmission nosocomiale de l’agent de la MCJv. L’inactivation du pouvoir infectieux des protéines prions est efficacement réalisée par immersion du matériel dans une solution d’hydroxyde de sodium 1 N ou d’hypochlorite de sodium à 2 % de chlore actif pendant 1 h, suivie par un autoclavage en chaleur humide à 134 °C pendant 18 mn. Cette méthode est cependant inutilisable pour certains matériels contenant des matières plastiques ou du caoutchouc et des composants électroniques, tels que les endoscopes et les laparoscopes. La procédure actuellement recommandée pour la désinfection des endoscopes utilise l’acide peracétique à 55 °C pendant 12 mn qui, contrairement au glutaraldéhyde, ne fixe pas les protéines sur les matériaux.

Pour tester l’efficacité de nouvelles méthodes de désinfection sur l’agent de la MCJv, l’équipe de J.‐P. Deslys, en collaboration avec un partenaire industriel, a utilisé un modèle animal et observé le délai d’apparition de l’encéphalite après l’implantation d’une tige d’acier, artificiellement contaminée par PrPres, dans le cortex préfrontal de la région subcorticale de hamsters. Les auteurs montrent que l’utilisation de l’acide peracétique à 55 °C pendant 12 mn ne réduit que de 3,5 log la charge infectieuse dans leur modèle, confortant les résultats d’autres études. En revanche, l’immersion des tiges d’acier contaminées dans une solution alcaline (Hamo 100 Prion Inactivating Detergent, Steris) à 1,6 % à 43 °C pendant 15 mn, dans un désinfectant phénolique (Environ LpH et LpHse, Steris) à 5 % pendant 12 mn ou dans une solution enzymatique (Klenzyme, Steris) à 0,8 % à 43 °C pendant 5 mn associée à du peroxyde d’hydrogène vaporisé (VHP, 1,5 mg\L) à 25 °C pendant 3 h, réduit d’au moins 5,6 log la quantité de PrPres, ce qui rend ces trois procédures au moins aussi efficaces que l’autoclavage en chaleur humide à 134 °C pendant 18 mn L’utilisation de VHP seul réduit d’environ 4,5 log la charge infectieuse de PrPres. Cette réduction s’accompagne de la disparition de la protéine PrPres en western‐blot après traitement par la protéinase K.

L’évaluation et l’application de nouvelles méthodes de décontamination sont nécessaires pour diminuer les risques nosocomiaux théoriques liés à la réutilisation de dispositifs médicaux, d’autant que les méthodes actuellement recommandées pour l’élimination des protéines prions sont soit inapplicables (autoclavage), soit peu efficaces (acide peracétique). D’après cette étude, l’utilisation du VHP, seul ou associé à une solution désinfectante, est particulièrement intéressante puisque ce gaz n’est pas corrosif et peut ainsi être utilisé pour la décontamination des surfaces fragiles ou inaccessibles d’instruments médicaux complexes, tels que les endoscopes. Néanmoins, ces résultats ont été obtenus dans un modèle expérimental assez simplifié et sur un nombre limité d’expériences. D’autres travaux sont nécessaires pour conforter ces données encourageantes et bouleverser les bonnes pratiques de désinfection des dispositifs médicaux codifiés en France dans la circulaire du 14 mars 2001.

Référence

1 . Fichet G, Comoy E, Duval C, et al. Novel methods for disinfection of prion‐contaminated medical devices. Lancet 2004 ; 364 : 521‐6.


 

 

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