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Après l'entrée dans la cellule, la première étape
de la multiplication des virus à ARN négatif est la synthèse
d'ARN messagers. Puisque la cellule hôte ne produit pas d'ARN polymérase
ARN dépendante, tous les virus de ce groupe possèdent leur
propre polymérase associée à leur génome.
Pour une réplication optimale, le génome de ces virus ne
doit pas comporter de structures secondaires susceptibles de stopper l'activité
de l'ARN polymérase. En recouvrant entièrement l'ARN viral,
la nucléoprotéine, liée aux phosphates, expose les
bases des nucléotides vers le solvant et permet ainsi un meilleur
accès de la polymérase.
Les clichés de microscopie électronique
montrent des nucléocapsides purifiées (vRNA + nucléoprotéine)
du virus de la grippe, du virus de la rage et du virus Sendaï, représentant
respectivement trois différentes familles de virus à ARN
négatif : les Orthomyxovirus, les Rhabdovirus et
les Paramyxovirus. Les nucléoprotéines de ces virus
ont approximativement la même taille (55 kDa), mais n'ont pas de
similarité de séquence. Au sein de la nucléocapside,
le rapport (ARN/protéine) est très différent entre
ces virus : environ 20-25 nucléotides (nt) par monomère
de nucléoprotéine pour le virus de la grippe contre 9 nt
pour le virus de la rage et 6 nt pour le virus Sendaï. Il est clair
que la morphologie de ces trois complexes est différente.
Les nucléocapsides du virus de la grippe
sont circulaires car la polymérase maintient ensemble les extrémités
3' et 5' du génome viral (photo de droite) mais forment des structures
super-enroulées plus rigides dans des conditions physiologiques
(photo de gauche).
Les nucléocapsides du virus rabique et
du virus Sendaï sont linéaires avec des extrémités
libres et ont une structure hélicoïdale. Les nucléocapsides
du virus Sendaï présentent deux conformations différentes
: l'une a un enroulement serré et régulier tandis que l'autre
est constituée de petites structures compactes connectées
par des régions moins serrées.
Pour ces trois groupes de virus, il est possible
que les variations d'enroulement des nucléocapsides soient liées
à leur activité transcriptionnelle.
Nous remercions Yves Gaudin (CNRS, Gif-sur-Yvette) et Joseph Curran
(Université de Genève) pour nous avoir fourni respectivement
du virus rabique et des nucléocapsides de virus Sendaï.
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