ARTICLE
La
répétition annuelle de la vaccination antigrippale des personnes
à risque contribue à donner des virus grippaux une image de
virus « changeants » dont on attend chaque année le ou
les nouveaux variants nouvellement inclus dans la composition vaccinale,
car susceptibles de causer l'épidémie annuelle à venir.
La variabilité des virus grippaux ainsi que l'intensité, parfois
explosive de certaines des épidémies dont ils sont responsables,
sont les deux principaux caractères qui concourent au portrait de
la grippe et de ses virus. Les virus grippaux sont en effet capables de
considérables variations génétiques selon trois mécanismes
: 1) les mutations ponctuelles qui, lorsqu'elles affectent un site antigénique
aboutissent au glissement antigénique, 2) les réassortiments
génétiques lors de co-infections (encapsidation d'un mélange
de segments d'ARN issus de l'un et l'autre de deux virus parentaux, générant
un virus nouveau dont le génome est hybride), rendus possibles par
le caractère segmenté du génome viral, et, enfin, 3)
la recombinaison proprement dite (échange de fragments d'ARN entre
deux segments nécessitant au moins un crossing over), ce dernier
mécanisme étant certainement beaucoup moins important pour
l'évolution des virus grippaux que les deux autres (non évoqué
dans la suite de cette revue). Chez l'homme, la grippe, virose bénigne
et grave, connue et sous-estimée, est une maladie pleine de paradoxes.
L'écologie et l'évolution des virus grippaux révèlent
aussi nombre de paradoxes.
Les virus grippaux sont des virus enveloppés dont le génome
constitué d'ARN de polarité négative est segmenté
en sept ou huit fragments (pour les virus de grippe A : trois segments
génomiques codant les protéines du complexe réplicase-transcriptase
: PB2, PB1 et PA, le quatrième code l'hémagglutinine HA,
le cinquième la nucléoprotéine ou NP, le sixième
la neuraminidase ou NA, le septième M code la protéine de
matrice M1 et la protéine du canal à ions M2 et enfin le
huitième, NS, code les protéines NS1 et NS2). Les virus
grippaux appartiennent à la famille des Orthomyxoviridae.
Il en existe trois genres ou types : Influenzavirus A, B
et C. Selon la nature des deux glycoprotéines de surface
que sont l'hémagglutinine (HA ou H) et la neuraminidase (NA ou
N), le type A est divisé en sous-types sérologiques. Les
caractéristiques d'évolution sont très variables
selon les types viraux et seules seront traitées ici celles des
virus de grippe A.
Large spectre d'espèces hôtes pour
une multitude de sous-types de virus de grippe
A
Les virus de grippe A infectent plusieurs espèces de mammifères
dont certaines sont terrestres, comme le cheval et le porc, et d'autres
sont marines comme les baleines et les dauphins parmi les cétacés,
et les phoques parmi les pinnipèdes. Cependant, les virus grippaux
sont avant tout des virus aviaires et c'est chez les oiseaux, notamment
les oiseaux aquatiques sauvages, que l'on observe le plus grand nombre
de sous-types de virus de grippe A (tableau
1). Alors que, chez l'homme, n'ont circulé que des virus
portant à leur surface les HA des « espèces moléculaires
» H1, H2 et H3 (et ponctuellement seulement H5 [1-3] et H9 [4]),
des virus portant les HA H1 à H15 circulent chez les oiseaux. Quatorze
de ces 15 espèces moléculaires d'HA ont été
isolées chez les canards sauvages, la H13 n'ayant été
détectée (à une exception près [5]) que chez
les oiseaux marins (pour revue [6, 7]). De même, les NA de virus
humains n'appartiennent qu'aux types N1 et N2 alors que celles des virus
aviaires appartiennent aux types N1 à N9. Les oiseaux constituent
un véritable réservoir de virus de grippe A dont la diversité
s'accroît à chaque découverte d'une nouvelle espèce
moléculaire d'HA ou de NA. Il apparaît cependant que la liste
de ces espèces moléculaires est presque achevée si
l'on tient compte de la faible fréquence, voire de l'absence actuelle
de découverte de nouvelles espèces moléculaires.
Récemment, au cours d'une étude destinée à
estimer la prévalence des virus de grippe A chez les oiseaux migrateurs
(canards, oies et oiseaux marins côtiers) sur une période
de deux ans en Europe du Nord, une équipe hollandaise a identifié
un virus grippal aviaire dont l'hémagglutinine est génétiquement
(plus de 30 % de différence au niveau de la séquence) et
antigéniquement différente de celles répertoriées
jusque-là. Les discussions sont fournies pour déterminer
s'il s'agit ou non d'une seizième espèce moléculaire
d'hémagglutinine (H16 ?) [8].
En règle générale, les oiseaux aquatiques sauvages
sont infectés dans la partie distale de leur tube digestif, ce
qui explique la présence de virus grippal dans le cloaque et dans
les fèces. L'infection est très généralement
asymptomatique. Le mécanisme de maintien de ces virus dans les
populations aviaires n'est pas clairement déterminé. Cinq
hypothèses sont actuellement avancées : selon la première,
la circulation des virus grippaux serait continue au sein des espèces
d'oiseaux aquatiques sauvages ; selon la deuxième, les virus circuleraient
d'espèces d'oiseaux infectés plutôt au printemps à
d'autres espèces d'oiseaux plutôt infectées en automne
; selon la troisième, il y aurait persistance des virus grippaux
dans l'eau où barbotent les oiseaux infectés ou dans la
glace qui se forme à partir de celle-ci dans certaines régions
du globe ; selon la quatrième, il y aurait persistance des virus
grippaux chez leur hôte pendant de longues périodes et, enfin,
selon la cinquième, il y aurait circulation continue de virus grippaux
dans les régions tropicales et subtropicales (pour revue [9]).
Migrations des oiseaux aquatiques sauvages et
circulation virale entre individus et entre espèces
aviaires
Des virus grippaux ont été isolés d'oiseaux aussi
bien en Asie (Chine), en Océanie (Australie) qu'en Europe (en France
notamment [10]) et en Amérique du Nord. La classe des oiseaux comprend
une cinquantaine d'ordres ; des virus grippaux ont été isolés
d'une douzaine d'entre eux dont les plus fréquemment impliqués
sont présentés dans le tableau
1. Les ensembles de gènes de virus grippaux, y compris
ceux qui codent les glycoprotéines de surface HA et NA, varient
en fonction des espèces aviaires hôtes. Les ordres qui regroupent
des espèces d'oiseaux aquatiques sauvages comme les ansériformes
(canards et oies), les pélécaniformes (cormorans) ou les
procellariiformes (albatros, puffins, pétrels) sont particulièrement
importants en termes de fréquence d'infection, mais également
en termes de pouvoir de dissémination géographique car,
parmi ces derniers, certains peuvent migrer sur de très grandes
distances, allant d'un hémisphère à l'autre. Après
nidification, les espèces migratrices commencent leur déplacement
au cours duquel elles font des pauses. Ces pauses entraînent la
rencontre de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs. Pour une
même espèce, le passage par des points de repos communs favorise
la concentration au même endroit d'oiseaux venant de lieux de nidification
très variés. Au début de la migration, une proportion
importante des oiseaux est constituée de jeunes qui migrent pour
la première fois. Ces jeunes sont immunologiquement plus «
naïfs » que leurs parents et représentent une population
particulièrement sensible à l'infection par les virus grippaux.
La transmission entre différents individus d'une même espèce
venant de patries différentes ou de différentes espèces
est donc facilitée. De plus, l'utilisation de points d'eau douce
ou saumâtre, de volume limité, favorise la présence
dans l'eau de virus de sous-types différents en fonction des virus
éliminés dans les excrétats des oiseaux infectés.
Pour les oiseaux d'une espèce donnée, l'arrêt temporaire
d'individus migrateurs, dans des zones particulières comme la baie
de la Somme en France, permet la rencontre entre ces derniers et des colonies
sédentaires de la même espèce.
Malgré la grande variété d'itinéraires,
il existe des routes majeures de migration des oiseaux. Plusieurs de ces
routes passent par exemple par l'Europe et par la Chine. Bien que certains
sous-types de virus prédominent globalement chez les canards sauvages
d'une voie de migration déterminée, il existe des variations
dans la nature du sous-type prédominant en fonction des voies de
migration et de l'année [11]. De nombreux facteurs interviennent
dans le déroulement des migrations mais les éléments
climatiques sont prépondérants.
Les migrations provoquent non seulement des « rassemblements cosmopolites
» d'espèces très variées d'oiseaux sauvages
migrateurs, mais également des contacts entre des animaux sauvages
sédentaires ou domestiques et ces oiseaux sauvages migrateurs.
Ainsi, les volailles domestiques apparaissent certainement comme des intermédiaires
entre les oiseaux aquatiques migrateurs sauvages et les autres animaux
domestiques comme les porcs [12], pour les transmissions interspécifiques
de virus grippaux.
Transmissions interspécifiques et réassortiments
Le porc : « territoire » de réassortiments
Il a été démontré que le porc peut être
infecté directement par des virus aviaires de façon expérimentale
[13] ou de façon naturelle [14]. La contamination de l'homme par
des virus aviaires avec apparition d'un syndrome grippal est possible,
même si elle n'a que très rarement pu être démontrée,
l'exemple le plus documenté étant l'épisode dit de
la « grippe du poulet » qui s'est déroulé à
Hong Kong en 1997. L'hypothèse la plus couramment admise à
l'heure actuelle place toujours l'espèce porcine au cur des
événements qui conduisent à l'émergence de
nouveaux virus humains [15, 16]. Les porcs semblent pouvoir être
naturellement infectés de manière directe par des virus
aviaires représentant la plupart sinon toutes les espèces
moléculaires d'HA et qui sont capables de se répliquer chez
le porc [17]. L'isolement récent de virus aviaires H4N6 à
partir de porcs souffrant de pneumonie au Canada (octobre 1999) atteste
que le porc peut, dans des conditions naturelles, être infecté
par des virus aviaires suite à une transmission directe sans réassortiment
(transmissions in toto) [18]. Un mécanisme moléculaire
a été proposé pour expliquer la sensibilité
du porc aux virus d'origine aviaire. Les récepteurs viraux, qui
sont des sialoglycoconjugués et qui sont présents à
la surface des cellules trachéales porcines, possèdent à
la fois des acides N-acétylneuraminiques terminaux liés
par des liaisons glycosidiques en alpha2,3 à du galactose (NeuAc
alpha2,3Gal) et des NeuAc alpha2,6Gal [19]. Les virus humains se lient
préférentiellement aux NeuAc alpha2,6Gal, prépondérants
à la surface des cellules humaines, alors que les virus aviaires
se lient plutôt aux NeuAc alpha2,3Gal, largement majoritaires à
la surface des cellules aviaires [20]. Ainsi, pourvues des deux types
de « récepteurs », les cellules trachéales porcines
sont susceptibles d'être infectées par des virus d'origine
humaine tout comme par des virus d'origine aviaire. Cependant, la transmission
directe de virus aviaire à l'homme dans le cas de l'épisode
dit de la « grippe du poulet » qui s'est déroulé
à Hong Kong en 1997 (voir ci-après) suggère que d'autres
facteurs sont probablement nécessaires à la transmission
interspécifique des virus grippaux [21-23]. La nature des virus
grippaux qui circulent dans l'espèce porcine indique que des réassortiments
se produisent chez cet animal à une fréquence non négligeable.
Il circule actuellement trois sous-types principaux de virus chez le porc
dans le monde : H1N1, H3N2 et H1N2 (tableau
2). En Asie, en Amérique et en Europe surtout, c'est le
sous-type H1N1 qui est le plus couramment isolé. Les virus H1N1
qui circulent en Asie et en Amérique du Nord sont des virus porcins
classiques, c'est-à-dire qu'ils sont génétiquement
apparentés aux virus H1N1 humains issus du virus responsable de
la pandémie de grippe espagnole du début du xxe
siècle [24-26]. En revanche, les huit segments génomiques
des virus H1N1 qui circulent chez les porcs en Europe sont phylogénétiquement
apparentés aux lignages aviaires [25]. Les virus de sous-type H3N2
circulent principalement en Europe et en Asie et apparemment beaucoup
moins en Amérique du Nord [27-29]. Les virus A(H3N2) porcins appartiennent
pour l'ensemble de leurs gènes aux lignages de virus humains. Le
sous-type H1N2, identifié pour la première fois au Japon
et en France d'une part et en Grande-Bretagne d'autre part [30, 31], résulte
respectivement du réassortiment de virus porcins de type aviaire
et de virus A(H3N2) porcins ou de réassortiments multiples (virus
de type aviaire, virus de type humain portant H1 et virus porcins dérivant
de virus humains portant N2). Il avait été montré
que les virus H3N2 participent à des événements de
réassortiments, il y a quelques années déjà,
par la circulation chez des porcs en Italie, entre 1985 et 1989, de virus
hybrides dont les antigènes de surface H3 et N2 étaient
codés par des gènes issus de virus humains A(H3N2) et dont
les autres protéines étaient codées par des gènes
provenant de virus aviaires A(H1N1) [32]. Récemment des virus A(H3N2)
isolés chez le porc aux États-Unis ont également
été caractérisés comme des réassortants.
En effet, une souche H3N2 isolée en Caroline du Nord était
constituée à la fois de gènes de virus humains (HA,
NA, et PB1) et de gènes de virus porcins classiques (NS, NP, M,
PB2, et PA). D'autres souches H3N2 isolées dans le Minnesota, l'Iowa
et au Texas résultent de multiples réassortiments puisqu'elles
sont constituées : de gènes issus de virus humains (HA,
NA et PB1), de gènes de virus porcins classiques (NS, NP et M)
et, enfin, de gènes appartenant aux lignages aviaires (PB2 et PA)
[33].
Le porc cumule assez de caractéristiques pour qu'il demeure encore
aujourd'hui un candidat sérieux au rôle de creuset de mélange
et de maillon entre les oiseaux et l'homme. Comme l'illustre la figure
1, c'est ainsi grâce au porc que serait apparu, quelque
temps avant 1957, le sous-type H2N2 par remplacement de trois segments
génomiques du virus A(H1N1) en circulation chez l'homme par trois
segments (PB1, HA et NA) de virus d'oiseaux aquatiques sauvages de sous-type
A(H2N2). Le sous-type A(H3N2) serait apparu quelque temps avant 1968 en
Asie par remplacement des molécules PB1 et H2 du virus humain A(H2N2)
apparu en 1957 par les molécules PB1 et H3 qui proviennent, selon
une étude phylogénétique, d'un virus de canards sauvages
[34].
Le cheval : une cible possible de virus aviaires
La transmission de virus d'oiseaux vers d'autres espèces que
le porc et l'homme est possible. Ainsi, l'épizootie de grippe chez
le cheval de 1989, en Chine, a été provoquée par
le passage d'un virus du même sous-type que les virus en circulation
chez les équidés à cette époque, mais phylogénétiquement
et antigéniquement distinct. Ces virus dont la souche prototype
est A/Equi/Jilin/89(H3N8) n'ont pas subi de réassortiment et sont
passés directement (avec les huit gènes) de l'oiseau au
cheval [35].
Le poulet : un hôte aviaire à part
Pour autant, le rôle de creuset de mélange n'est sans doute
pas exclusif au porc et pourrait être partagé par diverses
espèces animales, et tout particulièrement les poulets.
En 1997, dix-huit cas humains virologiquement confirmés d'infections
à virus A(H5N1) à Hong Kong ont souligné la possibilité
de passage de manière directe de virus aviaires du poulet à
l'homme. Le taux de létalité chez l'homme a été
particulièrement élevé puisqu'un tiers des malades
sont morts. Ces cas humains ont été contemporains d'une
épizootie de grippe aviaire touchant les poulets du territoire.
Lorsqu'un virus grippal est introduit chez un nouvel hôte, il subit
généralement des modifications rapides spécialement
au niveau de ses glycoprotéines de surface, et l'HA en premier
lieu. Dans le cas des virus H5N1 isolés à partir d'oiseaux
présents sur les marchés aux volailles de Hong Kong, ceci
n'a pas été le cas. En effet, à partir des séquences
nucléotidiques et protéiques déduites du fragment
77-1042 du domaine HA1 de l'HA et du fragment 46-1542 de PA, il a été
observé que la proportion de mutations ayant conduit à une
substitution en acide aminé, par rapport aux mutations silencieuses,
était environ six fois plus élevée pour le gène
PA que pour le gène HA [36]. Ces données suggèrent
que le gène HA de ces virus a été plus compatible
avec le poulet que les autres gènes. Cela impliquerait que les
virus H5N1 de Hong Kong de 1997 ont été le résultat
de réassortiments au cours desquels les virus auraient emprunté
le gène HA déjà adapté aux poulets tandis
que les sept autres gènes auraient été empruntés
à d'autres sources, probablement à des virus d'oiseaux aquatiques
sauvages (figure 2). La
proportion importante de substitutions au niveau de la NA et des gènes
internes des virus H5N1 de Hong Kong isolés en 1997, dans leur
ensemble, indique que ces virus évoluaient rapidement au moment
de cet épisode. Ces données et la circulation entre 1975
et 1985 chez les canards et les oies à Hong Kong, mais non chez
les poulets, de virus H5N1 suggèrent que le poulet soit devenu
un nouvel hôte pour eux en 1997. Ces éléments font
du poulet un hôte intermédiaire possible impliqué
dans la transmission zoonotique de la grippe [19].
L'origine des virus H5N1 de 1997 n'a pas été complètement
élucidée. D'après les données phylogénétiques,
il est possible que le gène HA provienne du virus A/Goose/Guangdong/1/96
(H5N1), hautement pathogène pour l'oie [36]. La région de
Guangdong est une province chinoise adjacente au territoire de Hong Kong
; elle lui fournit une part importante des volailles consommées.
Les sept autres gènes viraux appartiennent aux lignages aviaires
eurasiens. La forte similitude entre les six gènes internes de
la souche A/quail/Hong Kong/G1/97(H9N2) (Qa/HK/G1/97) et ceux des souches
de virus H5N1 de 1997 indique que les virus de caille H9N2 ont probablement
été les virus donneurs des gènes internes (sans que
la réciproque puisse être écartée) [37]. La
cocirculation de virus H5N1 et H9N2 rend possible les réassortiments
entre ces deux sous-types (figure
2). Des études antigéniques et génétiques
[37] ont montré que les virus H9N2 de canards domestiques s'étaient
établis chez les volailles domestiques en Asie. Les virus H9N2
isolés de volailles à Hong Kong se groupaient en trois lignages
distincts. Parmi les virus H9N2 de poulet, il semble que six des segments
étaient empruntés à des virus H9N2 isolés
auparavant en Chine chez le poulet tandis que les gènes PB1 et
PB2 présentent une proche parenté génétique
à la fois avec ceux des virus de poulet H5N1 de 1997 et avec ceux
de la souche de caille Qa/HK/G1/97. Cela suggère que, parmi les
virus de poulet H9N2 qui circulaient en 1997 à Hong Kong, une part
étaient des réassortants. Il est important de noter que,
comme dans le cas du H5N1, deux cas d'infection humaine par un virus H9N2,
survenus chez des enfants à Hong Kong en 1999, suggèrent
que les gènes internes communs entre les virus H9N2 et H5N1 portent
des déterminants de la capacité à se multiplier chez
l'homme et que l'HA de type H9 est capable de permettre l'entrée
des virions dans les cellules humaines [4].
Pour aller plus loin dans la recherche de l'origine des virus H5N1 de
Hong Kong isolés en 1997 [38], un ensemble hétérogène
de virus grippaux de sept sous-types différents a été
analysé génétiquement (figure
2). Parmi les virus étudiés, la souche A/teal/Hong
Kong/W312/97(H6N1), isolée à partir d'une sarcelle, est
constituée de six gènes internes présentant plus
de 98% de similitude avec les gènes correspondants du virus humain
A/Hong Kong/156/97(H5N1). De plus, les protéines NA des deux souches
présentent une similitude de séquence nucléotidique
de plus de 97 %. Ces NA comportent notamment toutes les deux une délétion
de 19 acides aminés dans la région de la tige. Quant à
l'HA de la souche A/teal/Hong Kong/W312/97(H6N1), elle est apparentée
à celle de la souche issue d'un autre oiseau aquatique, une espèce
de puffin (genre Puffinus) : A/shearwater/Australia/1/72(H6N5).
L'isolat A/teal/Hong Kong/W312/97(H6N1) est le premier à posséder
sept des huit gènes des virus H5N1 de Hong Kong isolés en
1997. Il n'est pas encore possible de déterminer si le virus H6N1
est le donneur de gènes excepté H5 ou s'il s'agit d'une
souche dérivée. La forte similitude de séquences
nucléotidiques des gènes internes des virus des sous-types
H9N2, H6N1 et H5N1 indique que ces sous-types, qui continuent de circuler
dans la région de Hong Kong, sont capables d'échanger leurs
gènes internes et d'être à l'origine de la constitution
d'un virus réassortant potentiellement pathogène et pandémiogène.
Mécanismes potentiellement
impliqués dans le passage d'un virus à un hôte nouveau,
soit directement, soit après réassortiment
Les événements de réassortiments génomiques
chez les virus grippaux existent donc, non seulement chez le porc, mais
aussi dans diverses espèces d'oiseaux. La panoplie de gènes
capables de passer entre les espèces et in fine chez l'homme
est sans doute assez large et un certain nombre de sous-types aviaires
a des caractères qui leur permettent des assortiments génétiques
réussis et des passages interspécifiques efficaces. Une
fois un virus grippal passé chez un hôte nouveau pour lui,
quelles sont les évolutions qu'il peut subir qui en feraient un
parasite plus adapté à ce nouvel environnement biologique
? Sur cette question, que peut-on apprendre du passé ?
À partir soit de tissus pulmonaires inclus dans la paraffine,
soit de tissus congelés dans le permafrost issus d'individus morts
de grippe espagnole, il a été possible à J.K. Taubenberger,
à A. Reid et à toute leur équipe de détecter
puis de séquencer une part importante du génome du virus
grippal de l'époque [26, 39, 40]. Il existe donc maintenant des
preuves virologiques qui démontrent formellement que la pandémie
grippale de 1918-1919 a été causée par un virus grippal
de type A et de sous-type H1N1 [26]. Ce virus était probablement
très proche antigéniquement et génétiquement
des virus porcins classiques repérés un peu plus tard, et
les travaux de l'équipe de J.K. Taubenberger suggèrent que
ce virus A(H1N1) a été transmis quelques années avant
le début de la pandémie directement des oiseaux au porc
(voire à l'homme) sans réassortiment. Une étude publiée
en 1999 [41] a utilisé l'hypothèse suivante : l'introduction
in toto en 1979 d'un virus grippal d'origine aviaire chez le porc
en Europe septentrionale puis son établissement dans cette espèce,
donnant ainsi naissance à un nouveau lignage viral [42], aurait
été analogue à celui qui a permis l'introduction
de virus A(H1N1) des oiseaux aux mammifères, prélude à
l'explosion pandémique de 1918. Les auteurs ont ainsi utilisé
les isolats porcins nord-européens comme modèle pour étudier
l'évolution adaptative des virus grippaux nouvellement introduits
chez un hôte mammifère, en pensant que cela permettrait de
mieux appréhender les conditions et les circonstances qui ont entouré
l'émergence d'une souche pandémique entièrement nouvelle
en 1918. Leurs résultats et la discussion qu'ils suscitent sont
exposés ci-après.
Évolution rapide des virus grippaux liée
à un taux élevé de mutation
Une sélection de type darwinien et un glissement aléatoire,
y compris par mutation, participent à des degrés variables
à l'évolution des virus grippaux. Scholtissek et al.
[43] avaient favorisé l'hypothèse selon laquelle l'évolution
des virus grippaux serait plutôt liée à un niveau
élevé de mutations, rendu possible par des « mutations
mutatrices » dans les séquences des éléments
du complexe de transcription-réplication des virus grippaux. Il
semble néanmoins difficile d'extrapoler des taux de mutations à
partir de données phylogéniques pour les virus porcins H1N1
d'origine aviaire [41] car le taux d'évolution observé (nombre
de changements de nucléotides par site et par an) est influencé,
d'une part, par les fluctuations du nombre de cycles de réplication
(en fait par la taille de la population au cours du temps) et, d'autre
part, par les biais d'échantillonnages sur le terrain au cours
de la période couverte [41]. En revanche, d'après ces auteurs,
le taux de mutations (nombre de changements de nucléotides par
site et par cycle de réplication) peut être déterminé
clairement au laboratoire, le taux d'évolution représentant
en fait les changements accumulés, au cours d'une période
considérée, d'année en année. Les auteurs
suggèrent qu'en plus de la sélection darwinienne, les biais
d'échantillonnage et un nombre accru de cycles de réplications
(qui reflètent divers facteurs comme le nombre d'animaux infectés,
le pouvoir de multiplication de diverses souches chez le porc, un plus
grand nombre de cellules cibles chez le porc que chez les oiseaux et la
taille nette de la population virale produite par une cellule infectée)
ont en fait contribué significativement au taux d'évolution
observé très élevé des virus H1N1 de type
aviaire chez les porcs européens. Il est possible que l'expansion
généralisée de ces virus en Europe entre 1979 et
1981 ait été liée à la grande taille du cheptel
porcin en Allemagne. Les résultats de l'étude de Stech et
al. [41] indiquent que le taux de mutation observé ne peut
pas expliquer les taux d'évolution des divers gènes viraux.
Par exemple, les taux de mutations pour la région très variable
HA1 de l'hémagglutinine et du canal à ions, issu du gène
M2 qui est hautement conservé, sont du même niveau. Cependant,
il se pourrait que des mutations mutatrices (mutations dans le complexe
polymérasique favorisant les erreurs de synthèse) aient
joué un rôle à un stade précoce de l'évolution
des virus H1N1 de type aviaire au nord de l'Europe. Pour que ces mutations
mutatrices aient effectivement joué un rôle, elles doivent
être apparues avant 1981, peut-être même dès
1979 immédiatement après la transmission chez le nouvel
hôte, voire même chez l'hôte aviaire précédant
la transmission au porc.
Mécanisme alternatif : accroissement de
la taille globale des populations virales
Un autre mécanisme de passage à une nouvelle espèce
peut exister en l'absence de mutation mutatrice. Il est en effet possible
que le virus aviaire subisse chez son hôte « primaire »
un certain nombre de mutations (au taux normal) qui sont nécessaires
à l'établissement futur chez le nouvel hôte. Dans
ce cas, le nombre théorique minimal de cycles de réplication
aboutissant à l'accumulation de toutes les mutations nécessaires
ne doit pas engendrer une population virale d'une taille supérieure
à celle qui est possible chez l'hôte aviaire. Ce mécanisme
est susceptible de s'appliquer à l'apparition de mutations qui
sont délétères, voire létales, pour les virus
chez l'hôte aviaire. Dans le cas, au contraire, où les mutations
conduisent à des changements qui permettent de s'adapter aux contraintes
rencontrées chez le nouvel hôte, alors elles peuvent se produire
chez une multitude d'hôtes aviaires avant même la transmission
du virus au nouvel hôte. Pour que le passage de l'hôte primaire
au nouvel hôte se réalise, il faut que ce dernier soit exempt
d'infection par une souche virale déjà bien établie
dans son espèce.
Un exemple de ce mécanisme alternatif à l'existence de
mutations mutatrices pourrait bien être le passage de virus
H5N1 chez l'homme à partir du poulet. Le virus parent est un virus
de poulet H5N1 hautement pathogène pour cette espèce [23].
Les souches aviaires H5 [44] virulentes ainsi que les virus humains H5
de 1997 [23] sont pantropes (c'est-à-dire qu'elles infectent tous
les tissus) chez le poulet. Par conséquent, ces virus peuvent aboutir
à des populations virales de taille beaucoup plus grande que celle
permise aux virus a- ou paucipathogènes. Ainsi, l'apparition de
mutations nécessaires au passage à l'homme de ces virus
H5 virulents peut prendre naissance chez l'hôte aviaire initial,
le poulet, sans intermédiaire mammalien.
Les deux mécanismes (mutations mutatrices et accroissement de
la taille des populations virales) peuvent très bien coexister
dans la nature et celui qui serait mis en uvre dépendrait
du nombre de mutations requises et donc en réalité du rapport
entre, d'une part, le nombre de virions portant les mutations mutatrices
et, d'autre part, le nombre de virions mutants déjà adaptés
au nouvel hôte. Ainsi, si le nombre de mutations nécessaires
au passage au nouvel hôte est faible, alors l'existence d'une population
virale numériquement importante suffit. Dans le cas contraire,
où le passage interspécifique nécessite un nombre
plus élevé de mutations pour adaptation, l'existence de
mutants porteurs de mutations mutatrices est sans doute nécessaire.
Séparation divergente de pools
de gènes de virus grippaux : par spéciation et par isolement
géographique
Les fréquences variables des transmissions de virus grippaux
entre les espèces d'une part et la séparation physique totale
ou partielle d'autre part, ont contribué à l'évolution
divergente des virus grippaux par séparation plus ou moins complète
de pools de gènes viraux qui se sont particulièrement
adaptés à l'hôte auquel ils se sont « inféodés
». Cette adaptation, conjuguée à des contacts entre
certaines espèces peu fréquents ou devenus rares à
cause de changements écologiques, ont pu entraîner la création
des barrières d'espèces relatives. En effet, des virus adaptés
à un hôte particulier peuvent manquer de pouvoir infectieux
pour une autre espèce ou encore se heurter à des phénomènes
d'interférences liés à la présence de sous-types
viraux déjà présents chez cette nouvelle espèce.
La séparation de pools de gènes de virus chez les
oiseaux peut également avoir été due à la
séparation géographique des populations d'oiseaux aquatiques,
notamment au niveau de leurs voies de migration tout comme au niveau de
leurs lieux de nidification ou d'hivernage. C'est probablement ce type
de séparation qui a entraîné l'existence de lignées
de gènes de virus grippaux eurasiennes d'une part, et américaines
d'autre part. Cependant, la dichotomie entre ces deux lignages géographiques
n'est pas totale, dans la mesure où il a été montré
qu'en Amérique du Nord circulent à la fois des virus portant
à leur surface des H2 du lignage américain et des H2 du
lignage eurasien. Cela montre qu'il peut malgré tout exister des
échanges de gènes viraux entre des oiseaux aquatiques séparés
géographiquement [45].
Réassortiments et constellation de gènes
Chaque segment génomique des virus grippaux peut évoluer
différemment des sept autres dans la mesure où les pressions
de sélection ou les contraintes d'adaptation ne sont pas de la
même nature et de la même intensité pour tous les segments.
Ainsi, l'HA et la NA, qui sont deux glycoprotéines de surface,
sont très exposées au système immunitaire et la cible
d'anticorps neutralisants très efficaces. Les gènes HA et
NA sont susceptibles d'être impliqués dans des réassortiments,
compte tenu de l'avantage sélectif conféré par l'échappement
à l'immunité de population. Le fait que se produisent des
réassortiments, aboutissant à l'émergence répétée
de nouveaux sous-types de virus humains, explique que ces gènes
HA et NA n'ont pas la possibilité d'évoluer pendant très
longtemps chez leur hôte humain. Parallèlement, alors que
les gènes codant les protéines dites internes ne sont pas
l'objet de pression de sélection forte de la part du système
immunitaire, ils peuvent être contraints d'évoluer afin de
parfaire leur adaptation à l'hôte [46, 47]. Certaines de
ces protéines internes qui sont impliquées plus particulièrement
dans l'adaptation à une espèce hôte sont moins fréquemment
réassorties et susceptibles de changer d'hôte. C'est le cas
du gène de la NP. Dans le cas de PB2, il semble que ce sont des
contraintes spécifiques de fonction liées au virus et à
l'hôte qui limitent les changements d'hôtes lors de réassortiments
qui peut entraîner une perte de vitalité du nouveau virus.
En revanche, les contraintes fonctionnelles virales de PB1 empêcheraient
toute variation et toute sélection au niveau de cette protéine
pour l'adaptation à une espèce hôte particulière.
Cette « unicité » de PB1 expliquerait que cet élément
du complexe polymérase peut être l'objet de réassortiments.
En effet, lors de l'apparition du nouveau virus A(H2N2) chez l'homme,
causant la pandémie dite de grippe asiatique en 1957, il y a eu
changement de trois gènes, PB1, HA et NA (figure
1). En 1968, lors de la cassure antigénique suivante avec
apparition du virus A(H3N2) chez l'homme, le gène PB1 encore une
fois et celui de l'HA ont été échangés (figure
1). La comparaison des phylogénies entre les huit gènes
des virus grippaux permet de grouper les gènes en constellations
et suggère que les huit gènes ne se réassortissent
pas complètement indépendamment.
Évolution rapide des virus de grippe A
humains et stase évolutionnelle des virus aviaires
Pendant longtemps, l'évolution des virus grippaux a été
observée et décrite principalement au travers du prisme
des virus humains chez lesquels la pression de sélection immunitaire
est probablement élevée et chez lesquels les glycoprotéines
des virus grippaux subissent une évolution rapide. En effet, dans
le cas des virus humains, le gène codant la glycoprotéine
H3 évolue beaucoup plus rapidement que ceux qui codent les protéines
dites internes PB2, PB1, PA, NP et M. Dans une étude portant sur
254 séquences du domaine HA1 de l'hémagglutinine H3 des
virus humains isolés entre 1984 et 1996, il a été
montré que le gène HA évoluait au taux de 5,7 substitutions
nucléotidiques par an, soit 5,7 x 10- 3 substitutions
par site et par an [48]. Quatre-vingt-dix-neuf codons sur 329 ont subi
au moins quatre mutations. Parmi ceux-ci, 31 sont associés à
un rapport Rns/s (mutations non silencieuses/mutations silencieuses)
dont la probabilité est inférieure à 0,05, parmi
lesquels 14 sont associés à un Rns/n dont la probabilité
est inférieure à 0,005. Ces données confortent l'hypothèse,
déjà émise [49], selon laquelle les virus grippaux
humains A (H3N2) subissent une pression de sélection positive de
type darwinien. Cette pression de sélection serait le résultat
d'une immunosélection alors que le virus circule au sein d'une
population humaine partiellement immune. Ainsi, les virus de grippe A
humains seraient des espèces « fugitives » obligées
à une évolution rapide pour pouvoir ré-infecter la
population humaine en s'affranchissant de l'immunité protectrice
de l'hôte. Comme cela a été discuté précédemment,
après introduction de virus grippal chez un nouvel hôte,
les gènes, externes comme internes, sont l'objet d'une évolution
à un taux rapide. Cette rapidité d'évolution est
sans doute le reflet d'un manque d'équilibre entre l'hôte
et son « parasite viral ».
À l'opposé des changements progressifs et rapides, au
niveau à la fois nucléotidique et des aminoacides, observés
pour les virus humains, les gènes de virus aviaires montrent beaucoup
moins de variations. Ces dernières sont erratiques et ne semblent
pas s'accumuler au cours du temps. L'évolution divergente, due
à des mutations cumulées dans les gènes de virus
aviaires, est plutôt liée à une séparation
géographique des populations aviaires hôtes (par exemple
pools américains d'une part, et eurasiens d'autre part).
La comparaison des schémas de changements aux niveaux nucléotidique
et des aminoacides, pour les virus d'oiseaux et pour les virus de mammifères,
révèle un type d'évolution fondamentalement différent.
Les résultats d'une étude portant sur les séquences
en nucléotides et en acides aminés correspondant à
des NP issues de 89 souches de virus grippaux [50] indiquent que, pour
les branches internes de l'arbre phylogénique, les lignages humains
de NP subissent autant de changements en acides aminés qu'en nucléotides,
tandis que les lignages aviaires sont associés à autant
de changements nucléotidiques mais à peu ou aucun changement(s)
au niveau de la séquence protéique. Cette différence
suggère que les lignages humains de NP soient soumis à une
sélection positive dans une direction donnée et, au contraire,
que les virus aviaires soient l'objet d'une sélection négative
qui leur permette de conserver un phénotype ancestral. Cette stase
évolutionnelle reflète sans doute une adaptation optimale
entre l'hôte aviaire et son parasite viral, fruit d'un équilibre
établi il y a longtemps.
Ainsi, à un moment donné, pour les virus de grippe A humains,
la diversité génétique est faible, limitée
qu'elle est par la circulation fugace des variants successifs dont la
durée de « vie » est courte à cause de la forte
pression d'immunosélection qui les obligent à évoluer
vers un nouvel état. Actuellement, seuls deux sous-types, et autrefois
(avant 1977) seul un sous-type, de virus de grippe A circulent à
un moment donné chez l'homme. À l'opposé, la multitude
des espèces moléculaires d'HA et de NA compose un bouquet
varié de sous-types en circulation chez les oiseaux. Si la connaissance
des virus grippaux a considérablement augmenté au cours
du siècle passé, de vastes zones d'ombres demeurent. Il
est aujourd'hui encore impossible de dire avec certitude qu'un type de
molécule HA peut ou ne peut pas faire partie un jour des constituants
d'un virus adapté à l'homme. La connaissance de la circulation
des virus grippaux chez les oiseaux sauvages est ponctuelle et les travaux
se heurtent à des variations complexes liées aux migrations
et à des problèmes méthodologiques d'échantillonnage,
notamment. La reconstitution des événements passés
au niveau génétique est difficile et pas toujours possible.
Le sujet est encore vaste et le champ ouvert à de nombreuses études
impliquant plusieurs disciplines.
CONCLUSION Remerciements.
L'auteur remercie vivement Sophie Guillot et Nadia Naffakh pour leur lecture
minutieuse et enrichissante de ce manuscrit. REFERENCES
1. de Jong JC, Claas EC, Osterhaus AD. Influenza A(H5N1) in Hong
Kong : forerunner of a pandemic or an only scientifically interesting
phenomenon and a useful exercise in pandemiology ? Tijdschrift voor
Diergeneeskunde 1998 ; 123 : 278-82.
2. Anonymous. Update : isolation of avian influenza A (H5N1)
viruses from humans, Hong Kong, 1997-1998. Morbidity & Mortality
Weekly Report 1998 ; 46 : 1245-7.
3. Centres nationaux de référence de la grippe,
RNdSP, Groupes régionaux d'observation de la grippe, Réseau
« Sentinelles » de l'unité 144 de l'Inserm, Direction
générale de la santé. Données sur la grippe
à virus A(H5N1) à Hong Kong et sur le début de l'épidémie
de grippe à virus A(H3N2) en France. Bull Épidémiol
Hebd 1998 ; 8 : 31.
4. Lin YP, Shaw M, Gregory V, Cameron K, Lim W, Klimov A, et
al. Avian-to-human transmission of H9N2 subtype influenza A viruses
: relationship between H9N2 and H5N1 human isolates. Proc Natl Acad
Sci USA 2000 ; 97 : 9654-8.
5. Okazaki K, Takada A, Ito T, Imai M, Takakuwa H, Hatta M, et
al. Precursor genes of future pandemic influenza viruses are perpetuated
in ducks nesting in Siberia. Arch Virol 2000 ; 145 : 885-93.
6. Ito T, Kawaoka Y. Avian influenza. In : Nicholson KG,
Webster RG, Hay AJ, editors. Textbook of Influenza. Oxford : Blackwell
Science Ltd ; 1998 : 126-36.
7. Alexander DJ. A review of avian influenza in different bird
species. Veterinary Microbiol 2000 ; 74 : 3-13.
8. Fouchier RA, Bestebroer TM, Herfst S, Van Der Kemp L, Rimmelzwaan
GF, Osterhaus AD. Detection of influenza A viruses from different species
by PCR amplification of conserved sequences in the matrix gene. J Clin
Microbiol 2000 ; 38 : 4096-101.
9. Webster RG, Bean WJ. Evolution and ecology of influenza viruses:
interspecies transmission. In : Nicholson KG, Webster RG, Hay AJ,
ed. Textbook of Influenza. Oxford : Blackwell Science Ltd ; 1998
: 109-25.
10. Hannoun C, Devaux JM. Circulation of influenza viruses in
the bay of the Somme river. Comparative Immunology, Microbiology &
Infectious Diseases 1980 ; 3 : 177-83.
11. Hinshaw VS, Wood JM, Webster RG, Deibel R, Turner B. Circulation
of influenza viruses and paramyxoviruses in waterfowl originating from
two different areas of North America. Bull WHO 1985 ; 63 : 711-9.
12. Halvorson D, Karunakaran D, Senne D, Kelleher C, Bailey C,
Abraham A, et al. Epizootiology of avian influenza-simultaneous
monitoring of sentinel ducks and turkeys in Minnesota. Avian Diseases
1983 ; 27 : 77-85.
13. Gourreau JM, Hannoun C, Kaiser C, Jestin A. Excretion of
human influenza virus by experimentally infected pigs (author's transl).
Comparative Immunology, Microbiology & Infectious Diseases
1980 ; 3 : 137-46.
14. Scholtissek C, Burger H, Bachmann PA, Hannoun C. Genetic
relatedness of hemagglutinins of the H1 subtype of influenza A viruses
isolated from swine and birds. Virology 1983 ; 129 : 521-3.
15. Scholtissek C. Source for influenza pandemics. Eur J Epidemiol
1994 ; 10 : 455-8.
16. Webster RG, Sharp GB, Claas EC. Interspecies transmission
of influenza viruses. Am J Respir Crit Care Med 1995 ; 152 : S25-30.
17. Kida H, Ito T, Yasuda J, Shimizu Y, Itakura C, Shortridge
KF, et al. Potential for transmission of avian influenza viruses
to pigs. J Gen Virol 1994 ; 75 : 2183-8.
18. Karasin AI, Brown IH, Carman S, Olsen CW. Isolation and characterization
of H4N6 avian influenza viruses from pigs with pneumonia in Canada. J
Virol 2000 ; 74 : 9322-7.
19. Ito T, Kawaoka Y, Vines A, Ishikawa H, Asai T, Kida H. Continued
circulation of reassortant H1N2 influenza viruses in pigs in Japan. Arch
Virol 1998 ; 143 : 1773-82.
20. Rogers GN, Paulson JC. Receptor determinants of human and
animal influenza virus isolates : differences in receptor specificity
of the H3 hemagglutinin based on species of origin. Virology 1983
; 127 : 361-73.
21. Claas EC, Osterhaus AD, van Beek R, de Jong JC, Rimmelzwaan
GF, Senne DA, et al. Human influenza A H5N1 virus related to a
highly pathogenic avian influenza virus [published erratum appears in
Lancet 1998 Apr 25; 351(9111) : 1292]. Lancet 1998 ; 351
: 472-7.
22. Suarez DL, Perdue ML, Cox N, Rowe T, Bender C, Huang J, et
al. Comparisons of highly virulent H5N1 influenza A viruses isolated
from humans and chickens from Hong Kong. J Virol 1998 ; 72 : 6678-88.
23. Subbarao K, Klimov A, Katz J, Regnery H, Lim W, Hall H, et
al. Characterization of an avian influenza A (H5N1) virus isolated
from a child with a fatal respiratory illness. Science 1998 ; 279
: 393-6.
24. Reid AH, Fanning TG, Hultin JV, Taubenberger JK. Origin and
evolution of the 1918 « Spanish » influenza virus hemagglutinin
gene. Proc Natl Acad Sci USA 1999 ; 96 : 1651-6.
25. Schultz U, Fitch WM, Ludwig S, Mandler J, Scholtissek C.
Evolution of pig influenza viruses. Virology 1991 ; 183 : 61-73.
26. Taubenberger JK, Reid AH, Krafft AE, Bijwaard KE, Fanning
TG. Initial genetic characterization of the 1918 Spanish Influenza Virus.
Science 1997 ; 275 : 1793-6.
27. Chambers TM, Hinshaw VS, Kawaoka Y, Easterday BC, Webster
RG. Influenza viral infection of swine in the United States 1988-1989.
Arch Virol 1991 ; 116 : 261-5.
28. Hinshaw VS, Bean WJ, Webster RG, Easterday BC. The prevalence
of influenza viruses in swine and the antigenic and genetic relatedness
of influenza viruses from man and swine. Virology 1978 ; 84 : 51-62.
29. Scholtissek C, Hinshaw VS, Olsen CW. Influenza in pigs and
their role as the intermediate host. In : Nicholson KG, Webster
RG, Hay AJ, editors. Textbook of Influenza. Oxford : Blackwell
Science Ltd ; 1998 : 137-45.
30. Brown IH, Chakraverty P, Harris PA, Alexander DJ. Disease
outbreaks in pigs in Great Britain due to an influenza A virus of H1N2
subtype. Veterinary Record 1995 ; 136 : 328-9.
31. Brown IH, Harris PA, McCauley JW, Alexander DJ. Multiple
genetic reassortment of avian and human influenza A viruses in European
pigs, resulting in the emergence of an H1N2 virus of novel genotype. J
Gen Virol 1998 ; 79 : 2947-55.
32. Castrucci MR, Donatelli I, Sidoli L, Barigazzi G, Kawaoka
Y, Webster RG. Genetic reassortment between avian and human influenza
A viruses in Italian pigs. Virology 1993 ; 193 : 503-6.
33. Zhou NN, Senne DA, Landgraf JS, Swenson SL, Erickson G, Rossow
K, et al. Genetic reassortment of avian, swine, and human influenza
A viruses in American pigs. J Virol 1999 ; 73 : 8851-6.
34. Yasuda J, Shortridge KF, Shimizu Y, Kida H. Molecular evidence
for a role of domestic ducks in the introduction of avian H3 influenza
viruses to pigs in southern China, where the A/Hong Kong/68 (H3N2) strain
emerged. J Gen Virol 1991 ; 72 : 2007-10.
35. Guo Y, Wang M, Kawaoka Y, Gorman O, Ito T, Saito T, et
al. Characterization of a new avian-like influenza A virus from horses
in China. Virology 1992 ; 188 : 245-55.
36. Zhou NN, Shortridge KF, Claas ECJ, Krauss SL, Webster RG.
Rapid evolution of H5N1 influenza viruses in chickens in Hong Kong. J
Virol 1999 ; 73 : 3366-74.
37. Guan Y, Shortridge KF, Krauss S, Webster RG. Molecular characterization
of H9N2 influenza viruses : were they the donors of the « internal
» genes of H5N1 viruses in Hong Kong ? Proc Natl Acad Sci USA
1999 ; 96 : 9363-7.
38. Hoffmann E, Stech J, Leneva I, Krauss S, Scholtissek C, Chin
PS, et al. Characterization of the influenza A virus gene pool
in avian species in southern China : was H6N1 a derivative or a precursor
of H5N1 ? J Virol 2000 ; 74 : 6309-15.
39. Reid AH, Fanning TG, Hultin JV, Taubenberger JK. Origin and
evolution of the 1918 « Spanish » influenza virus hemagglutinin
gene see comments. Proc Natl Acad Sci USA 1999 ; 96 : 1651-6.
40. Reid AH, Fanning TG, Janczewski TA, Taubenberger JK. Characterization
of the 1918 « Spanish » influenza virus neuraminidase gene.
Proc Natl Acad Sci USA 2000 ; 97 : 6785-90.
41. Stech J, Xiong X, Scholtissek C, Webster RG. Independence
of evolutionary and mutational rates after transmission of avian influenza
viruses to swine. J Virol 1999 ; 73 : 1878-84.
42. Pensaert M, Ottis K, Vandeputte J, Kaplan MM, Bachmann PA.
Evidence for the natural transmission of influenza A virus from wild ducts
to swine and its potential importance for man. Bull WHO 1981 ;
59 : 75-8.
43. Scholtissek C, Ludwig S, Fitch WM. Analysis of influenza
A virus nucleoproteins for the assessment of molecular genetic mechanisms
leading to new phylogenetic virus lineages. Arch Virol 1993 ; 131
: 237-50.
44. Horimoto T, Kawaoka Y. Reverse genetics provides direct evidence
for a correlation of hemagglutinin cleavability and virulence of an avian
influenza A virus. J Virol 1994 ; 68 : 3120-8.
45. Makarova NV, Kaverin NV, Krauss S, Senne D, Webster RG. Transmission
of Eurasian avian H2 influenza virus to shorebirds in North America. J
Gen Virol 1999 ; 80 : 3167-71.
46. Gammelin M, Altmuller A, Reinhardt U, Mandler J, Harley VR,
Hudson PJ, et al. Phylogenetic analysis of nucleoproteins suggests
that human influenza A viruses emerged from a 19th-century avian ancestor.
Mol Biol Evol 1990 ; 7 : 194-200.
47. Gorman OT, Donis RO, Kawaoka Y, Webster RG. Evolution of
influenza A virus PB2 genes: implications for evolution of the ribonucleoprotein
complex and origin of human influenza A virus. J Virol 1990 ; 64
: 4893-902.
48. Fitch WM, Bush RM, Bender CA, Cox NJ. Long term trends in
the evolution of H(3) HA1 human influenza type A. Proc Natl Acad Sci
USA 1997 ; 94 : 7712-8.
49. Fitch WM, Leiter JM, Li XQ, Palese P. Positive Darwinian
evolution in human influenza A viruses. Proc Natl Acad Sci USA
1991 ; 88 : 4270-4.
50. Webster RG, Bean WJ, Gorman OT, Chambers TM, Kawaoka Y. Evolution
and ecology of influenza A viruses. Microbiol Rev 1992 ; 56 : 152-79.
|