Home > Journals > Biology and research > Virologie > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Biology and research
Virologie
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version

SV40, devenu un virus endémique humain, est‐il à l‘origine de cancers ¿


Virologie. Volume 7, Number 2, 83-6, Mars 2003, Éditorial



Author(s) : P. Clertant, F. Cuzin, Unité 470 de l‘Inserm, Université de Nice, 06108 Nice Cedex 2 .

ARTICLE

Auteur(s) : P. Clertant*, F. Cuzin*

* Unité 470 de l'Inserm, Université de Nice, 06108 Nice Cedex 2

Il était classiquement admis que le virus SV40, bien connu pour transformer in vitro les fibroblastes murins et pour induire des tumeurs quand on l'injecte à des rongeurs nouveau-nés, n'avait pas d'implication notable dans l'apparition de cancers chez l'homme [1]. Cela pour plusieurs raisons. D'abord, le SV40 était considéré comme spécifique du singe. Il se multiplie de façon lytique dans des cultures cellulaires de Singe vert mais, in vitro, les cellules humaines se sont toujours révélées (sauf exception, comme nous le verrons) non-permissives ou, au mieux, « semi-permissives » à son infection (c'est-à-dire qu'une cellule sur 100 ou sur 1 000 est infectée de façon notable). Ensuite, parce que l'expression de l'antigène grand T, l'oncogène viral qui suffit à transformer en cellules tumorigènes les fibroblastes embryonnaires de rongeurs, et en particulier à les immortaliser en culture, s'est révélée incapable de permettre aux cellules humaines normales de surmonter l'étape de sénescence qui survient au bout d'un nombre limité de générations cellulaires in vitro. De plus, une « expérience » involontaire effectuée sur un échantillon considérable de la population des États-Unis semblait décisive. De 1955 à 1963, près de 100 millions d'Américains ont été vaccinés contre la poliomyélite avec le vaccin vivant atténué Sabin, préparé sur des cultures cellulaires de macaque rhésus. Ignoré dans un premier temps en raison de l'absence d'effet cytopathique dans ces cultures, le SV40 fut identifié comme un contaminant de ces préparations vaccinales au début des années 1960. Celles-ci se révélaient en effet capables d'infecter et de lyser des cellules de rein d'une autre espèce de primate, le singe vert. Explication retenue : le macaque étant « peu permissif » du SV40, les cellules de cette espèce étaient infectées de façon « latente » – des termes à définir plus précisément (cf. infra). Le SV40 était présent dans tous les lots de vaccin Sabin, à des titres variables, mais souvent très élevés, et leur emploi fut arrêté en 1963. Durant les 35 ans qui ont suivi, les relevés épidémiologiques effectués aux États-Unis n'ont cependant jamais révélé d'incidence notable de cette vaccination sur la fréquence d'apparition de la plupart des cancers par comparaison avec des populations témoins [2]. Enfin, les analyses de tumeurs humaines variées, effectuées dans de nombreux laboratoires pour y détecter l'intégration de génomes viraux dans l'ADN tumoral, se révélaient régulièrement négatives.
Ces considérations valaient pour d'autres polyomavirus, JCV et BKV, très proches du SV40, également oncogènes chez l'animal et connus de longue date pour infecter la population humaine de façon ubiquiste (trois quarts de séropositivité). Ces virus persistent de façon latente chez les individus infectés. On peut en particulier les détecter dans les urines de patients immunodéficients, sans doute à partir de foyers infectieux rénaux, mais sans atteinte visible. La seule pathologie connue pour être associée à l'infection par l'un de ces virus (JCV) est une affection neurologique rare, la leuco-encéphalopathie multifocale progressive (LEMP). Les quelques rapports sur la présence d'ADN-JCV dans des tumeurs du système nerveux étaient, jusqu'à très récemment, sujets à controverse.
Un certain nombre d'observations effectuées depuis l'avènement des techniques d'amplification génique (PCR) et de séquençage moléculaire, élargissant et précisant les études épidémiologiques, suggèrent maintenant le contraire. Ces virus, y compris le SV40, se propageraient de façon endémique dans la population humaine par des voies encore inconnues et pourraient être impliqués dans l'étiologie de certaines tumeurs. Un premier point sur ces questions a fait l'objet d'une conférence de consensus tenue en avril 2001 à Chicago [3]. On peut résumer brièvement ses conclusions : dans un cas au moins, celui du mésothéliome pleural, cancer qui est classiquement associé à l'amiante, le SV40 apparaît comme l'un des agents à l'origine du développement de la tumeur. Par ailleurs, de façon statistiquement convaincante, on a trouvé le génome viral dans aux moins trois autres types de tumeurs humaines : ostéosarcomes, tumeurs du cerveau et, plus récemment, lymphomes non hodgkiniens [4, 5]. On l'a en particulier détecté chez des patients nés longtemps après 1963, qui n'ont donc jamais été en contact avec le vaccin Sabin [4], et il y est souvent présent sous une forme « archétypale », moins évoluée que le virus prototype qui est un variant de laboratoire sélectionné au cours des multiples passages sur les cultures cellulaires de macaque rhésus.

Les quatre types de tumeurs humaines dans lesquelles on retrouve le SV40 sont précisément celles qui sont induites chez le hamster par inoculation néonatale du virus [6]. La détection de séquences virales dans ces types de tumeurs humaines, qui a été pendant plusieurs années un sujet de controverse, ne semble plus faire de doute aujourd'hui, en particulier grâce à l'emploi d'amorces discriminantes, permettant d'amplifier et de séquencer des zones du génome viral bien distinctes des régions homologues des virus humains JCV et BKV. Le cas le mieux documenté à ce jour, celui du mésothéliome pleural [3], satisfait à presque tous les critères de Koch pour identifier un agent infectieux. L'origine du virus semble bien être la vaccination Sabin, car aux États-Unis, l'ADN viral est détecté dans près de 50 % des mésothéliomes, mais il est absent de ceux étudiés en Turquie ou en Finlande. D'ailleurs la fréquence des mésothéliomes aux États-Unis a très nettement progressé depuis les années 1950, où il était quasi-inexistant. L'étude par PCR in situ de biopsies [7] a démontré que la présence du génome viral se limitait à la seule zone tumorale et qu'il était absent des tissus sains environnants. Par ailleurs, on sait que, dans les cellules tumorales, l'antigène T du virus est exprimé et qu'il y exerce sans aucun doute ses fonctions oncogènes, car il lie et vraisemblablement inactive les suppresseurs de tumeurs p53 et pRb [8, 9]. Un rôle déterminant de l'oncogène viral dans l'oncogenèse pleurale est suggéré par une expérience démonstrative, bien que limitée à un modèle cellulaire en culture. L'expression d'un ARN anti-sens qui abolit l'expression de l'oncogène viral arrête la prolifération de cellules établies à partir d'un mésothéliome pleural et une partie d'entre elles entre en apoptose. Ce résultat est celui attendu d'une restauration des fonctions de p53 et pRb [10].

L'infection par SV40 des cellules mésothéliales normales humaines est par ailleurs différente de ce qui se passe avec des fibroblastes de la même origine. Par rapport à ceux-ci, les cellules mésothéliales sont transformées in vitro par le virus avec une efficacité 100 fois plus forte [11]. Il est à noter que l'amiante, autre agent causal bien connu des cancers de la plèvre, sert de cofacteur lors de la transformation par des mutants viraux défectifs, qui en son absence, seraient non transformants. Cette hypersensibilité de la cellule mésothéliale s'explique par un état infecté particulier. Classiquement, l'infection de la plupart des cellules humaines en culture, les fibroblastes en particulier, est peu efficace. Quelle que soit la dose de virus administrée, un très faible pourcentage des cellules manifeste des signes d'infection, d'abord en exprimant les protéines précoces du virus, puis en répliquant activement le génome viral, induisant un effet cytopathique bien visible après quelques jours, manifesté par la vacuolisation, la lyse des cellules infectées et la production de particules virales, ce qui définit l'état dit « semi-permissif » des cellules humaines. Les cellules de singe vert, dites « permissives », sont en totalité infectées, puis lysées, avec une production massive de virus au bout de quelques jours. Il existe en fait un troisième type d'infection, qui se caractérise par un état porteur (carrier state) des cellules infectées, du type de celui mis en évidence à l'origine dans les cellules de singe rhésus. C'est en particulier le cas des cellules normales du mésothélium pleural humain [11, 12]. En culture, la quasi-totalité d'entre elles exprime un haut niveau de protéines virales (antigène T). La réplication de l'ADN viral est cependant très limitée et, sur le long terme, les cultures produisent de manière continue des doses faibles de virus infectieux. Autrement dit, le SV40 pourrait persister de manière latente chez l'homme (comme les virus JCV et BKV) et l'un des organes candidats à cet état porteur serait la plèvre. Ce point fondamental reste néanmoins à vérifier, car nos données se limitent actuellement à l'étude de l'infection in vitro de cellules mésothéliales normales humaines. Cependant, dans ces cellules, le SV40 produit toute une série d'effets qu'on peut relier à l'émergence ultérieure de l'état tumoral. Outre les dérégulations du cycle cellulaire et de l'entrée en apotose, via l'inactivation des voies p53 et Rb, l'infection déclenche l'expression de la télomérase, nécessaire à l'immortalisation des cellules tumorales [13]. Par ailleurs, elle induit à long terme une méthylation progressive au niveau du promoteur d'un gène suppresseur de tumeur, RSSF1A, de façon à éteindre son expression au bout d'environ 50 passages en culture des cellules infectées [14], ce qui peut rendre compte du long délai nécessaire à l'émergence du phénotype tumoral. Enfin, l'infection induit la production d'au moins un facteur de croissance [12]. Les cellules provenant d'effusions pleurales de patients atteints de mésothéliomes prolifèrent de manière active. Elles produisent antigène T et particules virales infectieuses et induisent en co-culture des changements morphologiques sur des cellules non infectées, grâce à un signal transduit via le récepteur de l'hepatocyte growth factor, le proto-oncogène Met. En d'autres termes, l'infection par SV40 des cellules pleurales y induit une boucle autocrine mettant en jeu HGF et Met, qui paraît résulter de l'inactivation par l'antigène T du suppresseur de tumeur Rb. Un effet paracrine intervient-il pour modifier aussi le comportement des cellules non infectées ? Les données expérimentales et cliniques ne permettent pas de le savoir pour l'instant, mais des expériences de co-culture entre cellules pleurales infectées et cellules de souris non permissives le suggèrent.

Ces résultats amènent deux questions. Peut-on mettre au point une thérapie antitumorale grâce à un vaccin anti-SV40 ? c'est sans doute une stratégie à envisager pour prévenir certains types spécifiques de cancer, en particulier le mésothéliome. Néanmoins, rappelons que les anticorps neutralisants présents dans le sérum des rongeurs inoculés par les virus polyome ou SV40 et porteurs de tumeurs viro-induites n'empêchent aucunement le développement de celles-ci. Il faudra donc que le vaccin en question permette de « monter » une réponse cytotoxique efficace, auquel cas des expériences déjà anciennes effectuées sur un modèle animal avec un virus apparenté suggèrent un emploi possible de telles vaccinations, même à titre curatif [15]. Cependant, les épitopes devront être définis soigneusement pour couvrir toute la gamme des variants viraux déjà identifiés et éviter les réactions croisées avec les endémiques JCV et BKV.

La deuxième question, plus inquiétante, concerne l'origine du virus présent désormais dans la population humaine et son mode de propagation. A-t-il été introduit par la vaccination ? La comparaison des différentes séquences virales détectées aujourd'hui avec celles des contaminants du vaccin Sabin permet de le penser. Cependant, on doit désormais s'interroger sur la présence du virus chez des individus trop jeunes pour avoir été en contact avec le vaccin en question. Et, de façon plus générale, il est nécessaire de s'intéresser à la propagation et à la transmission du virus à l'intérieur des populations de divers pays (et bien sûr en premier lieu les États-Unis). La prévalence des anticorps dirigés contre les antigènes de SV40 est de plus de 10 % chez les individus témoins sains étudiés aux États-Unis (plus de 5 % chez les enfants de moins de 12 ans), un taux qui double en cas d'immunosuppression [16, 17]. Cela suggère une large dissémination virale dans la population. La comparaison avec le comportement des polyomavirus endémiques de l'homme, JC et BK, peut bien sûr nous fournir des renseignements sur les modes de transmission possibles au sein de la population humaine. Même pour ceux-ci malheureusement, rien de précis n'est vraiment connu, à part des données épidémiologiques qui semblent indiquer une transmission précoce du virus au sein de la sphère familiale ou par la voie materno-fœtale [18]. On sait par ailleurs que ces deux virus ont des tropismes particuliers, pour le tissu nerveux (JCV) et le rein (BKV, JCV), dictés par leur contrôle transcriptionnel. Ce n'est pas le cas du SV40, beaucoup plus ubiquiste, et cela peut limiter la validité des comparaisons. En tout état de cause, il convient donc de « revisiter » en détail l'épidémiologie de ces trois virus (si tant est qu'elle ait été « visitée »...) et les caractéristiques de leurs infections chez l'homme. Comment s'effectue la primo-infection ? Quels sont les tissus cibles ? Existe-il des organes ou tissus réservoirs où l'infection se maintiendrait de façon latente, comme cela semble être le cas de la muqueuse du côlon pour le virus JCV [19] ? En d'autres termes, à quoi correspond l'état latent du virus, et comment se produit sa réactivation au niveau des tumeurs ? Enfin, ce que l'on apprend actuellement sur la biologie du mésothéliome peut-il être étendu aux autres types de tumeurs liés au SV40 ? Sur ce dernier point, on peut craindre que non, car, depuis peu, un cancer associé au virus JC, le médulloblastome, est également connu et, dans ce dernier cas, l'expression d'une protéine virale distincte de l'antigène T, l'agnoprotéine, retrouvée dans plus de 50 % des tumeurs et absente du tissu sain environnant, pourrait être déterminante dans l'oncogenèse [20, 21].

Références

1. DNA tumor viruses. Tooze J. Ed., Cold Spring Harbor Lab. Press, Cold Spring Harbor NY. 1980.

2. Strickler HD, Rosenberg PS, Devesa SS, Hertel J, Fraumeni JF, Goedert JJ. Contamination of polioviruses vaccines with simian virus 40 (1955-1963) and subsequent cancer rates. JAMA 1998 ; 279 : 292-5.

3. Klein G, Powers A, Croce C. Association of SV40 with human tumors. Oncogene 2002 ; 21 : 1141-9.

4. Vilchez R, Madden CR, Kosinetz CA, et al. Association between simian virus 40 and non Hodgkin lymphoma. Lancet 2002 ; 359 : 817-23.

5. Shivapurka N, Harada K, Reddy J, et al. Presence of simian virus 40 DNA sequences in human lymphomas. Lancet 2002 ; 359 : 851-2.

6. Carbone M, Stach R, Di Resta I, Pass HI, Rizzo P. Simian vius 40 oncogenesis in hamsters. Dev Biol Stand 1998 ; 94 : 27-9.

7. Ramael M, Nagels J, Heylen H, et al. Detection of SV40-like viral DNA and viral antigens in malignant pleural mesothelioma. Eur Respir J 1999 ; 14 : 1381-6.

8. Carbone M, Rizzo P, Grimley PM, et al. Simian virus-40 large-T antigen binds p53 in human mesotheliomas. Nature Med 1997 ; 3 : 908-12.

9. De Luca A, Baldi A, Esposito CM, et al.. The retinoblastoma gene family pRb/p105, p107, pRb2/p130 and simian virus-40 large T-antigen in human mesotheliomas. Nature Med 1997 ; 3 : 913-16.

10. Waheed I, Gu ZS, Chen GA, Weiser TS, Nguyen DM, Schrump DS. Antisense to SV40 early gene region induces growth arrest and apoptosis in T-antigen-positive human pleural mesothelioma cells. Cancer Res 1999 ; 59 : 6068-73.

11. Bocchetta M, Di Resto I, Powers A, et al. Human mesothelial cells are unusually susceptible to simian virus 40-mediated transformation and asbestos carcinogenicity. Proc Natl Acad Sci USA 2000 ; 97 : 1214-9.

12. Cacciotti P, Liberer R, Betta P, et al. SV40 replication in human mesothelial cells induces HGF/Met receptor activation : a model for viral-related carcinogenesis of human malignant mesothelioma. Proc Natl Acad Sci USA 2001 ; 98 : 12032-7.

13. Foddis R, DeRienzo A, Broccoli D, et al. SV40 infection induces telomerase activity in human mesothelial cells. Oncogene 2002 ; 21 : 1434-42.

14. Toyooka S, Carbone M, Toyooka KO, et al. Progressive aberrant methylation of the RASSF1A gene in simian virus 40 infected mesothelial cells. Oncogene 2002 ; 21 : 4340-4.

15. Lathe R, Kieny MP, Lecoq JP, et al. Tumor prevention and rejection by recombinant vaccinia. Nature 1987 ; 326 : 878-80.

16. Jafar S, Rodriguez-Barradas M, Graham DY, Butel JS. Serological evidence of SV40 infections in HIV-infected and HIV-negative adults. J Med Virol 1998 ; 54 : 276-84 ;

17. Butel JS, Jafar S, Wong C, Arrington S, Opekun AR, Finegold. MJ. Evidence of SV40 infections in hospitalized children. Hum Pathol 1999 ; 30 : 1496-502.

18. Suzuki M, Zheng HY, Takasaka T, et al. Asian genotypes of JC virus in Japanese-Americans suggest familial transmission. J Virol 2002 ; 76 : 1004-8.

19. Laghi L, Randolph AE, Chauhan DP, et al. JC virus is present in the mucosa of the human colon and in colorectal cancers. Proc Natl Acad Sci USA 1999 ; 96 : 7484-9

20. Del Valle L, Gordon J, Enam S, et al. Expression of human neurotropic polyomavirus JCV late gene product agnoprotein in human medulloblastoma. J Natl Cancer Inst 2002 ; 94 : 267-73

21. Darbinyan A, Darbinyan N, Safak M, et al. Evidence for dysregulation of cell cycle by human polyomavirus JCV late auxiliary protein. Oncogene 2002 ; 21 : 5574-81.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]